Chapitre 18
Pour apprendre à mourir
Il fallait ne laisser aucun regret.
Rin le savait alors qu'elle brandissait son arc, une flèche enflammée encochée, à l'heure du crépuscule. Elle aurait pu s'émerveiller à la vue d'un si beau ciel aux mille couleurs d'or rouge, orangé et rosé, si elle ignorait que Kikyo ne le verrait jamais. Elle se concentra donc, alimentant la flamme de sa flèche du pouvoir du Shikon no Tama, faisant scintiller la pointe d'ombres mauves éclatantes et surréelles. Elle observa une dernière fois la forme allongée de la miko dont seul le visage était visible, découvert parmi le linceul blanc. Les yeux de Rin s'embrumèrent, mais elle ne pleura pas.
Alors, elle tira.
La flèche se planta dans le bois à brûler et prit immédiatement, rappelant à Rin qu'elle s'était déjà retrouvée à cette même place pour la mort de Kaede, quelques mois auparavant. Les flammes rouges et jaunes avaient une aura mauve et devinrent tout. Rin resta impassible tout en alimentant leur force qui effaçait tout ce qui avait été Kikyo. Longtemps, elle fixa le bûcher sans faire attention à ce qui l'entourait. Puis, elle commença à laisser les flammes vivre par elle-même, pour leur permettre de s'éteindre finalement.
Elle remarqua alors que ses amis, sa famille, n'avaient pas bougé depuis le début de la cérémonie. A sa droite se tenait Miroku qui avait présidé avec elle aux funérailles. Il était grave et sombre, et sa présence, élevée fièrement comme un roc la réconfortait. A sa droite encore, se tenait Shiori, soutenue derrière par Shippo, les enfants et Sango. A la gauche de Rin, Inuyasha était distant, ses yeux secs cloués sur les flammes mourantes. Lui aussi avait tari ses larmes. Kagome lui tenait la main, et il était visible qu'ils se soutenaient l'un l'autre. Kohaku était derrière Rin comme un garde, vigilant à la moindre défaillance qu'elle pourrait avoir, sa main posée sur son épaule.
Le regard de Rin s'éloigna, au-delà des flammes, vers la lisière de la forêt d'Inuyasha. Là où se profilait une silhouette blanche longiligne. Sesshomaru. Rin croyait distinguer Jaken, du moins c'était ce qu'elle pensait de la petite masse brune et verte à ses pieds.
Sesshomaru n'était pas venu la voir au retour d'Inuyasha au temple. Elle ne lui en voulut pas pour autant, elle connaissait son aversion des êtres humains. Il était incapable de se mêler à sa race, et même si Rin le regrettait, elle était au moins heureuse de sentir sa présence non loin d'elle. Il était là pour elle.
Le retour d'Inuyasha avait été un moment peiné et étrange. Quand il était entré dans le temple, il s'était installé sans un mot en face d'elle, ses yeux dorés cachés par sa frange de cheveux argentés. Mais le silence leur suffisait pour comprendre ce qu'ils ressentaient, malgré la nature différente de leurs sentiments pour la miko. Ils avaient partagés la fin de Kikyo et un lien tacite s'était noué.
Rin en avait profité pour parler de Kagome à Inuyasha. Elle avait eu l'impression de le manipuler, lui et ses sentiments, mais elle n'avait pas d'autres choix. Il fallait que Kagome fût mise à l'écart.
« As-tu pensé à la sécurité de Kagome ? avait-elle demandé. Elle est la réincarnation de Kikyo. Naraku ne sera jamais satisfait avant qu'il ne finisse avec son âme. »
Elle s'était aussi sentie coupable d'évoquer Kagome et Kikyo aussi rapidement, alors que les blessures d'Inuyasha saignaient abondamment, et que son deuil n'avait pas encore été fait. Elle l'avait regretté d'autant plus quand elle aperçut une douleur poignante dans les yeux de son ami. Elle s'était raidie pour ne pas flancher. Elle ne voulait plus perdre quelqu'un qu'elle aimait, même si elle devait en payer le prix.
« C'est toi sa prochaine cible. »
Rin avait été surprise. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il évoquât le problème que Kikyo avait à peine dévoilé. Elle avait sous-estimé l'instinct protecteur des Inuyokai.
« Certes, mais contrairement à Kagome, je contrôle parfaitement mes pouvoirs et j'ai le Shikon no Tama. Je peux me défendre, pas Kagome. »
Il n'avait pas répondu, et Rin avait continué à avancer d'autres arguments.
« Inuyasha, elle doit retourner dans son époque et attendre là bas aussi longtemps que Naraku vivra. Elle est rentrée tout à l'heure, pour voir si tout était… en place. Mais après les funérailles, il faudra qu'elle quitte le Sengoku Jidai et reste dans le futur. Toi seul peux la convaincre, Inuyasha. »
Il la fixa sans ciller avant de répondre.
« Je vois… Je ferai mon possible. »
Rin aurait soupiré de soulagement si cela n'aurait paru suspect. Elle l'avait quitté ensuite, le laissant seul avec la dépouille de Kikyo. Il en avait besoin pour se recueillir bien plus qu'elle avant lui.
Elle avait croisé Kagome qui lui avait assuré que rien n'avait changé dans le futur. Et quelque part, Rin en fut peinée. Cette situation était ce qui devait être. La mort de Kikyo avait dès le départ était gravé dans le temps et le destin, bien avant qu'elle ne se produisît.
Rin revint au présent lorsqu'elle sentit la tête de Kohaku sur son épaule, ses mains doucement posées sur sa taille. Elle ne s'écarta pas malgré les sentiments de son ami. Il y avait toujours eu une affection familière entre eux, même si depuis Kanna, Rin s'était inconsciemment distancée de lui. Mais cette fois-ci, elle puisa dans le réconfort qu'il lui offrait, voulant croire juste un instant en fermant les yeux, que tout était comme avant. Au temps de l'innocence.
Rin paraissait tellement lointaine. A tel point que Kohaku avait ressenti le besoin de la tenir contre lui, pour s'assurer qu'elle était bien là, devant lui, et non dans ses sombres pensées qu'elle seule pouvait formuler. Voire dans une conversation avec Naraku, même s'il avait peine à croire à une telle possibilité. Il en était trop terrifié. Si c'était bien le cas, il aurait l'impression de l'avoir abandonnée depuis toutes ses années. Même lui n'avait pas été sous le contrôle de Naraku aussi longtemps.
Le pire était qu'il n'avait rien vu, rien soupçonné. Comment avait-il pu être si stupide et ne pas remarquer derrière ses sourires forcés qu'il y avait un problème plus profond encore ? Il avait failli à sa meilleure amie, la femme qu'il aimait. Mais il ne pouvait rien dire, il ne pouvait pas la toucher sur ce sujet, pas encore. Miroku avait raison, ils attendraient un peu avant de le faire, le temps nécessaire pour qu'elle se relevât de la mort de Kikyo.
Rin restait silencieuse, même si les flammes s'éteignaient et que la plupart des villageois étaient partis. Kohaku était un peu surpris qu'elle ne s'écartât pas de lui. Il y avait eu toujours eu un malaise lorsqu'ils se rendaient compte qu'ils étaient physiquement proches, et cela depuis qu'elle connaissait ses sentiments pour elle. Pas une fois elle ne l'avait repoussé ou blessé lorsque cela arrivait et parfois il arrivait à se satisfaire de sa main dans la sienne, de son sourire, de tout ce qu'elle lui offrait sans même y penser. Et à présent, c'était à lui de donner du réconfort, elle qui en avait besoin, même imparfaitement.
Depuis longtemps, il savait qu'il n'était pas celui qui y parviendrait. Malgré ses rêves, il n'était pas celui qu'elle aimait et ne le serait jamais. Il était Kohaku, et non Sesshomaru. Il avait longtemps voulu croire que Rin s'était trompée pour aimer un être pareil. Froid, insensible. Pourquoi lui, parmi tous les êtres sur terre ? Kohaku s'était mis à détester Sesshomaru, autant qu'il haïssait Naraku. Ce taiyokai, qui méprisait les humains ne pouvait que se moquer de l'amour d'une humaine. Kohaku se le répétait jour après jour pour alimenter sa haine, mais il savait qu'il se mentait.
Les quelques souvenirs qu'il avait de Rin et Sesshomaru ensemble lui disait qu'il y avait un lien réciproque. Les terres maudites d'Ekarizu, la horde de yokai de Naraku, Hakureizan, et enfin la forêt des yokai maîtres de l'illusion. Pourtant il avait refusé de voir la force de ce lien puisqu'il était tellement plus facile de l'ignorer.
Elle lui avait dit la vérité sur ses sentiments à l'époque, brisant Kohaku d'une façon irrémédiable. Heureusement qu'à l'époque Shippo avait été là pour ressouder leur amitié. Jamais Kohaku n'aurait supporté de la perdre entièrement, même s'il avait cherché à fuir sa douleur.
Il n'avait jamais compris pourquoi Shippo avait accepté si facilement les sentiments de Rin pour Sesshomaru. Pourquoi il la soutenait presque. Miroku avait été dans le même cas, et Sango malgré ses réticences, ne s'opposait pas véritablement à cela. Kohaku leur en avait voulu, sachant bien qu'il ne pouvait rien n'y changer. Surtout qu'à cette époque, Rin semblait fuir leur vie.
Kohaku s'était senti misérable quand elle séjourna dans le futur, là où il ne pouvait pas l'atteindre. Le destin de Rin semblait prendre forme sous ses yeux sans qu'il ne pût faire quoique ce soit, et Kohaku regretta amèrement cette impression d'être écarté petit à petit de sa vie.
