Un dernier regard …

Ginny dégusta la dernière gorgée de sa Bierreaubeure et partit. Elle retrouva les autres élèves et entra au château.

De son côté, Harry se creusait la tête pour savoir tout ce que la petite sauterie organisée pour les dix-sept ans d'Hermione pourrait bien nécessiter. Sur le parchemin étaient déjà inscrit les mots « gâteau », « ballons », « cadeaux » et « musique ». Et au fur et à mesure qu'il cherchait, il trouva enfin les réponses … et se rendit compte qu'il aurait besoin de beaucoup, beaucoup de choses et beaucoup d'aide !

Hermione retrouva Ginny dans le Hall après être sortie de la bibliothèque. Elles devaient retourner aux dortoirs pour déposer leurs petites affaires et retrouver Harry dans la Salle Commune et ils iraient manger. Elles se racontèrent brièvement leur après-midi, omettant les détails, car Ginny devait garder secret le cadeau d'Hermione, et cette dernière devait elle-même garder secrète l'existence des livres sur les Horcruxes, pour l'instant du moins. Mais Ginny devait tout de même parler à Hermione de l'idée qu'ils avaient eu, avec Harry, de faire une petite fête … et c'est le moment qu'elle choisit :

- Hermione, demanda doucement Ginny, Es-ce que ça te plairait si vendredi, on organisait une petite fête ?

- Huum, réfléchit celle-ci, euh, non, bien sur que non, pourquoi ?

- Ho, ben, on ne voulait pas te déranger, on s'est dit : « Si on la prévient pas avant et qu'elle veut réviser, elle nous changera en boite à chaussures ! », s'exclama Ginny.

- Non, vraiment, ce serrait sympa, ça permettra a tout le monde de se détendre un peu, la rentrée à été difficile pour pas mal de monde, je crois …

- Ho, Hermione tu vas voir, on va s'éclater, merci de nous faire confiance, tu ne vas pas le regretter, ça va être ta plus belle fête ! Acheva la rouquine.

« … ta plus belle fête ». Hermione ne comprenait pas le sens de ces mots. Elle se demandait sérieusement ce que Ginny avait voulu dire par la. Elle chercha, mais ne trouva rien. Absolument rien. Et cela la frustra terriblement. Elle prit note de demander a Ginny plus tard ; pour le moment, elles allaient à la Salle Commune retrouver Harry et ils iraient manger. Hermione avait effectivement oublié que vendredi, ce serrait sont dix-septième anniversaire …

Les deux filles marchèrent joyeusement jusqu'au portrait de la Grosse Dame et retrouvèrent Harry. Il raconta que le devoir de potion, - une soit-disante punition de Slughorn -, était affreusement compliqué et qu'il aurait bien eu besoin de l'aide d'Hermione. Celle-ci lui demanda à y jeter un œil après le repas et Harry devint rouge d'embarras et lui raconta qu'il l'avait déjà rendu au professeur. Ginny réprima un fou rire, sachant très bien ce qu'Harry avait fait pendant l'après-midi.

Hermione fixait la table des professeurs dans le vague, perdue dans ses pensés. Elle se remémorait la de la bataille de Poudlard jusqu'à maintenant, tout ce qui avait changé, et comment sa vie à elle avait changée. Plus de père, une mère qui vous hait, des fratries entières d'amis décimées, et puis du temps, de la déprime, et les vacances au Terrier, la fameuse rencontre avec Ronald, et maintenant, le voir ici, tous les jours, professeur de DCFM, … sa vie lui semblait parfois bien difficile, mais Hermione tachait toujours de garder le sourire. Elle sortit de ses pensés au moment ou quelque chose bougea devant ce qu'elle regardait : quelqu'un avait rejoint la table des professeurs. Elle releva les yeux pour voir de qui il s'agissait et elle croisa son regard. Encore. Et encore une fois, elle se sentit troublée. Encore une fois, elle pu lire tant de choses dans ses yeux. Encore une fois, elle ne voulait qu'une chose, lui donner ce plaisir, ce bien-être qu'elle percevait quand leurs regards se croisaient. Et c'est à ce moment qu'Hermione Granger se rendit compte que non content de la troubler, Ronald Weasley l'excitait. Elle le désirait. Elle le désirait, lui, et son corps. Elle aurait voulu se jeter sur lui et lui faire l'amour sans jamais détacher son regard du sien … Mais Ronald détourna les yeux et se mit à faire la conversation avec le professeur Lupin. Et la gêne réinvestit Hermione et elle se sentit encore plus mal et plus embarrassée qu'avant. Parce que maintenant, elle devrait aussi lutter contre ses hormones. Maintenant, elle ne pourrait plus le regarder dans les yeux si une distance suffisante et beaucoup trop de monde ne les séparait pas. Il lui faisait ressentir beaucoup, beaucoup de choses. Elle percevait en lui une souffrance cachée, inavouée, mais surtout beaucoup d'amour, de passion, de désir. Et elle avait vraiment peur de ne plus se contrôler. Pour une fois, Hermione ne contrôlait pas pleinement la situation, elle ne se contrôlait plus, elle ne contrôlait plus sa vie. Hermione avait toujours tout contrôlé. Et maintenant, elle se sentait frustrée.

