Recherches infructueuses

POV Drago

Alors qu'il marchait dans les couloirs suivit des ses deux gorilles, le prince des Serpentards entra en collision avec une masse compacte qui se retrouva à terre. Il lui fallu quelques secondes pour se remettre de ce choc. Mais comme un choc en appel un autre, il n'en crut pas ses yeux quand il vit Potter, étalé sur le sol, le regard vide. Drago eut l'envie de l'aider à se relever, mais le moment n'était pas opportun pour un rapprochement de maisons. Après tout on ne corrige pas en un geste une haine de plusieurs années. Et surtout pas les vieilles habitudes d'un Malefoy.

- Pardon, le Gryffondor ne leva même pas les yeux.

Cet imbécile ne m'a même pas remarqué ! Il me fonce dedans, et n'est même pas foutu de me regarder quand il s'excuse ! La première fois qu'il s'excuse en plus ! Mais en y réfléchissant si il m'avait vu il ne se serait pas excusé… bon Crabbe et Goyle sont là, il faut donc que je fasse bonne figure. Que je reste fidèle au Malefoy que je suis. Et puis, lui aussi il peut souffrir un peu ! Y a pas de raison pour que ce ne soit que moi qui pâtisse de la situation ! Je vais essayer de ne pas être trop cruel… mais ce n'est pas l'envie qui me manque !

- Non mais ça va pas Potter ! Ca t'arrive souvent de courir comme un dérater dans les couloirs ? Regarde où tu vas !

Le gryffondor ne réagit pas à cette première provocation. Ce qui eut le don de mettre le Prince des Serpentard encore plus en rogne.

Ma parole mais il ne bouge pas ! Il ne dit rien du tout ! Il nous fait quoi le Saint Potter ? Une dépression ? La moindre des politesses serait de me répondre ! Que je n'ai pas l'impression de m'adresser au vent ! Il m'énerve ! Il m'énerve !

- Hé Potter t'est mort ? Tu bouges plus ! Tu veux aller à l'infirmerie ? Ou peut être pleurer chez Dumbledore ?

Le petit ricanement qui suivit la phrase du blond réveilla Harry et la réponse fusa.

- Tais toi Malefoy !

Béni soit Merlin ! Il parle ! Enfin une réaction de sa part. Par contre faut qu'il arrête de me mitrailler du regard, parce que j'adore ça ! Je sens que le flegme et l'impassibilité Malefoy en prennent un coup. Faudrait pas non plus que je craque et que je lui saute dessus à ce fauve !

- Oh mais c'est qu'il s'énerve le Petit Pote Potter ! Pour un peu il mordrait !

Harry se releva brusquement.

-J't'ai dit de te taire !

Il fixait maintenant le regard froid de Malefoy.

Je confirme, mon petit lion et bel et bien énervé ! Il a l'air complètement paumé… il y a une étincelle bizarre dans ses yeux. Je crois que c'est le bon moment pour glisser un premier doute… la première pierre de mon plan… et de loin pas la dernière !

- Allez ! Crabbe, Goyle on dégage. Il est long a la détente ce minable… Il ne répond plus, il est sous le choc !

Le prince partit. Certes il riait, mais le cœur n'y était vraiment pas. Il aurait donné beaucoup pour rester près de lui, l'aider à se relever et se perdre dans ces émeraudes encore une fois, entendre sa voix, même si pour lui, elle avait toujours était remplie de colère. Peu importait, le monde pouvait bien crever ! Au moins il serait seul avec lui. C'était tout ce qu'il désirait.

En tournant le coin, il jeta un regard furtif vers le survivant. Il n'avait pas bougé, il semblait très perturbé par sa réflexion. Tant mieux, plus vite il comprendrait, plus vite il pourrait enfin être heureux ou plonger dans une profonde déprime. Mais cette attente lui était insupportable. Car il ne pouvait rien contrôler ou presque, et qu'il était dépendant de la volonté de quelqu'un d'autre. Or un Malefoy ne doit dépendre de personne ! Un Malefoy ne peut compter que sur lui-même !

POV Harry

Depuis leur réconciliation de la veille tout allait bien pour le trio. Dans la salle commune, chacun vaquait à ses occupations. Harry et Ron débattaient sur l'un des prochains matchs de quidditch, qui allait l'emporter de l'Irlande ou de la France? Hermione révisait au coin du feu, avec Pattenrond sur ses genoux. La soirée se déroula ainsi sans que rien ne la perturbe.

Lorsque les derniers élèves montèrent se coucher, les trois complices se mirent à discuter.

- Harry… dit lascivement la brune. Tu es encore perdu dans tes pensées.

- Pardon Mione, mais elle ne sort pas de ma tête. J'arrête pas d'y penser, de me repasser la scène en boucle. Je suis sur de la connaître, il y avait quelque chose de connu dans son regard…

- On pourrait peut être t'aider ? Qu'est ce que t'en pense Mione ? Demanda Ron.

- Je crois que c'est la meilleure idée que tu ais eu de toute la semaine !

- T'es pas obligée d'être méchante hein ! Bougonna le rouquin blessé dans son amour propre.

- C'était pour rire Ron ! Intervint Harry avant que cela ne dégénère. C'est très gentil de votre part de me soutenir.

- C'est normal voyons ! Alors maintenant il faut simplement faire des recherches pour trouver ce mystérieux ange… par où on commence ? Une idée les garçons ?

- Justement si je le savais !

