Premiers jours …
- Hermione, commença Ginny, Il faut que tu sache …
- Oui, ou plutôt avant d'arriver à Poudlard il fallait que je sache, l'interrompit-elle.
- Hermione ! Comment veux-tu que je puisse t'expliquer quoi que ce soit si tu m'empêche de parler ? lui rétorqua Ginny.
- Ho, aller, c'est bon ça va, je t'écoute, …
- Je disais donc, il faut que tu sache que, si je ne t'ai rien dis c'est parce que je n'en avais pas le droit.
- Tu n'avais pas le droit de me dire que ton frère arrivait ce samedi ou tu n'avais pas le droit de me dire qu'il était le nouveau professeur de DCFM !? S'exclama Hermione.
- Hermione ! S'offusqua-t-elle.
- Oui bon, excuse moi, reprend …
- D'accord, j'aurais du te dire que mon frère arrivait le lendemain, mais il était déjà prévu qu'il arrive avant et pourtant ce n'est que ce samedi qu'il est arrivé à la maison ! Je ne voulais pas avoir l'air de raconter n'importe quoi ! Et puis quand il est arrivé, je n'ai même pas eu le temps de venir te voir pour te dire quoi que ce soit, tu …
Hermione était blême. Depuis la bataille qui avait fait rage à Poudlard en fin d'année dernière, Hermione faisait régulièrement des cauchemars, ou elle revoyait la mort de son père, et d'autres de ses amis. Ho bien sur, pas toutes les nuits, mais cette nuit la, c'est ce qui s'était produit. En entendant Ginny crier à son réveil, elle s'était cru dans cette bataille, et n'ayant plus que la peur de la perdre, elle était descendue en trombes, chose qu'après, elle avait amèrement regretté.
- … Je suis descendue à toute vitesse, j'ai crié ton nom et une fois arrivée, je suis restée pétrifiée et je suis repartie aussi vite. Conclu Hermione.
- Mais …, Hermione, pourquoi es-ce que tu, enfin, …
- Je t'ai entendue crier. Et je venais de faire un … un mauvais rêve.
- La bataille de Poudlard ?
Hermione acquiesça d'un signe de tête. Quelques larmes roulèrent sur ses joues. Mais jamais Ginny n'apprendrait pourquoi elle pleurait vraiment. Elle lui laisserait croire que c'était pour ses amis, elle ne saurait jamais le reste. Mais Hermione attendait d'autres explications. Elle regarda Ginny avec insistance et cette dernière repris.
- Et, je ne pouvais pas te dire que mon frère avait été nommé professeur de DCFM et directeur de la maison Griffondor. C'était secret. Si l'un d'entre nous parlait, Ronald pouvait perdre son poste à tout moment ! Alors, on a préférer se taire. Et je me suis dis qu'avec mon frère au poste de DCFM, peut-être qu'on pourrait avoir un peu plus d'aide pour la quête des Horcruxes.
Hermione comprenait. Elle ne lui en voulait pas. Elle était simplement énervée, fatiguée, et embarrassée maintenant qu'elle connaissait l'identité du nouveau professeur. Elle enlaça Ginny comme au bon vieux temps, puis chacune se glissa sous les draps de son lit. Elles s'endormirent toutes les deux paisiblement. Hermione mit juste quelques minutes supplémentaires : elle avait besoin de réfléchir. Encore.
Les Horcruxes. Elle n'avait pas regardé les livres depuis … depuis le matin même, en fait. Elle n'avait pas trouvé le sommeil, la nuit dernière alors elle avait lu. Et elle avait déjà quelques pistes. Hermione Granger n'était pas la sorcière la plus douée de sa génération pour rien ! Elle se dit qu'elle était, cette fois, trop fatiguée pour lire et qu'elle informerait Harry et Ginny de l'existence des livres le lendemain. Pour le moment, elle avait besoin de sommeil. Elle avait désormais les paupières closes et faisait un doux rêve. Elle ne rêva que de choses agréables cette nuit la.
