TRAUMA

Disclaimer : JKR…JKR… JKR… JKR… JKR… JKR… JKR… JKR… JKR…(voir début de fic pour les disclaimers, en fait.)

Rating : toujours M

Note de l'auteur : un grand merci à Chris, Tama Abi, Vif d'Or, Angel's Heaven et Artoung (Colin Crivey) pour la relecture.

Merci aussi à Lilie et Nick pour leurs messages auxquels je n'ai pas pu répondre, mais le cœur y était.

A Damien pour les corrections, les avis toujours pertinents, les discussions sur la suite de l'histoire et parce qu'il supporte mes sempiternelles incertitudes (Damien est un ange.)

Et à toi qui lis cette histoire…Oui toi qui te dis « oh ? Elle poste déjà ? Trois mois seulement après le chapitre précédent ? Elle est rapide ! » (bon, bâillonnez moi, ça m'évitera de dire des bêtises )

Et à toi Ville Valo ! A toi Brian Tichy ! A toi Billy Idol ! A toi Martin Gore ! Pour l'inspiration...(attachez moi les mains dans le dos, ça m'évitera d'écrire des bêtises, donc…)

Bonne lecture (ou pas, vu le chapitre.)

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Draco raccrocha et, d'un ton jovial, il invita le visiteur à entrer. Il déchanta dès qu'il vit Ginny apparaître dans l'encadrement

CHAPITRE DOUZE : NUITS BLANCHES

OoOo

« J'ignorais que tu étais de nuit, Weasley, déclara-t-il en prenant le parchemin qu'elle lui tendait.

- C'est toi qui a aménagé mes horaires pour les quinze jours à venir, après que je t'aie traité de bite sur pattes, rétorqua Ginny en le fusillant du regard. Il faut que tu signes ça, c'est l'admission de ton patient dans l'unité psychomagique.

- Baker a accepté de se faire traiter pour un syndrome de Münchhausen ? Je n'en reviens pas.

- C'est Blake.

- C'est pareil.

- Enfin bref…Hermione lui a présenté la chose avec un minimum de tact et il a été convaincu. Tu lui aurais affirmé qu'il était allumé et que les allumés se faisaient éteindre en psychomagie, expliqua Ginny en secouant la tête de gauche à droite pour marquer sa désapprobation.

- Il aura mal compris, voilà tout, rétorqua Draco avec désinvolture en signant le formulaire d'admission.

- Jamais tu ne poses ton cul sur les chaises ?

- Jamais tu ne t'occupes de ton propre séant ? Renvoya Draco en lui rendant le parchemin.

- Mon propre séant se porte bien, merci. C'est qu'on entend tellement parler du tien en ce moment…

- Sors d'ici, coupa Draco dont le visage était passé du dédain à la rage en un quart de seconde. Cette petite guerre avec toi ne m'amuse plus. Dès demain, je demande ton transfert dans une autre unité. Tu choisis celle que tu veux si ça peut te faire plaisir, mais tu quittes la mienne.

- Je ne veux pas partir d'ici, j'étais là avant toi ! Explosa Ginny en relevant le menton pour défier Draco. Tu m'as déjà pris Harry, alors mon travail, tu n'y touches même pas en rêve, c'est clair ? »

Draco baissa la tête puis il se frotta les yeux d'une main tout en soupirant lourdement. Il dût faire appel au peu de sang froid que la fatigue avait bien voulu lui laisser pour ne pas rabaisser la jeune femme plus bas que terre. Ça aurait été si facile, après qu'elle ait abordé le sujet qui la blessait, après qu'elle ait parlé de Harry. Ses lèvres en brûlaient de retenir les remarques sarcastiques et humiliantes qu'il avait à l'esprit, même s'il n'en pensait pas un mot. Il releva lentement la tête, s'intima l'ordre de compter jusqu'à cinq avant de prendre la parole et, lorsqu'il ouvrit la bouche, il fut lui-même étonné du ton calme et posé de sa voix.

« Tu ne quitteras pas l'hôpital, Ginny. Tu changeras juste d'étage et tu n'auras plus à me croiser tous les jours. Tu devrais en être soulagée, pas offusquée.

- Non, insista Ginny en retrouvant un semblant de sérénité face à l'attitude pondérée de Draco. Je veux travailler avec toi parce que, même si tu es une merde, tu m'apprends énormément professionnellement parlant. Et pour être tout à fait honnête, tu me manques humainement parlant. On s'entendait bien toi et moi avant... »

Elle tourna les talons et actionna la poignée de la porte mais une main posée sur son épaule l'arrêta dans son élan. Elle fit face à Draco qui lui sembla soudain immense, d'une force insoupçonnée.

« Prends ça pour ce que ça vaut, c'est-à-dire pas grand-chose, récita Draco en la fixant avec insistance alors que sa voix tremblait un peu, mais je suis réellement navré de ce que j'ai fait avec Harry. Je ne te demande pas de me croire sur parole, cependant je peux t'assurer que si j'avais pensé une seule seconde que tu n'étais pas au courant de son attirance pour moi, jamais je ne l'aurais touché. Même si ça ne changera rien, je tiens à te présenter mes excuses.

