Bonsoir, bonsoir...

Comme promis, voici la suite (et en moins d'une semaine :p)

Je remercie tous ceux qui se sont donnés la peine de lire ou de reviewer cette histoire, qui est un cadeau pour Artoung, et une réponse au défi d'Isatis 'la fiancée Malefoy'.

Je tiens aussi à préciser que rien n'est à moi, tout est à JKR. Il y aura aussi d'autres allusions, à d'autres oeuvres, que ce soit des films ou des livres. S'il y en a qui seront volontaires, d'autres ne le seront pas, je tiens donc à éviter toute confusion

Je vous laisse lire :p


Chapitre 2 :

Accroché dans les airs, un jeune homme brun se balançait doucement, au gré du vent. Il n'était retenu que par ses jambes accrochées à son balai, un Eclair de Feu splendide. Le casse-cou avait les yeux fermés et arborait un sourire doux. Ses cheveux, dirigés vers le sol, dévoilaient une étrange cicatrice en forme d'éclair…

Pas la peine de faire les présentations. Il était suffisamment clair que la personne suspendue tête en bas était Harry Potter. De toute façon, toute personne le connaissant l'aurait reconnu sans même avoir à s'approcher. Il était le seul à tenter ce genre d'acrobatie, même si pour l'instant, il se détendait et profitait de la clémence du temps.

Pendant les orages, alors que tout le monde s'emmitouflait dans les couvertures, hypnotisés par la pluie qui battaient les vitres, Harry, lui, enfourchait son balai et, fou de joie, sillonnait les airs, se libérant des tensions, des astreintes et des pressions. Mais surtout, sur son balai, il daignait abandonner le rôle qu'il jouait.

Cela peut paraître insolite, mais Harry Potter a toujours aimé jouer la comédie. Son seul handicap était ses grands yeux verts, qui laissaient transparaître toutes ses émotions, même les plus infimes.

Mais Harry finit par tourner cela à son avantage. Les yeux sont le miroir de l'âme, c'est avéré. Alors, le Gryffondor décida que ses yeux seraient son plus grand atout. Il s'entraîna durement pour qu'il puisse les contrôler.

Il n'y arrivait jamais, à part lorsqu'il revêtait un rôle. Il aimait en jouer beaucoup. Le rôle du Gryffondor courageux, loyal et obtus, celui du Serpentard, roublard, pince-sans-rire et roué, à moins que ce ne soit celui du Poufsouffle, émotif et timide, ou alors le Serdaigle, sérieux, et mi-figue, mi-raisin.

Cela l'amusait. Il se penchait moins sur son sort et perdait de plus en plus sa fâcheuse habitude à s'apitoyer sur ses malheurs. Mais, il devait se l'avouer, il n'aurait jamais accepté son don pour le théâtre, s'il n'avait pas pris exemple sur Draco Malefoy.

Etrange ironie du sort…Mais Draco avait toujours été l'homme aux Mille Masques, qui en joue avec maestria, arborant le bon visage selon les circonstances. Après l'arrestation de son père, il était devenu plus naturel, moins guindé et compassé, mais il avait toujours une parfaite maîtrise de ses émotions.

Apparemment, on lui avait ouvert les yeux durant les vacances, parce qu'il n'avait plus réitéré de menace de mort à l'encontre de Harry, accusant ce dernier de l'arrestation de son père. Au contraire, Draco lui semblait même un peu, un tout petit peu, reconnaissant.

Lorsque Harry avait dit à Ron qu'il adorait jouer la comédie, et que Draco Malefoy était la personne qui lui avait ouvert cet horizon, le roux faillit passer de vie à trépas. Ou plutôt, il voulut aller tuer Malefoy pour avoir eu l'audace de jeter un sort sur son frère d'armes, ensuite, il voulut se suicider, lorsque Harry lui assura qu'il n'était la victime d'aucun enchantement.

