Chapitre 8 :
Arrivé au presbytère, Antonio remercia le ciel qu'il fut aussi tard et qu'il n'y ait pas âme qui vive. Il n'aurait pas aimé rencontrer quelqu'un, surtout aussi vite après avoir quitté Gabi, il était complètement ailleurs et………. , bref il ne voulait voir personne.
Après une douche rapide, il se mit au lit. Etant fatigué, il pensait que le sommeil ne tarderait pas à venir. S'était sans compter sur ses méninges qui marchaient à plein régime. Les récents événements lui revenant sans cesse en tête, et Gabi. Gabi qui lui souriait, Gabi qui l'embrassait. Ses mains à lui sur son corps à elle….. D'impuissance il se retourna dans son minuscule lit et plongea la tête sous son oreiller. Là c'était sur le sommeil allait le fuir ! Il se leva pour chercher un verre d'eau, vit son portable sur le bureau, l'attrapa et envoya un texto, tout ceci s'en vraiment s'en rendre compte. Une minute plus tard, le portable, qu'il tenait toujours en main, vibra, désireux de connaitre sa réponse, il regarda au plus vite.
-Tu me manque aussi. J'aimerai que tu sois là pour me prendre dans tes bras.
Rejoins-moi.-
C'était tout ce qu'il fallait pour que son cœur ne prenne le pas sur sa raison. Il prit ses affaires et parti en direction du motel où se trouvait Gabi. Il devait absolument voir le Révérend demain matin, donc passé la nuit là bas n'était pas spécialement la bonne chose à faire, mais ce n'était pas important, il trouverait un moyen pour revenir bien assez tôt, ce qui était important en revanche, c'était de retrouver Gabi et de pouvoir la serrer contre lui. Parce que, malgré l'air sur de lui et son apparente maitrise de soi, lui aussi avait du mal à croire qu'ils y étaient, que tout ceci était bien réel.
Gabi n'arrivait pas à dormir, rien de bien étonnant là dedans, ça faisait un bout de temps maintenant qu'elle était sujette aux insomnies. Au départ ça avait été les remords d'avoir trompé Ricardo qui l'avaient tenu éveillée, ensuite le chantage de Francesca en avait rajouté une couche, puis l'admission secrète qu'elle était amoureuse d'Antonio n'avait certainement pas arrangé les choses et enfin ce qui se passait entre eux maintenant ne lui donnaient pas mais alors pas du tout envie de dormir, c'était même plutôt l'inverse. Elle était impatiente d'être au lendemain. Ca ne l'empêcha pas de faire un bond de deux mètres quand elle entendit frapper.
-Qui est-ce ?
-C'est moi Gabi.
Elle lui ouvrit sans prendre la peine de passer un peignoir, même si cela aurait été la voix de la raison.
-Mais qu'est-ce que tu fais là ?
-Ce n'est pas ce que tu voulais ? Ton texto disait………..
-Si bien sur que je te veux avec moi, dans ma chambre, mais après ton discours de tout à l'heure je ne pensais pas que tu viendrais.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre qu'elle l'embrassait déjà. Elle savait que ça n'était pas bien, ils avaient peut-être mit la situation au clair avec Ricardo, et Carmen avait beau être au courant, Antonio n'avait toujours pas quitté son statut de prêtre, mais elle ne pouvait s'en empêcher, pas après avoir gouté à ces instants de liberté volés avec lui. C'était si bon de pouvoir se comporter comme n'importe quel couple.
-Je suis ravie que tu sois là.
-C'est ce que je crois comprendre ! Tu veux faire quoi ?
-Dormir ?! Tu croyais que j'avais autre chose en tête ?
-Peut-être.
-Désolé mais je ne préfère pas tenter le Diable ! ………… Désolé.
-C'est bon Gabi t'inquiète pas j'ai compris. ………….. Allez au lit mademoiselle !
-Bien monsieur !
Ils se mirent au lit, mais ne trouvant pas plus le sommeil l'un comme l'autre, ils étaient bien trop fébriles, Antonio décida d'allumer la télé. Ils tombèrent sur une rediffusion de Jay Leno, ils regardèrent l'émission pendant un moment puis il sentit à sa respiration qu'elle s'était endormie. Il décida alors d'en faire de même.
