N/A : Désolée des délais entre les chapitres, mais j'ai tendance à oublier de passer ici et étant la feignasse que je suis, ça me soule de devoir refaire la mise en page à chaque fois que je veux poster. Si vous voulez la suite de l'histoire et des mises à jour plus rapide, l'adresse de mon livejournal est sur ma page de présentation, vous y trouverez les dix prochains chapitres. Je les posterais ici aussi, évidemment, un jour, mais ça risque de mettre un moment. A vous de voir !
Bonne lecture !
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
La semaine qui suivit passa calmement alors que House était en rémission, à l'hôpital. Alors qu'il attendait que sa fracture guérisse, House fut surprit par le nombre de visiteurs qui passèrent dans sa chambre. Il ne s'attendait pas à ce que tant de personnes s'inquiètent pour lui, encore moins à ce qu'ils prennent le temps de venir le voir. Ainsi, il ne fut que rarement seul.
Wilson ne le quittait pas.
Les nouveaux employés de House venaient régulièrement prendre de ses nouvelles, vérifier son dossier ou simplement le saluer et lui faire savoir qu'ils pensaient à lui. Ses anciens employés venaient plus fréquemment, surtout Cameron. Cuddy et elle étaient présentes plus souvent que tous les autres réunis.
Quand elles étaient là, Wilson jouait le jeu, leur faisait croire qu'il avait pardonné son ami, paraissait concerné et attentionné. Il prenait soin à ce que House soit confortablement installé, vérifiait qu'il se sentait bien et qu'il n'avait besoin de rien. Il riait et plaisantait comme avant le décès d'Ambre.
Il y avait des moments où House lui même oubliait que ce n'était qu'une illusion…jusqu'à ce que les autres quittent la pièce.
A partir de ce moment, Wilson recommençait à cracher son venin.
Cameron vint le voir pour la première fois le lendemain de son réveil. Elle se figea en voyant les bleus et coupures sur son visage, son expression fatiguée, ses yeux injectés de sang…La compassion et la sincérité de son expression faillit faire craquer House.
Ne perds pas la face…, se fustigea-t-il, détournant les yeux de la jeune femme avant qu'elle puisse y lire quoique ça soit. Ne lui laisse rien voir…
« Oh mon dieu, House », murmura-t-elle, consternée.
Elle s'avança et lui sourit tendrement.
« Vous avez une mine horrible ».
« Merci », répliqua-t-il simplement, roulant des yeux, se retrouvant dans la peau de son personnage habituel. « Que ferais-je sans vos mots doux pour illuminer mon humeur et ma journée ? »
« Ca je crois qu'on ne le saura jamais. Parce que je ne compte pas vous laisser tranquille de si tôt ».
Elle s'assit sur la chaise à côté du lit, lui souriant toujours. Elle sembla hésiter avant de poser la main sur la sienne et de la serrer légèrement. En temps normal, House aurait renié ce geste, retiré sa main.
Mais en cet instant, il en avait désespérément besoin.
Sans vraiment s'en rendre compte, il tourna sa main dans la sienne et la serra, réalisant avec horreur qu'il n'avait pas envie qu'elle parte, qu'elle le lâche.
Prenant conscience de son geste, il éloigna immédiatement sa main, se raclant la gorge pour cacher sa gêne, détournant les yeux, espérant qu'elle n'avait pas remarqué son attitude pathétique.
Aux vues de son froncement de sourcils soucieux, elle l'avait remarqué.
Elle ne dit rien pourtant, essayant de lui remonter le moral en lui rapportant les derniers ragots de l'hôpital dont il était d'habitude si avide, ne serait-ce que parce qu'il aimait tout savoir sur tout.