Son retour après de longs mois avait atténué cette impression sans jamais l'effacer pour autant. La présence de Shiori n'avait pas aidé. C'était comme si elle prenait peu à peu la place de Rin, devenant l'apprentie de Kaede. Kohaku appréciait beaucoup la jeune hanyo, là n'était pas le problème. Elle était une touche féminine en plus, apaisante entre Shippo et lui. Un peu comme Rin. Elles étaient aussi différentes, Rin pouvait passer d'un sourire aussi rayonnant que le soleil à une tristesse aussi sombre que la nuit assez rapidement, alors que Shiori était plus constante dans ses émotions.
C'était étrange d'ailleurs de la voir tomber amoureuse de Shippo et inversement. Shippo pouvait parfois être tellement excessif. Ils se complétaient certainement, et l'amour faisait le reste, du moins, Kohaku le supposait. Il avait vu vaguement le lien se former entre eux et finit par les envier un peu. Il jalousait Shippo. Lui aussi voulait que la femme qu'il aimait fût présente pour lui. Il espérait toujours que Rin, un jour…
Mais tout était fini, depuis la veille, ses espoirs… Depuis qu'il avait vu Sesshomaru s'occuper de Rin. Il n'avait plus aucun doute maintenant. Sesshomaru aimait Rin, malgré son caractère hautain et glacial. Il savait qu'il y avait une indéniable attraction entre eux, cela depuis le jour où Sesshomaru avait failli embrasser Rin. Mais il avait espéré… qu'il n'y avait pas de sentiments de plus, et puis Rin l'avait repoussé à l'époque, n'est-ce pas ?
Il pouvait encore se raccrocher à son espoir, infime, cette promesse lointaine qui n'en était pas vraiment une. Est-ce que tu crois que j'ai une chance ? avait-il demandé. Je ne sais pas, Kohaku. Je ne sais vraiment pas. Ce n'était pas grand-chose, mais c'était tout ce qu'il avait.
Un espoir brisé, parmi tant d'autres. Il ne pouvait que s'en prendre à lui-même. Il aurait dû admettre depuis bien longtemps que Rin et Sesshomaru étaient faits l'un pour l'autre. Il avait vu les images de ces gens, Rowena et Seiji, qui ressemblaient tellement à Rin et à Sesshomaru. Rin n'avait pas donné de précisions, mais Shippo et Kohaku avaient fini par conclure qu'ils étaient les réincarnations de Sesshomaru et de Rin. C'était ce qu'il y avait de plus probable même si cela faisait mal à Kohaku.
Et leur affection, leur amour était présent. Kohaku le voyait à la façon dont Sesshomaru avait passé ses doigts dans les cheveux de Rin ou la tenait contre lui alors qu'elle avait pleinement confiance en lui. Kohaku avait la quasi-certitude qu'en l'absence de Sesshomaru, Rin aurait été bien plus désemparée à la suite de la mort de Kikyo. Il lui avait permis d'être un point d'ancrage à la réalité.
Un rôle que Kohaku ne parvenait pas à prendre pour Rin. Elle ne pouvait être heureuse qu'avec Sesshomaru, envers et contre tout. Shippo, Miroku, et les autres l'avaient compris bien avant lui. Lui, tout ce qu'il pouvait faire était de continuer de se contenter de ses sourires amicaux, de lui offrir une épaule sur laquelle elle pourrait s'appuyer puisqu'il ne serait jamais celui dont elle aurait besoin.
« Kagome-chan, dit soudainement Rin, n'avais-tu pas un examen à réviser ? »
Kohaku se détacha de Rin et eut juste le temps d'apercevoir un regard furtif passer entre Inuyasha et elle. Il ne trouva pas de signification, son attention vite tournée sur la réponse de Kagome.
« Oui, mais…Ce n'est pas si important. Je peux rester encore.
- Feh, et pourquoi faire ? dit Inuyasha en croisant les bras sans regarder personne et surtout pas les flammes mourantes. Tu devrais étudier comme tu le répètes tout le temps. Je vais t'accompagner.
- O…oui, » répondit Kagome avec hésitation.
Rin regarda une nouvelle fois ce qu'il restait du bûcher puis inspira profondément.
« Je viens avec vous jusqu'au puit, » déclara-t-elle.
Kohaku pouvait jurer qu'il y avait quelque chose de bizarre. L'expression pensive de Miroku le confirmait. L'attitude de Rin, et d'Inuyasha d'ailleurs, n'avait rien de naturel.
« Je rassemblerai les cendres si tu veux, Rin-chan, dit Shiori.
- Ce n'est pas la peine, déclara Rin. Il n'y aura pas de cendres, j'ai veillé à cela. »
Kohaku ne fut pas surpris d'apprendre ce qu'avait fait Rin. Elle avait de grandes capacités en tant que miko et ses raisons étaient sincères.
Il se souvenait de l'époque pendant laquelle il s'était allié à Kikyo. Il avait eu un immense respect pour la miko et avait été prêt à donner sa vie pour l'aider à lutter contre Naraku. C'était d'ailleurs ce qui s'était pratiquement produit. Il serait mort si Sesshomaru ne l'avait pas ressuscité. Une dette que Kohaku n'avait jamais pu rembourser et qu'il détestait.
Quand Kikyo avait pris Rin sous son aile, la loyauté de Kohaku s'était tournée en priorité sur Rin. La vie de Rin était devenue plus importante. Il s'était donc opposé à Kikyo et ne le regretta pas à l'époque. Surtout en apprenant ensuite qu'elle avait tenté de tuer Rin. Que l'inverse fut vrai aussi ne toucha pas Kohaku dans sa prise de position. Il avait fini par détester Kikyo, son ancienne alliée.
Maintenant, en voyant Rin si affectée par sa mort, il ne pouvait que réviser son jugement. La miko, malgré leur dispute et leur ressentiment, avait été importante pour Rin. Elle ne lui en voulait pas, peut-être même qu'elle ne lui en avait jamais voulu.
« Nous venons tous, déclara soudainement Miroku. Il faut bien qu'on te souhaite bonne chance Kagome pour ton examen. »
Kohaku crut que Rin s'était raidie. Elle pouvait bien avoir une idée derrière la tête, mais il n'en était pas sûr. Avec le temps, Rin essayait de plus en plus de masquer ses émotions. Un défaut qu'elle avait dû gagner en côtoyant trop Sesshomaru.
« Pourquoi pas, » dit-elle d'un ton détaché.
Ce fut justement ce ton qui faisait dire à Kohaku que quelque chose se préparait. Quelque chose qui n'allait sûrement pas lui plaire.
Ils regardèrent tous une derrière fois, le reste de flammes mauves avant de se mettre en marche. Kohaku ne tourna pas la tête derrière lui alors qu'il saluait pour la dernière fois la miko défunte. Adieu, Kikyo-sama.
Rin tenait par la main Kiyoshi qui faisait une chaîne avec Ren-chan et Sango. Kohaku était à gauche de Rin, Miroku, Inuyasha et Kagome ouvraient la marche, alors que Shippo, Shiori et Kirara la fermaient. Kohaku se demandait à quoi devait ressembler leur étrange procession qui escortait Kagome jusqu'au Puit Dévoreur d'Os. Il ne réfléchit pas longtemps sur la question, plus préoccupé à jauger les réactions de Rin qui étaient minimes. Ce qui n'aidait pas à apaiser son mauvais pressentiment.
Miroku chuchotait quelque chose à Inuyasha mais Kohaku ne pouvait pas entendre quoi. Il préféra alors s'intéresser à Rin.
« Rin, est-ce que ça va ? » demanda-t-il en se penchant vers elle.
Elle eut un léger sursaut puis se força à sourire.
« Je vais bien, je tiens le coup. »
Il n'en était pas aussi sûr, mais il savait qu'il était inutile d'insister avec Rin. Rester à côté d'elle en cas de besoin, était tout ce qu'il pouvait faire.
Ils arrivèrent près du puit. Rin, à la surprise de tous, s'avança pour serrer dans ses bras Kagome qui se tendit.
« Merci, Kagome-chan, dit-elle. Merci pour avoir été aussi forte. J'espère un jour l'être tout autant.
- Rin-chan… »
Kagome se détendit et appuya sa tête sur l'épaule de Rin. Il fallut un instant à Kohaku pour comprendre que Kagome pleurait, ses sanglots prenant à chaque seconde plus d'intensité. C'était la première fois qu'il la voyait pleurer et il se sentit mal pour elle. Kagome lui rappela Rin quand elle avait éclaté en sanglots après le massacre du village de Kureno-san par Tomoeda. Rin passa sa main dans les cheveux de Kagome, d'une façon réconfortante sans rien dire. Kohaku avait l'impression d'être un témoin non voulu de cette scène et il fit tout pour regarder ailleurs.
Inuyasha lui paraissait choqué. Il se reprit et vint derrière Kagome ses mains posées sur ses épaules secouées en saccades par ses pleurs. Il rapprocha sa tête sur celle de Kagome.
« Pardonne-moi, Kagome. Je n'ai pas vu que tu souffrais autant. »
Ce n'était qu'un murmure, mais Kohaku était suffisamment proche pour l'entendre. Rin se défit de l'embrassade de Kagome qui alors se jeta contre Inuyasha. Il reprit le rôle de Rin et se mit à consoler la jeune femme. Il vint même à la porter dans ses bras, alors que Kagome le tenait fermement, ses bras autour de son cou.
« Nous y allons, » déclara Inuyasha à voix basse.
Miroku acquiesça et Rin sourit légèrement. Elle passa doucement sa main sur l'une des oreilles d'Inuyasha puis glissa ses doigts sur l'une de ses mèches argentées. Ses lèvres prononcèrent un silencieux 'merci'. Inuyasha parut surpris et lança un regard prudent à Rin. Il était sur le point de parler, mais Kagome dans ses bras accaparait toute son attention. Il prit donc la direction du puit et sauta à l'intérieur.