Hermione, elle, semblait avoir compris. Elle se chargea donc d'expliquer à Ron combien cela a dû être difficile pour Harry d'admettre son talent, sachant qu'il se considérait comme un bon à rien. Il devait avoir eu du mal à se convaincre qu'il pouvait jouer la comédie, monter sur scène, exprimer des sentiments factices avec sincérité.

En voyant Draco Malefoy, son impassibilité, sa capacité de souffler le chaud et le froid, Harry avait admis que ce n'était pas si difficile, le théâtre. Mais en réalité, il avait toujours rêvé d'être quelqu'un d'autre, d'avoir une vie différente, une personnalité différente, un corps différent.

On voyant la capacité de Malefoy à changer de personnalité selon les personnes, les lieux et les circonstances, Harry avait commencé à toucher du doigt son rêve. Il s'était mis à observer plus attentivement Draco, et s'était même, parfois, permis de tenter une imitation assez fidèle de lui. Cela marqua ses débuts.

Il s'était présenté au Club de Théâtre de l'école, et avait été accepté du premier coup, non en sa qualité de Survivant, mais plutôt, grâce à sa prestation lors du casting.

On lui avait demandé de chanter le 'God Save de Queen' en gémissant de douleur, puis lire un extrait de la Constitution en pleurant de joie, ensuite de défendre la cause des chiens abandonnés en riant hystériquement.

Etrangement, personne ne rit lorsqu'il tenta sa chance. D'après ce qu'il avait entendu de la part des jurés, il avait un don incroyable pour faire passer l'émotion sans altérer le texte, de s'exprimer par la voix mais aussi par le geste et le visage. Bref, Harry Potter était un véritable trésor.

Et pour l'instant, ce prodige se balançait sur son balai, se laissant bercer par les mouvements de l'air, en humant à pleins poumons la bonne odeur d'herbe mouillée.

On était fin Octobre, et étrangement, le temps était encore estival. Mais de violentes tempêtes de neige était annoncées pour début Décembre. Harry en profitait pour sortir son balai le plus souvent possible, sachant que Dumbledore tolérait ses sorties sous la pluie battante, mais il ne voulait pas que son protégé finisse gelé.

Le vieil homme n'avait pas été surpris par le vœu de Harry, faire du théâtre. Il était même ravi qu'il ait trouvé un violon d'Ingres qui le distrairait de ses mornes pensées, dont le noyau central était la mort de Sirius. Grâce à la comédie, Harry semblait avoir totalement occulté cette tragédie, on aurait dit qu'il l'avait dissimulée aux fins fonds de sa mémoire.

Soudain, il fut interrompu dans sa méditation par l'apparition de Fumseck. Ce dernier émit un doux trille pour le saluer, et lui tendit la patte, tout en battant des ailes. Harry récupéra le papier attaché à l'oiseau, et se remit à l'endroit pour lire le billet. Il ne vit que quelques mots, de l'écriture de Dumbledore, aux courbes et aux déliés très caractéristiques.

« Dans mon bureau, Harry, s'il te plaît. J'ai quelque chose d'important à te dire. A.D.»

Harry fit la grimace en mettant le morceau de papier dans sa poche. Lui qui espérait un après-midi tranquille, dans les airs … Il se résigna et revint au château, se dirigeant vers le bureau du directeur. Que pouvait-il lui vouloir encore, celui-là ?

Arrivé devant la gargouille, il eut la surprise de voir que Draco Malefoy semblait l'attendre. Le saluant d'un signe de tête, le blond lui céda le passage et le suivit dans les escaliers, sans qu'un mot soit échangé. Ils n'étaient peut-être plus ennemis, néanmoins on ne pouvait effacer d'un claquement de doigts 5 longues années d'animosité réciproque.

« Ah ! Je vois que tu es venu, Harry ! »

Le susnommé grommela qu'il n'avait pu faire autrement et s'assit lorsque le directeur le lui permit d'un geste courtois, même si son élève était trempé par la pluie.

