Titre : Songes

Base: Tsubasa Reservoir Chronicles

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, malheureusement pour eux.

Rating :K

Genre: Sérieux, cross-over

Note : Des suppositions concernant certaines séries, ainsi que diverses adaptations au niveau des scénarios, ont été nécessaires.

Avertissement: Grande possibilité de spoiler (se déroule après les événements du tome 23 et fait référence à des tomes suivants)

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Chapitre 2: A tout prix

Mais que faisait-il là, en uniforme noir, au milieu d'une salle de classe qui se vidait de ses élèves ? Shaolan regarda autour de lui : les élèves semblaient plus âgés que lui, des lycéens selon toute vraisemblance. Le professeur, un homme aux cheveux blancs et courts, élégamment coiffé et vêtu, au regard strict derrière ses lunettes, rangeait ses affaires. Un garçon en uniforme noir vint le voir. Shaolan tiqua: il l'avait déjà vu quelque part, mais où…? Curieux, il écouta discrètement. Cet élève présentait une justification d'absence pour une interrogation loupée, apparemment signé par le directeur de l'école. Le professeur écouta avec diligence les propos de son élève, puis d'un signe lui signifia que c'était entendu. Alors un jeune homme portant également l'uniforme des lycéens déboula dans la salle.

-« Takénou !!! Viens manger avec moi !! »

Et embarqua le dénommé "Takénou" avant que celui-ci eût pu comprendre ce qui se passait, encore moins donner son avis. Shaolan, hébété, regarda le professeur blasé qui finit de ranger ses affaires. Ces deux garçons, ne les avait-il pas rencontrés dans le monde virtuel d'Oto, par l'intermédiaire de son double? Même qu'ils étaient avec une fille blonde à chignons, un indic… Etait-il de retour à Oto? Et si oui, comment…?

En ouvrant la porte de la salle de classe, le professeur heurta un enfant. L'homme s'excusa, puis partit, non sans avoir jeté un bref coup d'œil en direction de Shaolan, qui fronça les sourcils. Où était-il ? Et pourquoi se retrouvait-il dans un lycée ?

Il poussa un cri de surprise en voyant un élève un peu plus jeune que lui, possédant les cheveux d'un blond flamboyant et les yeux de la mer, pénétrer dans la salle, visiblement à la recherche de quelqu'un.

-« Ils sont déjà partis ? Ils sont rapides, ces petits coquins… Dit-il en sortant un éventail de sa poche et en riant par derrière.

-Nokoru !

-Oui ? Répondit l'interpellé, nullement gêné par la familiarité avec laquelle on venait de l'appeler.

-Que fais-tu ici ? Je suis retourné à Piffle ? Oto?

-Piffle ? Oto? Non, ici, tu es sur le campus Clamp, dans le bâtiment de l'école secondaire. Comment connais-tu mon nom ? »

Shaolan prit le temps de digérer l'information qu'il venait de recevoir. Donc il était dans un monde appelé « le campus Clamp » et il y avait retrouvé Imonoyama Nokoru, du moins une autre version de lui. Mais le mystère restait entier : comment avait-il atterri dans un nouveau monde sans Mokona, ni les autres ?

-« Je vous ai déjà vu, répondit Shaolan qui se dit qu'après tout, il ne mentait pas vraiment.

-Je vois… bah, après tout, c'est bien possible », soupira simplement le garçon blond derrière son éventail.

Il se dirigea vers l'une des fenêtres, regarda en bas puis demanda à Shaolan de venir voir. Ce dernier obéit et vit les deux garçons qu'il avait préalablement rencontrés en arrivant ici, en train de se disputer dehors autour d'un bentô. S'ensuivit une jolie course-poursuite qui fit rire Nokoru.

-« Mon chéri !! Pourquoi tu ne veux pas manger ce que je t'ai préparé avec amour ? Comment feras-tu lorsqu'on sera mariés ?

-On ne se mariera pas ! »

Le sujet de la dispute éberlua Shaolan tandis que Nokoru riait à gorge déployée.

-« Ma foi, c'est le printemps, je suppose… Suô m'a déjà abandonné pour Nagasa-chan et quant à Akira, il est introuvable… Sans doute avec son amour mystère dont tout le monde parle… Le printemps est la saison de l'amour, tu ne trouves pas que c'est la plus belle ? Demanda soudainement Nokoru à Shaolan.

