Chapitre 2
Ce que contient l'abîme
Rin marchait lentement vers l'origine du fredonnement d'une source. Elle s'était chargée de ramener de l'eau, tandis que Kikyo rassemblait le bois pour le feu. Le vent d'automne se leva faisant flotter les feuilles ocre rouges des arbres et frémir Rin par sa fraîcheur. Bientôt, la forêt perdrait son magnifique manteau rouge, et deviendrait nue sous le froid d'hiver.
Rin frissonna. Elle n'aimait pas l'hiver. Les deux hivers précédents, Kikyo et elle arrivaient parfois à passer la nuit dans des villages, mais beaucoup refusaient de les héberger. AhUn effrayaient facilement des villageois peu habitués de voir un dragon à deux têtes. Kikyo avait suggéré de laisser AhUn aux abords des villages lorsqu'elles demandaient l'hospitalité, mais Rin était catégorique sur ce sujet. Elle préférait dormir dehors sous une tempête de neige s'il le fallait avec le dragon que de le laisser tout seul dans un coin ou pire de s'en séparer. AhUn étaient sous sa responsabilité, ils étaient ses amis et ils étaient son troisième et dernier cadeau pour elle. Le premier avait été sa vie, redonnée malgré le cours normal de la nature et du temps ; le deuxième le yukata jaune et orange pliée soigneusement dans un des sacs que portaient AhUn, vieux et rapiécé qu'elle ne pouvait plus porter depuis quelques années. Ses pensées migrèrent vers les souvenirs remontant au jour où il le lui avait offert, mais elle s'arrêta. Non, ne pense pas à lui !
L'autre raison de sa hantise de l'hiver était sa famille. Elle avait été décimée une nuit froide enneigée. Rin en faisait encore des cauchemars, parfois. Ne pense pas à ça non plus.
Elle prit un pas plus brusque pour atteindre la source, et y découvrit une cascade. Elle n'était pas très grande, mais gardait un charme discret, cachée timidement entre les fougères. Rin s'agenouilla et posa la cruche de bambou. Elle regarda son reflet à la surface de l'eau.
Ses cheveux bruns tombaient en désordre sur ses épaules, ses mèches sauvages fourchant dans toutes les directions. Ils étaient plus longs qu'auparavant. Rin avait cessé de les attacher en une petite couette sur le bord de sa tête, le jour où elle s'était enfin résolue à vivre avec Kikyo. Ses grands yeux bruns n'avaient plus l'étincelle joyeuse de l'enfance qui la caractérisait, mais étaient devenus plus sérieux et graves. Rin ne croyait pas être devenue froide pour autant. Parfois, quand elle pouvait l'oublier et qu'elle se mettait à rire, elle retrouvait la chaleur d'avant. Mais les occasions étaient moins courantes que par le passé.
Ses habits étaient différents aussi. Elle portait une réplique exacte de la tenue de miko de Kikyo, une blouse blanche aux larges manches continuée par un hakama plissé rouge vif. Elle était armée aussi, son arc en bandoulière et son carquois dans le dos. Kikyo disait qu'il était plus prudent de les garder auprès d'elle.
Est-ce que ces habits de miko avaient fait disparaître la Rin qu'elle était ? Non, sans doute pas, mais Rin venait parfois à se demander si elle avait tellement changé en deux ans. Serait-il capable de la reconnaître ?
Car oui, cela faisait bien deux années que Naraku l'avait enlevée et lui avait légué le Shikon no Tama dans son propre cœur. Cela faisait deux automnes qu'elle et AhUn voyageaient avec Kikyo à travers tout le pays, semblait-il. Cela faisait deux ans qu'il l'avait abandonnée.
Sesshomaru-sama. Même après tout ce temps, penser à lui faisait mal. Des larmes tombèrent de ses joues sur la surface de l'eau, créant des cercles qui se répandaient sur le cours d'eau. Elle essuya vigoureusement ses yeux avec sa manche. Elle avait dépassé le stade de pleurer pour un oui et pour un non à chaque fois qu'elle pensait à lui. Pourquoi cela devrait recommencer maintenant ?
Après la bataille, elle s'était réveillée tout contre AhUn et avait été rassurée l'espace d'un instant, certaine que Sesshomaru-sama l'avait gardée près de lui. Cependant ce n'était pas lui, ni même Jaken-sama qui l'attendait auprès du feu, mais bien Kikyo.
Rin avait crié, pleuré, supplié, mais rien n'y avait fait. Sesshomaru-sama et Jaken-sama étaient partis sans elle. Elle s'était alors enfuie trois fois avec AhUn pour les retrouver. Les deux premières fois, elle était partie toute une journée avant de revenir bredouille et honteuse auprès de Kikyo. La troisième fois, une semaine entière. Elle rentra seulement parce qu'elle s'était finalement endormie d'épuisement et qu'AhUn savaient qu'il était inutile de chercher. Si le dragon ne les avait trouvé pas, cela voulait dire que Sesshomaru-sama et Jaken-sama les évitaient. Ils ne voulaient pas être retrouvés. Sesshomaru-sama ne voulait plus d'elle.
Alors Rin avait renoncé à les rechercher. Elle resta avec Kikyo, qui, elle, l'acceptait. La miko n'avait jamais reproché à Rin ses escapades. Elle avait simplement continué comme si de rien n'était. Elle avait dû deviner pourtant ; Kikyo savait beaucoup de choses.
La miko commença à lui apprendre à maîtriser ses pouvoirs. Rin trouva que penser à autre chose l'aidait à oublier, même si le soir, lorsqu'elle s'endormait contre AhUn, elle se souvenait…
Elle se jeta éperdument dans l'enseignement que Kikyo lui offrait. La miko disait qu'elle apprenait vite, et en effet, Rin commençait à contrôler ses pouvoirs avec plus de facilités. Elle pouvait se battre avec, mais aussi guérir ; elle y était parvenue une seule fois. Ce qu'elle apprenait ne se réduisait pas à la maîtrise de pouvoirs spirituels. Elle adorait étudier les vertus et dangers des plantes. Elle avait alors l'occasion de cueillir des fleurs et d'en faire des bouquets qu'elle devait ensuite laisser. Un bouquet en main serait une gêne pour tirer à l'arc si un yokai venait à l'attaquer. Cela arrivait souvent, et généralement, pour une raison qu'elle n'expliquait pas, les jours de pluie.
Rin n'avait que onze quand Kikyo la fit affronter un yokai pour la première fois. Un orage d'été avait éclaté ce jour-là, obligeant Rin et Kikyo à s'abriter dans une caverne. Kikyo avait senti le yokai se rapprocher d'elles depuis un certain moment, et avait pu donner le temps à Rin pour se préparer. Kikyo l'avait rudement entraîné au tir à l'arc pendant les mois durant lesquels elles avaient voyagé, elle avait confiance en ses capacités. Le yokai, n'était pas spécialement puissant et Rin avait pu le purifié d'une seule flèche. Kikyo l'avait félicitée, mais Rin n'avait pas répondu. C'était la première fois qu'elle avait tué un être vivant pour une autre raison que de se nourrir. Elle détestait cela, car elle savait que ce yokai était le premier d'une longue liste.
Le nombre de Yokai souhaitant s'emparer du Shikon no Tama n'avait fait qu
augementer avec le temps. Elle en terrassait de plus en plus. L'un des avantages à croiser tant de démons était qu'elle pouvait accroître sa perception des youki. Ses dons, infimes au début, s'affinèrent. Et plus ils s'affinaient, plus elle commença à percevoir l'aura d'un yokai qui les suivait en permanence. Il devait être puissant, car si elle aurait dû indiquer le lieu où il se trouvait, elle aurait estimé la distance les séparant d'au moins un jour de marche. Lorsqu'elle en parla à Kikyo, inquiète que ce fût un yokai de Naraku ou Naraku lui-même, cette dernière avait répondu que ce n'était pas une menace et qu'elles pouvaient aussi bien continuer leur propre route sans s'occuper de ce yokai. Rin n'évoqua plus le sujet, mais elle resta intriguée. Est-ce que ce yokai pouvait être…
Rin ferma le yeux puis entreprit de remplir sa cruche de bambou. Cela ne servait à rien de se donner de faux espoirs. Elle se leva et retourna au camp, appréciant le bruit des feuilles qui craquaient sous ses sandales.
Au camp, Kikyo était assise près du feu. Elle avait déjà fini ses tâches alors que Rin avait passé son temps à rêvasser. Kikyo ne dirait sans doute rien, mais Rin culpabilisa. Au moins, elle n'avait pas eu à se battre pour allumer le feu. C'était toujours dans ces moments-là qu'elle regrettait le plus l'absence de Jaken-sama et de son Nintojo.
AhUn levèrent leurs deux têtes et hennirent pour l'accueillir. Elle caressa leurs museaux. Elle était heureuse d'avoir AhUn avec elle. Ils étaient ses compagnons de toujours, et lui rappelaient l'insouciance de sa vie d'avant. Même si parfois cela faisait mal aussi. Mais ils changeaient de Kikyo.
Kikyo était quelqu'un de taciturne et de froid. Cela ne gênait pas vraiment Rin. Sesshomaru-sama pouvait être bien pire. Elle pensait parfois qu'il était capable de geler un volcan en fusion d'un seul regard, s'il le voulait. Kikyo, même si elle était distante, avait une douceur de grande sœur que Rin n'avait jamais connu. Elle se doutait que la prêtresse enfouissait au fond d'elle-même son passé douloureux, mais elle savait que ce n'était pas la meilleure des solutions. Les raisons devaient être attachées à Inuyasha-sama, et le fait que Kagome-sama était sa réincarnation dans le futur, mais elle n'en savait pas plus. Cette affaire ne la regardait pas vraiment et elle n'avait pas le droit de juger Kikyo. Après tout, elle aussi commençait à enfouir ses peines au fin fond de son cœur.
