Bonjour, vous :)
Je tiens à remercier toutes celles qui se sont données la peine de lire et de laisser de si gentils commentaires. J'ai répondu à toutes les reviews enregistrées, mais on ne montre jamais assez sa reconnaissance, donc je le fais à nouveau :p
Concernant le Disclaimer, et l'intitulé du défi (d'Isatis) , référez-vous au chapitre 1. En revanche, je tiens à repréciser que cette fic est un cadeau pour Artoung.
Qui, me direz-vous, le vaut bien. Et même plus que bien.
Bonne lecture.
Chapitre 3 :
De l'ombre à paupières. Noire, intense, appliquée sans parcimonie, et agrémentée d'un peu de brillant. Du fard blanc suivant l'arc parfait des sourcils, estompé, juste ce qu'il faut pour illuminer le regard. Du khôl. Dessus et dessous, aussi. Et même un passage au crayon noir à l'intérieur. Sans se le mettre dans l'œil, cette fois. Ses yeux, enfin guéris par un sort de Correction Oculaire, semblaient deux émeraudes, dont la luminosité est sublimée par l'effet mystérieux du regard charbonneux.
Un rouge à lèvre prune, adouci par un gloss rose tendre, magnifiait sa bouche sans pour autant détourner l'attention des yeux faits avec art. Il avait dédaigné le fond de teint, à part pour sa cicatrice, et avait eu la main légère avec le fard à joues. Un sort avait allongé ses cheveux jadis indomptables et maintenant, il pouvait arborer une longue crinière de jais, parcourue de reflets bleutés. Une fausse poitrine, en proportion avec son corps quasi androgyne, remplissait son soutien-gorge sans bretelles. Des bas couleur chair affinaient ses jambes, et jarretières et porte-jarretelles noires complétaient la première 'couche', sans oublier encore un shorty assorti au soutien-gorge, de soie rouge sang.
Harry Potter avait découvert les joies de la lingerie féminine.
Avec un sourire, Harry contempla la robe qu'il allait mettre. Ils avaient pris « Obsidienne » comme première tenue de Harry. Pour l'apparition qui marquerait les débuts dans la société d'Iliana Harriston-Pelley, la future épouse de Draco Malefoy. Ils voulaient frapper fort. Iridescente, elle attirait les regards. La lumière y jouait comme sur une perle noire. La gorge nouée, il la souleva.
Son merveilleux lustré métallique devint vivant entre ses doigts ; il la posa sur le lit de la petite chambre des Trois-Balais où il se préparerait désormais dorénavant. Elle était là, arrogante. « Obsidienne ». Scintillante comme un ciel de minuit, ou un serpent lové au creux d'un rocher. Dans les plis de la soie noire étincelante glissaient des reflets verts, argent, pourpres, tels des éclairs dans un ciel d'orage.
Harry, même en sa qualité de novice, la tint contre lui avec respect. Un chatoiement de couleurs, tantôt sombres, tantôt brillantes. « Obsidienne ». Elle était entre ses mains, inerte et innocente, comme un calice empoisonné. Il la touchait religieusement, comme si elle risquait de se retourner contre lui. Il songea à sa taille dangereusement cintrée, à son prix faramineux, mais surtout à la fascination de Malefoy pour cette robe. Malefoy qui, sur le ton de l'esthète qui commente platement une statue, avait exigé cette robe unique.
Cet ébène exaltera l'or de ta peau, avait-il dit d'un ton neutre. Au souvenir de cette voix mesurée, Harry eut envie de le surprendre.
Il reposa la robe sur le lit. C'était une robe pour une femme. Une femme confiante en elle-même et en ses pouvoirs. Et bien, il serait cette femme. Après tout, il n'y avait qu'un moyen de le savoir… Il la mit.
C'est donc ça, se sentir femme. Une chose précaire.
Il prit le Portoloin qui le mena derrière un rideau au sommet des escaliers menant à la salle de réception principale du Manoir Malefoy.
