TRAUMA
DISCLAIMER : Le jour où je me baignerai dans une piscine de billets de banque, je me serai transformée en JK Rowling. En attendant, je ne suis pas JKR, donc tout lui appartient (même ma piscine à biftons) et je ne touche pas un centime pour cette histoire.
RATING : Même si ce chapitre ne regorge pas de scènes dites explicites, gardons le cap sur le M, au moins pour le vocabulaire.
Merci à Lemoncurd pour ses corrections et son talent.
RAR : Merci à tous d'avoir autant réagi sur le chapitre précédent et toutes mes excuses pour le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre !
Onarluca : Merci, je n'étais pas très sûre pour le chapitre précédent et tu m'as rassurée. Je suis très heureuse que tu continues à apprécier cette histoire. A bientôt !
Nfertiti : Merci beaucoup à toi, ton avis est très intéressant. Je suis très contente que tu aies aimé le chapitre, même s'il est vrai que Draco est parti totalement en live. Enfin, c'étaient ses pires moments alors maintenant, il va se calmer un peu (sinon Harry va lui tataner le patapouf !)
Je voulais que le personnage de Karim soit un ange gardien pour Draco et je pense qu'il a besoin de quelqu'un de lucide, qui ne réfléchit pas avec sa braguette, et c'est là le rôle de Karim. Il est un peu la conscience de Draco et, en lui faisant mal, c'est à lui-même que Draco fait mal. C'était bien de la jalousie qu'il ressentait quand il a vu Harry et Karim ensemble.
Dans ce chapitre, j'ai vraiment voulu que Draco se montre sous son jour le plus sombre, le plus odieux possible. Il veut se détacher des gens qu'il aime mais, en même temps, il ne peut pas vivre sans eux. Il a été très injuste avec Sirius, c'est vrai. Mais il marque un point quand il dit que Sirius ne vit pas vraiment. Il est tellement occupé à prendre soin de Draco, de Harry, du Ministère et des autres qu'il se perd complètement. C'est usant pour lui, comme ça l'est pour Karim.
Je suis contente que tu apprécies les réactions de Draco. J'ai voulu en faire un personnage qui se réfugie souvent dans l'excès, qui n'arrive pas à trouver le juste milieu et qui en souffre. C'est pour cela qu'il peut parfois être incohérent, dire une chose et agir dans son contraire.
J'avoue avoir aussi un faible pour Karim lol. Le fait que tu puisses visualiser ce que j'écris est un vrai cadeau que tu me fais, et je suis contente (je suis toujours contente ou quoi ! lol) que tu soies capable de le faire.
Le fait que Draco ait oublié n'est pas si mal que cela car, ainsi, des gens lui racontent ce qu'il a fait et il est obligé d'en parler. S'il s'était souvenu de tout, il se serait caché et il aurait évité tout le monde alors que là, il doit faire face à ses actes. L'amnésie ne résout rien pour lui.
Enfin, j'espère que la suite te plaira. Draco se calme et prend conscience de certaines choses.
Bonne lecture et à bientôt !
Lexy-Kun : Sincèrement, je te remercie pour ta review, je l'ai trouvée très judicieuse et je ne pense pas que tu aies écrit la moindre bêtise. Tu as très finement analysé la relation de Draco et Harry. Tout d'abord, Draco se réfugie dans les extrêmes car il n'arrive pas à parler alors qu'il en a besoin et cela le détruit. Il avait besoin de parler de son ressenti face au Détraqueur mais, au lieu de cela, il a préféré effacer cela chimiquement. Harry le comprend parfaitement et c'est cela qui aide à la relation. Et tu avais raison pour la jalousie, il est effectivement jaloux, sans l'admettre. La remarque sur Ginny était exactement dite dans ce sens, tout comme sa façon de jouer les victimes devant l'hôtesse qui dévorait Harry du regard. Au moment où il veut prendre de la drogue, c'est surtout pour accuser le coup du Détraqueur et l'idée d'être la cible de Crabbe. Il en a besoin comme pour ressentir autre chose que de la peur. Pour le reste, le cahier est sa thérapie.
Il est vrai que Draco se livre beaucoup à Harry, sans s'en rendre vraiment compte. Ça vient naturellement, parce que Harry reste assez fidèle à lui-même et que Draco sent la faille chez lui.
Draco protège un peu Ginny, en effet, et surtout, il sait que Lana souffre un peu de ces sous entendus. L'évolution de la relation entre Harry et Draco est très nette. Le séjour dans la suite nuptiale promet d'être chargé. Lol.
J'espère que tu auras pu récupérer de ton week end studieux et que le nouveau chapitre te plaira. A bientôt ! Bizzzz
Megami-chan : On peut dire que ta review m'a touchée. Je te remercie beaucoup de m'avoir donné ton avis. Le coté « Ice Ice baby » exprime le fond de ma pensée lol. J'imaginais le choc qu'on peut ressentir à voir quelqu'un danser là-dessus.
Je suis très contente que cette histoire te plaise et j'espère que la suite ne te décevra pas. Bonne lecture.
Bubblegum 712 : Tu as aiguisé ma curiosité : tu fais des compétitions ? Compétition de quoi ? Je te remercie pour ta review et j'ai conscience que mes chapitres mettent plus de temps à arriver. C'est parce que j'ai une foule de chose à faire, mais dès la fin février, tout sera rentré dans l'ordre. Ceci dit, les chapitres sont très longs alors je ne vais pas les updater toutes les semaines, mais les délais seront moins longs, c'est certain.
Pour la suite nuptiale, c'est effectivement drôle. Par contre, comme toi, je ne sais pas si j'aurais bien réagi en voyant quelqu'un lire mon journal (non, je sais, j'aurais très mal réagi.)
D'un autre côté, je n'aurais jamais eu le culot de lire le journal de quelqu'un non plus. Mais comme Harry espionne souvent à droite et à gauche dans les livres, je me suis dit qu'il serait bien tenté de lire le journal de Draco.
J'espère en tout cas que tu aimeras le nouveau chapitre, suite nuptiale en vue (qu'il est cabotin ce Sirius ! lol) A bientôt !
Lemoncurd : Merci pour ta review, je suis contente que le décor de la suite nuptiale t'intrigue. Selon moi, Draco n'est pas en pleine déchéance, ce n'est pas un état permanent, c'est une dérive le temps d'un week end. Draco a eu besoin de se retirer de lui-même car, dans la même journée, il s'est fait attaquer par un Détraqueur (et a souhaité se faire embrasser pour en finir), il a compris qu'il était traqué par Crabbe…tout cela lui a donné le besoin de « ressentir » comme il dit, plutôt que de réfléchir. Et il n'a pas besoin d'être aidé, Harry l'a compris. C'est pour cela qu'il est un peu plus naturel et cassant avec Draco. Draco a besoin d'authenticité. Son besoin de parler est grand mais il est emmuré dans sa douleur alors il reporte tout sur son corps. Quand à la scène de la cuisine, il faut voir qu'il n'éprouvait aucun désir, aucun plaisir. C'est quelqu'un qui dit toujours oui car il n'a pas de désir propre pour le moment. C'est quelque chose de difficile à comprendre mais qui a un sens pour celui qui le fait. Il est pénible parce qu'il attaque ceux qu'il aime, ça vient de son état un peu dépressif, de sa peur d'être trahi, c'est un nœud qui semble inextricable mais qui l'est. Enfin, chacun analyse la situation en fonction de son propre ressenti. J'espère que la suite nuptiale te plaira…Bisous.
CamDark : Je suis ravie que le chapitre t'ait plu. Je crois que, comme Harry, j'aurais tout jeté dans les toilettes. A présent, Draco va devoir faire face, il ne peut plus nier car Harry est devenu trop proche. J'espère que tu n'auras pas attendu la suite trop longtemps et qu'elle te plaira. Merci à toi et à bientôt.
Hannange : Hello ! Je te remercie beaucoup et je suis très contente que ma fic te plaise. J'espère que la suite sera à la hauteur.
Del 84 : On peut dire que ta review m'a fait hurler de rire. Le récit du matin, avec le drame, la noyade sous la douche, était un grand moment. J'espère que tes exams se sont bien passés, que JK et le bébé se portent bien (elle les fait à la chaîne ou quoi ?), que tu as bien profité de ta semaine de repos, et que, toi aussi, comme moi, tu as déjà réservé ton exemplaire du tome 6 pour le 16 juillet (je me sentirai moins seule quand on me traitera encore de folle à cause de ça lol). Je suis contente que l'histoire des clopes dans la marmite t'ait plue, parce qu'en fait, et c'est là une marque de mon niveau de folie, c'est ce que j'ai fait quand j'ai arrêté de fumer ! Juste pour savoir que le paquet était là, enfermé dans la cocotte, si j'en avais besoin. Quant à la chanson « Ice Ice baby », c'est la vieille chanson qui m'a toujours fait délirer, avec un excellent sample de Queen, une musique top, et la voix du mec qui saccage un peu tout. Lol. On ne peut pas dire que je n'aime pas, j'imaginais juste un Harry qui détestait cette chanson. Le coup des bites volantes dans ta bouche, tu m'as tuée sur place ! J'ai lu la phrase, sans percuter (c'est mon côté « pas Blaise » quand je suis fatiguée lol) et quand tu précises que tu ne devrais pas mettre les deux mots ensemble, j'ai la petite ampoule qui s'est allumée et j'en ai ri toute seule pendant une heure. J'ai regardé sur ffnet, tu n'as rien écrit ? Comment est-ce possible ? Très chère forme démoniaque, je te dis à bientôt et merci pour le délire !
Del 2 : Je te remercie encore une fois (se met un petit coup d'Ice Ice Baby aussi). C'est très étrange de relire ses propres mots. Quand j'écris, je suis dedans, je ne me rends pas vraiment compte et là, relire mes propos est assez…des fois je suis drôle et ça, ça me choque ! lol Je n'ai pas l'habitude d'être drôle, sauf quand je mange des clowns (ahhhhh que c'est drôôôôle)
Tu dis que la fic est intelligente, mais je précise qu'il faut être aussi intelligent pour lire le chapitre 7 sans tomber dans le premier degré qui m'énerve tant « oh, que Draco est méchant, méchant. » Tu fais quoi comme études ? Psycho ?
Pour la chanson de The Cure, c'est une excellente suggestion, je l'adore celle là. Merci !
Elijah est un prénom que j'aime beaucoup mais qui n'est pas lié à l'acteur, qui a effectivement de beaux yeux. Lol.
La question sur le fait que Draco ne s'assoit pas sur les fauteuils ou les chaises m'a fait réfléchir un bon moment. Quelque part, c'est une façon de se démarquer, d'opérer une cassure avec tout ce qu'il était aussi. Draco de Poudlard était très fidèle au règlement, malgré le fait qu'il ait martyrisé tout le monde, et il a vécu dans une famille très snob où s'asseoir sur les tables devait être très mal vu. Il met ainsi de la distance avec ce qu'il était et avec ses interlocuteurs, leur montrant clairement qu'ils ne sont pas pareils, pas sur le même niveau. C'est quelque chose de totalement inconscient, je n'avais moi-même pas conscience de cela en l'écrivant, mais c'est une explication tout à fait plausible.
Le fait que Draco reproche les pensées de Sirius vient du fait qu'il connaît bien Sirius et qu'il a extrapolé une pensée qui a bien appartenu à Sirius, une seule fois dans sa vie. Draco en fait une pensée récurrente car il s'auto-flagelle psychologiquement et il déplace cela aussi sur les autres, comme si les autres n'avaient aucun respect pour lui, qu'ils étaient heureux car il l'avait mérité plus que les autres. Quant à Harry, c'est un sentiment de profonde trahison qui anime Draco quand il se dit qu'il n'est pas venu.
Tu as raison, le désir (inexistant) de Draco devra être mis en avant et l'épisode de la cuisine vient justement rappeler cela. Draco n'avait pas envie, il a juste dit oui. C'est à ce sujet que la discussion va pouvoir s'amorcer. La tempête ne durera pas plus de 24 heures alors ils vont en effet sortir de la suite nuptiale lol.
Pour finir, je ne peux qu'applaudir la citation de l'auteure, elle est tellement juste et elle reflète vraiment ce que je pense. Sur ce, très chère Delphine, je te souhaite plein de bonnes choses et un merveilleux chapitre (hum hum…même pas vrai d'abord !). A bientôt !
Artoung : Coucou toi ! Je te remercie pour ta review, je suis contente que le chapitre t'ait plu. Non, non, tu n'es pas une folle qui se contredit, je comprends tout à fait la façon dont tu perçois Karim. Il est effectivement trop génial, trop adorable, trop tout, pour être supportable. En attendant, je m'attache beaucoup à lui et ça m'a ennuyé d'écrire les horreurs que Draco lui a sorties. Je sais, personne ne me forçais à écrire ça, lol. Non, non, je ne suis pas une folle qui écoute les voix dans sa tête lol.
Harry a, en effet, un patience d'ange, même s'il dit ce qu'il pense, il parvient à se contenir, à ne pas exploser. Il prend le contre-pied de ce que Draco attend de lui et c'est déstabilisant mais aussi sécurisant pour Draco.
Quant à Draco, il est dépendant au fait de ne pas manger, les drogues ne sont pas nécessaires pour lui. Il en a pris pour accuser le coup du Détraqueur, alors ça va aller. Une dépendance évitée.
Quant à la fin, je suis contente que tu l'aies trouvée drôle, le reste avait été assez lourd alors je voulais terminer sur une note plus légère et plus optimiste.
J'espère que la suite te plaira aussi. Gros bisous et bonne continuation !
Chardon : Merci à toi ! Je suis contente que le chapitre t'ait intéressé. Je vais commencer par ta remarque sur les psychologues. Je pense, en effet, qu'ils sont indispensables pour les gens qui ont du mal à faire des liens entre des évènements et leur comportement. Ils les aident à avoir une meilleure compréhension d'eux-mêmes. Bien entendu, dans les cas de troubles mentaux ou affectifs importants, ils sont nécessaires aussi. Par contre, je trouve que l'usage qu'on fait du psychologue est parfois scandaleux. Pour faire mal au conjoint, on va porter l'enfant chez le psy pour essayer de lui faire dire que le gosse est victime de sévices sexuels, au risque de traumatiser le gosse à qui il n'est rien arrivé. S'il n'y a plus de papier dans les toilettes, on court chez le psy pour pleurer alors qu'il est si simple de filer au supermarché. On lui refile notre gamin pour qu'il nous gonfle d'orgueil si jamais il lui trouve un QI supérieur à la normale. Ça oui, c'est inadmissible. Je crois que, pour consulter, il faut être prêt et en demande, dans Trauma, c'est Sirius qui insiste mais Draco n'est pas prêt. Cela ne peut pas fonctionner.
Je trouve amusant le fait que ce chapitre ait été perçu de manières très différentes selon les sensibilités. Certain, comme toi, on vu l'avancée que je voulais montrer, d'autres on vu le méchant Draco. Chacun pense ce qu'il veut, mais ce chapitre avait surtout pour but de montrer la douleur de Draco et le fait qu'il laisse Harry prendre une place que d'autres n'ont pas.
Ta façon d'aborder les personnages, avec cette compréhension et cette tolérance, me touche beaucoup. Tu vois au-delà des mots et c'est très agréable de savoir que tu me donnes ton avis objectif.
Merci encore pour ta review et ton mail. A bientôt !
Grafield : Je te remercie beaucoup pour ta review et pour ta lecture intelligente de mes chapitres (là, on sent l'auteur fatiguée d'entendre « Draco est un gros con, qu'il passe à autre chose » …que celui qui sait comment on « passe à autre chose » après ça me contacte et me dise comment, histoire que la fic soit plus courte…Draco se dit, « je passe à autre chose, » ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants…Il ne sera pas long ce chapitre 9 lol)
Bref, revenons en à nos moutons. Je suis soulagée que tu trouves les personnages assez complets et qu'ils soient cohérents psychologiquement parlant. L'évolution de Harry est, selon moi, une clé dans l'histoire car c'est à lui que Draco accorde le plus de liberté d'action. Je suis heureuse que tu aies vu son évolution justement. Il a franchi un cap et est passé d'émotif refusant de dire un mot trop haut pour ne pas blesser Draco à franc, exprimant le fond de sa pensée tout en contrôlant ses émotions. A présent, il est celui qui pourra avoir un réel échange avec Draco, sans plus avoir besoin de Karim, de Sirius etc… Quelque part, Karim lui a passé le relais en sachant que Harry est plus endurant et plus rapide (l'image de la course de relais est un peu nulle mais je n'ai pas mieux pour le coup lol)
Je n'avais même pas percuté sur ton « Harry saura comment le prendre », jusqu'à ta parenthèse. Tu m'as fait vraiment rire.
En tous cas j'espère que tu apprécieras la suite et sinon, n'hésite pas à me dire ce qui ne va pas car j'ai toute confiance en ton appréciation.
A bientôt ! Bizzzz
Kaorulabelle : Je te remercie beaucoup, je suis toute rouge ! Je suis très heureuse que cette fic te plaise autant et j'espère que la suite ne sera pas décevante. Ton site est très bien fait ! A bientôt !
Vega264 : Merci beaucoup, je suis contente que cette fic te plaise et j'espère que la suite sera à la hauteur. A bientôt ! Bisous.
Clôtho : Si une review a réussi à m'émouvoir, c'est bien la tienne. Toutes me touchent mais ta façon de comprendre, l'image du chat blessée…c'est tout à fait ça. L'image est excellente, très juste. Tout ton message avait un sens (contrairement à ce que tu penses) et je n'ai pas trouvé que tu te contredisais, on a le droit de ressentir des émotions différentes, d'aimer une chose qui nous fait mal. J'ai été contente que tu voies que l'addiction de Draco n'était pas la drogue, il a bien dit qu'il n'était qu'un consommateur occasionnel, mais le manque de nourriture. J'avais un livre de psychologie sur l'anorexie et la boulimie dont le titre était « désir de rien » et c'est exactement ce qui correspond à Draco. Il ne désire pas avoir de relations sexuelles, il répond simplement au désir des autres. Ce qu'il désire, c'est la sensation de « rien » qu'il ressent quand il est affamé. Tu l'as tout à fait bien compris mais, visiblement, ce « désir de rien » n'est pas étranger à ton vécu ou à celui de quelqu'un de ton entourage.
Je suis désolée si parfois, certaines choses que j'écris peuvent te rendre triste. Tu te doutes bien que ce n'est pas mon butLa souffrance immense de Draco dans le chapitre 7, son besoin de se faire exploser le cerveau, était liée au Détraqueur, au fait qu'il se savait traqué par Crabbe et qu'il a peur, très peur de la suite…ce que Harry a parfaitement compris. Draco n'a pas eu la force d'affronter cela et c'est pour cela qu'il a eu recours à un bien être chimique. Malgré cela, il a eu le besoin de griffer…Je t'aime, tu comptes pour moi alors je veux que tu me laisses, parce que je n'ai pas la force de te laisser.
Harry est, en effet, très courageux car il éprouve, lui aussi, une souffrance et une culpabilité immenses qu'il laisse de côté pour pouvoir atteindre Draco. Mais les situations sont faites pour se retourner alors…Dans ce chapitre, Harry va dévoiler ses faiblesses et Draco va montrer toute sa force.
Karim représente un idéal, l'ange gardien, celui qui assume. Je m'y suis beaucoup attachée. Je pense aussi que Draco va devoir dire la vérité s'il veut revoir Karim car Karim ne cèdera pas. Il est allé au bout de ce qu'il pouvait supporter.
Quant au journal, oui, quelqu'un l'a lu et on saura bientôt pourquoi. Ça ne peut pas être un moldu puisque, pour eux, ce n'est qu'une succession de pages blanches. Alors qui ? Comme toi, je pense que l'utilisation des informations comprises dans le carnet sont pires que le Détraqueur.
Tu as la même vision des choses que Harry, à savoir que Draco mériterait des claques pour ce qu'il fait mais que, pour qu'il arrête, mieux vaut lui donner de la tendresse.
En tout cas j'espère que la suite te fera moins déprimer, la fin du chapitre laissait déjà entrevoir une cohabitation « sportive, » avec Draco qui fait l'homme battu et Harry qui déteste une certaine chanson et qui clope comme un pompier.
Encore merci et à bientôt ! Bizz
Lee-NC-Kass : Coucou les girls ! Déjà, avant toute chose, rassurez vous, vous n'êtes pas folles ! Ou alors on est toutes les trois bien atteintes et on va monter un club puisque j'ai commandé le nouveau HP sur Amazon depuis plus d'un mois ! lol
Devinez quel titre de chapitre me fait le plus peur et me donne envie de le lire tout de suite ? Mdr, Draco's Detour bien entendu lol. Pour Spinners End, j'avoue ne pas bien voir ce que ça peut vouloir dire (on va s'amuser comme des folles à lire le livre en anglais, il va falloir qu'on se soutienne sur msn lol)
Alors les petites rongeuses ont recommencé à mordiller ? Mieux vaut vous faire les dents sur autre chose que vos lèvres. Alors, Nee Chan le Hamster, et Chana la Gerbille, je vous incite à mordiller des crayons.
Pour la fic, en effet, Draco n'était pas dans son état normal. L'usage de drogues peut rendre un peu, voire très, paranoïaque. En plus, la remarque était surtout de la jalousie. Comme l'a très bien fait remarquer une lectrice, Draco est comme un chat blessé qui griffe si on veut prendre soin de lui…je trouve cette image parfaitement adaptée à Draco.
Je ne sais pas à quoi vous ressemblez, mais je vous imagine faisant un bond en arrière devant l'ordinateur et ça me fait halluciner. Quand vous lisez une histoire, vous la vivez à fond, c'est bien. Tout ce que Draco a fait était mal, c'est vrai, mais il l'a fait uniquement parce qu'il était terrifié, très en souffrance après le Détraqueur car, Harry a raison, il sait que Crabbe ne le lâchera pas. Il a voulu se faire détester (gagné !) pour qu'on le laisse tout seul. J'avoue que si on me faisait ce qu'il a fait à Olivier, j'aurais probablement joué du poing aussi mais c'est à lui qu'il fait le plus mal. Il perd tout respect pour lui-même et c'est ce qu'il y a de pire.