Kikyo était généralement triste, il était rare qu'elle sourît. Mais Rin était fière de parvenir à la faire sourire de temps en temps. C'était d'ailleurs un exploit qu'elle n'avait jamais accompli avec Sesshomaru-sama, et ce n'était pas faute d'essayer. C'était à l'époque sa principale ambition : faire sourire Sesshomaru-sama. Il semble bien que je n'aurai plus l'occasion d'essayer.
Au final, Rin s'était accommodée de sa nouvelle vie avec Kikyo. Elle s'était même fait aux démons serpentins, porteurs d'âmes de jeunes femmes qui la suivaient, les Shinindamashuu. Pas qu'elle approuvait vraiment, mais elle en comprenait la nécessité. Enfin, si c'était possible. Kikyo n'était pas une femme dont les motivations étaient faciles à cerner.
Il était tôt dans l'après-midi pour installer un camp, mais Kikyo avait insisté pour s'arrêter dans cette clairière. Ce qui signifiait qu'elle allait lui apprendre quelque chose de nouveau. Ou peut-être pas. Parfois, elles restaient des heures à méditer, ce qui ennuyait rapidement Rin.
Elle s'était s'assise en face de Kikyo de l'autre côté du feu. Rin avait découvert que la prêtresse n'avait pas besoin de la chaleur des flammes. Elle n'était affectée ni par le froid, ni par les grosses chaleur. Quand Rin lui avait demandé la raison, Kikyo avait répondu que son corps était de terre et de cendres. Rin avait été choquée d'apprendre que la prêtresse n'avait pas un vrai corps et les circonstances dans lesquelles elle avait l'obtenu. Rin avait elle-même été ramenée à la vie, mais elle était de chaire et de sang. Pendant cette conversation Kikyo l'avait regardée étrangement, comme si elle s'attendait à la voir fuir en courant. Rin était restée pourtant, elle était habituée à des choses bien plus étranges encore.
« Rin, tu parais bien agitée aujourd'hui. »
Rin releva le regard de la miko. C'était vrai, elle avait passé plus de temps dans ses souvenirs que d'habitude. Lorsqu'elle avait une tâche à accomplir, elle s'y attelait suffisamment pour ne penser à rien d'autre, et sûrement pas à sa vie d'avant…
« C'est un pressentiment, Rin, ton inconscient devine que quelque chose va se produire.
- Vous sentez quelque chose aussi, Kikyo-sama ?
- Oui, c'est un sentiment de malaise…
- Naraku ?
- Peut-être, » répondit Kikyo d'une voix douce.
Naraku.
Celui par qui tout avait commencé. Rin lui en voulait pour ce qu'il lui avait fait, parce qu'il était celui qui avait poussé Sesshomaru-sama à la laisser. Elle lui en voulait, mais elle n'avait pas trouvé en elle la force de le haïr. C'était idiot, il était son ennemi, elle savait qu'elle devait le vaincre, Kikyo le lui avait bien souvent répété. Une part d'elle lui aurait donné le Shikon no Tama sans aucune hésitation si cela aurait pu lui rendre sa vie d'autrefois. Mais Rin n'était plus une enfant, elle savait qu'à présent, elle devait garder la perle hors de la portée du hanyo.
Kikyo affirmait qu'il était encore en vie, même si depuis deux ans, il n'avait laissé aucune trace, aucun indice qui aurait pu indiquer ce qu'il faisait. Mais tout comme Kikyo, Rin savait qu'il était toujours vivant. D'où lui venait cette certitude, Rin était incapable de le dire, mais elle était là, ancrée au plus profond de son cœur. Comme si… comme si elle savait qu'il ne cesserait de vivre tant qu'elle-même vivrait.
Soudain, l'espace d'une seconde, son cœur s'arrêta, remplacé par la pulsation fragile du Shikon no Tama qui agrippa l'âme de Rin par surprise. Et au sud, elle sentit une force maléfique jaillir hors de tout contrôle. Elle se leva brusquement.
« Kikyo-sama ! »
La miko s'était levée en même temps qu'elle, et regardait dans la direction d'où provenait le youki.
« C'est proche, allons-y. »
Eteignant précipitamment le feu, Rin ramassa son arc et son carquois, et monta AhUn. Kikyo s'installa derrière elle, et Rin prit les rênes. Ils s'envolèrent vers la menace imminente qui risquait d'envahir l'ensemble de la contrée.
Kagome roulait sur sa bicyclette le long des chemins terreux du Japon de l'ère féodale. Inuyasha était assis sur son porte bagage arrière, et Sango et Miroku montaient Kirara. Comme au bon vieux temps.
Enfin presque.
Elle jeta un coup d'œil à Kohaku et Shippo. Shippo s'était transformé en renard en manteau roux. C'était sa véritable forme yokai, une dont il pouvait être fier. Bien sûr il n'était pas très grand, mais il l'était suffisamment pour porter Kohaku sur son dos. Ces deux dernières années, il avait grandit vite. D'après Sango, cela correspondait à la phase de croissance des kitsune, un peu comme la puberté chez les humains. Pourtant dans sa forme humaine, il ne paraissait pas plus grand qu'un enfant de douze ans.
Kohaku était un autre changement que Kagome appréciait. Sango et lui avaient pris du temps pour renouer les liens du passé. Beaucoup de peines et de rancoeurs existaient entre eux, mais ils s'aimaient comme un frère et une sœur pouvaient s'aimer, et grâce à sa cela, ils en étaient sortis plus forts que jamais. Le jeune adolescent de quinze ans était fluet mais dépassait déjà sa sœur. Il était le deuxième taijiya du groupe, et venaient souvent avec eux lors des missions que les villages alentours leur demandaient d'effectuer.
L'autre changement, et non des moindres, était Miroku et Sango. Ils s'étaient mariés à la suite de la défaite de Naraku, bien qu'il n'y eût aucune assurance de la mort de leur ennemi. Sango était celle qui pour une fois avait poussé Miroku au mariage, même si la malédiction du kazaana pesait encore sur lui. Quand Kagome lui avait demandé pourquoi elle se précipitait malgré les résolutions de Miroku, elle avait répondu que la mort de Kohaku sur les terres d'Ekarizu lui avait fait prendre conscience qu'elle voulait profiter au maximum de sa vie avec Miroku. Le couple était finalement heureux, surtout qu'après neuf mois de mariage, leur premier fils, Kiyoshi, était né. Et là, Sango était enceinte à nouveau enceinte de plus de quatre mois.
Sango avait insisté pour venir pour cette nouvelle mission, prétextant qu'elle n'était pas infirme et que Kaede pouvait garder Kiyoshi un jour ou deux. Les protestations de Miroku et Kohaku, et même toute la bande avaient été inefficaces devant la résolution de Sango. Elle était entêtée et ils avaient dû tous se faire une raison. Au moins, elle avait promis que c'était la dernière fois avant la naissance de l'enfant, qu'elle participerait à une mission d'extermination de yokai. Toutefois, Kagome n'était pas la seule à observer du coin de l'œil si la taijiya allait bien.
L'une des choses qui n'avaient pas changé étaient leurs aventures. Bien sûr, il n'y avait plus de fragment du Shikon no Tama à collecter, et Naraku avait été étrangement inexistant après sa défaite, mais yokai et autres monstres ravageaient le pays. Inuyasha, Kagome et les autres avaient obtenu une certaine renommée au cours des années, beaucoup de villageois de toute part venaient leur demander leur aide pour les défendre d'un démon. Inuyasha avait été réticent au début, mais Miroku avait sagement dit qu'ils pourraient ainsi trouver des indices sur les faits et gestes de Naraku.
Leurs recherches avaient été infructueuses, pour l'instant. La seule chose qui les avait persuadés que Naraku était toujours vivant était le kazaana de Miroku, qui ne s'était pas refermé. Personne n'en parlait, mais Kagome était quand même inquiète. Combien de temps le kazaana les laisserait-il avant d'engloutir Miroku ? Kagome, tu as trop d'idées noires, reprends toi !
A l'approche d'un village, Kagome freina brusquement, fixant son regard vers la lisière d'une forêt. Elle pouvait sentir le Shikon no Tama.
« Oy, Kagome ? dit Inuyasha. J'ai failli tomber, moi.
- Kagome-chan, demanda Sango, qu' y a-t-il ?
- Rin, n'est pas loin » répondit-t-elle.
Les réactions de ses amis étaient diversifiées.
« Vraiment, Kagome ! s'exclama Kohaku. Allons la voir, cela fait si longtemps qu'on ne l'a pas vu… en fait depuis… »
Depuis le jour où elle devint la nouvelle gardienne du Shikon no Tama, continua silencieusement Kagome. Depuis le jour où une enfant vint à bout du tout puissant Naraku. Depuis le jour où Rin a été arrachée à la vie qu'elle aimait tant. Beaucoup de choses s'étaient produites ce jour là, mais pour Rin, cela résumait l'essentiel.
Kagome aurait aimé savoir ce qu'elle devenait. Elle se souvenait qu'à l'époque Rin avait été bouleversée à l'idée d'être séparée de Sesshomaru. Kagome elle-même s'était sentie révoltée de voir Sesshomaru abandonner l'enfant derrière lui sans un regard. Il y avait un lien entre Sesshomaru et Rin, une affection, faute d'autres mots, que Kagome avait du mal à cerner et qui pourtant la fascinait. Bien sûr, Rin, avec le Shikon no Tama, avait besoin d'être protégée et d'apprendre à contrôler un tel pouvoir, mais fallait-il en arriver là ? Kagome se demandait comment elle réagirait si Inuyasha l'avait abandonnée de la sorte.
