Les frangins crétins
- Evidement, il fallait que vous la rameniez, vous les deux grands couillons ! dit Ginny, sur un ton qu'elle aurait voulu neutre
- Quoi ? S'étonnaient les jumeaux.
- Vous savez combien Hermione est mal depuis ce matin ! Bordel, faites pas les innocents, vous n'avez plus 4 ans et demi ! Maintenant, Ginny était folle de rage.
- Non 3 ans, …
- Et moi 2 et demi, reprirent-ils, un sourire de défis sur leurs lèvres, grandissant.
- Ce que vous pouvez être stupides, vraiment ! leur lança-t-elle
- Tu sais Gin', je ne crois pas qu'Hermione mourra parce qu'on l'a vue en sous-vêtements ! S'enquit Georges.
- Même si c'est toute la famille qui l'a vu presque sans vêtements ! Rajouta Fred.
C'est à ce moment la que tous les Weasley éclatèrent de rire. Pour Hermione, le plus gênant, ce n'était pas vraiment les taquineries des jumeaux, ou bien le fait que Percy, Arthur, Bill, Molly et tout les autres aient pu la voir en chemise de nuit (même si elle était plutôt transparente, il fallait reconnaitre les choses), ce qui la dérangeait le plus c'était qu'un parfait inconnu,- quand bien même il faisait partie de la famille de sa meilleure amie – ait pu la voir dans cette tenue. Car après tout, Molly et Arthur était un peu ses parents, en fait, elle était même presque leur fille adoptive, et les membres du clan Weasley c'était sa famille. Elle connaissait presque par cœur chacun de ses membres, et elle était un peu leur seconde petite sœur. Alors que sa famille la voit en petite tenue ça n'avait pas d'importance, car ils la connaissaient, ils savaient qu'elle n'était pas le genre de nana totalement dépourvue d'intelligence qui se pavanait nue dans toute la maison. Mais lui, cet intrus, il ne le savait pas, et maintenant, avec les nouvelles railleries des jumeaux, il pouvait penser n'importe quoi, car avec Fred et Georges on ne savait jamais à quoi s'attendre. Elle ne lui avait pas vraiment prêté attention en tant qu'être humain, elle n'était pas sur de pouvoir vraiment le reconnaitre dans la rue, c'est pour ça qu'elle se sentait très redevable envers Ginny de l'avoir prévenue de son arrivée dans le Chaudron Baveur. Hermione savait très bien a quel point les choses auraient pu mal se passer si elle était tombée face à face avec lui. Elle pouvait juste dire de lui à coup sur que c'était un Weasley : Grand, roux, et la seule chose qu'elle avait remarqué, c'était la couleur de ses yeux : Bleu glacier. Ils étaient si grands et si clairs qu'elle n'avait pas pu les rater. Mais elle s'était arrêtée à ça, elle ne savait pas s'il était beau, laid, charmant, souriant ou même si ses yeux étaient beaux car si elle en avait repéré la couleur, elle faisait tout pour les éviter. Ainsi, -mais ça, elle ne le saurait que bien plus tard -, elle se privait d'une vue fort agréable.
Ginny regarda sa famille avec dédain et monta rejoindre Hermione. C'était sa meilleure amie et elle n'allait tout de même pas la laisser seule, comme ça dans un moment de crise. Ce n'était pas sa vision de l'amitié. Ce qui chagrinait le plus Ginny dans l'histoire, c'était que personne n'avait compris le malaise d'Hermione : Ils la connaissaient tous, alors en nuisette ou en pantalon, pour eux, rien ne changeait, c'était juste Hermione. Personne, sauf les jumeaux : Elle le savait très bien, sous des airs
de farceurs completement abrutis et sans jugeote, ils étaient très malins et savaient exactement ce qui mettait Hermione dans cet état. Et s'ils la taquinaient aussi violement, ce n'était pas pour la mettre mal à l'aise pour les deux jours qui lui restaient à passer au Terrier, - non, ça, ce n'était pas assez amusant au gout des jumeaux -, c'était pour la mettre très, très, très mal à l'aise, mais bien plus tard … et à ce moment précis, Ginny savait qu'Hermione aurait besoin d'elle, car ce n'était certainement pas ses frères qui lui faciliteraient les choses. Ginny se décida à frapper à la porte de la chambre d'Hermione. Pas de réponse. Elle comprit que ce serrait plus difficile que prévu :
- Hermione, commença-t-elle d'un ton mielleux, c'est Ginny. Ouvre-moi s'il te plait.
