Chapitre 4

Les soirées se succédèrent, banales et, à la longue, ennuyeuses. Mais comme les invités arboraient, quoiqu'il arrive, des mines suprêmement blasées, même l'ambiance la plus endiablée ne les aurait pas déridés. Mais il y avait une exception : Iliana Harriston-Pelley, la fiancée Malefoy.

Au bras de son futur époux, elle rayonnait complètement. Tout le monde l'invitait à danser et, après un délicieux sourire à son fiancée, elle se dirigeait vers la piste de danse au bras de son cavalier et dansait avec toute la grâce voulue. Cependant, si son carnet de danses était perpétuellement rempli, Draco ne lui réclamait aucune danse, malgré l'air amoureux qu'ils affichaient tous les deux.

Et s'il dansait avec leur hôte ou une de ses connaissances qui lui demandait cette faveur, il ne regardait jamais en direction de sa future femme qui virevoltait de bras en bras. Mais s'ils venaient à se croiser, ils s'adressaient des gestes discrets de tendresse, comme une bise rapide sur la joue de l'autre ou une discrète caresse sur l'épaule. Ce qui ne manquait pas d'attendrir et d'intriguer tout le monde.

« Sûrement un de ces couples aux moeurs libérées, chuchotait-on dès que les deux jeunes gens partaient. Et pourtant, je n'ai jamais rien entendu à leur sujet, c'est à n'y rien comprendre. »

Les origines de la fiancée de Draco Malefoy étaient aussi sujettes à controverse. Personne ne connaissait la famille des Harriston-Pelley. Et pourtant, cette jeune femme affichait son appartenance à cette famille le plus fièrement du monde. En effet, les lettres HP s'entrecroisaient sur son épaule ; enchantées, elles se dessinaient et s'effaçaient à l'infini, partant parfois dans des motifs tranchants rappelant la zébrure des éclairs.

Et qui plus est, toutes ses robes, bien que d'un goût certain, étaient dans des couleurs sombres ou chaudes, jamais dans les tons pastel qui étaient si convenables pour une jeune fiancée. Elle dédaignait même le blanc virginal, préférant le rouge lie-de-vin ou le bleu roi, le tout dans des coupes audacieuses très échancrées au niveau de la jambe et du dos, mais attirant à peine l'attention sur la gorge. Cette décence relative était appréciée, quoique polémiquée. Mais celle de ce soir-là était un peu plus osée que les précédentes…

« Je parie que si j'étais une femme qui portait des décolletés plongeants ou pigeonnants, on me traiterait de putain. Mais là, j'ai l'impression qu'on me prend pour une prude qui essaie de t'allumer comme elle peut ! »

Draco éclata de rire en prenant sa 'fiancée' par le bras et en l'emmenant au jardin, pour se débarrasser de l'ambiance étouffante et incroyablement tendue de la réception des Parkinson. Apparemment, la mère de Pansy voyait déjà sa fille se pavaner au bras de Draco Malefoy.

« Allons, allons, 'ma chérie' ! J'apprécie tes robes plus que je ne saurais le dire. Elles te vont à merveille. Même si celle-ci est un peu… »

Draco disait ces mots sur le ton de la plaisanterie, persuadé que personne n'était là pour les entendre et s'apprêtant à abandonner son rôle de fiancé épris pour reprendre celui, tout récent, d'ami de Harry Potter. Mais l'air concentré de ce dernier l'avertit que quelqu'un était dans les parages. Alors, comme d'habitude dans ce genre de situation, ils se rapprochèrent dans une étreinte complice avant de s'interrompre, faisant semblant d'entendre du bruit.

« Il y a quelqu'un ? »

Ils virent alors l'ineffable Alford Jaysonius, le cousin bien éloigné de Draco s'approcher d'eux, accompagné… accompagné du plus bel homme qu'ils aient jamais vu.