Le lendemain matin, Hermione n'avait pas entendu les hiboux qui les réveillaient habituellement. Lorsqu'Hermione sortit de son lit, elle regarda l'heure. 7h45. Ho, non par Merlin, elle avait dormi trop longtemps. Beaucoup trop longtemps. D'ici un quart d'heure les cours commenceraient et elle n'était, ni lavée, ni habillée, n'avait pas déjeuné et devait faire son lit. Hermione décida alors de renoncer à descendre manger dans la Grande Salle : Elle devait absolument faire son lit. Et c'est hors d'haleine, avec les cheveux tout mouillés et des yeux éclatés qu'elle arriva en cours, avec 5 minutes d'avance. Hermione nous surprendra toujours.
Lorsqu'elle vit Ginny se dirigeant vers elle, elle avança pour aller la voir. Ce matin, elles avaient cours de botanique avec le professeur Chourave dans la serre n°5. Harry arriva quelques minutes après, les cheveux en bataille, et le teint brouillé : à l'évidence, ce dernier avait du attendre le rab dans la Grande Salle mais n'avait même pas pensé à ne serrait-ce que tirer les couvertures sur son lit. C'était tout Harry. Le cours, en compagnie des Serdaigles se déroula très bien. Mais le cours qu'Hermione redoutait le plus était à venir. Ils avaient, maintenant, Défense Contre les Forces du Mal avec les Serpentards. Ça n'allait pas être une partie de plaisir.
Tous les élèves entrèrent dans la classe et se placèrent. Evidement, pas question de se mélanger, les Serpentards d'un côté, les Griffondors de l'autre, question de principe. Ginny s'assit à coté d'Hermione et Harry trouva sa place à la table de Neville. Une fois que le calme plat régnait, le professeur fit son apparition et se présenta :
- Alors, hum, tout d'abord Bonjour, je suis le Professeur Ronald Weasley …, et tous les élèves se retournèrent vers Ginny, et je serais votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal cette année.
- Et que va-t-on apprendre cette année professeur ? demanda une élève.
Compte tenu des récents événements, il était clair que ce n'était pas Hermione qui avait posé la question. Il n'empêche qu'habituellement, c'est toujours elle qui demande ce genre de chose et en prend notre sur son agenda. Mais cette fois si, cela nous déplaise, c'était Lavande.
- Hum, bonne question.
A cette annonce, les élèves ricanèrent.
- Parce que, sur la liste des fournitures, vous aviez demandé une dizaine de Chocogrenouilles, continua un autre élève.
- ho ça, c'est juste un cadeau, pour moi. Dit-il en souriant. En réalité, les Chocogrenouilles serviront pour nous exercer à certains sortilèges. Vous n'êtes pas sans savoir, après la bataille qui eut lieu l'année dernière, que Vous-Savez-Qui est de retour, ainsi que les Mangemorts, ses fidèles serviteurs …
- Et en quoi vont nous servir les Chocogrenouilles ? Je doute qu'elles soient d'une grande aide fasse à la Magie de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom …, lâcha Malfoy.
- Les Chocogrenouilles peuvent bouger, l'idée, c'est que pour pouvoir vraiment réussir à jeter un sort, il faut pouvoir le faire dans toutes les conditions. Donc si vous voulez savoir vous protéger efficacement et ne pas manquer vos cibles durant un duel ou une bataille, il faut s'entrainer. Ce n'est pas aussi facile que de jeter un sort l'esprit tranquille dans une salle de classe. J'organiserai des duels, et vous apprendrais à lancer des sorts comme le Stupefix par exemple …
- Sauf votre respect professeur, mais grâce à l'Armée de Dumbledore, beaucoup d'élèves savent déjà stupéfixer, dit une voix.
- Je n'ai pas parlé d'apprendre le sort de Stupéfix mais d'autres tout aussi utiles et puissants. Par contre, nous commencerons toujours par apprendre les sorts et à les jeter en milieu familier, les salles de classe, puis nous apprendrons en conditions, comme si nous devions nous battre.