- Je savais que tu lui plaisais beaucoup, et encore, c'est euphémisme. J'ignorais juste qu'il passerait à l'acte et que tu le laisserais faire. Des excuses sincères, c'était tout ce que je voulais entendre pour pouvoir commencer à essayer de te pardonner. On se voit demain, au même étage. »

Draco hocha la tête et, lorsque Ginny vint se blottir dans ses bras, il resta un instant interdit, sans savoir s'il devait l'étreindre ou, au contraire, la repousser. Finalement ses bras se mirent mouvement sans qu'il ait besoin de réfléchir plus avant et il la serra contre lui, une main caressant sa chevelure rousse.

« Tu sens bon, murmura Ginny en se dégageant rapidement. Mais tu es trop maigre, tu devrais rentrer pour manger un peu. »

A peine avait-elle prononcé ces mots que la porte s'ouvrit à la volée. Aussitôt, Draco avança la main pour la retenir avant que Ginny ne la prenne de plein fouet dans le dos. Une douleur aigue traversa son poignet et il retint de justesse un juron des plus colorés.

« Grang…Jordan ! Siffla-t-il sèchement. C'est mon bureau ici, on frappe avant d'entrer.

- Oui, excusez moi mais ça fait un moment que monsieur Blake attend le formulaire. Vous voulez qu'il change d'avis et qu'il continue à se faire mal ou quoi ?

- Ah ouais merde ! S'écria Ginny en quittant la pièce en courant, avec le parchemin levé au dessus de la tête.

- Elle devrait surveiller son vocabulaire, remarqua Draco comme pour lui-même sous l'œil amusé d'Hermione qui referma la porte derrière elle. Au moins, le patient ne sera plus un danger pour lui-même.

- Ton diagnostique était excellent, admit Hermione. D'ailleurs, Draco, quand cesseras tu d'être un danger pour toi-même ? »

Draco s'assit sur son bureau. Il prit sa baguette magique pour faire apparaître deux cafés. Il en tendit un à Hermione et il se concentra sur le sien avant de répondre avec toute la froideur dont il était capable.

« Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Tu as perdu combien ? Dix, douze kilos depuis ton retour ? Tu étais déjà naturellement très fin mais là, tu es en train de disparaître. Je me suis permise de prendre l'adresse d'une clinique moldue qui traite des troubles du comportement alimentaire, et je pense que tu devrais les contacter. Il faut que tu te fasses soigner Draco.

- D'une part, mon poids et mes habitudes alimentaires ne te concernent pas. D'autre part, je mange, » assura Draco en montrant la moitié de sandwich au thon qu'il avait jeté dans la corbeille à papiers.

Hermione le détailla de la tête aux pieds comme si elle auscultait un patient, puis elle reprit la parole tout en examinant le poignet douloureux du jeune homme.

« Ce n'est rien, une foulure tout au plus. Je t'arrange ça tout de suite. Depuis quand as-tu recommencé à te nourrir ?

- Est-ce que ça te regarde, franchement ?

- Oui. Tu es le chef de ce service et je dois savoir si tu es en mesure d'assurer tes fonctions. Plus vite tu me réponds, plus vite on en termine.

- Une semaine. Peut être plus.

- Une semaine ? Questionna Hermione devenue soudainement songeuse. Ça coïncide avec le début de ton insomnie.

- Je ne suis pas insomniaque, se défendit Draco.

- Alors c'est sacrément bien imité, surtout au niveau des cernes, du teint brouillé et de l'irascibilité…Pas que tu soies non plus d'un naturel agréable et souriant comme mec. Je pense que tu développes une succession de symptômes liés à ton retour et il faut que ça s'arrête. Prends au moins les coordonnées de la clinique, juste au cas où. »

Plus pour se débarrasser d'elle que par réel intérêt, Draco saisit le morceau de papier sur lequel étaient griffonnés une adresse et un numéro de téléphone et il le glissa dans la poche de son pantalon. Il ne prit pas la peine de la remercier, il n'éprouvait aucune reconnaissance envers son intrusion dans sa vie privée. Sa santé le regardait et elle n'était en aucun cas un frein dans son travail. Au contraire, il était doublement disponible…De quoi se plaignait-elle à la fin ? Il allait bien…pourquoi s'évertuait-elle à vouloir le persuader du contraire ?

« Je vais bien, Jordan, dit-il à haute voix.

- Je l'espère en tout cas. Rentre chez toi et prends une potion pour dormir, ça te fera du bien. Je veux te voir frais et reposé demain après midi lorsque je reviendrai.

- C'est moi le chef de service, Hermione. Tu n'as pas d'ordre à me donner.

- On parie ? Va coucher ! »

Draco ouvrit de grands yeux étonnés mais lorsqu'elle éclata de rire, il ne put s'empêcher d'esquisser un fin rictus. Il ressentait effectivement une certaine fatigue alors pourquoi ne pas tenter de se reposer un peu ? En doublant les doses de potion, il pourrait certainement empêcher ces visions – ou ces crises, ou ces terreurs nocturnes, il ne savait vraiment pas comment les qualifier – de surgir sans invitation.