« Draco, c'est un plaisir de te voir ! Je voulais justement poursuivre notre discussion de l'autre jour… Vos questions vraiment très ciblées m'ont étonné chez un être aussi jeune. Je serais ravi si l'on pouvait reprendre notre passionnant débat. Ce cher Alford tiendra compagnie à ta fiancée, nous allons nous éclipser quelques instants. »

« Mais bien sûr, mon cher Dorien… Ma chérie, s'il te plaît, tu permets que l'on aille parler un peu, en privé ? »

Harry avait assisté à cet entretien sans pouvoir placer un mot. Maxence Dorien, s'il était magnifique, n'en était pas moins un goujat de première classe. Vu comment il l'avait ignoré, il commençait même à penser que, s'ils devaient attirer l'attention de cet homme, c'est plutôt Draco qui servirait de miel !

Vexé, Harry se retrouva devant les yeux de merlan frit du jeune Jaysonius, qui bavait devant lui sans la moindre retenue. Il avait froid, mal aux pieds, et son amour-propre n'était pas intact non plus. Draco faisait un bien piètre fiancé amoureux. Il semblait plutôt occupé à rire aux remarques de son interlocuteur qui l'avait entraîné sous une tonnelle.

Finalement, pensa Harry, ce Dorien n'est pas si beau que ça. Ces yeux céruléens sont quelconques, son corps, trop imposant et trop mince en même temps, et son visage marmoréen… trop parfait. Oui, c'est ça. Ce mec est trop parfait pour être vraiment beau. Même ses cheveux bruns étaient parfaitement ordonnés, sans gel ni rien.

Harry se mordit violemment la lèvre inférieure pour s'empêcher de penser ce genre de choses. Il savait qu'il se mentait à lui-même. Dorien était magnifique. Et alors ? Ce n'est pas la fin du monde !

Dans un sursaut de fierté puérile, Harry se redressa et chercha la lueur d'admiration qui devait briller dans les yeux de Jaysonius. Le jardin était entouré d'un champ de force qui repoussait les intrus, mais aussi la neige qui tombait en ce milieu de Décembre. Ce qui n'empêcha pas le benêt de comparer ses yeux à un « diamant vert blanchi par les flocons qui fondent sous la chaleur de ton regard, ô Lilianne ! »

« Mon nom est Iliana. Et je ne vous ai pas permis de me tutoyer, que je sache. »

Refroidi par la bêtise de la brebis galeuse de la famille Jaysonius, et s'étant rappelé du fait qu'il était censé être une femme amoureuse et donc fidèle, Harry ne chercha plus les compliments et lui adressa un regard polaire.

« Mais… On se voit à chaque soirée, à chaque réception. Mon cœur ne bat que pour vous, ma chérie… depuis la première fois où je vous ai vue. »

« Tiens donc ! Mais vous m'avez vu pour la première fois tout récemment. Et je ne vous autorise pas non plus à m'appeler ma chérie ! Vous êtes trop familier, je rentre ! »

« Non ! Je ne vous ai jamais oubliée, rayonnante en cet automne mémorable… »

« Quel automne ? Il y en a eu tant et tant et tant. Chaque année, pour être précise. »

« Pour moi, il n'y a eu qu'un seul automne. Celui où j'ai vu votre éclatante beauté pour la première fois…Il y a quelques semaines, certes, mais c'est comme une éternité à mes yeux. Depuis, ma vie est vide, sans votre présence pour l'ensoleiller…»

« Vous êtes marié. Et vu votre…envahissante épouse, vous pouvez difficilement prétendre que votre vie est vide. Quant à moi, je vais épouser Draco. »

« Non ! Vous êtes une femme qui aimez la vie, la chaleur, le soleil. Je souffre en vous imaginant entre les bras de ce démon froid. »

« Il n'est pas froid ! »

Sur ce démenti, Harry préféra tourner les talons pour chercher Draco et ainsi échapper aux avances d'Alford. Mais avant de voir que son 'fiancé' et Dorien revenaient vers eux, ayant sûrement remarqué leur algarade, il entendit Jaysonius dire :

« Je n'ai jamais vu un cul aussi fracassant… Cette robe dos nu est vraiment géniale. »

Sans réfléchir, Harry répliqua :

« Mon cul, je ne sais pas … mais mon coup de pied, lui, est VRAIMENT fracassant. »

Avant même que Draco ait pu intervenir, Harry avait effectué un retourné magnifique et envoyé valser l'insolent d'un seul coup apparemment très douloureux.

