Chapitre cinq

Le soir, sa berceuse s'était le vent dans les feuillages et dans le carillon, à sa fenêtre. Il ne s'endormait que grâce à ça.

Mais ce soir, il n'y avait pas de vent, et le carillon ne tintait pas.

Fatigué de tourner en rond dans son lit, il se leva et rejoignit sa mère, dans la chambre d'à coté.

- Maman…

- Hum…

- Maman !

- Quoi ? Tu a fais un cauchemar mon ange ?demande la femme d'une voix ensommeillée

- Nan, j'arrive pas à dormir.

- Hum…viens

Elle ouvrit le draps et il vint s'installer dans le creux du corps de sa mère.

- Maman…

- Hum…Quoi ?

- Se sera comme ça pour toujours ?

- Oui, mon ange, pour toujours… Dors chéri.

Là, au chaud, il réussi à s'endormir. Mais il fut réveillé par sa mère, en plein milieu de la nuit.

- Viens, mon ange, viens, vite !

- Quoi ?

- Viens, vite !

Elle le prit dans ses bras et sortis de la maison où elle le déposa dans la voiture.

- Je reviens.

Elle entra à nouveau, et revins, les mains vide mais des fenêtres ouvertes de l'habitation commençaient à ce dégager de la fumée.

- Maman… Qu'est-ce qu'il y a.

- Rien, chéri, rien. Rendors-toi.

Elle démarra, et fit une marche arrière dans la longue allée qui menait aux grilles, mais pila à la sortit : deux véhicule lui bloquaient le passage.

Pris d'une véritable panique, elle se détacha, quitta la voiture, ouvris la porte arrière pour prendre son fils dans les bras, ignorant ses questions. Mais quand elle se retourna, deux hommes se tenaient là, sur son passage.

- Maman, qu'est-ce qu'il y a ?

- Permettez, madame ?

- Non, je ne permets pas !

Pourtant l'homme l'ignora et saisi l'enfant qu'elle tenait par la queue de fourrure jaune et noire qui remuait de nervosité, tout en lui administrant une dose de calmant. L'enfant s'accrocha à sa mère mais il du lâcher prise, shooté par le médicament.

- Maman…

- Vous n'avez pas le droit de faire ça ! s'emporta la femme !

- Je pourrais vous arrêter pour tentative de fuite, mais je vais être gentille et fermer les yeux. Prenez ça (il tendait l'enfant à l'un de ses collègues) Alors ne me chercher pas !

- C'est mon enfant !

- C'est un monstre !

- Je vous traînerais en justice vous et…

C'est là qu'il perdit totalement connaissance.

ooOoo

- Non mais vous avez perdu la tête ! Vous aventurez en pleine forêt ! Seul ! Vous avez faillit vous faire capturer ! Vous auriez finis dans un zoo ! Comme animal de compagnie ou sur une table de dissection ! Ne recommencez plus jamais une telle bêtise !

Crains les foudres (réelle ou métaphorique) d'Ororo Munroe, toi qui te frotte à elle.

- Promis on le fera plus.

- Et s'était quoi, cette maison dont il question ? Je connais la forêt, il n'y a aucune ruine…

- S'était ma maison, avant. Coupe Li Mao.

Avant le avant.

Sa vie se divise en trois sections. Son enfance (très courte), qu'il avait oublié, sa vie chez les Stryker, et ici. Trois parts bien distinctes.

En entendant cela, Tornade se radoucit.

- Bon… Vous ne recommencez plus. Allez-y… Li, je voudrais te parler. Installe-toi.

Il n'a plus peur comme au début de s'asseoir dans un fauteuil, il n'a plus peur de parler, même si il lui arrive de retenir quelques paroles qu'il trouve idiote.

Logan dit qu'il a vite prit goût à la liberté.

- D'abord… tu as tué trois humains… Li, je sais que s'était pour vous défendre, tes amis et toi, mais il ne faut pas tuer les humains.

- Pourquoi ?

La question est venue d'elle même.

Pourquoi ne pas tuer ces personnes qui les réduisaient à l'état de bête ou d'esclave ?

- Parce que… en fait….

Cette question gène la jeune femme qui à du mal à trouver une réponse.

- Parce qu'il ne faut pas nous mettre au même niveau qu'eux ! Ecoute, je sais que tu peux en vouloir aux hommes pour t'avoir réduit à l'état d'animal de compagnie, mais si tu les massacre, tu deviens l'animal à qui il on mit un collier, et tu leur donne raison. Tu comprends ?

