Titre : Les sentiments

Titre : Les sentiments

Série : One Piece

Auteur : Cannelle-chan

Disclaimer : Tous les personnages cités dans cette histoire sont tous inspirés de la série One Piece réalisé par Oda Eichiiro.

Reviews :

LucioL : Merci pour tes encouragements. J'aime beaucoup voir que la façon dont j'écris sur la marine plaît. J'avoue des fois douter si il faut que je mette autant de détails dans mes histoires, si çà interesse vraiment mais ta reviews me montre que je fais bien de farie cela. J'espère que la suite va te plaire.

Hiryu-san : merci pour ta review, et oui Zoro va aux rendez vous, mais ne le blâme pas trop il est gentil notre sabreur, sinon on ne le torturerait pas autant ;p

Sesshomaru : Merci pour ta review ! Zoro a ses fannes, je vois que tu en fais parti (et en force en plus) Merci de m'indiquer si je fais vraiment trop de fautes TT, je suis une catastrophe ambulante dans ce domaine, je ferai attention pour la prochaine fois promis ; )

SaYaKa-cHaN : Merci pour tes encouragements, cela me fait plaisir de voir des lecteurs qui me lisent avec plaisir. Sinon pour le couple de fin…je laisse le suspense. (D'ailleurs qui dit qu'il y en aura un ? ;p)

Note de l'auteur : Je vous remercie de votre patience et de votre soutien j'espère que l'histoire continuera encore de vous plaire tout au long des derniers chapitres à apparaître. J'ai autant de personnes fannes du Zoro / Tashigi que du Zoro/ Sanji. Malheureusement j'ai déjà toute l'histoire en tête depuis 2 ans, (juste du mal a retransmettre sur papier) j'espère que les uns et les autres ne seront pas déçus de la fin.

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture. Et merci pour votre patience vu ma rapidité à updater …. ;p

Chapitre n° 8

L'ambiance était de plomb dans la grande salle qui servait de salle à manger. Il était difficile de discerner pourquoi une telle atmosphère régnait dans ce lieu où généralement les rires, les joies et les moments complices prédominaient. Le lieu de séjour était déserté après le repas du midi, laissant au cuistot, le loisir de prendre un moment de pause avant d'attaquer la vaisselle qui l'attendait dans les grands bacs qui servaient d'évier.

Le jeune homme était assis sur l'une des chaises de la salle. La cigarette à la main comme à son habitude mais à y regarder de plus prêt, la tension qui envahissait le corps entier de Sanji, elle, était exceptionnelle.

Tout son corps était sur le qui-vive malgré le fait qu'aucun danger apparent n'était à signaler. Non, le danger était tout autre et cela était même plus dur à supporter que n'importe quel combat. L'absence… Le vide que laissait de plus en plus le bretteur auprès des siens depuis qu'ils avaient accosté à Bluestar.

Sa présence physique était toujours la même que d'habitude. Il dormait n'importe où, rouspillait lorsqu'on le réveillait, venait manger avec ses compagnons de route… Mais deux à trois heures par jour il partait. Il ne partait pas longtemps, mais à chaque fois il devenait de plus en plus lointain et distant comme si la personne qu'il retournait voir inlassablement emportait à chaque fois, une partie de son esprit, de ses pensées et ce que redoutait le plus le blond, son cœur.

Sanji savait qu'il n'avait pas le droit de s'inquiéter pour Zoro mais il avait plus d'une fois transgressé les règles établies depuis qu'il avait commencé un semblant de relation avec l'escrimeur. Il n'avait pas le droit de parler d'amour entre eux, il le ressentait. Il ne pouvait se montrer inquiet, il le cachait difficilement. Il n'avait pas à interférer dans les relations de Zoro, il voulait l'éloigner le plus loin possible de cette femme dangereuse par son statut et par son charme.

C'était peut être étrange à dire mais plus les jours passaient, plus l'impression de quitter la jeune marine serait difficile voir impossible pour son compagnon. Les autres membres du navire ressentaient la tension qu'il y avait entre le brun et le coq mais personne ne prenait cela vraiment au sérieux, pensant à une énième bagarre, une broutille qui serait vite effacée.

