Titre: Nerfs à vif

Titre original : Losing it

Auteur original : Dreamsofspike

Traducteur : Sganzy

Disclaimers : Pas à moi, pas de sous

Spoiler : Post Wilson's Heart (4x16)

Résumé: La perte de la femme qu'il aime à changer Wilson, House en fait les frais.

Genre: Drame, Violence, Friendship (Huddy et Hameron), Angst...

Avertissement: NC-15 je dirais car cette fic est assez traumatisante au niveau psychologique et contient des scènes de violences passives.

N/A : Cette partie ci n'a rien d'exceptionnel, si ce n'est d'amener les soupçons de Cuddy…Mais ça vous préparera pour la prochaine, plus importante et…dure.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

« Ok, qui est ce que vous avez énervé cette fois ? »

« C'est rien », marmonna House en évitant le regard de Cuddy alors qu'il s'asseyait en face de son bureau.

Cuddy fronça les sourcils, étonnée du manque de commentaires de House. Son humour disparaissait peu à peu depuis la mort de Ambre. Oh, bien sûr, il était toujours sarcastique, mais les remarques sur ses vêtements s'étaient épuisées, et il résistait peu aux ordres qu'elle lui donnait, s'exécutant sans même râler.

A présent, assis en face d'elle, il semblait amorphe, las, et elle avait remarqué que son boitement était plus prononcé alors qu'il traversait son bureau.

Et son visage était recouvert de bleus.

« Ca…ne ressemble pas à rien, House », fit-elle remarquer en désignant son visage. « C'était un patient ? Qu'est ce que vous lui avez dit ? »

Elle eut un peu honte de constater qu'elle n'envisageait pas réellement que l'altercation ne soit pas la faute de House. A vrai dire, elle espérait même légèrement que House avait provoqué un patient. Auparavant, elle aurait espéré qu'un jour se passe sans ce genre de drame, mais maintenant, House malmenant un patient serait la preuve qu'il était toujours là, quelque part, enterré sous sa culpabilité et son deuil, et qu'il n'allait pas tarder à revenir à lui.

« Ca ne vous regarde pas. Pourquoi est ce que vous m'avez appelé ? »

House semblait agacé et elle le scruta un moment. Il lui jeta un regard impatient et elle roula des yeux.

« En fait, ça me regarde », argumenta-t-elle en haussant un sourcil. « Tout ce qui arrive dans cet hôpital et à tout ceux qui y travaille, me regarde. Si vous êtes sur le point de vous faire poursuivre en justice à cause de quelque chose que vous avez dit… »

Elle fit une pause et il haussa les épaules.

« Ou s'il faut remplir un dossier parce qu'un patient a dépassé les limites…Je dois le savoir »

« Ca n'était rien. C'est fini », coupa-t-il court. « Le patient n'a pas aimé mon diagnostique d'infidélité maritale et me l'a envoyé à la tête. C'est tout. Mais, dans la mesure où il était réellement infidèle, ça m'étonnerait qu'il pipe mot de cet incident. Bien sûr, si vous le voulez, vous pouvez vérifier les dossiers des trente et un hommes que j'ai traité aujourd'hui et essayer de deviner lequel c'était… »

Il lui offrit le fantôme du sourire espiègle qu'il ne quittait pas auparavant, mais il disparut bien trop vite, remplacé par un air frustré. House soupira et répéta.

« Alors…Pourquoi est ce que vous m'avez appelé ? »

Cuddy ne put rien dire.

Elle savait pourquoi elle l'avait appelé ici, avait préparé ce qu'elle voulait lui dire.

Ce n'était pas de votre faute, vous savez. C'était un accident. Il va s'en remettre, il va se souvenir que vous êtes là pour lui, vous allez lui manquer et tout va redevenir comme avant. Comment allez vous ? Si vous avez besoin de quoique ça soit, je suis là pour vous.

