N/A : Désolée de ne pas avoir mis à jour plus tot, j'ai encore oublié de passer par ici ! Du coup, je vous en mets plein d'un coup pour essayer de rattraper le coup !

Bonne lecture

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Les trois semaines qui suivirent la sortie de House, les choses semblèrent revenir à la normale, comme elles étaient avant Ambre.

C'était ainsi que Cuddy avait commencé à se référer au temps. D'un côté, toutes les années qui avaient précédées la mort d'Ambre, de l'autre, ces horribles mois qui l'avaient suivis. Dans l'ensemble, mis à part pour House et Wilson, l'hôpital ressortait inchangé de cet événement. Personne à part les deux hommes ne connaissait assez Ambre pour remarquer le vide qu'elle avait laissé. Ils étaient les seuls à avoir changé.

Du moins, pour un moment.

Aujourd'hui, dieu merci, les choses semblaient enfin être revenues à la normale.

Pendant des mois, House s'était isolé, n'avait été que l'ombre de lui-même, sa confiance en lui avait disparu en même temps que ces sarcasmes et traits d'esprit qui le caractérisaient. Il faisait son travail, était toujours aussi brillant, sauvait ses patients, mais il ne parlait que lorsqu'il était obligé, uniquement à ceux à qui il devait parler pour sauver ses patients. Il ne plaisantait plus, ne titillait plus ni Cuddy, ni le reste du personnel, son humour semblait s'être évaporé.

Wilson n'allait pas mieux, toujours renfermé et maussade. Comme House, il faisait toujours bien son travail, mais évitait toute relation qui ne concernait pas la médecine.

Les deux hommes ne parlaient plus que rarement à autrui et ne parlaient jamais entre eux.

C'est pourquoi, ce fut un énorme soulagement pour Cuddy quand elle entra dans cafétéria et repéra House et Wilson assis ensemble à une table. Ils plaisantaient et riaient, Wilson se penchant au dessus de la table pour chuchoter ce qui devait être le dernier ragot juteux de l'hôpital.

Les choses revenaient enfin à la normale et Cuddy ne pouvait que s'en réjouir., rassurée pour ses deux amis.

Cette brève rechute de House a été la meilleure chose qui aurait pu lui arriver.

Pourtant, quelque chose la dérangeait.

Cuddy ne put s'empêcher de remarquer que, parfois, la joie de Wilson, son sourire, semblait forcé et ne se reflétait jamais dans ses yeux. Bien sûr, si peu de temps après sa mort, il était toujours en deuil d'Ambre. Il essayait de reprendre sa vie là où il l'avait laissée, ce qui ne devait pas être facile. Elle pouvait comprendre qu'il ait du mal à s'en remettre.

Oui, c'était normal.

Mais…House semblait plus triste que d'habitude. Cuddy savait qu'il se sentait coupable de ce qui était arrivé à Ambre et que cette culpabilité n'allait pas disparaître en une nuit, surtout pas en faisant face chaque jour à la peine de Wilson. Pourtant, elle aurait cru qu'il retrouverait le moral avec le pardon de Wilson, que ça lui donnerait de l'espoir.

Et il était redevenu comme avant avec le personnel, parfois même avec elle. Ses plaisanteries étaient moins nombreuses et moins piquantes qu'avant, mais…ça devait être normal. Au moins, il allait de l'avant et paraissait mieux qu'au lendemain de la mort d'Ambre.

Mais parfois, quand il envoyait son équipe faire des examens et qu'ils le laissaient seul, Cuddy apercevait une lueur de soulagement dans ses yeux. Son visage se défaisait durant un instant et reflétait un désespoir presque terrifiant.

Mais alors, aussi rapidement qu'il était tombé, son masque se remettait en place et Cuddy en venait à se demander si ça n'était pas juste son imagination qui lui jouait des tours. Si elle l'avait réellement vu si triste.

Ça prend du temps, se rassurait-elle. Il n'y a pas de miracle. Ils ne s'en remettront pas en une nuit. Peut-être même jamais, après tout ce qu'ils ont traversé…Il faut leur laisser le temps. Ils vont déjà mieux que quiconque aurait pu le croire.

Cuddy essayait de relativiser, pourtant elle ne pouvait chasser cette impression que quelque chose n'allait pas. Quelque chose n'était pas normal entre House et Wilson.

Et, en effet, même si elle ne savait pas quoi, quelque chose d'horriblement anormal se passait entre eux.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

« Vous n'êtes pas très chanceux ces temps-ci, hein ? »

House grimaça alors qu'elle entourait le bandage autour de sa main meurtrie.

« C'est rien », grogna-t-il, les dents serrées par la douleur alors qu'elle appuyait sur les multiples fractures de sa main gauche. « C'est juste…pas joli à voir. »

Cameron lui jeta un regard réprobateur alors qu'elle accrochait le bandage en soupirant.

« Vous devriez me laisser y mettre une attelle, House. Les fractures… »

« Le pansement suffit », l'interrompit-il brusquement.

Il se leva et attrapa sa canne.