Je suis d'accord avec vous : on n'a pas le droit de lire le journal des autres, mais Harry est bien le genre à le faire, curieux comme il est dans les livres, à écouter aux portes, à se balader avec sa cape d'invisibilité lol. Je suis désolée d'avoir fait pleurer mon tit Hamster. Cette partie, qui aura une incidence sur le nouveau chapitre, était faite pour rappeler aux lecteurs que Draco se sent terriblement coupable et que la seule personne en qui il a eu confiance était Harry. Cela permettait de rappeler surtout que Draco n'est pas le seul à souffrir, que Harry ressent une culpabilité qui l'étouffe et qui l'empêche de vivre pleinement. C'est comme les condamnés à mort américains qui doivent attendre le coup de téléphone du gouverneur pour être sauvés, ils espèrent jusqu'à la dernière seconde. C'est ce qu'a ressenti Draco et ça, Harry a bien fait de le lire car c'est un des points qui pourra servir à entamer une communication. C'est pas très clair mais ça le sera très vite lol.
C'est effectivement pire de se faire raconter la soirée par quelqu'un. S'il se souvenait, il n'aurait eu qu'à se cacher pendant une semaine ou deux et revenir après, une fois l'orage passé. Mais là, ne se souvenant pas, on lui raconte et il est obligé de parler, il prend conscience de la portée de ses actes.
Pour la suite nuptiale, si, ça va être un peu plus drôle que le chapitre 7 qui était assez pesant. Sirius sait toujours quoi faire lol.
J'espère que ce chapitre sera moins dur, que mon Hamster va rire. Bon courage pour le lycée. Bisoux et merci à vous !
Crackos : Je te remercie beaucoup. Je suis, en effet, très fière de te faire supporter les HP/DM et je suis contente de devoir te supporter encore longtemps ! lol. (exécute une danse de la joie)
Oui, Draco est un peu éparpillé quand il est shooté. Karim ne méritait pas ça, c'est vrai, mais il a bien réagi en refusant d'en supporter plus. Quant à Voisindudessous, on verra plus tard comment il réagi. Je n'aimerais pas non plus ça à sa place. D'un autre coté, Draco était complètement parti et ça se voyait et Voisindudessous comptait bien profiter de la situation.
Jared ? Un peu con sur les bords ? Comme dit Renaud, « sur les bords et au milieu » il craint un peu, oui. Il n'aide pas du tout Draco en se faisant complice de ses conneries, et puis, c'est lui qui lui a fait découvrir ces cochonneries.
Pour le journal, je ne te dirai pas tout de suite ce qu'il en est, mais rappelle toi de ton hypothèse, et tu me diras ensuite, « j'avais raison je suis the best » ou « j'avais tort, je suis the best quand même » lol. Deux personnes ont eu ce journal dans les mains, sans compter Draco et Harry.
J'espère que la suite te plaira autant que les chapitres précédents. A bientôt et encore merci !
Marina : Merci mille fois, je suis très heureuse que cette fic te plaise. A bientôt !
Mifibou : Merci beaucoup. Je suis contente que ce chapitre t'ait plu. Je craignais que les lecteurs se mettent à détester Draco mais, vous avez été nombreux à comprendre et à apprécier le chapitre. J'espère que la suite ne te décevra pas. Big kiss et à bientôt !
Mel'Amarain : Oh joie, tu as aimé ce chapitre ! Merci beaucoup pour ta review, ton avis est toujours intéressant. Comme toi, je maudis ces fics dans lesquelles le viol est un moyen comme un autre de rapprocher les personnages (« tu as été violé, mon pauvre, viens là que je fasse l'amour » ça me donnerait presque des envies de me lâcher façon Olivier dans la cuisine !) La pire chose que j'aie lu, un one shot dans lequel Draco et Lucius couchaient joyeusement ensemble, sans que cette relation incestueuse ne fasse de mal à Draco…cautionner l'inceste de cette manière est immonde.
Je voulais que le chapitre se termine de manière plus légère car il avait été assez lourd tout le long. Cette fin laisse entendre que ce nouveau chapitre sera moins dense, qu'il comprendra un peu plus de parties humoristiques.
Je crois que la phrase que tu as tant aimée est celle que tout le monde attendait, celle où Harry annonce la couleur : il ne craint plus de perdre Draco alors il va exprimer le fond de sa pensée. Il n'hésite plus à rembarrer Draco, il se retrouve lui-même.
J'espère en tous cas que la suite te plaira. Gros bisous et bonne continuation !
Ariane Maxwell-Shinigami : Mdr, tu as raison ! Je te remercie beaucoup et je suis très contente que tu aies tiré le positif du chapitre plutôt que le négatif. En effet, Draco a un peu (beaucoup, énormément) abusé mais Karim a raison. Il laisse Harry entrer dans son monde sans lui claquer la porte au nez. Ils ont des gestes tendres, Harry dit plus facilement ce qu'il pense. J'espère que la suite sera à la hauteur. Bisous !
TopCerise : Je te remercie beaucoup de me donner ton avis. Je suis très contente que tu aimes cette fic. La remarque sur « Ice Ice Baby » était faite pour justement détendre un peu l'atmosphère assez lourde de ce chapitre, je suis ravie que ça en ait fait rire certains lol. Merci pour tes encouragements et à bientôt !
Monaghan : Merci pour ta review, je suis désolée de tant tarder à écrire mes chapitres. Il est vrai qu'ils sont longs et cela me prend pas mal de temps, mais je pense qu'il ne faudra plus attendre un mois et demi pour les suites. Je suis contente que cette histoire te plaise et j'espère que la suite ne sera pas décevante. A bientôt.
Pitit Tigre : Coucou ! J'espère que tu vas bien, ainsi que ton bébé d'amour. A féliciter pour le surnom. Je te remercie de me donner ton avis, je suis contente que tu aies dévoré ce chapitre. En effet, Harry a une patience à toute épreuve, parce qu'il est allé loin Draco. D'un autre coté, comme le dit Harry, ce n'est pas à lui de faire une crise puisque le copain de Draco, c'est (c'était plutôt) Olivier. Chaque personne réagit selon sa propre sensibilité à de telles atrocités et j'ai choisi de montrer un coté très extrême, on comprendra dans ce chapitre que ce n'est pas uniquement lié au viol.
J'espère que la suite te plaira, Draco se calme. Gros bisous Pitit Tigre et à bientôt !
Fébla : Merci pour ta review, j'espère quand même que tu as pu bosser ton DS d'anglais et que la chanson Ice Ice Baby t'est sortie de la tête ! Je suis contente que le chapitre t'ait plu et j'espère que la suite ne sera pas décevante. Il est clair qu'il vaut mieux essayer d'occulter certaines choses si on n'est pas prêt à les affronter. Le problème étant que ces choses reviennent parfois comme des gifles, parce qu'on ne peut jamais complètement occulter. Le tout étant de se reconstruire a son rythme, parce que les gens qui disent qu'on ne vit plus jamais bien après ces évènements ont tort. En tous cas j'espère que cette fic ne remue pas trop de choses pour toi. A bientôt.
Vif d'Or : Coucou Miss ! Je te remercie d'avoir noté que le chapitre 7, même s'il mettait en scène les dérives de Draco, se centrait surtout sur les réactions et les changements internes de Harry. Je comprends donc tout à fait ce que tu veux dire, c'est aussi comme ça que je l'imagine le mieux. Tu fais toujours preuve de sensibilité lorsque tu lis et je dois dire que j'apprécie beaucoup. Je ne sais pas si tu es comme ça, aussi réceptive, avec les gens qui t'entourent mais, si c'est le cas, ils ont beaucoup de chance. Pour le journal, il y aura d'autres passages lus dans ce chapitre car je pense que le ressenti de Draco joue un rôle primordial. Harry est, lui aussi, très traumatisé par ce qui est arrivé et, comme Draco, il va devoir essayer de l'exprimer. Lol, si tu étais Legilimens, tu ne verrais pas grand-chose pour le nouveau chapitre car, au moment où je te réponds, il se compose de bribes dans ma tête, bribes qui ne s'imbriquent pas encore bien. J'espère que le résultat sera correct. Je te fais d'énormes bisous et moi aussi, je t'adore.
Whizzbee : Merci pour la correction sur les beatles, il faut dire que j'ai passé des nuits entières à écrire ce chapitre, jusqu'à m'en rendre presque malade alors, j'avoue, je n'ai pas vérifié l'orthographe. Au moins, Depeche Mode était écrit correctement. A bientôt !
Zed Oras : Bonsoir. Je te remercie beaucoup pour ta review « ma chtite Zed » ! J'ai conscience que certains passages sont assez difficiles dans cette fic et j'espère que tu pourras être émue, mais jamais choquée car, si je choque quelqu'un, c'est que j'aurai fait une erreur en chemin. J'espère que la suite te plaira, elle est moins difficile que le chapitre 7. A bientôt !
Enola 83 : Merci pour ta review, j'espère que ta crève est passée. Je suis contente que tu aies aimé le chapitre précédent et j'espère que tu aimeras aussi le suivant, dans lequel Draco se calme. Bonne lecture !
Siuki : Je te remercie pour ton soutien dans l'écriture de cette fic. J'essaye de me mettre à la place des personnages et j'avoue qu'il n'est pas facile de ressentir toutes ces émotions (le premier qui m'appelle « le caméléon », je le tue ! lol). J'espère que la suite te plaira. A bientôt ! Bizzz bizzzz !
Saina : Coucou la slasheuse folle ! Encore une fois, merci pour le dessin de Sirius, moi être folle de lui ! lol Et merci pour ta review. Je suis contente que tu aies cette opinion sur les drogues et autres hallucinogènes. Je suis d'accord avec toi sur ce point. Il est vrai qu'il ne se passe pas grand-chose en action dans le chapitre 7, tout se joue au niveau psychologique, avec la cassure dans la relation de Draco et Karim, et surtout, l'évolution de Harry qui dit ouvertement ce qu'il pense.
C'est clair que pour le carnet, Harry s'est trouvé des excuses bidon pour le lire. A sa place, je ne l'aurais pas fait car, comme tu dis, la curiosité tue le chat. Et puis l'intimité d'autrui est sa possession et il faut la respecter. Harry a fait cela pour mieux comprendre Draco et il lira d'autres passages dans ce nouveau chapitre. Et, en tant que Siriusophile convaincue aussi, je dirais que oui, tu as raison, il assure Sirius ! Je crois que je n'arriverais jamais à écrire un comportement inadmissible chez lui. Remus est prof à Poudlard, pour info. J'ai aussi une préférence pour les Sirius/Severus. Je tenterai d'écrire une fic sur ce couple un jour. En attendant, voici la suite, en espérant qu'elle te plaira. A bientôt !
Saina2 : Je ne connais pas la chanson du pingouin mais j'aimerais vraiment l'entendre, elle a l'air terrible ! lol « Ice Ice baby » est une chanson du début des années 90, sur un sample de Queen et c'est terrible lol.
Vert Emeraude : Merci beaucoup. Je crois aussi que Harry les a bien hautes mais, moins qu'Olivier qui s'est vraiment fait humilier (Karim aussi d'ailleurs). J'espère que la suite ne te décevra pas. Bisoux !
Bloody Marie : Je te remercie beaucoup et n'hésite pas à me donner ton avis ou à me demander des précisions, comme pour le coup de Crabbe Senior, ça ne peut que faire avancer la fic au cas où j'ai été trop vague. J'espère que la suite sera à la hauteur, on y parle encore un peu du journal de Draco. A bientôt.
Anagrammes : Thank you so much !
Anagrammes : merci !
Anagrammes : Encore merci ! Lol. Alors, pour Dave, c'est net, il risque d'y passer s'il vient en concert (pliiiiiizzzze DM, viendez à Lyon !) Bon, je dois dire que j'ai revu certains blonds et Martin Gore n'est pas mal, si on lui lime les dents. Alors, abordons le sujet. Il est normal que Karim ait perçu la lumière blanche. Pourquoi me demanderas tu ? Lis ce chapitre et tu comprendras, lol. Il est vrai que l'arrivée de Draco dans la chambre ramène Harry en arrière, à une époque où Draco avait la faculté de blesser juste pour blesser, pas pour se défendre. En ce qui concerne Jared, tu n'as pas tort.
Je crois que tu as mis le doigt sur quelque chose de très intéressant. En effet, Draco a le pouvoir immense de toucher les gens par la parole, mais il n'arrive pourtant pas à se confier, c'est là toute sa contradiction. Nous savons qu'il est tout en contradiction mais là, c'est effectivement très marqué.
Je crois que, question dépendance, si tu observes ta Davidoff, tu en connais un rayon. Elle peut être physique ou psychique, mais dans tous les cas, elle est un moyen de se raccrocher à quelque chose, d'avoir un contrôle quelconque (autre contradiction qui a du sens) Nous sommes deux accros à Nip Tuck, et je rajoute Friends, Depeche Mode et les bouledogues français (nouvelle lubie de ma part, je crois que je vais en mettre un dans NFPLY).
Meuh non, Vanilla Ice est super ! lol. Le sample musical est excellent (du Queen je vous prie), par contre la voix…(cherche le ticone qui vomit)
Tu m'as traumatisée avec Gollum ! Hier soir je regardais le Seigneur des Anneaux et n'arrêtais pas de penser à ça ! beurk beurk ! Karim n'est pas un Hobbit ! C'est juste qu'Olivier tape dans les 1m95 dans ma fic et que Karim n'est pas très grand.
Harry pose la question du prénom pour fairech Draco, parce que le blond a dit connaître Gollum. Pour la discussion avec Sirius, tu es dans le vrai. Draco perçoit cela comme une trahison, parce qu'il craint vraiment d'être trahi (et il ne va pas être déçu, bichette) Mdr, j'adore le live avec les impressions sur le téléfilm larmoyant d'M6 ! lol Pour ma part je viens de pleurer de rire devant un film d'M6 en deuxième partie de soirée, du pur délire. « Beautés mortes » ou un truc comme ça.
En attaquant Sirius, forte image paternelle, Draco attaque aussi son propre père, c'est une façon de le tuer symboliquement parce que Lucius est toujours présent dans la tête de Draco.
Au sujet de la réaction de Harry après le fiasco chez Karim et la bande, je pense qu'il a vraiment trouvé le ton juste, qu'il s'est écouté autant qu'il a écouté Draco, sans pour autant cautionner les actes de Draco. Et oui, j'avoue, mon rêve est de vous faire tous flinguer vos claviers d'ordi, parce que j'ai des actions dans « claviers d'ordi com » !
Tu as soulevé un point qui m'a fait réfléchir (activité difficile pour moi) et mes conclusions sont les suivantes (roulement de tambour) : effectivement, Draco écrit sur Sirius plutôt que sur lui au début. Il n'est pas encore prêt à se dévoiler totalement, même pas pour lui-même, alors il déplace le problème sur Sirius, même si Sirius a aussi un problème affectif. Il prend l'image de l'homme fort qu'est Sirius pour l'analyser, s'entraînant ainsi à parler de lui plus tard. Je pense que tu as tout à fait raison, Karim agit par instinct d'auto conservation en refusant de revoir Draco. Il a trop donné sans jamais se perdre mais, s'il avait revu Draco après cette soirée, il aurait fait un trop grand sacrifice. Il a besoin de temps et de comprendre…Et on le comprend. Lol. Ce nouveau chapitre stagne un peu plus, mais je pense qu'il est nécessaire pour la suite. J'espère qu'il ne te décevra pas Caneton. Bizzz bizzzz et encore merci pour tout.
Karo : Je te remercie beaucoup pour ta review et je te rassure, je n'abandonnerai certainement pas cette fic. A peine les chapitres postés, j'ai envie d'écrire la suite mais je suis prise par le temps. En tous cas je suis très heureuse que tu aimes cette histoire et j'espère que la suite sera à la hauteur. Bisous !
Chris 52 : Kikou ma grande ! Merci pour ta review délire ! J'ai encore beaucoup ri ! Quel plaisir de retrouver Fred ! lol Mdr, ok Draco, je t'ai entendu, je vais te caser avec Harry (mais dans ma fic, Fred n'est pas homo ! lol) Il faut juste que tu arrêtes tes bêtises. Comment ça c'est moi qui écris ces bêtises ?
Après réflexion, oui, c'est vrai. Bon, tu as intérêt à être bien gentil et à m'apporter mes pantoufles si tu veux que j'écrive que tu as calmé ta joie !
Bisous Chris et bonne lecture !
Marine Malefoy : Wow, 8h de lecture ! lol Je suis très touchée que ma fic t'ait intéressée à ce point. J'espère que la suite ne te décevra pas. A bientôt !
Shunrya : Hello ma Shun ! J'espère que tu vas bien. Je te remercie pour ta review, je suis très contente que ce chapitre t'ait plu. J'adore ton expression sur Draco qui « claque tout dans la tronche de tout le monde. » C'est exactement ça. Pour le journal, je n'aurais pas décrit le viol, j'en serais bien incapable. Certains moments, en particulier les mots qui ont tant blessé Draco, seront évoqués ici et là mais rien de décrit. C'est clair que le ressenti en dit bien plus.
Pour l'hôtel, cela va-t-il être un apprentissage ? Je ne sais pas trop, plus une mise à l'épreuve constante lol. En fait, au moment où je te réponds, je n'ai pas encore tout le chapitre en tête XD Il n'est pas encore écrit mais, quand cela sera le cas, j'espère qu'il te plaira lol. A bientôt !
CélineS : Je te remercie pour ta review malgré les moments difficiles que tu passes. J'espère que ton ami va mieux. Pour Harry, il est certain que je ne pourrais pas le faire passer pour un profiteur, ce serait trop dur. Bon courage pour la suite. Bisous.
Chris : Merci beaucoup. Il est clair qu'en tant qu'ami, notre rôle est aussi de dire « stop, tu vas trop loin et je me perds » comme Karim l'a fait. Toujours pardonner finit par donner l'impression qu'on cautionne certains actes. Tu as tout à fait raison au sujet de cette aura de victime, de héros qui attire les gens. Ils n'attirent pas pour ce qu'ils sont vraiment mais pour ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont subi. Draco accepte en effet Harry car ce dernier est spontané, et il a vécu le même genre de choses, le coté héros dont on se moque mais dont on a besoin pour se sentir en sécurité. Quelque part, la franchise de Harry aide Draco à pouvoir se sentir mieux dans la mesure où, si Harry lui dit qu'il est quelqu'un de bien, c'est vrai.
Tu as bien compris, Karim a été le premier de Draco, mais il ne sortira pas de l'histoire, même s'il sera moins présent. Le huis clos entre les deux beaux gosses va être assez révélateur pour eux, reste à savoir s'il les rapprochera ou les éloignera. J'espère que la suite ne sera pas décevante. Bizzzz !
Babeth : Tout d'abord, je te remercie pour ta review de « Joyeux Noël professeur Potter ». Je suis contente que ce one shot t'ait plu, en particulier le duo Severus/Sirius. Je me suis beaucoup amusée à les imaginer en brillants entremetteurs, déjantés, qui se lâchent complètement maintenant qu'ils se sont trouvés.
Quant à Trauma, non, non, je n'ai pas crié En effet, Harry est sincèrement amoureux mais au début, logiquement, il a surtout bloqué sur les apparences, c'est d'ailleurs pour cela qu'au début, on a l'impression que Draco est un vrai sex symbol : on voit à travers le regard de Harry. Je pense que cela a largement été expliqué par Draco lui même dans les chapitres 6 et 7. Il faut savoir que rien dans mes histoires ne doit être pris au premier degré, comme un réalité immuable car dans les chapitres qui suivent, je peux complètement retourner les situations et les opinions, à l'image de ce que l'être humain ressent. On n'est ni tout blanc, ni tout noir. Draco n'est ni un ange, ni un démon ! Draco n'est absolument pas idéalisé, il est juste l'image du martyr et, comme il ne s'effondre pas en pleurant à tous les coins de rue, les gens veulent l'atteindre, comme si c'était un challenge. Je rappelle quand même que le mec a vécu un drame dont tout le monde est au courant, il y en a assez pour avoir envie de le protéger et de prendre ça pour de l'amour (ce qui est probablement le cas de Charlie). De plus, il existe des gens comme ça, qui renvoient un certain charisme sans qu'on sache exactement d'où il vient et qui fascinent un peu les autres, c'est comme ça, ça ne s'explique pas. D'ailleurs, j'arrête d'expliquer. Lol.
En tous cas je suis contente que tu apprécies l'histoire et j'espère que la suite te plaira aussi. A bientôt !
Tama : Je te remercie de me donner ton avis et je suis contente que cette fic te plaise. En ce qui concerne la profusion de couples homos dans la fic, je dois dire que c'est volontaire. Personnellement, je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup dans la mesure où les couples correspondent à des âges différents, à part Dean, Seamus, Harry et Draco qui ont le même âge, les autres sont plus âgés. Charlie est plus vieux qu'Olivier. En fait, je me suis un peu inspirée des gens qui m'entourent. Comme mes amis, Draco, Karim et ses amis ont leur propre univers, recherchant la compagnie de ceux qui leurs ressemble, sans pour autant se couper des autres. Il est certain que je ne me contenterai pas d'un seul couple homo dans mes fics car je ne pense pas qu'au quotidien, on ne côtoie qu'un seul couple gay. Pour répondre à ta question sur le journal, oui, il a effectivement été lu par quelqu'un d'autre que Harry. Vous saurez bientôt par qui et je serai curieuse de savoir à qui tu pensais. En tous cas, je suis contente que les longs chapitres ne te fassent pas peur car, cette fois encore, j'ai fait long lol. J'espère que la suite te plaira. A bientôt.
