Pgm, le retour...


**Rappel des épisodes précédents :

Forte de sa découverte, Conchita se prépare à dévoiler l'adresse du quartier général de l'Ordre du Phénix.

De son côté, après trois mois de claustration au Manoir, Eléonore se prépare enfin à quitter l'antre du Mal.

** Episode 277

Il était dans le pénombre près de la cheminée. Il était immobile mais Eléonore pouvait sentir précisément l'endroit exacte où il était. Les cours du Maître au sujet de la détection des ennemis se révélaient très efficace, même sans lunette, elle pouvait savoir au centimètre près où était cet être répugnant.

Le jeune femme saisit le seul et unique bibelot qui se trouvait sur sa table de chevet (un massif chandelier en bronze qui devait peser au moins 4 kg) Elle avait fouillé le manoir pour trouver cet objet dans le but précis de ce qu'elle allait en faire à présent.

Elle prit un peu d'élan, visa et lança le lourd chandelier.

Il y eut une petit cri strident puis un bruit mate et enfin un fort bruit métallique.

Bingo ! En plein dans le mille !

Eléonore attrapa sa robe de chambre et sa baguette. D'un geste elle raviva le feu et alluma les candélabres posés sur le manteau de la cheminée. Une vive lumière envahit la chambre.

La jeune femme se leva rapidement et se dirigea vers l'endroit où elle avait lancé le chandelier. Elle y trouva l'objet ainsi que la victime.

« Tu m'as l'air mal au point Pettigrow ! » Murmura-t-elle avec jubilation en découvrant le corps inerte d'un vieux rat blanc.

Eléonore avait depuis longtemps découvert que le Larbin était un animagus… un animagus de rat… cela allait tellement bien au personnage. Elle regarda le rat qui gisait sur le sol avec dégoût.

« Immonde pervers ! » Murmura-t-elle haineusement. « Sale voyeur, ça fait des semaines que tu te rinces l'œil. Croyais-tu vraiment que je ne t'avais pas remarqué sale vicieux ?! »

Un mince filet de sang coulait de l'oreille du rongeur. Avec un peu de chance elle l'avait bel et bien tué. Du bout de sa pantoufle elle tapota le flan de la bestiole. Celle-ci réagit à ce contact. En fait il était toujours vivant.

« Wingardium leviosa »

L'animagus s'éleva dans les airs. Eléonore alla ouvrir une fenêtre et jeta l'animal dehors.

« Ca te rafraîchira les idées espèce de détraqué sexuel ! »

Le Manoir était au Québec, on était le 17 décembre et un fort blizzard avait soufflé toute la nuit bref il devait faire, tout au plus, moins quinze degrés Celsius à l'extérieur.

Le corps de Pettigrow alla s'écraser trois étages en contre-bas dans une congère. Il fut rapidement recouvert par la neige.

Eléonore referma la fenêtre prestement, pas là peine d'attraper une pneumonie à cause de cet être répugnant, le Maître ne lui pardonnerait pas et elle avait des choses plus importantes à faire.

A présent qu'il n'y avait plus d'œil indiscret pour l'épier, elle se déshabilla et fit un brin de toilette. Elle revêtu ensuite une sobre robe de sorcière vert bouteille, coiffa ses cheveux en un strict chignon et remit ses élégantes lunette en prime.

Avant de sortir de la chambre, elle revêtut sa cape d'invisibilité car tel était le désir du Maître.

La jeune femme longea sans faire le moindre bruit les longs couloirs du Manoir. Même un Elfe n'aurait peu détecter sa présence. En fait c'était comme si elle n'était pas là, on ne pouvait ni sentir sa présence ni détecter le moindre mouvement d'air dû à son déplacement. Elle était arrivée à ce point d'inexistence après plusieurs semaines d'entraînement intensif promulgué par le Maître en personne.

Pour arriver à ce résultat il fallait être capable de rester des heures immobile dans les positions les plus inconfortables, être capable de prévoir tous les déplacements des êtres, des objets ou même de l'air qui vous entourait, être capable de canaliser son énergie, contrôler ses sentiments, contrôler le bruit, contrôler l'air… Enfin bref ne pas être là…. Et ne pas être là était épuisant et ça donnait d'horrible courbature.