- T'est une fille Mione, t'as qu'a mener une enquête auprès des filles. Et leurs demander comment elles étaient déguisées au bal. Le rouquin semblait très fier de sa brillante idée.

- Deux bonnes idées en cinq minutes ! Là tu m'impressionne Ron !

Le rouquin devint rouge comme une pivoine après ce compliment.

- Bon je commence dès demain, et je vous donne les premiers résultats demain soir pendant le repas. Cela te vas Harry ?

- C'est parfait ! T'es vraiment une perle ! Dit le Survivant dans un large sourire.

- Merci je le sais… mais tout le monde ne le voit pas… Elle regarda alors Ron, qui ne comprit pas cette phrase profondément implicite.

Ils montèrent à leur tour dans les dortoirs. Harry se sentait profondément soulagé. Cette nuit là, comme les autres, allongé dans son lit, il rêva de son ange.

La nuit… les bords du lac… une blonde avec un masque sur le visage… une longue robe fendue… deux ailes magnifiques… il s'approche… il est devant elle… son sourire envoûtant… il ne bouge plus… il approche ses mains de son visage… il touche son masque… elle disparaît… une voix lointaine… "Long à la détente".

C'est là qu'il se réveilla, quelque peu déprimé par ce rêve. Il y était presque ! Un effort et c'était bon ! Il lui semblait clair que pour son bien il fallait qu'il la trouve, que sans cela elle le hanterait encore très longtemps.

Le lendemain matin, en descendant de son dortoir Hermione leur dit qu'elle avait déjà interrogée dix filles de Gryffondor sans résultat. Mais elle se remit en chasse dès son premier cour. Elle passa en revue toutes ses amies, ses connaissances et toutes les cinquièmes, sixièmes et septièmes années de Gryffondor. Il était donc clair qu'elle venait d'une autre maison.

Le soir au repas lorsqu'elle vit Harry qui trépignait d'impatience à la table, elle se sentie mal a l'aise de devoir lui avouer son échec.

- Alors ? l'espoir se lisait dans ses yeux verts.

- Je suis désolée. J'ai demandée au moins à cent filles aujourd'hui et aucune n'était en ange.

Toute la joie disparue du regard du brun. Il avait tant espéré qu'elle trouve.

- Mais ne t'inquiète pas ! Je continuerais demain, c'est promis !

- Ca me touche que tu te donnes tellement de mal. Je ne sais pas comment te remercier.

- Moi je sais ! Annonça t'elle.

- Tout ce que tu voudras !

- J'aimerais que désormais tu fasses tes cartes astronomie, de divination et tes croquis de soins aux créatures magiques seul. Et que tu arrêtes de me mentir sur tes capacités à te débrouiller pour tes devoirs !

- Oui Mione… je le referais plus. Balbutia t'il gêné.

- Alors j'accepte tes remerciements ! Elle s'amusait beaucoup de cette situation de supériorité.

Durant la nuit, bien au chaud dans ses couvertures, Harry fit le même rêve.

Le lac… la blonde… les ailes… le masque… son bras qui avance… la disparition… la phrase…"Long à la détente"

Mais cette fois-ci à son réveil, il se souvint de cette phrase.

Long à la détente… où ais-je entendu çà ? Ca me revient. Mais qu'est-ce que la phrase de cette fouine viens foutre dans mon rêve ? Comment ose t'il me pourrir la vie jusque dans mon sommeil ! Je le hais !

Pendant la journée, Hermione continua ses recherches en se concentrant sur toutes les Poufsouffles correspondant à peu près a la définition de Harry : blonde, grande, fine, belle. Avec çà elle ne risquait pas d'aller bien loin, car cette fille avait très bien pu jeter un sort a ses cheveux ou a son apparence. Elle n'était pas avancée et demanda donc à presque toutes les filles de la maison.

A chaque fois que le survivant la voyait, son regard était plein d'espérances, mais cela ne durait jamais. A chaque fois, elle éteignait brusquement cette lueur par un hochement de tête. Elle-même perdait progressivement espoir. Elle ne se résignait pourtant pas, car elle ne voulait plus voir cette détresse dans les yeux de son meilleur ami, ne supportait plus de le voir dépérir.

Pourtant à la fin du troisième jour, l'ange restait introuvable.

- J'ai questionné toutes les Serdaigles, et apparemment ce n'est aucune d'entres elles.

- Il ne reste donc plus qu'une seule maison… mon ange… si doux serait un vil serpent ? Comment est ce possible ?

- Tu sais Harry, toutes les Serpentards ne sont pas mauvaises.

- Ton problème Mione, rétorqua le rouquin, c'est que tu es trop optimiste ! Tout le monde n'est pas bon et gentil !

- Je n'ai jamais dit çà Ron ! Et je préfère être optimiste que défaitiste comme toi ! Vociféra t'elle. Et voir le mal partout simplement à cause d'une maison !

- Je ne suis pas défaitiste ! Le rouquin était en colère, Hermione le cherchait sans cesse c'en était trop cette fois.

Harry, lui, n'avait pas le courage de les séparer ce soir là. Il en conclut que c'était dans leurs gènes de se chamailler ainsi tout le temps. Et puis, ça faisait trois jours qu'ils s'étaient tenus à carreaux, il fallait bien que ça finisse par arriver. Il monta donc se coucher et aucun des deux ne remarqua son absence. Ils étaient bien trop occupés à divertir toute la salle commune.