Vyviane : Merci beaucoup de me donner ton avis. Je mettrais également volontiers mon pied quelque part à Mick et à tous ses « collègues de travail. » Quand à Karim qui ne croit pas à la magie, c'est sûr qu'il n'a pas idée… lol. Je suis contente que cette fic te plaise et j'espère que ce nouveau chapitre ne te décevra pas. A bientôt !
Ilys : Je te remercie beaucoup et je suis contente si mes fics et moi, nous avons pu te distraire pendant ta maladie. Vive les ordis portables, en effet. Il est vrai que dans cette fic, Draco est complexe et je suis soulagée que ça complexité ne te tape pas sur les nerfs. Comme toi, j'en ai marre des fics dans lesquelles tout est si simple : un viol, un Harry Potter en sauveur, deux minutes plus tard, tout est oublié et l'amour explose. Pareil pour les clichés des personnes violées qui se roulent en boule dans un coin et qui ne supportent plus qu'on leur dise « bonjour » jusqu'à leur mort. Les réactions face à un viol sont très différentes selon les personnalités, c'est certain et j'ai voulu explorer ce que donnerait la réaction d'un personnage fier et à forte tendance au déni, comme Draco. En tout cas je suis heureuse que ça t'intéresse et j'espère que la suite te plaira aussi. Bisoux à toi !
Lovely A : Merci beaucoup pour ta review, tu m'as vraiment fait rire avec ta remarque sur l'attente de chapitres qui fait travailler la patience. En même temps, tu as raison, en tant que lectrice, je teste aussi les limites de ma patience en attendant les suites de mes fics préférées. Je suis très heureuse que cette fic te plaise, aussi bien sur le fond que sur la forme. Quant aux remarques sur le style d'écriture, non, ça ne fait pas con de dire ça (mdr, je le dis aussi !). J'essaye de montrer un maximum le ressenti des personnages et j'espère ne pas tomber dans le larmoiement à la longue. Trouver un juste milieu est assez difficile mais je fais mon possible. En tout cas j'espère que la suite ne te décevra pas. Encore merci et Bisous !
Dmoniac cat : Merci beaucoup de me donner ton avis. Je suis très contente que cette histoire te plaise et qu'elle ait pu te toucher (je ne saute pas de joie à l'idée de t'avoir donné les larmes aux yeux, mais juste à l'idée que tu peux ressentir ce que j'essaye de faire passer). Le passage du cahier bleu a été assez intense à écrire, et ce n'est pas fini puisque d'autres choses vont être lues. En tout cas j'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur. Bonne lecture et à bientôt.
Antharosa : Merci infiniment de m'avoir écrit cette review. Je dois dire que j'ai été très émue par ta façon de t'exprimer et parce que tu as compris que le ressenti est ce qui m'importe le plus lorsque j'écris. Quant à faire réfléchir à travers mes histoires, je dois dire que c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire, parce que c'est ce que j'aimerais transmettre : l'idée que ce qui semble blanc n'est pas toujours forcément blanc et que les gens ne sont pas des ordinateurs, programmés sur un mode de pensée. Chaque comportement peut avoir plusieurs causes différentes et l'important est de ne pas juger avant d'avoir compris. C'est pour cela que Harry ne parvient pas à se situer tout à fait, entre comprendre totalement et ne pas vouloir savoir, comme tu l'as si bien fait remarquer. Sache en tout cas que ta review m'a beaucoup touchée et que je te remercie pour tous les chapitres que tu liras sans peut être les reviewer. Je saurai que tu es là et c'est ce qui compte, en espérant ne pas te décevoir. Bonne lecture et encore merci.
Damien : Merci mista lova lova (allez viens danser sous les sunlights des tropiques !) Comme d'habitude, tu sais ce que je pense : tu as tout juste ! Et tu n'es pas si innocent que ça ! Bisous !
Omi : Merci d'avoir eu le courage de réécrire la review après que ton ordinateur l'ait supprimée. Tu as tout à fait raison quant aux trois personnalités de Draco. Elles lui correspondent sans vraiment révéler qui il est vraiment. Il est un mélange de ces trois facettes, en bien plus profond et sa peur l'empêche de se découvrir tel qu'il est réellement. Il joue avec les autres pour éviter que les autres ne jouent avec lui. Tu verras dans ce chapitre, les nombreux extraits de son cahier le montrent tel qu'il est : quelqu'un d'intelligent qui souffre et qui a peur. Ce chapitre ne montrera pas toute la semaine, car je l'ai axé sur les deux premiers jours, très importants dans l'établissement d'une communication entre eux deux. Quant à ton message, il était très clair et très intéressant, même si tu as dû le réécrire. Merci encore et j'espère que la suite te plaira. Bonne lecture.
Oxaline : Merci à toi. Tes reviews me renvoient toujours ce que j'écris et cela me permet de voir si ce que j'ai écrit est intéressant ou non. En effet, c'est bien de la jalousie qu'éprouve Draco lorsque Karim parle avec Harry (comme lorsque la réceptionniste drague Harry). Si tu as aimé le paragraphe sur Crabbe senior, tu vas le retrouver dans ce chapitre, et malheureusement pour Draco, le père a un cerveau, contrairement au fils, et il l'utilise contre Draco (et pourquoi je te dis tout à l'avance ?) Par contre non, Elijah est juste un prénom que j'aime beaucoup et il n'a pas grand-chose à voir avec Elijah Wood, même s'il a, en effet de très beaux yeux. En tout cas nombreux sont ceux qui ont pensé à Elijah Wood lol.
Je suis contente que tu n'aies pas été surprise qu'Harry ouvre le cahier. Comme tu le dis, c'est de Harry Potter qu'on parle, monsieur Cape d'invisibilité etc…mdr
Si tu as aimé le passage sur le cahier bleu, ce chapitre regorge d'extraits de ce cahier, afin qu'on comprenne mieux Draco. J'espère que cela te plaira.
Quant à Draco qui couine, je le voyais bien, totalement lui-même pour une fois, laissant échapper ce couinement sans pouvoir le retenir. Pour Karim, on reparle de lui dans ce chapitre. Je te laisse lire au lieu de tout te raconter lol. Bisous et merci !
PS : la suite de Sortir des Ténèbres arrivera un peu plus tard, je commencerai à l'écrire dans deux semaines, lorsque j'aurai terminé l'OS du second numéro du troisième œil. A bientôt !
Babooska : Merci à toi, j'espère que la suite te plaira. A plus !
Seb : Ptit con, t'arrêtes de me traiter de garce ! Merci beaucoup pour ta review de fou ! Pour Crabbe senior, tu as raison, je le dis ! Si tu trouves la lecture du journal inadmissible, tu vas être servi dans ce chapitre ! Quant aux côtés irrésistible et sarcastique, je me suis inspirée du personnage en question. Pour l'ange Karim, je me suis inspirée de toi (c'est faux mais si ça peut te rendre heureux…bizoux !) Bonne lecture mon Sebou !
Margarita6 : Merci ma belle. Je suis contente que tu aies aimé et j'espère que la suite te plaira autant, même si l'histoire avance moins (pour mieux s'emballer dans le prochain chapitre of course ! ) Gros bisous et à bientôt.
Crazysnape : Merci beaucoup pour ta review, je suis contente que le chapitre t'ait plu. Pour la fumée blanche, on en saura plus dans ce chapitre. Pour mémoire, Sirius a vu cette lumière au moment où Draco a pris la baguette de Harry pour tuer Voldemort lors de la bataille finale. Pour Depeche Mode, je trouvais aussi le décalage entre le rythme et la pression dans la chambre assez drôle et si ça a pu t'amuser aussi, alors j'en suis heureuse. Tu as été parfaitement claire dans ton explication sur la prise de drogue entre Jared et Draco. En fait, c'est surtout Jared qui incite Draco à consommer avec lui mais ça ne se voit pas trop. En effet, je voulais parler du chapitre 7 quand je disais qu'il ne pourrait pas tomber plus bas. Tout ce qu'il fait est totalement dans l'excès et il lui faut remonter le niveau. Ce que Sirius lui dit est vrai, à tel point que ton image de la claque à chaque phrase est tout à fait juste. Tu as raison aussi pour la référence au Draco d'autrefois, en plus torturé intérieurement.
L'incohérence dont tu parles au sujet du carnet est en fait un petit clin d'œil au journal de Bridget Jones, que j'ai lu cent fois. Il y a un passage où, justement, elle écrit quelque chose dans ce genre avec l'alcool, parce qu'elle est conditionnée pour écrire son journal tous les jours.
Pour le journal, on saura plus tard qui l'a lu mais, comme tu l'as dit, Draco ne laisse pas sa porte ouverte. Il a donc bel et bien été trahi.
Encore une fois, tu ne te trompes pas en ce qui concerne le besoin d'être aimé, rassuré de Draco. Je te laisse lire ce chapitre et tu verras à quel point tu avais raison. J'espère qu'il te plaira, on y découvre pas mal de choses, même si l'histoire stagne en attendant le prochain chapitre, plus riche. Encore merci et à bientôt !
Kiarale : Je te remercie beaucoup pour ta review et je suis contente que les 7 chapitres t'aient plu. Avoir l'avis de quelqu'un qui a lu la fic en une traite est important car c'est là qu'on peut voir si on s'est contredit dans l'histoire. Pour l'instant, ça a l'air d'aller. Je ne sais pas si l'idée est novatrice, j'en doute, mais je voulais traiter de ce sujet en mettant en avant les émotions et le trouble chez tous les gens qui entourent Draco, en rappelant qu'ils sont eux aussi, quelque part, victimes. Je te laisse lire la suite qui s'est faite attendre, en espérant qu'elle te plaira. A bientôt.
Lulu : Merci beaucoup, je suis très heureuse que cette fic te plaise. J'espère qu'il en ira de même pour la suite. Bonne lecture !
Dark Lizard : Merci beaucoup à toi. Je suis contente que le chapitre précédent ait su te toucher et que tu ne te soies pas endormie (on prend les paris pour le nouveau -)
Ta perception de Draco dans sa contradiction est très juste. C'est ainsi que je voulais le montrer, parce que les gens sont faits de contradictions. Je te laisse lire la suite, en m'excusant pour le temps que j'ai mis à l'écrire, me mettre à la place de Draco pour écrire le journal n'est pas chose facile. J'espère que ce chapitre te touchera également, c'est la première fois que j'ai eu envie de pleurer en écrivant la fin. Bisous et à bientôt !
Shetane : Merci à toi (et à Nfertiti pour le coup de pub). Je suis très heureuse que cette fic ait pu te toucher, en particulier le personnage de Sirius. Je le voulais plus sage, mais toujours impulsif. Son envie d'aider Draco a été une impulsion au détriment d'Harry mais ses choix étaient légitimes. Il est le roc, solide et fragile à la fois, en tout cas à mes yeux. Si tu trouves l'endroit où se cachent les Sirius, surtout dis le moi stp. Pour Ginny, je voulais qu'elle réagisse avec dignité, gardant pour elle ses émotions. Un peu comme Karim, elle veut surtout le bonheur d'Harry.
Tu ne passes absolument pas pour une fille immonde à mes yeux, ton ressenti se justifie tout à fait. Je voulais justement faire passer cette idée que la victime souffrait, mais que son entourage ressentait aussi une grande détresse psychique. En effet, en tant que proche de la victime, tu peux te dire qu'il faut la soutenir (et c'est vrai) et que tu ne peux pas montrer à quel point cela t'affecte, que ça te fait mal de savoir que quelqu'un ait osé faire de atrocités à quelqu'un que tu aimes. Cela provoque alors un sentiment de culpabilité et la souffrance est intense. C'est cette douleur aussi que je voulais montrer, celle de Sirius, de Pansy et, surtout, d'Harry, toujours pris entre son amour pour Draco et son envie de lui casser la figure.
Les extraits du journal dans ce chapitre en diront plus long sur Draco et sa façon d'agir, de ressentir les choses, sa vision de la drogue aussi.
Quant à Zabini, il a été immonde, mais il regrette ce qu'il a fait, contrairement aux autres. Draco n'a pas été reconnu en tant que victime car il nie être une victime, alors forcément, les excuses de Zabini l'énervent alors qu'elles devraient lui permettre de se sentir moins en colère contre lui même, parce que s'excuser, c'est reconnaître qu'il n'avait rien fait pour que ça arrive.
Et pour Karim, il ne va pas être bien loin malgré tout. En tout cas, sans être là, il est très présent dans ce chapitre que je vais te laisser lire (traduction : j'arrête mon bavardage lol). Encore merci pour ta review que j'ai trouvée très claire et en rien décousue. Bonne lecture et à bientôt.
Enya : Merci à toi, vraiment je suis heureuse que cette fic te plaise. Tu ressens les choses avec force et je suis touchée que les émotions que je cherche à faire passer soient aussi bien perçues par toi. Ta référence à la chanson de U2 est totalement bien pensée, elle correspond exactement à ce que vit Draco. Il est dans les extrêmes et, paradoxalement, il veut trouver la sérénité. Il se débat dans les trahisons qu'il ressent souvent. Je pense aussi beaucoup aux victimes et à leur entourage quand j'écris cette fic, d'où mon insistance sur la souffrance de Harry et de Sirius. Beaucoup de victimes ne sont pas aidées car elles ne tombent pas sur les gens qui leur permettent de parler librement. Les services de police sont mieux préparés à recevoir leurs plaintes, mais il y a encore des endroits où, porter plainte, c'est raconter tout dans le détail à des gens froids et c'est comme une seconde agression. D'autres victimes ne parlent pas, et c'est ce qu'aurait fait Draco, si tout le monde n'avait pas été au courant. C'est pour cela qu'il a autant de mal à laisser entrer les gens dans sa vie. Il a besoin d'intimité et il n'a que de la notoriété.
Par cette fic, je voulais faire comprendre, comme tu l'as compris d'ailleurs, qu'on ne peut pas juger quelqu'un sur l'idée qu'on a de lui ou d'elle. Les gens ne sont pas linéaires, ils sont faits de reliefs. Ils ne sont pas gentils ou méchants, ils ont des raisons d'agir qui leur sont propres et s'ils sont faits de contradictions, c'est normal, c'est humain.
Et en effet, je pense que l'amour peut être la solution, quand la personne qui aime est, comme tu le dis, comme Harry ou Karim, passant outre ce qu'il souhaite pour apporter à l'autre ce qu'il veut.
En ce qui concerne la thérapie par l'écriture, je t'ai dit ce que je pensais dans la review de ta fic. Pour moi, me mettre dans la peau de Draco pour écrire ce qu'il ressent est difficile émotionnellement. A la fin de ce nouveau chapitre, j'avais envie de pleurer, c'est la première fois que ça m'arrive.
Quant à ta comparaison de fin, je vais t'avouer que j'adore la liste de Schindler, qui reste un grand classique pour moi, mais je suis aussi une inconditionnelle de Scream ! J'ai les dvd à la maison et je les connais pas cœur ! mdr. Alors si tu te compares à Scream, c'est tant mieux parce que c'est ce que j'aime. Encore merci d'avoir compris ce que je voulais faire passer et à bientôt. Bisous !
Leviathoune : Coucou ! Je te remercie pour ta review et je suis contente que cette fic te plaise. Bravo pour ton courage. Tout lire en deux jours, c'est hard. Alors pour mettre Draco et Harry ensemble, ça va être moins difficile qu'il n'y parait, le problème sera de les faire rester ensemble lol. Quant aux amis de Draco, certains sauront qu'il est sorcier, oui. J'espère que la suite te plaira. Bonne lecture et à bientôt !
Divergood : Merci pour ta review, je suis heureuse que cette histoire te touche. Je crois que chaque personne est différente et réagit différemment face à un viol. Ici, j'ai voulu montrer la personne fière, qui avait confiance en ses amis, et qui se retrouve trahie et, pire, tout le monde est au courant. Devoir se reconstruire en se cachant, comme si on était coupable de quelque chose, ne doit pas être chose aisée. C'est pour cela qu'il part dans les extrêmes, qu'il attaque ceux qu'il aime…J'ai consacré une grande partie de ce chapitre au cahier bleu, afin qu'on comprenne mieux son fonctionnement. J'ai mis du temps à trouver les mots mais ils sont finalement sortis. Et une chose est sûre, je finis toujours ce que j'ai commencé alors cette histoire aura une fin, même si je manque parfois de temps, ce qui nous arrive à tous je pense. En tout cas j'espère que ce nouveau chapitre ne te décevra pas. Bonne lecture.
Surimi : Merci de me donner ton avis. Draco et Harry coincés dans une suite, ça promet, en effet. Ce chapitre raconte deux jours seulement, le suivant racontera le reste. Quant à Karim, il reviendra, c'est certain, car c'est un personnage important pour le bien être de Draco. J'espère que la suite te plaira, bisous et à bientôt !
Nekozumi : Merci beaucoup, je suis contente d'avoir eu de tes nouvelles et il va falloir t'enlever de la tête la crainte de ne pas être à la hauteur de quoi que ce soit, parce que c'est faux.
Ce chapitre t'a fait réagir et j'en suis très contente puisque ton avis compte beaucoup. Je pense que tu as trouvé le mot juste pour définir Karim : « classe. » Il est franc et pas médisant, il ne parle pas dans le dos des gens pour les descendre, il ne manipule personne. Tu verras dans ce chapitre ce qu'il est.
Quant au ressenti de Harry lorsqu'il voit Draco partir en live, je suis vraiment heureuse que tu soies capable de te mettre à sa place car c'est ainsi que j'écris, en me mettant à la place de chaque personnage (à part les pourris, j'ai du mal avec eux) Pour écrire le journal de Draco, ça m'a d'ailleurs coûté moralement d'essayer de ressentir sa douleur, sa fierté blessée. Quant à Harry, mettre de côté sa propre douleur pour se trouver présent pour Draco est une épreuve de force aussi, et il y parvient parfaitement, même s'il ne nie pas sa douleur. Le moment dans la cuisine résume bien cela : il en veut à Draco, mais il le protège sans en avoir l'air.
Draco est quelqu'un plein de contradictions, comme nous le sommes tous parfois, mais sa personnalité reste la même. Ta citation de Molière est juste, très juste pour s'appliquer à lui.
Harry a, en effet, peur de mal aimer mais il prend sur lui, il gagne en force au contact de Draco, plus il le connaît, plus il est sûr de lui. La lecture du journal l'aide, même s'il pénètre de force dans la vie de Draco ainsi.
Mdr, qui a fait le coup pour le carnet bleu. Tu as vu juste, c'est bien 06 15…. (j'ai failli mécaniquement écrire mon propre numéro, il est temps que je dorme !)
En effet, on ne gomme pas les cicatrices par un simple tatouage, il y a tout un travail à faire sur la perception de son corps et c'est là-dessus que Harry doit « travailler » avec Draco.
Je te remercie vraiment pour tes commentaires toujours justes, j'ai une totale confiance en ton jugement et je sais que si un jour, tu me dis que c'est mauvais, ça voudra alors dire qu'en effet, c'est mauvais. Quant à ta fic, parfois les bêtas readers sont sous votre nez…si tu as besoin, je suis là. - (tu n'imagines pas comme je suis touchée que tu me la dédies, c'est énorme pour moi)
J'espère que ce chapitre te plaira et je te dis à bientôt. Bisous !
BadAngel666 : Merci mille fois, je suis très contente que cette histoire ait pu te toucher. Draco va réaliser certaines choses, en effet, surtout à partir du chapitre prochain. Celui-ci est plus…Je ne sais pas en fait. J'espère en tout cas qu'il te plaira. Bisous et à bientôt !
Isabelle4ever : Coucou ! Merci beaucoup pour ta review, je suis heureuse que cette histoire te touche. J'espère que tes examens se sont bien passés malgré le manque de sommeil. Voici donc la suite, elle nous en dit bien plus sur Draco et Harry comprend certaines choses qui lui serviront plus tard. Bonne lecture et toutes mes excuses pour le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre (écrire le journal de Draco n'est pas chose aisée)
Ange de un cisme : Merci pour ta review, je suis contente que tu aimes cette histoire. Mdr, pour ta chienne qui s'appelle Lana ! J'aime beaucoup ce prénom en plus.
Je partage totalement ton point de vue sur les histoires, sur le monde fait d'encre. On s'approprie les personnages comme s'ils étaient des amis, comme si on les connaissait personnellement et c'est en cela que la lecture est fascinante. On se trouve plongé dans des émotions réelles. L'écriture est une manière de recréer le monde ou de rendre hommage à certains. Je ne connais pas la trilogie dont tu as parlé mais je pense aller la lire dès que j'aurai une minute, car elle a l'air passionnante. Je te laisse à présent lire la suite, en espérant qu'elle te plaira. Bisous et à bientôt !
CHAPITRE 8 : HISTOIRES DE JOURNAL.
O
Un employé les conduisit jusqu'au dernier étage du château et il les fit entrer dans la suite nuptiale avec un sourire amusé. La mine renfrognée de Draco et l'air agacé d'Harry lui donnaient envie de leur demander s'ils étaient vraiment en lune de miel.
« Je vous souhaite un agréable séjour au White Castel, dit-il d'un ton jovial. Je ne saurais que trop vous conseiller d'éviter de rester trop près des fenêtres durant la tempête, on ne sait jamais ce qui peut arriver. »
Et évitez de vous balancer des couteaux à la gueule, pensa-t-il en refermant la porte derrière lui.
Draco n'eut pas l'air impressionné par le décor et il se planta devant la baie vitrée de la grande terrasse, observant le paysage d'un air morne. Harry, pour sa part, était subjugué par la décoration luxueuse mais en aucun cas tape l'œil. Ils se trouvaient dans un grand salon au milieu duquel trônait un magnifique canapé d'angle en cuir blanc. Au pied du canapé se tenait, sur un socle en marbre représentant un dauphin, une table basse en verre sur laquelle des roses rouges et des lys pâles étaient disposés. Au milieu des fleurs se trouvait un magnum de champagne dans un sceau. Le décor était épuré et stylé, correspondant parfaitement aux goûts du Survivant. Ce qu'il préférait, c'était la moquette épaisse, claire, sur laquelle il s'imaginait déjà pieds nus. Il jeta un coup d'œil circulaire et il vit alors le bar, sur le côté, avec ses longues chaises noires et ses innombrables bouteilles. Il se prit à espérer que Draco n'y toucherait pas. Il avait eu son lot d'émotions négatives lors de la soirée de la veille.