Il ne restait plus que cinq jours avant que le log pose soit rechargé, Sanji ne savait pas si il pourrait tenir sans craquer d'ici là.

Après avoir fini sa cigarette qu'il écrasa dans le cendrier, il se leva et fit couler l'eau pour commencer à laver ses ustensiles de cuisines. Le fait d'être seul n'aidant pas, il n'avait rien pour le distraire de ses pensées. Laver des assiettes occupait les mains, pas l'esprit. Des premières rides commençaient à se former sur son front à force de s'inquiéter.

- Sanji je peux te parler un peu ?

C'est avec fracas que l'assiette tomba sur le sol. C'est un Sanji surpris qui lâcha ce qu'il avait entre les mains. Son corps n'avait pas relâché toute la tension qu'il accumulait depuis quelques jours et il n'avait pas fait attention à l'arrivée de son amie rousse derrière lui.

- Oh Nami chérie, tu m'as surpris. Je n'avais pas remarqué ta présence bien qu'elle soit comme un rayon de soleil qui éclaire ma journée. Qu'est ce que tu souhaites ? Un thé ? Un café pour aider à digérer ?

Nami ne s'était pas attendu à un tel geste de la part du coq.

- Non merci, laisse moi faire, je vais ramasser les morceaux.

En voyant les dégâts à terre, elle s'abaissa et commença à récupérer un à un les morceaux de vaisselles brisés. Le blond restant malgré tout un gentleman, fit de même pour aider son amie.

- Je suis vraiment maladroit, laisse moi finir. Tu risques de couper ta peau si délicate. Dit maladroitement le blond à l'encontre de la navigatrice.

Sans tenir compte des paroles de son ami, la jeune fille continua ce qu'elle faisait.

- Tu sais Sanji, tu n'es pas tout seul sur ce bateau.

Le blond releva la tête et regarda d'un air surpris Nami. Il se doutait qu'elle n'était pas la que pour badiner avec lui. Mais il préféra garder un ton léger avec elle.

- Oui je le vois bien à la quantité de nourriture engloutie tous les jours par ces rustres qui nous tiennent compagnie.

Après avoir fini de mettre à la poubelle les dernier débris, il s'appuya contre le bord de l'évier pour rester face à son interlocutrice.

- Je ne parle pas de cela. Tu as l'air préoccupé en ce moment, nous sommes là pour t'aider si tu as le moindre souci.

Il craquait complètement devant la moue un peu boudeuse de son amie. Elle avait un fort caractère, dominait les hommes de l'équipage, paraissait si forte et pourtant… Elle était fragile, si petite, pouvait se montrer délicate comme à cet instant malgré ses maladresses. Elle se souciait plus qu'elle n'osait l'avouer de ses compagnons, de ses amis, de sa famille.

Un sourire un peu triste naquit sur les lèvres du coq.

- Namie chérie, tu es adorable et tellement mignonne à t'inquiéter pour moi, mais c'est inutile…tout va bien.

Hum pour le mensonge, il avait encore fort à faire pour paraître cent pour cent crédible, mais il espérait pouvoir duper la vigilance de la femme en face de lui.

Après un temps d'hésitation, la jeune femme réitéra sa proposition pour se confier à elle.

- Je vais bien je t'assure, mais je te remercie de t'inquiéter autant pour moi. Dit il charmeur en approchant doucement sa main du visage de la jeune fille pour la caresser.

Ce geste de remerciement fut perçu par Nami pour un nouveau geste déplacé du blond et d'un revers de main elle dégagea celle de son ami.

- Bon, je peux te laisser alors…Si il n'y a vraiment rien.

Et d'un geste incertain, elle se dirigea vers la sortie. Sanji pu enfin se retourner vers les bacs pleins d'eau et de vaisselles qui l'attendaient. Il prit une assiette en main puis la reposa aussitôt. Toutes les pensées, tous ses doutes, ses craintes revenaient en force. Comme écrasé par une force invisible, il s'appuya sur le rebord de l'évier, la tête basse, la respiration haletante.