« Frustrée » de quoi ? se reprit-elle. Comment ça, « frustrée ». Parce qu'elle ne l'avait pas embrassé ? Parce qu'elle n'avait pas pu prolonger leur œillade ? Parce qu'elle ne sentait pas l'odeur de sa peau, la chaleur de son corps, ses mains moites et tremblantes ? Parce que justement, elle n'avait pas pu le toucher de ses propres mains, de sa bouche, de son corps tout entier ? Parce qu'elle n'avait pas pu lui passer fougueusement la main dans les cheveux ? Parce qu'elle n'avait pas pu lui faire l'amour tout en le regardant ? Hermione ne savait plus quoi penser, elle ne termina pas son assiette, prétexta des maux de ventre et partit en direction des dortoirs. Elle avait besoin de réfléchir au calme, ou de se changer les idées. Un bon livre était parfait pour cela.

De son côté, Ronald était extrêmement déçu de ne pas avoir pu contempler ses yeux plus longtemps. Pire, il en voulait à celui qui avait brisé le lien qui les unissait.

- Ronald, cher Ronald, tout va bien ? Le questionna le professeur Slughorn. Vous avez rougit d'un coup, vous aviez une respiration saccadée et vous étiez en sueur, tout tremblant …

- … Euh, Hum, … oui, … oui, tout va bien, tout … tout va bien, répondit-il.

- J'espère que vous ne faites pas une allergie alimentaire à ses délicieuses citrouilles farcies ! Mais si c'est le cas, je peux vous en débarrasser …

- Euh, oui … allez-y, je n'ai … plus faim, je crois que je vais … je vais aller marcher un peu, acheva Ronald.

- Très bien, je vous souhaite d'aller mieux demain !

Ron se rendit compte qu'il respirait effectivement, très difficilement, qu'il tremblait et que la sueur lui dégoulinait partout de son corps. Pour lui, les rougeurs n'étaient en aucun cas un véritable signe, tout Weasley qui se respecte nait avec plusieurs caractéristiques propres à la famille : cette facilité à rougir était devenue, chez eux, légendaire.

Il sortit s'aérer un peu dans les jardins de Poudlard, histoire de se rafraichir pour, au moins, arrêter cette transpiration excessive. Il s'assit sur un banc près d'un arbre et réfléchit un peu à ce qui s'était passé.

Il venait de s'assoir et il l'avait croisé. Son regard. Ses yeux. Et lui aussi, il avait pu en lire, des choses, il avait même pu en lire beaucoup … beaucoup trop ? Peut-être. Peut-être que maintenant il en savait tellement que la situation deviendrait vraiment invivable … Il avait vu quelqu'un d'autre, comme si, au fond, elle se refoulait. Comme si elle n'était pas complète. Pas completement elle-même. Il avait vu de la douceur, il avait pu, de la ou il était, sentir sa chaleur et aurait presque pu entendre les battements de son cœur si le sien ne faisait pas tant de bruit. Mais la ou les choses étaient vraiment devenu intéressantes, c'est lorsqu'il avait commencé à lire autre chose dans ses yeux. Lorsqu'il avait commencé à sentir une autre chaleur. Lorsqu'il avait lu de la passion, de la fougue. Lorsqu'il s'était rendu compte que ses yeux étaient emplis de désir.