Non, il ne saisis pas le concept du pardon. Sans chercher à tuer tout les non-mutants de la terre, il se sent en droit légitime de tuer ceux qui l'attaque. Mais ne souhaitant pas passer sa journée ici, il applique une des ruses que lui a apprit Pietro : le mensonge.

- Oui, je comprends.

Ororo le regarde, suspicieuse, il lui a répondu un peu rapidement à son goût, puis dit :

- Bien… Ensuite, je voudrais que tu me parle de la famille chez qui tu as vécus, avant.

Li devient nerveux soudain : sa queue bat l'air rapidement et avec force.

- Ma… Famille ? Pourquoi ?

- Et bien… Nous aimerions savoir d'abord qui t'a élevé, puis pourquoi tu as fuis, mais ce n'est pas une obligation.

- Si je vous dit qui... qui est mon maître, je pou… pourrais ne pas v..vous dire pourquoi j'ai fuis ?

Il bégaye à nouveau, ce qui pour Ororo est un mauvais signe.

- Bien sur, bien sur, le rassure-t-elle.

- Br… Brian Stryker est mon maître.

C'est comme si dire ces quelques mot lui avait arraché la langue, un vrai supplice. Tornade note d'ailleurs qu'il en parle au présent. S'il a pris goût à la liberté, de toute évidence, elle n'est pas acquise.

- Bien… Ecoute Li, Brian Stryker est bien le fils du Colonel William Stryker, non ?

A l'entente du nom, le félidé se ratatine sur lui-même, alors que ses oreilles épient le moindre bruit.

- Ou… Oui, Madame.

Une vieille habitude qui n'est pas revenu depuis ses premiers jours.

- Li… Li détends-toi. Li, tout va bien.

Mais il continu de trembler. Elle soupir et se résigne à entrer dans le vif du sujet, ce qui va l'achever.

- Li, le colonel Stryker travail a la Défense. Il a chez lui les plans d'une prison pour mutant qu'il nous faudrait mais sa maison est une forteresse. Or, tu as réussi à t'enfuir.

- Vous… vous voulez que j'y… j'y re.. retourne ! ?

- Tu seras accompagné, il y aura…

- Pas question !

Crie-t-il en se redressant.

- Li…

- Non ! Non ! Non !

Il marche vers la porte…

- Li…

- Je n'y retournerai pas.

…et quitte le bureau en un sprinte paniqué.

ooOoo

Li Mao est seul face au feu de camps. Ils sont tous allé se coucher, il n'y a plus que lui est les astres.

Il repense à ce que lui a dit Ororo ce matin. Elle veut qu'il retourne là-bas. Peut-être qu'ils ne veulent pas de lui ici, au fond. Peut-être qu'il dérange ?

Mais peut-être aussi qu'ils ont vraiment besoin de lui pour entré ? Peut-être ont-ils vraiment besoin des plans de cette prison ?

Il ne sait plus.

- Alors, fait une voix ensommeillée derrière lui, on veille tard ?

Pietro s'installe à coté de lui.

Il l'aime bien Pietro, il est marrant. Un peut vantard, mais amusant. Puis rapide, si rapide. Lui à coté, il est si lent… Et en plus, sous ces aspect narcissique, ce cache quelqu'un de très sympathique. Ouais, il l'aime bien, Pietro.

- Est-ce que j'ai ma place ici ?

Pris au dépourvu, Vif Argent ne répond pas tout de suite, ce qui renforce le doute de Li Mao.

- Hey ! Hey ! s'exclame-t-il lorsqu'il remarque le visage fermé de son ami. Bien sur t'as ta place ici ! Pourquoi ont t'aurai ramassé dans la forêt sinon ? Aller mon grand, arrête de broyer du noir ! Puis tu chasse trop bien pour qu'on te vire !

Le chat sauvage sourit. Deux secondes.

- Qu'est-ce qu'y a ? questionne alors Pietro, qui n'aime pas voir ces tentatives d'humour faire un bide.

Mais au lieu de répondre, Li fond en larme sur l'épaule du plaisantin, qui se dépêche de le prendre dans ces bras.

- Je veux pas ! Je veux pas ! Ca va recommencer ! Je veux pas ! Il va… Nan ! Je veux pas ! Je veux pas !