Rin se pencha un peu au-dessus du gouffre sombre.
« Et adieu, souffla-t-elle.
- Rin, qu'est-ce que… »
Miroku n'acheva pas sa question, car l'aura de Rin s'amplifia d'énergie, pleine du pouvoir du Shikon no Tama. Kohaku était capable de le sentir, il se souvenait de la sensation du fragment de la perle qui l'avait tenu en vie pendant deux ans.
« Rin ! » cria Miroku.
Kohaku aurait aimé savoir ce qui avait terrifié Miroku au point de le faire crier. Il pouvait au moins remarqué que l'appel de Miroku n'avait aucun effet. Rin se relevait et regardait tristement Miroku.
« Rin… pourquoi ?
- Qu'est-ce que… qu'est-ce que tu as fait ? » demanda Shippo.
Rin fixa une dernière fois le puit avant de se tourner vers eux.
« J'ai scellé le puit, pour près de cinq cents ans si je me trompe pas. Naraku ne pourra pas s'attaquer à Kagome et Inuyasha restera en dehors de ça.
- Et tu crois te débarrasser de nous si facilement ? demanda Miroku avec ce qui ressemblait à de la colère. Tu crois que cette bataille contre Naraku ne nous concerne pas ?
- C'est parce qu'elle vous concerne que je ne veux pas vous impliquer plus qu'il ne faut.
- Rin…
- Miroku, s'il te plait ! Il me faut un but pour me battre, et une raison pour revenir victorieuse. Toi, Sango et les enfants en êtes un puisque je suis la seule à pouvoir défaire la malédiction du kazaana. Elle est liée à ma vie et à celle de Naraku. Je suis la seule à la maintenir dans un état inoffensif.
- Au moins, je t'aiderai, dit Kohaku. Tu ne seras pas seule. »
Kohaku était content de voir Shippo et Shiori s'avancer pour le soutenir.
« Non ! »
Rin se tourna vers le jeune couple.
« Shiori, nous en avons déjà parlé. Le village a besoin de toi, ta place est ici. Et toi, Shippo, auprès de Shiori, pas à mourir avec moi en te mettant devant moi pour amortir un coup de Naraku qui me serait destiné. Tu peux être tellement stupide parfois.
- Hé ! Je ne suis pas un imbécile. »
Rin ignora la réponse de Shippo et lui fit face avec un regard intense.
« Et toi, Kohaku-kun… J'aimerai que tu sois heureux. Avec ou sans moi, quoiqu'il arrive… je le voudrais vraiment.
- Rin…
- S'il te plait, Kohaku, dit-elle en se jetant à son cou et en le serrant fortement contre elle. Promets-moi d'être heureux. »
Kohaku écarquilla les yeux. C'était à peine s'il ne se laissait pas tomber à genoux sur le sol sous l'effet du choc avec Rin dans ses bras. Il ne savait plus ce qu'il ressentait, de la colère, de la confusion, de la peur, de la joie. Tout était devenu imprécis à part la jeune femme qui paraissait aussi fragile que le cristal entre ses bras.
« Promets-le moi, » répéta-t-elle.
Sa voix était suppliante, et Kohaku sentit l'humidité des larmes de Rin sur sa peau. Son cœur se déchira presque, et sans vraiment le vouloir il acquiesça au creux de l'épaule de Rin. Il sut dès lors qu'il avait commis une erreur irréparable. Elle le serra un peu plus avant de s'écarter, ses yeux fermement clos.
« Et Sesshomaru ? » demanda Miroku.
Elle ouvrit brusquement les paupières. Kohaku attendit avec appréhension la réponse de Rin.
« Sesshomaru… je ferai tout pour qu'il n'intervienne pas.
- Pourtant, il te serait utile, argumenta Miroku. Il tient à toi. A moins que tu veuilles te battre pour lui aussi. »
Rin considéra un instant ses paroles.
« Sesshomaru n'a pas besoin qu'on se batte pour lui. Et même si c'était le cas, je ne crois pas que ce serait à moi de le faire. »
Miroku essaya de l'interrompre, mais Rin reprit la parole avant lui.
« Naraku avait raison depuis le début. Je suis le cœur, le Nagimitama, la force qui relie ami et famille. Et quand bien même j'essaie, Sesshomaru n'est jamais rentré complètement dans l'une ou l'autre de ses catégories. Et puis, il me gênerait, ajouta-t-elle en commençant à s'éloigner.
- Le cœur, dit doucement Miroku, parfois appelé l'appartenance. Dis-moi Rin, à qui ton cœur appartient-il ? »
Rin s'arrêta brusquement et Miroku en profita pour continuer.
« Tu fais fausse route, Rin. Tu as au moins besoin de Sesshomaru. »
Elle tourna sa tête vers eux, et leur fit un léger signe de la main en souriant. Sincèrement.
« Au revoir. »
Elle se mit alors à courir.
Peut-être était-ce son sourire inattendu qui réveilla Kohaku de sa transe. Peut-être était-ce cet au revoir simple comme si elle reviendrait à temps pour le dîner. Il fit quelques pas pour la suivre.
« Kohaku, appela Miroku, cela ne sert à rien. Laisse-la.
- Miroku, murmura Sango.
- Mais on ne peut pas la laisser partir ! s'écria Shippo.
- Oh ? Alors pourquoi est-ce simplement maintenant que vous souhaitez la retenir ? »
Parce que son absence est intolérable. C'était la réponse de Kohaku, mais il ne le dit pas à haute voix. Il voyait ce que signifiait Miroku. Ils n'avaient pas su la retenir.
« Elle avait pris sa décision, dit Kohaku comme s'il se parlait à lui-même. Rien n'aurait pu lui faire changer d'avis.
- Oui, ajouta Miroku, elle aurait employé la force s'il le fallait. Comme elle l'a fait avec Inuyasha et Kagome d'une certaine façon.
- Est-ce que nous reverrons Kagome et Inuyasha ? demanda Sango. A-t-elle réellement scellé le puit ?
- Je le crois, oui. Quant à Inuyasha et Kagome… Je ne sais pas. J'ignore si nous les reverrons, mais je l'espère… »
Shippo jura tandis que Kohaku cernait vraiment ce qu'avait Rin. Elle les avait condamnés à ne plus revoir leurs amis. Sans un mot d'adieu, sans un revoir. Elle les avait peut-être préservés du danger, mais sa méthode était… cruelle. Plus qu'il n'aurait cru cela possible de la part de Rin.
« On ne peut pas… on ne peut pas… »
C'était comme si les paroles de Shippo l'étouffaient et qu'il ne pouvait formuler clairement ses pensées.
« Elle croit faire ce qui est mieux pour nous, expliqua Miroku. Aussi dur que cela puisse nous paraître, elle le fait pour nous.
- Elle se trompe complètement ! cria Shippo qui éclata de colère. Toi-même tu le sais Miroku ! Tu étais le seul parmi nous qui aurait pu la convaincre ! Pourquoi ne l'as-tu pas retenue ?! »
Shiori s'approcha avec prudence de Shippo et posa ses mains sur les épaules du kitsune. Sous son contact, Shippo sembla se calmer. C'était un don que seules Shiori et Kagome possédaient.
Kohaku se sentit vidé et marcha quelque pas pour s'appuyer au tronc de Goshinboku. Tout ceci était tellement injuste. Il était trop lâche pour sauver Rin, pour s'opposer à elle alors que c'était pour son bien à elle. J'aimerai que tu sois heureux. Comment le pouvait-il sans elle ? Avec ou sans moi quoiqu'il arrive. Lui, qui n'était pas assez fort pour la garder et encore moins pour la laisser être heureuse avec l'homme qu'elle voulait, n'avait aucun droit sur elle. Promets-moi d'être heureux.
Pourquoi ne lui avait-il jamais demandé cette promesse ? Etait-ce trop dur de la soutenir dans les choix qu'elle faisait ? Il aurait dû l'encourager, l'aider à trouver son bonheur avec Sesshomaru si nécessaire. Alors peut-être qu'elle ne ferait pas des choix aussi désastreux qui briseraient sa vie. Peut-être quelle serait… heureuse.
« Otosan, appela subitement Kiyoshi. Mais Rin-neechan, elle va pas mourir, hein ? Elle a dit qu'elle n'était jamais toute seule, elle va revenir et tout ira bien. »
Kohaku se tourna juste assez pour observer son neveu et sa nièce qui se tenaient encore la main. Ren-chan avait un air apeuré d'une enfant qui ne comprenait pas vraiment ce qui se passait autour d'elle. Mais Kiyoshi… Kiyoshi paraissait plus déterminé que jamais, plus déterminé que les adultes qui l'entouraient. Il avait foi en Rin, et dans son innocence d'enfant, cela lui suffisait.
« Tu verras bien, continua le petit garçon. Neechan est plus forte que n'importe quel méchant. Elle peut se battre comme elle veut. »
Ren-chan se détendit, son visage rayonnant aux paroles de son grand frère.
« Oui, c'est vrai qu'elle est forte. Quand je serai grande, je serai comme elle ou Okaasan. »
Quelque part, les mots des deux enfants apaisèrent partiellement Kohaku. Ils n'avaient pas perdu espoir, alors pourquoi Kohaku le devrait ? Il n'était pas le seul à se remettre de la peine dont ils avaient été tous plongés. Sango sourit, tandis que Miroku posait un genou à terre devant Kiyoshi et Ren.
« Non, vous avez raison tous les deux, dit-il. Rin fera tout pour revenir rien que pour vous deux. Et puis il reste toujours une dernière chance.
- Laquelle Miroku-sama ? » demanda Shiori.
Kohaku savait déjà quelle serait la réponse de Miroku.