- Et merde.

Une boule d'angoisse s'était formée dans sa gorge comme coincée. Son visage se crispa sous les sentiments différents qu'il ressentait. Mais à aucun moment il ne laissa ses larmes franchir la barrière de ses paupières.

Au bout de quelques instants, il sentit une main sur son épaule comme pour le soutenir et le soulager un peu de sa peine. Au senti de la main, il avait deviné celle de Nami qui n'avait pas dû croire son récit et était revenu pour le retrouver ainsi.

Sanji ne se retourna pas pour autant mais posa sa main sur celle de la jeune femme comme pour dire qu'il appréciait son soutien. Il s'accrocha de plus en plus à cette main tendue comme un naufragé s'agrippait à une bouée de sauvetage. A aucun moment il ne laissa ses yeux se remplir d'humidité mais son visage exprimait déjà tout ce qu'il pouvait ressentir.

Après quelques instants, Sanji retrouva son calme et libéra la main de la navigatrice.

- Je te remercie, ça va aller mieux maintenant.

- Je ne connais pas ton problème et je me doute que tu ne me diras rien mais… Chaque problème à une solution. Fais le point sur ce qui te tracasse et résolus-le calmement à ta façon en faisant de ton mieux.

Après une pause, elle reprit dans un petit rire peu assuré, au vu du manque de réaction du coq.

- Je sais c'est vague comme conseil et cela ne t'éclaire pas forcément plus mais n'oublie pas que tu n'es pas seul. Alors aies confiance en toi.

Elle avait répété ses mots, ces mêmes mots que quelques minutes auparavant.

Le blond sourit face aux paroles réconfortantes de Nami. Il ne pouvait résister face à cette charmante déclaration et ses encouragements.

- Je m'en souviendrai Nami chérie. D'ailleurs pour te montrer ma gratitude, ce soir je vais faire un plat spécialement pour toi. Concocté avec les meilleurs mets dont tu puisses rêver. Tu m'en diras des nouvelles.

Nami lui rendit son sourire et acquieça. Du bruit à l'extérieur se fit entendre.

- Je ferai mieux d'y aller avant que ces imbéciles ne mettent le bateau sans dessus dessous, soupira la jeune femme.

Sanji ricana et se remit au travail. Nami n'avait pas tort. Il fallait qu'il réagisse et vite. Sinon il allait crouler sous les inquiétudes grandissantes qu'il nourrissait. Ce n'était pas bon du tout. Il disait qu'il voulait éloigner Zoro de ce sergent, il allait devoir agir au lieu de laisser les choses se produire sans rien tenter.

Il devait séduire ce marimo. Il s'imagina en train de faire la cour à son compagnon comme il avait l'habitude de le faire avec une jeune femme. Après s'être fait peur à lui-même trente secondes, il imagina une autre tactique. Il avait réussit à le mettre dans son lit, donc en principe il avait un avantage…Mais comment il avait fait ce tour de force ? Mystère. A son souvenir c'était Zoro qui s'était rapproché de lui pour lui proposer ce marché d'être ami-amant.

- Le faire à ma manière hein ? Dit-il pensivement en regardant la cuisine autour de lui.

--

Quelque chose clochait. Tashigi ne saurait comment le dire mais la journée ne se déroulait pas comme d'habitude. Elle devenait peut être paranoïaque à force de faire quelque chose d'illégale mais ça la travaillait.

Bien sûr, elle n'avait aucune preuve tangible mais les regards persistants que lui lançait son supérieur depuis ce matin ne pouvaient signifier que deux choses. Soit elle l'intéressait, ce qui était fort peu probable et honnêtement être la cible romantique du colonel Smoker avait de quoi être effrayant surtout avec un regard pareil. Soit, ce qui était plus vrai semblable, il avait quelque chose à lui dire mais il se retenait et cela le travaillait.

Elle n'osait pas lui parler directement de peur de dire un détail qui pourrait la trahir. Tashigi était mal à l'aise avec cet homme à qui elle devait beaucoup et son malaise redoubla.

