Titre : Songes
Base: Tsubasa Reservoir Chronicles
Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, malheureusement pour eux.
Rating :K
Genre: Sérieux, cross-over
Note : Des suppositions concernant certaines séries, ainsi que diverses adaptations au niveau des scénarios ont été nécessaires.
Avertissement: Grande possibilité de spoiler (se déroule après les événements du tome 23 et fait référence à des tomes suivants)
________________
Chapitre 5: Test
En baissant les yeux Shaolan remarqua qu'il ne voyait plus la ville de Tôkyô qui s'étendait à perte de vue. Mais le reflet du sommet de la tour sur l'eau. Il leva la tête et vit au-dessus la cloche du toit de la Tour. Comme si cette immense construction avait été partiellement submergée par les eaux. Il s'accroupit sur la poutre où il se trouvait et passa son doigt à la surface de l'onde, qui déforma légèrement l'image de la Tour et du ciel. De nouveau, le décor avait en partie changé. Peut-être que quelqu'un apparaîtrait de nouveau. Ce rêve dans lequel il était plongé lui permettait d'avoir différents points de vue, de se remettre en question et de s'interroger, à chaque fois avec des personnes différents. Sans doute jusqu'à ce, qu'une manière ou d'une autre, il trouve. Si le songe n'était pas encore terminé, c'est qu'il y avait quelque chose qui le retenait. Un doute. Alors maintenant peut-être serait-il éclairé…
Il n'eut pas à attendre bien longtemps. Il se releva brusquement lorsqu'une femme sortit de l'eau en s'accrochant à la poutre métallique rouge. Elle avait une longue chevelure blonde et dorée et portait une robe blanche, tout aussi longue, voire plus. Elle se retrouva assise près de Shaolan et écarta ses cheveux pour mieux le regarder. Elle avait de magnifiques et profonds yeux jade. Cette fois-ci, Shaolan n'hésita pas et ouvrit la bouche pour lui adresser la parole, mais l'eau face à lui se troubla et en baissant les yeux, il vit qu'une scène se déroulait avec la surface de l'eau comme écran. Remarquant que la femme près de lui, tout en essorant ses cheveux, s'était penchée afin de regarder attentivement ce film qui débutait, il décida de se taire pour l'instant et de l'imiter.
Sur l'eau, il vit une scène familiale : un homme et une femme qu'il reconnut pour être la conceptrice du jeu virtuel d'Oto à Edonis, ainsi que deux petites filles ressemblant trait pour trait à la Tchii de Fye et l'artefact utilisé par Sakura à Infinity pour se rendre dans le monde des rêves… Mais était-ce bien deux filles ? Elles avaient des choses ressemblant à des oreilles de chat dans les cheveux. Peut-être un serre-tête… ? Il coupa court à cette réflexion et se re-concentra. Attablés autour d'un repas, les membres de cette famille s'amusaient tous les quatre dans une ambiance conviviale et bon enfant. La joie régnait sur leurs visages et il n'y avait que des rires qui se faisaient entendre…
A un moment cependant Shaolan remarqua un bémol : le père tendit une cuillère pleine de soupe vers la bouche d'une de ses filles, qui l'avala. Elle eut un regard… "mélancolique" en sa direction, avant de reprendre le sourire et de féliciter sa mère sur la qualité de la soupe. L'éclat de tristesse dans ses yeux avait duré moins d'une seconde mais Shaolan avait réussi à le voir : bien que furtif, il tranchait tellement avec l'allégresse ambiante…
-« Je l'ai vu, Freya, fit remarquer la femme à la robe blanche d'un rire limpide.
-Je faisais pourtant tout pour le cacher et je pensais bien me débrouiller… »
Shaolan, au-dessus de sa tête, sentit un mouvement d'air. Alerte, il leva les yeux et vit la petite fille qui ressemblait tant à Tchii avec une robe noire remplie de froufrous descendre lentement en sa direction. Elle vint se poser et s'asseoir à sa droite sur la poutre près de l'eau, la femme blonde étant à sa gauche. Shaolan les regarda tour à tour : la première avait un visage impassible tandis que la seconde souriait affectueusement.
-« Qu'est-ce que c'est ? Leur demanda-t-il.
-Des images de moi, ma sœur et nos parents. Dis-moi, n'aurais-tu rien remarqué à mon propos en me voyant sur ces images ?