-L'amour ? » Répéta celui-ci en plantant ses yeux marron dans ceux du jeune Imonoyama, avant de les baisser.

Qu'en connaissait-il, finalement ? Le printemps, les cerisiers en fleurs, l'amour… Toutes ces choses, il y avait renoncé depuis fort longtemps. Sakura… Sa Sakura… Il se prit la tête entre les mains en s'accoudant à la fenêtre, la tristesse revenant une fois de plus. Ici, ils semblaient heureux et lui…

-« Ca ne va pas ? Lui demanda doucement le jeune garçon avec sollicitude en refermant son éventail. Je t'ai blessé ?

-Non, ça va… » Murmura Shaolan.

Il ne pouvait pas deviner, de toute façon. Qui le pourrait ?

-« L'amour adoucit les cœurs et surtout embellit les femmes, c'est pourquoi c'est un sentiment que j'apprécie par dessus tout ! Et puis, l'amour en soi n'est-il pas déjà un bonheur ?

-Si… Je crois…

-Moi, je ne le crois pas, j'en suis persuadé… Lorsque je les regarde tous, tous les jours… Je me dis qu'il n'y a pas de plus grand bonheur. Et j'aime voir mes amis heureux… C'est ma récompense à moi !

-J'aimerais aussi voir tout ceux que j'aime heureux… Je le voudrais tellement ! Pourtant, quoi que je fasse… » Pensa Shaolan.

La porte s'ouvrit soudainement et lui et Nokoru se retournèrent pour faire face à un nouvel entrant. Contrairement au fils Imonoyama, Shaolan manifesta sa surprise due à l'accoutrement de cet homme: uns espèce de longue toge blanche et les pieds nus. Qui était-ce ? Shaolan détailla son visage et fut étonné de la forte ressemblance avec le professeur d'école qu'il avait rencontré un peu plus tôt, la principale différence reposant dans la longueur des cheveux et dans le visage. L'homme imposant qui venait d'arriver, d'allure majestueuse, impériale, le regard dur, les avait allant en dessous de ses hanches. Il arborait sur son front un œil jaune fort disgracieux.

Shaolan déglutit, ayant lu dans un livre appartenant à… "son père adoptif" que cet œil était la marque d'une malédiction divine, d'une rébellion contre le Ciel. Qui était cet homme ?

-« L'amour, dis-tu ? As-tu déjà aimé quelqu'un, pour en parler ? Demanda-t-il en s'adressant visiblement à Nokoru.

-Non, du moins, pas dans le sens où tu l'entends, Taishaku-ten. Mais je ne pense pas me tromper, lorsque je regarde mes amis… Ils n'ont pas l'air malheureux, qu'en penses-tu ?

-Tu décris l'amour comme une bénédiction divine. Comme si ce sentiment n'avait que des bons côtés…

-Lorsque l'on est amoureux, on est heureux, non ?

-Ca n'a pas été le cas pour moi…

-Pour quelle raison alors as-tu souffert trois cents ans ?

-J'avais une promesse à tenir… »

Taishaku-ten et Nokoru se défièrent du regard, l'un menaçant et l'autre souriant. Le lion et le moucheron…

-« Lorsque la personne que l'on aime nous regarde, nous parle, on est heureux. Le fait de penser à elle apaise notre cœur, l'imaginer nous aide à nous sentir mieux. Sa présence, sa voix nous réconforte C'est le meilleur des médicaments ! Déclara finalement Nokoru d'un ton sans appel. Demande-toi comment tu as pu tenir trois cents ans… »

Sur ces dernières paroles, il avisa deux femmes en tailleur strict venues apparemment pour lui, puis partit, non sans avoir lancé un dernier sourire à Shaolan suivi d'une recommandation :

-« J'espère que tu as quelqu'un à aimer ! Tu verras, cette personne saura transformer tes yeux tristes pour les rendre gais ! Elle saura te rendre la vie belle ! »

Les yeux de Shaolan se brouillèrent de larmes à cette phrase, pourtant, il les retint. Il ne se rendit compte que trop tard que le monde dans lequel il était avait changé lorsque la porte s'était refermée. Il se trouvait maintenant dans les dédales de ce qui semblait être les ruines d'un palais antique. L'homme se mit alors en marche dans le couloir sans plus se préoccuper de lui. Par instinct et aussi pour savoir où il se trouvait maintenant, Shaolan le suivit. Ils atterrirent dans un hall où une forêt luxuriante se mêlait joyeusement avec les pierres, apportant un peu de couleurs et de vie à cet endroit dévasté et triste.