Harry se dirigea ensuite vers une porte et il eut le souffle coupé devant la largeur de la salle de bains comprenant une cabine de douche et une grande baignoire circulaire bleue nuit, en accord avec les deux lavabos jouxtant un grand miroir éclairé. Là encore, des fleurs se trouvaient disposées sur de petits guéridons en verre.
Il referma la porte et il ouvrit la suivante en retenant une exclamation admirative. La chambre était immense, décorée avec goût, dans les tons clairs de la moquette duveteuse au mobilier, égayée par des tableaux d'une grande beauté et des vases remplis de roses multicolores. Le lit était grand et accueillant, dans les tons blancs et crème. En face, à environ un mètre du sol se trouvait une cheminée murale, large de plus de deux mètres. Enfin, une grande baie vitrée donnait sur un balcon fleuri.
« Il ne faut pas être allergique aux fleurs, remarqua une voix sarcastique derrière lui.
- Je m'en fous, répondit Harry, tout ce que je vois, c'est qu'il n'y a qu'un lit.
- Tu t'attendais à quoi, dans une suite nuptiale ? Deux lits, ça aurait été la suite « 20 ans de mariage. » Je n'arrive pas à croire que Sirius nous ait fait un coup pareil.
- C'est amusant, rétorqua Harry en masquant à peine son agacement, moi je n'arrive pas à croire que tu aies pu faire un coup pareil à Sirius hier soir. »
Draco ouvrit la bouche mais il la referma aussitôt, trop conscient que rien ne justifiait son comportement de la veille. Il s'en voulait assez pour tout ce qu'il avait fait, il se savait néfaste pour son entourage mais le fait qu'Harry le pense aussi lui faisait étrangement mal. Avant, quand Draco s'en prenait aux autres, c'était toujours Karim qui se trouvait épargné, or hier, il s'était retrouvé logé aussi inconfortablement que les autres. Pourquoi Draco avait-il été moins mordant avec Harry, alors qu'il ne représentait rien pour lui ? Il l'aimait bien mais ils étaient diamétralement opposés et chaque fois qu'Harry posait les yeux sur lui, il se sentait sale. Le Survivant était un petit saint aux yeux de Draco et lui, il se savait corrompu physiquement par tous les corps qu'il avait étreints. Mais être jugé par Harry Potter était au dessus de ses forces. Personne, surtout pas lui, n'avait le droit de le mépriser. Il reprit rapidement son apparence glaciale et il toisa Harry de toute sa hauteur.
« Je ne vais pas passer mon temps à m'excuser. Surtout pas auprès de toi. Je te trouve bien prompt à juger ton prochain, Saint Potter.
- Ce n'est pas vrai et tu le sais, Draco ! » S'exclama Harry en se passant nerveusement la main dans les cheveux. Le fait d'entendre le blond le surnommer comme il le faisait à l'école, d'une manière presque aussi dédaigneuse rendait Harry fébrile. Il voulait se justifier et, en même temps, blesser Draco, comme lui venait de l'atteindre. « Tu sais quoi ? Tu m'emmerdes ! Je t'ai soutenu quand tu étais raide défoncé, je t'ai soutenu ce matin quand Karim t'a très justement demandé d'arrêter de lui pourrir la vie et tu m'accuses de te juger !
- Je ne suis pas ta bonne action du mois ! Garde ta pitié ! Rétorqua Draco en serrant les dents.
- Tu ne comprends donc rien ! Demanda Harry en faisant les cent pas dans la chambre.
- Qu'est ce qu'il y a à comprendre, Potter ? Tu veux jouer les gentils petits héros en me tenant la main quand tous se lassent de mes frasques ? Qu'est ce que ça va t'apporter ? Une meilleure estime de toi-même ?
- Va te faire foutre, Draco ! Non, mieux ! Va trouver n'importe quel inconnu dans cet hôtel et va te faire sucer ! »
Le « surveille ton vocabulaire » resta coincé dans la gorge de Draco et il n'eut même pas la force de le vocaliser. Il se contenta de lancer un regard noir au Survivant et il tourna les talons pour sortir de la suite en claquant la porte. Harry fut tenté de le suivre, mais il se ravisa, préférant se calmer avant d'aller beaucoup trop loin. Il retourna dans le salon où il s'affala sur le canapé, les pieds sur la table basse, et il alluma la télévision. Il tomba sur un vieil épisode de Starsky et Hutch mais les tribulations des deux policiers, dont il était pourtant friand, ne parvinrent pas à le détendre. Sa dispute avec Draco le hantait et il ne pouvait oublier le visage décomposé de Draco lorsque Harry l'avait insulté. Il éteignit la télévision d'un geste las, un faible sourire sur les lèvres en repensant à ce que Hermione passait son temps à lui dire : « Harry, la télévision n'a jamais été une bonne thérapeute. Tu dois apprendre à communiquer tes émotions.» Dans ces moments là, Lee levait les yeux au ciel et faisait semblant de jouer du violon. Et si Fred avait le malheur d'être présent, il prétendait essuyer ses larmes en pouffant de rire.
Il commença à faire les cent pas dans le salon, écoutant les rafales de vent siffler et la pluie battre contre les fenêtres, comme une mélodie tourmentée. Il se dirigea vers la chambre et son regard rencontra le sac de Draco. Au moins, il aurait de la lecture pendant que le blond ferait des siennes. Il savait pourtant que ce n'était pas bien, qu'il faisait intrusion dans l'intimité de Draco en lisant son journal, mais c'était plus fort que lui. Il avait besoin de savoir, de comprendre. Avec un soupir résigné, il ouvrit le sac et il saisit le journal. Il s'assit en tailleur sur le lit, un cendrier à côté de lui et il alluma une cigarette pour se donner du courage avant de se plonger dans le journal. La première chose qui le frappa, en feuilletant ses pages, fut le fait que, lorsqu'il avait passé une page, celle-ci s'effaçait pour donner lieu à une autre date, l'année suivante. Harry siffla en admirant l'intelligence de Draco car ce sortilège était assez peu courant. Ainsi, le blond avait réuni quatre années en une, les années s'étalant de novembre à fin octobre.
Très pratique, songea Harry, sauf si, comme on le craint, quelqu'un est tombé dessus. Cela lui donnerait quatre fois plus d'armes contre toi.
Les pages tournèrent presque d'elles-mêmes pour tomber sur la première. Le 1er novembre de la deuxième année.
Je suis allé voir Mick avec Jared mais je n'ai rien consommé, contrairement à Jared qui insiste systématiquement pour que je sniffe quand nous sommes ensemble. Peut être espère-t-il que j'en arrive à coucher avec lui si je suis raide défoncé. Je n'ai pas envie de devenir comme ces Moldus, totalement accros à ces substances. J'en aurais eu besoin pourtant, car c'est la fête des morts aujourd'hui. J'ai passé ma journée à me demander si je devais penser à mes parents comme à des morts ou comme à des légumes vivants. Je les déteste. Surtout Lui. Chaque jour j'ai envie de Le ressusciter pour Lui demander pourquoi. Peut-être pourrai-je trouver une potion qui Lui rendrait son âme, ne serait-ce que quelques minutes, pour qu'Il m'explique ce que je Lui avais fait à Lui, pour qu'il les laisse me punir de cette manière. J'avais juste choisi mon camp, comme Il l'avait fait au même âge que moi. Plus que l'évènement en question, c'est son attitude à Lui qui m'obsède.
« Oh merde, lança Harry tout fort. Alors c'est pour ça que tu fais ces recherches ? Ce n'est pas pour Rogue, ni pour Seamus ! »
A bien y réfléchir, je pense que c'est une idiotie. Vouloir lui rendre son âme est une utopie. Mon père n'a jamais eu d'âme. Par contre je pourrais aider ceux qui en ont vraiment besoin et qui le méritent. Severus surtout (« Autant pour moi, » grommela Harry). Il me manque à chaque minute de la journée, parce que lui seul savait qu'un être pas forcément ignoble sommeillait en moi et il était toujours bon conseiller. Je suis malade à chaque fois que je pense aux tortures que Voldemort (c'est fou comme son nom m'est facile à prononcer à présent) lui a infligées. Je crois, sans vouloir me vanter, que je peux trouver un moyen de le faire revenir parmi nous. En tout cas je veux y croire. Serais-je devenu le Mulder du monde sorcier ?
Je dois vraiment arrêter de regarder X files !
A part ça, j'ai soigneusement évité Karim. Ce baiser me hante. Comment ai-je pu avoir l'envie d'y répondre alors que l'idée même que ce soit un homme me révulse plus que tout. Je dois aller courir pour réfléchir à tout cela.
Et je n'ai pas mangé depuis trois jours. J'ai conscience de ma maigreur, Sirius me le rappelle à chaque visite, mais je n'arrive pas à avoir envie de me nourrir. Je suis fasciné par la douleur que cause la faim, par les hurlements de mes muscles fatigués de courir. Quand je sens mon corps de cette manière, mon esprit me laisse en paix…Je ne ressens plus rien.
15 novembre.
J'évite toujours Karim. J'étais chez Jared ce matin quand il est arrivé avec une amie à lui, Lana Machinchose, une très jolie fille…Lesbienne. Est-il possible que les homosexuels ne sortent qu'en meute et ne se mélangent pas aux autres ? A moins que les autres leurs plaisent, comme je plais à Jared depuis une éternité ? Merlin, j'espère pouvoir continuer à agir comme si je ne voyais pas ses regards lubriques, comme si ses mains sur moi n'étaient là que par pure amitié. Je l'aime bien mais ça s'arrête là. Je devrais traîner avec d'autres personnes, des gens comme moi, hétérosexuels. Je dois trouver le moyen de laver mon esprit de ce baiser qui me soulève le cœur à chaque fois que j'y pense. Je hais Karim pour ce qu'il me fait éprouver, pour l'attrait qu'il exerce sur moi. Dès qu'il est entré, je me suis levé pour sortir, prétextant un cours à rattraper. Il a eu l'air blessé, vraiment blessé, mais il n'a rien dit. Il a juste hoché la tête. Lana m'a fusillé du regard. Cette fille a du caractère, j'aime assez ça.
21 novembre.
Cela fait des mois que je ne suis pas retourné voir la psy. Sirius m'a conseillé un psychiatre que j'ai vu trois fois seulement. Je le trouvais trop incompétent, plein de préjugés et incapable de supporter qu'on n'ait rien à lui dire. Il était assez touché dans son narcissisme et sa toute puissance, parce que je lui ai clairement fait comprendre que je n'avais aucune confiance en lui et que j'avais horreur qu'on s'arrête sur mes débuts de phrases sans en écouter la fin. C'est là que je me rends compte que la psychologue connaissait son boulot, elle. J'ai donc dit au psychiatre que ce serait notre dernière séance et il m'a diagnostiqué une grave dépression avec tendances suicidaires. Première nouvelle. Je n'ai jamais eu envie de mourir, enfin une fois, mais je pense que n'importe qui se faisant passer dessus par 4 brutes demanderait à être exécuté. Le fait d'être ainsi jugé me rend malade, j'en pleurerais presque de rage. On voit qu'il a passé plus de temps sur les bancs de l'école de médecine à se pavaner comme un paon qu'à plonger le nez dans des bouquins de psychologie. J'aurais volontiers lancé un sortilège de silence à ce Moldu prétentieux mais j'ai été fort, j'ai résisté. J'ai claqué la porte de ce charlatan et je suis tombé sur Karim dans l'ascenseur, je suis un petit chanceux, il n'y a aucun doute. Je ne pourrais pas décrire la panique qui s'est emparée de moi à ce moment là. Mais il ne m'a pas approché. Il est resté dans son coin, l'air fatigué, presque déprimé, puis il m'a regardé de haut en bas, se contentant de me dire « tu dois manger, Draco. Tu n'as plus que la peau sur les os. » Je lui ai lancé une de mes remarques cinglantes et ça l'a fait sourire. Je le hais.
29 novembre
Je suis allé boire un verre dans un salon de thé cet après midi, je m'y trouve encore d'ailleurs. La serveuse voulait m'offrir pâtisseries sur pâtisseries. Cette fille n'arrêtait pas de me sourire et elle a commencé à me mettre mal à l'aise, parce qu'elle n'était pas attirée par moi. Elle avait pitié. Je crois que je vais manger ce soir ! Parce que faire pitié, c'est bien la dernière chose que je veuille ! Pourquoi ne comprennent-ils pas que je ne suis pas anorexique ? Je contrôle parfaitement. L'anorexique souffre et voudrait pouvoir manger, mais quelque chose de plus fort que lui l'en empêche. Je me suis renseigné sur cette maladie, juste au cas où, et je peux affirmer que je ne suis pas anorexique. Je peux manger, c'est juste que je n'en ai aucune envie. L'anorexique a une vision déformée de son corps, moi je suis très froidement conscient de ma maigreur. Et je m'en fiche d'être trop maigre. Tant que ça m'évite de réfléchir. Alors cette serveuse va se calmer et me laisser en paix.
Par contre, je me suis fait aborder par deux personnes. Un homme et, plus tard, une femme. Pour l'homme, je vais vraiment commencer à me demander s'ils n'ont pas des antennes ces vicelards. Peut être fais-je partie de la grande confrérie des homos mais que je l'ignore encore. Auraient-ils la faculté de déceler quelqu'un qui aurait la même perversité qu'eux ? Merlin, j'espère vraiment ne pas être comme eux. Je ne le veux pas. Je ne peux pas supporter l'idée de trouver du plaisir au contact d'un corps masculin. Mais qu'est ce qui ne va pas chez moi, bon sang ?
La femme se prénomme Cassandra. C'est amusant, j'ai toujours pensé que ce prénom sentait le trottoir à plein nez. Je ne vais pas le nier, j'ai toujours eu le préjugé facile. Or, cette femme est d'une classe impressionnante, brillante et…Attirée par moi. C'est à tomber à la renverse…Le Draco de Poudlard aurait dit que les chats n'attiraient pas des chiens mais moi, aujourd'hui, avec mes névroses, je dis que c'est complètement étonnant. Qu'un homme veuille coucher avec moi, c'est normal. Les hommes sont des animaux sans aucun scrupule, mais une aussi belle femme…Je la revois demain soir. Nous allons dîner au restaurant. Espérons que je parviendrai à avaler quelque chose.
Cela fait quelques jours que je n'ai pas vu Jared et les autres. Tant mieux. Dans une semaine, Jared donnera une fête chez lui et, à force de me harceler, il est parvenu à me faire promettre que je viendrai. Je n'en ai aucune envie. Je ne veux pas voir Karim.
Je vais devoir rentrer chez moi à présent. Je pense que je me monte la tête pour pas grand-chose mais cela fait cinq jours que je me sens épié, surveillé. J'ai beau regarder partout, personne ne semble me suivre. Je crois que si les sorciers bien pensants anglais me retrouvaient, je ne survivrai pas à l'humiliation. Ils savent. Tous.
Harry écrasa sa cigarette d'un geste rageur. Draco était tellement abîmé, ses tortionnaires avaient tellement utilisé sa fierté contre lui, qu'il lui semblait que jamais Draco ne pourrait vivre une vie normale. Harry se passa une main hésitante dans les cheveux. Avait-il vraiment envie de continuer à lire ? Voulait-il savoir tout le bien que Draco pensait de Karim et de cette Cassandra ?
« Pétasse, grommela Harry. C'est vrai que ton prénom sent le trottoir. »
Il alluma une autre cigarette et il inhala lentement la fumée, se donnant ainsi l'illusion d'être un peu relaxé. Il tourna la page.
30 novembre
Il est deux heures trente du matin et je ne peux pas dormir. C'est impossible. Pas après ça ! Je vais écrire quelques lignes, puis je m'en ferai une ou deux. Je ne veux surtout pas passer la nuit à y penser alors un peu de cocaïne me fera moins mal que ces idées noires. Mince ! Comment ça a pu m'arriver, à moi ? C'est la question que je me pose depuis plus d'un an, toute ironie mise à part.
J'ai passé une très agréable soirée avec Cassandra et, à la fin du repas, elle m'a clairement fait comprendre qu'elle avait envie de moi. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit oui parce qu'en fait, je ne la désirais pas vraiment, je ne disais pas non mais j'aurais pu survivre si la soirée c'était arrêtée à la porte du restaurant (malaise intense lorsque le serveur m'a demandé s'il y avait un problème avec la nourriture, si ce n'était pas bon, étant donné que je n'avais presque rien mangé. Si ce crétin savait que c'était déjà deux fois plus que ce que je mangeais habituellement, il ferait moins le malin.)
Cassandra et moi sommes donc allés chez moi. Dès que les portes de l'ascenseur ont commencé à se fermer, nous nous sommes jetés l'un sur l'autre et nous étions en train de nous embrasser lorsque quelqu'un a ouvert les portes pour se glisser dans la cabine. Mon cœur s'est littéralement arrêté de battre quand j'ai vu le visage décomposé de Karim. Lana mitraillait Cassandra du regard en appuyant sur le bouton. Je peux affirmer qu'à ce moment précis, Karim, Lana et moi étions tout à fait d'accord sur un point : nous me détestions.
Un silence de mort régnait dans l'ascenseur alors que nous montions et, je ne sais pas pourquoi, j'ai embrassé Cassandra en fixant Karim de mon air le plus triomphant possible. Ça m'a plu de retrouver le vrai Draco, celui qui était assez insouciant pour faire ce genre de choses. Karim a eu l'air de beaucoup moins apprécier. Ses yeux noirs lançaient des éclairs. Pourquoi ai-je autant envie de lui faire mal ? Je ne sais même pas ce qu'il pense, à part qu'on s'entend incroyablement bien et qu'on – qu'il m'a embrassé une fois. Je crois que, quelque part, il tient à moi et que c'est pour cette raison que je lui en veux. Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi je fonctionne de cette manière, il est le bienvenu car je ne me comprends pas moi-même. Je ne comprends pas ce besoin de blesser quelqu'un dont je suis proche, juste parce qu'il est gay et que l'idée qu'il puisse avoir envie de moi me révulse. Je me formalise moins lorsqu' il s'agit de Jared. Quand l'ascenseur s'est arrêté à l'étage de Jared, Karim est sorti sans même dire un mot, sans se retourner et Lana a juste articulé « fils de pute » en me toisant. Elle devrait surveiller son vocabulaire, même si elle ne croit pas si bien dire.
La suite est assez simple. J'avais 19 ans, je n'avais jamais fait l'amour et elle était plus âgée que moi. Je n'ai pas voulu montrer mon inexpérience (si on peut parler ainsi) alors j'ai pris les devant et je me suis assuré qu'elle se sentait bien. J'étais attentif au moindre de ses gémissements et je pense qu'elle a apprécié cela. Pour ma part, c'était plus difficile car, dès qu'elle m'a touché, j'ai ressenti du plaisir et la honte s'est abattue sur moi. Je n'arrivais pas à extérioriser quoi que ce soit. J'aimais ce qu'elle me faisait mais j'étais totalement bloqué, comme emprisonné à l'intérieur de moi-même. Pour faire court, je lui ai fait l'amour et j'ajoute pour mémoire que ma dextérité avec un préservatif m'a surpris. Je craignais d'avoir l'air d'un idiot en mettant ce machin, inconnu au bataillon des Sorciers. On a donc fait l'amour. C'était très bien. Mais au moment où je parvenais à l'extase, le visage de Karim est apparu devant mes yeux. J'ai tout stoppé net et j'ai été pris d'une nausée foudroyante. J'ai couru dans la salle de bains et, alors que je vomissais, je me suis rendu compte que je pleurais en même temps. J'étais horrifié. Je le suis toujours. Je suis homosexuel.
Est-il possible que ce soit Karim ? Que ça ait toujours été lui ? Est-il possible que j'aie pu blesser la personne que je voulais vraiment ? Pourtant c'est un homme et, si j'admets qu'il est d'une grande beauté, je ne conçois pas qu'il me touche. Je panique complètement. Je ne sais pas quoi faire. Est-il possible que mon père ait vu cette déviance en moi, ce vice ? Peut être est-ce pour cela qu'il n'était jamais fier de moi, parce qu'il savait qu'un monstre sommeillait en moi. Mais est-ce réellement un vice ? La pédophilie est un vice, une pratique contre nature. Mais l'homosexualité ? Deux hommes consentants sont-ils plus sales qu'un homme et une femme ?
Potter, Weasley et Ganger peuvent danser autour d'un feu de joie, je suis devenu une loque humaine. Leur vengeance, surtout celle de Potter, a sonné. Peut être qu'il les a laissé m'emmener dans cette maudite cabane juste pour que je paie toutes les horreurs que je lui ai fait subir ? Ça ne ressemble pas au Saint en Chef mais d'un autre coté, il s'agit de moi et j'ai le don de pousser les gens hors de leurs limites. Peut être aurai-je dû traiter mes « amis » avec plus de considération et ils n'auraient pas éprouvé le besoin de me souiller de la sorte.
Il faut que je sniffe quelque chose mais après réflexion, je vais me retenir. Je n'ai pas besoin de drogue pour être bien, j'ai besoin d'être amnésique. Je ne vais pas mentir, j'aime la sensation que me procure la cocaïne, mais je suis trop conscient de son action éphémère. Je suis aussi trop conscient de ces Moldus qui vivent un enfer pour se défaire de leur dépendance à ces drogues dures. J'ai amené Jared pour qu'il assiste à une réunion de jeunes toxicomanes, parce que son usage ludique de l'ecstasy devient un usage systématique. Je ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose de mal. On ne peut pas chimiquement reconstituer le bien être.