Mais leur amitié n'était pas assez forte, à peine reconnue, et elle ne lui permettait pas de prononcer ce genre de laïus à House. Cuddy ne parvenait pas à trouver la manière de lui dire ce qu'elle souhaitait, effrayée à l'idée que House la rejette, prenne ses mots pour de la pitié. La dernière chose qu'il souhaitait était qu'on le prenne en pitié et il avait la mauvaise habitude de confondre l'affection et l'inquiétude sincère avec de la pitié.

« Je…Je me demandais juste comment allait votre dernier patient », répliqua-t-elle, consciente de l'absurdité de ses propos.

Son dernier cas était tout à fait banal, elle n'avait aucune raison de s'intéresser à ce patient ou de surveiller House sur ce coup.

House comprit immédiatement que ça n'était qu'une excuse.

Il leva les yeux au ciel et se leva. Cuddy ne put s'empêcher de remarquer sa grimace alors qu'il s'appuyait sur sa canne.

« Bien. Content qu'on ait papoté, annonça-t-il avant de se lever et de se diriger vers la porte. »

Cuddy fronça les sourcils, troublée de voir à quel point il avait du mal à marcher aujourd'hui, à quel point il semblait souffrir. Elle se demanda combien de fois le patient l'avait frappé et s'il s'était limité au visage.

« Quoique vous en disiez. Ca a du être terrible », constata-t-elle quand il atteint la porte.

Elle rit légèrement, tentant de se rassurer elle-même et d'apaiser la tension entre eux en le titillant.

« Mais vous connaissant, vous l'aviez probablement mérité ».

House se figea sur le pas de la porte, la tête baissé, dos à elle. Il la surprit de par la douceur de sa voix.

« Oui, c'était mérité. »

Cuddy ouvrit la bouche, surprise de l'admission de House et peinée du chagrin qu'elle reconnut dans sa voix. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'une horrible pensée infiltrait son esprit. Une pensée qu'elle chasse immédiatement. Ca ne pouvait pas être…Ca ne serait jamais allé aussi loin. Avant qu'elle puisse ajouter quoique ça soit ou essayer d'en savoir plus, il était parti.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

« Vous vouliez me voir ? », demanda Wilson en frappant à sa porte ouverte, une heure plus tard.

Elle lui fit signe d'entrer et il referma la porte derrière lui.

« Qu'est ce qu'il y a ? », demanda-t-il calmement.

Il paraissait aller mieux, était même souriant alors qu'il s'installait en face d'elle, dans le siège que House occupait un peu plus tôt.

Cuddy inspira profondément alors qu'elle réfléchissait à la meilleure façon de poser sa question sans s'attirer les foudres de Wilson qui avait tendance à s'emporter assez facilement ces derniers temps, dés que quelqu'un prononçait le nom de son ancien ami.

« Ecoutez…Vous n'êtes probablement pas la personne à qui je devrais demander ça, mais…vous avez travaillé à la clinique aujourd'hui, n'est ce pas ? », commença-t-elle, la voix légèrement tremblante.

Les sourcils de Wilson se froncèrent en signe de confusion.

« Oui ».

« Bien…Le docteur House est venu me voir et…apparemment il a eu une altercation avec un patient en début d'après midi… »

Ca lui faisait bizarre de mettre « docteur » devant le nom de House, mais depuis la mort de Ambre, Wilson ne semblait plus penser à House autrement que comme un médecin. Il n'était qu'un énième membre de l'hôpital, qu'il ignorait autant que possible et auquel il ne prêtait attention que quand c'était absolument nécessaire. Elle ne pouvait alors s'empêcher de rajouter un « docteur » ces derniers temps, à chaque fois qu'elle parlait de House à Wilson.

Ce qui arrivait…presque jamais en fait.

Quand elle prononça le nom de House, et comme elle s'y attendait, Wilson se renfrogna, sa mâchoire se serrant automatiquement. Entre Cuddy et l'ancienne équipe de House, on avait déjà essayé plusieurs fois de le convaincre de pardonner son ami et Wilson avait appris à se mettre sur ses gardes chaque fois qu'on mentionnait le nom de House.