-« Tu souffres… Que t'arrive-t-il ? S'enquit Taishaku-ten en continuant droit devant lui.

-Rien…

-Je vois… Nokoru avec ses airs d'enfant ne se rend pas toujours compte de ses paroles.

-Il n'avait pourtant pas tort… je crois.

-Peut-être… Mais dans les cas où le remède et le mal se confondent, que faire ? »

La voix du puissant Dieu de la Foudre s'était assombrie à ces dernières paroles et Shaolan le nota. Cependant leur allure ne faiblissait pas.

-« Qui est-tu ?

-Je m'appelle Shaolan.

-Et que fais-tu ici ?

-Je… Je ne sais pas. Où sommes-nous ?

-Dans le palais d'Ashura-ô. Je vais voir quelqu'un. »

L'adolescent tressaillit en entendant ce nom. Ashura-ô était ici aussi ? Bien vite, il se raisonna : peut-être était-ce une autre version de lui, dans un autre monde que Celes. Puisque l'Ashura-ô qu'il connaissait s'était fait tué par Kurogane à Celes… Tout à ces pensées il en oublia de demander à son guide dans quel monde il avait atterri, ou tout du moins comment ils étaient passés d'une salle de classe à un palais détruit. Et une autre question lui trottait dans la tête… Mais il ne savait pas s'il pouvait la poser. Finalement, il essaya : il voulait comprendre…

-« Lorsque vous ave dit que « le remède et le mal se confondent », vous vouliez dire…

-Devoir prendre le remède avec le poison? As-tu déjà aimé quelqu'un ? Le coupa de suite le Dieu.

-Ah… euh… »

Taishaku-ten se retourna alors vers le jeune garçon, visiblement irrité par son hésitation.

-« Apparemment non, conclut-il en repartant à grandes enjambées.

-Comment vous pouvez dire ça ?

-Tu hésites à me répondre… »

Shaolan cessa de lui courir après. Taishaku-ten se retourna de nouveau et Shaolan baissa les yeux devant le regard courroucé de l'homme. Il hésite… ? Ne s'était-il jamais dit qu'il ne reculerait devant rien, qu'il n'hésiterait jamais ? Oui, il se l'était dit… Avant que tous les récents événements n'arrivent… Avant que Sakura ne se fasse tuer par son clone…

-« Oui, j'aime quelqu'un ! Mais…

-Alors pourquoi es-tu aussi hésitant ? Je ne comprends pas… Lorsque l'on aime quelqu'un, il faut être fort… Ne jamais montrer ses doutes ou ses faiblesses, ne jamais douter de ce que l'on fait… Quoique tout bien réfléchi, je ne vois pas comment il est possible de douter : nos actions ne sont guidées que par cette unique personne qui a droit de vie et de mort sur nous…

-On doit… Tout donner pour cette personne ?

-Je le crois. Cette personne à laquelle tu tiens… Ressent-elle les mêmes sentiments à ton égard ?

-Oui, répondit Shaolan après une légère hésitation, ne voulant surtout pas subir la colère de cet homme qui selon lui devait être terrifiante.

Il se demanda pourtant s'il avait répondu correctement à la question posée : Taishaku-ten le regardait maintenant presque avec dédain.

-« Elle t'aime et tu es si hésitant envers tes sentiments? Elle t'aime et tu n'es pas à ses côtés ? Ne prétends pas être fort : tu serais ridicule ! »

Shaolan se sentit à la fois blessé par cette remarque désobligeante et le rire sarcastique qui suivit, et honteux en se disant que la part de vérité là-dedans était loin d'être négligeable... Il leva les yeux pour regarder le Dieu écarter ses longs cheveux afin d'exhiber son œil maudit.

-« Ceci, vois-tu, est ma fierté et je ne le renierai pour rien au monde. Mais connais-tu seulement sa signification? »

Par prudence, l'adolescent préféra ne pas s'avancer.