Aujourd'hui, ça ne l'intéressait pas vraiment, mais il profita de la distraction. Wilson se joint à la conversation et House ne put se souvenir de la dernière fois où il avait fait preuve de tant d'entrain et de bonne humeur. Même s'il savait qu'au fond, ce n'était qu'un faux-semblant, ça faisait du bien à entendre, et il parvint presque, presque, à se convaincre que c'était réel. Quand Cameron les laissa, environ une heure plus tard, House constata que, malgré les circonstances, il se sentait un peu mieux, un peu moins triste, un peu moins seul et désespéré.
Wilson regarda Cameron s'éloigner, se laissant tomber en arrière dans sa chaise et croisant les bras sur sa poitrine. Un sourire ironique se dessina sur ses lèvres alors qu'il scrutait House qui ne parvenait soudain plus à soutenir son regard. Wilson ne dit rien pendant plusieurs minutes, mais quand il parla, son ton froid et manipulateur sembla aspirer tout l'air de la pièce.
« Comme c'était pathétique… »
House fronça les sourcils, dans l'incompréhension. Il secoua la tête et objecta.
« Elle n'est plus amoureuse de moi. Elle… »
« Pas elle. Toi », l'interrompit Wilson en le jaugeant de haut en bas.
Sous son regard dédaigneux, House se sentit tout à coup abject et vulnérable…deux sentiments qu'il n'aurait jamais cru ressentir face à Wilson. Pourtant, ses joues rougirent sous l'humiliation.
« Elle t'a désiré pendant presque une année et toi, tu l'as rejetée. Et maintenant tu essais de lui tenir la main. Comme c'est mignon…Vraiment, House. »
Il se tut un moment avant de rajouter d'un ton moqueur et cruel.
« C'est trop tard, maintenant. Elle en a fini avec les estropiés et les junkies inadaptés comme toi ».
House ravala la sensation de honte qui l'envahissait, se détournant de lui pour essayer d'ignorer ses mots. Récemment, les traits d'esprit et remarques acerbes pour lesquels il était auparavant si connu lui manquaient. Il se retrouvait incapable de répondre aux attaques qu'il aurait autrefois rendues sans difficulté.
Il n'avait jamais été amoureux de Cameron. Cette ambigüité entre eux s'était transformée en quelque chose de plus simple, de plus confortable, qui ressemblait presque à de l'amitié.
Pourtant, Wilson était parvenu à le rendre si vulnérable et incertain qu'il avait envie de se raccrocher à cette jeune femme qui ne ressentait aujourd'hui plus rien pour lui. Il se repassa la visite de Cameron, revit ses mots et actions à travers le regard de Wilson et là où il avait vu de l'amitié et de la compassion, il ne put se souvenir que de pitié.
Ce fut comme cela durant toute la semaine.
Foreman et Chase passèrent, ensemble, et restèrent quelques minutes, demandant à House comment il se sentait et lui parlant des divers cas intéressants qu'ils avaient vus, avant de retourner travailler.
« Ils n'en pouvaient plus d'être ici », fit remarquer Wilson. « Ils n'avaient aucune envie de te voir. Tu crois vraiment qu'ils en ont quelque chose à faire de toi ? Ils auraient probablement été soulagés si tu ne t'étais pas réveillé. »
Quand la nouvelle équipe de House vint le voir, probablement pour le soutenir, bien qu'ils paraissaient toujours se méfier un peu de lui, Wilson n'attendit même pas qu'ils disparaissent au bout du couloir avant de commenter leur visite.
« Tu ne peux donc pas passer cinq minutes avec quelqu'un sans qu'il finisse par te haïr, House ? Pourtant, ils sont toujours là, font semblant de se soucier de toi. Visiblement, ils sont prêt à toutes les hypocrisies pour garder leur job ».
Cuddy vint le voir plus souvent, s'asseyant à côté de lui, prenant sa main dans la sienne et lui parlant durant des heures. Au milieu du cauchemar que sa vie était devenue, ses mots affectueux et son amitié étaient devenus une nécessité pour lui. Un réconfort.