-A un moment, tes yeux sont devenus tristes.
-C'est tout ? Il n'y avait rien d'autre ? »
Shaolan la regarda, un peu embarrassé. Il savait pertinemment que la tristesse n'était pas exactement ce qui se lisait dans les yeux de la fille. Ce genre de regard, il l'avait déjà vu : que ce soit dans les yeux de sa Sakura ou de l'autre lorsqu'elle levait les yeux sur son clone… Il savait ce que c'était mais se refusait à le dire à voix haute : une fille n'était pas censée avoir un tel regard en posant les yeux sur son père… La jeune femme en blanc rit doucement.
-« Tu as remarqué, évidemment… A l'époque, je ne savais pas que cela pouvait être si voyant. Une erreur de débutante de croire qu'il est possible de dissimuler un tel sentiment… N'importe qui le voit. Le remède et le poison…
-Cela t'ennuie encore ? Interrogea la jeune femme aux yeux verts.
-Je me demande comment j'ai pu… Qu'importe, c'est de l'histoire ancienne…
-Pourrais-tu me raconter cette histoire, s'il te plaît ? » Lui demanda alors Shaolan, intrigué par ces deux mots qui allaient toujours de pair depuis quelque temps : poison et remède.
Deux pairs d'yeux, l'une noire et l'autre verte se braquèrent alors sur lui. Cela n'arrangea pas son embarras, cependant il les regarda chacune : oui, il voulait en savoir plus. La dénommée Freya soupira et ses yeux s'assombrirent. La jeune femme à sa gauche en fit de même. Sans aucun doute, elles avaient toutes deux des souvenirs douloureux… Elles aussi…
-« Es-tu amoureux ? Ou as-tu déjà éprouvé ce sentiment dans ta vie ? Demanda la fille en noir.
-Oui, répondit Shaolan, en se disant qu'il avait souvent répondu à cette question depuis qu'il était arrivé ici.
-Es-tu heureux avec ce sentiment ?
-Eh bien… Hésita-t-il.
-Tu doutes ?
-Cet amour est-il réciproque ? Interrogea à son tour la femme en blanc.
-Je pense.
-Tu penses? »
Elle le regarda, visiblement déçue par sa réponse. Son regard s'accorda avec celui de Freya.
-« Tu ne dois pas le penser, mais en être sûr. Tu ne dois pas buter sur ce genre de questions.
-Regarde droit dans ton cœur. Ne ferme surtout pas les yeux. Et réponds-nous. Cette personne t'aime ou pas ? Demanda à nouveau Freya.
-Oui…
-Es-tu heureux ? Interrogea la femme aux cheveux dorés.
-Qu'entendez-vous par là ? De quel genre de bonheur parlez-vous ?
-Aurais-tu préféré ne pas la rencontrer ? T'es-tu déjà dit que ta vie serait plus heureuse si tu ne la connaissais pas ?
-Ma vie aurait peut-être été moins douloureuse si je ne l'avais pas rencontrée. Mais elle n'aurait pas eu de sens non plus. Et une vie dépourvue de sens n'a pas d'intérêt d'être vécue. Alors oui, je suis heureux de l'avoir rencontrée. Elle donne un sens à ma vie. J'ai une raison d'exister. Une excuse à la mort. Je suis heureux de l'avoir connue, répéta le garçon.
-A t'entendre parler, tu as aussi dû souffrir à cause d'elle.
-Oui. Mais ce sont des souffrances qui m'ont fait grandir. Elles n'ont pas été inutiles.
-Un amour qui est à la fois le remède et le poison… J'ai l'impression qu'il en est toujours ainsi, comme si l'amour s'accompagnait forcément de souffrance », lui dit la jeune femme.
Elle sourit à Shaolan, puis adressa un regard entendu à sa camarade. Lui les regarda tour à tour. Avait-il réussi ce qu'il avait pris pour être un test ?
-« Comment t'appelles-tu ?
-Shaolan.
-Et cette personne à laquelle tu tiens tant ? Demanda Freya.
-Sakura.
-Les fleurs de cerisier...
-Oui… »
Un long silence s'ensuivit. Puis les deux amies commencèrent à parler chacune à leur tour :
-« Je m'appelle Emeraude. J'ai été la princesse du pays de Céphiro.