« Sesshomaru. »
Sesshomaru avait assisté de loin aux funérailles de la miko Kikyo, conscient que Rin et d'autres encore l'avaient senti ou même vu. Il s'en moquait pourtant, il était là pour soutenir à sa façon Rin. Une rage profonde s'était formée au fond de lui quand il vit le garçon Kohaku se montrer si familier avec elle, lui faisant même considérer l'option d'intervenir. Mais ce n'était pas l'attitude méprisable de l'humaien qui était le plus étonnant. Non, c'était plutôt le départ de Rin, juste après les funérailles, direction nord.
Il l'avait suivie, bien entendu, curieux de savoir où elle allait. Jaken était avec lui. Sesshomaru n'avait pas de raisons de laisser de côté son serviteur qui était d'ailleurs plutôt d'humeur maussade. Sesshomaru supposait que le petit yokai ressentait d'être mis à l'écart ces derniers temps.
Sesshomaru n'était pas retourné voir Rin après s'être 'occupé' de son frère. L'occasion ne s'était pas présentée, elle avait été rarement seule. De plus, la présence de Jaken avec lui le gênait. S'il devait voir Rin, il préférait être seul avec elle.
Pour une fois, elle volait avec AhUn à une allure modérée. Sesshomaru aurait pu la rattraper mais il préféra attendre. Sesshomaru profiterait du moment où elle commencerait à se poser.
Sesshomaru comprit rapidement quelle était la destination de Rin. Il reconnut la région, bien qu'il ne s'y fût rendu qu'une seule fois dans sa vie, il y avait maintenant une dizaine d'années de cela. Rin se rendait sur ses terres natales au pied des montagnes du nord, là où ils s'étaient rencontrés. Mais pourquoi ? Pourquoi, d'un seul coup décidait-elle d'aller là-bas ?
Le soleil finissait de quittait le ciel, quand Rin commença à descendre vers le sol. Quelques instants après elle, il atterrit au même endroit qu'elle et AhUn. Il était à la lisière de la forêt qui avait été le refuge que lui avait choisi le Tenseiga après sa bataille perdue contre Inuyasha. Il avait sous-estimé son frère à l'époque et en avait payé le prix. Depuis il n'avait plus fait la même erreur.
« Où sommes nous, maître ? »
Sesshomaru ne répondit pas, scrutant la zone où ils étaient. On aurait dit que quelque chose manquait. Un espace, plus ou moins dégagé et vide de plantation attira l'attention de Sesshomaru. Il s'approcha et s'agenouilla remarquant que la terre était encore mêlée à de la cendre. Trois pierres tombales étaient posées l'une à côté de l'autre et malgré le sol infertile, des fleurs, des marguerites, se mettaient à éclore autour. A mieux y regardait, il semblait que l'espace mort de vie, verdissait à vue d'œil. C'était l'œuvre de Rin.
Sesshomaru en devina la raison. Ces pierres devaient correspondre aux tombes de la famille de Rin. Son père, sa mère et son frère. Qu'ils reposent en paix. Il n'était pas du genre à présenter de la compassion pour des humains, mais la famille de Rin… Même après leur mort, Rin était empreinte de leur influence. Elles les avaient connus les premières années de sa vie et ne les oubliait pas en ce jour, faisant fleurir sur leurs tombes la vie qu'ils avaient à jamais quitté.
Il se releva et inspira l'air pour suivre la trace de Rin. Elle était facile à trouver et menait à travers le village. Il se mit en marche vite suivi par Jaken.
« Attendez-moi, Sesshomaru-sama ! »
Il ne restait plus grand-chose du village. Les loups avaient parfaitement éradiqué les humains qui avaient maltraité Rin dans son enfance. Sesshomaru ne pouvait pas trouver le moindre sentiment de compassion pour ceux-là. D'après le délabrement des quelques maisons restantes, des bandits et des pilleurs étaient passés après le massacre.
« On dirait qu'il n'y a plus âme qui vive dans ce village depuis longtemps, Sesshomaru-sama.
- Depuis dix ans.
- Vraiment ? Comment le savez-vous, Seigneur ? »
Sesshomaru ne prit pas la peine de répondre et descendit près de la rivière. Là, il vit le reste d'une petite cabane misérable accoudée au talus. Sesshomaru se demandait pourquoi Rin s'était rendu dans cet endroit plutôt qu'un autre. Avait-elle… vécu là, après la mort de ses parents ?
Il continua de suivre la piste de Rin qui flottait sur le chemin qu'elle avait emprunté. Il semblait qu'elle faisait une sorte de pèlerinage dans son passé que Sesshomaru redécouvrait après tant d'années.
La suite ne l'étonna pas. Elle s'était enfoncée dans la forêt. Là où tout avait commencé pour eux. Il marcha d'un pas délibérément lent et atteint une petite clairière où se tenaient AhUn. Rin n'était pas restée pas avec eux.
« Sesshomaru-sama ! Regardez AhUn sont attachés à un arbre. Rin ne doit pas être loin. »
Jaken regarda autour de lui comme s'il la cherchait puis ses yeux s'écarquillèrent.
« Sesshomaru-sama… c'est… c'est ici que Rin est morte. »
La façon avec laquelle Jaken énonça sa découverte déplut à Sesshomaru qui lui donna un coup de pied. Il n'aimait pas entendre 'Rin' et 'morte' dans la même phrase. Mais il disait vrai, c'était ici que Rin avait été attaquée par les loups de Koga et qu'elle en était morte. C'était ici qu'il lui avait redonné la vie en utilisant pour la première fois le Tenseiga et qu'à partir de ce jour, elle vécut avec eux pendant deux années. Deux trop courtes années.
« Jaken, reste avec AhUn. »
Il n'attendit pas la réponse de Jaken et se dirigea vers la dernière étape du voyage. Même si l'aura de Rin n'avait pas été aussi facilement repérable, il aurait deviné où elle était. Là où ils s'étaient rencontrés.
Sesshomaru la vit enfin, éclairée par une lueur bleuté qui se détachait dans la nuit. Elle avait utilisé ses pouvoirs pour créer cette petite lumière. Elle contemplait l'arbre contre lequel il s'était reposé après sa défaite contre Inuyasha. Elle lui tournait le dos, ses cheveux pour une fois nattés en une longue tresse. Ses mains étaient jointes derrière elle et tenaient une marguerite identique à celles poussant sur les tombes de sa famille. Son visage était levé vers les branches de l'arbre. Elle était vêtue de son armure et de son costume de miko.
« Merci d'être venu, » dit-elle en lui faisant face.
Elle avait un sourire triste, mais même triste, elle restait belle. Belle, fière, indomptable. Comme l'avait dit la miko Kikyo, et Naraku avant elle. Des paroles vraies, mais dont la signification échappait à Sesshomaru et le dérangeait. Lorsqu'elle avait été fiévreuse, Rin n'avait-elle pas qualifié sa mère dans les mêmes termes ? Mais si Naraku communiquait avec Rin, cela pourrait bien expliquer…
« Je suis allée voir ma famille, continua-t-elle. Ils n'ont jamais été enterrés en fait. Lorsque la maison brûla, il ne resta que des cendres emportées par le vent. Mais quand j'étais petite, c'était important pour moi de placer ces trois pierres, là où ils étaient morts. Ce n'était pas grand-chose, mais maintenant j'espère que c'est mieux. »
Elle regarda la fleur dans sa main, puis s'avança vers lui et s'arrêta juste assez pour laisser un espace infime entre leurs deux armures. Sesshomaru entendit un bruissement dans les buissons, mais ne s'en inquiéta pas. Il punirait plus tard Jaken et AhUn pour les avoir espionnés. Non, seulement Jaken, AhUn étaient sous la responsabilité de Rin. Pour l'instant il avait d'autres problèmes à résoudre. Comme ne pas tomber dans le regard brun de la jeune femme devant lui.
« Pourquoi es-tu venue ici ? demanda-t-il.
- J'avais des affaires à régler…
- Ne pouvaient-elles pas attendre ?
- Non, pas vraiment, je crois. La mort de Kikyo a été si brusque… Cela m'a rappelé que tout peut se jouer si vite. Je ne veux pas laisser de regrets derrière moi. »
Sesshomaru avait la désagréable impression qu'elle parlait comme une condamnée à mort. Mais cette pensée passa, absorbée par le regard de Rin toujours aussi riche d'émotions qu'il avait appris à reconnaître tant elles étaient devenues familières et apaisantes. Parfois, il se demandait si Rin pouvait lire les mêmes sentiments dans ses yeux dorés ou autre chose encore dont elle seule comprenait le sens.
Elle posa sa main libre sur son torse et il ne lui vint même pas à l'idée de la repousser ou de s'écarter. Encore moins quand elle se mit sur la pointe des pieds et rapprocha lentement son visage du sien, son souffle caressant ses lèvres, son parfum enivrant ses sens. Elle ferma ses paupières et Sesshomaru finit par éliminer la distance qui séparait leur visage, précipitant le moment où leurs lèvres se toucheraient. Délicatement, elles se frôlèrent, et Sesshomaru ferma ses yeux, savourant la caresse des lèvres de Rin. L'humaine qu'il aimait, envers et contre tout.
Ils s'embrasèrent chastement d'abord, au rythme lent de Rin qu'il ne voulait pas brusquer malgré les émotions et sensations qui rugissaient en lui. Puis elle entrouvrit doucement ses lèvres et Sesshomaru prit tout ce que Rin lui offrait sans la moindre hésitation, voulant tout goûter de ce qui faisait d'elle Rin. Il savait qu'il était le premier à l'embrasser, un acte interdit pour lui, un Taiyokai. Mais ces lois fondamentales au monde l'indifféraient, elle était tout ce qui comptait. Elle passa ses bras sous ses épaules, ses mains l'encerclant avec une tendresse, une chaleur qu'il n'aurait jamais crut pouvoir sentir un jour.