« J'y vais, finit-il par lancer, mais dorénavant, je t'interdis d'entrer dans mon bureau sans mon autorisation express.

- Oui, c'est ça, j'en parlerai à mon cheval. » Rétorqua Hermione en l'accompagnant jusqu'aux portes de l'hôpital.

Cette nuit là, Draco dormit quelques heures d'un sommeil de plomb, sans rêves ni cauchemars. Il se rendit à Saint Mungo le lendemain, avec la sensation que ce repos chimique ne lui avait été d'aucune utilité. Il était plus fatigué encore que la veille et il avançait comme dans un épais brouillard, les paupières et les jambes lourdes, la bouche pâteuse mais apaisé par cet épuisement qui court-circuitait ses craintes du procès, son écoeurement à l'idée de devoir publiquement se justifier. Dans son état, ce procès semblait très lointain, totalement abstrait et seule sa condition physique primait. Il travailla une nouvelle semaine d'affilée, enchaînant les consultations à un rythme effréné, ne s'arrêtant que pour grappiller une heure ou deux d'un sommeil fragile et manger quelques bouchées de sandwichs ou de salades composées qui l'écoeuraient rapidement.

Le week end, Harry le contacta pour aller boire un verre dans un pub sorcier. Draco préféra à nouveau se rendre dans la partie moldue de la ville et Harry n'émit pas d'objection. Ils mangèrent dans un restaurant marocain et Harry constata que Draco avait fait des progrès significatifs en matière de comportement alimentaire. Au lieu de toiser son assiette avec dédain et dégoût comme il l'avait fait à maintes reprises les semaines précédentes, il se contentait de jeter des coups d'oeils emprunts d'indifférence sur ses bricks au thon. Il mangeait mécaniquement, sans plaisir apparent, mâchant indéfiniment ses aliments mais il mangeait et c'était plus qu'il n'en fallait à Harry pour être satisfait.

La conversation était agréable. Draco avait un avis sur tout, même si Harry ne le partageait pas une fois sur deux. A aucun moment le spectre du procès ne vint planer sur eux et c'est en plaisantant qu'ils se dirigèrent vers le bar où travaillaient Lana, Jared et Karim. Les deux premiers avaient appelé Draco une heure plus tôt pour l'inviter à sortir en boite de nuit et, après avoir consulté Harry, il avait accepté. Il était convenu que Karim ne les rejoindrait pas une fois qu'il aurait terminé son service.

Le couple de sorciers entra dans le pub et immédiatement, Lana se précipita dans les bras de Draco en lui reprochant de ne pas avoir appelé depuis des semaines. Le blond expliqua qu'il était débordé avec ses études de médecine.

« J'allais affirmer que tu nous laisses tomber maintenant que tu as un nouveau mec mais vue ta tête, j'en conclus que tes profs t'en font voir de toutes les couleurs, déclara Jared en déposant un baiser sur les lèvres de Draco pour lui dire bonjour.

- Je le trouve en forme, contra Lana. Fatigué mais moins rachitique quand même. Tu as repris du poids mon cœur ?

- Un peu, oui, et j'apprécierais que tu arrêtes de jouer à la maman, Lana chérie, » répondit Draco avec un rictus sardonique.

Harry éprouva une étrange reconnaissance pour les amis de Draco grâce à qui, il se sentait moins seul, moins démuni face au comportement parfois illogique du jeune homme. Lorsque Karim fit son apparition pour prendre la commande, un lourd silence s'abattit sur la tablée, provocant l'agacement du serveur.

« Salut Draco, lança-t-il avec un sourire figé alors que son regard noir semblait sonder le médicomage jusqu'aux tréfonds de son âme. Tu as quelque chose à me dire ?

- Non, Karim, répondit Draco en singeant l'attitude de Karim. Je n'ai rien à te dire.

- Alors moi non plus, je n'ai rien à te dire, siffla Karim en tournant la tête pour ne plus voir les yeux gris qui le fixaient avec insistance. Vous buvez quoi ?

- Tu ne m'extorqueras pas d'aveux, Karim, reprit Draco. Parce qu'il n'y a rien à avouer. J'ai agi comme un crétin et, j'en suis le premier navré, mais il n'y a pas d'explication à ça.

- Tu ne vas pas faire la gueule éternellement ma petite perle d'Orient, lança Jared pour détendre l'atmosphère.

- On parie qu'il en est capable ? Railla Draco sans pouvoir se retenir de vouloir blesser Karim autant que lui-même l'était d'être ainsi rejeté par son ami.

- Va te faire foutre Draco. J'ai rien d'autre à te dire que d'aller te faire foutre. Et pour information, le Maroc c'est pas en Orient, Cow-boy.» Soupira Karim en s'éloignant.