- Sergent Tashigi, vous allez faire votre tournée hebdomadaire parmi les soldats aujourd'hui ?

Après avoir prononcé son nom, la jeune femme bloqua sa respiration avant d'entendre toute la demande du colonel.

- Euh oui bien sûr. Dois-je donner d'autres directives pour nos soldats ?

Après un temps de réflexion l'homme grogna presque et détournant son regard de sa subordonnée.

- Non pour aujourd'hui ça ira.

Le redoutable marin était d'une humeur massacrante, il ne valait mieux pas le titiller de trop. Pendant un temps, la jeune femme pensa à annuler son rendez vous avec Zoro de peur que cela ne soit trop dangereux mais comme elle n'avait aucun moyen de le prévenir, Tashigi ne put se résigner à ne pas y aller. Après tout cette excuse était aussi valable qu'une autre pour se convaincre d'aller le rencontrer…

- Il ne nous reste plus beaucoup de temps avant de pouvoir les attraper…Pensa à haute voix le maître de ces lieux.

Voila ce qui exaspérait le plus son supérieur. C'est vrai que le temps n'était plus leur allié, aussi bien pour Smoker qui souhaitait attraper son rival Monkey D Luffy, que pour elle, qui souhaitait apprendre tant de l'homme qu'elle commençait à peine à voir autrement qu'un simple terroriste, pirate, homme sans vergogne et de peu de vertu.

En y repensant, elle avait vraiment affublé Zoro de beaucoup d'adjectif qui au final ne lui allait pas du tout. Plus elle le voyait et plus cela devenait une évidence qu'il n'était pas tout cela…Sauf pirate bien sûr.

La pensée qu'ils seraient bientôt séparer et que la course poursuite se remette en place lui étreint sa poitrine. Ne se sentant d'un seul coup plus très bien, elle demanda l'autorisation à son colonel de sortir pour faire sa tournée plus tôt ce jour là.

Prendre l'air lui fit du bien. L'air était frais mais agréable, les cris des mouettes accompagnaient les différents bruits du port et du roulis des vagues contre leur bâtiment. Elle descendit sur la terre ferme et se décida à aller faire le point avec ses hommes en ville. Cela faisait trop longtemps qu'ils n'avaient pas eu des nouvelles et qui sait ? Avaient-ils des informations à fournir. Elle se dirigea vers le centre ville sans se douter qu'une ombre la suivait plus ou moins près d'elle.

Après deux heures de mises en gardes, de renouvellement d'ordres, Tashigi avait fait le tour de ses obligations militaires. Pourtant avant de partir l'un des marins retint son attention.

- Lieutenant Tashigi, je souhaiterai m'entretenir avec vous.

- Oui matelot, que vouliez vous me dire ?

Un peu gêner le jeune homme brun, bien bâti commença à lui faire part de quelques inquiétudes.

- Cela fait plusieurs jours que nous sommes ici à faire des contrôles, mais les chances sont infimes d'attraper des pirates ainsi, ils ne sont pas aussi stupides. Je ne remets pas en cause les ordres du colonel mais nous sommes inquiets et puis…hésita-il.

- Continuez, encouragea la jeune femme.

- Le lieutenant O'Connell est parti hier soir faire son rapport au colonel et depuis nous n'avons plus de nouvelles. Si il y a des changements nous aimerions bien être mis au courant. Les hommes commencent à être démoralisés et nous cacher des informations ou nous mettre à l'écart n'arrange en rien la situation.

- Un de nos hommes à disparu vous dites…

Elle parût réfléchir. Il était apparemment aller voir le colonel. Une sourde angoisse l'envahit. Lui avait-il dit quoique ce soit qui l'a mette dans l'embarras ? Cela faisait tout de même plusieurs jours que ses rapports étaient falsifiés.

« Ne panique pas ma grande, commence déjà par rassurer ce marin sinon cela va entraîner des complications. »

- Je vais me renseigner au QG dès que j'ai la moindre information je vous en fait part. Votre aide nous aient précieuse, ne douter pas de çà et continuez votre travail comme jusqu'à maintenant.