-Je suis Freya. Malgré les apparences, je suis un ordinateur. »
L'adolescent accusa les informations, son cerveau réfléchissant à toute vitesse. Emeraude était également le nom de la princesse fantôme du pays de Jade. Sans doute était-ce une autre version de cette princesse, puisqu'elle disait venir de Céphiro. Céphiro… N'était-ce pas de là d'où venait Hikaru, qu'il venait juste de quitter… ? Quant à Freya, peut-être était-ce la raison pour laquelle elle avait ces choses étranges sur la tête… Qu'elle avait d'ailleurs à Infinity… Les deux filles, inconscientes des questions qu'il se posait à leur égard, continuèrent sur leur lancée d'un ton détaché:
-« Je suis tombée éperdument amoureuse de mon sorcier et c'était réciproque. Mais accepter cet amour revenait à mettre mon royaume et ses habitants en danger. L'aimer signifiait délaisser mes prières quotidiennes. L'arrêt des prières signifiait la destruction progressive de l'intégrité du royaume dont j'étais la garante. Je me suis retrouvée déchirée en deux, ne sachant que faire.
-Moi, tu as déjà vu de qui j'étais amoureuse… Profondément contre-nature. Un être humain. Mon créateur, qui me considérait comme sa fille. Mon père… Moi aussi, je me suis retrouvée déchirée en deux.
-Mon royaume ou moi ?
-Je ne me suis pas posée ce genre de questions. Moi il ne m'aimait pas et ne m'aimerait jamais. Il ne voyait que ma mère et c'était bien normal, il ne l'avait pas épousée sans raison. Je n'avais aucun espoir depuis le début… Mais c'est si douloureux d'aimer quelqu'un qui ne vous aimera jamais…
-Le plus douloureux est de devoir refouler cet amour pour une raison ou une autre. Ne fais jamais cela, Shaolan. Tu dois toujours être sûr et certain de tes sentiments.
-Tu te blesserais inutilement si tu le faisais. Moi, je l'ai fait, parce que je ne voulais pas que ma mère les voit. Je l'adorais elle aussi et je me refusais à la faire souffrir. Pourtant, elle a fini par le remarquer… Mes dissimulations n'ont servi à rien.
-Pour ma part, j'ai tout essayé pour chasser l'homme que j'aimais de toutes mes forces. Tout essayé… Je n'y suis pas arrivée. J'ai voulu le détester… Rien à faire… Il n'y avait rien à faire… J'ai triché et je l'ai amené à sa perte. Je l'ai tué…
-Tu ne sais pas la chance que tu as d'être aimé par la personne « rien que pour toi ».
-Si tu as une opportunité, même infime, de pouvoir vivre avec la personne que tu souhaites, je ne vois pas pourquoi tu as à hésiter. Ecoute ton cœur. Si tu ne le fais pas, il finira par te trahir inéluctablement et tu en souffriras.
-Oui, il te trahira de toute façon. Quoi que tu tentes… »
Ces filles… Elles avaient raison, lorsqu'on y repensait. Son père lui avait appris qu'il devait suivre la voie qu'il croyait juste. Qu'il devait écouter son cœur, en somme. Il n'y avait pas à douter. Pourtant… Emeraude le prit par les épaules et darda son regard clair dans le sien, sombre. Tout en lui rendant son regard, il sentit Freya lui enserrer tendrement le cou de ses bras, ses longs cheveux blonds clairs lui caressant tout le dos.
-« Bats-toi. Pour être avec la personne si chère à ton cœur, bats-toi de toutes tes forces. N'écoute pas ceux qui te disent que c'est impossible, n'écoute pas ceux qui chercheront à te stopper. Tu ne devras penser qu'à avancer. Pour cette personne.
-Il n'est pas facile de tomber sur la personne « rien que pour toi », alors si tu l'as déjà trouvée, fais tout pour la garder.
-D'après vous… Non, se reprit Shaolan. Auriez-vous tué pour cette personne que vous aimiez tellement ?
-Moi, sans l'ombre d'une hésitation, répondit Emeraude. Si c'était à refaire, j'aurais fait n'importe quoi pour être avec lui.
-Mais vous auriez blessé d'autres personnes. Qui n'avaient peut-être rien à voir avec tout ça, répliqua l'adolescent.