« Il est préférable que nous continuions notre chemin, dit Miroku. Notre mission est prioritaire. Et puis… elles sont sans doute occupées. »
Kagome jeta un coup d'œil sur Inuyasha. Elle remarqua le mouvement imperceptible de son nez. Il chercher à flairer son odeur.
L'une des choses que Kagome aurait aimé voir changer était bien cela : elle, Inuyasha, et Kikyo.
Kagome avait à présent dix-neuf ans, et entamait des études pour devenir médecin, sa vie toujours partagée entre ses livres et l'ère féodale. Et en prime, sa relation avec Inuyasha n'avait pas évoluée. Pas d'un poil. Inuyasha semblait incapable de choisir entre elle et Kikyo, bien qu'à sa connaissance, il n'eût pas revu la prêtresse depuis le jour de la défaite de Naraku.
Ce jour-là, Kikyo l'avait complètement ignoré. Pas une parole, pas un regard à l'intention d'Inuyasha. Il avait dû être blessé par le comportement de Kikyo. Etait-ce une raison pour geler leur propre relation ? Kagome se demandait pourquoi elle l'attendait ainsi, elle ne faisait qu'en souffrir. Mais la raison était simple. Elle aimait ce hanyo et s'il y avait une chose qu'elle avait remarqué avec l'amour, c'était qu'il la menait à faire des choses incroyablement stupides.
« Oui, continuons, » dit Inuyasha.
Kagome soupira. Au moins il ne cherchait pas à rejoindre Kikyo, lorsqu'elle était là. Kagome ne se faisait pas de fausses joies pourtant, elle se doutait que dès qu'il serait seul, il essayerait de la voir. Ils reprirent leur route en silence, comme si une certaine tension s'était subrepticement instillée dans leur groupe.
Les villageois qui avaient demandé leur aide avaient dit que le yokai errait le plus souvent à l'ouest de la grande route. Cela faisait une heure qu'ils avaient quitté le village, et ils n'avaient toujours rien rencontré. Kagome commençait à désespérer quand le sol se mit à vibrer.
« Il est proche, assura Sango, mais… je ne sens aucun youki.
- Moi non plus, dit Miroku. Kagome ? »
Kagome secoua la tête pour dire que non, et regarda Inuyasha.
« Keh, c'est pas normal, il y a pas d'odeur de yokai dans le coin.
- Un piège ? » dit Kohaku empoignant son scythe alors que Shippo reprenait sa forme habituelle.
Personne ne répondit, mais tous se préparèrent à attaquer. Kagome encocha une flèche à son arc, et attendit. Et comme prévu, le yokai jaillit du sol derrière eux, en rugissant.
Kagome, les réflexes aiguisés par l'habitude, tira une flèche purificatrice qui se percuta contre une barière.
« Quoi ?! »
La surprise était partagée par ses compagnons. Kagome pouvait briser n'importe quelle barrière. Sauf… Non, ce yokai n'était pas Naraku. Il n'avait pas de youki, et ressemblait plus à un serpent géant vert et jaune à pattes qu'à Naraku. Mais alors comment ?
Le yokai fonça droit sur elle profitant de sa stupéfaction, mais Inuyasha était là pour la secourir. Il sauta et la prit dans ses bras pour l'éloigner du monstre. Il la reposa au sol plus loin, et dégaina le Tessaiga, dont la lame prit une teinte rouge sang.
« Si tu crois que je vais te laisser faire ! Kaze no KISU ! »
La morsure du vent se concentra autour de la lame du Tessaiga, pour aller se fracasser contre la barrière. Sans la briser.
« Non, ce n'est pas possible, » murmura Kagome.
Comment un yokai aussi faible pouvait… ? Toutes leurs attaques avaient échoué. Inuyasha semblait sur le point de tenter ses autres attaques, mais Miroku le précéda.
« Il nous reste encore un moyen, dit-il en défaisant le chapelet de sa main droite. KAZAANA ! »
Le yokai fut pris de cours, aspiré lentement mais sûrement par le trou d'air du kazaana. Il n'avait aucune chance. Miroku finit par totalement engloutir le yokai dans sa main.
« Yay ! cria Shippo. C'était génial Miroku ! »
Miroku leur tournait le dos, en refermant le kazaana. Mais alors, Kagome sentit une pulsation en provenance de la main droite de Miroku. Cette pulsation lui rappelait… Comme… comme pouvait battre le Shikon no Tama…
« Miroku ! » cria-t-elle alertée.
Et la chose la plus horrible qu'elle ne pouvait imaginer se produisit alors. Le kazaana s'ouvrit, et recracha les monstres qu'il avait avalés par le passé.
« MIROKU ! » appela Sango.
Kagome n'entendit pas les autres cris de ses amis, couverts par les grondements des monstres qui surgissaient de la main de Miroku. Parmi ces montres, elle pouvait voir Miroku, tenant furieusement sa main dans une grimace agonisante. Il était évident qu'il ne parvenait refermer le kazaana, et aucun d'eux ne réussirait l'atteindre pour l'aider sans affronter l'armée de monstre qui n'épargnait que Miroku.
Le chaos le plus total éclata quand Sango lança Hiraikotsu sur les monstres les plus proches, réveillant Kagome et les autres de leur torpeur. La bataille générale s'engrangea alors. Kagome se rendit vaguement compte que jamais elle ne s'était battue ainsi, même face à Naraku, car jamais, leur combat n'avait paru aussi désespéré. A chaque monstre qu'ils terrassaient, dix en jaillissaient du kazaana.
Kagome allait bientôt être à court de flèche. Qu'arriverait-il alors ? Le nombre de démons ne semblait pas avoir diminué, mais elle n'était pas du genre à abandonner. C'était l'une des qualités qu'elle avait appris à force de se battre au cours des années. Tant qu'elle vivrait, elle garderait toujours espoir pour elle et ses amis.
Elle s'apprêta à tirer sa dernière flèche, priant silencieusement pour ses amis. Après, elle deviendrait un poids inutile. Elle tira, abattant trois yokai par la même occasion. Ca y est, je ne peux plus rien faire.
Kagome recula de quelques pas à l'arrivée d'un démon à tête de boeuf. Il allait lui trancher la tête d'un coup de griffe. Elle regarda aux alentours pour trouver une échappatoire, mais il n'y en avait pas. Même Inuyasha qui cherchait à la rejoindre, n'arriverait jamais à traverser l'océan de yokai à temps pour la sauver. Elle esquiva le premier coup du démon, mais elle tomba à la renverse sur un rocher.
« Aïe ! »
Elle s'était foulée la cheville, et ne pouvait plus bouger. Le yokai était au dessus d'elle, rugissant.
« KAGOME ! »
Inuyasha courait toujours pour l'atteindre, et Kagome sentit son cœur se déchirer. Tout ce qu'ils ne s'étaient jamais dits, tout ce qu'ils n'avaient jamais connus… Les regrets lui pesaient sur sa conscience et son cœur. Leur relation avait été un tel gâchis. Elle regarda le yokai, ses yeux emplis de destruction. Non, il n'y avait aucun salut. Elle allait mourir ainsi…
Kagome sentit, plus qu'elle ne vit, une flèche purificatrice traverser le champs de bataille, détruisant tout yokai sur son passage, jusqu'à arriver dans le dos du yokai qui la surplombait. Il explosa en étincelles lumineuses, propres à l'énergie d'une miko.
Kagome leva la tête, vers la source qui avait lancé la flèche. Au-delà de Miroku, se tenait deux personnes, une femme et une jeune fille, toutes deux habillées en tenue de prêtresse, et accompagnées par un dragon à deux têtes. La femme, était une personne que Kagome aurait pu reconnaître entre mille autres. La jeune fille portait dans son cœur la lumière la plus pure qu'elle n'avait vue, celle du Shikon no Tama.
Kikyo et Rin.
AhUn volaient avec la même détermination que Rin, vers l'amas de youki qui s'échappait par vagues. Elles n'étaient déjà plus guidées par leurs sens de miko. Des démons s'envolaient dans toutes les directions à partir de l'épicentre du youki. Beaucoup venaient vers elles, attirés par l'aura du Shikon no Tama, mais grâce à Kikyo et AhUn, ceux suffisamment stupides pour s'approcher d'eux étaient réduits en miettes.
Pourtant un problème allait apparaître. S'ils n'arrivaient pas plus rapidement à la source du youki, Kikyo auraient épuisé toutes leurs flèches. Elles seraient obligées de compter sur AhUn uniquement, et même le dragon à deux têtes toucherait à un moment ou un autre ses limites.
Rin n'eut pas de raison supplémentaire pour s'inquiéter sur ce problème. AhUn débarqua à temps à leur destination. Une clairière près d'une route, transformée en un champ de bataille. Elle fut stupéfaite de voir que Inuyasha-sama et ses amis étaient au cœur du chaos, crée par cette multitude de démons qui sortaient de la main de Miroku-sama. Comment… ?
Elle sauta du dos d'AhUn qui s'était posé face au moine, et encocha une flèche, imitée par Kikyo. Rin hésita un instant, et se demanda quelle cible elle pouvait bien choisir dans cette multitude d'ennemis. La plus urgente. Au loin, elle aperçut Kagome sur le point d'être frappée à mort par un immense démon, et au signal de Kikyo, elle tira.
Les deux flèches n'avaient pas le même but, mais leurs trames mauves purifièrent toutes les yokai sur leurs passages. Celle de Rin se planta dans le dos du yokai qui surplombait Kagome, faisant exploser le démon en étincelles d'énergie. Rin remarqua vaguement que celle de Kikyo avait sauvé Inuyasha d'une mort assurée. Elles attaquèrent alors les monstres qui sortaient indéfiniment de la main de Miroku-sama.
Malgré leur entrée dans la bataille, le nombre de yokai ne diminuait pas. Y a-t-il une fin à cet incessant flot de monstres ?