Alors pourquoi, pourquoi, ses sens distinguaient l'odeur de larmes ? Les larmes de Rin. Pourquoi pleurait-elle ?
Une charge d'énergie l'enveloppa soudainement et l'emprisonna. Il ne put rien faire pour s'en sortir. Il se sentit tombé de tout son poids sur la forme frêle de Rin. Mais ce ne fut pas ce qu'il le choqua le plus. Non, c'était le fait que Rin l'avait neutralisé, paralysé même. Il tomba à genoux avec Rin dont il percevait les sanglots contenus qui secouaient leurs deux corps, mais qu'il ne pouvait pas voir, ses yeux refusant de s'ouvrir. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle fait cela ? Elle le tenait toujours fermement contre elle, mais rien n'avait de sens pour Sesshomaru. Il ne pouvait même pas parler.
« Pardonne-moi, pardonne-moi… »
La voix de Rin était déchirée, et même dans son état actuel, Sesshomaru détesta l'entendre ainsi. Elle l'allongea, sa tête posée sur ses genoux. Elle plaqua son front sur le sien et très vite les larmes tombèrent sur ses cheveux, plus amer qu'une pluie d'automne. Elle pleurait encore, et Sesshomaru ne pouvait rien faire. Son esprit criait à Rin de le relâcher, il essayait même de puiser dans son youki, mais rien n'y faisait. Rin l'avait réduit à un état de vulnérabilité qu'il n'avait jamais connu. Elle l'avait trahi.
« Je te dois une explication, Sesshomaru. A toi, plus que n'importe qui d'autre. Je te dois la vérité. »
Elle inspira de manière fébrile.
« Je vais me battre contre Naraku, le plus tôt sera le mieux. Mais je dois le faire seule. Je sais… je sais que jamais tu me laisserais faire, que tu interviendrais. Mais je ne veux pas… je ne veux pas risquer de te perdre dans une bataille qui ne te concerne pas. »
Rin posa sa fleur sur son torse et caressa doucement les cheveux de Sesshomaru avec un tel… amour que cela lui fit mal, accentuant son sentiment de trahison. Et une partie lointaine de Sesshomaru se tourna contre Rin. Elle m'a trahi, elle m'a trahi. Les raisons qu'elle lui énonçait n'avaient aucune valeur. Elle l'avait trahi, elle n'avait pas confiance en lui pour vaincre un hanyo comme Naraku.
« Naraku et moi… avons toujours eu un lien particulier, comme je crois tu l'avais deviné. Depuis quatre ans, nous communiquons ensemble à travers le Shikon no Tama, et parfois même, dans nos rêves. Quelque part, il est devenu un compagnon dans ma vie, et notre relation ne se résumait plus à celle normal d'ennemi à ennemi. Le jour, il était bien Naraku, vile et cruel, jurant ma perdition. La nuit… dans nos rêves, il était un ami. C'est l'une des raisons aussi que je dois être seule avec lui pour notre dernière bataille. Personne ne peut vraiment comprendre. Peut-être Kikyo le pouvait, mais elle n'est plus là maintenant… Et moi, je t'ai scellé aussi longtemps que durera la bataille. La clé vient de cette marguerite tu sais, mais après tu seras libre. Et si je survis, tu pourras me tuer si cela parvient à apaiser la haine que tu dois ressentir pour moi. »
La confusion de Sesshomaru gronda alors. Il était la proie de ses émotions, incapable de faire autre chose pour s'en sortir. Rage, colère, déception et… amour, là où il aurait dû la mépriser, la haïr. Non, tout ceci ne devrait pas être !
« Mais même si cela ne change rien, je voulais te dire, que je t'aime, Sesshomaru. Du plus profond de mon cœur et de mon âme. Je t'ai peut-être toujours aimé, je ne sais pas. Je t'aime plus que tout, et rien ne pourra changer ce que je ressens. »
Rin et Naraku. Le lien qui brisait la vie de Rin, et, Sesshomaru s'en rendait compte à présent, la sienne. Rin l'aimait, mais Naraku la volait pour une bataille personnelle qui allait bien au-delà d'une simple confrontation entre ennemis mortels. Naraku lui avait déjà volé Rin en lui présentant le Shikon no Tama, sept années auparavant. Et la situation recommençait, empirait.
Il ne comprenait pas vraiment la relation entre Naraku et Rin, mais il la détestait, autant qu'il pouvait détester le hanyo. Plus que tout. Et il se forçait à détester Rin pour être tombée dans un piège si grossier, être si pleines d'émotions qu'un rien pouvait effriter, casser.
Elle se leva avec hésitation en posant la tête de Sesshomaru contre le tronc d'un arbre. Le même arbre contre lequel elle l'avait trouvé la première fois.
Leur vie reprenait le même chemin, se répétait dans un cercle infiniment vicieux. Comme leur première et ce qui paraissait être leur dernière rencontre. Non, non ! Je dois trouver un moyen pour me libérer et lui faire payer… et l'arrêter ! Son esprit hurlait en vain.
Elle s'éloigna un sanglot à la gorge. Il la perdait.
Elle n'avait pas su. Elle n'avait pas su que cela aurait été si difficile. Rin était persuadée de l'avoir fait pour le bien de Sesshomaru et pourtant… Pourtant elle avait mal, incapable d'écarter ce sentiment de culpabilité qui l'accablait. Elle s'était servie de leurs sentiments pour l'attaquer par surprise. Elle se détestait, plus qu'elle n'aurait pu imaginer. Elle détestait ce que son destin l'avait réduit à faire. Mais elle n'avait pas le choix. Elle devait le protéger de Naraku, et d'elle-même.
Elle s'arrêta un instant pour contempler la forme longiligne de Sesshomaru. On aurait dit qu'il dormait, mais ce n'était que d'apparence. Il avait tout à fait conscience de ce qui se passait dans son environnement quand il touchait son odorat ou son ouïe. Il était beau, elle ne pouvait que se l'avouer, même si elle n'avait aucun droit d'avoir de telles pensées à son égard. Elle l'avait rendu vulnérable.
Elle avait honte d'en avoir profité d'ailleurs. Elle se souvenait de la caresse de ses cheveux soyeux entre ses doigts. Elle toucha sa bouche du bout de ses doigts se remémorant la douceur de ses lèvres contre les siennes. De sa saveur… Elle en était tristement heureuse parce qu'elle était sûre à présent qu'elle n'avait plus rien à regretter. A part peut-être… une vie avec lui. Mais ce n'était pas possible dans cette existence, n'est-ce pas ? Il restait le futur, dans cinq siècles. Mon Dieu, que deviendrai-je en attendant ? Elle ferma les yeux pour éviter d'imaginer combien cinq cents ans pouvaient ressembler à une éternité.
Rin était venue pour faire ce qu'elle avait à faire. Ses amis, sa famille était en sécurité, Inuyasha et Kagome dans le futur, Kohaku, Miroku et les autres au village. Elle avait rendu une dernière visite à ses parents et son grand frère, celle qu'elle aurait dû faire depuis bien longtemps. Elle aurait aimé voir Bokuseno, Totosai, et Myoga aussi mais elle ne voulait plus avoir à se battre contre ceux qu'elle aimait. Faire face à Sesshomaru l'avait drainée. Elle ne pouvait pas passer par là encore une fois.
Kohaku avait été bien difficile avant, et elle ne savait pas par quelle prouesse elle avait réussi à le convaincre. Elle espérait qu'un jour Kohaku réaliserait son souhait. Elle le voulait heureux. Réellement. Parce qu'elle doutait de son propre bonheur, tant qu'il y aurait Naraku.
« Rin ! »
Le cri aigu de Jaken la fit sursauter. Il avait été là avec AhUn lorsqu'elle était avec Sesshomaru. Ils avaient assisté à toute la scène, tout comme Kagura. Elle avait maintenu une barrière au cas où ils essayeraient d'intervenir. A présent, elle n'avait plus d'intérêt de le laisser en place, même si c'était apparemment au tour de Jaken de l'affronter. Tiens bon, Rin.
« Enlève le sort que tu as jeté sur Sesshomaru-sama ! ordonna-t-il.
- Non. »
Il planta son bâton cracheur de feu, Nintojo devant lui, mais Rin ne réagit pas.
« Fais-le, ou… ou…
- Jaken, j'aimerai que tu veilles sur Sesshomaru tant qu'il sera scellé. »
Le petit yokai n'arriva pas à cacher son choc, mais il se reprit rapidement.
« Sesshomaru-sama… Sesshomaru-sama aurait voulu que je te retienne, avant tout. Il ne voudrait pas que tu ailles dans cette bataille suicidaire contre Naraku. Je ferai tout pour t'empêcher de partir.
- Alors tu ne me laisses pas le choix, Jaken. Je suis tellement désolée. »
Elle assomma Jaken, d'un coup de pied précis sur la tête. Elle avait vu Sesshomaru le faire à l'occasion, et savait d'expérience que c'était une technique efficace. Mais elle n'avait pas encore fini. D'autres obstacles persistaient.
« Kagura, tu resteras avec eux, n'est-ce pas ? »
Elle se tourna vers l'esprit invisible du vent qu'elle sentait à sa gauche. Rin remarqua qu'elle devait se concentrer plus qu'à l'accoutumée pour la différencier. C'était comme si… Kagura se dissipait, se fondait à la nature et en devenait un élément indivisible. Sa personnalité disparaissait pour ne plus être. Kagura… est-ce finalement ce que tu veux ? Rin secoua la tête. Sesshomaru. Je dois d'abord penser à lui. Même si cela faisait mal d'être aussi égoïste.