Quoiqu'il en soit, ses visites forçaient Wilson à se retenir plus longtemps et, d'une certaine façon, ça ne rendait les remarques qui suivaient le départ de Cuddy que plus vicieuses et dévastatrices. Durant sa dernière nuit à l'hôpital, Cuddy le quitta tard, fatiguée, mais heureuse que House aille mieux. A peine fut-elle partie que Wilson planta ses yeux noirs dans ceux de House, clairement contrarié de son air serein et du sourire sincère qu'il avait offert à la jeune femme.
Il fit alors tout pour détruire le réconfort que Cuddy lui avait apporté.
« T'as vu comment elle te regarde ? », demanda Wilson. « Elle a pitié de toi. »
Il rit sardoniquement avant d'ajouter :
« Tu dois lui faire tellement de peine, House. A une époque, elle te respectait, t'admirait, même. Mais maintenant regarde ce que tu es devenu. Un inutile et pathétique junkie qui ne peut même pas faire son boulot sans pousser quelqu'un à bout au point qu'il ne le tabasse jusqu'au coma. »
Une lueur de rage brilla dans les yeux bleus clairs de House alors qu'il les plantait sur son ancien ami.
« Ouais, sauf qu'on sait tous les deux que ça n'est pas ce qu'il s'est passé. Tu… »
« Elle n'en sait rien », corrigea Wilson avec un sourire malin.
« Pour l'instant. »
Le silence envahit la pièce, l'air devenant plus pesant alors que Wilson fixait intensément House, une lueur dangereuse au fond des yeux qui fit regretter ses mots à House. Au bout de longues minutes, Wilson se leva et s'avança doucement jusqu'au lit. House ne le quitta pas des yeux, résistant à l'envie de les baisser. Il glissa discrètement sa main pour saisir le bouton d'appel d'urgence des infirmières.
D'un geste rapide, Wilson agrippa son poignet, le forçant à lâcher l'appareil et bloquant sa main contre le matelas. House jeta un coup d'œil anxieux vers le couloir désert de l'autre côté de la vitre, déglutissant difficilement en croisant les yeux menaçants de Wilson. Il était totalement seul face à un homme qui voulait le détruire, qui avait déjà failli le tuer, et il était physiquement trop faible pour se défendre.
Wilson sourit en lisant la peur dans ses yeux clairs.
« Tu t'es saboté toi-même, House », constata-t-il. « Des abus d'opiacés…de l'alcool en pleine journée…une blessure grave à la tête…Comment pourrait-elle croire un traitre mot de ce que tu lui diras ? Surtout si ça s'oppose à ce que je dis. »
La cruauté que House avait subi ces derniers jours l'avait affaibli émotionnellement. Il aurait voulu se venger de tout ce que Wilson lui avait dit ou fait, mais physiquement, il serait incapable de riposter, pas encore. Pour le moment, il ne pouvait que subir les attaques du jeune homme, éviter de le contrarier quand personne n'était témoin, quand personne n'était là pour retenir Wilson de le plonger dans un nouveau coma.
« Qui a dit que je comptais lui dire quelque chose ? », soupira House, roulant des yeux avant de les replonger dans ceux de Wilson pour le convaincre qu'il ne ferait rien.
« Heureusement, personne n'a osé dire une telle chose », établit Wilson. « Parce que parler de ça à qui que ça soit ne serait vraiment pas une bonne idée, House. A moins que tu aimes souffrir ».
Avant que House ne puisse réagir, ou essayer de le stopper, la main libre de Wilson agrippa sa gorge, collant sa tête contre le coussin derrière lui, serrant si fort que l'air passait à peine. Son autre main immobilisait toujours le bras droit de House contre le matelas et Wilson sourit des faibles tentatives de House de se dégager. De sa main gauche, House essayait de détacher la grippe autour de sa gorge, mais sans résultat, il n'en avait pas encore la force.