« Il faut arrêter la source, dit Kikyo à côté d'elle, qui continuait à tirer sur tout ce qui bougeait. Bientôt nous serons à court de flèches.
- Mais comment ? »
Même en visant les démons tout autour d'elle, Rin entrevit Sango-sama et Kohaku se battre dos à dos. Shippo était plus loin devant elle, et il semblait essayer d'atteindre Miroku-sama. Lorsqu'elle tourna son attention sur le moine, elle crut sentir le Shikon no Tama pulser en elle, comme si la perle était attirée par l'abîme sans fin au creux de sa main droite.
Pourquoi Rin monta sur AhUn, elle ne serait le dire. Son instinct lui dictait d'aller au plus près de la source et de tirer droit dans la main de Miroku-sama. Et s'il y avait une chose que Rin faisait toujours, c'était bien d'obéir à son instinct.
« Rin ! »
Rin ignora la prêtresse, tout comme elle ignora l'approche de ce youki familier qu'il l'avait suivie au moins depuis l'époque où elle était capable de discerner les auras de démons. Elle avait un but, elle n'avait pas le temps de s'expliquer ou de réfléchir. Elle lança AhUn au galop, frayant un passage entre les démons qui s'écartaient devant elle, par peur ou par surprise, elle s'en moquait.
Son attention fut attirée par Shippo qui semblait en difficulté face à deux yokai. Rin fit un détour vers le kitsune, et attrapa son bras en plein galop, pour le tirer derrière elle. Heureusement que Shippo était assez agile, car sinon, ils seraient tous les deux tombés à la renverse.
« Shippo prends les rênes, dit-elle lorsqu'il fut installé.
- Quoi ?
- Fais ce que je te dis. »
Les bras de Shippo l'entourèrent et agrippèrent nerveusement les brides d'AhUn qu'elle lui tendait. Rin prit alors son arc et encocha une flèche.
« Shippo tu iras droit sur Miroku, et surtout ne dévie pas à un seul instant.
- Quoi ?! Tu es complètement folle !?
- Aies confiance en moi, Shippo. »
Il déglutit bruyamment derrière elle, mais ne répondit pas. Rin fut cependant rassurée quand il s'exécuta effectivement, et guida AhUn à toute allure vers Miroku-sama. Rin pressa les flancs du dragon pour aider à se maintenir droite. Le vent froid frappait son visage, et le chemin dans la masse de yokai parut presque interminable pour Rin. Elle se concentrait, pourtant, bien plus qu'elle n'avait dû le faire pendant ses séances ennuyantes de méditations.
L'environnement n'existait plus, il n'y avait qu'elle, son arc, sa flèche et sa cible, le kazaana qui vomissait ses monstres. La charge d'énergie originaire du Shikon no Tama vint à s'amasser au niveau de la pointe de la flèche, et elle tendit l'arc. L'abîme, la flèche et moi. Elle tira.
La trame de la flèche fonça droit vers son but. Aucun yokai n'était assez stupide pour se trouver dans sa trajectoire. Tout son être suivait la course de la flèche, son âme se projetant avec elle dans l'abîme noire du kazaana. Et elle le vit. Son visage qu'elle n'oublierait jamais.
Naraku.
Il l'avait vue aussi, ses yeux laissant transpirer une complète surprise, identique à celle que ressentait Rin. Quelques fractions de secondes et son coeur se mit à battre avec le Shikon no Tama, une fois, deux fois, puis fit disparaître le visage de Naraku derrière une explosion de lumière fuschia, éclairant l'abysse et la plaine.
La lumière faiblit après quelques instants, et il ne restait plus que le silence. Le vent puissant du kazaana se leva, menaçant d'absorber tout ce qui se trouvait sur son passage. Dont Rin, Shippo et AhUn.
« Shippo, fais demi-tour, vite ! »
Le kitsune ne se fit pas prier. Il tira violemment sur les rênes, même si AhUn n'avait pas vraiment besoin d'être poussé à fuir ce nouveau danger. Malgré les efforts d'AhUn, ils étaient inéluctablement aspirés par le trou d'air. Shippo se tenait de toutes ses forces à la taille de Rin, qui s'accrochait elle-même tant bien que mal à l'encolure du dragon. Et AhUn glissait à chaque pas qu'ils faisaient. Ils ne tiendraient pas longtemps.
« Miroku-sama, s'il vous plait ! » cria-t-elle au désespoir.
Elle aperçut le moine tenter de ramener sa main gauche pour sceller le kazaana grâce au chapelet. Elle crut qu'il allait échouer, l'espace d'un instant. C'était sous-estimer le moine, car quand AhUn abordaient dangereusement une zone de non retour, Miroku referma le kazaana.
Le changement fut brusque, et ni Rin ni Shippo n'étaient prêt quand AhUn trébuchèrent dans leur élan. Ils tombèrent tous les deux au sol, Shippo devenant malgré lui un coussin qui amortit la chute de Rin. Elle se releva lentement, remarquant vaguement que le kazaana avait aussi aspiré la plupart des yokai que le Shikon no Tama n'avait pas purifiée. Au moins une chose de moins à faire.
Rin s'assura d'un regard que Shippo et AhUn allaient bien, puis courut auprès de moine. Il était à genoux, la tête baissée, et gardait sa main droite contre lui.
« Miroku-sama, est-ce que ça va ? »
Il ne leva pas la tête, même lorsque Shippo vint à ses côtés. Il était encore essoufflé et Rin posa une main sur son épaule. Il sembla brusquement sortir de sa transe, et la regarda d'un air confus.
« ANE-UE ! cria Kohaku de l'autre côté de la plaine. Kagome, s'il vous plait, elle va mal ! »
Miroku pâlit, et ses yeux nuits s'assombrirent d'un puissant sentiment de peur qui effraya Rin.
« Sango. »
Malgré ses blessures ou sa fatigue, Miroku-sama courut vers sa femme qui était tenue dans les bras de Kohaku. Rin et Shippo le suivirent, pour découvrir que Kohaku pleurait. Inuyasha-sama aidait Kagome-sama à venir à leur chevet, et derrière eux se tenait Kikyo.
Kagome-sama passa sa main sur le ventre de la taijiya inconsciente. Sango-sama est enceinte. C'était le geste de Kagome-sama qui lui fit deviner l'état de la taijiya. Kikyo commençait à apprendre à Rin ce genre de choses depuis peu. En fait depuis que son sang avait pour la première fois coulé, lors de l'été précédent. Elle regarda les gestes de la miko, remarquant son expression subitement inquiète. Cela ne présageait rien de bon.
« Qu'est-il arrivé ? » demanda la miko.
Kohaku hésita avant de répondre.
« Elle… On se battait contre les yokai qui nous encerclaient quand l'un d'eux l'a frappée au ventre, et… »
Rin inspira, alors que Kohaku n'arrivait pas à finir ce qu'il voulait dire. Les mains de Kagome-sama semblèrent se glacer. Rin devinait ce que cela voulait dire. Sango-sama risque de perdre son enfant.
« Kagome ? »
La voix de Miroku-sama parut à Rin presque suppliante. Il voulait que la miko lui dît que sa femme et son enfant allaient bien. Kagome-sama ferma les yeux, comme pour éviter le regard du moine. Rin, et peut-être les autres, pouvait voir qu'elle était dans l'incapacité de sauver la sœur de Kohaku. Mais moi, je peux y arriver.
« Je… je peux peut-être essayer quelque chose.
- Certainement pas, Rin, dit Kikyo.
- Mais Kikyo-sama, si on ne fait rien…
- Il y a une différence entre réparer l'aile brisée d'un moineau, et sauver une femme enceinte et son enfant. Tu n'as pas assez d'expérience pour cela. Tu jouerais avec ta propre vie si tu t'y hasardais.
- Mais si je réussissais, Kikyo-sama ? Si…
- Tu peux faire quelque chose, Rin ? » interrompit le moine.
Rin se tourna vers lui, pour croiser ses yeux emplis d'une culpabilité douloureuse. Il y avait aussi une lueur d'espoir qui y naissait, et elle effraya Rin. Si elle échouait… ce serait comme trahir ce tout petit espoir dans les yeux désespérés du moine. Elle ne se le pardonnerait jamais. Alors je dois réussir.
« Je sais guérir avec le Shikon no Tama. Comme l'a dit Kikyo-sama, je ne l'ai fait qu'une seule fois pour soigner un oiseau blessé. Je ne sais pas si je peux y arriver pour Sango-sama, mais… si vous le voulez, j'essayerai. »
Il semblait la soupeser, puis se pencha sur sa femme, écartant tendrement une mèche des son visage.
« Fais-le, s'il te plait.
- O-oui, répondit Rin en s'agenouillant près du couple.
- Ne t'en fais pas, dit Kagome-sama, je t'aiderai si je peux, Rin-chan.
- Rin, dit Kikyo en ignorant l'autre miko, je t'en prie, ne fais pas cela. Ce combat t'a épuisée, ne cherche pas à te servir encore des pouvoirs de la perle, tu pourrais…
- C'est mon choix, Kikyo-sama, dit Rin sans la regarder. Et puis… tout ira pour le mieux. »
Rin disait cela plus pour se rassurer elle-même que Kikyo. Elle avait peur, jamais elle n'avait eu la responsabilité d'une vie ou d'une mort auparavant sur ses épaules. Allez, je peux le faire.
Elle ferma les yeux, et posa sa main sur le ventre tendu de Sango. Elle se concentra, appelant à elle les pouvoirs du Shikon no Tama. Elle canalisa la douce chaleur de la perle en ayant soin de n'utiliser qu'une infime partie pour examiner le ventre de Sango-sama. C'était des lames fines et fragiles qui entrèrent dans son corps, lentement calmant la tension du muscle qui entourait la poche d'eau où vivait l'enfant.