Draco était anxieux. Il espérait que Potter serait à l'heure et qu'il n'aurait pas l'indélicatesse d'exiger qu'il vienne descendre les escaliers avec lui. Ils en avaient déjà parlé. Harry descendrait ces escaliers comme s'il devait plonger dans une bouse de dragon : en snobant totalement l'assistance. Mais dès qu'il verrait son 'fiancé', il devait sourire un peu pour montrer à quel point il était amoureux.
A l'entente de ces ordres, Harry avait souri ironiquement. Non, il n'obéirait pas. Ce n'était pas comme ça qu'il fallait procéder, il le sentait. Il pouvait réfléchir en tant que femme, à présent. Non, il n'allait pas plonger dans une bouse de dragon, mais se mêler pour la première fois à la famille, à l'entourage familier de l'amour de sa vie. Il devait être intimidé certes, mais surmonter cela et le montrer.
Il se devait de faire honneur à son rôle. Il n'aimait pas Malefoy. Mais il l'estimait. Et il ne voulait en aucun cas causer sa perte. Cependant, il était hors de question de se conformer à ses exigences. Ça allait massacrer son rôle, ce qu'il refusait catégoriquement.
Il redressa les épaules et, dans la pénombre, se plaça pile au dessus des marches et secoua doucement la tête pour éprouver la stabilité de sa coiffure. Bien, il pouvait y aller, à présent.
Il n'avait jamais mis de talons aussi hauts, même après les semaines 'd'entraînement'. Mais il descendit malgré tout l'escalier dignement, comme une reine qui se rend à son sacre. Toute l'assistance s'était tue, éblouie. Les airs blasés qu'ils affichaient s'étaient évanouis. C'était soit une franche admiration, soit un air choqué. Nulle ne la connaissait. Elle apparaissait lors de la première soirée de la saison, et faisait son entrée comme des dizaines de futures Malefoy avant elle…
Soudain, ils comprirent. Sans qu'elle eut dit un mot. Sans que Draco ait eu besoin de se remettre du choc pour la présenter. Les membres de la famille comprirent que c'était leur future maîtresse ; les invités relativement proches surent que ce serait la coqueluche des salons. La future épouse Malefoy. Mais encore fallait-il qu'elle réussisse l'épreuve …
Harry descendait les marches, de plus en plus incertain de la conduite à tenir, mais ne le montrant pas. Il voyait que Draco était là, mais le jeune homme l'avait à peine regardé ! Il fixait le sol, comme légèrement hébété. Et bien, elle était fraîche, la fiancée ! Il devait au moins venir l'accueillir au bas des marches. Qui plus est, les marches avaient l'air drôlement escarpées, au bas de cet escalier…
En regardant attentivement les visages qu'il pouvait voir plus distinctement, il aperçut un air d'attente sur tous les visages. Et soudain il comprit. C'était un test. Il ne sut si cela consistait à marcher avec des talons hauts sur des escaliers de la mort qui tue, ou s'il fallait tomber avec grâce. Ou encore moins oser sauter. Et Draco qui ne venait toujours pas …
Soudain, son désarroi le quitta. Il eut l'impression que quelqu'un lui soufflait ce qu'il devait faire à l'oreille. Il vit une baguette magique apparaître devant ses yeux. Il la prit et fendit l'air avec. Au grand étonnement de l'assistance, les deux tigres en marbre qui ornaient le bas de la rampe d'escalier se détachèrent et vinrent se tenir à ses côtés, majestueusement beaux et froids.
Comme Draco, lui souffla une petite voix, qu'il se décida d'ignorer. Son 'fiancé' ne perdait rien pour attendre. Il sentit que son absence à ses côtés, pour la première étape de son test, pouvait passer pour un affront. Harry passa outre. Gryffondor un jour … Il descendit les marches, escorté par les tigres qui lui remontaient le moral rien que par leur présence, et se prépara à sauter la dernière demi-douzaine de marches.