-Tu as raison et c'est pourquoi cette question est purement un choix personnel. Que tu le fasses ou pas, tu devras par la suite te débrouiller avec ta conscience. Pour moi, une princesse, être amenée à tuer des gens de mon peuple est inconcevable. Mais vivre sans Zagat l'est encore plus. On dit que de deux maux, il faut choisir le moindre. Pour moi, c'est un moindre mal de tuer… Si cela m'avait permis d'être avec l'homme que j'aime. J'ai voulu préserver mon peuple et enfouir mon amour au fond de mon cœur. Sais-tu ce qui s'est passé ensuite ? Mon cœur n'a pas tenu. Et j'ai eu envie de tuer. Heureusement, j'ai été arrêtée. Hikaru, ma Magic Knight… Je ne la remercierai jamais assez pour m'avoir empêchée de devenir un monstre rempli de haine et de rancœur… »
Shaolan écouta avec une attention extrême cette princesse aux yeux clairs et si doux parler de meurtre et de sang qu'elle n'aurait pas hésité à faire couler si l'occasion d'être avec l'homme qu'elle avait tant aimé se reproduisait. S'il ne l'avait pas vu de ses yeux…
-« Cette question est personnel, il est vrai, estima Freya. Si le plus grand bonheur est d'être avec la personne « rien que pour soi », alors a contrario, le plus grand des malheurs est de vivre sans elle. Tu es le seul qui à la réponse à cette question, Shaolan. Le choix t'appartient.
-Tu sais, Shaolan, je peux comprendre tes réticences, elles sont tout à fait légitimes. Mais permets-moi de t'apprendre ceci, lui dit Emeraude. Peut-être que tu n'auras pas à le faire. Si tu crois qu'il est possible de continuer dans ta voie sans faire de massacres, alors peut-être trouveras-tu la solution. Moi, je n'ai pas cherché d'autres alternatives à ma situation. Je ne croyais qu'en moi et j'ai fait une grossière erreur. Je n'ai jamais su qu'il y avait un moyen pour moi de sauvegarder Céphiro en abrogeant sa loi. Ce moyen, c'est Hikaru qui l'a trouvé. Parce qu'elle ne voulait pas de regrets, elle ne voulait plus de larmes. Elle ne voulait plus voir des visages tristes. Elle croyait fermement que c'était possible et elle a eu gain de cause. Elle est devenu le nouveau pilier de Céphiro, où « Cœur qui croit devient force ».
-Croire… peut également t'aider à trouver la paix, continua Freya. Ne cesse jamais de croire. Dans mon cas… Ma situation étant désespérée, ne pouvant plus vivre à côté de l'homme qui me faisait tant souffrir bien que je l'aimais, j'ai préféré mourir. Ou plutôt être détruite.
-Le remède et le poison… Murmura Shaolan.
-Tout à fait. Mais néanmoins, j'avais l'espoir… que ce genre d'amour, entre un "ordi" et un être humain ne soit pas impossible. J'ai investi d'une certaine manière le corps de ma sœur. Je voulais qu'elle trouve la personne « rien que pour elle ». J'étais convaincue que c'était possible et j'ai attendu, j'ai regardé et je l'ai guidée. Je n'ai plus de regret. J'ai vu de mes yeux que c'était possible, lorsqu'elle a réussi à trouver une telle personne. Alors si tu le souhaites, toi aussi, Shaolan, montre à tout ceux qui ne croient pas qu'il est possible de finir avec la personne que l'on aime le plus, d'être heureux avec. Croire, c'est le début de tout.
-Oui, une amie me l'a dit, lui répondit Shaolan en lui souriant.
-Alors maintenant, dis-nous ce que tu vas faire », exigea Emeraude.
Aimer quelqu'un quitte à en souffrir par la suite… ? Le remède était sans doute plus fort que le poison. Protéger la personne qu'il aime quitte à blesser d'autres gens… ? Il arriverait sûrement à ses fins sans trop de casse. Oui, il y avait sûrement un moyen. Il fallait commencer par le croire, sinon il était impossible de le trouver, dût-il exister. Cela semblait si évident, dit comme ça…
La princesse aux yeux verts et la fille en robe noire se levèrent sans un mot et se placèrent en face de Shaolan, leurs pieds nus sur l'eau. Il se leva pour leur faire face.
-« Réponds à cette dernière question, Shaolan, lui dit Freya.