A peine avait-il tourné le dos que Draco reprenait le cours de la conversation avec aisance, sa main posée sur le genou d'Harry, comme si Karim n'avait jamais existé. Rapidement, tout le monde se détendit et partit danser. Cette soirée était une véritable bouffée d'oxygène pour Draco qui pouvait à nouveau être lui-même, détendu et amusant, en présence de ses amis. Ses gestes envers Harry étaient beaucoup plus naturels, plus intimes aussi, comme la manière qu'il avait de laisser sa main sur le genou du brun quand il parlait ou de le prendre par le cou pour reposer son front le sommet du crâne de Harry quand il éclatait de rire…Ce rire incroyablement communicatif qui réchauffait le cœur de Harry et lui donnait automatiquement le sourire.

Lorsqu'il le raccompagna chez lui cette nuit là, Draco enlaça longuement Harry puis, après un dernier baiser, il partit en chantant des paroles qu'il inventait au fur et à mesure sur un air de Bob Marley.

Deux heures plus tard, il était réveillé par une main invisible qui comprimait ses poumons. En sueur, tremblant, le cœur battant, il s'assit devant la télévision pour regarder, comme hypnotisé, des émissions dont il ne se souviendrait pas le lendemain.

Il retourna travailler avec entrain, soulagé par les lumières constamment allumées ainsi que par les va et vient incessants du personnel. La seule ombre au tableau, en plus du manque cruel de Karim, vint de la potion dans laquelle il avait mis tant d'espoirs de guérison pour Severus Rogue. Malgré sa couleur parfaite, elle n'avait pas d'autre effet sur le professeur que de lui faire cligner des paupières régulièrement, sans que ces clignements traduisent une quelconque forme de communication.

Draco se replongea alors à corps perdu dans la concoction de cette potion, entraînant Neville dans son obsession. Tous deux ne quittèrent pas l'hôpital durant trois jours. Ils passaient leurs journées et leurs nuits ensemble, à refaire les calculs, à retravailler les formules, à se laisser aller à des fous rires nerveux pour des broutilles. Neville se surprit à penser qu'il passait d'excellents moments avec le blond et cette idée lui fit dire qu'il avait vraiment trop travaillé et qu'il était temps pour lui d'aller se reposer.

Draco quitta l'hôpital dans l'après midi du mercredi afin de se rendre au Ministère pour apporter son soutien à Sirius. Dans l'entrée se massaient des centaines de sorciers qui manifestaient silencieusement en portant des pancartes sur lesquelles clignotaient magiquement les mots : « Sirius Black est notre Ministre. » Draco les gratifia d'un sourire étincelant avant de monter à l'étage des Aurors, où il était certain de retrouver Sirius.

Il ne s'était pas trompé, le Ministre buvait un thé en compagnie de Ron, Pansy et Harry dans leur bureau.

« Regardez qui vient gâcher cette belle journée, l'accueillit Ron d'un air morose.

- On te regarde, Weasley, on ne voit que toi, rétorqua Draco avec un rictus cruel au coin des lèvres. Comment vas-tu Sirius ?

- Il va bien…Il faut qu'on parle assez rapidement, répondit Pansy en lui jetant un regard torve.

- C'est demandé si gentiment. Tu as encore grossi non ? Questionna Draco en haussant les sourcils. Ça te va bien, remarque.

- Draco, ferme-la pour une fois, reprit Ron.

- Et si on se concentrait sur la décision imminente du Conseil Disciplinaire au lieu de se regarder le nombril ? Intervint Harry en agitant la main avec impatience.

- Laisse les. Ils me divertissent avec leurs gamineries, affirma Sirius. Allez y les enfants, Harry et moi, on compte les points. Le plus immature des deux gagne une journée à Merlinland.

- ça va aller, soupira Draco, à condition que Weasley n'en rajoute pas une couche avec la déchetterie qui lui sert de bouche.

- Tu as une mine resplendissante Draco, susurra Ron en serrant les dents. Le grisâtre te va bien au teint. Tu me fais penser à cet acteur moldu…Comment il s'appelle déjà ? Ah oui…Alien. »

Draco avait la répartie idéale toute trouvée mais Harry le coupa dans son élan en lui attrapant le bras pour l'attirer plus près de lui.

« Vous arrêtez maintenant, ordonna-t-il. Ou je serai obligé de vous faire taire d'une manière relativement douloureuse, sans en éprouver le moindre remord. »

Sirius s'autorisa un sourire crispé avant de fixer avec insistance la main de Harry qui n'avait pas lâché le bras de Draco. Il invita Ron et Pansy à l'accompagner afin de s'assurer que la Commission n'avait pas terminé de statuer. Si Ron ne sembla pas comprendre la manœuvre, Pansy, pour sa part, fut plus réactive et elle poussa le rouquin à l'extérieur du bureau pour laisser un peu d'intimité à Harry et Draco.

« C'est moi ou l'intentionnalité du procédé était vraiment flagrante ? Interrogea Draco une fois que la porte se fut fermée.

- Ce n'est pas toi, » répliqua Harry en enlaçant sa taille pour enfin embrasser ses lèvres.