« Il y a une lésion à l'intérieur, Rin-chan ? demanda lointainement la voix de Kagome-sama. Une blessure, ou une ouverture ? »
Rin chercha la moindre lésion, comme lui avait demandé la miko, et en trouva une, qui saignait légèrement. Rin manipula son énergie réparant et cicatrisant la zone lésée. Elle sourit quand elle eut fini, mais cela ne dura qu'un instant, il y avait encore quelque chose qui clochait.
« Rin-chan ? »
Elle guida ses flots d'énergie vers l'enfant. Rin s'émerveilla qu'un si petit être deviendrait un jour adulte. Cela ne dura pas, car elle sentit l'agitation forcenée de l'enfant. Elle était terrifiée. Rin devait la calmer. Elle frôla l'enfant avec la chaleur du Shikon no Tama, espérant la rassurer ainsi. Etrangement, elle y arriva, et Rin caressa doucement sa tête, comme si les flots d'énergie devenaient un prolongement de sa main. Bon courage, petite fille, tes parents t'aiment très fort.
Rin dissipa les flots du Shikon no Tama et revint dans le monde extérieur. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle fut brusquement envahie par l'épuisement. Sa main droite se porta à sa poitrine comme pour l'aider à respirer. Ses vêtements collaient à sa peau, trempée par la transpiration. Comment s'était-elle fatiguée à ce point ?
« Je… je crois qu'elles vont bien. »
Même parler ou lever la tête était devenu difficile pour Rin. Alors elle choisit la solution la plus simple que lui dictait son corps. Elle ferma ses paupières, et se laissa tomber dans le sommeil.
Rin essaya de soulever ses paupières, mais ce retint. Une migraine menaçait de la rendre horriblement sensible à n'importe quel mouvement qu'elle pourrait faire. A la place, elle essaya d'identifier son environnement. Elle n'était pas dans un endroit familier, les quelques objets que son aura pouvait toucher ne lui évoquaient rien. Et il y avait quelqu'un.
Elle retint un instant sa respiration. Elle se concentra cherchant à définir l'aura près d'elle. Un humain. Elle n'était pas habituée à ressentir l'aura des humains, elle n'en côtoyait pas beaucoup avec Kikyo. Pourtant elle devint certaine qu'il n'y avait pas de menace de la part de la présence, et elle ouvrit les yeux.
Qu'elle ne fut sa surprise quand elle vit un visage penché au-dessus du sien. Il sursauta et s'écarta d'elle. Rin tourna sa tête vers lui, le cœur encore battant, et vit qu'à la vérité, ce n'était qu'un tout petit garçon qui n'avait pas encore deux ans.
« Bonjour, » dit-elle doucement en espérant ne pas l'effrayer.
L'enfant sourit et s'approcha d'elle pour monter sur son ventre. Rin grimaça un peu, elle avait des courbatures. Des courbatures, comment ? Ses souvenirs l'assaillirent en masse. Le kazaana, et les yokai. Sango-sama et son enfant. Rin avait dû s'évanouir et être amenée ici, car tout était sombre après. Rin n'était pas très forte physiquement. Elle s'était plusieurs fois évanouie après une fatigue émotionnelle, même avant de devenir gardienne de la perle. Elle s'en voulait, cette faiblesse pouvait lui coûter la vie un de ces jours.
Elle choisit de s'asseoir et prendre le garçon dans ses bras. Il en profita pour jouer avec ses mèches de cheveux. Parfait, comme si mes cheveux n'étaient pas déjà dans un chaos complet. Elle le laissa pourtant faire.
« Quel est ton nom ?
- Kiyoshi », dit-il de sa voix enfantine.
Il s'amusait encore avec ses cheveux, mais sans pour autant tirer dessus. Rin en était reconnaissante, il lui en fallait peu pour qu'elle criât de douleur quand on touchait à ses cheveux.
« Rin-neechan, Otosan dit que tu as sauvé Okasan. »
Il devait parler de Sango-sama et de Miroku-sama. Kiyoshi était leur fils, et elle devait se trouver dans leur maison.
« Ta mère… elle va bien ?
- Okasan dort beaucoup, et Otosan veut pas que je joue avec elle quand elle est réveillée. Il dit qu'elle doit se reposer. »
Kiyoshi bouda. Rin chercha quelque chose à dire pour le consoler, mais la porte s'ouvrit, et laissa entrer Miroku-sama vêtu d'un kimono bleu sombre. Rin était un peu surprise de le voir habillé plus simplement, mais après tout, s'il était marié, il n'était plus officiellement moine.
« Je savais bien que j'avais entendu du bruit. »
Il ferma la porte derrière lui, et vint s'asseoir à côté du futon de Rin. Il regarda sévèrement Kiyoshi qui se serra contre elle, comme s'il cherchait une protection.
« Kiyoshi, je t'avais dit de laisser Rin dormir.
- Miroku-sama, ce n'est rien, Kiyoshi ne m'a pas dérangé. »
Il tourna son regard vers elle, tandis que Kiyoshi se détendait contre elle. L'expression du moine se radoucit.
« Kiyoshi est un garçon turbulent, il n'y a que Sango qui a une véritable autorité sur lui. Mais s'il ne t'a pas dérangée… Est-ce que tu vas bien, Rin ?
- Oui, j'ai un peu mal au crâne mais à part ça, rien de spécial. Comment va Sango-sama ?
- Bien, d'après Kagome et Kikyo-sama. Il lui faut un peu de repos, mais elle commence déjà à sa plaindre de rester au lit, c'est un bon signe.
- Kikyo-sama est ici ? demanda Rin.
- Oui, elle vit chez Kaede-sama pour l'instant, avec Kagome. »
Avec Kagome. Rin ferma les yeux. Rin plaignait sincèrement Kaede-sama, la jeune sœur de Kikyo. L'atmosphère devait être plus que tendue, et si Inuyasha traînait dans les parages…
« Elles ne se sont pas entretuées, dit le moine en remarquant son malaise, je te rassure. Et Inuyasha est assez intelligent pour quitter le village pendant quelques temps. »
Il souriait franchement, et Rin ne put s'empêcher de sourire à l'image du pauvre hanyo, entre les deux mikos. Elles avaient toutes les deux un pouvoir colossale, jamais Rin n'aurait aimé attiser la colère de l'une d'elles et encore moins des deux.
« Je suis désolée d'avoir apporté tout ce dérangement, dit-elle en reprenant son sérieux.
- Tu ne nous dérangeras jamais, Rin. En plus Kohaku s'est précipité pour t'offrir sa chambre. Shippo n'avait plus qu'à suivre.
- Kohaku oni-san aime beaucoup Rin-neechan, n'est-ce pas, Otosan ?
- Kiyoshi, sourit Miroku, ne t'avise pas de dire cela devant Kohaku.
- Mais c'est vrai, Otosan !
- Kiyoshi… »
Le moine soupira un peu, puis sourit.
« Au fait, ta mère est réveillée, je pense qu'elle aimerait bien te voir.
- Ouais ! A toute à l'heure, Rin-neechan ! »
Kiyoshi descendit de ses genoux, et sortit en trottant hors de la chambre. Rin se mit à réfléchir sur la conversation entre Kiyoshi et son père à propos de Kohaku, un peu perplexe.
« Miroku-sama, si Kohaku et Shippo veulent reprendre leur chambre, j'irais avec Kikyo-sama…
- Ne t'en fais pas, Rin. Kohaku, et Shippo sont très bien avec Kiyoshi. Au moins j'ai toujours un des garçons qui peut veiller sur mon vaurien de fils. »
L'affection que Miroku-sama portait pour son fils fit sourire Rin, même s'il l'appelait ainsi. Elle se souvenait que Jaken-sama agissait de la même manière, mais à la fin, elle savait que ses insultes n'étaient jamais sincères. C'était une façon pour lui de ne pas à avoir prendre conscience de son affection pour elle. Du moins, elle voulait le croire. Un sentiment de nostalgie l'envahit. Cela arrivait toujours quand elle pensait à Jaken-sama ou … Ce n'est pas le moment !
Miroku la regardait d'une façon étrange, et Rin avait la désagréable impression qu'il essayait de lire dans ses pensées. Bien sûr que non, tu n'es plus habituée à être entourée par autant d'humains, c'est tout.
« Rin, je voulais te remercier pour ce que tu as fait… pour moi et pour Sango. Si quelque chose était arrivée à Sango… »
Rin posa une main sur celle du moine, en souriant.
« Ca ne sert à rien de se poser des questions sur des 'si', Miroku-sama. Sango-sama et votre fille vont bien maintenant, c'est le plus important. »
L'expression sombre du moine fut remplacée par un sourire malicieux.
« Ce sera donc bien une fille ? »
Rin plaqua sa main devant sa bouche avec horreur. Idiote, idiote, triple idiote !
« Je suis désolée, Miroku-sama, je ne voulais pas vous gâcher la surprise. Pardonnez-moi !
- Il n'y pas de raison pour que tu t'excuses. Sango sera ravie de l'apprendre. Après Kiyoshi, elle voulait tellement une fille. »
Rassurée, Rin sourit au moine. Elle pensait que son séjour au village serait l'un des meilleurs qu'elle aurait jamais passé.
Les quelques semaines suivantes confirmèrent les espérances de Rin. Elle se rétablit plutôt vite, et Rin prit goût de vivre dans une famille humaine. Elle avait oublié cette chaleur qu'elle avait connue lorsqu'elle vivait encore avec ses parents et son grand frère.