L'espace d'une seconde, elle crut voir un flash de peur traverser les yeux du médecin, et eut soudain l'once d'un espoir que peut-être, peut-être était-il inquiet à l'idée que House pourrait être blessé. Mais le masque recouvra vite ce qu'elle crut voir, remplacé par cette expression impassible, qu'il portait chaque fois qu'on lui parlait de House à présent.

« Il a été pas mal amoché. Il dit que ça n'était rien, veut que j'oublie ça. Mais…je me demandais si vous n'aviez pas vu quelque chose ? Si ça ne s'était pas passé durant vos heures de consultations communes ? »

Wilson fronça les sourcils dans une mimique pensive, paraissant essayer de se souvenir de ce qu'il aurait pu voir à la clinique dans l'après midi. Quand il répondit d'une voix froide, sans émotion, Cuddy se sentit frissonner de son manque d'intérêt du sort de son ami.

« Non. Je n'ai rien vu d'inhabituel. Pas que je lui prêtais attention », précisa-t-il en haussant les épaules. « S'il y a eu une bagarre, ça a du se passer dans une salle d'examen, parce que je n'ai rien vu et n'ai rien entendu à ce propos. »

Cuddy se retint de répliquer qu'il n'en aurait de toutes façons pas entendu parler dans la mesure où personne n'osait ne serait-ce que prononcer le nom de House en sa présence. Personne à part elle, apparemment.

« C'est tout ? », demanda Wilson, paraissant s'ennuyer, se levant déjà. « Je peux y aller ? »

Cuddy acquiesça, le scrutant alors qu'il faisait volte-face et se dirigeait vers la sortie. Elle hésita alors qu'il approchait la porte, luttant contre son instinct, son besoin d'essayer de faire quelque chose pour convaincre Wilson de la cruauté de son comportement.

Ne dis rien, ne le fais pas, laisse le partir…

« Wilson ? »

Wilson se tourna, une question évidente sur son visage, les sourcils dressés.

Merde.

Ne pouvant se retenir, sachant qu'elle ne devrait pas, Cuddy chercha ses yeux alors qu'elle demandait.

« Ca ne vous inquiète pas ? Pas même un peu ? Il était votre meilleur ami, Wilson ! Vous n'en avez donc rien à faire qu'il puisse avoir été blessé ? Vous ne voulez pas savoir s'il va bien ? »

Wilson resta silencieux un moment, son sourire poli s'évanouissant.

« Le mot clé est « était », Dr Cuddy. Il n'est plus rien pour moi aujourd'hui. S'il se fait blessé à cause d'un énième commentaire déplacé…Eh bien, ça veut dire que ça ne l'a pas changé, pas du tout. Il est le même salopard égocentrique et arrogant qu'il a toujours été. J'en ai fini avec lui. »

« Peut-être que ça veut dire autre chose », argumenta Cuddy, incapable de se retenir.

Elle se leva et posa les mains sur son bureau.

« Il souffre aussi ! Wilson…Il ne pouvait pas savoir que le bus allait avoir un accident. Il n'y pouvait rien et il a fait tout ce qu'il a pu pour la sauver. Vous ne pensez pas que vous pourriez au moins essayer de le pardonn… ? »

Wilson la coupa brutalement.

« Non. Je ne peux vraiment pas. J'ai donné, donné et encore donné dans cette stupide amitié. Tout ce que j'ai gagné c'est de perdre l'amour de ma vie ! Il ne mérite pas une seule seconde de plus de mon temps, encore moins mon pardon ! », s'emporta-t-il.

Cuddy garda le silence un instant, avant d'ajouter.

« On ne pardonne pas les gens parce qu'ils le méritent, Wilson. On les pardonne parce qu'ils en ont besoin. S'ils le méritaient…alors il n'y aurait rien à pardonner. »

Enervé, Wilson plissa les yeux, mais le léger vacillement qui précéda sa colère signala à Cuddy que ses mots avaient fait leur effet.

« Je n'ai pas besoin d'un prêcheur », accusa-t-il en un regard noir. « Maintenant, si ça ne vous dérange pas trop, pourrait-on cesser de parler de ma vie privée ? J'ai un travail à faire ».