« J'ai fait médecine aussi avant de sombrer et devenir un junkie, vous savez. »

L'expression de Cameron lui montra qu'elle ne trouvait pas sa remarque drôle, pas du tout. Finalement, elle secoua la tête et sa voix s'adoucit.

« Essayez d'être plus prudent à l'avenir, ok ? »

« Oui, maman ».

« Je suis sérieuse ! », insista-t-elle, les sourcils froncés. « Vous vous blessez beaucoup ces temps-ci, et…Vous devriez prendre plus soin de vous. »

House l'ignora, s'éloignant en direction de la sortie. Frustrée et inquiète, Cameron attrapa son bras. Elle fut surprise de la facilité avec laquelle elle l'amena à se tourner vers elle, à quel point sa résistance était faible. En y regardant de plus près, elle constata que House avait perdu beaucoup de poids récemment. Il n'avait jamais été bien large et son allure devenait inquiétante.

Ce qui était inquiétant aussi, c'était la façon dont il se crispa, retenant un cri de douleur, serrant les dents en chassant sa main de son bras.

« Bon sang, Cameron, ne me touchez pas ! », aboya-t-il plus brusquement que d'habitude.

« Vous vous êtes blessé autre part ? », demanda-t-elle, agacée par son agressivité alors qu'elle tendait de nouveau la main vers son bras. « House, laissez moi voir… »

Dans son empressement de s'éloigner, House trébucha en arrière, se rattrapant juste à temps à sa canne, les yeux écarquillés et un air piégé sur le visage avant qu'il ne retrouve son équilibre et son expression neutre…mais pas assez rapidement.

Cameron parut consternée, secouant doucement la tête, avant de demander d'une voix empreinte de peur.

« House…Qu'est ce qu'il se passe ? Qu'est ce qu'il vous arrive ? »

Son bouclier de sarcasme en place, House leva une main et répondit avec extravagance.

« Oh vous m'avez eu « !, dit-il en ouvrant les bras. « Je peux répondre pour vous ? Je suis une casse-pied indiscrète obsédée par celui qui fut mon boss et je ne peux pas m'empêcher de me mêler de ses affaires, même s'il paraît évident qu'il veut juste que je lui foute la paix ! »

Cameron flancha à la brutalité de ces mots. Elle avait l'impression qu'il venait de la frapper en plein visage. House n'était pas un tendre, mais il n'avait jamais été aussi cruel.

Elle crut voir une once de regret dans ses yeux. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais la referma de nouveau, secouant la tête d'un air de dégout avant de se retourner et de sortir, sans un mot de plus.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

45 minutes plus tôt…

Personne n'aurait pu imaginer ce qu'il se passait entre le Dr House et le Dr Wilson alors que les deux amis se dirigeaient vers le bureau de l'oncologue, débattant joyeusement des points faibles de leurs équipes de baseball favorites, s'insultant gentiment, comme toujours.

Non, leur jeu était parfait…jusqu'à ce que la porte du bureau de Wilson se referme derrière eux et que les masques se permettent de tomber.

Wilson attrapa le bras de House, le serrant douloureusement alors qu'il le lui tordait et l'obligeait à reculer. Il évita volontairement la porte, dont le son aurait pu alerter quelqu'un, et le plaqua violemment contre le coin du placard à l'autre bout de la pièce. House grimaça de douleur alors que son dos cognait contre l'angle de l'armoire, mais ne leva pas les mains pour se défendre, laissant tomber sa canne au sol.

La respiration coupée par la peine, le cri de House ne fut qu'un souffle.

« Attends ! Je n'ai pas… »

« La ferme ! », aboya Wilson, le tirant vers lui avant de le rejeter contre le coin. « C'est ton problème ça, House ! Tu n'as aucune idée de quand te la fermer ! »

House se mordit la lèvre jusqu'au sang pour tenter de retenir son cri, conscient que si quelqu'un l'entendait, les choses ne feraient qu'empirer pour lui.

Aussi horrible que ça puisse paraître, il ne parvenait pas à imaginer ce que « pire » pourrait être. Mais House avait appris depuis longtemps que le pire était toujours possible.

« Tu croyais vraiment que c'était une bonne idée, House ? Tu t'es cru drôle ? », s'emporta Wilson.

« Tu…Tu veux que ça paraisse normal, non ? », se défendit faiblement House, le souffle court. « Me moquer de toi…c'est normal pour moi… »

Wilson le frappa brutalement à l'estomac, l'empêchant de se plier en deux en collant ses épaules contre la surface derrière lui. Il s'approcha, un sourire menaçant sur les lèvres.

« Tu as perdu le droit de te moquer de ma vie amoureuse le jour où tu l'as détruite ! »

Il leva sa main comme pour le frapper au visage, mais hésita au dernier moment, la rabaissant finalement. House qui s'attendait au coup, ouvrit un œil avec appréhension quand rien ne vint, observant le poing serré le long de son corps, puis le sourire flegmatique de Wilson avec anxiété.