-« Non…

-C'est le symbole de la malédiction divine. Le symbole que je me suis rebellé contre le Ciel, contre le destin et les autres Dieux. J'ai fait tout cela… pour une unique personne…

-Celle… qui comptait le plus pour vous ? Demanda Shaolan, curieux d'en savoir plus sur cet homme et le sens de ses propos.

-Un euphémisme… Pour lui, j'ai tué, trahi, décimé des peuples, trompé… J'ai déclenché une guerre, j'ai tué l'Empereur et me suis substitué à lui, et j'ai régné sur le Tenkai trois cents ans… Durant trois cents ans, pour lui, j'ai mis le monde des hommes et des Dieux à feu et à sang. Parce qu'il le voulait. Je lui ai obéit jusqu'au bout et c'est ma plus grande fierté. »

Le jeune homme en uniforme d'école déglutit difficilement devant ces révélations. Pourtant il resta calme.

-« J'ai reçu cet œil en cadeau… Parce que je l'ai tué à la suite d'un combat arrangé au terme duquel il m'a demandé de le manger.

-Le… manger ? Demanda Shaolan en refoulant une nausée qui s'annonçait.

-J'ai commis un crime et j'ai été maudit. Mais après tout, ce n'est pas comme si cela m'importait. Etre maudit devant les Dieux, quelle importance ? »

Ainsi lui aussi avait été maudit pour avoir foulé du pied les règles fondamentales de son monde… Shaolan repensa à sa propre expérience et sa demande de remonter dans le temps. Cela aussi, c'était un souhait interdit qu'il avait malgré tout réalisé pour se donner une deuxième chance de sauver sa princesse. Il n'avait pas hésité à réclamer ce souhait, pourtant, il avait hésité à attraper la main de Sakura lorsqu'elle s'est faite marqué par le sceau de la mort… Il fronça les sourcils. Quel imbécile il avait été…

Taishaku-ten reprit sa marche de son pas autoritaire, imité par l'adolescent.

-« Oui, quelle importance… Ashura-ô ne m'aimait pas, il s'est servi de moi et m'a laissé vivre sans lui… Cette malédiction m'a amplement suffi », murmura le Dieu de la Foudre pour lui-même.

Shaolan s'arrêta net : ainsi, la personne dont parlait Taishaku-ten était Ashura-ô…

-« Et toi ? Pourquoi as-tu abandonné cette personne que tu aimes et qui t'aime ? Pourrais-tu la regarder en face si tu la retrouves un jour ?

-Oui, j'ai une raison… Je l'ai abandonné depuis sept ans pour trouver un moyen de la sauver… Pour qu'elle soit de nouveau à mes côtés… Je ne pense pas avoir fait quelque chose de mal… Mais je ne sais pas…

-Cette raison est valable. Cependant, je t'en voudrais de lui avoir promis de rester avec elle et d'avoir rompu ta promesse…

-Et si c'était pour la sauver ?

-On ne rompt pas une promesse », affirma le Dieu de la Foudre de manière péremptoire.

Shaolan resta silencieux. Si cet homme voulait rester à camper sur ses positions, alors… Et puis, ce n'était pas comme si le jeune homme était sûr d'avoir raison…

Ils arrivèrent dans une vaste salle austère, dévastée elle aussi, comme si la bataille de la fin du monde s'était jouée ici. Au centre sur le sol était gravé une sorte de fresque représentant sans aucun doute une divinité. Mais ce qui retint le plus l'attention de Shaolan ne fut pas tant le silence sacré qui y régnait que les deux personnes qui se trouvaient face à lui, au milieu de la pièce. Un homme d'allure noble aux longs cheveux ébènes, assis les yeux fermés et tenant son katana d'une manière qui rappelait celle de Kurogane, semblait veiller sur la personne à ses côtés : un Ashura endormi dans une espèce de grand cocon blanc, la chevelure noire tout aussi impressionnante, voire plus, ayant tissé une toile d'araignée sur le cocon. Le Seigneur Yasha du pays de Yama et le Seigneur Ashura du pays de Shura… Sans aucun doute possible, c'était eux…

L'histoire au pays de Shura qu'il avait vécu avec Sakura revint alors en mémoire à Shaolan. L'histoire d'un seigneur de guerre qui, ne pouvant ramener à la vie l'homme qu'il aimait, avait préféré mourir dans le château qui ne pouvait exaucer son vœu le plus cher. L'histoire de deux cœurs que lui et Sakura, en voyageant dans le temps et réécrivant les faits passés, avaient réussi à réunir pour toujours au pays de Shara…

-« Comment vas-tu, Yasha-ô ? Demanda Taishaku-ten, sortant par là même Shaolan de ses pensées.