Sans se démonter, il réveilla Alford d'un 'enervatum' agacé et s'apprêta à le remettre encore une fois à sa place quand il lui dit en se relevant :

« Vous êtes vraiment la femme de ma vie… Vous savez, Olga ne vous en voudra pas de vous attirer toute l'intensité de ma passion ! Elle est très jalouse, en effet, et qui ne le serait pas, je suis un amant merveilleux… Excusez-moi, je m'égare… Je disais donc, Olga ne pourra vous en vouloir, elle sait reconnaître la beauté –la preuve !- et ne s'opposera pas à notre amour… Et pour Draco, et bien, nous allons partir tous les deux et vous lui direz tout simplement qu'il vous a trop négligée et que vous voulez le quitter… »

« C'est absolument hors de question ! Draco est mon fiancé, et je l'aime. Tandis que vous … »

« Oh, je comprends ! Vous avez peur que je ne subisse les foudres de votre fiancé, qui doit vous effrayer ! Ne vous inquiétez pas, je vous protégerai ! Vous être la fidélité et la loyauté incarnées… Mais je me demande comment j'ai pu vivre si longtemps sans vous, ma douce… »

Prodigieusement exaspéré, Harry poussa Alford contre un arbre et releva une jambe pour lui enfoncer fermement un méchant talon juste au-dessus de la ceinture.

« Maintenant arrêtez de me polluer l'air… franchement espèce d'abruti… »

Mais apparemment, Alford ne voyait pas les risques qu'il courait. Il essaya la brusquerie :

« Espèce de bâtarde arrogante, ton sang n'est pas assez pur pour être reconnu, mais je t'honore en… »

Une gifle retentissante le réduisit au silence.

« Arrogante ? Peut-être. Mais bâtarde, non, c'est bien ce qui fait la différence entre nous deux… J'en ai entendu de belles, sur toi. »

« Bah ! Qu'importe si mes parents se sont mariés avant ma naissance ! Ils sont de sang pur grâce aux mariages consanguins qui… »

« …expliquent ta connerie profonde, ça je le sais. Crois-moi, mon petit gars, je ne t'en veux pas d'être un tel abruti, ce n'est pas de ta faute, c'est génétique. Mais dis-toi bien une chose. Un peu de sang bien rouge ferait le plus grand bien à votre lignée, sinon, la sottise congénitale n'est pas prête de s'éteindre ! Il y a tellement de gènes tordus que tu devrais porter plainte, il y en a trop dans ton caryotype. Mais ne compte pas sur moi pour vous filer ce coup de main. Dois-je te rappeler, espèce de cancrelat, que j'ai passé le test des Fiancées Malefoy ? Ça prouve donc que mon sang n'a pas à te servir de sujet de discussion. Alors, maintenant, tu la fermes, ou ce talon fera un bien joli trou…. »

« Je vous en prie, ma douce, buvez mes paroles, mes déclarations enflammées ! »

Harry était sidéré par un tel changement. Et il en avait un peu marre de cet échange de mots fleuris.

« Boire tes paroles ? Comment voudrais-tu que j'avale un truc aussi… aussi imbibé de bêtises ! »

« Ô mon amour ! Où étiez-vous pendant toutes ces années où je vous ai cherchée ! »

« Dans le Surrey » répondit Harry, mortellement sérieux.

C'est fut trop pour Draco et Maxence Dorien, qui assistaient à cette discussion depuis un certain temps. Ils rirent si fort que Jaysonius eut le temps de s'enfuir, apeuré, et Harry, celui de retourner à la salle de réception en fulminant.