Kohaku avait insisté pour qu'elle occupât sa chambre au lieu de dormir avec Kagome-sama et Kikyo-sama chez Kaede-sama. Ce qui était un soulagement. Bien sûr cela obligeait Kohaku et Shippo de dormir dans la chambre de Kiyoshi, même si le petit garçon prenait l'habitude de dormir avec elle. Mais au moins, elle ne se trouvait pas entre les deux mikos.
Le froid d'hiver était tombé, mais beaucoup des journées étaient ensoleillées, permettant à elle et aux garçons de faire des promenades dans les alentours, entre jeux et rires.
Elle n'abandonnait pas ses études pour autant. Kikyo la prenait souvent à part le matin pour poursuivre son entraînement. Mais Rin trouva qu'elle aimait plus le soir, quand Miroku discutait avec elle sur les divers sujets qu'il connaissait. Sango, assise au coin du feu, lisait ou cousait. Miroku et elle, assis l'un en face de l'autre, parlaient pendant des heures de philosophies et d'histoires que Rin commençait à peine à assimiler le sens. Les garçons trouvaient leurs conversations ésotériques assez ennuyeuses, et partaient se coucher assez tôt. Sauf Kiyoshi, qui finissait par s'endormir sur les genoux de Rin ou de ceux de ses parents.
Souvent, Sango les interrompait en soulignant qu'il était temps d'aller dormir. Rin ne voyait pas le temps passer quand elle était plongée dans ces discussions. Kikyo n'étaient pas aussi loquace, et souvent, Rin gagnait une nouvelle vision des choses lorsqu'elle parlait avec Miroku. C'était de la théorie, mais Rin pensait être capable de l'appliquer lorsqu'elle utilisait ses pouvoirs, et ainsi mieux comprendre ce qu'elle faisait.
Toutes ses activités ne lui laissaient que peu de temps pour être seule à la merci de ses pensées, et heureusement. Sauf peut-être le soir, quand elle était en sécurité entre les couvertures de son futon, quelques larmes tombaient si elle venait à penser trop à lui. Son cœur, dont on disait qu'il détenait une puissance inégalable était bien faible et inguérissable. Peut-être avec le temps, se répétait-elle.
La neige tomba enfin sur le tranquille village. Une tranquillité que Rin chérissait. Elle n'avait pas à toujours être prête pour se défendre d'un quelconque yokai qui voulait la perle. Et s'amuser dans la neige avec Kiyoshi et Kohaku était devenu son passe-temps favori. Shippo ne participait pas, il détestait la neige, ce qui n'était pas étonnant de la part d'un kitsune dont l'élément privilégié était le feu. Avec Kohaku et les autres, elle oubliait qu'elle aussi détestait la neige. Kohaku et elle étaient généralement les derniers à rentrer, complètement trempé après une bataille de boule de neige. Sango les grondaient, mais cela ne les empêchait pas de recommencer le lendemain.
Un soir, alors que Miroku et elle, était encore dans l'une de leurs interminables conversations, Miroku s'arrêta tout d'un coup, fixant un regard attendri sur sa femme. Sango s'était pour une fois endormie sur son tricot.
« Je crois qu'il est temps d'aller se coucher, Rin. »
Rin acquiesça en souriant et prit doucement Kiyoshi endormi contre elle, dans ses bras. Miroku s'avança vers sa femme pour ramasser une pelote de laine qui était tombée à terre. La main droite de Miroku s'approcha mais n'atteignit jamais la pelote. Ce fut la pelote qui vint à elle, comme si elle avait été aspirée.
« Miroku-sama… » Rin ne pouvait que souffler son nom, devant l'expression terrifiée de Miroku.
Il fixait intensément sa main droite qui maintenait à présent la pelote de laine. Rin réfléchit frénétiquement. Le chapelet était bien en place, scellant le kazaana, cela ne devait pas arriver.
« Miroku-sama, » répéta-t-elle essayant cette fois-ci de ramener le moine de sa stupéfaction.
Il croisa fermement son regard, surprenant Rin.
« Ne parle à personne de ce que tu as vu. Oublie même que tu l'as vu.
- Mais Miroku-sama, chuchota-t-elle pour ne pas réveiller les autres. Je ne comprends pas… »
Son regard s'adoucit, et il soupira.
« C'est une malédiction, dit-il d'une voix si basse que Rin avait du mal à l'entendre. Naraku condamna mon grand-père et toute sa descendance à être absorbé par leur propre kazaana. La malédiction ne sera levée que lorsque Naraku mourra. »
Naraku… toujours et encore lui. Un souvenir qu'elle avait enfoui au fond d'elle pour une raison inconnue, jaillit dans sa conscience.
« Naraku… il était dans le kazaana… »
Miroku la regarda avec confusion, et Rin se força à s'expliquer.
« Lors de la bataille… quand j'essayais d'inverser le kazaana, je l'ai vu. J'ai vu son visage dans l'abîme…
- On pensait que Naraku était derrière cet incident, dit-il après un instant de réflexion, surtout Kikyo-sama. Même s'il est difficile de croire qu'il ait un quelconque contrôle sur le kazaana…
- Pourquoi ne m'avoir rien dit ? interrompit Rin. Pourquoi vous ne m'avez pas parlé de vos suspicions à propos de Naraku ?
- Sango pensait que cela ne servait à rien de t'inquiéter, répondit-il avec un sourire triste. Et je suis d'accord avec elle. »
Rin se tut pendant un moment. Ils veulent me protéger de la vérité? Ignoraient-ils qu'elle n'était plus une enfant ? Qu'elle devait savoir tout ce qu'elle pouvait à propos de Naraku qui chercherait à l'atteindre un jour ou l'autre ?
« Mais apparemment nos efforts pour te protéger se révèlent inutiles à la fin, dit-il. Au moins, tu as pu profiter de quelques moments d'insouciance parmi nous. »
Miroku avait un peu raison, Rin devait l'admettre. Si elle avait su pour la malédiction qui frappait Miroku, elle ne se serait peut-être pas permise de s'amuser autant avec les garçons. En plus, aucun démon ne l'avait attaquée pendant son séjour au village. Rien ne lui avait fait rappeler d'être toujours sur ses gardes, parce que Naraku s'en prendrait à elle au moment où elle s'y attendrait le moins. Pendant un temps, elle avait été une fille normale, parmi tant d'autres. Mais comme tout, il y avait une fin.
Kiyoshi remua un peu dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Kiyoshi…
« Miroku-sama… cela veut dire que Kiyoshi aussi sera maudit ?
- J'avais huit ans quand mon père est mort, dit Miroku sombrement. C'est à ce moment là que le kazaana est apparu dans ma main… Quand je serais mort, et si Naraku vit encore, mes enfants devront trouver un moyen pour rompre le sort.
- Mais vous avez encore le temps, n'est-ce pas ? Miroku-sama ? »
Il ne répondit pas toute de suite puis soupira.
« Jamais le kazaana ne s'était manifesté à travers son sceau… je ne sais pas combien de temps il peut tenir. Quelques mois, peut-être moins.
- Qu'allez-vous faire ? demanda Rin qui essayait de ne pas laisser paraître sa panique.
- Sans doute ce qu'avez fait mon père avant moi. Partir avant de devenir un danger pour ma famille… peut-être même essayer de trouver Naraku… »
Naraku était introuvable, il préparait quelque chose, sans doute, mais surtout, il le faisait à l'insu de tous. Miroku ne le retrouverait pas, si Naraku ne voulait pas être retrouvé. Seul, il ne pourrait pas vaincre le hanyo. Il devait y avoir une autre solution, Rin ne pouvait pas rester sans rien faire… Elle ne pouvait pas le laisser mourir… comme cela.
« Peut-être, peut-être qu'avec le Shikon no Tama…
- Tu ne maîtrises pas ce pouvoir, coupa-t-il. Tu risquerais de mettre ta vie en danger. Même pous Sango, ce que je t'avais demandé était égoïste et trop dangereux pour toi.
- Mais j'ai réussi et si j'essayais…
- Non, dit-il d'un ton catégorique. Tu as déjà risqué ta vie pour moi et Sango, c'est plus que suffisant. Cela ne te concerne pas. »
Il ne voulait pas de son aide. Pourtant, elle en était sûre, c'était en son pouvoir, même si elle ne savait pas comment. Enfin, pas encore.
« Et si j'en parlais à Kikyo-sama ? Elle sait beaucoup de choses et elle est très puissante, peut-être qu'elle saura…
- Rin…
- Ou Bokuseno-sama ! dit-elle en souriant à son idée. C'est un démon arbre qui a vécu des centaines et des centaines d'années…
- Bokuseno ?
- Oui, il y a quelques années, je suis allée le voir avec Sesshomaru-sama qui cherchait un conseil sur Naraku. Bien sûr j'avais un peu peur de lui au début, mais ça allait bien, je savais que je ne risquais rien avec Sesshomaru-sama… »
Elle se remettait encore à penser à lui… Rin secoua la tête, et ignora le regard particulier de Miroku.
« Enfin… Il est très gentil, et s'il y a une solution, il la trouvera.
- Rin, je ne sais pas si…
- Donnez-moi un peu de temps, Miroku-sama, je vous en prie… Au moins jusqu'à la naissance de votre fille. »
Miroku la considéra silencieusement. Elle n'aimait pas cela, elle ne pouvait pas deviner dans ses yeux la décision qu'il allait prendre. Finalement…
« D'accord, dit-il d'un ton résigné.
- Oui ! » cria-t-elle avant de plaquer sa main sur sa bouche.
Mais c'était trop tard, elle avait réveillé Sango et Kiyoshi qui se mit à pleurer. Il était grognon quand il se réveillait
« Oh, excuse-moi, Kiyoshi, dit-elle en essayant de le bercer
- Je me suis endormie, je crois, dit Sango d'une voix hésitante, mais elle se reprit vite. Ce qui veut dire que vous deux avez encore passé des heures à parler de choses complètement inutiles ! Allez ouste ! Au lit tout le monde ! Oh, et Kiyoshi…
- Ne vous inquiétez pas, Sango-sama, dit Rin. Je me charge de le consoler.