« Que me vaut cet honneur, Monsieur ? Si c'est pour me faire confesser, non non, je n'ai pas encore subi les foudres de Mme Malchance, cette année. Les ennuis m'ont à peu près épargné, on va dire. Du moins pour l'instant. »

Dumbledore eut un sourire malicieux et se tourna vers Draco, lui demandant :

« Vous croyez que c'est possible sans avoir besoin de Polynectar, Draco ? »

« Absolument. Il est plus petit que moi et son corps a une structure d'attrapeur. Très fin. Pour ses cheveux, un sortilège de Rallonge suffirait. Et un sortilège de Correction Oculaire pour pallier au problème des lunettes. Pour le reste, on avisera en temps voulu. Il y a beaucoup de sorts pour le transformer. »

Harry savait bien qu'il y avait quelque chose de louche. Et il détestait qu'on parle de lui comme s'il n'était pas là. Il ouvrit la bouche pour se manifester mais fut surpris par la réponse du directeur :

« En effet. Le faire boire la potion toutes les heures serait par trop suspect. En plus il lui aurait fallu prendre l'apparence de quelqu'un qui existe déjà. Mais bon, une fiancée androgyne ne serait pas vraiment très indiquée non plus. Bah, des potions, il y en a des tas. On trouvera bien notre bonheur là-dedans ! »

« Attendez un peu ! De quoi est-ce que vous parlez ! »

Les deux hommes semblèrent enfin faire attention à lui.

« Ah oui, c'est vrai Potter, tu n'es pas encore au courant. Bien. »

Ils entreprirent alors de tout lui expliquer, et attendirent sa réponse en cachant leur anxiété de leur mieux. Et ils avaient raison d'être anxieux…

« Non, non et non !! Si Malefoy ne veut pas se marier, a peur de se faire violer, ou autre, qu'est-ce que j'en ai à faire ! S'il veut une fiancée temporaire, il n'a qu'à demander à une fille de Serpentard et basta. S'il a peur de Voldemort, il ne va plus poser à ces réceptions ou se prend une tripotée d'Aurors comme garde du corps. Je ne suis pas une escort-girl. »

« Potter … »

« Il n'y a pas de Potter qui tienne ! C'est un non catégorique. Je ne vois même pas pourquoi vous me demandez ma participation, vu que vous savez que je dirai non. »

Dumbledore joignit ses doigts sous son menton, et tenta de tempérer son jeune élève en lui expliquant :

« Justement. Draco, en tant que nouveau chef de famille, se doit d'honorer toutes ses invitations. Alors dis-toi que ces réceptions te permettront de rencontrer des Mangemorts qui évoluent en toute impunité dans la Haute Société sorcière et de trouver des preuves pour les arrêter. Dis-toi aussi que certaines de ces maisons sont très, très vieilles et que, dans leurs bibliothèques ou autre, tu pourras dénicher certaines informations sur … ce que nous cherchons clin d'œil malicieux. Voldemort lui-même pourrait y être sous un déguisement ou un autre, parce qu'il a des vues sur Draco. Son but premier et de récupérer l'argent des Malefoy, mais aussi de faire de lui un fidèle Mangemort, et, au meilleur des cas, son mari. Mais aussi … j'ai une idée dont j'ai parlé à Monsieur Malefoy, et à propos de laquelle j'aimerais vous entretenir tous les deux. Dites-moi, Draco, pensez-vous que l'une de ces célèbres figures de l'aristocratie pourrait savoir quelque chose à propos de … de ce qu'on appelle l'Arche Voilée ? »

Draco se contenta de hausser un sourcil tandis que Harry sursauta violemment. Il n'aimait pas trop qu'on lui rappelle Sirius, dont il avait eu trop de mal à enterrer la peine causée par sa mort…