S'écris le félidé au travers de ces larmes.

- Qu'est-ce qui va recommencer ? demande d'une voix douce Pietro en le prenant dans ses bras. Promis je garde le secret… Li, quoi que ça puisse être, tu n'a pas a avoir honte.

Il a rajouté ça parce que, depuis qu'il connait Li Mao, il a constaté que s'est une forte tête, qui encaisse plutôt bien les cous, alors il se doute de ce qui l'a mit dans cet état, même s'il souhaite se tromper.

Li relève la tête, et le regarde dans les yeux.

- Même si j'ai pas à avoir honte… j'ai honte, dit-il.

Et il enfouit à nouveau sa tête dans le pull de Pietro, ou il se sent en sécurité.

- Raconte-moi, et je te dirai si tu as à avoir honte ou pas.

Li hésite. Il ne sait pas comment le dire, et il le fait savoir.

- Raconte, avec tes mots.

- Tu… tu te moques pas.

- Promis.

- Le Maître m'a amené dans mon chenil, à l'extérieur de la maison, parce qu'il a ressue un nouveau mutant, et je m'y suis endormis. Puis y'a Monsieur qui est venus.

- Attend, monsieur ? Le maître ? C'est quoi la différence ?

- Le Maître c'est Brian, le fils aîné et Monsieur, c'est bah c'est Monsieur…

- C'est le père.

- Ouais…

- Donc, il est venu, et ?

- Et il m'a dit que j'étais pas punis, donc il m'a fais rentrer. Il m'a conduit dans son bureau, ou j'étais jamais rentré avant et il a parlé.

La Li se tait.

- Et ?

Parce que Pietro se doute qu'il y a un 'et'.

Le chat sauvage détourne le regard des flammes et enfouis sa tête dans le creux de son épaule, ou il reprend son récit.

- Je ne comprends rien.

Il sort sa tête de l'épaule et répète :

- Il m'a demandé si j'étais fidèle et obéissant, j'ai dit que oui, puis il a voulu vérifier. Fin de l'histoire.

- Non, non, non ! Raconte jusqu'au bout.

- Pietro…

- Li, je te jure que ça te fera du bien.

- Il… Il m'a amené dans sa chambre et il m'a ordonné de…

La voix comme les mots commence à manquer, et Li ne sait pas s'il parviendra au bout de son récit.

- Il m'a ordonné de me déshabiller, puis il m'a regardé et après… après… (il est bord des larmes) il m'a dit de… dit de… Je peux pas. Je peux pas dire ça.

Les larmes coulent franchement sur sont visage, et Pietro le berce.

- Là, chut… C'est bon. Tu peux pas. Tu peux pas. T'en pis. La, sa va aller.

- Je voulais pas. Je voulais pas faire ce qu'il m'a dis mais j'avais pas le choix. Et je pouvais rien dire alors… alors je l'ai fais… et après… après… il m'a… il a… il m'a… fait mal…

Li Mao pleur toute les larmes de son corps alors que Vif Argent le berce encore. Quand il se calme enfin, Pietro lui dit que ça s'appelle un viol.

- Et que veux-tu que je face ?

- Que veux-tu faire ?

Que veut-il faire ? Oui, bonne question.

- Ils veulent que… que je les aide à… à retourner là-bas.

- Entré dans cette maison, assumer ce qui t'est arrivé… Sans tomber dans la psychologie de comptoir, je pense que c'est une bonne chose.

Psychologie de comptoir ? Qu'est-ce que sa veux dire ?

Sans comprendre le sens de tous les mots, il comprend la phrase de Pietro, et comprend que pour lui, il devrait les aider.

- Je veux pas…

- Qui voudrait ? Li, là maintenant, t'a deux choix qui s'offre à toi : ou tu fuis toute t'a vie, ou tu y va et t'affronte ta peur.

Le chat sauvage lève ses grands yeux interrogateurs vers le regard glacé de Pietro, comme s'il le suppliait de lui donner une réponse. A l'instant ou leurs regard se croise, Li se sent bien. En sécurité, autant que quelque minute plus tôt, quand il était dans ses bras.

Les yeux vert de Li sont captivant. C'est la seul pensé cohérente de Vif Argent. Parler ? Mais pour quoi faire, si se n'est rompre cet instant que Pietro devine unique.

Il voudrais tellement…

A suivre…