Wilson appuya plus fermement son pouce contre la trachée de House, coupant complètement sa respiration, avant de le relâcher légèrement, laissant passer juste assez d'air pour que House ne perde pas connaissance. Le moniteur à côté du lit commença à s'emballer, signalant la détresse respiratoire de House, et Wilson relâcha une main pour l'éteindre sans hésitation. Il se pencha plus près jusqu'à croiser les yeux paniqués de House.
« Tu vas garder ta grande gueule fermée, House. Tu ne vas parler de ça à personne. Parce que, de toutes façons, personne ne te croira. Cuddy, tous, ils croiront en ma parole plutôt que la tienne. Parce que tout le monde croit que tu as perdu la tête, House. Tout le monde sait que ton état s'aggravait depuis des mois. Avant Ambre. Avant tout ça ».
Au fond, House savait que c'était faux, savait que Wilson manipulait les évènements à son grès, les utilisait pour le manipuler, mais une partie de lui, sombre et altérable, ne déniait pas ces mots, les croyait de tout son cœur blessé. Il cessa de lutter contre la prise de Wilson autour de sa gorge, levant sa main gauche dans un geste passif de supplique, priant Wilson d'arrêter de l'étrangler, de tout arrêter.
Ses mots le blessaient bien plus que le reste.
Ne prenant pas son ami en pitié, Wilson se pencha vers lui avec un sourire mauvais, prononçant volontairement ses mots de son ton le plus tranchant.
« Tu as perdu toute crédibilité le jour où je t'ai trouvé allongé sur le sol de ton appartement dans ton propre vomi ».
House se crispa à ce souvenir et la façon brutale dont Wilson le ramenait à lui.
« Une tentative de suicide est loin de faire de toi un modèle de stabilité ».
Wilson appuya de nouveau son pouce avec plus de force, son sourire s'élargissant d'une satisfaction sadique quand House ouvrit la bouche à la recherche d'air et n'en trouva aucun, mais qu'il n'essaya pourtant pas de lutter contre la prise autour de sa gorge. Le jeune homme hocha doucement la tête, approuvant cette soumission, avant de relâcher enfin sa prise, quelques secondes avant que House ne perde conscience.
« Tu comprends enfin », observa-t-il avec contentement. « Je détiens le contrôle, ici, House. Et tu vas faire tout ce que je te dis et ne rien dire à personne, c'est clair ? »
Un flashback d'un autre temps apparut à House alors qu'il luttait entre inconscience et sommeil, une voix lui revient du passé, aussi terrifiante que celle de Wilson à présent.
Tu commences enfin à comprendre, mon garçon. C'est ma maison. Je détiens le contrôle ici, et tu vas faire tout ce que je te dis. N'est ce pas, Gregory ? Tu vas le faire ?
Son estomac se serra au souvenir de la peur et de la honte qu'il ressentait alors. Il n'était tout à coup plus sûr de où il était et quand. Le passé et le présent se mélangeaient et se brouillaient, la douleur des deux temps étant semblable. Il cligna répétitivement des yeux, respirant profondément pour amener l'oxygène si désiré à ses poumons et revenir totalement à lui-même.
« Eh…Reste avec moi, House », s'impatienta-Wilson. « Ecoute moi ! Tu vas te la fermer, oui ou non ? »
« Non… »
House secoua la tête, paniquant, cherchant l'air qui l'aiderait à former ses mots.
« Non, je ne…je ne dirais rien… »
Son ton était las, résigné. Il était épuisé et défaitiste, ce qui satisfit hautement Wilson. Le jeune homme acquiesça, se reculant pour se rasseoir dans sa chaise et croisant les bras sur sa poitrine dans une pause détendue.
« Demain. Demain tu rentre chez toi », affirma-t-il calmement. « Et tout va pouvoir revenir à la normale ».
House ferma les yeux, respirant profondément malgré la douleur de sa gorge contrite. Il voulait juste dormir, il ne voulait plus penser à l'horreur qu'était devenue sa vie, mais malgré lui, une pensée se répétait encore et encore dans sa tête.
Non…Rien ne sera plus jamais normal…
TBC…