- Et comment allons nous faire alors ? Je pense que ce serrait difficile de recréer un champ de bataille dans cette salle ! Demanda un autre élève.
- Mais bien sur que non, nous n'allons pas saccager les salles de classe ! A votre âge, j'en aurai effectivement rêvé, mais non, je ne vous ferrais pas cette joie, désolé. Nous utiliserons la Salle Sur Demande.
Les élèves rirent encore à ses commentaires mordant. Ronald se détendit un peu. Il commençait à se sentir à l'aise avec ses élèves, même si, bien sur il l'avait remarqué, pour certain ce n'était pas réciproque. Pour Hermione Granger ce n'était pas réciproque. Mais pour la première fois, elle croisa son regard. Et pour la première fois elle se mit à réfléchir autrement. Quand Ginny lui avait dit pour les lettres qu'elle avait reçut de plusieurs filles, dont Lavande et Millicent, qu'elle devait transmettre à Ronald, Hermione n'avait pas comprit. Pour elle, c'était leur professeur, c'était un Weasley, c'était l'étranger qui l'avait vu en sous-vêtements le samedi précédent. Mais c'est au détour d'un coup d'œil qu'elle avait croisé son regard. C'est à ce moment qu'Hermione su qu'il y aurait un avant, et un après. Un avant ses yeux, un avant sans gout et sans vie, et un après, un bientôt ou les yeux bleu glacier de Ronald Weasley serraient les flammes qui lui rendraient bientôt la vie. Au fond d'elle Hermione le savait. Mais elle était trop intelligente pour se l'avouer.
Ses yeux. Bleu. Clair. Grands. Rieurs. Il y avait tellement de choses à dire sur les yeux de Ronald Weasley, mais Hermione ne possédait pas les mots qui leur convenaient. Elle aurait pu dire qu'ils étaient charmeurs, dévorés et dévorant de et par la passion, - Mais ça, elle ne s'en rendrait compte que bien après -, troublés et troublant. Elle aurait aussi pu dire qu'elle y voyait quelque chose de caché, quelque chose d'inavoué. Il semblait y avoir autant de tristesse que de joie dans ses yeux. Mais pourtant, ce n'était que rarement que l'on pouvait observer cela. Mais cette souffrance existait, elle l'avait vu. Et depuis, sa seule obsession était de l'aider à guérir. Mais bien évidement, Hermione étant Hermione, ce n'était pas chose facile d'admettre qu'elle venait de tomber sous le charme du frère de sa meilleure amie, de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal, et du type qui l'avait vu un jour en tenue légère. Tout ça pour un seul homme. Que voulez vous, Hermione Granger avait fait très fort. En son fort intérieur, Hermione su qu'en fait, c'était juste le début des ennuis.
Une fois qu'ils eurent tous deux détourné leur regard, Hermione se prit à le détailler. En fait, elle comprenait carrément l'attitude de Lavande, même si elle n'aurait jamais osé. Et c'était peut-être la le véritable problème d'Hermione : elle n'osait pas.
Elle remarqua qu'il était grand. Roux, mais ça, elle le savait déjà, c'était un Weasley, quand même ! Ses cheveux lui arrivaient dans la nuque, et ondulaient dans le bas. Et pour gâcher toute chance de croiser à nouveau son regard, il avait les cheveux dans les yeux. Et Hermione pensa à ce moment que c'était déjà une chance d'avoir réussit le miracle de le croiser une fois. Il avait les traits du visage assez fins, mais conservait un air d'eternel adolescent. Il avait énormément de taches de rousseurs. Tellement à vrai dire, que personne n'aurait pu toutes les compter sans y passer la journée. Enfin, non il n'en avait pas autant que ça sur le visage … c'était équitablement réparti sur l'ensemble du corps. Il était mince, semblait avoir un physique athlétique. La musculature justement développée, ni trop, ni trop peu. Il avait une certaine présence, une démarche terriblement sexy, et il faisait preuve d'une certaine élégance. Hermione regarda sa bouche. Les lèvres étaient charnues, mais assez fines. Lorsqu'elles s'étalaient sur son visage pour laisser paraitre un sourire alors le charme agissait. Le charme, oui c'était cela. Le charme. Il était bourré de charme, et pour ne rien gâcher, semblait faire preuve d'un certain sens de l'humour et possédait un physique on ne peut plus attrayant.