Les mains de Draco remontèrent jusqu'à prendre le visage de Harry en coupe et il entrouvrit la bouche pour venir caresser la langue de l'Auror. Paupières closes, respirations haletantes, baisers langoureux, bientôt leurs corps se rapprochèrent pour se coller entièrement l'un à l'autre et Draco se surprit à tirer les cheveux de Harry en arrière afin de pouvoir accéder à son cou et le mordiller tendrement.

« Putain arrête Draco, implora Harry avec le souffle court alors que ses doigts passaient sous la chemise du médicomage afin de frôler la peau de son dos.

- Vocabulaire, Potter, murmura Draco avant d'emprisonner le lobe de son oreille entre ses dents.

- Sérieusement Malfoy, arrête, tu vas me rendre dingue », souffla Harry tandis que ses mains se crispaient sur les omoplates de Draco.

Le blond recula lentement, à contrecoeur, même si son visage restait impassible. Il remit les pans de sa chemise dans son pantalon, puis il réajusta sa cravate pendant qu'Harry observait la scène avec attention. L'Auror sortit une cigarette de son paquet mais il ne l'alluma pas. Il se contenta de la faire rouler entre son index et son majeur.

« Tu es très cerné, remarqua-t-il. Tu dors mal ?

- Je travaille beaucoup, expliqua Draco.

- Ce soir aussi ? »

Draco acquiesça d'un signe de tête mais, au moment où il allait lui proposer un rendez-vous plus tard dans la semaine, Ron et Pansy firent leur apparition, hilares.

« C'est bon, explosa Ron en faisant une étrange danse de la victoire. Sirius reste le taulier du Ministère !

- Putain, je suis soulagée, lança Pansy en battant hystériquement des mains.

- Je suppose que ça gâcherait la petite fête si je vous demandais de….

- Oui, Draco, coupa Harry avec un sourire moqueur. Ça nous ferait chier que tu nous demandes de surveiller notre putain de vocabulaire. Où est Sirius ?

- En bas, il remercie la foule et les journalistes, répondit Pansy. Si on allait dans un pub pour marquer le coup ? Draco, tu viens avec nous.

- Seize heures, c'est un peu tôt pour moi. Je dois retourner à Saint Mungo.

- Il faut que je te parle, insista Pansy.

- Ecoute ma belle, je serais ravi de discuter avec toi mais j'ai à faire aujourd'hui, s'impatienta Draco. On remet ça à plus tard si tu veux bien. »

Pansy marmonna des paroles qu'il ne comprit pas mais il ne fit pas l'effort d'attendre qu'elle veuille bien articuler. Il salua Ron du bout des lèvres et adressa un sourire ravageur à Harry avant de repartir en direction de l'hôpital où il se remit immédiatement au travail sous l'œil inquiet d'Hermione.

Il revenait d'une pause café avec un de ses collègues de psychomagie lorsqu'une infirmière lui annonça qu'on l'attendait dans son bureau. Elle avait une mine tellement réjouie que Draco se demanda si son visiteur n'était autre que Harry. Après tout, Harry avait un réel pouvoir attractif sur les femmes, c'était indéniable. Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il émit un rire discret. Il ne s'agissait pas de Harry néanmoins l'effet de séduction était sensiblement le même chez Sirius, tranquillement installé sur le canapé.

« Monsieur le Ministre, plaisanta Draco en s'adossant au mur. N'êtes vous pas supposé vous enivrer pour fêter votre victoire ?

- Si, mais Pansy s'est plainte de ne pas avoir pu te parler et comme ça m'a intrigué, elle m'a tout expliqué. C'est édifiant ce qu'on peut apprendre parfois Draco, répondit Sirius dont la voix était étrangement basse alors que son visage s'était considérablement durci.

- Pourquoi ai-je la désagréable impression que cette passionnante conversation tournait encore autour de moi ? Ironisa Draco en croisant les bras sur son torse. Et pourquoi ne pouvez vous pas changer un peu de sujet parfois ?

- Oh ton nom a bien été mentionné une ou deux fois, mais ce n'était pas vraiment de toi qu'on parlait. Vois tu, petit con, on a surtout évoqué Harry.

- Et en quoi cela fait-il de moi un petit con ? Tu ne veux pas que je pose les mains sur ton précieux filleul ?

- Tu poses les mains où tu veux, et il fait ce qu'il veut des siennes, ça ne me regarde pas, contra durement Sirius.

- Je ne sais pas ce que Pansy t'a raconté mais tu sais parfaitement qu'elle a tendance à tout dramatiser.

- Je sais surtout qu'elle était une de tes meilleures amies et que depuis ton retour, tu la traites comme une moins que rien. Malgré ça, elle t'aime. Elle serait prête à tout pour toi au nom de votre amitié mais tu es trop aveugle…Ou trop idiot pour t'en rendre compte. »

Draco soupira d'agacement et lorsqu'il releva la tête, le regard qu'il lança à Sirius était glacial.

« Viens en aux faits, je suis occupé et toi, tu as un évènement à célébrer.

- Très bien. Quand il était saoul, Harry a dit quelque chose à Ron, qui l'a répété à Luna, laquelle a mis Pansy au courant et qui, elle, m'en a informé aujourd'hui.

