La perception du temps

- Voila comment les choses se sont passées, commença-t-elle, d'une voix doucereuse … vers trois heures moins le quart, j'ai entendu du bruit dans l'allée. Alors j'ai regardé à travers la vitrine, et je vous ai vu, vous deux, dit-elle, désignant Harry et Ginny. Toi …, dit-elle désignant cette fois Hermione, tu n'es arrivée qu'une ou deux heures plus tard. Ensuite, poursuivit-elle, je t'ai vu vagabonder dans la boutique, chercher plusieurs livres et après, tu m'as demandé pour …, pour payer, conclu-t-elle. Tu as du rester ici, peut-être deux heures, maximum, tu avais l'air de savoir ce que tu … cherchais. Ensuite, je t'ai vu sortir d'ici, d'une lenteur abominable, marcher dans la rue, toujours avec cette incroyable lenteur. Au bout d'une heure, je t'ai entendue transplaner. Et c'est à ce moment la que toi, dit-elle en montrant Harry du doigt, tu es arrivé. Tu es resté, pareil, je crois, environ une heure dans la rue, avant d'entrer et de me demander si je n'avais pas reçut la visite de celle-ci, continuait-elle, visant Hermione. Et c'est la que je t'ai dit que, le moment ou elle était sortie de la boutique remontait à plusieurs heures déjà. Ensuite, tu t'es enfuit et …

- … et j'ai marché jusqu'à la cheminée la plus proche car je n'avais plus la force de transplaner. C'est comme ça que je suis arrivé au Terrier, dans la cheminée qui se situait dans l'entrée.

- Mais … si les choses se sont réellement passées comme ça, dit Hermione, hésitante, alors comment cela se fait-il que nous ne souvenions pas de ces moments de lenteur, comme si le temps se suspendait ? Et puis j'ai transplané du Terrier pour venir ici vers une heure de l'après midi, plus ou moins ! Comment se fait-il que je ne soit arrivée ici qu'a 5 heures ? S'exclama-t-elle.

- Hermione, dit Ginny, la voix emplie d'effroi, dit, combien de temps a-t-on mit pour transplaner du Terrier à la librairie ce matin ?

- Ho non, fit Hermione, elle venait de comprendre. Quand vous êtes venus me voir, pour me chercher, comment …

- La poudre de cheminette …, répondit Harry, … Ginny n'a pas encore son permis de transplanage, et avec tous ces contrôles, je ne voulais pas qu'on se fasse prendre …

- Et quand tu es revenu ?

- J'étais seul cette fois, alors …

- Tu as transplané ! Mais comme tu te sentais mal après, tu es rentré grâce à la poudre de cheminette, comme lorsque vous étiez venus la première fois ? S'enquit Hermione.

- Euh … ouai, c'est ça, mais Hermione, si tu comprends ce qui se passe, n'hésite pas à nous en parler, surtout, répondit Harry sur un ton qui se voulait énervé.

- Je … hum, je ne sais pas trop comment vous expliquer, dit-elle, je crois que …, elle s'arrêta la, incitant Junon à continuer pour elle.



- En fait, commença celle-ci, ces derniers temps, le Ministère de la Magie a mit au point certaines loi sur les restrictions de l'usage de la magie pour les sorciers de 1er et de 2nd cycles. Seuls les sorciers de 3ème cycle, donc ceux qui ont leurs ASPICs et ont terminé leur 7ème année d'étude peuvent utiliser la magie sans être perturbés. Tous les sorts de mouvements sont terriblement ralentis et le transplanage est d'une lenteur effroyable. Pour faire des trajets de 10 minutes, fonction du moment on peut y passer facilement plusieurs heures. Mais la perception de la durée du temps change. Ce qui fait que, les 3 heures que l'on passe dans cette 4ème dimension nous paraissent les 10 minutes habituelles et c'est pour cela que personne ne s'en rend vraiment compte. C'est également pour cette raison que lorsque vous avez transplané, les moments passés dans la rue vous ont paru d'infimes minutes tandis qu'en réalité, vous êtes restés dehors beaucoup plus longtemps. Et vous avez tous mis plus ou moins de temps à vous remettre de cette perception du temps différente que le transplanage avait changé.

- Mais, l'interrompit Hermione, pourquoi alors, dans la boutique j'ai réussi à avancer à « une vitesse normale » alors qu'en sortant, je n'étais, à nouveau plus en « phase » avec l'heure réelle ? Je n'ai pas transplané pour sortir de la boutique !

- Non mais, lorsque vous rentrez en contact avec le monde magique, votre perception redevient normale. C'est le transplanage entre les mondes Sorciers et Moldus qui provoque tous ces phénomènes. De même si vous essayez de lancer un sort dans le monde moldu, la réponse physique au charme effectué sera affreusement lente, si vous avez une réponse !