Harry jeta sa cigarette dans la cheminée en un tir précis mais nerveux. Il devait parler avec Draco, lui expliquer que jamais il n'avait voulu son malheur, qu'il se méprisait encore d'avoir été impuissant au moment où Draco vivait les pires moments de son existence. Il ne pouvait pas le laisser imaginer de telles inepties. Il l'aimait depuis 6 ans et pour rien au monde il n'aurait accepté qu'on fasse du mal au blond. Il jeta un coup d'œil à sa montre et au même moment, un violent coup de tonnerre retentit, le faisant sursauter. Cela faisait plus d'une demie heure que Draco était parti, furieux, et Harry ne voulait pas céder, malgré son besoin de voir le blond. Il soupira, écoutant pendant quelques minutes le vent souffler en rafales discontinues avant de reprendre sa lecture.
7 décembre
La soirée d'hier n'aurait pas pu être pire. Lana m'a battu froid la moitié de la nuit, puis elle a consenti à venir me voir. Personnellement, je n'allais pas lui courir après. Pas plus que derrière Karim qui était en charmante compagnie. Un homme quelconque, sans aucun intérêt. J'ai passé la semaine à me rendre malade pour un mec et, maintenant que je sais que je ne peux pas aller contre ce que je suis, il me rend la monnaie de ma pièce. Je survivrai, si mes tendances suicidaires me le permettent…Pauvre, pauvre psychiatre !
Je pense que je reporte ma colère sur ce psy (ce qui ne signifie pas qu'il est compétent pour autant) parce que je n'ai pas le courage de la diriger vers Karim. Lui montrer de l'hostilité, ce serait reconnaître qu'il me plait.
Et il me plait vraiment beaucoup. Ce mec a sûrement des défauts, mais pour l'instant, il les cache bien.
Comme il semblait assez « occupé » avec ce type d'une banalité affligeante, je suis allé me faire des lignes dans la salle de bains. Je ne suis pas accro, j'avais juste envie de m'amuser un peu. Jared m'a rejoint et il s'est jeté sur moi. Je ne l'ai pas repoussé. On s'est embrassés et le contact de son corps pressé contre le mien ne m'a pas déplu. C'était juste étrange, différent du corps de Cassandra. C'est quand il a pris ma main pour la porter entre ses jambes que je me suis écarté. Je suis rentré chez moi en courant. J'ai entendu Karim qui m'appelait, il semblait inquiet mais je ne me suis pas retourné. Il n'a pas le monopole des sorties théâtrales, sans un regard en arrière !
Harry fit un sourire amusé et il alluma une nouvelle cigarette, se laissant bercer par les trombes d'eau qui s'écrasaient sur le sol, sous un vent de plus en plus violent.
9 décembre.
Je suis allé courir ce matin. Trop loin. Mon corps refusait d'avancer plus avant, chacun de mes muscles était douloureux et je n'arrivais plus à bouger. J'ai soudain senti ma tête tourner. Une sueur froide m'a traversé entièrement et je me suis mis à trembler. Je me suis arrêté au pied d'un immeuble pour essayer de retrouver mes esprits mais j'étais trop épuisé et je me suis évanoui.
J'ai ouvert les yeux dans un lit confortable. C'est quand j'ai vu que j'étais nu que la panique la plus incontrôlable s'est emparée de moi. J'ai essayé de trouver mes vêtements mais ils n'étaient pas au pied du lit. C'est là qu'un immense black est entré, provocant chez moi une terreur que je n'arrivais pas à maîtriser. Il m'a souri et m'a dit de me calmer, qu'il n'était pas branché mecs. Il s'appelait Eric et il a éclaté de rire quand je lui ai demandé s'il était basketteur. Il m'a rappelé que tous les grands noirs n'étaient pas basketteurs et qu'ils pouvaient faire autre chose que du sport. Je dois absolument faire quelque chose contre mes préjugés, parce que je passe vraiment pour un sombre crétin. Il m'a tendu un jean trop grand et un pull dans lequel je nageais, en m'expliquant que mes affaires étaient dans la machine à laver. Je me suis senti horriblement mal à l'aise quand il m'a fixé avec insistance, comme s'il voulait dire quelque chose mais qu'il n'osait pas.
Il m'a demandé de le suivre dans le cuisine où il m'a proposé de quoi manger. Il n'a pas fait de commentaires sur mon poids. Puis il a inspiré profondément et a allumé une cigarette. J'ai horreur de ces trucs qui sentent mauvais. Il m'a alors lancé sa bombe. Il a affirmé qu'il savait ce qui m'était arrivé et j'ai eu l'impression que tout mon corps se liquéfiait, des pointes glacées semblaient transpercer ma peau. Ma tête hurlait « non » mais son regard doux me rassurait. Il m'a alors dit qu'il avait vu la cicatrice de la morsure sur mon omoplate et qu'à moins d'être un fervent pratiquant du SM, je devais certainement avoir dû subir ce que je ne nommerai pas. J'ai essayé de le toiser, vraiment. Mais je n'ai pas réussi. Mes mains tremblaient alors que je lui demandais ce que signifiait SM pour voir si, éventuellement, je pouvais me retrancher derrière l'excuse d'une pratique de ce genre. Il m'a parlé du sado masochisme et j'ai été stupéfait d'apprendre que des gens prenaient du plaisir dans la souffrance. Chaque coup, chaque lacération, chaque humiliation qu'ils m'ont fait endurer dans cette cabane restera gravé dans ma chair comme une maladie honteuse, venimeuse. Chaque parole prononcée résonnera en moi et m'humiliera d'avantage. Je n'imagine pas qu'on puisse aimer être brutalisé. Je suis plus que choqué, je suis écoeuré.
Eric m'a alors expliqué que son métier consistait à masquer ce genre d'atrocités et que si je le souhaitais, il pourrait me montrer ce qu'il faisait car sa boutique se trouvait en bas de l'immeuble. J'ai accepté dans la seconde. Sincèrement, je n'ai jamais compris comment les médicomages avaient pu oublier d'éliminer ces marques de dents. Ils ont pourtant effacé toutes les marques de coup et les lacérations sur mon dos et mes cuisses. Je ne sais pas comment ils ont pu faire une telle erreur.
Je l'ai suivi dans son antre et il m'a montré des dessins qu'il m'a dit pouvoir reproduire en couleur à l'endroit de la cicatrice. C'était irréel pour moi. J'ai passé tellement de temps à éviter de penser à cette cicatrice, trop conscient de sa présence. Je peux encore sentir les dents de Flint s'enfoncer dans ma chair alors qu'il m'agresse.
J'ai choisi, évidemment, un dragon et en quelques heures, j'étais un homme neuf. Etrangement, je m'en suis remis à lui et je lui ai tourné le dos sans craintes, alors qu'il faisait de mon omoplate une œuvre d'art. Je ne pourrais pas expliquer clairement le soulagement que j'ai ressenti à savoir que ce vestige de mon humiliation avait été habilement masqué par Eric. Je lui suis vraiment reconnaissant.
Le soir, j'ai eu envie de manger, comme si le simple fait d'avoir été tatoué m'avait libéré de la marque d'appartenance que Flint avait gravée dans ma chair. Je crois que c'est plus profond que ça. Je pense qu'en me tatouant, il m'a rendu un corps que j'avais perdu dans la cabane. J'ai invité Eric au restaurant, avec Amandine, sa petite amie à l'accent suisse très prononcé. J'adore cet accent. Nous étions à peine arrivés que Jared m'appelait pour se faire pardonner et je lui ai dit de nous rejoindre, ce qu'il a fait assez rapidement, accompagné de Karim et Lana.
Est-il possible qu'ils s'aiment au point de ne jamais se séparer ces trois là ? Je leur ai posé la question et Lana a éclaté de rire. En faisant un clin d'œil à Eric, elle m'a répondu « non, Draco, on ne s'aime pas au point de ne jamais se séparer. Nous t'aimons au point de ne jamais nous séparer de toi. » Nous avons tous ri, à part Karim qui a rougi de manière significative. En me raccompagnant chez moi, il m'a demandé si on pouvait parler. J'ai refusé, pas parce que je n'en avais pas envie, mais parce que je me sentais malade d'avoir trop mangé. J'avais perdu l'habitude de prendre du plaisir à me nourrir. Peut être était-ce juste cette cicatrice qui me coupait l'appétit…
Harry soupira. Plus il lisait, plus il souffrait. Il ressentait intérieurement la confusion de Draco. Il voulait en savoir plus mais, en continuant à parcourir le journal, il avait l'impression de voler quelque chose d'intime à Draco et cette idée lui était difficilement supportable. Pourtant, il avait envie de tout connaître, de comprendre encore mieux Draco et son fonctionnement. Il tourna un peu les pages, glanant quelques remarques sarcastiques du blond, devenant le témoin de l'amélioration de son état de santé général et de la consolidation de son amitié avec Karim. L'estime sans limites que Draco portait au jeune marocain était justifiée mais tellement agaçante pour Harry. Il voyait leur relation évoluer, les questions que Draco se posait, sa peur de se laisser aller avec Karim. Harry était heureux de constater que Draco allait bien à cette période, qu'il s'amusait vraiment, entouré d'amis toujours plus nombreux qui gravitaient autour de lui. Après Eric et Amandine, il rencontra des jumelles qui firent vite partie de son cercle de proches, ainsi qu'un guitariste du nom de Okele. Même si Draco ne consommait plus de drogues, Mick faisait partie de ce cercle avec sa femme, car Draco s'entendait bien avec lui.
Ce fut le moment des soirées où tout le monde chantait sur le bord du lac Léman, accompagnés par Okele. Ces soirées ne durèrent pas car, selon Draco, il chantait si mal que ses amis avaient envie de se jeter d'un pont dès les premières notes. Harry mit cela sur le compte des températures glaciales plutôt que sur la voix de Draco. Il souriait en lisant les anecdotes de leurs périples, de leurs sorties en boite de nuit, dans les bars, leurs randonnées au cours desquelles Eric certifiait connaître le chemin, les conduisant systématiquement dans des endroits qu'ils n'avaient pas prévu de visiter à la base, sous les plaintes constantes de Jared. Sirius faisait souvent partie de la joyeuse troupe, flirtant même avec une des jumelles, et cela blessa un peu Harry de se dire qu'au moment où il essayait de vivre sans Draco, Sirius vivait avec Draco de grands moments de fou rire. Le journal ne contenait plus que quelques remarques cyniques, très épisodiques, sur ses violeurs. Par contre, Draco disait souvent se sentir épié et cela inquiéta Harry. Etait-il possible que Crabbe senior l'ait retrouvé bien avant son retour en Angleterre ? Dans ce cas, pourquoi n'avait-il pas agi contre Draco ? Pourquoi avoir attendu son retour ?
Une phrase attira son attention alors qu'il tournait distraitement les pages.
2 avril.
C'est notre deuxième jour au Maroc, où Karim nous a invité, Jared, Lana et moi, à passer la semaine. Notre hôtel est splendide et nous avons été magnifiquement accueillis. Mais plus que ça, j'ai été touché par la grâce et la beauté de ce pays, de ses décors ocre et chauds. Le seul moment où j'ai vraiment voulu partir a été lorsqu'un sorcier m'a reconnu, s'inclinant humblement devant moi. Je déteste ça, le fait que les gens connaissent mon visage, et quel a été mon rôle dans la guerre, le prix que cela m'a coûté. Ça me fait penser à Potter. Je lui en veux et rien ne changera cela, mais je me sens idiot de l'avoir autant harcelé pendant cinq ans, au sujet de son prétendu amour pour la notoriété. Lorsque j'ai eu des relations plus calmes avec lui, je me suis rendu compte qu'il ne supportait pas d'être reconnu de tous, adulé et jeté dans la gueule du lion…Ou plutôt du lézard. Peut être que si je m'étais excusé pour mon attitude irrespectueuse, il aurait évité de les regarder m'emmener dans la cabane et il aurait agit. Qui sait ?
Pour en revenir à l'homme qui s'est incliné, les autres étaient bouche bée mais j'ai raconté que cela devait être dû à ma couleur de cheveux. Ils ont tiqué mais ils n'ont pas insisté.
Karim souhaitait que nous restions chez ses parents mais nous ne voulions pas nous imposer. Nous sommes allés manger chez eux hier soir et je n'avais jamais rencontré de gens aussi chaleureux qu'Aicha et Mohamed, ses parents, ainsi que Nagy, son frère. Il y avait tant d'amour dans la façon dont ils communiquaient avec leur fils que j'ai soudain eu envie de pleurer. Je pensais à mes propres parents, à leur froideur, à leur mépris constant pour moi. Je voyais Mohamed, ce père aimant ses deux enfants avec la même force, même si Karim n'était pas ce qu'ils auraient voulu qu'il soit, sa femme et lui. Ils auraient préféré le voir marié et le fait de savoir qu'il n'aurait jamais d'enfants semblait peiner Aicha, mais le sourire de Karim comptait pour eux plus que le reste, d'après ce que m'a expliqué Nagy.
C'étaient les parents que j'aurais aimé avoir. Peut être serais-je devenu quelqu'un de bien, si j'avais été élevé dans cette famille ? Et le fait de voir Aicha me parler et me regarder comme un fils, avec chaleur et respect, ça me brisait le cœur. Parce que jamais ma mère ne s'était intéressée à moi. Aicha me tenait par la main pour me parler, elle me suivait dans toute la maison en me disant qu'il fallait que je mange parce que j'étais trop maigre (et dire que j'ai repris tout le poids que j'avais perdu, ça n'a pas été facile mais j'y suis arrivé finalement) et elle me répétait inlassablement : « Draco, Karim il t'aime beaucoup ! » Et Karim se cachait derrière Jared en gémissant : « mais maman ! »
J'ai adoré ces gens. S'il ne tenait qu'à moi, j'irais prendre ma dose d'affection tous les jours chez eux au lieu de visiter la ville.
Karim nous as raccompagné à l'hôtel et j'ai su que nous serions ensemble cette nuit là. J'ai vu le désir et la crainte dans son regard. Alors je me suis penché et je l'ai embrassé. Il a retenu son souffle et il s'est accroché à mes épaules, sans plaquer son corps contre le mien. J'en ai été reconnaissant parce que j'avais besoin de quelques minutes pour me faire à l'idée qu'un corps masculin allait toucher le mien, et que j'allais volontairement toucher un homme. Tout s'est passé avec douceur et tendresse. Karim embrassait mon cou lorsqu'il m'a dit qu'il était fou de moi. J'ai frissonné. Jamais je ne m'étais senti autant aimé.
Harry prit une profonde inspiration et il alluma une cigarette.
« Je t'ai aimé pendant deux ans quand on se côtoyait, j'aurais donné ma vie pour sauver la tienne, lança-t-il tout haut. Il te suffisait d'ouvrir les yeux…Connard. »
Il était affreusement jaloux mais il ne cessa pas sa lecture pour autant, l'histoire de Draco, même si elle le détruisait intérieurement, était sa priorité.
Il m'a demandé si c'était ma première fois avec un homme et j'ai souri en imaginant sa tête si je lui avais répondu : « non, je m'en suis déjà fait quatre, mais je n'étais pas consentant, ça compte ? »
J'étais terrifié par son corps et par les réactions du mien mais Karim a été parfait. Il nous a déshabillé, nous laissant en boxers, et il m'a demandé de prendre sa main et de la guider sur mon corps, à mon rythme. J'ai l'impression qu'il m'a fallu des heures pour la faire descendre le long de mon torse. Et tout ce temps, il m'embrassait et me regardait comme si j'étais la première merveille du monde. Je n'aurais pas pu rêver mieux pour cette première fois. C'est même lui qui s'est chargé de passer le préservatif autour de mon sexe. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi sensuel que lui.
J'étais terrorisé quand je suis entré en lui. Je craignais tellement de lui faire mal que je ne ressentais aucun plaisir. Je respirais à peine. C'est seulement quand il a commencé à onduler sous moi, en gémissant, que je me suis rendu compte qu'être en lui était probablement la sensation la plus agréable que j'avais jamais connue. J'avais honte d'aimer autant ça mais je n'ai pas arrêté. Je voulais exprimer mon plaisir, comme lui le faisait, mais quelque chose me retenait. Pourtant je savais que je ne faisais pas d'erreur. Karim était celui qu'il me fallait.
« Ça va, passe moi les détails, » grommela Harry en tirant désespérément sur sa cigarette. Il préféra tourner le plus de pages possibles avant de se replonger dans la lecture et, peu à peu, son visage se figea en une expression d'horreur. Il se frotta les yeux, suppliant intérieurement Draco de ne pas avoir écrit cela, mais quand il se pencha à nouveau sur le journal, rien n'avait changé.
17 juillet.
Karim commence sérieusement à se poser des questions sur ma crainte qu'il approche, ne serait-ce qu'un doigt, à proximité de mon anus. J'essaye de le laisser faire mais c'est impossible, mon corps refuse cette idée et tous mes muscles se tendent à chaque fois, j'ai l'impression d'avoir des palpitations cardiaques. Moi, l'étudiant prodige en médicomagie, médicomage certifié dans quelques semaines, je suis incapable de maîtriser mon propre corps. C'est ironique. Je ne pense plus à ce qui est arrivé il y a deux ans, mais j'ai peur que des souvenirs ne remontent au moment où Karim me touchera. Cette crainte est tenace, et moins je me souviens, plus j'ai peur des réminiscences.
Je voudrais vraiment pouvoir mais je n'y arrive pas, et Karim ne fait plus que se poser des questions, il m'en pose aussi…Beaucoup trop à mon goût et ça m'ennuie de lui mentir. En même temps, ça remue le couteau dans une plaie que je croyais refermée depuis des mois. Ça me rappelle ce que je veux oublier.
Cet après-midi, j'ai pris une décision qui me trottait dans la tête depuis un moment. Je suis donc allé voir Mick et je lui ai demandé s'il avait de la GHB. Il m'a regardé avec de grands yeux étonnés puis il m'a répondu qu'il ne vendait pas cette cochonnerie, que c'était la drogue des violeurs. Je lui ai dit que j'étais au courant mais que j'en avais besoin, par pour m'en servir contre quelqu'un mais pour mon usage personnel. Il a tellement écarquillé les yeux que j'ai presque cru qu'ils allaient tomber de leurs orbites. Et là, il m'a supplié de ne pas chercher cette drogue. « Pourquoi veux tu te faire ça ? Tu ignoreras ce que les gens vont te faire si tu en prends et tu ne pourras pas dire non » a-t-il expliqué. Je lui ai promis de faire attention et, après maintes parlementations, il a été d'accord pour donner quelques coups de téléphone. J'adore cette invention moldue, c'est plus pratique que les hiboux.
Je sais que je vais tomber aussi bas que possible en me servant d'une drogue aussi nauséabonde pour permettre à Karim de me faire l'amour mais je ne veux pas répondre à ses questions et je ne veux surtout pas sentir son corps forcer dans le mien. Je sais que je ne devrais pas faire ça. Prendre cette GHB est une erreur, une colossale erreur mais je n'ai pas vraiment le choix. Je ne veux pas être conscient de ce qui va arriver. Peut être n'ai-je pas vraiment résolu cette affaire de bataille finale. Peut être que le fait de vouloir à tout prix ignorer ce qui est arrivé m'empêche d'aller de l'avant. Je n'ai pas le temps, ni le courage de regarder les choses en faces. Je vais donc prendre cette drogue immonde et laisser Karim faire ce qu'il veut, après tout, je suis consentant. C'est juste que je ne veux pas être conscient.
Quand je pense à l'usage que les autres font de la GHB, j'en suis écoeuré. Forcer les gens à consentir à un rapport sexuel est ignoble, encore plus traumatisant pour les victimes qui, en plus, oublient ce qui est arrivé. Cette drogue me terrifie. Je ne peux pas sortir, même avec des amis (quand on sait ce dont certains amis sont capables…) sans surveiller constamment mon verre, de peur qu'on mélange cette drogue à ma boisson.
Que je me serve de la drogue des violeurs pour consentir à un rapport sexuel, ce n'est pas seulement ironique, c'est lamentable…Je ne tomberai jamais plus bas.
23 juillet.
Ce matin, je me suis réveillé complètement vaseux, le bas du corps douloureux et j'ai compris que Karim avait pris ce que j'ai dû lui offrir hier soir. Je n'en garde aucun souvenir mais, quand j'ai ouvert les yeux, Karim m'a serré dans ses bras, il m'a embrassé et m'a fait remarquer que j'avais été déchaîné la veille. J'ai senti une nausée prodigieuse me secouer l'estomac mais je suis resté avec lui quand même. Il m'a souri amoureusement et j'ai eu envie de le frapper. Je lui en veux. C'est idiot, j'ai voulu qu'il me fasse l'amour, mais je lui en veux de ne pas avoir vu que je n'étais pas dans mon état normal. J'ai l'impression qu'il a profité de la situation alors que je sais parfaitement qu'il est à mille lieues d'imaginer que je puisse avoir pris de la GHB.
Il m'a longtemps enlacé, embrassant sans arrêt mon front et mes lèvres, et ce contact provoquait chez moi un dégoût incontrôlable. J'ai été soulagé quand il s'est levé pour aller nous préparer le petit déjeuner. Je n'avais pas faim, loin de là, mais cela m'a laissé le temps d'aller fouiller dans la poubelle avec frénésie pour m'assurer qu'il avait bien utilisé un préservatif. J'ai été soulagé de constater qu'on avait pensé à se protéger. La poubelle contenait deux préservatifs usagés. Là, j'ai pensé « et en plus on l'a fait deux fois ! » et ça m'a fait sourire, parce que quand c'est moi qui fais l'amour à Karim, il nous arrive de le faire bien plus que ça. Je dois vite m'en remettre.