« Je suppose que je ferais mieux d'éviter le visage pendant un temps. Il ne faudrait pas que quelqu'un voit tes blessures. »

Aussitôt, il planta son poing dans la cuisse droite de House, le relâchant pour le laisser tomber à genoux, à la recherche de son souffle. House posa le front sur le sol, serrant sa jambe entre ses doigts tremblants, ses épaules se secouant en de silencieux sanglots d'agonie.

Wilson s'accroupit face à lui, agrippant sans pitié les cheveux de House pour le forcer à lever la tête. Il attendit jusqu'à ce que la peine diminue assez pour que House puisse se concentrer sur ce qu'il disait.

« Tu vas apprendre quand te taire », déclara-t-il d'une voix presque douce, en désaccord avec ses actes. « Donne moi ta main ».

House leva ses yeux interrogatifs vers lui, les sourcils froncés.

Montrant ce qu'il voulait, Wilson tendit la main, paume vers le haut avec d'expliquer avec impatience :

« Sur le sol. Pose ta main ».

Alarmé, House secoua la tête.

« Wilson…non… »

Un sourire vicieux élargit la bouche de Wilson alors qu'il posait une main sur la cuisse douloureuse de House qui souffrait encore du premier coup. Il serra légèrement en une menace claire alors que House se crispait, se préparant à une nouvelle vague de souffrance.

Wilson s'approcha, relâchant les cheveux de House et plaçant sa main sur nuque, pouce en dessous de son menton. Il le força à lever la tête, un doigt glissant sur sa trachée le menaçant de faire pire, sachant que le souvenir de la dernière fois suffirait à faire obéir House.

« Fais le », ordonna-t-il à voix basse.

Sa cuisse était son point faible et il avait bien plus peur de ce que Wilson pourrait faire à cet endroit qu'à n'importe quoi d'autre. Alors, House obéit et tendit sa main tremblante, paume vers le haut, la posant sur le carrelage glacé du bureau de Wilson. Le sourire du jeune homme s'adoucit un peu et il relâcha sa main autour de la gorge de House, allant caresser ses cheveux avant de se lever. Il observa un moment l'homme terrifié, prostré à ses pieds.

Il ne fera rien qui pourrait se voir…rien qui pourrait se voir, il l'a dit…se rassura House sans vraiment y croire.

Il n'y croyait plus.

Sans pitié, sans hésitation, Wilson écrasa le talon de sa chaussure sur la main de House. Une fois, deux fois, et encore. Broyant les os et déchirant la peau à chaque impact, y mettant tout son poids.

House ravala son cri d'agonie, ne laissant échapper qu'un sanglot étranglé sur lequel il s'étouffa, toussant alors que Wilson reculait d'un pas, le fixant, impassible. House se crispa, surveillant, même à travers la peine, Wilson qui se baissait et ramassait sa canne, tapotant son bout dans sa propre main alors qu'il l'observait.

« Lève toi », ordonna-t-il sèchement, l'ordre rendu plus cruel par le fait qu'il détenait la canne censée aider House à faire cela.

Luttant pour se redresser en ne s'aidant que d'une seule main, House parvint difficilement à se mettre debout, attrapant le placard pour ne pas perdre l'équilibre. Il garda les yeux baissés, n'osant pas croiser le regard Wilson, les épaules basses et les genoux repliés légèrement dans un effort subconscient pour ne pas paraître plus grand que l'autre homme, ne pas défier son arrogance.

Wilson s'approcha doucement de lui, jusqu'à ne plus être qu'à quelques centimètres de lui. Il attrapa House d'une main par le col, le mettant dos au placard et le contemplant un long moment avant de parler.

« Tu es si maladroit », observa-t-il calmement. « Tu as coincé ta main dans le tiroir de ton bureau. Tu ferais mieux de filer aux urgences et soigner ça, non ? »

House acquiesça, incertain, tendu. Il cessa de respirer quand Wilson serra très légèrement sa main blessée dans la sienne, dans un geste qui n'était pas encore douloureux, mais promettait de l'être s'il le défiait de nouveau. Wilson leva la main de House et la posa contre le métal froid du placard, alors qu'il se rapprochait un peu plus, ne laissant plus aucun espace entre eux.

« Mais tu ne vas rien dire, n'est ce pas ? »

House hocha rapidement la tête, les yeux baissés, la respiration difficile et chevrotante alors qu'il essayait de ravaler sa panique.

« Et…Contente toi d'un pansement, pas d'attelle… »

Surpris, House leva les yeux à la recherche d'une réponse sur le visage de Wilson, mais n'y vit qu'un sourire cruel. Il vacilla et se mordit la lèvre quand l'oncologue serra un peu plus sa main, un choc électrique tout juste douloureux remontant le long de son bras et le faisant trembler.

« Au cas où la leçon n'aurait pas été retenue…et que je devrais t'en donner une nouvelle. »

Quand il lâcha enfin sa main et lui permit de s'éloigner, House se précipita hors du bureau et aux urgences, espérant que Cameron n'y serait pas et que quelqu'un goberait son mensonge.

TBC…