« Il faut que quelqu'un veille sur Sesshomaru. Une barrière peut toujours être brisé. Qui le défendra alors si je ne suis pas revenue ? Kagura… s'il te plait. »
Les quelques émotions émises par Kagura rendirent Rin un peu confuse. Elle ne la comprenait pas vraiment et avec le temps un fossé s'était développé entre elles. Ce n'était pas très étonnant, elles étaient si différentes l'une de l'autre. Rin était une fille de la terre, elle n'était pas le vent. Mais elles avaient un point commun inaltérable. Elles aimaient le même homme.
« S'il te plait, Kagura. Pour Sesshomaru. Si je ne fais plus partie de sa vie… tu pourras toujours être à ses côtés. Tu n'auras plus à le partager avec moi. N'est-ce pas… n'est-ce pas ce que tu voulais ? »
La brise tournoya devant elle. Kagura s'était approchée de Sesshomaru, choisissant de rester avec lui. Rin en était heureuse. Quelqu'un protégerait Sesshomaru, quelqu'un qui avait compté pour lui. Rin ne saurait jamais à quel point, elle ne saurait jamais si Sesshomaru et Kagura avaient été amants ou amis. Cela la blessait au fond, mais elle n'avait pas le droit de savoir. Leur histoire ne la regardait pas.
Rin se tourna vers le dernier obstacle avant son départ. AhUn. Les deux têtes la regardaient avec méfiance. Ils savaient ce qu'elle comptait faire, ils la connaissaient que trop bien pour ne pas sentir son malaise. Ils étaient amis depuis tant d'années, du moins pour un point de vue d'humain. Elle avait passé plus de temps avec AhUn qu'avec sa propre famille si elle comptait bien. Toutefois, leur amitié ne pouvait pas autoriser AhUn de venir avec elle. En fait surtout cela.
« AhUn, il en va de même pour vous. Vous restez ici. »
Les deux têtes protestèrent et firent quelques pas en arrière, avec la même expression farouche.
« AhUn, c'était un ordre. »
Son ton était calme. Elle se rapprocha lentement d'eux, amenant ses deux mains pour toucher leurs museaux. Ils reculèrent au début, mais Rin insista jusqu'à ce qu'elle pût enfin les caresser. Finalement, ils posèrent leurs têtes sur chacune de ses épaules en évitant de lui imposer tout leurs poids. Ils avaient cédé.
« Merci, AhUn, » dit-elle en s'enfouissant à leur encolure. Je vous le promets, je ferai tout pour revenir. »
Et c'était vrai. Même si tout portait à croire qu'elle arrangeait ses affaires avant de mourir, elle n'avait pas perdu complètement espoir.
Cela ne voulait pas dire qu'elle sous-estimait la force de son adversaire. Naraku était puissant et elle l'était tout autant. Elle ne voulait rien regretter, si quelque chose advenait, mais avant tout, elle voulait protéger ceux qu'elle aimait. Le plus simple était de les éloigner du lieu où elle se trouverait. Elle savait aussi qu'elle devait mettre Naraku hors d'état de nuire pour sa famille. Pour Miroku, Kiyoshi-chan et Ren-chan. Elle retenait la malédiction du kazaana par le Shikon no Tama et par sa vie, et tant que Naraku vivrait, la malédiction se propagerait au fil des générations. Si elle mourait, Miroku se ferait absorber par son propre kazaana avant que le tour ne vînt pour Kiyoshi et Ren.
Elle n'avait pas le droit d'échouer. Tant de vies étaient en jeu. Elle espérait qu'elle aurait la force pour y parvenir.
Rin se détacha du dragon et vint prendre son carquois de flèches et son arc. Elle pensait trouver les vivres en chemin, la marche s'annonçait longue.
Elle passa un dernier regard sur Sesshomaru, allongé avec cette triste fleur posée sur son torse. Puis, elle dressa une barrière autour du petit groupe. Elle inspira profondément en fermant les yeux pour ne plus voir la forme de Sesshomaru l'accuser encore et encore de trahison. Elle avait fait ce qu'il fallait. Il n'y avait plus rien à regretter même si elle en souffrait.
Elle se tourna brusquement et rouvrit les yeux. Elle fit de longs pas rapides, pour mettre de la distance le plus vite possible entre elle et Sesshomaru. Entre elle et une partie importante de son passé. Elle tournait une nouvelle page, et qui savait le sort qui l'attendrait ensuite ? Qui savait quelle sera la fin de son livre ?
Elle n'y réfléchit pas plus. Elle devait rejoindre Naraku, dans un lieu qu'elle avait connu une fois et qu'elle n'avait jamais oublié. Naraku avait le goût du dramatique. Elle glissa à l'intérieur de son esprit, de son cœur, au-delà du Shikon no Tama, vers son meilleur ennemi.
'Il est grand temps que tout s'achève, Naraku.'
'Et je t'attendrai, Rin.'
Ainsi ce qui avait été promis bien avant leur naissance allait enfin se réaliser. La grande bataille des héritiers de Midoriko et de Taho. Après toutes ses années, la perle allait lui revenir entière, avec Rin en prime. Après Kikyo… oui, Rin serait la fleur couronnant son avènement.
Bien sûr cela pouvait paraître étrange que Rin fût celle qui choisit le moment de leur bataille. Ce n'était pas quelque chose d'exceptionnelle dans leur relation, il se souvenait parfaitement bien de leur dernière confrontation. Quand Rin avait simplement décidé le jour de leur mort. Il avait réussi à la manipuler, elle et ses amis, mais il s'en était fallu de peu. Rin avait eu le dessus à l'époque, et quelque part il ignorait si la balance entre lui et elle avait tellement évolué vers son côté.
Rin. Tant de choses avaient changé en sept ans. Qui aurait pu croire que cette enfant, cette fragile orpheline, deviendrait la miko qu'elle était à présent ? Elle, misérable et muette, élevée auprès d'un taiyokai que tous croyait impitoyable était devenue une femme hors du commun aux pouvoirs que seul, lui, Naraku pouvait rivaliser. Qui aurait pu dire, que même sans un cœur humain, Naraku s'était mis à la désirer… à la vouloir ? Comment cela avait-il bien commencé ?
Il se souvenait de l'enfant qu'il avait enlevée, parce qu'elle était l'une des clefs du Shikon no Tama. En l'occurrence, elle était le pouvoir qu'il méprisait le plus et qu'il n'avait plus, le cœur, le Nagimitama, pourtant si pure et invulnérable. Même maintenant, après toutes ses années à tenter de l'influencer, de la pervertir, elle restait intouchée et il avait dû renoncer à polluer la perle. Peut-être que si elle avait été la sagesse, le Kushimitama comme Kikyo, ou même l'amour, le Sakimitama, il aurait pu l'atteindre. Peut-être bien…
A l'âge de dix ans, elle avait eu la force de l'affronter sans peur et en grandissant, ce défaut n'allait qu'en s'accentuant. Elle redoutait ce qu'il pouvait faire, mais elle ne le craignait pas, lui, Naraku. Et elle l'avait vaincu par une erreur stupide de Naraku, mais compréhensible. Il avait sous-estimé cette enfant. Le Nagimitama était un pouvoir équivalent aux trois autres âmes, et le Tenseiga était suffisamment attaché à l'enfant pour l'aidait à réveiller les pouvoirs de Rin. Un fait que même Sesshomaru n'avait pas dû percevoir.
Elle avait alors commencé à vivre avec Kikyo ironiquement, alors que lui, pansait ses plaies, infligées par cette enfant. Ce fut à cette époque qu'il perçut dans un recoin de son esprit des émotions qui n'étaient pas les siennes. Il en devint curieux se demandant quelle était leur origine. Sa curiosité se mua en fascination. Il se retrouvait parfois à observer pendant des journées entières ses mille et une émotions qui variaient plus rapidement que le temps du ciel.
Les souvenirs d'Onigumo l'aidaient à peine à les comprendre. Il s'obstinait pourtant, se rendant compte que si lui, Naraku, pouvait ressentir autant de sentiments par lui-même, il serait capable de se sentir vivre. Mais il serait faible aussi. Ô combien faible. Petit à petit, il apprivoisa cette boule de vie, cette boule d'émotion, nuit et jour, allant même jusqu'à entendre certaines de ses pensées.
Il réussit à faire le lien entre Rin et ces sentiments seulement lorsqu'il prit la décision d'agir contre ses ennemis.
Oh, le plan était simple et efficace et ne lui offrait aucun risque. Le kazaana du moine Miroku lui avait pendant longtemps permis d'absorber du youki et l'avait aidé à se rétablir. La petite surprise qu'il leur préparait pouvait mon seulement tuer le moine mais aussi Inuyasha et ses amis tout en se débarrassant des yokai qui étaient trop faibles pour être assembler dans son corps.
Il l'avait vu alors, Rin, l'attaquant lui, Naraku. Il n'avait pas prévu de la voir surtout à travers le kazaana. C'était la première fois qu'il apercevait quelqu'un à travers l'abîme qui le connectait à la main maudite du moine. Il fut plus choqué encore quand il comprit que la surprise sur le visage de Rin correspondait en tout point à celle contenue dans la boule d'émotions à l'intérieur de son esprit.
Depuis près de deux ans, il vivait avec l'enfant devenue adolescente Rin. Celle qu'il avait sous-estimée, celle qui était le cœur, là où il en avait plus. Il avait été fasciné par celle qui l'avait fait chuter. Naraku ne manqua pas l'ironie de la situation. Pourtant, avec cette nouvelle, il s'était mis à mieux analyser l'esprit de Rin. Il avait eu la satisfaction de savoir qu'il était le seul à connaître l'existence de ce lien. Rin n'avait pas eu la moindre suspicion qu'elle et ses émotions étaient épiées à longueur de temps. Elle était très… émettrice, et Naraku n'avait que peu d'efforts à fournir. Et il avait pu bientôt utiliser cette capacité à son avantage pour atteindre le Shikon no Tama.