- Merci, Rin-chan, » dit Sango en souriant.
Rin jeta un dernier regard sur le couple, Miroku aidant sa femme à se lever. Et il avait le poing droit fermé.
Inuyasha détestait l'hiver. La neige, le vent glacé, le froid… Surtout quand son haori ne le protégeait pas suffisamment.
Cela faisait près de deux semaines qu'il vivait dans la forêt, et malgré le climat de saison, il n'avait aucunement l'intention de retourner au village. Se trouver entre Kikyo et Kagome était l'un de ses pires cauchemars, et il ferait tout pour l'éviter. Même mourir d'hypothermie, s'il le fallait.
Pas pour la première fois, il pensa qu'il devait aller chez Totosai. Au moins il serait au chaud. Alors qu'est-ce que je fous dans cette maudite forêt ? Oh, la raison, il la connaissait. Il voulait être là si elles se retrouvaient en danger. Il voulait les protéger. Kagome et Kikyo. Les deux femmes de sa vie.
Elles l'auraient tué si elles savaient qu'il pensait à elles de cette manière. Kikyo, d'une volée de flèches purificatrices, Kagome par une suite d'osuwari. Il ne savait pas quel était le pire, et il ne voulait pas le savoir. Feh, je hais ma vie.
Il avait conscience de ses sentiments pour Kagome, mais il ne pouvait pas oublier ceux pour Kikyo. Il savait que cela frustrait Kagome, elle avait été relativement patiente pendant toutes ses années. Relativement. Il se souvenait encore de plusieurs osuwari venus de nul part. Kikyo, au contraire, ne montrait rien de ce qu'elle pouvait bien penser. Elle n'était pas aussi expressive que Kagome. Oh, les femmes, quel casse-tête. Avoir son crétin de demi-frère se battre contre lui était tellement plus facile que de réfléchir sur ces deux femmes-là.
Pas que ce serait difficile de le trouver. Sesshomaru rodait dans les parages depuis plusieurs jours. En fait depuis leur retour, même. Son odeur empestait dans la forêt. Inuyasha n'aurait su dire ce qu'il voulait, à moins que… Rin, bien sûr.
En tout cas, cela valait le coup de vérifier.
Le vent d'hiver lui apporta de nouvelles odeurs, deux dont il était familier. Rin et Kohaku se promenaient dans la forêt et venaient dans sa direction. Inuyasha hésita. Devait-il aller les voir ? Après tout, ni Kikyo, ni Kagome n'étaient avec eux. Il devait bien s'avouer qu'il voulait des nouvelles des autres.
Il décida finalement d'aller à leur rencontre quand une nouvelle odeur l'alerta. Un yokai de bas niveau s'approchait des deux adolescents. Inuyasha se dépêcha. Le yokai voulait sans doute obtenir le Shikon no Tama de Rin.
Et ce n'est pas le premier. Depuis que Rin était au village, beaucoup de yokai s'étaient mis à rôder dans les parages. Inuyasha n'avait aucun mal à s'en débarrasser, et cela ne servait à rien d'inquiéter Rin à cause d'eux. La pauvre fille avait suffisamment à porter sur ses épaules. Etrange, je me retrouve toujours à protéger les gardiennes de la perle.
Il débarquait à l'endroit où se trouvait Kohaku et Rin, Tessaiga à la main, quand il sentit la charge déferlante d'une flèche purificatrice. Il n'eut que le temps de voir le yokai anéanti dans lumière fuschia. Il jeta un coup d'œil sur les adolescents. Rin se tenait encore droite, l'arc en main, et la mine concentrée.
« Rin, dit Kohaku qui refermait sa bouche, c'était… je venais à peine de sentir le yokai ! »
Rin se détendit alors, un sourire hésitant se profilait sur ses lèvres, puis elle se tourna vers l'arbre derrière lequel Inuyasha les observait.
« Inuyasha-sama, merci d'être venu. »
Il n'avait aucune raison pour rester caché plus longtemps. La jeune fille devait sentir les youki, pour avoir deviné sa présence. A voir ce qu'elle avait fait du démon à la distance qu'elle était, elle commençait les sentir avec beaucoup de finesse.
Inuyasha était un peu troublé de la voir habillée comme une miko. Elle lui rappelait Kikyo. Sauf que Kikyo ne souriait pas aussi facilement qu'elle. C'était quelque chose que faisait plus volontiers Kagome. Aaaah ! Mais faut que j'arrête de penser à elles !
« Inuyasha ! s'exclama Kohaku. On s'est demandé où tu étais… Shippo disait qu'on ne devait pas te chercher que tu étais plus en sécurité dans la forêt avec tous ces yokai, plutôt qu'au village entre Kikyo et Kagome…Hé ! Ca fait mal ! »
Le coup sur le crâne était pour apprendre au rejeton de penser avant de parler. Sango aurait dû faire plus d'efforts pour l'éduquer. Rin les regarda éberluée, puis éclata de rire.
« Ce n'est pas drôle, déclara Kohaku en se frottant la tête.
- Désolée, Kohaku-kun, dit-elle une fois calmée, mais ça me rappelait tellement Sesshomaru-sama quand il frappait le pauvre Jaken-sama sur la tête… »
Le ton joyeux dans sa voix semblait s'éteindre, et Inuyasha crut voir une émotion particulière dans les yeux de la jeune fille. De la peine. Kohaku aussi scrutait Rin intensément.
« Tu l'as revu ? demanda-t-il. Sesshomaru, je veux dire.
- Non, dit Rin d'une voix triste. Pas depuis… »
Elle acheva sa phrase par un mouvement circulaire de la main. Ils savaient depuis quand. Ils avaient tous été présents ce jour-là.
Le vent tourna. Inuyasha se demandait comment Rin avait bien pu croiser le chemin de Sesshomaru. Et surtout pourquoi Sesshomaru l'avait gardée pendant quoi, deux ans ? Ce n'était pas son genre, surtout qu'il méprisait les humains plus que n'importe quoi. Correction, c'est moi qu'il méprise le plus. En plus, qu'est-ce qu'une si gentille fille comme elle pouvait bien trouver à l'arrogant bâtard ? Non vraiment, il ne la comprenait pas. C'était un véritable gâchis qu'elle fût aussi triste à cause de lui.
« Comment va Sango ? » demanda-t-il pour changer la conversation.
Kohaku semblait le seul à sortir de ses pensées et à sourire.
« Elle va bien grâce à Rin. Miroku est aux petits soins avec elle. »
Inuyasha eut un sourire au coin. La paternité avait eu un effet radical sur Miroku. Et Inuyasha se demanda, non pour la première fois, ce que serait sa vie s'il s'installait pour fonder une famille. Des enfants, une femme aimante… C'était sur ce dernier point qu'il y avait un problème.
Il vit l'expression de Rin se transformer en air choqué.
« Inuyasha-sama, je crois que vous feriez mieux de partir.
- Feh, dit-il surpris, et pourquoi ça ?
- C'est juste que… »
Elle n'eut pas besoin de finir sa phrase, il comprenait ce qu'elle voulait dire. Il sentait Kagome et Kikyo. Si ce maudit vent n'avait pas tourné avant ! Il fit demi tour, et s'apprêta à courir. Il n'était pas trop tard pour fuir ni vu, ni connu. Mais un lointain 'osuwari', le plaqua dans la neige. Il gémit. Oui, il détestait bien l'hiver.
« T'aurais pas pu le dire plus tôt, marmonna-t-il
- Désolée, Inuyasha-sama, répondit Rin en s'agenouillant pour l'aider à se relever. Je n'étais pas concentrée. Est-ce que ça va ? »
Bien sûr, Rin qu'est-ce que tu crois, j'adore me prendre de la neige en plein dans la tronche. Il ravala quand même sa remarque acerbe, car il le savait, elles étaient derrière lui.
« Rin-chan, ça va ? » demanda Kagome.
Avec l'aide de Rin, Inuyasha se releva, mais Kagome lança un autre osuwari. Je hais cette vie.
« Kagome-sama, ce n'était pas très… gentil de faire ça. »
Inuyasha leva les yeux, en ravalant la volée d'injures qui ne demandait qu'à franchir ses lèvres. Dire qu'il en était réduit à être défendu par une gamine de douze ans. Mais ce qu'il vit le glaça. Kagome et Kikyo se tenaient côte à côte. Elles ne s'étaient pas associées, n'est-ce pas ? Inuyasha frémit à cette idée.
« Ne t'en fais pas pour lui, dit Kagome, il ira bien.
- Nous avons senti une flèche purificatrice, dit froidement Kikyo, tu as été attaquée par un démon ?
- Oui, Kikyo-sama, mais ce n'était qu'un démon mineur, je ne risquais rien…
- Mais malgré la présence d'un certain hanyo, dit Kagome, tu as dû te débrouiller toute seule. »
Inuyasha déglutit, le regard de Kagome pouvait aussi bien lui lancer des dagues.
« Inuyasha-sama nous aurait protégés s'il en avait eu l'occasion, dit précipitamment Rin. C'est le seul démon qui lui a échappé depuis ma venue au village. C'est pour ça qu'il était dans la forêt pendant notre séjour. Il éliminait les yokai qui voulait s'emparer du Shikon no Tama. N'est-ce pas, Inuyasha-sama ? »
Rin tourna vers lui des yeux suppliants. Elle veut m'aider ? Ce n'était tout simplement pas possible qu'elle eût vécu avec Sesshomaru pendant deux ans. Normalement, elle aurait dû vouloir le voir humilié par les deux miko. C'était une chose qui aurait sans doute plu à Sesshomaru.