Mais la baguette magique n'était pas de cet avis. Elle s'envola et frôla les escaliers, faisant apparaître des marches nettement ciselées, cette fois, sur lesquelles il put marcher aisément, même avec ses chaussures vertigineusement hautes. Il suivit la baguette des yeux, et vit qu'elle revenait vers lui pour se poser sur son cœur, et ensuite, se dirigeait vers Draco et se posait sur son cœur à lui, pour ensuite lui donner une petite tape sur la tête et s'évanouir dans les airs, après avoir émis un chuintement ressemblant étrangement à : petit cachottier…
L'assistance se répandit en applaudissements, et les tigres s'inclinèrent devant la 'jeune femme' pour reprendre leur place initiale. La nouvelle fiancée était acceptée. Et comme la demeure elle-même s'était adaptée pour qu'elle traverse l'épreuve des escaliers, cela voulait dire qu'elle avait un caractère avec lequel il fallait compter … le jeune Draco était un sacré chanceux.
L'impression se confirma lorsque la jeune fille passa devant lui sans lui adresser le moindre regard et sans faire d'esclandre devant l'attitude un peu cavalière de son fiancé. La robe chatoyait au moindre de ses mouvements, sa nuque gracile semblait incroyablement douce, de même que ses épaules à la chaude nuance laiteuse.
Elle se tenait là, si fière et altière, et son promis qui ne faisait rien pour la rassurer… que l'oncle de Draco, Silvanus, vint lui demander son bras pour la présenter à la famille. Alors elle sourit pour la première fois, charmante et distinguée, ayant toujours un bon mot pour l'un ou l'autre.
Draco était subjugué. Il s'efforçait de détourner le regard pour ne pas contempler Harry trop longtemps. Il était passé près de lui, et lui seul avait pu remarquer à quel point son regard d'émeraude était assombri par la rage. Il était presque sûr qu'il allait se faire enguirlander en public. Il aurait peut-être dû le prévenir, finalement…
Mais Harry ne lui dit rien. Il passa devant lui, laissant un sillage parfumé… Channel n° 5. Draco approuva le choix mentalement. Ce parfum mythique que même les moldus vénéraient presque était l'idéal pour la soirée. Voyant l'oncle Silvanus le gronder du regard, il s'apprêta à prendre en main son rôle de maître de maison et de fiancé prévenant lorsqu'il le vit présenter Harry aux invités. Et lui qui était censé avoir l'air fou de sa future femme …
Il tint à se rattraper et se rapprocha de plus en plus du groupe qui s'était formé autour de Harry. Un de ses cousins, affublé d'une énorme femme à la fortune non moins énorme, le dévorait presque du regard. Le ridicule petit Alford Jaysonius troisième du nom lui serinait :
« Je ne comprends pas pourquoi ce cher Draco ne se donne pas la peine de vous escorter. A sa place, si j'avais capturé la lune, jamais je ne l'aurais laissée seule ne serait-ce qu'une seconde … »
Draco eut envie de le frapper, tellement la justesse de ses propos était flagrante. Mais il n'eut le temps de réagir, qu'un rire chaud fusa et qu'une voix à la tessiture originale répliqua :
« Et bien, que voulez-vous ! Les hommes demandent la lune, et lorsque vous la leur donnez, ils protestent parce qu'elle brille moins qu'ils ne le croyaient ! »
La fin de la phrase avait été dite par Harry, les yeux plongés dans ceux de Draco. Ce dernier s'avança vers lui et ne résista pas à la tentation de lui passer un bras autour de la taille. A ce moment, tout le monde put se rendre compte à quel point le couple était esthétiquement assorti, par le fait même de ses différences.