- Donc tu me fais perdre mon temps avec une simple histoire de bouche à oreille ? Je nage en pleine confusion là…

- Moi aussi, Draco. Et je suis profondément déçu aussi…En tout cas si les propos qui m'ont été rapportés sont vrais, je serai déçu. As-tu demandé à Harry de tuer Crabbe, Goyle et Zabini ? »

Draco resta un instant sans voix, secouant la tête avec incrédulité. Au début, il ne comprit pas en quoi cela était un problème. Il sentait juste la rage monter en lui. Plus le temps passait, moins il supportait qu'on parle de lui en son absence. L'idée qu'il devenait peut être paranoïaque l'effleura mais il la refoula presque aussitôt pour se recentrer sur les paroles de Sirius. Il n'allait quand même pas lui faire un procès parce qu'il avait formulé le souhait de voir ces trois minables six pieds sous terre ?

Oui, il avait effectivement demandé à Harry de le débarrasser de…

La lumière se fit soudain. La rage et l'incompréhension laissèrent place à l'agacement.

« C'est pour ça que vous vous alarmez ? Demanda-t-il en levant les yeux au ciel. Je n'étais pas sérieux…Enfin Sirius, tu connais Harry, jamais il n'irait abattre quelqu'un de sang froid. Il n'est pas moi.

- Ne te prétends pas plus inhumain que tu ne l'es réellement Draco, soupira Sirius avec lassitude. Et ne dis jamais « jamais. » Surtout concernant Harry. Il est spontané, impulsif et donc, imprévisible. A ton avis, comment est mort Marcus Flint ?

- En souffrant j'espère. Tu m'as dit qu'Harry l'avait tué.

- Peut être crois tu qu'ils se sont croisés sur le champ de bataille et qu'au cours d'un échange de sortilèges, Harry a gagné le duel…Si tu as cru cela, Draco, tu te trompes lourdement. Harry est allé à la recherche de Flint dans le but de le tuer…Tu saisis la nuance ? »

Draco accusa le coup aussi froidement qu'il en était capable mais dans son champ de vision, les objets se mirent à vaciller dangereusement. Peut être était-ce dû à la fatigue, à une alimentation trop précaire, à une émotion trop intense, ou à la combinaison des trois. Il avança lentement, comme dans une brume épaisse, pour rejoindre Sirius sur le canapé. Là, il posa les coudes sur ses genoux, le front appuyé contre les paumes de ses mains et il tenta de mettre de l'ordre dans ses pensées de plus en plus confuses. L'abus de caféine associé au manque de sommeil lui donnait des palpitations cardiaques et le poids de la nouvelle annoncée par Sirius faisait s'affoler le sang dans ses tempes comme s'il était sur le point d'entrer en transe au rythme des chants effrénés d'une cérémonie vaudoue.

Il se demandait comment les choses en étaient arrivées à un point tel qu'il ne contrôlait plus rien malgré tous ses efforts. Il se concentra sur sa respiration, inspirant lentement pour emplir ses poumons au maximum, expirant ensuite l'air comme si cela allait aussi pouvoir expulser toute la négativité accumulée dans son corps endolori.

« Il a tué Flint de sang froid ? Articula-t-il difficilement.

- Exactement, confirma Sirius en empoignant affectueusement mais fermement l'épaule du jeune homme. Il n'a jamais voulu en parler mais il sait que Pansy et Ginny étaient aux premières loges. Quand les autres sont sortis de la cabane de Hagrid, Flint avait un sourire tellement large sur le visage que Harry et Pansy ont tout de suite compris que quelque chose d'affreux t'était arrivé. Je me suis précipité dans la cabane pour aller te chercher, tu semblais inconscient. Tu étais…

- Passe moi les détails s'il te plait, coupa Draco en serrant les dents pour ne pas vomir alors que les chants vaudous semblaient redoubler d'intensité dans sa tête.

- D'accord, excuse moi. Harry est allé directement vers Flint et sans préambule, il l'a tué. Il les aurait tous supprimés si Voldemort n'était pas revenu à la charge. Si Harry a fait ça, c'était pour toi. Pour te venger. Alors quand tu lui demandes de descendre les trois monstres restants, il te prend au sérieux Draco, et il envisage réellement de le faire.

- Tu plaisantes ? Questionna Draco en relevant subitement la tête pour plonger ses yeux gris incertains dans ceux de son interlocuteur. Pourquoi ferait-il ça ?

- Si tu ne le sais pas, je ne peux rien de plus pour toi. Il faut que tu lui ôtes cette idée de la tête, Draco. Harry n'est pas un meurtrier mais il peut y penser pour alléger tes souffrances.

- Je n'ai pas besoin de lui pour ça, je me débrouille très bien seul.

- Oui, ça se voit, ironisa Sirius en détaillant avec insistance le corps du médicomage.

- ça va, j'ai repris deux kilos, lança Draco avec agacement. Vous me fatiguez tous, à insister sur mon poids et le reste. Imprime ça Sirius, et fais passer le mot : Je. Vais. Bien. Quant à Harry, je lui expliquerai que ma requête n'était pas sérieuse et tout le monde dormira enfin sur ses deux oreilles. Happy End.