Harry renifla et c'est à ce moment là qu'il se rendit compte qu'il avait les larmes aux yeux. Lui qui avait tant de mal à faire sortir ses émotions, il y parvenait systématiquement lorsqu'il s'agissait de Draco Malfoy et de son comportement qu'il voulait réparateur mais qui, selon Harry, était surtout destructeur. Harry ne parvenait pas à croire que Draco ait pu aller aussi loin pour laisser Karim lui faire l'amour. D'un autre côté, il était soulagé que Draco ait été lucide en admettant qu'il refusait de penser à la réalité de son propre viol. Mais utiliser de la GHB contre soi même, c'était la dernière chose que Draco aurait dû faire, ne serait-ce que pour l'image qu'il avait de lui-même. Cette drogue était certainement l'une des pires, à cause de l'utilité que les gens en avaient. Il avait tellement envie de serrer le blond contre lui, de lui faire sentir par cette étreinte toute l'importance qu'il avait pour lui, toute la beauté qu'il recelait sans le savoir. Il voulait que ses bras expriment ce que ses lèvres refusaient de laisser passer, c'est-à-dire tout l'amour qu'il avait pour Draco. Il aurait aimé le protéger et se sentir vivant au creux de l'épaule du médicomage.
En même temps, une crainte pesait comme un poids sur son estomac, car si quelqu'un avait ces informations en mains et s'en servait contre Draco, cela le détruirait certainement. Harry se promit d'enquêter sérieusement à ce sujet dès qu'ils rentreraient de leur séjour dans ce palace.
6 octobre.
J'ai toujours l'impression qu'on me suit et Karim m'a quitté. Ou plutôt, j'ai poussé Karim à me quitter. Nous restons en bons termes malgré tout alors, au risque de passer pour une ordure, je n'éprouve pas de chagrin pour notre rupture.
Hier soir, Jared et moi sommes allés boire un verre dans ce bar branché, et gay, parce que Jared ne sort jamais ailleurs que dans le milieu homosexuel. Karim a voulu rester avec ce type, Djamel, qui travaille avec lui et qui lui tourne autour depuis des semaines. Ce qui m'énerve chez ce mec, c'est qu'il me toise et parle à Karim en arabe, juste pour que je me sente exclus de la conversation. S'il savait comme je m'en tape. Et puis il semble penser qu'il a le droit d'être avec Karim plus que moi, parce que moi j'ai l'air trop blond et que j'ai les yeux trop bleus. Je déteste ce genre de personne intolérante qui vous fait de grands sourires mais qui pense que vous ne valez rien comparée à elle, juste parce qu'elle est de la même race que votre copain. Etre maghrébin ne lui donne aucun droit sur Karim. Ça ne lui donne pas non plus le droit de m'appeler « petite blonde » à chaque fois qu'il me croise. Et Karim ? Karim ne voit rien. Il est persuadé que Djamel ne veut que son amitié. Il est parfois si naïf que ça m'énerve. Même Potter n'était pas aussi bobet !
« Sympa, merci, » grommela Harry.
Quelquefois, quand il fait son beau devant Karim et que Karim me donne des coups de coudes car il trouve mes remarques un peu trop cinglantes, j'ai envie de les planter tous les deux, de prendre mes affaires et de retourner à Londres. Sirius insiste lourdement pour que je revienne. Il me dit qu'en Suisse, je ne fais qu'éviter le problème. A chaque fois, je lui réponds : « Quel problème ? Je n'ai pas de problème. » Et à chaque fois, il lève les yeux au ciel et je me marre. La vérité, c'est que je sais que je ne retournerai pas en Angleterre. Ils savent tous. Rien que de penser qu'ils savent ce qui m'est arrivé, ça me rend malade. Et avec ma chance, je vais tomber sur Potter et sa bande de précieux amis, certainement tous canonisés depuis le temps. Je suis surpris que la population n'ait pas réclamé que Potter devienne ministre de la magie à corps et à cris. Avec un peu de chance, il pourrait marcher sur l'eau, ou scinder la mer en deux…Qui sait ? Je ne sais pas pourquoi c'est à lui que je m'en prends systématiquement. Il est le dérivatif idéal, il est celui que je peux maudire en paix, parce que, lors des deux années où nous avons fait une trêve, son contact m'apaisait. Je doutais énormément, j'avais peur et lui, d'une certaine manière, me transmettait sa force. J'ignore pourquoi je lui faisais confiance. C'est probablement dû à son image de parfait petit Saint. Toujours est-il que je me suis senti trahi par lui plus que par les autres, et penser à lui, le mépriser, adoucit ma colère. Maudire son image est plus facile que maudire celle de ces quatre abrutis, parce qu'eux, je ne veux même pas me souvenir de leurs couleurs de cheveux.
Je crois que je m'égare, chère douleur (parce que c'est à toi que je dois m'adresser si j'en crois la psychologue qui m'a poussé à écrire ce journal). J'étais en train de te raconter les raisons de ma rupture avec Monsieur « j'y vois pas à deux mètre à la ronde. » (parce que pour ne pas le voir arriver, le Djamel, il faut faire fort.)
Je suis donc sorti avec Jared et j'ai été étonné par le succès que j'avais l'air d'avoir auprès des hommes présents. Dans un monde parfait, je dirais qu'ils étaient tous fous de moi. Dans la réalité, ils étaient trois à m'avoir abordé. Deux étaient de telles épaves que même Milicent Bulstrode aurait préféré rentrer seule. Le fait même qu'ils osent me parler était une insulte. D'autres me lançaient des œillades insistantes mais, normal, ils ne me connaissaient pas. Ils ignoraient que jamais je ne faisais le premier pas. Et puis quoi encore ?
Le troisième homme était assez attirant. Nous avons bu plusieurs verres ensemble et je peux dire que j'étais passablement éméché lorsqu'on s'est embrassés. J'ai honte à l'idée du spectacle qu'on a donné, moi assis sur ses genoux, et lui qui avait passé sa main sous ma chemise. Sur le coup, je n'ai pas pensé à Karim. J'étais totalement emporté dans cette délicieuse sensation, cette impression que je plaisais, que je n'étais pas aussi immonde que je pouvais l'imaginer. C'est faux, je ne pense pas être immonde. Je pense juste que s'ils savaient ce qu'on m'a fait sans que je me soies plus débattu, ils me trouveraient moins attirant.
C'est en rentrant chez moi et que j'ai entendu le message de Karim sur mon répondeur, sur lequel il me disait que j'avais raison à propos de Djamel et qu'il aurait dû me croire, que j'ai commencé à paniquer, à m'en vouloir. Je me suis traité de tous les noms. A quoi pensais-je ? Je sortais avec quelqu'un de formidable et j'ai tout gâché pour un homme dont le prénom m'échappe. Je n'ai pas envie d'être lié à quelqu'un au point de devoir toujours surveiller mon attitude. Je ne veux faire de mal à personne. Et je sais que Karim va avoir mal. Comme ce mec à qui j'ai donné un faux numéro. En fait, je veux être libre. Au moins une fois dans ma vie, je ne veux pas d'attaches, je ne veux rien devoir à personne. Je veux juste m'amuser.
Je me demande même si je n'ai pas fait exprès de ruiner ma relation avec Karim. Il veut toujours qu'on discute, qu'on communique, que je lui raconte ma vie. Ça me fatigue. J'en ai assez de devoir toujours me sentir coupable parce qu'il prend mon mutisme pour une marque de méfiance. Je ne me méfie pas de lui. Je ne veux pas lui parler, nuance. Je ne veux parler à personne. Je confie déjà quelques uns des mes états d'âme à Sirius, c'est suffisant. Mais qu'est ce qui ne va pas chez moi ? Suis-je condamné à passer à côté de tout, simplement parce que je ne veux pas qu'on m'atteigne ?
30 octobre.
Je n'imaginais pas qu'on puisse aussi facilement passer de bras en bras, mais c'est possible, c'est ce que je fais. Suis-je plus heureux ainsi ? Certes non. Suis-je plus malheureux ? Non plus.
Je me sens juste désiré, et j'hésite entre trouver cela agréable ou le contraire. J'ai couché avec un homme hier soir, et ce matin, je suis parti de chez lui avant qu'il se réveille. C'est nul, mais je ne voulais pas lui imposer ma présence. Je lui ai fait mon petit discours sur mon idée d'une relation (libre, sans attaches etc..) et je sais qu'il était d'accord, mais après lui avoir fait l'amour, j'ai bien vu qu'il attendait plus. Je me retrouve toujours avec ceux avec lesquels, normalement, on voudrait faire un bout de chemin, ceux qui sont intelligents et doux. Et je les quitte. Est-ce que ça fait de moi une ordure ? Je crois que oui.
Surtout quand on pense que je n'ai pas envie de ces hommes. Je veux dire qu'ils sont beaux, mais que je n'ai aucun désir sexuel quand je les regarde. C'est seulement quand je les sens excités, qu'ils me touchent, que je finis par être excité moi-même. Mais s'ils n'en exprimaient pas la demande, je pense que je n'irais pas vers eux pour leur proposer de coucher avec moi.
Mon désir se justifie par celui de l'autre. Je crois que je me contente de répondre aux attentes sexuelles de mes amants, comme si c'était une obligation. Je ne sais pas pourquoi je ne dis jamais non alors que l'envie n'est pas là. Qu'est ce qui ne tourne pas rond chez moi ? J'ai à peine vécu et pourtant, je me sens vieux.
Un violent coup de tonnerre fit sursauter Harry, qui leva les yeux du journal. Le ciel s'était considérablement assombri et le vent soufflait si fort que des feuilles et des branches volaient dans les airs. Harry jeta un coup d'œil à sa montre et il laissa échapper un juron. Cela faisait presque deux heures que Draco et lui s'étaient disputés et il commençait à s'inquiéter. Il referma le journal et il constata que ses mains tremblaient. Son cœur semblait serré dans un étau, il avait du mal à respirer correctement. Il reposa le journal dans le sac et il se décida à partir à la recherche de la tête de mule qu'était Draco Malfoy.
Il descendit à la réception où il fut accueilli par l'hôtesse au sourire resplendissant. La façon dont elle détailla le corps du jeune homme n'avait rien d'approprié au standing de l'endroit mais Harry s'en fichait. Seul Draco comptait.
« Vous cherchez votre cousin ? Demanda-t-elle. Il est dans la salle de sport.
- Mon…Cousin ? Interrogea Harry en retour.
- Oui. Je suis désolée d'avoir eu l'air un peu froide tout à l'heure. Je n'avais pas compris que Callaghan plaisantait lorsqu'il laissait entendre que vous l'aviez frappé. Il est vrai que je ne m'y connais pas en boxe, je n'ai donc pas pu le reconnaître. Je comprends qu'il ait dû prendre un pseudonyme pour se déplacer. Si tout le monde savait que le champion du monde des poids légers était ici, les gens auraient certainement bravé la tempête pour le voir. »
Harry ôta ses lunettes et il les nettoya longuement, comme si ses verres sales avaient pu l'empêcher d'entendre correctement. Il cherchait une façon décente d'expliquer à la jolie brune qu'elle était d'une naïveté étonnante mais aucune phrase ne lui venait à l'esprit, à part : « t'as quoi dans la tête, une pierre ? » Il préféra donc éviter de la brusquer et il se contenta de lui sourire.
« Il n'aime pas parler de sa vie privée alors je voudrais savoir ce qu'il vous a dit exactement, déclara Harry au bout de quelques secondes. Et où est-il ?
- Je l'ai conduit dans la boutique du château pour qu'il achète une tenue de sport. Il est à présent dans la salle de fitness. Je comprends qu'au niveau qui est le sien, il ait besoin de s'entraîner même lorsqu'il est en vacances. »
Harry se retint d'éclater de rire, mais il avait énormément de mal à garder son sérieux. Décidément, il cherchait le blond pour s'excuser, parce que sa présence lui manquait. Il n'imaginait pas que Draco se soit amusé, et visiblement beaucoup amusé, à raconter n'importe quoi à la réceptionniste. Harry trouvait cela assez drôle.
« Il vous a dit quelque chose d'autre, notre ami Callaghan ? Demanda Harry en se mordant le coin des lèvres pour ne pas laisser libre cours à son hilarité. »
La jeune femme lui fit un sourire charmeur et elle lui lança un regard des plus significatifs.
« Ne lui en voulez pas, je pense qu'il a eu raison de me parler de votre attirance pour moi. Et je peux vous assurer que l'attirance est mutuelle. Bien entendu, nous ne pouvons pas dîner ici, je perdrais mon emploi, mais dès que la tempête sera passée, nous irons dans un restaurant italien, puisque c'est ceux que vous préférez.
- Il n'a pas fait ça ? Siffla Harry soudain moins amusé. Il n'a pas osé vous raconter que je…
- Ne soyez pas fâché, il voulait juste vous aider à vaincre votre timidité.
- Où est la salle de sport ? Interrogea Harry entre ses dents.
- Je vous y conduis. » Proposa la jeune femme.
Harry la suivit dans un passage souterrain qui menait de l'autre côté d'une grande cour. Les poings serrés, les nerfs vrillés, Harry sentait poindre une dispute éclatante. Arrivés dans les vestiaires qui débouchaient sur la salle, il fit signe à la réceptionniste qu'il n'avait plus besoin d'elle. Les mains enfoncées au fond des poches de son jean, Harry entra et son regard se posa immédiatement sur le jeune homme blond qui frappait fougueusement un sac de sable. Personne d'autre ne s'entraînait, les clients ayant tous préféré rester au chaud dans leurs chambres. Son short et son tee-shirt sans manches gris collaient à sa peau rougie, rendue brillante par l'effort, alors que des mèches blondes trempées barraient son front et retombaient devant ses yeux. Il n'était pas conscient de la présence de Harry. La seule chose qui semblait l'intéresser était de frapper toujours plus fort, de se perdre dans l'effort. Harry voyait clairement qu'il s'épuisait volontairement, qu'il voulait avoir mal et cela lui fit vite oublier sa colère. Il se trouvait devant le Draco du journal, celui qui cherchait désespérément une façon d'apprivoiser son histoire et sa peine. Harry pensa soudain que si Draco pouvait laisser éclater sa rage, cela serait pour lui un bon début. Mais il intériorisait tout et se défendait à coups de sarcasmes, ce qui, selon Harry, n'était pas prêt de changer.
« Draco ! » Appela Harry.
Draco n'entendit pas, trop occupé à se défouler. Harry vint alors se placer à côté de lui et il tapota sur son épaule. Draco fit un bond de côté et il toisa Harry en haletant. Une goutte de sueur descendit de sa tempe jusqu'à sa mâchoire et Harry se demanda s'il était normal qu'il se sente excité en voyant cela. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait autant envie du blond, alors que ce dernier agissait de manière repoussante et que ses os saillants inquiétaient Harry plus qu'ils ne l'excitaient.
« Potter, lança sèchement Draco. Tu m'as fait peur. Comme tu peux le constater, j'ai cherché mais je n'ai trouvé personne pour me faire une fellation, alors j'évacue le trop plein d'énergie.
- Je suis désolé Draco, je ne pensais pas ce que je t'ai dit tout à l'heure. J'étais toujours sous le choc de t'avoir vu te faire suc...Te faire faire ce qu'on sait dans la cuisine. »
Draco fit un petit sourire triste et Harry tendit une main vers lui. Le blond recula lentement.
« Ne me touche pas, je suis sale, » lança-t-il.
Cette phrase resta suspendue dans l'air, et Harry se demanda si Draco parlait du moment présent ou d'une généralité. Il se ressaisit rapidement en se disant qu'il ressentait plus fortement tout ce que Draco disait car il venait de lire une partie de son journal. Il devait garder à l'esprit que Draco ne passait pas son temps à penser au viol et qu'il ne se définissait pas seulement par rapport à cet évènement. Il était une personne bien avant le viol, et il l'était toujours, même s'il lui arrivait de partir à la dérive. Il rassembla les affaires de Draco et il lui fit signe de le suivre en se demandant comment son corps amaigri pouvait supporter deux heures de sport intensif.
Arrivés dans la chambre, Draco ne dit pas un mot et il se rendit dans la douche chaude. Il aimait le doux bruit de l'eau, combiné à la violence de la tempête. Etrangement, cela l'apaisait, même si sa tête tournait et que son cœur battait plus vite. Il connaissait cette sensation. Elle voulait simplement dire qu'il avait trop forcé et qu'il était au bord de l'évanouissement. Il respira calmement, profondément, et il appuya son front contre le marbre froid de la cabine de douche. Lentement, il retrouva ses esprits et il ferma l'arrivée d'eau. Il passa un pantalon noir et un pull gris avant de quitter la salle de bains pour retrouver Harry, assis en tailleur sur le canapé.
« Comment te sens tu ? Demanda Harry.
- Comme un porc en manque de fellation, lança Draco d'une voix qui trahissait sa lassitude.
- Je me suis excusé Draco. Je ne voulais pas te blesser. Comprends que ça m'ait choqué de te voir avec ce mec.
- Et comprends que ça me choque que personne n'ait pensé une seconde que je n'étais pas seul dans cette cuisine, » rétorqua froidement Draco en se postant devant la baie vitrée pour admirer la force de la tempête. « Ce mec, comme tu dis, était consentant visiblement. Ça ne choque personne qu'il ait profité du fait que je n'étais pas en mesure de penser correctement ? Personne ne m'a forcé à consommer…Ce que j'ai consommé, et je suis responsable de ce qui est arrivé, mais je ne suis pas le seul responsable.
- Je sais, » déclara Harry en s'approchant du blond pour passer une main dans ses cheveux. Puis il prit sa baguette et il jeta un sort sur la baie vitrée. Il fit de même dans la chambre. « On ne sait jamais.
- C'est un sortilège de consolidation ? Interrogea Draco pour changer de sujet.
- Oui, depuis qu'une vitre a explosé sur Pansy lors d'une mission, je suis prudent. Neville était dans tous ces états ce jour là et j'ai bien cru qu'il allait nous casser la figure, à Ron, Kingsley et moi pour n'avoir pas mieux veillé sur elle.
- Pansy et Londubat, j'ai toujours du mal à m'y faire, admit Draco avec un petit sourire en coin. Comment ont-ils pu se retrouver ensemble et se marier ?
- Ils ont appris à se connaître après la bataille finale, répondit Harry. Pansy était perdue sans toi. Elle venait te voir tous les jours et c'est à ce moment là qu'elle a commencé à discuter avec Neville, qui commençait à St Mungo comme stagiaire herboriste. Il l'a soutenue et, au fil des mois, ils se sont rendus compte qu'ils étaient plus que des amis. Et maintenant, la voici en congé maternité.
- Comme c'est mignon, lâcha Draco avec un sourire sardonique.
- Pourquoi es-tu toujours aussi sarcastique ? Ce n'est pas parce que tu ne crois en rien, que les autres doivent être aussi blasés que toi. Neville et Pansy se complètent à la perfection. Elle a rendu Neville plus sûr de lui et lui, il lui a appris à être tolérante, à ne pas cracher sur ceux qui avaient moins de fric qu'elle. Pansy a toujours été proche de toi. Pourquoi cherches tu à la fuir ? »
Draco sembla réfléchir au fait de répondre ou non à la question. Il s'appuya, dos à la baie vitrée et il croisa les bras sur son torse en regardant intensément Harry, qui se sentit chavirer.
« Parce que je sais à quoi elle pense à chaque fois qu'elle est en ma présence. Elle ne le fait pas exprès, mais le résultat est là : elle a pitié de moi. Je déteste ça. Je déteste me voir dans ses yeux. Il lui faudra du temps pour ne plus y penser, et je ne vais pas lui tenir la main en attendant que ça arrive. Alors j'arrêterai de la fuir quand elle sera prête à me considérer autrement que comme celui dont on s'est servi comme réceptacle à liquides séminaux lors de cette maudite bataille finale. Maintenant, si tu veux bien, nous allons parler d'autre chose.
- Draco, ne te ferme pas, » souffla Harry en tenant la taille fine du blond entre ses deux mains, essayant de ne pas avoir l'air trop secoué par le ton neutre de sa voix alors qu'il parlait de son viol. « Dis moi ce que tu ressens.
- Rien, Harry. Je ne ressens rien. Parle moi plutôt de la jolie Lucy.
- Alors c'est comme ça qu'elle s'appelle ? Questionna Harry d'un air maussade. Mais qu'est ce qui t'a pris de raconter de telles inepties ! Pourquoi lui avoir dit qu'elle m'attirait ?
- Parce que tu lui plaisais et qu'elle pensait que nous étions un couple. Alors pour couper court, j'ai inventé cette histoire de Callaghan, le cousin homo du gentil hétéro. Comme ça, tu as toutes tes chances avec elle. »
Les mains de Harry se resserrèrent autour de la taille de Draco, alors que le blond le défiait du regard.
« Tu es sérieux ? Non mais pourquoi tu veux me jeter dans ses bras !
- Je voulais m'amuser un peu, et te brancher sur une gentille fille, répondit Draco avec détachement. Harry soupira, puis il tira Draco vers le canapé. Le brun s'installa sur le canapé, alors que le blond posa le sceau à champagne sur le sol et s'assit sur la table basse, jambes écartées autour de celles de Harry, les coudes posés sur ses propres genoux.
« Jamais tu ne vas t'asseoir sur une chaise ou un canapé, remarqua Harry en souriant tendrement.
- C'est trop tentant, répondit Draco en montrant le socle de la table. Ce n'est pas tous les jours que je pose mes fesses sur Flipper le Dauphin.
- Parce que tu connais Flipper le Dauphin toi ?
- Sûr ! Tu n'as pas idée du nombre d'heures que j'ai pu passer devant la télévision pour rattraper mon retard en culture moldue ! Je suis devenu incollable sur les schtroumfs et le méchant Gargamel.
- Sur qui ? Demanda Harry en s'interrogeant sur la santé mentale de son vis-à-vis.
- Ce sont des petits lutins joyeux qui vivent en troupeau autour du patriarche, un grand schtroumf austère qui leur dit comment respirer et se comporter. Ne ris pas, c'est sérieux ! J'ai toute une théorie sur l'aspect sectaire des Schtroumfs ; ça fait d'ailleurs beaucoup rire Lana aussi.
- Ok, dit Harry en arrêtant net de rire. Soyons sérieux alors. Tu crois vraiment que j'aurais envie me taper la réceptionniste ?