Parce que si, finalement, pour lui, il ressentait comme normal d'éprouver du désir à l'égard d'Hermione, cela lui semblait beaucoup moins normal qu'elle en éprouve pour lui ! Parce que si, seul à ressentir quelque chose de pareil, l'on peut se contrôler, cela devient beaucoup plus difficile lorsque les sentiments sont réciproques …

C'est pour ça qu'il avait eu si chaud, qu'il respirait si difficilement, qu'il était tout rouge et tremblant. Parce qu'il savait au fond, qu'elle aussi, elle n'avait qu'une envie, parce qu'a ce moment, il le savait, ils le voulaient tous les deux. C'était charnel, passionné, voluptueux, plein de promesses. Promesses dont ils rêveraient chacun de leur côté, sans jamais oser les tenir …

Peu à peu, Ron reprit son souffle en rentra dans le château. Il ne tremblait plus, mais avait très froid et il était désormais blanc comme un linge. La chaleur du bâtiment le réchauffa rapidement. Il monta les escaliers et se rendit dans sa chambre. Toutes ses émotions l'avaient épuisé, il avait vraiment besoin de repos, surtout en sachant ce qui l'attendait le lendemain …

Ginny et Harry étaient restés tous les deux à table, ne comprenant pas le soudain malaise d'Hermione. Ils discutèrent de leur journée et Harry lui montra la fameuse liste de ce dont ils auraient besoin. Evidement, la fête aurait lieu dans la tour des Griffondors, commençant vers 20h, terminant au petit matin, c'était un vendredi soir, cela n'était pas gênant. C'était même parfait. Ginny et Harry partagèrent la liste en deux pour que chacun s'occupe de la moitié des affaires à rassembler. Ils savaient qu'ils pourraient facilement faire apparaitre tables et chaises, banderoles et confettis avec un ou deux sorts, mais il fallait bien se procurer le Whisky Pur-Feu ou bien la Bierreaubeure par ses propres moyens. Sans oublier, évidement, de prévenir tous les Griffondors en temps et en heure. Cela allait être grandiose !

Ginny annonça à Harry qu'Hermione avait accepté en disant que ce serrait une bonne chose après les évènements douloureux qu'ils avaient tous traversés. Les deux compères étaient ravit : Hermione semblait enthousiaste, ils avaient en possession le cadeau, la liste était bouclée, et demain, ils n'auraient qu'a profiter des quelques heures de libre qu'ils avaient pour se procurer le nécessaire et tout serait parfait !

Hermione était maintenant en train de se changer. Elle enfilait son pyjama préféré, du moins, ce qu'il en restait après la fâcheuse expérience faite avec sa valise. Elle se brossa les dents et se démêla les cheveux avec lenteur, pour se détendre, se calmer. Elle se démaquilla et retourna dans les dortoirs puis s'assit sur son lit.

Elle rangea un peu les quelques affaires qui trainaient autour, puis regarda les livres sur les Horcruxes. Elle n'en avait plus qu'un à analyser et après pourrait tout raconter à Ginny et Harry. Elle se serrait bien occupée de régler son compte au dernier ouvrage mais, ce soir la, elle n'en avait vraiment pas le cœur. Elle était trop fatiguée, trop bouleversée par cette soirée. Elle avait besoin de calme, d'arrêter de réfléchir. Et le seul moment ou Hermione ne réfléchissait pas était lorsqu'elle dormait. Elle se glissa alors doucement sous les couvertures et tomba dans un profond sommeil. Elle se laissa doucement emporter par son rêve et sombra délicatement dans un autre monde …

Ginny revenait juste de la salle commune lorsqu'Hermione s'endormit. Pour tacher de ne pas la réveiller, Ginny marcha sur la pointe des pieds et pris le premier pyjama qu'elle pu attraper, sans vraiment faire attention aux couleurs et aux ensembles. Elle monta se brosser les dents puis redescendit dire bonne nuit à Harry et remonta se coucher en silence. Elle était très pressée d'être lendemain, voir la tête d'Hermione devant leur super fête, devant son cadeau. Elle était même encore plus excitée qu'a l'idée de son propre anniversaire. C'était là la bonhommie de Ginny : Elle avait un si grand cœur qu'elle faisait souvent passer les autres en premier ; elle était davantage heureuse si elle voyait les gens qu'elle aimait prendre plaisir à vivre plutôt qu'en profitant seule de ses plaisirs éphémères. Elle s'endormit le sourire aux lèvres jusqu'à ce qu'elle se rappelle qu'avant la fête, le lendemain, il y avait aussi plusieurs heures de cours.