« Chaque famille un tant soit peu ancienne a entendu parler du Voile de la Seconde Chance, ou l'Arche Voilée, comme vous dites. Si on accuse un membre de la famille d'un crime impardonnable, et que l'on n'a pas suffisamment de preuve pour le faire arrêter, on le fait basculer à travers ce Voile. Et on avisait selon l'enquête que menaient les Détectives Privés de la famille. S'il est coupable, il y reste. S'il est innocent, avec le rituel approprié, l'accusateur pouvait tout bonnement réparer son erreur, sa diffamation, en ramenant cette âme de ce côté, en échange de sa propre vie. Les âmes particulièrement éprouvées pouvaient entendre les échos de leurs souffrances à travers les voix des personnes envoyées derrière ce voile. Celles qui n'ont pas été ramenées, étant jugées coupables ou trop insignifiantes pour regretter leur mort si elles étaient innocentes. Ou alors, celles de ceux qui s'étaient trompés, regrettant leur fausse accusation et cherchant à exprimer leur repentir. Mais ceux-là ne reviennent jamais. On me faisait peur avec ça étant enfant, mais à présent je doute encore de l'existence de ces Voiles de la Seconde Chance …»

« Ils existent. Ou plutôt, il en existe au moins un. Au Département des Mystères … C'est là que Sirius est … c'est là que Sirius a disparu. Mais alors, ça veut dire qu'on a une chance pour le faire revenir ? Qu'il suffirait, en gros, que Bellatrix soit prête à donner sa vie pour ramener Sirius ? Ca ne m'a pas l'air gagné, vu comme ça … Mais s'il y a une chance de le ramener en vie, ahhh ça, vous pouvez me croire, Sirius reviendra ! »

La détermination faisait briller son regard et l'impression de fragilité qu'il donnait en général disparut d'un coup. Draco comprit alors que, s'il lui fallait un bon garde du corps, il ne pouvait y avoir mieux que Harry Potter…

« Mais au fait … pourquoi te faut-il une fiancée comme garde du corps, toi ? Je ne le ferai pas de bon cœur, encore faut-il que je le fasse, mais je ne comprends pas. »

« Je croyais que tu voulais en apprendre plus sur ces voiles et sur les rituels de Retour, Potter ! Et si tu m'accompagnes et que tu arrives à conquérir tous nos hôtes, je suis sûr que tu bénéficieras toi aussi des invitations à passer certains week-end ou certaines vacances dans des demeures ancestrales, où tu pourras chercher tout ce que tu veux dans les bibliothèques ou interroger les ancêtres de ces familles… Je suis ton laissez-passer, en quelque sorte. »

« Tu as raison. Mais tu ne m'as pas répondu … pourquoi ne prends-tu pas un garde du corps de la brigade des Aurors chargée de la protection rapprochée. Pourquoi te faut-il une fiancée bon sang ! »

« En fait … c'est parce que je suis gay, et je n'ai pas très envie que ça se sache, du moins pour l'instant, pour des raisons qui me sont propres … Je crois que je préfère que Tu-Sais-Qui me séquestre pour avoir mon argent, que de recevoir une demande en mariage en bonne et due forme de sa part. Je suis fiancé à lui depuis mon enfance, mes parents n'avaient pas le choix. Seul un nouveau tuteur pourrait défaire ce contrat, ou la mort de Tu-Sais-Qui. Il voulait juste mon argent. Mais si tu es ma fiancée, non seulement on se méfiera moins de toi mais qui plus est, on croira qu'on a des relations … poussées. Si je prétends ne pas être gay je pourrais ne pas honorer cette pseudo promesse maintenant. On doit croire que je suis hétérosexuel, donc que je couche avec toi Potter, ou plutôt ton 'personnage'.»

Harry et Draco furent parcourus par le même frisson de dégoût à cette idée.

