Faites l'amour, pas la guerre …
Ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre, et ne furent réveillés par nul autre que le réveil de Ron, qui leur laissa un violent coup dans les tympans. Bien sur, ni Ronald, ni Hermione n'avait oublié ce qui venait de se passer, simplement, il leur fallait quelques minutes pour accepter leur nudité et leur proximité, dans le lit de Ronald. Cela ne les dérangeait pas, bien au contraire, simplement, l'un comme l'autre ne savaient plus ou ils en étaient. Sans gêne, sans honte, non. Simplement, est-ce que cela n'avait été qu'une passade, une passion éphémère qui disparait si tôt qu'on la consomme ou alors, était-ce bien ce qu'ils avaient cru, était-ce plus profond ? Pour l'instant, la seule chose dont ils avaient besoin, l'un comme l'autre, c'était d'une bonne douche et de quelques instants pour se remettre les idées en place.
C'est donc le plus naturellement du monde que Ron indiqua la salle de bain à Hermione, qui étant donné les récents évènements, ne ferma pas la porte, c'était trop hypocrite. Ron attrapa son caleçon puis s'assit sur le bord du lit et se prit la tête entre les mains. Il réfléchissait beaucoup depuis qu'il avait rencontré Hermione et cela lui faisait très mal (au cerveau), car, sans dire qu'il n'était pas très intelligent, il n'avait pas franchement été habitué à ce servir autant de cette machine la. Il avait de grands doutes sur ce qu'il recherchait auprès d'elle, s'il voulait plus, s'il voulait encore, ou si maintenant qu'ils avaient partagé leur désir brulant, ils ne seraient plus capable d'autre chose que de se comporter comme deux amis, comme deux simples connaissances … Ron regarda son réveil : 7h24. Ses cours commençaient à 8h, Hermione avait certainement classe à la même heure, ils devaient juste se dépêcher un peu. Il poussa machinalement la porte de la salle de bain pour aller se brosser les dents, oubliant presque la présence de son invitée. Lorsqu'elle s'aperçut de sa présence, Hermione sourit : Il était mignon quand il se brossait les dents, il en mettait partout, comme un petit garçon, c'était trop amusant. Elle termina sa douche par un jet d'eau froide, puis attrapa une serviette, essorant tout d'abord ses cheveux et la nouant sous ses bras ensuite. Hermione savait exactement ce qu'elle voulait.
Elle passa juste à côté de lui, le faisant un petit bisou dans le cou, une main ébouriffant ses cheveux. Elle ramassa ses affaires et partit dans la chambre s'habiller.
Ron avait, pour sa part, presque terminé son brossage de dents. Il se rinçait la bouche tout en pensant à Hermione. Dieu qu'elle était belle, comme ça, les cheveux ruisselant, avec sa petite serviette, ou nue, juste nue, simplement nue … Il prit la mousse à raser Merlimpinpin qui se trouvait à côté du dentifrice et s'en tartina les joues et le menton. Il attrapa son rasoir et commença le travail, l'esprit toujours occupé par la même chose, ou, plutôt, la même personne.
Il commençait à comprendre. Il avait envie de le serrer tout contre lui. De l'embrasser tendrement. De la voir sourire. De lui faire l'amour comme ils l'avaient fait. Il avait envie d'être avec elle, de la toucher, de sentir sa présence, simplement. Il avait envie d'elle, pour lui tout seul. Mais un mauvais coup de rasoir lui fut fatal … :
- Aie ! S'exclama-t-il.
Effectivement, c'est un peu rouge, il y avait une petite coupure et un peu de sang. Et avec la mousse à raser dessus, Ronald avait la peau qui le brulait, cela lui faisait mal. Hermione, alertée par le cri de douleur, arriva à pas tranquille dans la salle de bain, avec, pour seul vêtement le peignoir de Ron.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle.
- Hummmouphrr !
C'est à peu près le bruit que fit Ron en lui montrant sa blessure de guerre. Hermione pouffa, puis s'approcha de la joue du guerrier valeureux. Elle l'aida d'abord à rincer toute la mousse, puis, étant dépourvue de baguette, prit un mouchoir en papier imbibé d'alcool et le pressa avec toute la douceur du monde sur la joue de Ron … qui de son côté, faisait une grimace terrible, liée à l'alcool qu'on passait sur sa plaie. Une fois le bobo nettoyé, Hermione jeta le mouchoir et donna un petit baiser la ou était localisé la coupure :
- Comme ça, tu guériras plus vite ! Lui dit-elle, avec un clin d'œil, repartant s'habiller.