- Pourquoi pas ? Elle est mignonne, tu aurais tort de laisser passer une pareille occasion.
- C'est une femme, pas une promo dans un supermarché, rappela Harry en se passant nerveusement la main dans les cheveux. Dis moi, Draco, qu'est ce que je pense de toi, à ton avis ? »
Draco parut surpris par la question mais il garda son air froid. Lentement, il humecta ses lèvres avec sa langue et Harry retint un râle animal. Les souvenirs de sa nuit passée dans les bras du blond ressurgirent et il fit craquer ses doigts pour se détendre.
« Je crois que tu me voies bien plus faible que je ne le suis réellement, lança Draco. D'un autre côté, tu me considères comme assez fort pour entendre ce que tu as à me dire, peu importe la manière dont tu le dis, et j'apprécie ta franchise. »
Il se tu et il attendit que Harry se décide à parler, ce qu'il fit après un petit sursaut étonné.
« Alors c'est tout ? Pour toi, tout est une question de force ou de faiblesse ?
- Non, rétorqua Draco en se massant la nuque d'une main. Je ne sais pas comment tu me perçois, Harry, c'est tout. Que veux tu que je te dise ? Tu sais exactement ce que tu penses de moi. Je ne comprends pas pourquoi on aborde ce sujet. Nous parlions de Lucy…
- Laisse tomber Lucy, tu veux bien ? Coupa Harry en prenant une cigarette et en la cassant en deux pour se calmer. Je me fous de Lucy, c'est clair ! Je ne suis pas venu ici pour que tu me trouves une fille ! Je veux passer du temps avec toi, parce que tu es l'homme le plus intelligent et le plus énervant que je connaisse. Putain, tu es vraiment aveugle !
- Surveille ton vocabulaire, Potter.
- J'adore quand tu fais ça, avoua Harry en posant ses mains sur les genoux du blond. Tu veux que je te dise ? Je crois que tu as voulu me brancher avec cette fille parce que tu as peur de l'intimité qu'on a partagée ce matin. Tu t'es montré tel que tu étais et, à présent, tu voudrais que j'oublie qu'il y a tout un côté sensible et attachant chez toi. Tu as peur qu'on devienne trop proches l'un de l'autre et c'est la raison pour laquelle tu veux que je m'éloigne. »
Draco ne répondit pas. Il baissa les yeux, puis il les releva fièrement, et son regard gris perlé de bleu coupa le souffle du Survivant.
« Qu'est ce que tu attends de moi, Harry ? Demanda enfin Draco.
- Rien. Je n'attends rien de toi. Et toi, Draco, qu'attends tu de moi ?
- De la franchise, répondit le blond en se passant une main dans les cheveux.
- Alors je vais être franc, » déclara Harry en prenant les poignets de Draco et en le tirant vers lui, jusqu'à ce que le médicomage se retrouve à chevaucher les genoux de Harry en prenant appuis sur le dos du canapé. Il ne chercha pas à s'écarter lorsque le brun entoura sa taille d'un bras pour l'approcher un peu plus de lui. Le corps de Harry était en feu, tout comme ses joues, alors que son cœur battait à tout rompre. C'était cela qu'il voulait. Draco et lui, ensemble. Il tenta de le lui dire, d'exprimer son amour mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge.
Draco le regardait d'un air froid mais ses joues étaient rosies et ses yeux trahissaient son trouble. Lentement, Harry fit remonter ses mains le long du torse de Draco, pour prendre son visage en coupe. Il le tira alors vers lui et ses lèvres se posèrent avec douceur sur celles de Draco, juste pour goûter leur saveur, pour sentir leur texture satinée contre lui. Draco ferma les yeux et Harry appuya un peu sa bouche contre la sienne, espérant transmettre dans ce baiser tout l'amour, toute la tendresse et la passion qu'il ressentait envers le blond. Il souhaitait lui faire comprendre quelle personne extraordinaire Draco était à ses yeux, avec sa force incontestable et sa fragilité qu'il tentait de masquer avec tant d'énergie. Une des mains de Harry descendit se poser sur la hanche de Draco pour le repousser un peu, afin qu'il ne soit pas en contact avec son érection gênante, pendant que son autre main se perdait dans la chevelure dorée. Lorsqu'il sentit la langue de Draco caresser sensuellement sa lèvre inférieure, Harry ouvrit la bouche pour lui permettre d'approfondir le baiser, ce qu'il fit sans se faire prier, provocant un adorable gémissement guttural chez le beau brun.
La main de Harry remonta lentement le long du dos de son partenaire, sous le pull, simplement pour être en contact avec sa chaleur. Les os trop proéminents l'inquiétèrent à nouveau mais il ne voulait pas gâcher le moment, ce moment merveilleux où leurs langues ondulaient l'une contre l'autre, intimes et complices. Harry s'abreuvait de Draco, il emplissait ses poumons de Draco et rien d'autre ne comptait plus. Il grogna de frustration lorsque le blond le repoussa avec douceur, une lueur d'excitation mêlée de tristesse dans le regard.
« Mes règles n'ont pas changées, dit-il d'une voix rauque. Je ne veux aucune attache, chacun est libre de…
- Surveille tes propositions, Malfoy, » lança Harry en souriant.
Son rictus s'effaça d'un coup. Il allait dire « je ne suis pas Charlie ou Olivier. » Il avait l'impression d'avoir enfin compris Draco, et cela grâce à son journal. Il fixa le jeune homme avec intérêt alors que les pages du journal défilaient dans son esprit. Le moment où Draco avait commencé à flirter sans compter coïncidait avec le moment où Karim n'avait pas su le sécuriser par rapport à ce Djamel. Il ne l'avait pas pris au sérieux lorsqu'il lui avait fait part de ses doutes sur son collègue. Karim devait être persuadé que Draco savait à quel point il l'aimait, que personne ne pouvait se mettre entre eux. Mais Draco l'ignorait. Draco avait besoin d'être constamment rassuré et quoi de plus rassurant que le désir dans les yeux des gens ? A sortir avec n'importe qui, on ne souffre pas de ce sentiment d'abandon, on est conforté dans l'idée qu'on plaît, au moins pendant quelque temps. Djamel était arrivé après que Draco ait laissé Karim le prendre (Harry ne pouvait se résigner à dire « faire l'amour » étant donné les circonstances qui avaient entouré l'acte sexuel). Draco avait dû penser que Karim avait pris tout ce qui l'intéressait et que Draco ne comptait plus autant qu'avant. Or, Draco avait confiance en Karim et il s'était, une fois de plus, senti trahi. Les hommes de passages, ceux auxquels il ne s'attachait pas ne pouvaient pas le trahir, puisqu'il n'avait aucune confiance en eux.
Avec Charlie, Draco se sentait obligé de sortir avec beaucoup d'autres hommes pour le tenir à distance. Parce que Charlie ne le sécurisait pas, en le laissant se souiller dans les bras des autres, et paradoxalement, Charlie l'étouffait en le surprotégeant. Olivier, de son côté, voulait lui poser des limites sans les dicter vraiment, et il laissait Draco dépérir en trouvant cela sexy. Ce n'était pas non plus sécurisant. Aucun homme, à part Karim au départ, n'avait su identifier ce besoin d'être rassuré sans pour autant être infantilisé.
« Harry, tout va bien ? Demanda Draco, gêné d'être ainsi dévisagé.
- Oui, répondit Harry en caressant le visage de Draco. Je n'ai jamais eu les idées aussi claires. Je veux que tu saches que je ne suis pas d'accord avec tes règles. Tu es quelqu'un de trop précieux pour te gâcher dans les bras d'inconnus.
- ça me regarde, constata Draco, glacial.
- Je suis d'accord. Mais ça me regarderait aussi si j'acceptais tes règles idiotes. Avec mes règles, tu serais vraiment libre de faire ce que tu veux, car tu n'aurais pas à voler de bras en bras pour prouver que tout va bien.
- Quelles sont tes règles ?
- Je voudrais que tu essayes d'être avec moi et seulement avec moi. Je ne te partagerai pas, Draco. Je le refuse. Tu es trop important pour moi, je ne peux déjà pas t'imaginer avec d'autres alors que nous ne sortons pas ensemble, ça me rend jaloux à en crever. Si nous étions ensemble, je le supporterais encore moins.
- Je ne mérite pas ta jalousie, Harry. Je ne suis pas quelqu'un de bien.
- Tu mérites ce qu'il y a de meilleur, parce que je ne connais personne d'aussi brillant que toi. Je sais que c'est risqué de se lancer dans une relation où chacun ne couche pas avec le voisin. C'est terrifiant parce que ça inclut une certaine confiance, parce nous pouvons nous faire mal, mais c'est tellement plus beau, et plus sain. Je serai incapable de te blesser Draco, sauf si tu tires le premier.
- Je ne veux pas d'une telle relation, lança Draco en se relevant.
- C'est ton droit, rétorqua Harry en se levant à son tour, lui prenant la main pour le tourner vers lui. Je te demande juste d'y réfléchir. Et quoi que tu décides, sache que mon amitié t'est acquise. Tout ce que j'attends de toi, c'est de l'honnêteté. Ne prends pas cet air scandalisé, Draco. Allons plutôt manger un morceau, histoire de te remplumer un peu.
- Pourquoi, tu ne voudras pas de moi sinon ?
- Non mais as-tu écouté UN MOT de ce que je t'ai dit ? S'offusqua Harry avant de voir le sourire amusé de Draco. Tu sais que je te trouve d'une beauté à couper le souffle, n'est ce pas ?
- Maintenant je le sais, déclara Draco en faisant claquer sa langue.
- Et ne te casses pas le cul à me renvoyer le compliment. Il n'empêche que tu es trop maigre et que je vais te gaver comme une oie.
- Surveille ton vocabulaire, Potter ! Je n'ai jamais dit que je te trouvais laid, au contraire. Tu es le beau gosse par excellence mais ne t'attends pas à ce que je t'offre des fleurs. »
Harry éclata d'un rire agréable en regardant autour de lui, pour faire comprendre à Draco qu'il avait assez de fleurs comme ça. Puis il le prit par la manche pour le tirer hors de la suite, jusqu'au restaurant de l'hôtel. Harry fit honneur à tous les plats et, même si Draco passa plus de temps à déplacer la nourriture dans son assiette qu'à manger, il picora quelques bouchées de flétan, ce qui rassura un peu Harry. Au dessert, il goûta même le tiramisù de l'Auror. Ce n'était pas grand-chose, mais pour Harry, c'était important. Ils discutèrent des recherches médicales de Draco et Harry lui en apprit plus sur le métier d'Auror. Dans l'ambiance feutrée du restaurant, plus rien ne comptait à part leur conversation somme toute anodine mais porteuse d'une réelle intimité entre eux, d'une nouvelle complicité. Harry mourrait d'envie de lui dire qu'il avait lu son journal, de lui expliquer pourquoi il l'avait fait et d'enfin pouvoir régler ce malentendu qui lui déchirait le cœur à chaque fois qu'il pensait à Draco. Il voulait lui avouer à quel point sa vie à lui aussi, avait été détruite dans cette cabane. Mais il craignait de perdre Draco au moment où il avait le plus besoin de lui, alors il se tu, préférant attendre un moment plus propice.
Lorsqu'ils retournèrent dans la suite, ils commandèrent du thé et Harry conduisit Draco dans la chambre, l'invitant à ôter ses vêtements. Draco s'adossa contre l'encadrement de la porte, bras croisés, lançant un regard interrogateur à Harry qui était déjà en boxer, admirant la perfection du son corps, musclé et sensuel à souhait. Jamais Draco n'avait rencontré d'homme aussi beau, et aussi peu conscient de l'être, ce qui ajoutait un charme supplémentaire à l'ancien Gryffondor.
« Non, je n'ai pas viré au malade mental évadé de l'asile ! S'exclama Harry avec un sourire lumineux. Il n'y a qu'un lit et on a déjà dormi ensemble, voilà tout. Je ne compte pas te sauter dessus, même si tu es affolant habillé comme ça. Il ne se passera rien entre nous, parce que je refuse d'être un parmi d'autres et parce que je veux que tu me désires autant que moi je te désire, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Donc tu peux enlever tes fringues, je ne fais pas de fixation sur ton cul.
- Vocabulaire…
- Potter, oui on connaît la chanson ! Allez, déshabille toi et viens me rejoindre au lit…chéri.
- C'est si gentiment demandé…Amour, » railla Draco en se débarrassant de son pull d'une manière un peu trop sensuelle au goût de Harry.
Lorsque le pantalon glissa sur le sol, révélant pourtant ce corps aux os saillants, Harry ne pu calmer la puissance de son désir qui se dressa, lui faisant monter le rouge aux joues. Draco leva un sourcil mais il ne dit rien.
« Je suis désolé pour ça, murmura Harry.
- C'est normal, soupira Draco en se donnant l'air d'une star blasée, je suis magnifique !
- Et tellement modeste ! »
Draco se mit à rire de bon cœur et il rejoignit Harry sous les couvertures pour déguster un thé bien chaud, à la douce lueur de la cheminée qui contrastait avec la violence de la tempête sévissant à l'extérieur. Draco aimait particulièrement le son du vent qui soufflait en bourrasques régulières, et celui de la pluie qui battait par rafales contre les vitres, ou s'écrasant abruptement sur le sol de la terrasse. Harry tourna la tête vers lui, fasciné par la couleur unique de ses cheveux, la finesse de ses traits, et ce cou gracile qu'il avait envie de dévorer de baisers. Draco était à quelques centimètres de lui et pourtant, il était en manque de contact physique avec lui. C'était officiel, Sirius avait raison, Draco était une drogue que Harry voulait consommer sans modération. Le blond tourna la tête vers lui et Harry se résigna à passer pour un imbécile.
« Veux tu venir t'installer entre mes jambes ? Demanda-t-il d'un air timide, surtout en comprenant le double sens de cette phrase.
- Non, répondit Draco très sérieusement. Toi tu viens. »
Harry fit mine de réfléchir et Draco écarta les jambes pour accueillir le jeune brun. Harry s'installa, la peau de son dos en contact direct avec celle du torse du blond. Il fut rapidement enveloppé par la puissance magique et le magnétisme de Draco, qui posa ses mains sur les hanches de Harry, en prenant garde de ne pas les serrer dans un geste qui aurait pu passer pour de la possessivité. Harry prit les mains de Draco et il les resserra autour de sa taille, jusqu'à ce qu'elles reposent sur son ventre. Il se sentait bien, sécurisé par ce corps derrière le sien. Il était heureux et il avait l'impression d'être enfin compris. C'était comme si Draco savait que le Survivant aussi, avait besoin d'être protégé, peut être plus encore que les autres, car il n'arrivait pas à l'avouer. Comment deux bras aussi fins pouvaient apporter une telle force à Harry, cela le dépassait complètement. Il avait juste le sentiment d'être à sa place, d'avoir tout ce dont il avait besoin. Draco posa alors son menton sur son épaule et il remarqua d'une voix douce :
« Tu as vraiment une étrange conception de l'amitié, Potter.
- Je trouve aussi, Malfoy, » répondit Harry en se retournant pour planter un baiser furtif sur les lèvres de Draco.
Draco lui donna sa tasse et ils burent en silence, bercés par l'orage.
« Dis moi, Draco, demanda soudain Harry. As-tu déjà entendu parler d'une lumière blanche qui passerait entre deux sorciers, et que même des Moldus pourraient voir ?
- Harry, ne me dis pas que tu crois à ces idioties !
- Alors tu sais ce que ça signifie ? Explique moi, réclama Harry en essayant de ne pas frissonner en sentant le souffle de Draco sur sa peau, sa voix chaude résonnant dans sa tête comme une mélodie sensuelle.
- C'est le genre de légende sentimentalo crétine qu'on raconte aux sorciers et aux sorcières quand ils sont petits. En fait, il s'agit d'histoires du même genre que celles racontées par les Moldus, tu sais, avec cette fille qui va jouer les femmes de ménage chez des nains chantants parce qu'elle est trop belle pour être capable de se défendre toute seule ; comme si belle et intelligente, c'était de l'ordre de l'impossible. A un moment, cette truffe mange une pomme et elle a besoin du baiser d'un prince pour se réveiller.
- Tu parles de Blanche Neige.
- Oui, c'est ça ! Et bien là, ce truc de la lumière blanche, c'est le même genre d'histoire. On dit que cette lumière apparaît pour lier deux sorciers ou sorcières très puissants ayant accompli, ou amenés à accomplir, de grandes choses pour les autres. Chacun peut bénéficier de la force et des pouvoirs de l'autre dans les situations d'urgence. Ces sorciers seraient des élus, peu nombreux, choisis par le spectre de Merlin pour être des âmes sœurs. Et voilà, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfant et bla et bla et bla…
- Comment se fait-il que des Moldus puissent voir cette lumière ?
- Il parait que seuls des êtres exceptionnels, sorciers ou moldus, au cœur pur, peuvent la voir. Ils seraient choisis pour être des espèces de guides spirituels pour les sorciers élus. En gros, la lumière blanche est là pour dire « eh les gars, ce sont eux que vous devez guider et vous serez récompensé car ils vous sauveront d'une manière ou d'une autre ! » C'est une immense farce. Je n'ai jamais vu cette lumière blanche…remarque, je doute d'être un jour choisi comme guide spirituel. Tu vois, ce sont des bêtises qu'on raconte pour faire rêver les gens, pour leur faire croire que l'amour existe, qu'il peut dégouliner sous forme de lumière. Tu n'y crois pas, n'est ce pas ? »
Harry ne parvenait pas à trouver ses mots. Etait-il possible que Karim ait vu juste depuis le début ? Que Draco et lui-même soient des âmes sœurs ? Etait-ce la raison pour laquelle Draco laissait approcher Harry plus facilement que les autres ? Quant à Sirius, pourquoi ne savait-il pas ça ? Bien entendu, Mme Black ne semblait pas être le genre de mère à raconter de jolies histoires de guides spirituels à Sirius avant qu'il aille se coucher. Elle était plutôt du genre à vouloir qu'il maîtrise la magie noire avant l'âge de dix ans. Comment Draco et Harry pouvaient-ils sauver Sirius ? Peut être, comme Draco le laissait entendre, en lui rendant sa vie, en l'empêchant de perdre son temps à s'occuper d'eux. Harry ferma les yeux, pour les rouvrir quelques secondes plus tard, un sourire dansant sur ses lèvres.
« Karim a vu cette lumière blanche, lança-t-il comme une bombe.
- Lors du dernier Ramadan, Karim n'arrivait pas à se lever tôt pour manger et, en plus, il a eu une grippe mais il a refusé d'interrompre le jeûne. Résultat, il était tellement affamé et fiévreux qu'il a eu des hallucinations. Il m'a mordu le doigt en le prenant pour une Corne de Gazelle ! Alors ce qu'il croit avoir vu…Minute Potter ! Qui ? Qui est censé être le couple de l'année ?
- Toi et moi. Sirius aussi a vu cette lumière blanche le jour de la bataille finale. »
Inconsciemment, les bras de Draco lâchèrent Harry et il s'appuya plus fort contre la tête du lit, comme s'il cherchait à la repousser pour s'éloigner. Harry préféra ne pas s'imposer et il se détacha de Draco, s'agenouillant devant lui et le regardant fixement dans les yeux pour capter son attention. Draco replia les genoux, y laissant reposer ses coudes et il passa ses deux mains dans ses cheveux.
« Ne me dis pas que tu crois à ce genre de balivernes, implora presque Draco.
- Je ne sais pas. Mais avoue que c'est troublant. Deux personnes qui voient la même chose. Et puis dis moi, si tu n'y crois pas, pourquoi tu flippes ?
- Je crains que tu ne t'attaches à moi pour de mauvaises raisons, à cause de ce que Karim et Sirius t'ont raconté.
- Je ne suis pas aussi facilement influençable, » rétorqua sèchement Harry.
Il avait voulu lui expliquer qu'il était attaché à lui bien avant que Sirius et Karim ne lui parlent de cette histoire de lumière blanche, mais les mots n'étaient pas sortis. Harry avait toujours été incapable d'exprimer ce qu'il avait sur le cœur. Draco se contenta de lui adresser un faible sourire, puis il s'allongea, ramenant les couvertures sur son torse. Harry l'imita rapidement. Seules leurs cuisses se touchèrent et ce contact fut suffisant.
« Tu sais comment je suis certain que nous ne sommes pas faits pour être ensemble ? Demanda Draco au bout d'un moment.
- Parce que je ne surveille pas mon vocabulaire ? Hasarda Harry avec un sourire espiègle.
- Non, répondit Draco en éclatant de rire. Parce que tu clopes comme un acharné. Cette chambre sent la cigarette, c'est une horreur.
- Forcément, la cocaïne n'a pas d'odeur.
- Un point pour toi. Bonne nuit Potter. »
Draco était blessé par la remarque mais, en même temps, il trouvait agréable d'être avec quelqu'un qui n'approuvait pas tout ce qu'il faisait, sans même réfléchir. Harry Potter était un être profondément intelligent et bon, ce qui laissait Draco penser qu'il ne méritait pas quelqu'un comme lui, car il risquait de l'abîmer, de le faire souffrir. Il se concentra sur la tempête et il se laissa bercer par le son rassurant de la pluie battante. Lentement, Draco s'endormit. Harry, pour sa part, eut plus de mal à trouver le sommeil. Etre aux côtés de Draco, à moitié nu dans ce lit, était une épreuve de force pour lui. Bien entendu, il désirait sexuellement Draco mais le problème ne résidait pas là. Le problème était qu'il avait cruellement envie de le toucher, de passer sa main dans ses cheveux. Le contact de sa cuisse sur la sienne, chaude et lisse, avait été suffisant au début mais Harry voulait plus. Il voulait Draco tout entier. Il ferma les yeux en se concentrant sur la respiration régulière de Draco, à peine audible au milieu du vent et de la pluie, et il s'assoupit.