- … (snifff) Nooon ! … (Snifff) j'ai pas envieee ! répondit Hermione, entre deux sanglots étouffés par l'oreiller.
- Mais, Hermiooone ! S'il-te-plait, ouvre moi ! Par Merlin, Hermione, c'est juste moi, Ginny ! la supplia-t-elle.
- Mais ... euh (snifff), Gin' (sniff), j'ai pas envie ... que euh … tu me vois (snifff) comme ça !
- Ho, Hermione ! Tu te souviens le jour ou Fred m'a fait manger ce bonbon qui donne des boutons partout et qu'a cause de ça, Dean m'a dit qu'il ne voulait plus jamais entendre parler de moi ?
A cette dernière réplique, la porte de la chambre s'entrebâilla doucement : ce fut la seule réponse que Ginny reçut. Elle s'avança doucement dans le noir et referma délicatement la porte. Elle s'assit sur le bord du lit et remarqua la silhouette d'Hermione dans l'obscurité, qui se redressait. Une fois qu'elle entendit la respiration d'Hermione revenir à un rythme normal, Ginny chercha son regard. Elle n'eut aucun mal à le trouver : les yeux d'Hermione brillaient dans le noir, signe qu'elle avait beaucoup pleuré. C'est ce moment que Ginny choisit pour lui parler :
- Hermione, je suis désolée, lui dit-elle, tu connais mes frères, ils ne voulaient pas te mettre dans l'embarra, c'était juste pour rigoler un peu …, à cet instant précis, Ginny maudit chaque membre de sa famille pour devoir raconter un si gros bobard à sa meilleure amie depuis plus de 6 ans …
- Ouai, ben tu sais, commença Hermione, haletante, des fois tes frères, ils sont chiants, et ils sont bêtes, et ils sont …, mais Ginny la coupa dans son hélant.
- Je sais Hermione, je sais tout ça …, ce sont mes frères, je les supporte depuis déjà presque 17 ans ! lui répondit-elle, ne pouvant réprimer un sourire. Mais ne t'en fait pas, tout le monde s'en moque, tu fais partie de la famille maintenant, c'est comme s'ils me voyaient moi en slip, ça ne change rien, tu sais.
- Oui mais, il y a ton autre frère, … euh ... Romuald, …
- Ronald, répondit Ginny, cachant difficilement ses petits ricanements.
- Ouai, … ben lui, je suis pas comme sa sœur, il m'a jamais vu, je l'ai jamais vu ! se désespérait-elle.
- Hermione, tu sais, Ron à bientôt 26 ans, alors des filles en sous-vêtements, il en à vu plusieurs !
- Mais j'ai pas envie qu'il me prenne pour ça ! Une fille qui se balade en sous-vêtement !
- T'inquiète pas, honnêtement, il n'a pas l'air traumatisé, et puis, on ne le voit pas beaucoup, maintenant qu'il a sa chambre au Chaudron Baveur, il à dit à papa et maman qu'il mangerait là-bas …
Hermione reprenait confiance. Après tout c'est vrai, c'était un frère à Ginny et en plus il n'habitait plus au Terrier. Elle ne le verrait donc pas le lendemain et puis, de toute façon, Lundi, direction Poudlard alors, elle n'était pas prête de le revoir ! Et en plus, d'ici à ce qu'ils se croisent à nouveau, il aurait oublié …
- Ho, et puis, Ginny c'est toi qui à raison, lâcha Hermione. Après tout, lundi, nous, on va à Poudlard, alors je devrais pas me prendre la tête pour si peu. C'est pas comme si j'allais le voir tous les jours de ma vie ! Et Hermione était redevenue Hermione.
Ginny lui fit un petit sourire triste qu'Hermione ne remarqua pas dans l'obscurité de la pièce. Si elle savait …
- Contente de voir que tu es de retour, ce fut la seule chose que dit Ginny en prenait sa meilleure amie dans ses bras. Elle savait qu'elle lui en voudrait quand elle découvrirait le pot-aux-roses.