« Très difficile d'attirer son attention, hein ! Connaître cet homme est un privilège qu'il accorde très rarement. Mon œil ! Monsieur te tutoie, monsieur te donne du Draco, monsieur te tourne autour, et toi tu bats des cils et tu le suis bien gentiment en me laissant avec cet abruti ! Et c'est à moi qu'on demande de rester bien conforme au rôle ! Crois-moi, Draco Lucius Malefoy, si je ne devais pas faire ça pour Sirius, ça fait bien longtemps que je t'aurais envoyé valser au Pôle Nord ! Non mais quelle belle paire de goujats vous faites ! »

« Tiens, toi aussi tu as remarqué qu'on formait un beau couple, Maxence et moi ? »

C'est fut trop pour Harry qui se jeta littéralement sur Draco, essayant ostensiblement de lui arracher les yeux.

Habitué aux éclats du Gryffondor, Draco se contenta de lui jeter un 'Petrificus Totalus' nonchalant avant de cueillir le jeune homme dans ses bras. Il le cala contre lui, ignorant ses regards meurtriers, et lui expliqua :

« J'ai dû faire connaissance avec lui pour en apprendre un peu plus sur ce rituel. Personne n'aurait pu être aussi bien informé, et encore, les détails les plus importants sont dans son coffre secret. On doit donc saisir toutes les occasions pour se rapprocher de lui et être invité à ses soirées. C'est justement ce qu'on a gagné, et ce, surtout grâce à ta démonstration sur Jaysonius. Nous sommes invités à passer les vacances de Noël chez lui. Tous les deux, ma douuuuuuce princesse. »

Et Draco éclata de rire en sentant Harry se débattre contre le sort pour réagir à ses paroles. Il poursuivit :

« Je vais enlever le sort, ne t'inquiète pas. J'ai juste besoin que tu te calmes un peu. Je ne pouvais pas refuser de lui parler, et je te savais parfaitement capable de te charger de Jaysonius. Bon. Jusqu'aux vacances de Noël, donc, il n'y aura que quelques petites réceptions sans importance. On y assistera si ça en vaut la peine. Mais je te conseille de préparer une garde robe époustouflante pour le séjour chez Dorien. Et aussi pour le temps qu'on passera au manoir Malefoy. On devra y être pour Noël et le jour de l'An, c'est une tradition. Alors on te prévoira une garde-robe en conséquence. Et surtout, surtout, des robes moins… »

A la grande surprise de Draco, Harry se débarrassa de l'emprise du sort et répliqua :

« Moins quoi ? Elle est à la dernière mode, cette robe. A dire vrai, elle laisse la mode loin derrière. »

« Comment pourrait-elle la laisser derrière alors que cette robe n'a rien derrière ? »

« Tu exagères ! C'est vrai qu'elle est un peu échancrée du dos, mais… »

« Un peu échancrée ! Un peu échancrée !! Tu n'as pas entendu Jaysonius, ou quoi ? »

« Si. Il m'a même semblé que ma réponse a su être appréciée par ce crétin. C'est bien le diable si je ne lui ai pas cassé deux ou trois dents ! »

« J'avoue, j'ai bien aimé ta réaction. J'ai vraiment été étonné par le geste. Depuis quand Harry Potter est-il un virtuose du combat à mains nus ? »

« J'ai un cousin qui faisait de la boxe. Je me suis donc intéressé aux Arts Martiaux, pour compenser ma petite taille. Et j'avoue que c'est très pratique. »

Sous le regard interrogateur de son interlocuteur, Harry expliqua succinctement les principes des sports qu'il avait cités. Mais au bout d'un court silence, il demanda avec un petit air gêné :

« Euh, elle est si osée que ça, la robe ? »

Draco éclata de rire et, d'un mouvement qui commençait à lui devenir naturel, ébouriffa les cheveux de Harry et lui dit que c'était à peine si ses fesses étaient couvertes, sur le ton le plus sérieux qu'il put.

Ce qui fit que le voyage se termina dans un silence complice.