- Oui merci Lieutenant.

Après avoir quitter ses hommes, Tashigi devait réfléchir au calme à sa situation actuelle. Smoker était-il au courant qu'elle l'avait trahie ? Si oui, pourquoi ne lui avait il encore rien dit ou ne l'arrêtait-il pas ?

Malgré ses pensées qui l'obnubilaient, un geste brusque derrière elle retint son attention. Elle se retourna mais apparemment il n'y avait rien à signaler.

« Le lieutenant O'Connell est parti hier soir faire son rapport au colonel et depuis nous n'avons plus de nouvelles. »

Non ! Non cela ne pouvait être ça. D'un seul coup une idée lui traversa l'esprit. Et si elle avait été surprise par l'un de ses hommes. L'horreur de la situation, lui fit comprendre qu'elle devait en avoir le cœur net et vite !

Sans donner, apparemment, plus d'intérêt que cela à cette ombre qui la suivait, elle se dirigea en ville pour « faire les boutiques.» Elle regardait régulièrement dans les vitrines, voir si un reflet suspect ne se reflétait pas derrière elle. Rien de concret à l'horizon. Elle devait alors passer la vitesse au dessus.

Elle tourna un moment avant de rentrer dans une boutique de vêtements. Elle entra et demanda au marchand si le magasin possédait une double entrée. Après avoir acquiescé à cette question incongrue, la jeune femme sourit et prit plusieurs vêtements avant d'entrer dans la cabine d'essayage. Elle profita d'un moment ou les clientes s'accumulaient pour se fondre parmi elles et sortit en vitesse par la porte de derrière.

Dans la petite ruelle, elle rechercha des issues de secours le long des murs des maisons voisines, elle en trouva pour son plus grand soulagement et monta au sommet d'une maison qui donnait sur l'ensemble des rues voisines et scruta les alentours.

Trouvé ! Caché derrière une petite maison en face de la boutique ou le lieutenant était entré auparavant, un homme en uniforme reconnaissable scrutait d'un air ennuyé les allées et venues des gens. Elle était bel et bien suivie.

Comment allait-elle pouvoir s'en débarrasser sans que cela ne soit suspecté ? Il ne lui restait plus très longtemps avant de devoir rejoindre l'entrepôt désaffecté. Le temps était contre elle, Tashigi devait faire vite et bien. Elle redescendit par les escaliers mais se prit les pieds dans le dernier barreau.

- Aïe ! Ce n'est pas vrai.

Sa maladresse légendaire avait encore frappée. Elle se redressa rapidement et rentra dans la boutique en remerciant l'aide du commerçant. Ce dernier lui assura que cela n'était rien même si son visage indiquait qu'il était un peu agacé de voir qu'au final, elle n'allait rien acheter.

Après avoir reprit son souffle et son calme, elle ouvrit la porte de la boutique. Une immense partie de cache-cache allait débuter. De la grande rue principale, elle tourna vers une petite ruelle, inconsciemment son pas s'accéléra. Puis elle passa de grandes rues passantes aux petites sombres et étroites. Elle faisait attention de ne pas montrer trop de précipitation. Cela aurait pu mettre la puce à l'oreille à cet espion indésirable.

Au bout d'une demi heure, la respiration haletante, elle se retrouva une fois de plus sur les toits de la ville et vit qu'elle avait réussi une fois de plus à semer son poursuivant.

- J'ai eu chaud. Soupira-t-elle. La jeune femme prit quelques instants pour retrouver son calme et son souffle. Après avoir reprit une figure un peu plus humaine, c'est le cœur battant et le pas pressé, qu'elle se rendit à son lieu de rendez-vous.

Elle arriva sur le lieu d'entraînement et c'est en le voyant assis à terre en train de nettoyer son sabre que toute la tension qu'elle n'avait pas eu conscience d'avoir s'envola.

- Tu es là tôt pour une fois.