- Ou pas, rétorqua Sirius d'un air morne. Fais les choses comme tu les sens, jusqu'ici ça t'a réussi mais ne m'en veux pas si, cette fois, j'émets un avis réservé sur la question parce que tu n'es pas le seul en cause. Harry et son impulsivité entrent dans l'équation. »

Draco se leva pour inciter Sirius à faire de même afin d'écourter ce dialogue qui commençait sérieusement à le mettre mal à l'aise et dont il ne voyait pas l'intérêt. Il se servit un verre de Gin, en proposa un à Sirius qui déclina l'offre, puis il en but une longue rasade, satisfait de sentir l'alcool lui brûler la gorge.

« Justement, Sirius, dit-il en jouant à faire tourner le liquide dans le verre, on parle d'Harry. On parle d'un homme qui réagit viscéralement, d'instinct. Il a tué Flint sur un coup de tête, dans un moment où tout était confus autour de lui, et je ne pense pas qu'il y ait réfléchi à deux fois. C'est pour cela que je maintiens mon affirmation, ce n'est pas un criminel. Il est impulsif, à l'opposé de celui qui va calculer et programmer la mort de ses victimes. S'il n'a pas déjà tué les autres, ce n'est pas demain qu'il le fera. Mais je m'assurerai qu'il oublie jusqu'à l'idée d'y penser si ça peut te rassurer. »

Sirius resta un instant perplexe, observant le visage calme et résolu de Draco. Il semblait épuisé physiquement et moralement mais, paradoxalement, totalement sûr de lui, comme incassable. Le Ministre commençait à se demander si Draco, malgré son apparente aptitude à rester centré sur lui-même, n'était pas bien plus apte que quiconque à connaître ses interlocuteurs en profondeur. Il avait touché un point totalement plausible, auquel ni Sirius, ni Pansy n'avaient pensé alors qu'ils fréquentaient régulièrement Harry depuis bien plus longtemps que Draco.

« Tu n'as peut être pas tort, lâcha Sirius du bout des lèvres en se levant à son tour. Et fais attention à toi. »

Draco émit un sourire emprunt de lassitude…Ou peut être que ce sourire était franc, rassurant mais que les traits tirés de Draco induisaient Sirius en erreur.

« Je vais bien, garantit Draco en mettant les mains dans les poches de son pantalon noir. Je t'assure, Sirius. Ne t'inquiète pas, je gère. »

Sirius hocha la tête, pris entre l'inquiétude et la confiance presque absolue qu'il avait en Draco et en ses capacités de régénération. Il jeta un regard appuyé sur son visage et il réalisa que malgré tout, malgré son calme et sa froideur, malgré la force qu'il puisait Merlin seul savait où, Draco était encore très jeune. Sirius avait souvent eu tendance à oublier ce point de détail depuis qu'il côtoyait l'héritier des Malfoy.

Il savait que Draco était en période de grande détresse morale à cause de son retour qui n'était pas passé inaperçu, à cause de la manière dont on le traitait avec condescendance, comme une petite chose fragile et surtout, à cause de l'annonce de ce procès. Il voyait son apparence se dégrader, ses joues se creuser et ses yeux perdre de leur éclat à cause de la fatigue, mais tout cela, il l'avait déjà plus ou moins vécu et il savait que c'était la manière dont Draco se débattait pour sortir la tête hors de l'eau. Il savait que tout cela n'était que temporaire et que sous les cernes et les os saillants, sous l'apparente destruction, se trouvait la personnalité d'un battant qui ne lâcherait rien à ses assaillants. Même s'il ne pouvait jurer de rien, Sirius était persuadé que Draco s'en sortirait et que cette dégradation physique faisait étrangement partie du processus de reconstruction.

Cela n'empêchait pas le Ministre de se faire beaucoup de souci mais quelque part en lui, la certitude que Draco recelait une force immense l'incitait à ne pas prendre le jeune homme sous le bras pour le nourrir de force et à ne pas l'assommer pour le faire dormir.

Mû par un sentiment de paternalisme exacerbé, Sirius attrapa la nuque du blond pour l'attirer près de lui.

« N'oublie pas que je suis là si tu as besoin de quoi que ce soit, souffla-t-il contre la joue de son cousin.

- Même chose pour toi, rétorqua Draco en reculant avec, sur le visage, un sourire amusé. Ne bois pas trop à ta petite fête.

- Je vais me gêner. Au fait, l'infirmière qui m'a accueilli…Tu la connais ?

- Non, mais je peux me renseigner si tu veux, proposa Draco en éclatant d'un rire agréable.

- Fais donc ça oui, » lança Sirius en sortant du bureau en jouant à se donner un air important.