Si leurs rapports étaient encore jalonnés de disputes, ils ne s'en étaient pas moins améliorés. Draco était quelqu'un de très tactile dans l'intimité, et Harry n'avait absolument rien contre ces petits gestes assez affectueux. Si au début, ça le surprenait, maintenant ça lui était complètement égal. En fait, il lui arrivait même de s'avouer que ça lui plaisait.


« Et alors, il s'est retourné et lui a fichu un de ces coups de pied ! Il en est tombé raide, et Harry a dû lui lancer un enervatum pour qu'il se relève. »

Sous les yeux mi-incrédules, mi-abasourdis de leurs plus proches amis, Draco raconta les mésaventures d'Harry en société. Au grand ravissement de Ron, Hermione, Ginny, Neville, Dean, Seamus, Luna (Et oui !). Mais aussi de Blaise, Théo, Pansy, Vincent et Gregory.

Ils étaient positivement écroulés de rire. Rassemblés dans une salle de classe vide, qu'ils aménageaient à leur guise, les jeunes gens se retrouvaient parfois pour décompresser un peu. Ils étaient tous au courant de ce que faisaient leurs deux camarades, et ils se délectaient toujours de leurs récits.

Mais apparemment, cette histoire allait plus loin que ce qu'ils croyaient. Ils s'étaient tous rendus compte que, pour que Dumbledore annule le tournoi de Quidditch et exonère les deux élèves de devoirs, au fur et à mesure qu'on les leur donnait, il fallait que cette mission ait une portée beaucoup plus grande. Apparemment, ça ne s'arrêtait pas à préserver les fesses de Draco Malefoy et à ramener Sirius Black.

« Bon, vous savez quoi ? Ce soir, on va se prendre une cuite mémorable. Désolé, mais sans vouloir tomber dans le mélodrame, j'en ai ras le bol de faire l'héritier Malefoy clément et plein de mansuétude qui veille gentiment sur son troupeau de brebis galeuses… »

S'il savait ce que ses paroles provoqueraient comme éclat, il se serait tu…

« Malefoy, tu es vraiment une ordure. Tu es chef de famille, merde ! Tu as des responsabilités, des devoirs, que tu dois assumer, putain ! Je ne parle pas d'héritiers et tout le tralala, au pire, il y a une ribambelle de cousins si tu n'assures pas au pieu, mais prends ton rôle un minimum au sérieux. »

Il y eut un blanc. Tout le monde fixait le Survivant qui, essoufflé par sa tirade, serrait convulsivement les poings.

« Euh… oui, tu as raison, Harry. C'est juste que ça pèse un peu, à force. Mais si ça peut te rassurer, je te promets de me montrer plus responsable. Alors, on se la prend, cette cuite ? »

Sous les yeux exorbités de leurs amis -un Malefoy ne concède jamais rien- les deux jeunes gens sortirent apporter des bouteilles d'alcool, chacun avec ses moyens personnels.

« Eh bien, ces deux là…Si je m'en doutais… »

L'air songeur du roux les laissa perplexes aussi.

« Bah quoi, ils ne font pas un beau couple ? »

Un même silence choqué suivit ses paroles. Ron se tourna vers Hermione, qui le fixait, bouche bée, et s'avança vers elle en tendant la main :

« Il est si facile de tomber amoureux d'une femme quand elle est momentanément privée de la parole… »

Le silence ne fut brisé que par les rires intempestifs de Luna. Qui tremblait sous l'intensité de son fou rire.

« Ronny, tu es vraiment un cas ! La drague est peut-être faite pour toi finalement. »

Elle se mit alors à chantonner « Professionnal Heartbreakers ».