Il savait ce qu'il voulait. Elle savait ce qu'elle voulait. Il la rattrapa doucement et captura ses lèvres par un baiser tout chaud, tout doux, tel une invitation. Ils se regardèrent, Ron fit tomber son caleçon et entra dans la douche, l'eau chaude glissant sur sa peau. Hermione laissa à son tour glisser par terre le peignoir et suivit Ronald sous la douche. Ils étaient heureux, l'air un peu idiot qui va avec, mais ils étaient, en cet instant véritablement heureux. Tellement heureux qu'ils sourirent si fort qu'ils en eurent mal, et éclatèrent d'un rire sonore, jovial. Ils se serrèrent l'un contre l'autre, Ron l'enserra de ses bras, autour de sa taille pour resserrer leur étreinte, et Hermione passa ses bras autour de son cou, caressant son visage d'homme heureux, accompli, trifouillant nerveusement ses cheveux de feu. Ils s'embrassèrent, se caressèrent, se touchèrent, et firent l'amour de nouveau, oubliant l'heure, oubliant la douche, oubliant tout le reste.
De leur côté, Harry et Ginny arrivèrent à la Grande Salle, pensant trouver Hermione, qui manifestement, n'était pas la …
- C'est dingue, ça, quand même ! S'énervait Harry. Tu me dis qu'elle est pas dans le dortoir quand tu te réveille, qu'elle était pas dans les douches non plus, et maintenant, elle est toujours pas la ! C'est pas possible, elle est forcément quelque part, elle à pas pu disparaitre comme ça, par magie !
- Ben, la magie tu sais …, commença Ginny, en pouffant. Bon aller, viens manger, Hermione est une grande fille, elle est loin d'être stupide, on la retrouvera tout à l'heure au cours de Lupin, et elle nous expliquera pourquoi on l'a pas vue ce matin. Maintenant dépêche toi, sinon, on sera en retard !
- Oui, oui, j'arrive, ça va ! C'est juste que, pour Hermione, je trouve ça … bizarre. Hier soir, elle est partie super tôt, tout ça parce que Monsieur TonFrère est rentré dans la pièce et ce matin, elle se balade on sait pas ou, qu'elle peut le croiser n'importe quand. Hermione est bizarre en ce moment, on dirait qu'elle ne sait pas ce qu'elle veut.
- Pour mon frère tu sais, le matin, il commence jamais ses cours à 8h, il les commence à 8h10, il est toujours à la bourre, y a aucun risque qu'elle le croise, t'en fait pas pour ça !
Sauf qu'Hermione savait désormais ce qu'elle voulait, et qu'elle avait bien croisé la personne de Ronald Weasley. Elle l'avait même plus que croisé, en fait … et Ronald Weasley ne dérogerait pas à son habitude, il serait, effectivement, en retard une nouvelle fois. Mais il ne serait pas seul …
Il était 8h22, et cela faisait 17 minutes que le cours de métamorphose de Lupin avait commencé, 17 minutes qu'Hermione était en retard. Harry trouvait cela bizarre, et commençait à sérieusement s'inquiéter. Ginny trouvait cela amusant que la Grande Prêtresse de la ponctualité soit autant à la bourre. Et c'est alors que la Grande Prêtresse arriva, coiffée et habillée comme à son habitude. Elle traversa la pièce d'un pas rapide et assuré, et déposa un bout de parchemin sur le bureau du professeur Lupin :
- Professeur, c'est …, commença-t-elle.
- Je suis au courant, ne vous inquiétez pas, le professeur Weasley m'a prévenu. Allez vous assoir, nous tairons cet incident au Ministère, acheva Lupin, avec un sourire malicieux.
Clairement, même s'il ne savait pas ce qu'Hermione avait pu faire pour être si retardée, il ne croyait pas l'excuse avancée par son collègue. Il se disait, que, décidément, chez les Griffondors, c'était bien la loyauté envers sa maison qui demeurait la plus forte. Il pensait que, pour une fois que la petite Granger lâchait un peu ses bouquins crevant d'ennui, après tout le temps passé à lui vanter les mérites du « non respect du règlement », personne ne pouvait, décemment lui en vouloir. Ah, s'ils savaient !
Harry et Ginny, de leur côté, étaient, pour l'un rassuré, mais tous deux intrigués : qu'est-ce qu'Hermione pouvait bien foutre avec le frère de Ginny ? Ils ne pouvaient même pas supporter la présence l'un de l'autre hier soir, ils ne pouvaient même pas se regarder face à face ! Il fallait vraiment qu'ils parlent à Hermione. Cette dernière s'assit à la place vacante qui lui convint le mieux, à côté d'Harry. Son excuse le concernait plus que Ginny … :
- Qu'est-ce qui c'est passé ? On t'a pas vu du tout ce matin avec Gin' ? lui demanda-t-il.
- En fait, ce matin je me suis réveillée très tôt, alors j'ai pris ma douche, tout ça, et je suis descendue à la Salle Commune, pour lire sans réveiller les filles.
- Tu pouvais pas lire aux dortoirs, t'es discrète quand tu lis, tu fais pas de bruit, si ? demanda-t-il, l'air dubitatif.