L'occasion s'était présentée plus précocement qu'il ne l'aurait voulu quand elle avait cherché à neutraliser le kazaana. Elle n'avait évidemment pas réussi, mais était parvenue à maintenir la malédiction dans un état stable, laissant au moine la possibilité de vivre sans craindre d'être absorbé par le kazaana, malheureusement.
Pendant la période de temps où le kazaana avait été ouvert, Naraku avait pu voir l'expression figée dans la détermination de Rin. Il avait cherché à s'emparer de la perle et l'avait immédiatement regretté. La contre-réaction avait manqué de le tuer de douleur, et il n'avait même pas eu de satisfaction en sentant Rin passer par la même peine. Elle s'était affaiblie, mais il avait subi les répercussions dans son esprit.
Leur lien n'avait rien de commun, forçant Naraku à chercher des informations sur le sujet. Il était allé dans les marécages profonds du sud, là où se trouvait ce vieux yokai solitaire qui était en permanence à l'écoute du monde. Naraku répugnait d'aller là, le vieux le dégoûtait, mais il était impossible de négliger cette source de savoir pour mener à bien ses plans. Et il en avait appris bien plus qu'il n'avait pensé venir trouver. Il avait appris pour la prophétie.
Depuis longtemps il avait su qu'il serait celui qui se débarrasserait de la vie de Kikyo. C'était une évidence pour lui, une vérité universelle. Qu'il dût aussi tuer Rin, le surprit qu'à moitié. Eux trois, descendants de Taho et de Midoriko. Le destin se moquait d'eux. Il l'accepta pourtant.
Il connaissait Kikyo et ses capacités. Rin au contraire… Il avait donc entrepris de la tester, d'autant plus qu'elle était la gardienne de la perle. Les résultats de ses tests avaient tout pour le déplaire. Même à l'âge de treize ans, elle s'été avérée être une formidable miko. Elle était destinée à devenir puissante, et avec le temps, rivaliser ce qu'avait été Midoriko pour la dépasser. Kikyo n'avait pas osé prétendre à ce statut lorsqu'elle était gardienne du Shikon no Tama.
Ce fut à cette époque qu'il avait exploré pour la première fois ses rêves. Non, nos rêves. Dans ce monde inconnu, tellement différent de la réalité, là où la ligne entre le bien et le mal n'avait jamais été clairement tracé. Ils étaient devenus des… compagnons. Il y avait découvert aussi une partie de leur histoire. Ils se connaissaient déjà, bien avant le retour de la perle. Naraku avait été celui qui avait construit la vie de Rin comme elle l'était. Il était celui qui avait décimé sa famille une nuit d'hiver gravés dans leur mémoire.
Une nuit qui aurait pu ressembler à tant d'autres dans la vie de Naraku et d'Onigumo, et pourtant… la mère de Rin, Kisara, elle l'avait marqué plus qu'une autre, presque autant que Kikyo avait marqué Onigumo ou Midoriko avait marqué Taho. C'était logique, après tout, il avait eu affaire à une descendante de Midoriko. Le même sang coulait dans leurs veines. A l'époque Naraku s'était retrouvé impuissant face à cette misérable paysanne, incapable de lui dénier le droit de choisir la mort. Belle, fière et indomptable. Des mots nés dans l'esprit de Taho quand il pensait à Mirdoriko, et qui traversèrent l'esprit d'Onigumo quand il croisa le destin de Kikyo. Des mots qui allaient bien à Kisara, et que sa fille Rin représentait tout aussi splendidement.
Rin et Naraku avaient beau être compagnons la nuit, le jour, ils n'en restaient pas moins ennemis. Il avait continué à la tester, tentant des coups magistraux comme envoyer Renei, le grand-père de Sesshomaru. Il n'avait ignoré pas que Rin n'avait pas oublié son ancien gardien, mais il n'avait pas su à quel point. Il avait eu la réponse à ses doutes rapidement. Elle aimait Sesshomaru. Et lui Naraku, s'était mis à jalouser le taiyokai.
Personne ne méritait de recevoir de tels sentiments. Il le savait puisqu'il pouvait parfaitement les définir, les visualiser. L'amour de Rin, du Nigimitama, était quelque chose de… précieux, car il était rare. Comment le Nagimitama pouvait bien ressentir une émotion si forte… si dévastatrice ? Tout cela perdu pour Sesshomaru. Et pourtant… pourtant Naraku était certain que le taiyokai n'avait jamais vraiment abandonné Rin. Il l'avait pisté comme un chien fidèle depuis le début faisant croire à Naraku que les sentiments de Sesshomaru était bien plus qu'il ne voulait indiquer. Il ne l'admettrait jamais, dénierait qu'il avait un quelconque intérêt pour l'enfant. Mais le chien accourrait toujours quand il venait de la sécurité de Rin, aussi bien lorsqu'elle était enfant que maintenant.
Maintenant que Rin avait mûri en une femme magnifique, Sesshomaru s'était abaissé à aimer une humaine. C'était une faiblesse impardonnable aussi bien pour Rin que pour Sesshomaru, mais jamais Naraku ne l'avait exploité vraiment.
Comment aurait-il pu s'en servir ? Rin avait rapidement cessé de croire à une possible histoire entre elle et Sesshomaru. Et comme elle le savait si bien, Naraku redoutait suffisamment Sesshomaru pour s'en prendre à lui directement.
La solution avait été ses amis qu'elle chérissait tant.
Hakureizan était l'endroit idéal pour attirer tous ses ennemis à leur mort. Il avait échoué encore, Rin ayant agi plus rapidement que prévu. Il était seulement parvenu à blesser Kikyo, et encore, il savait que Rin la guérirait facilement.
Une autre bataille perdue pour Naraku, mais il avait encore d'autres cartes à jouer : Kikyo. Diviser pour mieux détruire et instiller la haine dans le cœur des deux femmes. Kikyo avait été la plus réceptive, la sagesse était plus facilement corruptible que le cœur. Rin en était sortie abattue, mais pas suffisamment pour en être brisée.
Il l'avait fait affronter ses peurs en recréant des formes primitives de Byakuya, maîtres en illusions, moins à même de le trahir comme le premier jet. Kanna avait été là au cas où Rin ne succomberait pas complètement pour devenir sa dernière épreuve.
Kanna. Sa fille unique, la plus fidèle de ses créations. Ce qui aurait dû être la plus grande épreuve de Rin était devenue la plus difficile pour Naraku. A cause de Kohaku. L'humain n'était pas intervenu, n'avait pas dit ou fait quoique ce soit qui aurait pu influencer la situation. Mais il avait pris le cœur de Kanna. Comment Naraku aurait pu deviner que sa fille en avait même un et qu'il battait pour cet humain, déjà mort deux fois auparavant ? Avait-il été trop obsédé par Rin pour ne rien voir chez la calme, impassible Kanna ? Etait-il si aveugle au monde qui ne tournait pas autour de Rin pour comprendre que Kanna aussi le trahirait ?
Elle avait choisi sa propre mort plutôt devant celle de la femme qui était aimé par Kohaku. Kanna était devenue faible et l'avait trahi, comme toutes ces autres incarnations avant elle. Elle ne méritait pas de vivre. Malgré les supplications de Rin, il avait laissé Kanna s'éteindre et devenir ce qu'elle était. Le vide, le néant, le rien.
Il avait souffert de sa disparition, étonnement. Quand s'était-il attaché à son incarnation ? Il avait écarté son cœur, il n'était pas censé ressentir. L'effondrement qui avait semblé toucher Rin n'avait rien arrangé. Il en avait plus voulu à Kohaku par la suite, et pas à Rin qui avait pourtant tué Kanna. Il avait juré de faire payer ce misérable petit traître un jour mais s'était contenté de survivre son deuil, avec une Rin qui lui avait fait subir sa propre peine.
Il avait pris du temps à se remettre et à reconstruire un plan. L'occasion s'était présentée rapidement. Il n'y avait pas que les yokai qui étaient sensibles à Rin. Les humains l'étaient d'autant plus. Proposer à Tomoeda de massacrer un village entier en l'honneur de Rin avait été un jeu d'enfant. Le décor avait été planté, et Naraku avait envoyé un cadeau spécial à Inuyasha. Un poison qu'il avait obtenu d'une miko qui s'intéressait d'un peu trop près aux arcanes obscures et capable d'enflammer le sang yokai du hanyo. Il avait perdu tout contrôle, mais les choses avaient pris une tournure nouvelle de ce qu'il avait envisagé.
Rin avait disparu, laissant un immense vide dans l'esprit de Naraku. Pendant trois semaines, il n'y avait eu que son absence, plus atroce qu'il n'aurait jamais imaginé. Il avait voyagé alors à travers tout le pays, cherchant à remplir ce vide insupportable, à trouver une façon de l'apaiser, de l'effacer. Il était arrivé finalement au dernier endroit où elle avait été, devant le Puit Dévoreur d'Os. Il avait appris qu'elle était partie dans le futur, là Naraku avait eu l'intention de la rejoindre pour faire cesser cette peine.
S'il n'avait pas eu à compter sur un comité d'accueil. Sesshomaru avait été là, une autre âme en peine avec l'absence de Rin. Et Rin était revenue à ce moment précis dans leur vie. Naraku avait été soulagé, en la revoyant devant lui, plus qu'il n'aurait dû l'être.
Il ne souvenait pas qu'elle fût une femme aussi belle. Après six années, il faisait face à tous ses ennemis réunis, mais il n'avait d'yeux que pour elle. Belle et fragile, fière et indomptable, elle était de la lignée de Midoriko, il n'y avait aucun doute. Ses yeux n'avaient plus l'éclat de l'innocence, mais ils brûlaient, prêts à répondre à n'importe quel défi. Il avait failli perdre d'ailleurs. Elles les auraient sacrifiés tous les deux sans la moindre hésitation. Elle était devenue redoutable.