Draco surveilla la réaction de Harry. Il ne savait si sa 'fiancée' allait reprendre la comédie là où lui-même avait interrompu le scénario. Et une bouffée de fierté lui gonfla le cœur lorsqu'il vit qu'il se tenait absolument à son rôle. Il dit alors :
« Même la beauté stellaire n'arrive pas à la cheville de la tienne, ma douce. L'éclat de la lune pâlit à côté du tien. Et tes yeux seront mon cercueil : je meurs d'envie de m'y noyer… »
'La fiancée' réagit avec à-propos. Son visage semblait s'illuminer rien qu'au contact de la main de son fiancé sur sa taille. Ses joues s'empourprèrent et elle s'épanouissait entièrement sous le regard tendre de son vis-à-vis, qui lui prit la main et l'embrassa délicatement, sur le dos et sur la paume, en s'excusant de son manque de prévenance, que seule son admiration pour l'ahurissante beauté de sa fiancée pouvait excuser. Il avait été comme foudroyé.
Seul lui pouvait déceler une légère trace de surprise dans le regard de Harry, qui contenait encore sa colère mais s'efforça de transforma les symptômes de son juste courroux en preuves de son amour pour Draco. Il s'écarta alors de lui en un geste timide mais contrôlé, qui attendrit tout le monde. Personne ne restait insensible à la transformation. La jeune fille impétueuse s'adoucissait visiblement au contact de l'homme qu'elle semblait aimer plus que tout. Elle ne lui adressait même pas de reproches, ce qui aurait été dans son droit. « Obsidienne » était un magnifique écrin à sa beauté. Personne ne pouvait le nier. Son allure un peu bravache plaisait maintenant. Les rares regards réprobateurs s'étaient faits plus rares encore.
Seuls quelques douairières désapprouvaient son apparente docilité. Mais elles sentaient confusément que nulle autre qu'elle ne saurait dompter ce dragon d'argent.
Le couple sortit dans le jardin. Tout le monde savait qu'il voulait s'isoler un peu ; Draco en profiterait pour lui offrir un discret bijou de famille, en gage de fidélité. Mais quand le couple revint, échangeant toujours de discrets coups d'œil empreints de tendresse, il n'y eut plus aucune désapprobation dans la salle. Même les revêches douairières souriaient franchement. Non à cause du collier de perles noires qui ornait le cou délicat de la demoiselle et allait à merveille avec sa robe. Mais à cause de la très nette trace de doigts qui s'imprimait sur la joue de Draco Lucius Malefoy.
Harry soupira de soulagement. Enfin dans la calèche menant à Poudlard… Ces escarpins étaient infernaux. Il les retira et allongea ses jambes, sous le regard discrètement admiratif de Draco.
« Mes pieds me tuent… »
Draco corrigea machinalement :
« Quitte à faire ce genre de remarques, autant le faire de façon plus conforme à ton rôle. Tu devrais plutôt dire : 'mes pieds me font souffrir', ou 'mes pieds souffrent'. »
« Mais pourquoi ? »
« Comme ça, on imagine un mignon petit pied qu'on aurait envie d'embrasser. Tout est dans la nuance, mon cher. »
Harry se tourna vers Draco, mi-figue mi-raisin. Il se rencogna de son côté, et se lova dans sa banquette, avec un air étonnament fragile accentué par la robe qui l'entourait comme un halo de lumière. Un halo de lumière noire. Ses yeux brillants et la chaude nuance de sa peau formaient un contraste original avec ses cheveux revenus à leur longueur d'avant. Il avait l'air d'un jeune chat. Draco sourit à cette comparaison.
Draco n'avait rien dit suite à la gifle que lui avait administrée sa 'fiancée' sachant pertinemment qu'elle était méritée. Mais il fut tenté de laisser Harry souffrir sans l'aider, pour lui faire regretter un minimum son geste. Oh et puis non.
Il prit sa baguette et jeta un sort d'Apaisement aux pieds de Harry, qui ouvrit de grands yeux en sentant l'agréable sensation. Se tournant vers Draco, il lui offrit un sourire reconnaissant … avant de tomber dans un sommeil de plomb.