- Harry …, commença Hermione, parlant de plus en plus bas, en fait j'avais aussi besoin d'écrire, et surtout, d'être sur que personne ne verrai ce que j'étais en train de faire …
- Tu faisais quoi, tu lisais ? C'est pas un crime, je crois …
- Ben … lire non, mais ça pourrait en être un si l'on m'avait trouvé en possession du livre que j'étudiais.
- Hermione, tu peux m'expliquer ?
- Oh ! Harry, excuse moi de ne pas t'en avoir parlé avant, mais tu vois, je voulais être sur que ces livres ne cachaient rien, pas de magie noire ou autre chose et Junon m'avait fait juré de ne les montrer à personne !
- Hermione, de quoi tu parles ?
- Harry, à la rentrée, quand je suis retournée à la librairie, j'ai demandé à Junon si elle n'avait pas des livres sur les Horcruxes, et elle m'en à prêté 3. De gros ouvrages, et je me suis dit que je vous en parlerai quand j'aurais fini de travailler avec …
- Tu aurais du m'en parler. C'est ma quête, ni la tienne, ni celle de Gin', ni celle de personne d'autre. Tu sais très bien tout ça Hermione.
- Harry ! On est amis, tu t'en souviens ? C'est à ça que servent les amis ! Tu sais, on sera beaucoup plus en sécurité tous les 3 que toi tout seul et nous, avec Ginny, de notre côté.
- Mais enfin, on en a déjà parlé ! Tu sais très bien que Voldemort … ! , il l'a déjà fait, il peut très bien recommencer ! J'ai pas envie qu'il …
- … qu'il se serve de nous, qu'il se serve de nous pour t'atteindre ? Harry, la peur n'évite pas le danger, tu sais … On sera mieux tous ensemble, on pourra t'aider, tu n'es pas seul, nous aussi, on est la …
- Ok, ok, ça va … mais après les cours, tu nous montres les livres.
- J'ai pas tout à fait terminé, il m'en reste un qui n'est pas …
- Hermione !
- D'accord, d'accord, c'est bon je vous les montrerai !
- Et alors, pourquoi t'étais en retard ? Ça ne m'explique rien.
- En fait, je lisais, je lisais, et puis je suis allée prendre le petit déjeuner des que la Grande Salle eut été ouverte et quand je suis revenue, tout le monde était partit déjeuner, mais je n'avais croisé personne, faute aux escaliers. Alors j'ai lu et je n'ai pas vu l'heure tourner.
- Et Weasley, il fait quoi dans l'histoire ?
Hermione rougit. Il lui avait dit de raconter une excuse bidon, le plus simple possible pour qu'elle soit crédible. Pour Hermione Granger, il était très crédible de dire qu'on était en retard parce qu'on avait passé trop de temps sur un livre. Mais connaissant Hermione, c'était très crédible, en effet.
Voir Hermione rougir violement au nom de « Weasley » le rassura beaucoup, se demandant comment on pouvait passer de la peur à l'amitié. Ah, qu'elle était belle leur amitié …
- Eh ben, lui aussi, il était en retard, en fait et c'est lui qui m'a tirée du grimoire. Il m'a demandé ce que je faisais la, si j'étais malade ou rien et il m'a indiqué l'heure qu'il était. Alors la, je suis montée rapidement prendre mes affaires et mettre ma robe de sorcier, et lui, il semble qu'il ait fait passer le message.
- Ok. Alors ça va, tu peux lui parler, maintenant ?
- Ouai, ça va, fit-elle le sourire aux lèvres, repensant à la matinée qu'elle avait passée.
Ginny, qui avait entendu des bribes de la conversation était amusée et navrée à la fois. Si l'histoire du grimoire était véridique, alors Hermione était foutue, elle passerait sa vie dans les livres sans jamais rien faire d'autre, et ce genre de vie paraissait à Ginny tout ce qu'il existait de plus triste et ennuyeux. Par contre la ou elle riait véritablement, c'était la ou son frère intervenait. Amusant, non, que deux personnes qui ne peuvent même pas se regarder soient retard le même jour, au même moment. D'autant plus que Ginny le savait très bien, Ronald trouvait Hermione très à son gout … Oh ! Et si … ? Non ! Ce n'était pas possible, non, non ; Non ! Ginny devait en parler à Hermione pour en avoir le cœur net, et elle le ferait, ce soir avant la fête.
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Voila, comme c'est bientot Noel, petit cadeau, un nouveau chapitre ^^ et peut etre encore un autre demain si j'ai des reviews et que vous etes sages ... c'est le pere noel qui passe un peu en avance! Bisous!
Par contre, j'étais très déçue de ne pas avoir reçu de reviews pour mon dernier chapitre, car il marquait un tournant désicif dans l'histoire ... j'aurais aéu moins aimé savoir ce que vous en pensiez.
