Chapitre 12 :

Gabi observa le bleu qui commençait à se former sur la joue d'Antonio. Elle cherchait à voir si quelque chose était cassé, ce qui n'était pas le cas apparemment.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Je lui ai dit que je renonçais à mes vœux, définitivement.

-Oh. J'imagine qu'il ne l'a pas très bien prit.

-De toute évidence sinon je n'aurai pas l'air d'avoir servi de punching-ball.

-Je suis désolée.

-Pourquoi ? Ce n'es pas toi qui m'a mit ton poing dans la figure.

-Peut-être pas mais j'en suis à l'origine.

-Gabi arrête de t'excuser. On a prit cette décision tous les deux et on savait que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Et puis je suis assez grand pour me défendre ne t'inquiète pas.

-Je sais. Ca ira quand même ?

-Oui, ça tire un peu et mon amour propre en a prit un coup mais je survivrai.

Elle sourit. Il avait cette manie de toujours retourner la situation et de lui faire oublié qu'elle s'inquiétait et pourquoi.

-Tu as un sacré look maintenant !

-Oh Mon Dieu je n'ose même pas imaginer ce que les paroissiens vont penser !

-Que le Père Antonio a été prit dans une bagarre !

-Comme c'est charmant !

-T'inquiète pas ! Ca te va très bien je trouve !

-Ah oui ?!

-Oui, c'est très viril ! Tu es très sexy comme ça crois moi !

Il rougit. Mon Dieu il ne s'y ferait jamais ! Enfin si mais ça prendra un peu de temps. Qu'il lui fasse des compliments et même un petit peu de rentre dedans c'était contrôlable, il maitrisait la situation mais alors il suffisait qu'elle lui dise qu'elle le trouvait sexy pour que son cœur ne s'emballe et qu'il devienne aussi rouge qu'une pivoine !

-Tu es très mignon quand tu rougis aussi.

Il devint encore plus écarlate si c'était possible. Alors Gabi décida de le tourmenter un peu.

-Tu veux savoir ce que ça me fait ? Toutes les choses que j'ai envie de te faire maintenant ? Que tu me fasses là tout de suite ?

Elle se rapprocha dangereusement, et quand elle vit Antonio écarquiller les yeux et retenir son souffle, elle éclata de rire.

-Antonio tu devrais voir ta tête ! Tu es adorable !

-Ca n'est pas très fair-play de jouer sur ce terrain. Je ne suis qu'un homme tu sais !

-Ouais ça j'avais remarqué mais merci de la précision. C'était trop tentant, mais tu sais que tu vas devoir t'y habituer.

-Je ne demande rien de mieux crois moi.

-A ce propos, tu as parlé au Révérend ?

-Oui et ça c'est plutôt bien passé.

-Il ne t'a pas condamné aux flammes éternelles de l'Enfer ?

-Non. Je lui ai dit que je partais Gabi, je ne lui ai pas dit que j'avais déjà rompu mes vœux. Ca ne me semblait pas juste et puis ça ne le regarde pas, pas maintenant que je ne reste plus au sein de l'église.

-Ok, donc…….

-Donc dans pas longtemps je serrai exempté du port du col blanc.

-Ravie de l'apprendre ! Comme ça je pourrai enfin poser mes lèvres sur les tiennes sans me sentir coupable envers une quelconque Autorité Suprême !

Elle regarda sa montra et s'agita.

-Oh il faut que j'y aille, je dois aller voir Vanessa. J'étais juste venue te dire coucou parce que tu me manquais trop !

-C'est gentil de ta part ça ! Et puis je n'ai rien à dire sur ton parfait timing !

-Ce fut un plaisir. Par contre je crois qu'une de tes novices devient suspicieuse à mon égard, elle doit penser que je suis une espèce de groupie ou un truc du genre, tellement je passe de temps ici !

-Tu te fais des idées !

-Peut-être mais crois moi elle avait un drôle de regard ! Enfin je suppose que ça n'a plus tellement d'importance maintenant !?

-Effectivement.

-Bien. Je dois vraiment y aller maintenant !

Elle parti, non sans s'être autorisée à déposer un chaste baiser sur ses lèvres avant.

-J'espère que j'en avais le droit !