Draco soupira. A l'arrêt de la calèche, il prit la cape d'Invisibilité du Gryffondor et la jeta sur ses épaules, puis porta Harry et les cacha tous les deux. Le portail était grand ouvert, comme si on les attendait. Ce qui était le cas. Avec Harry toujours dans les bras, Draco se dirigea silencieusement vers le bureau du Directeur. Heureusement qu'on était un samedi, le couvre-feu était plus souple. il était une heure du matin et Peeves devait avoir à peine commencé à rôder dans les couloirs des étages supérieurs.
Draco adressa un 'Fizzwizzbizz' distrait à la gargouille, veillant à ne pas bousculer son précieux fardeau. Il grimpa les escaliers de côté pour ne pas qu'il soit malmené, et parvint enfin devant le bureau, ce qui lui permit d'ôter la cape et d'entrer après avoir frappé doucement.
« Alors, jeune homme ? Votre soirée s'est bien passée ? »
Draco s'assit après que Dumbledore l'y ait invité, et lui fit un compte-rendu succinct de la soirée, se refusant à lâcher Harry. Ce dernier dormait comme un bienheureux, ne sachant pas que les tableaux observaient sa tenue et son maquillage d'un air mi-scandalisé, mi-intrigué. Seul Dumbledore n'avait pas l'air surpris. Alors là, pas surpris du tout. En fait, le Directeur rayonnait, pour une raison encore inconnue.
« Bien, monsieur Malefoy. Vous conduirez monsieur Potter à son dortoir, et vous veillerez à bien l'installer. Je vous prierai aussi de lui laisser un message pour l'informer qu'il est exonéré de devoirs. Il doit se consacrer entièrement à cette mission. Il rattrapera facilement son retard, ce garçon est doué. Le mot de passe pour entrer est : Hocus Pocus.»
Draco emmena Harry avec lui, se gardant d'exprimer son opinion au sujet des mots de passe idiots, et des Gryffondors à l'avenant. Il emprunta quelques raccourcis, songeant à tout ce qu'il devait encore dire à Harry maintenant que sa position dans la société était assurée. C'est bien beau d'être une élégante jeune femme, mais il se devait d'être une future Malefoy. C'est-à-dire qu'on devait le haïr, mais en même temps l'envier et l'aduler. Draco soupira, se rendant compte de l'impossibilité de cette tâche. Tout le monde aimait Potter. Tout le monde finissait par l'aimer …
« Hocus Pocus. »
« Vous m'en direz tant. »
Après un dernier gloussement empreint d'ivresse, la Grosse Dame libéra le passage, que Draco franchit en pestant silencieusement. Heureusement, la salle commune était pratiquement vide. Draco ne prit même pas le temps de contempler la décoration et se rua vers ce qu'il devina être un dortoir de sixième année. Bien.
Draco voulut ouvrir la porte au bout des escaliers avec son pied, mais la trouva malheureusement fermée. Et sa baguette qui était restée dans son dortoir… Heureusement qu'il avait toujours sur lui son morceau de fer spécial effraction ! Il déposa doucement Harry et se mit à la tâche.
Depuis toujours, Draco aimait fracturer les portes. Chaque serrure était un défi pour lui. Plus elle était complexe, plus elle lui plaisait. Celle du dortoir des 6ème année de Gryffondor n'avait rien de bien excitant. Il eut juste à se contenter de passer son bout de métal à travers l'interstice et la porte était ouverte ; un de ces abrutis avait du casser la poignée…
« Oui, c'est ça, ouvre-toi… »
Poussant légèrement la porte, Draco reprit Harry dans ses bras et, repérant un lit vacant, l'y installa du mieux qu'il put, après avoir ôté dans le noir la robe et le faux soutien-gorge. Il les déposa, avec les escarpins, dans une malle et sortit sur la pointe des pieds du dortoir. Ce ne fut qu'au moment de faire pivoter le tableau de la Grosse Dame que le Serpentard s'aperçut qu'il n'avait pas averti Harry pour les devoirs, et était toujours caché sous la cape d'Invisibilité. Etant Préfet, il n'en avait pas besoin pour déambuler dans les couloirs après le couvre-feu s'il invoquait une bonne excuse.