Le lendemain, ils petit déjeunèrent dans la chambre et Harry, à grand renfort de diplomatie, parvint à faire avaler un thé et un toast à Draco. La tempête ne s'était pas encore calmée et la radio annonçait déjà une dizaine de morts, principalement des personnes qui s'étaient aventurées dehors en voiture ou à pieds pour filmer les intempéries. Une rivière avait débordé et des branches d'arbres étaient tombées sur les routes. Un arbre s'était abattu sur une maison mais, heureusement, ses occupants se trouvaient chez leur voisine, une personne âgée qui vivait seule. On annonçait une accalmie à partir du début d'après midi. Harry était étonné de la fascination qu'exerçait cette tempête sur Draco. Il passait du temps à observer dehors, perdu dans ses pensées. Pour passer le reste de la matinée, ils se rendirent au casino de l'hôtel. Harry s'amusa beaucoup des regards écoeurés que lançait Draco aux joueurs, hypnotisés par les machines à sou.
« Ils ressemblent à des robots, constata Harry.
- En beaucoup moins classe, corrigea Draco en sortant du casino. Allons manger avant que tu ne fasses de l'hypoglycémie. »
Harry lui tira la langue, vexé d'être pris pour un estomac sur pattes. Ron était un estomac sur pattes, Harry lui, mangeait normalement.
« Forcément, vu ce que tu bouffes, je passe pour un ogre ! » S'exclama Harry.
Draco le fusilla du regard et il s'éloigna à grands pas. Harry allait s'élancer à sa poursuite lorsque Lucy fit son apparition, bravant les interdits pour lui proposer de déjeuner avec elle. Harry accepta, sachant que de toute façon, Draco ne voudrait pas manger. Il lui fit quand même monter un sandwich qu'il retrouva intact lorsqu'il rentra dans la chambre après s'être difficilement débarrassé de sa nouvelle groupie. Draco était assis sur le bar, lisant un livre qu'il avait acheté une heure plus tôt. Harry s'approcha et il s'installa sur le tabouret haut, en face de Draco.
« Tu ne manges pas ? Demanda Harry pour marquer la trêve.
- Pas faim, grommela Draco sans lever la tête.
- La tempête s'est calmée. Il pleut juste un peu. Que dirais tu d'aller se promener ? Il paraît qu'il y a un très beau village à quelques kilomètres de là.
- C'est ta copine Lucy qui t'as dit ça ? Questionna Draco, le nez toujours baissé sur son livre.
- Je croyais que tu voulais me caser avec elle, remarqua Harry. Ecoute, on s'en fout de Lucy, d'accord ? Je veux juste passer la journée avec toi. Il faut que je t'envoie un carton d'invitation ?
- Ce serait un bon début. »
Harry se mit à rire doucement et il tira Draco, jusqu'à ce qu'il se retrouve une fois de plus sur les genoux de Harry, qui passa lentement ses doigts sur le doux visage de Draco, encore marqué par la colère d'Olivier.
« Draco Malfoy, déclara solennellement Harry, acceptez vous de sortir visiter le village avec moi.
- Je le veux, lança Draco dans un souffle, le rire au fond des yeux.
- Et maintenant, avoue, tu es jaloux.
- Jaloux ? Moi ? Dans tes rêves ! » Affirma Draco avec une mauvaise foi évidente.
Harry le lâcha et ils descendirent, Draco gratifiant Lucy d'un grand sourire hypocrite. Un voiturier sortit la Berline du garage et ils prirent le chemin du village. Comme Draco s'y était attendu, c'était un village touristique, regorgeant de boutiques d'artisanat en tout genre, ce qui convenait parfaitement au jeune héritier. Commença alors la course aux articles les plus beaux ou les plus surprenants entre Harry et Draco, sous la pluie, sans que ça les dérange. Le blond acheta un nombre impressionnant de vêtements, sachant pertinemment qu'il en porterait à peine la moitié. Il craqua ensuite pour des statuettes en terre cuite, qu'il ne mettrait jamais en évidence chez lui. Harry acheta avec la même démesure, et la seule chose qui méritait d'être portée fut la chevalière en or blanc, ornée d'une pierre noire, qu'il offrit à Draco lorsqu'il vit qu'elle lui plaisait. En retour, Draco acquit pour Harry un pendentif représentant la justice.
« Parce que tu es un vrai justicier des temps modernes, » dit-il avec un sourire amusé en le lui offrant.
C'était idiot mais Harry n'arrivait pas à croire que Draco Malfoy lui avait fait un cadeau ; LE Draco Malfoy, celui qui lui avait rendu la vie infernale avant de devenir le centre de son univers. A voir la façon dont il regardait sa chevalière, Harry compris que Draco pensait la même chose…Du moins il devait se souvenir de la haine féroce qui les habitait lorsqu'ils étaient plus jeunes. Ils s'arrêtèrent dans un salon de thé pour déguster une part de tarte aux pommes et à la cannelle, dessert favori de Draco, même si, une fois encore, le blond passa plus de temps à couper de minuscules morceaux de gâteau qu'à les manger. Le voir avaler deux bouchées était suffisant pour Harry et ils prirent ensuite le chemin de l'hôtel.
Ils arrivèrent dans la chambre, trempés, gelés, mais satisfaits de leur journée. Ils se dévêtirent rapidement, jusqu'à être en boxer, Draco toujours conscient de sa maigreur et gêné de se trouver à moitié nu devant Harry. Il ne montra rien de son trouble et tous deux se prélassèrent longuement dans un bain à remous brûlant. Bientôt, Draco se laissa envahir par la douce torpeur du bain et des huiles essentielles et il s'assoupit. Harry le porta jusqu'à la chambre et il l'allongea sur le lit. Il caressa longuement ses cheveux, hypnotisé par la sérénité de ce visage endormi. Quand il parvint à détourner le regard, il prit le cahier bleu et il s'installa dans le salon, confortablement calé sur le canapé. Il se fit livrer un paquet de cigarettes et il tapota sur la première page du journal avec sa baguette pour lever le sortilège de protection, puis il tapota à nouveau pour arriver à la troisième année. C'est avec une certaine appréhension qu'il entama sa lecture, tirant lentement sur sa cigarette.
1er novembre.
Jour des morts, je ne pense pas à mes parents…Cette question me ronge littéralement à l'intérieur. Pourquoi mon père a-t-il cautionné « ça », pourquoi n'a-t-il pas agi en père ?
Sirius est passé voir comment se portait Weasley et, visiblement, je lui ai sauvé la vie. Content d'avoir pu aider la famille Weasley.
Charlie est très différent de l'autre bouseux agrippé à Potter comme si sa vie en dépendait. Charlie est moins grand, avec un visage beaucoup plus doux et plus séduisant que celui de l'autre tâche de rousseur ambulante, parce que, même s'il est roux, Charlie ne ressemble pas à un dalmatien. Sirius m'a dit qu'il voulait absolument me remercier et il me garantit que Weasley ne dévoilera à personne que je suis bel et bien vivant. Je le verrai cet après midi, si le cœur m'en dit. Je dois d'abord voir Eric pour me renseigner sur les piercings. J'ai bien envie de me faire percer le nombril.
2 novembre.
Incroyable. Lorsqu'il m'a vu, Charlie Weasley a semblé être littéralement touché par la foudre, ou la grâce, au choix. Il m'a dit « vous êtes un ange » et ça m'a fait rire. Puis il a longuement serré ma main dans la sienne en me fixant intensément et là, ça m'a franchement gêné.
A part ça, Sirius m'inquiète beaucoup. Il a toujours l'air seul, et c'est comme si son unique joie dans l'existence, était de me voir m'amuser, ou voir s'amuser son filleul, je suppose. J'ai essayé de lui parler, de lui dire d'investir sa propre vie émotionnellement et de ne pas perdre tout ce temps à penser à nous. Il a nié avoir peur de vivre pour lui et il m'a dit qu'il était pleinement heureux, avec ses deux fils près de lui. Il me dit souvent qu'il aurait aimé que je soies son fils et, sincèrement, j'ai mal de ne pas avoir eu un père comme lui, ou comme Mohamed, le père de Karim. Sirius a tellement souffert, je crois qu'il est temps qu'il arrête de courir et qu'il se repose enfin, auprès d'une femme à la forte personnalité, comme il les aime.
Et sinon ? On me suit, j'en suis certain. Personne ne veut me croire au Ministère de la Magie Suisse. Je ne suis pas fou.
15 novembre.
Jamais on ne m'avait offert de fleurs. C'est fait grâce à Charlie Weasley. Pourquoi faut-il que ce mec affolant, fasse partie d'une famille que je déteste ? Enfin, c'est un bien grand mot, « détester », parce que c'est surtout un réflexe conditionné par mes parents. Cette famille ne m'a rien fait et Molly Weasley était toujours gentille avec moi, bien que particulièrement étouffante. Sa mort m'a attristé. Les jumeaux m'ont toujours fait rire. C'est bête à dire, mais ils me manquent ces deux là. Je n'imagine pas la souffrance que doit endurer Fred sans George. Tout ce que j'ai pu vivre n'est rien comparé à ce qu'il doit ressentir. Quant à Ginny, nous étions très complices. Charlie est mon préféré, mais je ne veux pas qu'on soit ensemble. Il est trop bien pour moi. En fait, le seul des Weasley que je déteste vraiment, c'est Ron, ce blaireau qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter parce qu'il traîne avec Ze Survivant ! Quand je pense que Luna était amoureuse de lui, j'espère qu'elle s'est trouvé quelqu'un qui la mérite vraiment. Je crois que Luna est celle qui me manque le plus. Elle avait toute une théorie sur le fait que je soies l'incarnation d'un ange, c'était très amusant et, malgré son adorable folie, c'est une fille brillante. Si je devais vivre avec une femme, ce serait elle, même si j'adore Pansy. Je ne sais pas ce qu'ils sont tous devenus, à part les jumeaux, je ne demande jamais de leurs nouvelles à Sirius. Je crois que je suis nostalgique de l'Angleterre.
Harry écrasa sa cigarette dans le cendrier, captivé par ce qu'il lisait. Il refusait cependant de tout lire, sauter des pages l'aidait à se donner bonne conscience en se disant qu'il n'avait pas tout lu. Son attention fut attirée par une page sur laquelle l'écriture était moins nette, moins soignée, tremblante. De grosses ratures noires rendaient la lecture difficile.
17 décembre.
J'en étais sûr ! Je savais qu'on me suivait et personne ne m'a cru, à part Sirius et Charlie, qui semble vouloir me protéger à tout prix, même si je lui dis que tout va bien ! Je ne raconterai ça à personne, c'est trop dur et j'ai trop mal réagi, en me laissant bêtement faire.
J'étais en train de finir mes courses de Noël lorsque c'est arrivé. Il faisait nuit, j'avais les bras chargés de paquets en me rendant sur le parking. Au moment où je sortais mes clés de voiture, un homme m'a collé contre le capot, cognant ma tête au passage. Je me suis débattu et, pour cela, il m'a tordu le bras dans le dos, m'ordonnant de ne pas bouger et de ne surtout pas me retourner si je voulais garder mon pantalon. Je crois que j'ai cessé de respirer à ce moment là. Je sentais le sang couler dans mes yeux, et son corps pressé intentionnellement contre le mien, pour que je sente son érection m'a donné envie de vomir. C'était un sorcier, j'en suis persuadé parce que je sentais son aura magique tout autour de moi. J'étais pétrifié et je crois que je l'ai supplié de me laisser. J'ai supplié comme un lâche.
Il s'est contenté de mimer l'acte sexuel contre moi, puis il a tiré mes cheveux en arrière, m'a léché l'oreille et il a dit qu'il savait qui j'étais et à quel point j'aimais ça, me faire prendre par derrière. Il m'a ordonné de me mettre à genoux et je ne sais pas si j'ai obéi immédiatement ou s'il a dû me forcer à le faire. Si je m'en réfère aux marques sur mes épaules, il a forcé. Toujours est-il que j'étais à genoux, face à ma voiture, et que je l'ai entendu transplaner. Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans cette position, le front contre l'aile avant, la tête vaseuse et la respiration bloquée. C'est un clochard qui m'a sorti de cette transe en me demandant si j'allais bien et si j'avais un portable pour qu'il appelle la police. Je l'ai remercié et il m'a aidé à me relever. J'avais quelques billets sur moi alors je les lui ai donné, plus pour acheter son silence que pour autre chose, puis j'ai démarré en trombes et je suis rentré chez moi. J'ai vraiment peur.
Harry alluma une nouvelle cigarette d'une main tremblante, trop secoué par ce qu'il avait découvert. Ainsi quelqu'un avait agressé Draco, et personne n'était au courant. L'instinct de l'Auror lui criait qu'il s'agissait d'une manœuvre de Crabbe Senior et Harry se promit d'aller lui rendre une petite visite à Azkaban pour tirer tout cela au clair. Il avait certainement dû se rendre compte que Draco allait bien et cela l'avait dérangé, alors il avait engagé quelqu'un pour lui rappeler qu'il ne serait en sécurité nulle part. Il ferma les yeux et les ouvrit sur la page suivante. Draco n'avait rien écrit pendant dix jours.
27 décembre.
Je suis malade depuis 10 jours, depuis l'agression pour être précis. Je décroche difficilement deux mots et je passe mon temps à avoir de prodigieuses nausées. Je tiens à peine debout. Cette histoire me hante. S'agit-il de quelqu'un au courant de ce qui est arrivé dans la cabane ou s'agit-il simplement d'un sorcier homophobe qui connaît mon mode de vie ? Après tout, je n'ai jamais caché mon homosexualité une fois que je l'ai découverte.
Charlie est resté avec moi, ainsi que Karim. Ils passent leur temps à se disputer comme deux chiens devant un os et ça m'énerve au plus haut point. Je veux qu'ils s'en aillent, qu'ils me laissent seul. Sirius a l'air de comprendre, mais je ne le veux pas avec moi. Il a toujours été là et je voudrais qu'il vive sa vie sans s'inquiéter pour moi. Je rêve de solitude, d'île déserte au milieu de nul part. Hier, Eric est passé quelques minutes, le temps de me dire qu'Amandine et lui pensaient à moi. Je n'ai pas eu besoin d'expliquer mon envie d'être seul, il l'a comprise. Mick et lui sont les plus fins à ce sujet. Ils savent toujours quand partir.
Harry sursauta lorsque le téléphone sonna. Lucy, prenant sa voix la plus lascive possible, lui annonça qu'un « certain Sirius Black » voulait lui parler. Harry prit la communication et il salua Sirius.
« Comment va Draco ? Demanda Sirius.
- Moi ça va, merci, plaisanta Harry sans percevoir le ton inquiet de son parrain. Draco va bien. Il dort pour l'instant.
- C'est la panique au Ministère, annonça Sirius. Je suis dans une merde noire, et c'est pire pour Draco.
- Que veux tu dire ? Sirius qu'est ce qui se passe ?
- Nous savons pourquoi Crabbe senior s'est laissé attraper, expliqua Sirius d'une voix blanche. Il veut détruire Draco de la pire manière possible : en le forçant à témoigner, à raconter le viol devant tout le monde. C'est pour cela qu'il est à Azkaban, pour conseiller son infect rejeton.
- Pardon ! S'écria Harry en éteignant sa cigarette pour en rallumer une autre juste après. Comment est-ce possible ?
- La bande de porc dont fait partie le fils Crabbe a été accusée de viol aggravé parce que Draco était censé être mort. Alors les connards ont contacté leurs avocats et ils demandent un nouveau procès. Harry, tu sais ce que ça veut dire, n'est ce pas ? Ça signifie que Draco va devoir tout raconter et, si les avocats s'y prennent bien, ils vont faire considérablement baisser les peines de prison. De vingt ans, ils peuvent tomber à seulement dix ans.
- Ce n'est pas possible, Sirius. Il faut faire quelque chose. Tu ne peux pas empêcher ça ?
- J'ai essayé ce matin, mais je n'ai plus aucune crédibilité. Les journaux racontent que j'ai couvert Draco depuis le début et que j'ai donc laissé Crabbe, Goyle et Zabini payer plus qu'ils ne le devraient. Je suis considéré comme un homme qui a fait passer le bien être d'un ami avant ma tâche de Ministre, même si à l'époque, je n'étais pas encore Ministre. Je vais aussi devoir m'expliquer devant la commission et ça risque de chauffer pour moi.
- Je vais tuer ces mecs, lança Harry en serrant les dents. Nous rentrons immédiatement.
- Non ! Surtout pas ! Laisse moi essayer de calmer le jeu avant. Essaye d'en parler à Draco pendant votre séjour et laisse le se reposer. Il va passer un bon nombre de nuits blanches à son retour. Je suis désolé Harry, j'aurais voulu avoir de bonnes nouvelles. J'aurais dû demander à Draco de rester et d'affronter ses agresseurs il y a quatre ans au lieu de l'aider à s'enfuir. Ça t'aurait évité des souffrances, et à lui aussi.
- Tu as fait exactement ce qu'il fallait Sirius, affirma Harry en tirant sur sa cigarette. Je n'aurais pas agi différemment si j'avais été à ta place. Occupe toi de te sortir de la merde, et je m'occupe du reste.
- Vocabulaire, Potter, » lança une voix glaciale, tremblante de colère.
Harry se tourna sur sa droite et il resta muet face à Draco, vêtu simplement d'un pantalon gris foncé, les poings serrés le long de son corps. Son regard voyageait lentement du visage de Harry au journal posé à coté de lui. Harry raccrocha le téléphone au nez de Sirius qui parlait encore, avec des gestes calmes, comme s'il craignait de faire fuir Draco. Le blond s'approcha d'un pas déterminé et il saisit le carnet bleu, le lançant avec rage dans la chambre, tournant les yeux vers Harry avant même que le cahier ait percuté le mur.
« Comment as-tu osé ? Questionna Draco d'une voix trop douce alors que ses prunelles grises étaient assombries par la haine. Comment as-tu pu t'immiscer ainsi dans mon intimité ? C'est une vengeance, c'est ça ? Pourquoi ? Parce que j'ai raconté des bêtises sur toi à Rita Skeeter quand nous étions des gamins ?
- Draco, je suis désolé, vraiment désolé. Je voulais juste…
- Ferme ta putain de gueule ! Tu vois, Potter, je suis capable de m'abaisser à ton niveau et de parler ton langage afin que tu comprennes bien ! Je ne veux plus te voir, ni t'entendre. »
Il arracha la chevalière de son doigt et il ouvrit la porte du balcon, jetant la bague au loin.
« Voilà ce que TU as fait de notre pseudo amitié, Potter ! Prends ta voiture et tire toi vite. Je rentrerai demain matin en taxi. Ramasse tes histoires d'âme sœur, tes reproches sur mon comportement, tes clopes qui m'asphyxient et laisse moi tranquille. »
Harry tenta de parler mais les mots se bousculaient, il n'arrivait pas à justifier pourquoi, à un moment, il avait jugé utile de lire le journal de Draco. Alors il prononça la phrase qu'il regretta immédiatement.
« L'autre soir, tu m'as dit que ça ne te dérangeait pas que je lise ton journal. »
Draco pâlit si vite que Harry crut qu'il allait s'évanouir. Au lieu de cela, le blond le toisa avec mépris, un rictus désabusé sur le coin des lèvres.
« L'autre soir, j'étais à l'ouest, et tu en as profité pour obtenir mon accord. C'est pire que tout. Tu m'as dit que tu ne me blesserais pas, à moins que je ne tire le premier. Qu'est ce que je t'ai fait, Harry ? Jamais on ne m'avait trahi de cette manière, » murmura Draco en luttant clairement contre des larmes de dépit. Il entra dans la chambre, prit le sac de Harry et le jeta sur le canapé. Harry voulu lui saisir la main mais Draco recula vivement. Il regarda Harry en secouant la tête, comme s'il n'arrivait toujours pas à croire qu'il ait fait ça. Puis il se dirigea vers la chambre, sans se retourner. « Va-t-en…En tout cas, j'espère que mon dos n'a pas trop fait mal à ton couteau quand tu l'as planté. »
Il claqua la porte et Harry retomba lourdement sur le canapé, prenant sa tête entre ses mains, se maudissant d'avoir été aussi peu discret, ou aussi curieux, il hésitait. Il ôta ses lunettes et il massa l'arrête de son nez entre son pouce et son index. Il entendit un cri étouffé, et il en conclut que Draco avait hurlé sa rage en tenant son oreiller contre sa bouche. Cela lui brisa le cœur. Il savait que Draco n'avait pas besoin de ça en plus du reste. Il enfila son jean avec des mouvements ralentis par le poids de sa culpabilité. De l'autre côté de la porte, il crut percevoir un sanglot étouffé et un nœud se forma dans son estomac. La voix de Draco parvint, faible et presque suppliante :
« Karim, c'est Draco. S'il te plaît, décroche ton téléphone. Il y a tellement de choses que je voudrais te dire, il faut qu'on parle. Je suis navré pour ce que j'ai fait, sincèrement. Je ne pensais pas un mot de ce que je t'ai balancé au visage. Rappelle moi sur mon portable. S'il te plaît. »
Entendre le blond à la limite d'implorer Karim était un coup dur pour Harry, mais il comprenait son désarroi. Lui-même, sans Draco, se sentait perdu.
« Je suis désolé Draco, murmura-t-il en passant un pull, moi qui voulais te protéger, j'ai eu tout faux. »
Il jeta un long regard à la porte qui le séparait de Draco et il soupira. Il voulait aller le voir, s'excuser à genoux s'il le fallait, mais il ne pouvait pas s'imposer. Pas après avoir meurtri Draco à ce point. Il ne lui restait plus qu'à partir.
A suivre…
Voici un nouveau chapitre clos, j'espère qu'il a su vous parler et que vous n'allez pas vouloir me tuer à cause de sa fin. Sinon, tant pis, il va d'abord falloir trouver où j'habite. Bisous à vous et à bientôt. Comme toujours, si vous voulez me donner votre avis, le bouton « submit review » vous fait de l'œil en bas à gauche !