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Depuis sa perte de sang froid tout à l'heure, Ricardo déambulait près de la mission. Ce n'était pas comme si il avait autre part où aller pour le moment et puis il devait admettre qu'une partie de lui voulait rester dans les parages au cas où. L'idée de Gabi et Antonio seul à seul ne lui plaisait pas, et même s'il devait s'y habituer, pour le moment il préférait rester dans le coin. C'était absurde il le savait, après tout ça n'était pas comme si ils allaient faire des folies de leur corps là tout de suite dans le bureau d'Antonio ! Il chassa vite cette idée, cette idée qui bientôt deviendrait une routine, une fois Antonio libéré de ses obligations envers l'église. Mais il avait déjà rompu ses vœux une fois alors pourquoi pas recommencer ?! Ca y'est il sentait une vague de colère le submerger et le dévorer tout entier ! Il savait bien qu'il n'aurait jamais dut penser à ça pour commencer ! Il avait envie de retaper sur quelqu'un, Antonio par exemple, mais il ne vu qu'un mur et donc son choix se porta tout naturellement dessus. Il frappa, encore et encore, jusqu'à ce que son poing soit en sang et que sa blessure ne soit sur le point de se rouvrir. Tant mieux, il fallait que sa douleur physique soit aussi importante que la blessure qu'il avait au plus profond de son cœur en ce moment même. Alors, seulement à cet instant, il s'arrêta, reprit son souffle et s'autorisa à crier sa peine. Dieu que ça faisait du bien ! Il aurait bien aimé pleurer mais il était dans un état d'agitation telle que tout ce qu'il put faire après c'était de rire, d'un rire sans joie, plein de résignation. Il sentit alors quelqu'un lui tapoter doucement le dos.

-Ricardo ?

Il se retourna lentement. Maria. Encore une fois elle était sa sauveuse, et elle avait le regard fixé sur son poing ensanglanté.

-Mais qu'est-ce qui t'arrive bon sang !?

-Rien de bien important.

-Tu as été voir Antonio ?!

-Et qu'est-ce que ça peut faire si c'est le cas !?

Elle soupira. Son frère pouvait être si impulsif parfois qu'il ne voyait même pas que ce n'était pas la chose à faire dans ces cas là.

-Ricardo. Ta main.

-Maria tu vois cette main ? Elle a frappé Antonio !

-Ricardo !

-Ouais je sais, je sais, c'était pas brillant comme idée ! Mais il était là à me dire toutes ces choses et j'ai juste perdu mon calme !

-Pourquoi es-tu allé le voir ?

-Pour arranger les choses.

Ils sourirent tous les deux devant l'ironie de la situation.

-Pas brillant comme idée non plus hein !?

Maria resta silencieuse, et pour ça il lui en fut reconnaissant. Au fond elle aurait très bien pu se précipiter pour aller voir à quel point il avait amoché Antonio. Mais elle resta là, avec lui, parce que pour le moment ses problèmes de cœur avaient tout aussi d'importance que la belle gueule de son frangin. Il soupira intérieurement et se dit qu'il devait la mettre au courant, pour qu'elle comprenne au moins pourquoi il avait pété les plombs.

-Il quitte l'église.

-Comment ça il quitte…….. Oh !!!!!! Oh.

-Ouais comme tu dis. Je n'aurais jamais cru qu'il le ferrait pour une femme et encore moins pour la mienne.

-Je suis désolée Ricardo.

-Moi aussi.

Maria resta pensive, elle comprenait son geste, son frère n'était pas connu pour son self-control, enfin tout dépendait de la situation, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à son petit frère. Elle voulait savoir comment il allait mais ce n'était pas la chose à faire à l'heure actuelle. Et à coup sur Ricardo n'apprécierait pas si elle demandait plus de détails.

Voyant son air inquiet, il crut bon d'ajouter.

-Gabi est avec lui si ça peut te rassurer.

-Ce n'est pas…….

-C'est bon, c'est ton frère aussi.

Maria sourit, le guida par le coude et le fit avancer vers sa voiture. Elle pouvait s'occuper de Ricardo maintenant, Antonio étant entre de bonnes mains, elle pourrait le voir plus tard.

-Aller vient ! On va nettoyer tout ça ! Tu sais tu n'avais pas besoin de faire tout ça si tu voulais attirer mon attention !

-Si seulement ce n'était que pour ça Maria ! Si seulement !