Mais Hermione, même si elle venait de s'amuser à examiner chaque parcelle de son corps accessible à sa vue, restait affreusement gênée en raison de ce qui c'était passé samedi. Mais pas lui. Peut-être avait il oublié, peut-être qu'il s'en fichait, ce qui était encore plus probable. Mais Hermione ne supportait pas l'éventualité qu'il ait pu lui mettre une étiquette comme « fille facile », ou « exhibitionniste ».
Ronald répondit à toutes les questions puis il fut temps de relâcher les élèves au professeur Slughorn. Les jours passaient. Hermione ne comprenait pas ce qui lui arrivait, pourquoi es-ce que ses pensés revenaient souvent à lui. Et à chaque fois qu'elle y pensait, son embarras grandissait. C'est dire, imaginez comment elle devait se sentir mal à l'aise maintenant. A chaque fois qu'elle arrivait en cours de DCFM, elle se terrait au fond de la classe à côté de Ginny puis baissait les yeux, de peur de le croiser encore, son regard, parce que si c'était, par Merlin, les plus beaux yeux qu'elle avait vu, elle ressentait maintenant beaucoup trop de gêne pour oser. Elle ne disait rien, laissait Lavande répondre aux questions et se tromper. Ronald n'était pas dupe. S'il avait des doutes sur le fait qu'Hermione soit très, très réservée, ou gênée, maintenant, ses doutes avaient laissé place à des convictions. Au bout de 2 semaines de cours, la situation était franchement pesante. Hermione restait cloitrée à la bibliothèque quand elle n'était pas en cours et se dépêchait toujours dans les couloirs, elle ne trainait plus, elle ne voulait surtout pas le voir. Malfoy oui mais pas lui.
Hermione rendait toujours les meilleurs devoirs, dans tous les cours y comprit la DCFM, mais elle ne parlait pas, elle semblait renfermée. Ne laissait personne méditer ses commentaires d'une intelligence pointue.
Ronald ne comprenait pas l'attitude de son élève. En aucun point. Et c'est donc par conséquent qu'à la fin d'un cours, il demanda à Ginny sa sœur de rester, il avait une question à lui poser :
- Gin', l'apostropha-t-il, Gin' je voudrais te demander un truc.
- Très bien Professeur Weasley, j'arrive, renchérit-elle, le dardant d'un regard noir. Alors Ronald, qu'est-ce que tu veux ? lui demanda-t-elle lorsqu'ils furent loin des autres élèves.
- C'est, … Hum, c'est à propos de ton amie, tu sais … hum Hermine …
- Hermione, reprit Ginny, une pointe d'agacement dans la voix. Oui, ben, je t'écoute !
- Es-ce que tu sais pourquoi, … hum, pourquoi … enfin, j'ai l'impression qu'elle se sent pas … ahhh, à l'aise ! Je sais pas moi, j'ai fait un truc … pourtant, je lui ai jamais rien dit, enfin …
C'est alors qu'il se torturait l'esprit que sa sœur cadette éclata d'un rire bruyant. Quoi ? Il ne savait pas pourquoi Hermione Granger était morte d'embarras à chaque fois qu'elle se trouvait en sa présence !? C'était une blague ou il était vraiment aveugle.
- Ginny ! Fit-il, Mais, pourquoi tu te marre, je comprends vraiment pas moi !
- Ronald, attends, Ronald, tu ne sais pas pourquoi Hermione est paniquée quand elle se trouve face à toi !? lui demanda-t-elle, avec une pointe d'amusement.
- Beeen, laisse moi réfléchir, humm … NON ! Aller Ginny, soit pas moldue, explique !
- Mais Ron, c'est évident ; la raison du malaise d'Hermione est aussi simple que ça …