-Je retrouverai ma princesse. Les deux. Je les retrouverai et je les protégerai, comme je me le suis juré. Je ne laisserai personne entraver ma route. Je ferai tout pour être heureux avec elle. Et je veux aussi que tous mes amis connaissent le bonheur d'une manière ou d'une autre. Je ne dévierai jamais de cette voie, quoiqu'il arrive. Le bonheur existe, j'en suis convaincu. Je ferai tout pour la rendre heureuse.
-Quitte à ce que tu sois malheureux ? Lui demanda Emeraude.
-Nous serons heureux ensemble, affirma-t-il.
-Quitte à faire couler le sang ? Interrogea à son tour Freya.
-Jamais plus que nécessaire. Je préfèrerais ne pas avoir à le faire. »
Les deux filles lui sourirent alors amicalement avant de disparaître dans un halo de lumière, laissant de légers ronds dans l'eau. Shaolan leva les yeux, apaisé lorsqu'il entendit :
-« Nous sommes avec toi, Shaolan… Tu sauras briser les obstacles qui se présenteront à toi : tu as l'amour, la foi et la force. Tu y arriveras…
-Merci… Murmura-t-il. A tous… De tout cœur. Je ne vous décevrai pas. »
Il ferma les yeux : il avait enfin chassé les doutes qui s'étaient emparés de son cœur comme la brise le faisait avec les nuages. Pour ne pas avoir de regrets… Il avait retrouvé sa voie et se jura de ne plus en changer : ses princesses l'attendaient alors qu'il était là à se morfondre ! Il devait aller les sauver toutes les deux, quel que fût le prix à payer. Kurogane, Fye et Mokona, ses fidèles compagnons de voyage, n'étaient pas décidés à le laisser tomber en cours de route. Il en avait, de la chance, d'avoir de tels alliés et il s'en rendait compte. En plus de tout ceux qui ponctuellement les avait aidés, à commencer par l'Impératrice et sa sœur, Tomoyo-hime ; Yûko, bien entendu, ainsi que Watanuki… Et d'autres encore…
Ses poings se serrèrent de détermination : il y arriverait coûte que coûte. Il devait y arriver, il n'y avait pas d'autres alternatives.
-« Ce rêve t'a fait énormément de bien, on dirait… »
Shaolan redescendit sur Terre, enfin… A ses côtés se trouvait un garçon aux cheveux ébène plus petit que lui, portant des lunettes, au sourire lumineux et drapé dans un magnifique manteau de sorcier sur lequel étaient brodées des étoiles, des lunes et des soleils.
-« Tu en es à l'origine ?
-Pas du tout, répondit le petit garçon. Je suis simplement venu à ta rencontre. Bien que je te connaisse déjà plus ou moins…
-Comment ça ?
-Je vois l'avenir dans les rêves… Je connais bien Yûko avec laquelle j'ai crée Mokona et Modoki… Mais les deux personnes que je pense le mieux connaître sont tes parents ! S'exclama-t-il joyeusement. Je t'ai vu dans mes rêves, continua-t-il. J'ai vu ton destin. Ce qui t'attend… Le rêve dans lequel nous nous trouvons est cependant un produit de ton imagination.
-Mais j'y ai rencontré tant de gens, et même des personnes que je ne connais pas… Des gens qui sont déjà décédés…
-Tu es dans le monde des rêves. C'est une porte entre tous les mondes. Y compris celui des morts. D'ailleurs, j'en viens !
-Tu es…
-Oui, depuis longtemps déjà ! Mais est-ce que ce mot a encore un sens, là où nous sommes ? Au milieu de ces dimensions où le temps s'écoule différemment ? Ici, des gens se rencontrent et se croisent sans cesse. Morts, vivants… Quelle importance, après tout ? Ce monde n'est pas des plus logiques non plus, tu as dû le remarquer. Comme ceux qui savent ce qui s'est passé dans leur monde après leur mort. Déroutant quand on ne connaît pas, n'est-ce pas ? Le monde des rêves permet aussi de voir ce qui se passe dans la réalité… Mais tout ceci n'est pas le plus important. L'essentiel est que tu as trouvé ce qui te faisait défaut.
-Tu as vu mon rêve ?
-Oui, je suis là depuis le début.
-Et… Comment connais-tu mes parents ? Qui es-tu ?
-Ca… »