- Je peux te retourner la remarque. Mais range ton sabre, aujourd'hui je ne pourrais rester. D'ailleurs je ne compte plus revenir te voir. Dit-elle alors qu'une boule commençait à se bloquer dans sa gorge, la forçant à finir sa phrase sur un ton plus bas.

- Et pourquoi donc ? Demanda le jeune homme sur un ton dur, alors qu'il se relevait.

- Je…Je crois, non je suis sûre d'être suivie. Mon colonel ne me fait plus confiance. Mes faits et gestes sont surveillés.

Zoro l'écouta et leva les yeux aux alentours. Le regard dur du sabreur la fit frissonner.

- Tu as attiré des marins ici ?

- Non ! Se précipita-t-elle de répondre. Je l'ai semé avant d'arriver ici. Mais les lieux ne sont plus sûrs, ni pour toi, ni pour moi. Il est temps d'arrêter tout ceci.

Tashigi commençait à dire tout ce qui lui pesait sur la conscience depuis bientôt deux semaines. Les vannes étaient ouvertes, plus rien ne l'empêchait de tout raconter.

- Alors tu trahis ta promesse. Tu n'as aucune envie de devenir vraiment plus forte. Tu es venue ici pour te divertir, rien de plus. Dans ces conditions, je n'ai plus rien à attendre de toi.

Zoro n'avait jamais été tendre avec elle, mais il n'avait jamais été aussi cru et brutal.

- Comment peux tu oser me dire ça à moi ? Sais-tu tout ce que j'ai du renier pour venir te rejoindre chaque jour, Roronoa Zoro ? Peux-tu imaginer un seul instant les sacrifices, les principes bafoués, et autres mensonges que j'ai commis pour te voir ? Pour te comprendre ? Pour enfin avoir une chance de devenir plus forte ?

La colère l'emportait sur tout le reste. De dépit et de rage les larmes commencèrent à s'accumuler dans ses grands yeux noirs.

Tous ces sentiments exprimés sur le visage de la jeune femme, déstabilisa l'escrimeur. Il était maladroit parfois, il le savait mais jamais il ne souhaitait revoir ces expressions sur ce visage si familier. Il les avait déjà vu sur le visage plus jeune de Kuina et le revoir sur ce visage adulte le troublait. Quand elle avait dit qu'elle ne reviendrait plus le revoir cela l'avait mis dans un état de colère et de frustration. La seule pensée qui lui traversait l'esprit était « Non pas encore, pas avant que je ne comprenne pourquoi je veux la revoir à chaque fois. Pourquoi vous êtes si semblables, pourquoi je la revois en elle. »

Sans qu'il ne s'en rende compte, le lieutenant martelait le torse du pirate de coups de poings. Les larmes ne s'étaient pas taries encore et sans ménagement, Zoro attrapa ses deux poignets pour les maintenir et l'empêcher que l'un d'entre eux soit blessé.

- Promets moi que tu reviendras me voir demain.

Tashigi hoqueta de surprise. Elle levant ses yeux vers son aîné, le regard qu'il lui adressa la troubla plus que de raison, finalement elle ne put qu'acquiescer à cette demande.

- Bien, alors je te reverrai demain à la même heure.

Lorsqu'elle fut un peu calmée, Zoro lui libéra ses poignets. Elle s'agrippa alors au T-shirt de l'homme qui n'était qu'à quelques centimètres d'elle, libérant toute ses larmes comme pour se soulager un peu de toute cette histoire.

Le bretteur fut surpris et gêné de cette réaction. Ne sachant que faire dans ce genre de situation, il fit ce qu'il lui semblait le plus approprié de faire pour réconforter une fille qui pleure. Il posa ses mains sur ses épaules et attendit que cela se passe.

Ils étaient là sans se douter qu'un spectateur avait vu une grande partie de la scène. Les seules traces qui pouvaient trahir la présence qu'une autre personne avait assisté tout cela, étaient un mégot de cigarette écrasé en vitesse qui fumait encore et au loin, un mendiant recevant un panier repas copieux, d'un généreux donateur qui s'en allait dans le sens inverse du port désaffecté.

A suivre.