« Ca durera tant que je n'ai pas de tuteur légal. Ca doit être un homme de ma famille, approuvé par le Magenmagot, et par Dumbledore, mon tuteur par défaut jusqu'à présent. On a donc un but commun. Black est de ma famille. Il me sortira de cette mouise et toi tu pourras retrouver ton parrain. Toujours est-il que j'ai besoin de toi Potter, pour me protéger - il tiqua à cette idée mais poursuivit - contre les attaques de Tu-Sais-Qui et ses sbires, mais aussi pour me fournir une couverture d'hétéro. On doit avoir l'air follement amoureux, Potter. Et tu as aussi besoin de moi, pour t'informer à propos de ce Voile. Je t'aiderai du mieux que je peux, tandis que toi, tu empêcheras qu'on attente à ma vie… ou à ma pudeur. Maintenant, on règle certains détails, Potter. »

Draco le fit se lever et tourna autour de lui. Il le regarda attentivement, puis se mit à lui caresser les lèvres.

« Pour les yeux, aucun problème à part les lunettes, c'est entendu. Pour la bouche … drôlement intéressante, Potter, un bon point pour toi. Au fait, petite précision. Tant qu'on n'aura pas fini cette histoire, tu seras à moi Potter. Je refuse que tu ailles courir la prétentaine. Je te veux à ma disposition tout le temps, on ne sait jamais. Je ne veux pas d'une petite amie larmoyante qui t'empêchera d'être toujours présent pour ta mission. »

Ledit Potter frappa la main qui le caressait et repoussa Draco en répliquant :

« Je ne suis pas ta pute, Malefoy. Si je joue cette comédie, c'est pour récupérer Sirius, mon seul parent qui en vaille la peine. Si je suis obligé de te servir de fausse fiancée et de protéger tes fesses, je le ferai. Mais garde tes distances. Je te préviens de suite, je ne me laisse pas faire. »

« Dis-toi qu'on doit paraître très amoureux, cracha Draco. Alors si pour ce faire je dois te tripoter, ou t'embrasser, je le ferai, quoi que tu en dises, fus-je clair ? »

« Je répondrai à ma façon, Malefoy, crois-moi. Je peux t'assurer que, jusqu'à ce que Sirius revienne parmi nous, je serai ta fiancée, et tout le monde pensera que tu es le plus grand chanceux sur cette Terre. Mais toi, tu sauras que vivre avec moi peut être le pire des Enfers. »

Le sourire de Harry ne laissait aucun doute sur sa sincérité. Et Draco savait qu'il ne mentait pas. Il déglutit avec difficulté, et se demanda si, finalement toute cette mascarade était bien utile …


«AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAWWW. Non, non je ne veux plus, je ne veux pluuuuus, Malefoy se débrouillera tout seul, et je devinerai ce foutu rituel pour ramener Sirius, s'il le faut. Mais je t'en prie Hermione, je n'en peux plus, arrête cette tuerie…. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH non non non j'en ai assez je t'en priiiiiiiiiiiiiie arrête… non pas là, non !! HAAAAAAAAA Merlin tout puissant… »

Draco, stupéfait, resta bloqué au seuil de la pièce. L'Infirmerie ressemblait à un salon d'esthétique. L'odeur de la cire qui chauffe régnait dans la pièce, et les hurlements de Harry couvraient à peine les 'shlack' de la bande de papier qui s'envole en accrochant cire et poils…

« Voyons Harry, c'est bientôt fini c'est promis. Juste la finition. Les genoux et les aisselles, et c'est tout bon. Estime-toi heureux d'avoir un torse glabre, sinon… »

Mme Pomfresh, Ginny et Mme Weasley rirent à cette idée, tandis qu'Hermione finissait d'oindre son corps pour éliminer l'excès de cire et calmer un peu la peau à vif de son camarade, qui avait depuis longtemps laissé tomber toute dignité et hurlait à s'en casser la voix.

Harry avait demandé le concours des femmes qu'il connaissait le mieux et qu'il pouvait informer de cette 'mission'. Elles avaient vraiment l'air de se réjouir à la perspective de le transformer en 'vraie dame'… toutes ses soirées passaient à ça, le championnat de Quidditch étant annulé cette année par ordre spécial d'Albus Dumbledore.