En pensant à la raison de cette inexistence, Eléonore eut une sorte de rage et un sentiment d'inutilité terrible… Tous ça pour aller espionner une petite sorcière de campagne… Une sorcière de rien du tout… Alors qu'avec ce pouvoir elle pourrait faire tellement de chose plus intéressante pour le compte de l'organisation.

Au hasard d'un couloir, juste avant d'arriver à la cuisine où elle savait trouver son petit déjeuner, Eléonore croisa un petit homme noir et obèse. Elle reconnut en cet homme Rigil Kantarus-Bleucocher l'un des membres de la branche américaine de l'organisation. D'après ce qu'elle en savait il était originaire de Bâton-Rouge en Louisiane et vivait actuellement à la Nouvelle Orléans. (En trois mois, Eléonore avait appris beaucoup de chose au sujet de l'organisation, comme par exemple que celle-ci avait d'innombrable adepte dans les pays hors de l'Angleterre)

Que faisait-il ici ?

Rigil Kantarus-Bleucocher était pâle, tremblait et hésitait entre avoir chaud et avoir froid. Une sueur glacée lui dégoulinait le long des tempes. De toute évidence il venait d'avoir une entrevue avec le Maître.

Instinctivement, Eléonore sut qu'elle ne devait pas chercher à savoir, cela ne la concernait pas. Elle continua donc sa route sans que Kantarus-Bleucocher n'ai même soupçonné qu'elle était passée à moins d'un mètre de lui.

Dans la cuisine, elle avala deux beignets avec une tasse de café.

La jeune femme retourna ensuite à sa chambre. Elle jeta un dernier coup d'œil au dossier qu'elle avait reçu au sujet de la sorcière qu'elle allait devoir espionner pendant un temps encore indéterminé. Une femme plus toute jeune, rousse, qui devait aimer les sucreries aux vus des rondeurs qu'elle affichait.

Eléonore revêtu son épaisse cape d'hiver et y superposa la cape d'invisibilité.

« A nous deux Molly Weasley ! » Soupira-t-elle.

Elle transplana en silence vers le Terrier.

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De son côté, Conchita Vélasquez fit le chemin inverse de celui d'Eléonore et arriva en fin de matinée au Manoir (c'est-à-dire en fin d'après-midi en heure Anglaise à cause du décalage horaire). Elle aurait préféré faire ce déplacement dés qu'elle avait eu l'information au sujet de l'Ordre du Phénix mais Pokus avait fait un détour par l'écosse avant de revenir sur le Chemin de traverse et après près de douze heures passées dans la tête du hibou on ne pouvait pas dire qu'elle fut présentable.(ce sont des bras que j'ai, pas des ailes….)

Elle transplana dans le hall d'entrée du Manoir. Elle ne savait pas trop comment elle allait être reçu, le Maître n'aimait pas qu'on le dérange à l'improviste.

Presque miraculeusement Pettigrow apparut devant elle pour l'accueillir au bout de presque dix minutes d'attente. Elle le dévisagea avec une insistance perplexe. Le Larbin avait des allures de momie. Sa tête était enrubannée de bandelettes, une épaisse compresse recouvrait son oreille gauche, une minerve lui immobilisait le cou et il avait un bras en écharpe.

« Suibez boi ! » Articula-t-il péniblement. Il renifla bruyamment. Il avait dû attraper froid.

Conchita hésita, qu'avait bien pu faire le Larbin pour que le Maître le mette dans cet état là ? Elle caressa nerveusement sa main mutilée. Le Maître devait être d'une humeur exécrable…

Sans prêter attention à la jeune femme, le Larbin lui tourna le dos et avança en boitant en direction du salon. Sans se départir de son sang froid légendaire, Conchita le suivit.

La porte du Salon s'ouvrit.

« Vélasquez ! J'espère que vous avez quelque chose d'important à m'annoncer pour oser me déranger ainsi. Je n'ai pas de temps à consacrer aux incapables. »

La voix du Dark Lord était glaciale et menaçante. Il était assis dans un fauteuil et fixait intensément les flammes dansant dans la cheminée.

Conchita prit un grande inspiration, garda son calme et entra dans la pièce. Quoiqu'il allait se passer à présent, il était trop tard.

Elle prit la parole.

Suite au prochain épisode.

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