- Alors, si je jette un sort ici, dit Hermione, dans cette rue, cela ne marchera pas. Tandis que si je jette le même dans votre librairie, il fonctionnera parfaitement ?

- C'est exactement cela. Répondit Junon.

- Et, commença Harry, pourquoi est-ce que, la première fois que je suis venu ici, dans cette rue, avec Ginny, je n'ai pas vu, je n'ai pas trouvé la boutique alors que depuis je n'ai aucun mal à la voir ?

- Parce qu'a ce moment la, ni vous, ni l'autre sorcière qui vous accompagnait n'avait vraiment envie de trouver la librairie. Tandis que maintenant, vous le désiriez plus ardemment …

- C'est comme …

- Le miroir du Risèd, oui Harry, c'est cela. Je suis l'unique descendante de son inventeur. Je connais par cœur le charme qui l'ensorcelle et j'ai lancé exactement le même sort sur ma boutique, pour ne pas me retrouvée envahie par des hordes de sorciers peu soucieux du sort des ouvrages qui leur passeraient sous les mains.

Ginny s'amusa de cette dernière découverte : elle en était sure, leur nouveau professeur de DCFM n'était en aucun cas au courant du charme qui protégeait la boutique. Cette année promettait d'être amusante ! Enfin, oui, pour elle tout du moins …



Hermione s'exerça, effectivement, rien ne marchait plus dans le monde moldu, mais tout était parfaitement normal du coté sorcier. C'était à ne plus rien comprendre. Hermione regarda sa montre : onze heures moins dix. Cette fois, leur perception du temps s'était immédiatement corrigée en arrivant, pourquoi ?

- Hum …, mais, cette fois, j'ai eu l'impression que notre conversation avait duré 10 minutes et elle a effectivement durée 10 minutes. Dit Hermione. Pourquoi cette fois notre perception du temps n'a-t-elle pas été modifiée ?

- je pense que c'est parce qu'a cette heure la, aujourd'hui, vous appartenez au monde magique. Pendant les vacances, certains étant nés moldu, vous étiez tous dans un état de parfaite mixité. Maintenant, dans 10 minutes, votre train part, alors je pense que votre qualité de sorcier reprend le dessus et que votre perception ne change que durant le transplanage. Ce fut la dernière chose que dit Junon avant de rentrer dans sa boutique.

Onze heures moins cinq. Habituellement, Hermione aurait paniqué, mais la, elle se trouvait avec ses meilleurs amis et cette situation, elle l'avait plus ou moins déjà vécue : quand plus rien ne va correctement dans l'un des mondes, que quelque chose est à changer … Ce qu'ils changeraient, c'est qu'aujourd'hui, ils ne rateraient pas le Poudlard Express. Hermione réfléchit quelques secondes, maintenant, elle en était convaincue, elle connaissait la marche à suivre. Il lui suffisait d'un seul tour cette fois. Pas besoin de remonter trop loin, une heure c'était suffisant. Hermione sortit le retourneur de temps de sa poche puis passa le chainon autour des têtes de ses amis et de la sienne. Elle leur expliqua très rapidement ce qu'ils allaient faire puis retourna le petit sablier d'un tour. Il était maintenant dix heures moins cinq, ils étaient une heure plus tôt.

Que faisaient-ils une heure plus tôt ? Ils transplanaient. Sans le savoir, ils transplanaient toujours. Ils étaient toujours dans la même rue, devant cette fameuse librairie mais une heure plus tôt. Hermione se souvint rapidement que, la première fois qu'elle était arrivée dans cette rue, c'était avec Ginny … en essayant de fuir … de fuir … Romuald depuis le Chaudron Baveur. Le Chaudron Baveur ! Hermione le savait, là-bas, il y avait une cheminée à disposition. Ils coururent jusque la, saluèrent brièvement Tom puis utilisèrent chacun leur tour le cheminée pour retourner au Terrier. Et Hermione l'avait comprit, au Terrier personne ne s'étonnerai de leur retour car aux yeux de tous, cela faisait déjà une heure qu'ils étaient partit. Ils devaient maintenant aller chercher leurs valises, mais en essayant tout de même de ne pas se faire remarquer. L'espace spatio-temporel est capricieux : si quiconque s'apercevait de leur manipulation, les suites pouvaient être graves. Ils avaient tout intérêt à être le plus discret et le plus rapide possible.