« Moui, tandis que toi, tu pourras faire chanteuse… »

« Moi au moins, j'ai un avenir. Alors que toi, tu t'occuperas à te tourner les pouces si tu ne te décides pas maintenant. »

« Foutaises ! J'ai l'intention de devenir vaurien professionnel. Puisque Harry est futur sauveur de l'humanité et co-chef de famille, et qu'Hermione a décidé de guérir tous les maux de l'humanité, il faut bien que quelqu'un se dévoue pour être la brebis galeuse. Je suis le seul qui restait disponible. Alors je me sacrifie ! »

La tension étant retombée, le groupe discuta du beau couple que formeraient Harry Potter et Draco Malefoy.

« Une belle paire de têtus, oui ! Ça risque d'être drôle, tiens. »

Les Serpentard se mirent eux aussi à partager leur hilarité. Et ils proposèrent une petite activité aux deux jeunes gens quand ils revinrent, les bras chargés de bouteilles.

« Attendez, avant de commencer. Une cuite c'est bien, avoir de quoi vomir après, c'est mieux. Et si vous nous faisiez un repas, tous les deux ? »

A cette idée, les yeux de Harry s'illuminèrent, tandis que Draco regardait ses amis avec méfiance. Ils n'auraient jamais retardé une beuverie, jamais. Quoique, peut-être bien pour de la nourriture, mais bon…

« Tu sais cuisiner, Potter ? »

« Oui, pas toi ? »

« Je comprends, Harry. Si tu avais été un Sang-Pur… »

Harry commençait pas être agacé par la manie qu'avait Draco de passer du nom au prénom sans transition, il en faisait donc de même quand il ne s'oubliait pas…Mais s'il essayait de le rabaisser, il trouverait à qui parler.

« Admettons. Je suis un Sang-Mêlé, élevé par des moldus et à peine digne de lever mes yeux sur ta perfection. Mais mon cul, il te dit cocorico. »

Il se leva très calmement et d'un coup de rein lui présenta ce que les hommes et les femmes ont en commun.

Draco daigna sourire. Apparemment, il appréciait le cocorico.

« Mais non, c'est juste que chez les Sangs Purs, on nous apprend rarement à cuisiner. Mais j'ai des notions, on va dire. »

Harry le regarda un instant, puis fit comme si de rien n'était et appela Dobby, lui demandant une liste vertigineuse d'ingrédients.

« Des chapons, Potter ? »

« Oui, les coqs châtrés, les meilleurs. Chez une amie, en Guadeloupe, on appelle ça des poulets-adieu-mes-couilles. C'est tendre, tu ne peux pas savoir. Elle m'en a cuisiné un jour, et elle m'a montré comment faire. »

Le brun se mit alors à distribuer les tâches entre Draco et Dobby, tandis que le reste du petit groupe les regardait, hilare.

Draco s'était assis sur un tabouret, près de Dobby. Ils écossaient tous les deux des petits pois, en manche de chemise. Même si Dobby semblait plutôt porter des manches sans chemise.

« Vous savez, Maître Draco. Les femmes, c'est compliqué. A peine nous sommes-nous mariés -avec Winky, je veux dire- qu'elle veut une maison rien que pour nous, avec des toilettes ! Vous vous rendez compte maître Draco ! A peine se fait-elle à la liberté qu'elle a la folie des grandeurs ! Des toilettes ! Ah, quand vous êtes avec quelqu'un et que ça veut quelque chose… »

Draco jeta un regard par en-dessous à Harry, qui préparait la volaille.

« Je commence à apprendre… »

Dobby éprouva alors une irrésistible envie de rire, tant le ton du blond était désespéré.


Coucou

J'espère que ce chapitre vous aura plu :p Personnellement, je crois que c'est celui que je préfère jusqu'ici. Va savoir pourquoi :p Toujours est-il que, vous pouvez vous exprimer à travers vos reviews, c'est toujours très apprécié. Celle de Patdrue m'a particulièrement motivée, et je l'en remercie encore.

La fic ne sera pas très longue. J'essaierai de poster régulièrement, malgré la rentrée qui approche (si, si...)

Ca n'a pas changé, la fic est toujours un cadeau à Artoung (un bien humble hommage, mais un hommage tout de même...)

Gros bisous à vous.

Mery Dry