Ginny proposa à Hermione de redescendre manger, mais malgré ses bonnes volontés, Hermione ne se sentait pas de supporter les mauvaises blagues de jumeaux, du moins en présence de cet autre frère, qu'elle ne connaissait pas et qu'elle n'avait vraiment, mais alors vraiment pas envie de connaitre. Ginny proposa alors à Hermione d'aller préparer les coussins et les couettes dans sa chambre pour qu'elles puissent regarder quelque chose de moldu à la télé. Comme son père Ginny était fascinée par les moldus. Pendant qu'Hermione préparait un peu la chambre de Ginny, cette dernière descendit chercher à manger pour elle et son amie. C'était sans compter sur l'humeur joueuse de Fred & Georges …
- Hermione est sous la douche ? demanda Fred
Evidement, le reste de la famille ne pu s'empêcher de rire à cette plaisanterie, de mauvais out aux yeux de Ginny.
- Non, on se fait une soirée télé, entre filles, insista-t-elle, on va regarder un truc moldu.
- « Entre filles », répéta Georges, Mais alors, « entre filles », ça veut dire que tu na va pas regarder la télé avec elle ?
Ginny leva les yeux au ciel puis rassembla assez pour elle et Hermione sur un plateau qu'elle fit léviter jusqu'à sa chambre. Avant qu'elle ne suive son plateau, les jumeaux lui-demandèrent :
- Elle est au courant ?
Ginny avait saisit le message. Elle savait très bien de quoi Hermione n'était pas au courant. Mais elle fit mine de rien y comprendre.
- Je ne vois pas de quoi tu parles …, dit-elle, le regardant d'air air indifférent.
- Arrête, Gin' ! Railla Georges, elle sait a quel point ça va être difficile, pour elle cette année ? Et à ce moment précis, Elle vit sur leurs deux visages leur sourire s'agrandir.
Ginny lui lança un regard noir. Elle savait qu'ils comprenaient très bien l'état émotionnel d'Hermione à ce moment. Elle savait qu'ils avaient toujours été farceurs avec tout le monde, mais qu'ils aimaient particulièrement s'attarder sur elle et sur Hermione parce que « ça marche toujours », disaient-ils. Mais, elle en était sure, ils ne mesuraient pas les conséquences que cela pouvait avoir. Ils devaient s'imaginer qu'Hermione se sentirait mal, mais que sa volonté d'être la meilleure et d'étudier reprendrait le dessus, et que, remarquant l'intelligence dont elle ferrait preuve, personne ne pourrait penser que c'était le « genre de fille facile à se balader nue dans une maison ». Qu'Hermione reprendrait alors confiance et qu'elle oublierait vite fait bien fait ce petit incident. Seulement, une fille, c'est compliqué, ça a un raisonnement complexe, et ça ne réfléchit pas, mais alors pas du tout comme les garçons. Et Ginny le savait, elle en était sure, Hermione était bien une fille, et d'après cela, c'était peut-être même la fille la plus fille de toutes les filles ! Enfin, Ginny savait qu'elle vivait peut-être les dernières heures de sa vie en compagnie d'Hermione, alors elle comptait en profiter.
- Non …, C'est pas vrai ! Tu ne lui as pas dit ! T'as réussit à te retenir, Whoa, Ginny ! Et les deux frangins partirent dans un fou rire dont ils eurent du mal à sortir …
- Tu sais ce qui va t'arriver, hein, si tu ne lui dis pas ? Me demanda Fred.
Ginny lui lança le regard le plus noir et le plus méchant qu'elle pu, avant de suivre le chemin de son plateau. Elle n'avait pas l'intention de le dire à Hermione. Elle savait que de toutes façons, elle lui en voudrait et qu'elle se sentirait trop mal pour faire quoi que ce soit, alors autant lui dire au dernier moment !
Avec Hermione, elles regardèrent cette série moldu, celle qui parlait de sorcière, de vampire, et de créatures bizarres … Ha, oui, Charmed ! C'était presque effrayant de voir, parfois la ressemblance avec le monde magique réel, et parfois, la différence démentielle ! Mais ça restait plutôt distrayant …
Elles dégustèrent avec délice les plats préparés par Molly, puis, voyant qu'Hermione s'était endormie, Ginny sortit de la chambre pour déposer le plateau dans la cuisine. N'ayant pas le cœur à réveiller Hermione, - car elle savait très bien les difficultés de sommeil qu'elle rencontrait -, elle la recouvrit d'une couverture assez chaude, avant de s'éclipser vers la chambre d'Harry …