Harry, lui aussi, se sentait apaisé, heureux de savoir que leur plan se déroulait comme prévu, que tout se passait dans de si bonnes conditions. Il ne s'inquiétait pas trop de ce qu'il devrait rassembler pour le lendemain, lorsqu'il parlerait de Whisky Pur-Feu et de Bierreaubeure, il savait qu'il pouvait aisément compter sur Dean et Seamus. La journée du lendemain s'annonçait sous les meilleurs augures !

Ron était maintenant dans sa chambre, beaucoup plus luxueuse que celle des élèves. Il retira ses vêtements avec lassitude et prit une douche, froide, pour se rafraichir les idées. Lorsqu'il en sortit, il attacha négligemment une serviette tiède autour de sa taille, s'assit sur son lit et prit sa tête dans ses mains. Il ne comprenait plus ce qui lui arrivait. Il avait beau tout faire pour oublier, éviter le contact, éviter son regard, il revenait toujours à elle.

« Mais elle n'a que 17 ans, bordel ! », se disait-il souvent. Il ne comprenait pas pourquoi il s'intéressait à elle, plutôt qu'aux filles de son âge. Pourtant, une jolie jeune fille intelligente et vive de 25 ans, il était évident qu'il en existait plusieurs ! Peut-être même des centaines ! Seulement voila, il avait jeté son dévolu sur Hermione Granger, sans vraiment savoir pourquoi, mais c'était ainsi, il ne le comprenait pas, mais il ne pouvait pas revenir en arrière et ne désirait personne d'autre qu'elle. Il avait eu, ce que les moldus appellent communément un « coup de foudre ». Et au fond, il le savait, ce serrait elle et personne d'autre. Jamais. Elle, et personne d'autre. Il la savait, et la sentait différente des autres jeunes filles de 17 ans. Déjà, elle n'en avait certainement pas l'allure, ni le style. Elle n'en avait pas le vocabulaire ni l'attitude, elle avait passé plus d'une semaine au Terrier, il le savait. Et puis, ses yeux, il y avait tant de choses, tant de choses dans ses yeux. Des choses qu'on ne ressent pas à 17 ans … des choses, des sentiments, des émotions qu'on ne perçoit que bien plus tard. Parce qu'a 17 ans, on à pas encore la maturité émotionnelle pour les accepter. Elle l'avait. Elle avait cette maturité la, émotionnelle, et elle était également très mature pour beaucoup de choses, pour ne pas dire tout le reste, il le savait. Cela expliquait peut-être un peu pourquoi c'était elle qu'il voulait. Elle qu'il désirait. Mais pour lui ce n'était pas suffisant, ni comme explication, ni comme contact. Il ne supportait plus d'attendre, attendre et ne rien faire, attendre la fin du monde … Le lendemain, c'était son anniversaire, et il avait un cadeau à lui faire parvenir. Et il s'arrangerait pour obtenir plus. Car si elle le voulait, et s'il le voulait, alors dans le fond, il n'y avait aucun mal … Oui, c'était décidé, pour ce vendredi 19 septembre, le jour de son dix-septième anniversaire, il trouverait le moyen de les rapprocher, encore un peu plus …

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arg! je vous laisse un peu sur votre faim, je l'admet mais en ce cas, le prochain chapitre promet a être monstrueux! J'espère que vous suivez ma fiction avec tout autant de plaisir que j'ai à l'écrire ... :) Bonne lecture, n'oubliez pas les reviews, celle laissés au denriers chapitre m'ont particulièrement touchée, et je vous en remercie. Je suis navrée d ene pas pouvoir répondre au reviewers anonymes, néanmoins j'apprécie énormement le geste! ;) Bisous,

Snow.