Il se rendit compte qu'elle attendait toujours une réponse.
« Heu… c'est vrai, il y a plus de yokai que d'habitude dans le coin… »
Ni Kikyo, ni Kagome n'avaient l'air convaincu. Kagome paraissait toujours sur le point de larguer un osuwari qu'il ne serait pas prêt d'oublier, tandis que Kikyo le soupesait avec des yeux aussi froids qu'une nuit d'hiver. Pourtant elles n'ajoutèrent rien d'autres. Inuyasha jeta un coup d'œil reconnaissant à Rin qui lui sourit discrètement. Il se mit à bénir mentalement le jour où cette enfant avait été recueillie par son imbécile de demi-frère.
« Je crois qu'il est temps de quitter le village, Rin, dit alors Kikyo.
- Quoi, déjà ? s'exclama Kohaku. Mais c'est l'hiver, restez encore un peu.
- Kohaku, voyons, commença Rin.
- Non ! Après tout ce que tu as fait pour nous, tu ne nous laisses même pas l'occasion de payer notre dette !
- Notre place n'est pas dans ce village, dit Kikyo.
- C'est faux, Rin a sa place chez nous !
- Mais pas Kikyo, murmura Rin doucement. C'est ce que tu veux dire, Kohaku ? »
Le garçon se mordit la lèvre et fuyant le regard triste de Rin. On accusait souvent Inuyasha de son manque de tact, mais là le gamin avait fait fort, surtout qu'il y avait eu une époque où lui et Kikyo avaient été alliés. Inuyasha voulait dire quelque chose à Kikyo, incertain de ce qu'elle pouvait ressentir… mais quoi ? Il ne savait pas quoi dire et il se sentait coupable pour cela. Quelle était la place de Kikyo ? Avec lui ? Mais qu'adviendra-t-il de Kagome, alors ?
« Je suis désolé, dit finalement Kohaku à Rin.
- Ce n'est pas à moi que tu devrais t'excuser, Kohaku. »
Cette gamine n'avait vraiment que douze ans ? Elle parlait déjà comme une adulte. L'influence de Kikyo, ou peut-être celle de Sesshomaru y étaient sans doute pour quelque chose. Cependant, Kohaku avait l'intention de rétorquer. Idiot.
« Elle est morte, Rin, et… et… Inuyasha et Kagome ne pourront jamais être ensemble tant qu'elle sera là.
- Toi et moi sommes déjà morts une fois, et on nous a ramené à la vie. Tu crois qu'à cause de ça, on a moins le droit de vivre que les autres ? »
Elle avait été tuée ? Sesshomaru l'avait ramenée à la vie ? Inuyasha aurait dû s'y attendre, pour qu'il fût si attaché à elle.
« Non, bien sûr que non…
- Alors c'est pareil pour Kikyo-sama, Kohaku-kun, même si ce n'était pas le Tenseiga qui l'a ramené à la vie. Et pour… Inuyasha-sama, Kagome-sama, et Kikyo-sama…Ce ne sont pas nos affaires, nous n'avons pas le droit de juger. C'est à eux d'en parler pour trouver une solution… »
Le silence tomba. Inuyasha devait admettre que la petite avait du répondant… et beaucoup d'opinions qu'elle ne devrait pas avoir, surtout quand elles concernaient sa relation avec Kagome et Kikyo. En parler avec Kikyo et Kagome. Ouais, comme s'il était complètement stupide. Au moins, elle avait un peu rattrapé les bourdes de Kohaku qui se tourna vers Kikyo.
« Pardonnez-moi, Kikyo-sama. Rin a raison, je n'ai pas le droit de juger. »
Kikyo acquiesça, et commença à marcher vers la forêt son expression toujours neutre.
« Va rassembler tes affaires et AhUn, Rin. Je t'attendrai dans la forêt.
- Oui. »
Les Shinindamashuu apparurent soudainement autour de Kikyo, et l'accompagnèrent dans sa marche solitaire. Inuyasha la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle s'enfonça complètement dans la forêt. Elle ne m'a même pas dit au revoir.
« Rin-chan, es-tu sûre que tu dois partir immédiatement ? » demanda Kohaku.
Inuyasha se tourna vers les deux adolescents. C'était plus simple que de regarder Kagome.
« Il y a quelque chose que je dois faire, répondit Rin. Ce n'est pas ici que je trouverai les réponses dont j'ai besoin.
- Qu'est-ce qu'il y a de si important, Rin ? » demanda Kohaku.
Rin lui sourit, mais il y avait de l'inquiétude dans ses yeux.
« Je dois préparer mes affaires, Kohaku-kun. »
Elle marcha vers le village, vite suivie par Kohaku qui essayait de la convaincre. Les bribes de leur conversations se perdaient finalement.
« Elle à raison, n'est-ce pas? dit soudainement Kagome.
- Huh ?
- Rin. Nous devrions trouver une solution à ce qui se passe entre nous. »
Oh, non… Je crois que je vais finalement maudire Rin.
« Sauf si bien sûr, tu ne sais pas ce que tu veux, Inuyasha.
- Je … euh…
- Oui, et c'est bien là le problème ! Tu te rends compte que Kikyo et moi en souffrons ? J'en ai assez Inuyasha ! Cela ne peut pas continuer ! J'aimerais tellement avoir quelqu'un à moi, qui m'aime pour qui je suis et qui ne court pas toujours derrière son ex, parce qu'il ne sait plus où il en est avec ses sentiments ! J'aimerais juste une vie normale…
- Kagome… »
Comment pouvait-il lui dire qu'il se sentait coupable pour Kikyo, qu'il ne pouvait pas la briser encore un peu plus, après tout ce qu'il lui avait fait déjà subir. Et voir Kagome dans cet état… Il cru qu'elle allait pleurer, mais elle inspira profondément.
« Nous devrions rentrer, Rin à peut-être besoin d'aide. »
Elle ne le regarda pas, et Inuyasha pensait que quelque chose d'important s'était produit. Mais quoi, il n'en avait aucune idée. Bizarrement, il se disait que si elle avait dit osuwari, le résultat aurait été meilleur. Il pressa le pas et la rejoignit dans le silence.
Au village, ils purent voir que Rin avait déjà annoncé son départ. Shippo et Kohaku argumentaient avec elle, Shippo pour une fois, plus calmement que Kohaku. Kiyoshi pleurait en se tenant fermement au hakama de Rin, l'empêchant de se mouvoir librement. Sango semblait sur le point d'aider son frère et Shippo. Seul Miroku et Kaede assistaient calmement à la scène.
« Je promets de revenir pour la naissance du bébé, disait Rin. Mais j'ai réellement besoin de partir avec Kikyo. Il y a beaucoup de choses qu'on apprend seulement au cours de ses errances.
- Tu parles comme Miroku, remarqua Shippo.
- Oui, peut-être bien, dit-elle en souriant.
- Rin, attends au moins la fin de l'hiver, dit Sango.
- Ma décision est prise et c'est mieux comme ça. »
Inuyasha ignorait que Rin eut prit une telle importance dans la famille. Il avait manqué des choses pendant son séjour dans la forêt.
Rin ramassa Kiyoshi qui sanglotait toujours, et le serra dans ses bras.
« Kiyoshi-chan, je serais bientôt de retour, promis. Ne pleure pas, tu es un grand garçon, n'est-ce pas ? »
Elle le reposa au sol, et Kiyoshi essuya ses larmes d'un revers de main. Elle serra rapidement Kaede, Shippo et Kohaku dans ses bras, en leur murmurant ses au revoir. Puis elle vint vers Sango qui la prit généreusement dans ses bras.
« Prenez soin de vous, Sango-sama. Merci de votre hospitalité.
- Prends soin de toi, toi aussi. Saches que tu seras toujours la bienvenue chez nous. »
Les yeux de Sango prirent un éclat espiègle.
« Nous allons appeler notre fille Ren, un peu comme Rin, tu remarques. Après tout sans toi, elle ne vivrait pas. »
La jeune fille rougit.
« Je… euh… J'en serai honorée, Sango-sama.
- Reviens nous vite, alors.
- Oui ! »
Rin se tourna vers Miroku, et prit sa main droite dans les siennes.
« Merci pour m'avoir tant appris, Miroku-sama.
- Merci à toi. »
Rin sourit, et d'une voix plus basse que seul Inuyasha pouvait entendre :
« Je trouverai une solution, je vous le promets. »
Ce qui intrigua Inuyasha. De quoi pouvaient-ils bien parler ? Un coup d'œil sur Kagome lui fit voir, qu'elle aussi paraissait perplexe.
« Kagome ? » murmura-t-il.
Elle tourna son attention vers lui.
« Quand Rin a pris la main de Miroku, il y a eu un battement d'énergie. On aurait dit le Shikon no Tama, mais pas seulement… »
Kagome se tut, car Rin s'approchait d'eux. Elle prit rapidement la jeune fille dans ses bras, puis Rin se présenta devant lui.
Inuyasha se sentait un peu embarrassé par la façon dont elle le regardait. En particulier dans sa façon attristée de contempler ses cheveux blancs, ou ses yeux dorés. Parce qu'il savait pourquoi. Je lui rappelle Sesshomaru.
« J'ai été contente de vous revoir, Inuyasha-sama, dit-elle simplement.
- Moi aussi. »
Rin monta alors sur le dos du dragon, et leva sa main en signe d'adieu, un sourire joyeux à la place de sa mine sombre.
« Merci encore pour votre hospitalité ! A bientôt ! »
Elle fit s'envoler le dragon. Et après le départ de la jeune fille, Inuyasha remarqua que l'odeur de Sesshomaru avait suivi la direction de Rin.
Merci à Lyxa pour sa toute première review. Désolée par contre, les chapitres vont plutôt aller en s'allongeant. '