Exaspéré par cette omission, il se retourna et grimpa en courant ce qu'il prit pour les escaliers de tout à l'heure. Mais vu que les escaliers se dérobèrent sous ses pieds, et qu'il finit sa glissade en bas des marches après avoir percuté, et non en silence, quelques chaises, ce fut un Draco tout endolori qui sortit de la salle commune des Gryffondors, décidant de ne parler Harry et de ne rendre la cape que le lendemain. Et il s'esquiva à toute vitesse en entendant les élèves sortir voir la source de tout ce bruit.
Harry se rendit tranquillement au rendez-vous donné par Malefoy dans la classe de Métamorphose. Si ses pieds lui faisaient moins mal qu'il ne l'avait craint, une méchante ampoule au talon le faisait grimacer pendant le trajet. Et avec beaucoup d'imagination, on pouvait entendre ses orteils gémir de plaisir dans ses baskets des plus confortables.
« A l'heure ? Potter, je suis agréablement surpris. »
« Malefoy … tu me passeras tes sarcasmes. Je suis déjà suffisamment énervé par ta faute alors ne rends pas la tâche encore plus difficile… »
« On peut parler librement, j'ai jeté quelques sorts contre les indiscrets. Et, ce n'était pas de l'ironie, Potter. Tu comprendras que je veuille enterrer la hache de guerre, étant donné que ça serait plutôt dans mon intérêt, si tu vois ce que je veux dire… »
« C'est vrai. Je ne me laisserai pas marcher sur les pieds, alors ça serait vraiment prudent de ne pas retomber dans notre inimitié pas si vieille que ça. Même si ça reste un peu tendu, c'était pire avant. »
« Oui, on a grandi, sûrement… Au fait, je t'ai demandé de venir pour te rendre ta cape, mais aussi pour te dire que tu n'as pas à t'en faire pour les devoirs de cette semaine, Dumbledore t'a arrangé ça avec les professeurs, à ce que j'ai compris. Il doit savoir que la semaine prochaine j'aurais besoin de toi assez souvent. Quasi tous les soirs pour être franc. »
« Quoi ? Attends, attends. TOUTES mes soirées devront être consacrées à cette comédie ? C'est ça votre 'occasionnellement' ? J'ai ma vie moi, tu sais ? Tu ferais mieux de le dire à Dumbledore. Les entraînements de Quidditch, vous les avez enlevés en annulant le championnat cette année. Même mes devoirs vous vous en êtes débarrassés. Mais dis-toi bien une chose Malefoy. Je dois aussi ramener Sirius, ce qui sera aussi dans ton intérêt. Je préfère consacrer mon temps aux recherches plutôt qu'à faire la belle avec toi. »
« Potter. Je vais t'expliquer quelque chose. Le rituel de Retour nécessite un sacrifice. Pas direct, certes, mais un sacrifice quand même. Si ça entraînait la mort, bon, ça serait dans la Réserve tout au moins. Le problème est que ce rituel entraîne la perte de l'âme. Pas comme le baiser du Détraqueur, même si ces âmes 'dévorées' se retrouvent aussi derrière une Arche Voilée. Mais cette âme va souffrir pour l'éternité. Et d'après ce qu'on m'a dit, la souffrance de l'âme est plus de cent fois pire que celle du corps. Pour ça que même les pires fanatiques de Magie Noire n'en ont pas la moindre trace chez eux. Ils n'en savent rien. Le seul à le savoir, en fait, c'est Dorien. Un français méprisant -et méprisable- que tout le monde s'arrache. »
« Euh … ce n'est pas un peu contradictoire, ce que tu dis ? »
« Du tout. La société adore être traitée avec mépris par l'un des siens, qui a les moyens de jeter l'argent par les fenêtres et qui dégage une odeur de soufre, si tu vois ce que je veux dire. Et cet homme est tout ce qu'il y a de plus sulfureux. »