Elle sentit quelque chose bouger sous elle, non plutôt quelqu'un. Antonio.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Il faut que j'aille boire.
-Antonio ?
-Il est bientôt 5 heure et il faudrait que je rentre.
-Oh.
-Ouais.
-J'ai pas envie que tu partes.
-Moi non plus.
-Alors reste encore un peu.
Tout en disant ça, elle passa sa main sous son t-shirt, oui il avait eu le malheur, façon de parler, de dormir avec un simple t-shirt et son boxer, c'étaient de bien fins remparts contre le désir qu'il avait d'elle. Plus ses mains flattaient son abdomen et moins il avait envie de lui résister. Elle remonta alors le léger bout de tissu qui le couvrait et y déposa un baiser incertain près de son nombril. Ne voyant aucune résistance de sa part elle continua, remontant, passant de ses abdos à ses pectoraux, pour un homme de Dieu il savait certainement prendre soin de lui, et c'était loin de lui déplaire au contraire. Elle s'arrêta à la hauteur d'un téton et lui réserva un traitement tout particulier, le voyant fermer les yeux, elle sourit tout contre sa peau.
-Tu aimes ?
Pour toute réponse il la remonta à lui et l'embrassa, faisant passer tous ses sentiments par ce simple contact. Il la fit rouler sous lui et ne put s'empêcher de la toucher. Il fallait que ses mains soient partout sur son corps, mais lorsque son bassin s'appuya de façon prononcée contre le sien et qu'elle laissa échappé un soupir de plaisir, il se raidit, dans tous les sens du terme. Il inspira bruyamment.
-Gabi.
-Je sais. Tu ne peux pas. On ne peut pas.
-Je n'ai envie que de ça tu le sais ?! Mais on ne peut pas se laisser aller comme après l'explosion.
-Oui je sais on n'est pas en danger de mort imminente, même si je vais mourir si tu ne parles pas à qui de droit très vite.
Il sourit devant son air dramatique, elle aurait fait une parfaite Juliette ! Mais Dieu qu'il la comprenait, lui aussi allait rapidement perdre la tête s'il ne parlait pas bientôt au Révérend. Il croyait même l'avoir déjà perdu, mais le supplice de ses lèvres sur sa peau avait ravivé bien trop de sensations agréables pour qu'il ne lui refuse cette tendre caresse. Il regarda encore une fois l'heure.
-Il faut que j'y aille maintenant Gabi. Je dois parler au Révérend maintenant. Enfin pas maintenant mais au plus vite comme ça nous pourront reprendre là où nous en étions resté.
-Je vois que quelqu'un est très impatient !
-Plutôt oui !
Il se leva, se rhabilla et l'embrassa une dernière fois avant de repartir.
-N'oublies pas que je t'aime.
- Ca ne risque pas. File sinon je ne suis pas sure de te laisser partir !
-Bye.
-Bye.
Sur le chemin qui le ramenait à la mission il se dit qu'il était chanceux, très chanceux même mais qu'il devait vraiment parler à l'archidiocèse parce que la situation devenait insupportable. Il s'était toujours considéré comme quelqu'un de discipliné, il avait été un bon prêtre, ne cédant jamais à la tentation. Gabi était à part, bien sur pendant un temps elle avait incarné cette tentation, puis elle était devenue quelque chose de plus puissant, plus pure. Et l'amour ne pouvait vraiment pas être considéré comme une tentation, si ? En tout cas en à peine trois jour il avait faillit lui faire l'amour plus d'une fois et y avait pensé bien plus encore. Il devait faire quelque chose ! Il avait envie d'elle, c'était viscéral mais il ne pouvait se résoudre à rompre ses vœux, pas encore une fois et certainement pas de la sorte. La dernière fois avait été un cas particulier. Dieu ne méritait pas ça, pas plus qu'elle d'ailleurs.
Ce fut le cœur soulagé qu'il rentrât dans son bureau, à plus de 7 heure passé ça ne servait à rien de repasser par sa chambre, à part pour se changer se corrigea-t-il, mais c'était trop tard il avait déjà ouvert la porte et fut accueilli par le Révérend, qui lui fit un sourire polit et l'invita à s'assoir. C'est là qu'il vit que le dit Révérend avait en main la photo de Ricardo, Gabi et lui prise sur la plage.