« Ne me dis pas que je devrais refaire ça Hermione… je t'en prie rassure-moi ! »

« Ne t'inquiète pas Harry. Cette cire est faite à la base d'une potion assez rare mais très efficace. Tu souffriras juste cette fois, et tes poils ne repousseront plus jamais. Ne prends pas cet air catastrophé ! Tes jambes sont magnifiques, veinard ! Et les poils au nez sont trop disgracieux, tandis que ceux des aisselles ne sont pas très hygiéniques. Tu vois ! Ahh non, attends un peu, j'avais oublié cette ligne de poils qui mène à ton entrejambe. »

Et sans plus de chichis, Hermione prit Harry par surprise et retira le dernier vestige de poils qui pourrait détruire la couverture d'Iliana Harriston-Pelley, la fiancée de Draco Malefoy…


Pour Sirius. Pour Sirius. Pour Sirius.

C'était devenu son leitmotiv, tout au long des jours, tout au long du temps qu'il lui avait fallu pour se fondre dans la peau de son personnage. il occultait consciemment la partie concernant la collaboration avec Draco Malefoy, et cherchait uniquement à s'approprier le rôle de jeune femme follement éprise qu'il devait jouer. Il s'en fichait un peu de la personnalité de son partenaire sur scène. Le théâtre est une arène, où tout, du moindre grain de sable jusqu'aux fauves sanguinaires, est réglé comme du papier à musique.

Harry était conscient qu'il ne fallait rien laisser au hasard, mais il était prêt à assumer son rôle pour deux. Il n'avait pas fait autant d'efforts pour que Draco Malefoy ose se permettre de faire gâcher sa représentation. Oh oui, Harry Potter était prêt. Il était prêt à les éblouir tous autant qu'ils étaient, ces pauvres petits nobles arrogants. Qu'ils prennent garde, qu'ils se préparent à vibrer sous l'intensité de sa performance, à rire ou à pleurer à la moindre de ses injonctions. Draco Malefoy voulait une fiancée somptueuse, amoureuse et étourdissante. Et bien, ce petit blasé n'en avait pas fini d'avoir le tournis, foi de Potter …

Si Harry envisageait sa ''première représentation'' avec confiance et optimisme, Draco, lui, était de plus en plus sceptique. Il avait pu se faire une idée sur le comportement de Potter en société. Ce garçon ne savait absolument pas comment évoluer au sein d'un groupe. Il regardait fixement l'assistance, protégé par ses lunettes de petit garçon. Son comportement aurait eu quelque chose d'altier si, justement, il n'avait pas cet air d'enfant égaré ; comme si c'était un oisillon, que sa mère aurait poussé de son nid pour qu'il se décide, enfin, à apprendre à voler. Mais Potter semblait affectionner son rôle de simple spectateur. Se renfrognant au moindre compliment mais s'épanouissant au contact de ceux qu'il aime.

La première réception de la saison aurait lieu dans son manoir. Le 10 Novembre, toute la haute société y serait pour rendre hommage à l'héritier Malefoy. Il en profiterait pour leur présenter sa fiancée. Il espérait vraiment, du fond du cœur, que ça serait une réussite, que Potter allait se débrouiller un peu mieux que d'habitude.

Ce que Draco ignorait, c'est que Harry mettait un point d'honneur à s'investir entièrement dans chaque tâche qu'il entreprenait. Et qu'il avait d'ores et déjà mis son personnage au point.

Décidément, Draco voyait mal comment Potter pourrait endosser son rôle. Chaque fois qu'il essayait de vérifier l'avancée de l' « apprentissage », c'était un fiasco …

« Oui Harry, il faut vraiment que tu apprennes à te maquiller les yeux aussi. Voiiiilà, tu appliques par légères touches maintenant… ohh non il se l'est encore rentré dans l'œil… »

Draco sortit avant d'en voir plus, laissant Hermione et Ginny sauver la lentille temporaire de Harry qui s'était accrochée à l'applicateur. Il se pinça délicatement l'arête du nez. Rester calme. Garder espoir. Tout sera fin prêt pour le 10 Novembre. Ou plutôt, non. Tout avait intérêt à être parfait pour le 10 Novembre, ou des têtes allaient tomber !