-Je me porte bien. Ashura aussi… Répondit Yasha en ouvrant les yeux.

-Je vois ça… »

Shaolan remarqua que les traits du Dieu de la Foudre, d'ordinaire si durs, s'étaient adoucis. Il reporta son attention sur les seigneurs Yasha et Ashura. Même ici, ils étaient ensemble…

-« Je voulais revenir ici. Et en profiter pour m'enquérir de votre état. Tu restes ici, n'est-ce pas ? Ta promesse…

-Tant qu'Ashura ne sera pas réveillé, je ne bougerai pas d'ici. Je lui ai dit que nous serions toujours ensemble et je tiendrai parole.

-Pourrais-je savoir…. Ce qui vous est arrivé ? » Se hasarda Shaolan.

Taishaku-en se retourna et lui et Yasha le fixèrent.

-« Qui est-ce ? Demanda Yasha au Dieu.

-Tu ne le sais peut-être pas mais les mondes et les époques se mélangent, ici… Il vient d'ailleurs…

-En effet, je viens d'un autre monde, confirma Shaolan à Yasha. Je voyage de monde en monde et je vous ai rencontrés, toi et Ashura.

-Dans un autre monde ? Ashura et moi ?

-Oui… C'est une longue histoire… Et quelque part, je suis content de voir qu'ici, dans ce palais, vous êtes ensemble… Ashura avait l'air si triste lorsqu'il… J'ai voulu le sauver… Mais finalement, je considère que tout s'est bien fini : vous avez été réunis, d'une certaine manière… »

Yasha le regarda longuement, de ce regard sérieux et sombre qui le caractérisait tant. Incrédule, il leva d'abord les yeux vers Ashura, puis vers le Dieu de la Foudre, qui haussa les épaules.

-« Je n'en sais pas plus que toi…

-As-tu jamais rencontré quelqu'un en te disant à ce moment-là : "Je le protégerai quoiqu'il advienne ?"

-Oui…

-Eh bien, ceci résume parfaitement notre histoire à Ashura et à moi. Je n'ai pas cherché à réfléchir sur ce que nous réservait l'avenir ni le destin que l'on nous avait tracé. Je l'ai protégé au péril de tout ce que j'avais de cher et je continue encore aujourd'hui. Je lui avais promis de rester avec lui et même s'il est censé dormir d'un sommeil éternel, je ne le quitterai jamais. Il n'y a rien à ajouter, conclut Yasha.

-Toi, tu es fort… Tu n'as pas douté un seul instant, contrairement à d'autres », sourit Taishaku-ten.

Shaolan baissa les yeux, se sentant visé. Visé et honteux. Oui, il avait douté et il doutait encore maintenant de la justesse de ses actions. Certes, il n'avait pas tué, ni massacré des gens pour arriver à ses fins, mais il avait bouleversé des mondes entiers, le temps avec eux, et cela seul était un crime impardonnable.

-« Serais-tu capable de le faire ? Lui demanda alors Taishaku-ten, le tirant une fois de plus de ses réflexions. De tuer des milliers d'innocents pour celle que tu cherches à protéger ?

-Je… ne sais pas », admit piteusement Shaolan.

Comme si cette décision était facile à prendre ! Comme si on avait le droit de décider de la mort et de la vie d'autrui !

-« Si tu veux changer ce qu'on appelle le destin, il faut faire des sacrifices. On n'a rien sans rien, Shaolan. Tu ne dois pas faillir un seul instant. C'est ce qu'on appelle être fort. Ta volonté doit être inébranlable. Il n'y a que comme cela que tu y arriveras… Va rejoindre cette personne. Elle a besoin de toi, tu ne dois pas t'attarder ici », l'enjoignit alors Taishaku-ten.

Shaolan allait lui répondre lorsque soudainement le monde autour de lui devint noir. Seuls des sanglots se faisaient entendre dans cette obscurité totale. Où se trouvait-il à présent ? Où étaient Yasha et Ashura ? Qui pleurait ?