« Dit comme ça, et sachant que tu es gay, ça m'a plutôt l'air d'un compliment… »
« C'est vrai que cet homme est absolument magnifique. Mais tout ce qu'il touche peut soit se transformer en or… soit en poussière… »
« Euh… ce Dorien, ce ne serait pas un copain à Voldemort, par hasard ? »
« Eh bien non ! Nul ne sait pourquoi, mais il le hait, bien au contraire. Plongé dans la Magie Noire jusqu'aux oreilles, il n'en déteste pas moins Tu-Sais-Qui. Ce qui en a étonné plus d'un. Passons. En un mot comme en cent, le but c'est d'attirer son attention sur toi Potter. Jusqu'au moment où il sera intrigué par la fiancée de Draco Malefoy, on dévoilera ta véritable identité. Je sortirai en même temps du placard, mais bon. Ils n'auront rien à dire, je suis, même à 16 ans, chef de famille et donc intouchable. »
« Ahh… donc le but c'est d'aguicher cet homme… pour se faire inviter chez lui et donc lui tirer les vers du nez à propos de ce rituel ou faire des recherches chez lui ? »
« Potter… tu es vraiment plus vif d'esprit que je ne le croyais, toute ironie mise à part. et bien, oui, c'est cela. Le seul homme qui puisse nous informer de quoi que ce soit à propos de ce rituel, c'est bien Maxence Dorien. On doit donc attirer son attention. Tout en le tenant à l'écart bien entendu. Hors de question de jouer les lèche-bottes. Je déteste ça, et je suppose qu'il en va de même pour lui. »
« Ses invitations sont-elles si prisées que ça ? »
« Tu ne peux pas savoir. C'est considéré comme à la fois un immense honneur mais aussi la première marche vers les Enfers. Mais personne, personne n'oserait cracher sur une telle invitation. Et on va essayer de l'avoir. »
« Il y sera, d'abord, aux réceptions de cette semaine ? »
« Pour y être invité, ah ça oui, il le sera. Mais pour y assister … ça dépendra de son humeur. Toujours est-il que les moindres faits et gestes des invités lui seront rapportés. On devra donc se distinguer. Et plus tu seras convaincant en fille, plus la surprise sera grande quand tu découvriras ton vrai visage. Sois une femme originale, piquante et chaleureuse. Je t'avais dit d'essayer d'être froid et distant, mais ça n'aura rien d'exceptionnel. Alors, on essaie le contraire. »
« Je vois… le grand jeu ? »
« Le grand jeu. Au fait. Tu as été parfait hier. Je passe l'éponge en ce qui concerne la gifle pour cette fois. Mais la… »
Il n'eut pas le temps de finir la phrase qu'il se retrouva plaqué encore une fois contre le mur, l'avant-bras de Potter appuyé sur sa gorge, juste ce qu'il faut pour qu'il commence à douter de revoir le soleil se coucher le soir.
« Malefoy. Je t'aime bien et tout, mais tu vois, je n'aime pas trop que tu biches au maître des opérations, clément avec ses subordonnées et tout le toutim. Si tu dépasses encore les bornes, je réagirai. Et tes menaces n'y changeront rien. Bien. Tu me transmettras par écrit l'heure du prochain rendez-vous. Tu me parleras de nos hôtes de demain soir et on pourra donc choisir la tenue et l'attitude à prendre. Maintenant, bonne journée, très cher. »
Harry le relâcha comme si de rien n'était et sortit de la pièce, tandis que Draco arrangeait sa tenue. Ce n'est qu'en se passant la main dans les cheveux qu'il se rendit compte qu'il tremblait.
Mais pas de peur.
Fin du troisième chapitre... Le suivant sera posté dans environ une semaine.
Le chapitre contient une sorte d'hommage au livre "Tous les désirs d'une femme". Je ne sais si quelqu'un le relévera, mais rendons à César ce qui appartient à César.
J'espère que vous avez aimé le chapitre...
Bisous,
Mery Dry