Lorsqu'ils furent enfin au Terrier, ils montèrent les escaliers à toute vitesse et attrapèrent leurs bagages. Ils se retrouvèrent tous dans la chambre d'Hermione lorsqu'ils entendirent quelqu'un monter. Par reflexe, Harry sortit la cape d'invisibilité de son père et, avec Ginny et Hermione, s'enroula dedans. Ils se cachèrent ensuite dans un placard espérant que personne n'entrerait dans la pièce. Mais après tout, peur être que le mauvais œil existe, ce fut la conclusion que tira Hermione Granger lorsqu'elle entendit la porte de la chambre s'ouvrir. Et l'imbécile heureux qui n'avait eut comme meilleure idée d'ouvrir la porte n'était autre que … euh … Ronuald. Enfin, non, Romalad. Non ! A oui, Ronald. Ce qui en plus de rendre Hermione très, très mal à l'aise, faisait perdre de précieuses minutes à nos amis. Pendant ce temps Hermione tentait de se concentrer et de réfléchir à leur futur moyen de locomotion pour se rendre à King's Cross. Elle le savait, il leur était impossible de 

transplaner car King's Cross était une gare moldue et évidement, on ne pouvait accéder au coté sorcier qu'en traversant brutalement le mur qui séparait les voies 9 et 10. Effectivement, le transplanage s'avérait incertain et plutôt dangereux, King's Cross étant très fréquenté, beaucoup de moldus pourraient les voir apparaitre « comme par magie ». Le réseau de cheminées était également inutilisable car du coté moldu de King's Cross il n'y avait évidement pas de cheminées et la plus proche, celle du Chaudron Baveur, était beaucoup trop loin à pieds, même en courant. Hermione se concentra. Ho, non. La solution, oui, bien évidement qu'elle l'avait, mais vraiment ça ne l'enchantait pas, mais alors pas du tout. Ce qui pouvait ; éventuellement leur permettre d'arriver à King's Cross rapidement et sans se faire remarquer des moldus, c'était de voler sur l'Eclair de Feu d'Harry jusqu'à King's Cross, en se cachant derrière la cape d'invisibilité. De cette manière, ils y serraient vite, incognito, et – Mais ça, Hermione avait peur du contraire -, sains et saufs. Mais pour le moment, ils étaient tous les 3 emmitouflés dans la cape d'Harry, cachés dans un placard et attendaient gentiment que le couillon qui servait de frère à Ginny veuille bien tourner les talons puis redescendre. Mais les choses ne se passèrent pas vraiment de la sorte.

Il est vrai qu'à trois, dans un si petit placard, ils devaient jouer aux contorsionnistes. Chacun était dans une position très inconfortable et retenait son souffle. Seulement, l'un d'entre eux ne put tenir sa position plus longtemps et c'est alors que la porte du placard s'ouvrit brusquement : Ginny avait juste voulu bouger son bras et mettre devant elle plutôt que dans son dos. Sur ce bruit soudain, Ronald sursauta. Il regarda attentivement le placard et s'en approcha. « C'est la fin », pensèrent-ils, chacun de leur côté. Ces quelques secondes leurs semblèrent bien longues même si cela n'avait rien à voir avec la perception du temps liée au transplanage et à l'usage de la magie dans le monde moldu. Ronald n'était maintenant qu'a quelques pas de placard. Il avançait doucement, sans se hâter. Il se retourna, attrapa quelque chose dans la poche arrière de son pantalon puis commença à inspecter le placard d'un peu plus près. « Trop près » pensa Harry qui, devant Hermione, ne pouvait plus respirer tant que l'autre était la. A ce moment, les 3 amis purent enfin voir ce que leur nouvel ami venait d'extraire de sa poche : sa baguette magique. Et ça, ce n'était pas, mais alors, pas du tout bon signe …

Effectivement, Ronald Weasley, dernier du nom, lança un sort de Revelo sur le placard dans lequel s'étaient cachés Harry, Ginny et Hermione. Cette fois, ils se serrèrent aussi fort qu'ils purent, cessèrent de respirer, et fermèrent les yeux, craignant le sort qui les attendrait lorsqu'on s'apercevrait qu'ils avaient tenté ; sans grand succès ; de modifier le temps … Ils se souhaitèrent bonne chance par transmission de pensés, et le charme lancé par Ronald agit sur le placard …

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j'espère que ce chapitre vous à plus, après si longtemps! ne vous inquietez pas pour la suite, je suis en pleine ecriture du chapitre 15! :) mais sans review, je ne suis pas motivée, alors, si vous en laisser ... :)

je sais, je suis vache de vous laisser sur un nouveau moment de suspens mais ça vous ferra cogiter un peu! :) si j'ai assez de reviews, je poste lundi prochain, avant la rentrée pour vous remonter le moral!! bisous! :)