Cuddy acquiesça, la tête baissée, défaitiste alors qu'elle se rasseyait. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle avait essayé de faire. Après tout, ils avaient tous essayé de convaincre Wilson de parler à House…sans succès.

Avec un lourd soupir, elle saisit le téléphone et composa le numéro de l'accueil.

« C'est le Dr Cuddy….oui…J'aurais besoin de tous les dossiers des patients hommes du docteur House de cet après midi… »

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

House était assis dans son canapé, contemplant le flacon de Vicodin dans sa main, la faisant tourner inlassablement entre ses doigts, écoutant le cognement des pilules contre la paroi. Depuis qu'il avait failli aller en prison et perdre sa licence, il avait cessé de stocker un nombre excessif de pilules chez lui, se contentant des prescriptions nécessaires.

Mais…Il y avait toujours une vingtaine de pilules dans ce flacon.

Ce soir, alors qu'il subissait la douleur de sa mâchoire et de sa jambe, ses pensées avaient pris un tour plus sombre. Pas qu'il n'y ait jamais songé auparavant…il y avait pensé une fois, quand Wilson l'avait trahi. Mais l'idée ne lui avait jamais paru aussi tentante que ce soir. Son visage tuméfié, sa jambe, son cœur brisé par la trahison de son ami…l'apaisement éternel qu'il pourrait obtenir s'il mettait fin à tout ça était tentant.

Vingt pilules…associées à du Whisky…je n'aurais même pas le temps de le voir arriver…tout sera vite fini…

Des coups frappés à sa porte le sortirent de ses pensées et il l'observa, surpris. Personne ne venait jamais chez lui. Plus maintenant.

Enfin…presque personne…

Cuddy était venue plusieurs fois ces dernières semaines, mais il l'avait chassée le plus vite possible, n'ayant pas vraiment envie de parler de ce que ça faisait de perdre son meilleur ami.

« Fichez moi la paix », grommela-t-il, reposant les yeux sur le flacon de Vicodin.

« House ? C'est moi. Je sais que tu es là, ouvre la porte ! »

Ses yeux s'écarquillèrent et son cœur fit un bond en reconnaissant cette voix.

Wilson.

Wilson ?

Il se leva immédiatement avec l'aide de sa canne et s'avança jusqu'à la porte sur ses jambes incertaines. Etait-il possible que son ami lui revienne enfin, soit prêt à parler de ce qu'il s'était passé au lieu de continuer à l'ignorer ? House repensa à l'après-midi et au passage à tabac auquel il avait eu droit. Son espoir diminua instantanément.

Il est trop tôt…pas encore…mais peut-être…peut-être que s'il…

Sa pensée mourut quand il ouvrit la porte et vit le jeune homme debout devant sa porte. Il portait une expression sombre, indéchiffrable et contempla House durant un long moment, le mettant mal à l'aise. Quand il parla enfin, House sentit la forte odeur d'alcool qui émanait de son haleine.

« Alors, tu comptes me laisser dehors ? », s'agaça Wilson, s'appuyant contre le mur comme s'il était épuisé, même si House était certain qu'il était seulement bien éméché.

« Ca dépend », dit-t-il prudemment. « Pourquoi est ce que tu es là ? »

Wilson haussa les épaules.

« Parce que je pense qu'on doit parler de ce qui s'est passé. »

House considéra ces mots un moment, n'osant pas y croire.

Après tout…Wilson était saoul.

Wilson le haïssait à présent.

Wilson l'avait tabassé sans pitié cet après-midi même, visant volontairement l'endroit qu'il savait le plus sensible.

House n'était pas stupide et une petite voix lui criait de fermer la porte et de demander à Wilson de revenir quand il serait sobre.

Pourtant, une voix encore plus petite, celle de l'espoir, le laissa entrer.

Acquiesçant silencieusement, House recula et autorisa Wilson à entrer chez lui, refermant la porte derrière lui.

TBC…