C'est plutôt la mâchoire de Draco qui tomba quand il repassa vérifier les progrès de sa 'fiancée'. Une paire de jambes à damner tous les saints, surmontée d'un fessier vêtu en tout et pour tout d'un shorty de dentelle bleu glacier, qui pervertirait tous les dieux (bah oui, les saints s'étant déjà damnés, il ne restait plus qu'eux…) se balançait devant lui, perchée sur des escarpins de satin noir du meilleur goût.

La démarche était rythmée des claquements de mains d'Hermione Granger et Ginny Weasley, et ponctuée par les sifflements appréciateurs de Ron, qui éclatait de rire entre deux manifestations d'enthousiasme…

Draco sentit une migraine trèèèèès douloureuse pointer le bout de son nez, et le sang lui monta à la tête, tellement la pression de ces derniers jours était sur le point de le submerger. Cependant, il dit d'un ton mesuré :

« Je croyais pouvoir compter sur vous, mais vous me décevez. Potter se débine et se cache je ne sais où, et vous, vous lorgnez une paire de fesses comme un trio d'impuissants qui essaye de retrouver la vigueur de sa jeunesse en regardant une cat… »

La fin de sa phrase fut coupée par la violente poigne qui le prit au col pour le plaquer contre le mur, le priant d'être un peu plus poli, sinon sa « catin » de fiancée pourrait être très, très méchante avec lui.

La migraine de Draco disparut brusquement, et le sang qui lui était monté à la tête déserta son visage et fit une chute libre pour irriguer un organe situé beaucoup plus au Sud, en comprenant que la magnifique paire de fesses appartenait à Harry Potter.

Non. A Harry-Fuck-Me-Potter.

Qui voulait être très très méchant avec lui.

Draco se dégagea de sa prise et marmonna un 'je ne t'avais pas reconnu' avant de sortir en trombe de la pièce.

« Il est allé calmer sa colère. Reprenons, Harry ; tu étais vraiment génial. »

Hermione se trompait. Si Draco était bien allé calmer quelque chose, ce n'était pas sa colère. Mais son érection. Elle aussi trouvait que Harry était génial, apparemment…


Harry ne lèverait plus jamais la voix sur une fille. Jamais. Elle pourrait même être la pire des harpies, il la traiterait avec un respect d'admiration. Ce que c'est dur d'être une femme !

Ayant tenu ce petit discours devant ses amis et son fiancé, ils rirent en acquiescant, ayant été aux premières loges pour constater son calvaire pour se rapprocher de son personnage. Enfin Draco n'avait pas vu beaucoup de réussites, mais il ne se plaignait pas, compatissant secrètement au sacerdoce de son garde du corps :

« Même ma chère tante Bellatrix ? »

Harry répondit sereinement avec une condescendance pour le moins féminine :

« Oh, CA ?! Tu oses confondre CA avec une femme ? Voyons Draco chéri. Tu ne penses tout de même que j'ai quoi que ce soit à voir avec ce… cette… cette ruine ? Je vais devoir un jour te montrer ce qu'est une vraie femme… »

Tout y était. Le battement de cils, la mimique blessée, la voix outrée, la main sur la poitrine pour accentuer sa diatribe et l'intonation langoureuse à la fin pour souligner l'avance à peine voilée.

Si les amis de Harry rirent à cette sortie, Draco, lui, pinça une fois de plus l'arête de son nez. Il ne savait pourquoi, mais il sentait que cette 'mission' commune ne serait pas de tout repos…


Comme vous l'avez remarqué, le chapitre est beaucoup plus long que le précédent (près du double) et il en ira de même pour la suite, qui viendra aussi dans à peu près une semaine.

En espérant que vous ayez apprécié le chapitre,

Bisous.

PS -- Pour l'instant, je me passe de Beta lecteur. Mais s'il y a trop de fautes ou d'incohérence, faites-le moi savoir et j'y remédierai, si le besoin s'en fait sentir.