Chapitre 16 :
Il inspira profondément et resserra ses mains sur le volant. Voilà une semaine qu'il avait publiquement annoncé à ses paroissiens, ex-paroissiens, qu'il les quittait. Enfin qu'il quittait sa fonction pour être exact. Il s'en rappelait comme si c'était hier. Une fois la messe terminée et son petit discours achevé, il s'était empressé de partir. L'ambiance devenait oppressante, les regards scrutateurs de la foule et leur volonté à en savoir plus l'avait mit sur les nerfs. Alors il avait prétexté une dernière réunion avec ses supérieurs, et avait prit la poudre d'escampette, avec Gabi bien sur. Ses paroissiens avaient bien comprit qu'il laissait tout derrière lui pour une femme, mais ils ne savaient pas laquelle. Quoiqu'à l'heure actuelle le mot avait du se répandre. Il en était là dans ses réflexions quand il sentit une main arrêter la sienne qui tapotait nerveusement le volant.
-Tu vas bien ?
Il lui sourit. Gabi. Celle qui pouvait dorénavant appeler Sa Gabi. Ca y'est les gens devaient forcément savoir maintenant, en rentrant elle aussi aurait à subir les regards peu avenant de personnes lui reprochant ce qu'elle avait fait, c'est-à-dire rien, ils ne savaient pas, ils ne pouvaient pas savoir. Mais c'était touchant de la voir si inquiète pour lui alors qu'elle serait sans doute la cible, plus que lui, des ragots.
-Oui ça va. Et toi ? Tu es toujours prête à rentrer ?
-Plus prête que jamais.
Il se pencha vers elle pour l'embrasser, puis appuya sur l'accélérateur. Il l'a déposa à Surf Central. Contrairement à ce qu'elle s'était imaginée Vanessa et les autres ne l'avaient pas bannie. Vanessa, qui était au courant depuis plus longtemps que les autres, avait doucement amené l'idée que Gabi se réinstallerait, et évidemment cela avait entrainé des tas de questions auxquelles elle avait subtilement évité de répondre. Bien sur maintenant le comment du pourquoi ne se posait plus et c'est avec le sourire, quelque peu crispé quand même, que ses colocataires l'accueillirent. Gabi se sentait un petit peu nerveuse, c'était totalement stupide mais maintenant que tout le monde savait elle voyait bien qu'ils était mal à l'aise avec elle. Ca allait passer, ça allait forcément passer. Prenant son portable elle composa le numéro qu'elle connaissait par cœur depuis le temps et attendit qu'il décroche.
-Allo ?
-Antonio !! Tu peux pas savoir à quel point tu me manque !!
-On s'est quitté il y a à peine deux heures Gabi !
-Ca ne veut pas dire que tu ne m'as pas manqué !
-Touché.
-Je t'ai manqué ?!
-Oui, c'est quoi cette question ?!
Il sentit que quelque chose l'embêtait.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien.
-Gabi….
-C'est juste qu'ils sont mal à l'aise avec moi.
-Ga….
-Non je le sais. Ils pensent que…
-Gabi ! C'est ridicule. Ce sont tes amis, nos amis, et même s'ils ont un peu de mal à se faire à la situation ça va leur passer tu verras.
-Tu es sur ?
-Oui.
-Tu reviens quand ?
-Je dois faire quelque chose avant et j'arrive.
-Ok. A tout à l'heure.
-Hey Gabi ! Je t'aime.
-Je sais, moi aussi. Bye.
Il raccrocha, et regarda le ciel, pensif. Il s'y était attendu à cet accueil, les regards furtifs et les chuchotements mais il ne pensait pas que cela pèserait aussi lourd sur Gabi. Il ne regrettait pas ce qu'il se passait entre eux, jamais, mais il aimerait que cela soit plus simple, pour elle au moins. Il souffla pour se redonner un peu de confiance avant d'aller là où il devait. Il voulait jeter un dernier regard à ce que fut sa vie. Pour voir…… il n'en savait rien. Ne sachant pas trop ce qu'il attendait de cette visite mais il savait qu'il devait retourner à l'église. Il monta doucement les marches et s'arrêta sur le perron. S'imprégnant de cette atmosphère toute particulière, il inspira profondément et…. se fit bousculer par l'une des grandes portes.
-Attention !
-Oh excusez-moi Mon P… Antonio.
Il ne savait plus où se mettre. Finalement ce n'était pas une si bonne idée que ça de revenir ici.
-Bette !
-Voyons Antonio il n'y a pas de quoi vous sentir mal à l'aise !
-Je ne suis pas….
-Tss tss. Pas avec moi !
Elle le prit par le bras et lui fit descendre les marches qu'il venait tout juste de monter.
-Alors comment se passe votre liberté tout juste retrouvée ?
Il détourna bien vite les yeux, rougissant. Une idée bien spéciale de la liberté étant apparu dans son esprit.
-Bien. Ca se passe bien, merci.
-Hey vous n'avez pas à en rougir. Je suis vraiment heureuse pour vous.
Antonio la regarda, perplexe.
-Bette vous connaissez toute l'histoire au moins ?!
-Oui comme toute la ville !
Voyant son air alarmé, elle cru bon de clarifier.
-Je n'ai rien écris je vous promets. D'ailleurs aucun article sur cette singulière affaire de cœur n'est sorti, si ça peut vous rassurez.
Il se calma instantanément.
-Bette….
-Ecoutez Antonio, je ne peux pas vous dire que tout le monde ici était ravi, mais ça à plus à voir avec la perte du prêtre adoré de cette ville qu'avec le fait que vous vous amusez à jouer à Adam et Eve avec votre belle-sœur !
-Ex-belle-sœur.
-Encore mieux ! Il y'a certaines personnes qui n'ont pas comprit mais la plupart, en voyant comment votre famille gérait la nouvelle, à comprit et accepter. Vous l'aimez, elle vous aime et c'est tant mieux.
C'était dingue comment cette femme pouvait vous remonter le moral en un rien de temps !
-Merci.
Elle lui offrit un sourire compatissant.
-Vous savez les gens sont plutôt compréhensifs par ici, ne l'oubliez pas. Regardez quand j'ai tué Al, enfin quand il est mort personne ne m'en a voulu ! A part Poopsie bien sur mais c'était son avocat alors c'était compréhensible !
Elle se tut quand elle remarqua qu'il la regardait bizarrement. Evidemment ! Il n'était pas à Sunset Beach quand tout ceci était arrivé. Il fallait qu'elle lui raconte ça, un autre jour.
- Bref ce que je veux dire c'est que d'ici quelques semaines on n'en parlera plus. Un nouveau scandale fera son apparition et… enfin je veux dire….
-Non non vous avez raison. Un nouveau scandale.
-Vous savez qu'ici ce n'est pas ce qui manque.
Elle rit de bon cœur et très vite il se joignit à elle. Bette avait beau être la reine des potins, s'il avait son aval alors il avait celui de toute la ville.
-Merci Bette. Du fond du cœur.
-De rien. Et passez le bonjour à Gabi de ma part !
Il parti le cœur plus léger que jamais. Bien sur tout n'était pas gagné d'avance, ils auraient encore des batailles à livrer, publiques et d'autres plus personnelles, mais c'était des choses qui arrivaient. Il s'arrêta en chemin chez un fleuriste. Il avait envie de surprendre Gabi aujourd'hui. Oui, c'était vraiment une très bonne journée. Leur nouvelle vie commençait sous les meilleurs auspices.
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