Et plus que cela, il la voulait. Elle et entière, corps et âme, il la désirait, comme Taho avait désiré Midoriko, et Onigumo, Kikyo. Etait-ce… aussi simple que cela ? Etait-ce possible que même en l'absence d'un cœur, il pouvait… Non, ses pensées devenaient absurdes. Il désirait Rin et ses pouvoirs, il n'y avait rien de plus à cela. L'amour était un sentiment trop humain pour que lui, Naraku pût savoir ce que c'était.
A cette époque, Rin avait commencé à s'effondrer au cœur de l'hiver. Naraku, encore dans des doutes qu'il ne connaissait pas, ne lui avait pas parlé, préférant observer de loin la flamme vacillante dans la brise hivernale de Rin. Il aurait dû être content, elle avait faibli à vue d'œil. Néanmoins il n'avait pu s'en satisfaire. Une partie en lui répugnait de la voir tombé malade, comme si un sacrilège s'était fait. Elle avait quitté leur monde à nouveau pour gagner le futur de la miko Kagome.
Cette fois, elle y était restée pendant un lapse de temps bien plus grand. Des mois et des mois pendant lesquels Naraku avait haï la vie sans elle. Il était trop habitué à sa présence constante au fin fond de son esprit, elle était devenue vitale pour lui. Vivre avec un tel manque n'était pas vivre, tout juste survivre. Il détestait cette dépendance qui était née sans qu'il ne s'en fût rendu compte, alors qu'il savait que la réciproque n'était pas vraie. Elle serait revenue plus rapidement si tel avait été le cas.
Cet hiver interminable avait laissé enfin place au printemps. La saison favorite de Rin qui renaissait toujours à cette époque de l'année mais qui pour la première fois ne l'avait pas vu. Le printemps lui avait rappelé Rin plus que jamais, et il s'était mis à haïr cette saison, à haïr Rin. Non, il haïssait tout ce qui entourait Rin, mais pas vraiment Rin. C'était une tache qui lui était impossible.
Il avait erré longtemps en venant à une seule conclusion. Naraku ne laisserait plus jamais un vide pareil s'installer. Pour s'en assurer, il fallait que Rin revînt et… qu'elle ne fît qu'un avec lui. Il devait l'absorber, complètement, comme il aurait dû le faire avec Kikyo.
L'enfer s'était achevé comme l'averse de fin de printemps, et elle été revenue, plus forte qu'elle n'avait jamais été. Les bribes de ses pensées en avaient expliqué la raison. Ce qu'il avait compris ne lui avait pas plu. Elle avait rencontré sa réincarnation qui vivait avec celle de Sesshomaru. Une chose anormal, puisque Rin lui appartenait à lui, Naraku. Puisqu'ils fusionneraient quoiqu'il lui en coûtât.
Il avait recalculé des plans minutieux dont la victime devint la vieille prêtresse Kaede, sœur de Kikyo. Une femme de la lignée du ciel, donc qu'il était préférable de voir morte à présent. Un plan parfait et efficace qui avait touché Rin en plein cœur et l'affaiblit d'autant plus qu'elle était aussi coupable que lui d'avoir tué la miko. La concrétisation de la prophétie était finalement en marche.
Le tour de Kikyo était venu ensuite. Il avait joué avec elle avant, en souvenir d'Onigumo. Il avait voulu l'absorber car il ne pouvait négliger des pouvoirs comme les siens. Et bien sûr les points communs qu'elle partageait avec Rin ajoutaient à ses attraits. Le dernier point de son plan ne s'était pas concrétisé, Rin s'interposant une nouvelle fois. Leur combat avait été bref, mais les quelques instants pendant lesquels il l'avait vue, avaient suffit pour la vouloir plus encore.
Rin avait pris rapidement la décision d'en finir et avait éloigné chacun de ses amis. Même Sesshomaru, au grand étonnement de Naraku. Il en était plutôt satisfait, aucun d'eux ne viendraient l'interrompre.
Mais lui, avait encore une chose à faire, contrairement à Rin qui le rejoignait au lieu de rendez-vous qu'il avait choisi. Il avait besoin de son cœur. Ironique, n'est-ce pas, qu'il chercha à regagner ce qu'il avait définitivement renier pour vaincre Kikyo. Maintenant qu'elle était morte, il n'aurait plus les scrupules d'Onigumo pour le retenir d'agir. Son cœur allait lui être utile pour faire face à Rin. C'était ce qu'il lui avait manqué pour la vaincre quand elle n'avait que dix ans. Il ne laisserait pas un tel désavantage une seconde fois.
Récupérer son cœur signifiait aussi revoir des anciennes connaissances. Moryomaru et Akago, les dernières de ses incarnations qui s'étaient exilés loin de tout. C'était pour cette raison qu'il se trouvait dans ce lieu déserté au pied des montagnes du nord. Naraku n'avait pas daigné de les rechercher depuis sept ans. Même si Moryomaru était un traître, il gardait efficacement son cœur et se faisait oublier par Kikyo, Sesshomaru, Inuyasha et ses amis, tous focalisés par le sort de Rin. A présent, il était temps de rappeler à Moryomaru et Akago qui était leur maître et de récupérer ce qu'il lui appartenait.
La nuit était couverte, ne présentant aucune étoile ou lune qui aurait pu éclairer son chemin. Naraku n'en avait pas spécialement besoin, une araignée pouvait très bien se déplacer dans les lieux obscurs. Il se faufila entre deux falaises, sûr de sa direction, passant des cavernes vides sans un regard. Il savait dans laquelle se trouvait son cœur qui l'appelait à chacun de ses battements. Il entra finalement dans l'une d'elle et sûrement, trouva Moryomaru.
« Moryomaru, cela fait combien de temps depuis notre dernière rencontre ? Sept ans ? Huit ans ?
- Qu'est-ce que tu veux, Naraku ? »
Il était évident que derrière la rage de Moryomaru il y avait de la peur. Logique après tout ce temps où l'armure vivante avait passé à se cacher pour faire croire à sa non-existence. Moryomaru n'était pas faible, mais il savait qu'il n'avait aucune chance face à Naraku depuis leur dernière confrontation.
« Tu le sais aussi bien que moi. Je suis venu récupérer ce qui me revient de droit.
- Ton cœur ? Crois-tu pouvoir vaincre la miko avec ton cœur à présent ?
- Kikyo est morte. Elle n'est plus un obstacle pour que je puisse redevenir complet. »
Moryomaru parut surpris mais se reprit vite. Il savait ce qui allait suivre et n'aimait pas cela.
« Et tu crois que je vais te laisser Akago de plein gré ? Surtout qu'après je ne te serai plus d'aucune utilité.
- Ton envie d'identité et de vivre m'indiffère, Moryomaru. Mais sache que tu m'es encore utile. Ces attaques que tu as récolté au fil des années pour vaincre Inuyasha et ses amis m'intéressent particulièrement.
- Ce qui signifie… »
Une note de peur résonna dans la voix de Moryomaru. Naraku sourit avant de répondre.
- … que je vais t'absorber. »
Naraku chargea ne laissant aucune chance à son adversaire. Ce fut presque trop facile, mais explicable. Contrairement à ce lâche de Moryomaru, Naraku avait cherché à devenir plus puissant au cours des années. Il était avantagé.
Ses tentacules s'enroulèrent autour de Moryomaru et percèrent sa chair. Naraku amena l'être hybride à lui, et avec un sourire qui se refléta dans les yeux écarquillés de sa proie, il absorba Moryomaru.
Lentement, il laissa la douleur de la réunification avec son cœur diminuer. Il sentit un battement de cœur en lui, puis un autre, précédant une multitude d'autres à un rythme régulier. Il devenait plus vivant qu'il ne l'avait été depuis la séparation avec son cœur, alors que les consciences de Moryomaru et d'Akago se dissipaient dans les fonds de son esprit. Il ne restait que sa personnalité, surpassant les autres.
Enfin… il était lui-même, complet. Non, c'était faux, il manquait deux choses pour atteindre sa complétude. Le Shikon no Tama et Rin.
Naraku rouvrit brusquement les yeux. Un regret passa dans son cœur, et Naraku jura en l'étouffant. Onigumo pleurait la mort de Kikyo. L'imbécile. Il éteint tous les sentiments parasites pour la défunte miko, et préféra se laisser envahir par les désirs de Taho et d'Onigumo, tellement similaire au sien.
Il aurait le pouvoir du Shikon no Tama. Il aurait Rin.
Il sortit des montagnes en prenant la direction du sud vers l'endroit qui marquerait leur dernière rencontre. Les terres maudites d'Ekarizu étaient un endroit spécial pour eux deux, après tout.
'Oui, je t'attendrai, Rin. Là où tout a commencé.'
the world of inuyasha: Oui, la vie de Rin prend u autre tournant pour rejoindre la phase final de l'histoire. La fin est proche, et elle se force à la précipiter. Pour le meilleur ou pour le pire, la réponse arrive dans les prochains chapitres.
Kanon-and-Milo: Naraku est le big bad Evil guy de cette histoire après tout. Mais j'espère, pas seulement.
Arwen: La deuxième rencontre avec Sesshomaru est particulièrement étrange, parce que Sesshomaru, inconsciemment se met à la place d'Inuyasha. Il sait que Rin aurait pu être à la place de Kikyo. Ca le travaille, le pauvre. Mais je t'assure il y a d'autres fics excellentes et bien mieux écrites sur Rin/Sesshomaru (beaucoup en anglais, parce que les anglophones sont plus productifs que nous autres du monde francophone).