Draco secoua la tête, comme pour dire « il est fou » mais la tendresse dans ses yeux chantait une toute autre chanson. Il retourna travailler, offrant aux patients et à ses collègues pour la première fois depuis des jours, un visage ouvert, presque radieux. Ses gestes n'étaient plus mécaniques et nerveux, il se sentait présent comme s'il sortait d'un épais brouillard. Au début, il mit cette gaieté sur le compte du soutien et de la confiance que Sirius lui témoignait à chaque instant. Après tout, il était Ministre et s'il avait, ne serait-ce qu'une seconde douté des capacités de médicomage du jeune homme, il lui aurait ordonné de quitter Saint Mungo sur le champ.

Alors Draco redoubla d'attentions pour établir les meilleurs diagnostics et prodiguer les meilleurs soins. Il avait du mal à garder les yeux ouverts s'il s'asseyait, alors il courrait d'un point à un autre de l'hôpital sous les regards médusés d'Hermione et de Ginny.

« Il a bouffé un sprinteur ce soir ? Questionna Hermione en le voyant passer pour la troisième fois en dix minutes.

- Je dirais plutôt qu'il a baisé, répondit Ginny en se retenant d'ajouter « avec mon ex fiancé. »

- Vocabulaire, Weasley, » tonna Hermione en tentant d'imiter au mieux la voix grave et traînante de Draco, déclenchant ainsi l'hilarité de son amie.

Et dans la tête de Draco à ce moment résonnait un chant vaudou envahissant, euphorisant, une phrase qui revenait comme une litanie bienheureuse : « un de moins. »

Plus tard cette nuit là, Draco faisait une pause café avec Jawad, le collègue de psychomagie avec lequel il avait le plus d'affinités…Il s'était toujours senti plus à l'aise avec des gens plus calmes et plus âgés que lui. L'euphorie liée à la visite de Sirius était retombée, la fatigue avait repris le dessus mais son humeur restait agréable et il plaisantait sans avoir à se forcer. Les excitants faisaient battre son cœur de manière inégale, ses gestes étaient moins coordonnés sans pour autant manquer de précision. Il fixait ses mains tendues pour s'assurer qu'elles ne tremblaient pas lorsque Jawad alluma une cigarette en observant attentivement ce jeune homme qu'il avait appris à comprendre au fil des jours, même s'il restait encore une énigme pour lui.

« Tu as l'air bien plus détendu aujourd'hui, constata Jawad en tirant sur le filtre.

- Plus maintenant que tu as allumé ce truc infecte dans un lieu clos, répliqua Draco en fusillant Jawad du regard. Les moldus ont inventé des tonnes de choses dont nous pourrions profiter…Pourquoi faut-il que ce soit la cigarette qui ait remporté tous les suffrages sorciers alors que les moldus tentent de s'en désaccoutumer ?

- Je n'en ai aucune idée, avoua Jawad en éteignant l'objet du délit, mais tant que ce ne sont pas leurs horribles drogues qui envahissent notre société, je nous considère comme chanceux. »

Draco baissa les yeux, mal à l'aise. L'odeur de la cigarette se fit plus présente et il réalisa quelle trace sensorielle elle représentait en lui : la trace de Harry.

Le puzzle se mit lentement en place et, alors qu'il acquiesçait poliment au discours de Jawad, l'esprit de Draco flottait à mille lieues de la salle de repos de Saint Mungo.

Il avait cherché les raisons de ce poids qui lui avait été enlevé lorsque Sirius lui avait parlé mais il n'avait pas inclus Harry dans l'équation. Peut être n'avait-il pas voulu admettre l'évidence. Pour la première fois, il se sentait aimé d'un amour dont la force l'attirait et l'effrayait en même temps. Il doutait peu des sentiments actuels de Charlie ou de Karim à son égard, cependant jamais il n'avait pensé être aimé à dix huit ans et c'était ce garçon de dix huit ans qui se rendait compte qu'il n'était peut être pas aussi indigne qu'il l'avait cru. Harry avait déjà laissé entendre à quel point il avait été amoureux de Draco mais ce dernier n'avait pas envisagé qu'il puisse s'agir d'autre chose qu'un coup de cœur d'adolescent. Il n'avait pas compris, ou pas voulu comprendre.

Il ne savait pas ce que ressentait Harry aujourd'hui mais il réalisait que quatre ans auparavant, son amour avait été si puissant qu'il avait été jusqu'à tuer pour le venger. Il avait pris la vie de Marcus Flint sans même savoir ce qu'il avait fait à Draco et le médicomage lui en était étrangement reconnaissant. Reconnaissant d'avoir éprouvé pour lui autre chose que le mépris que Draco lui avait toujours renvoyé. Reconnaissant de porter un fardeau que Draco pensait être le seul à avoir sur les épaules. En tuant, en allant contre sa bonté naturelle, Harry avait ouvert une brèche. Il avait fait un pas en silence dans les ténèbres traversées par Draco à cette époque et cela ne le rendait que plus vivant à présent, plus réel pour le blond. Tous deux avaient peut être bien plus en commun que Draco l'imaginait…Peut être étaient-ils vraiment la réunion de la vie et de la mort, restait à savoir lequel symbolisait le mieux la mort.

« Tu rêves, jeune Malfoy, déclara Jawad en haussant la voix.

- Je crois rêver, oui, » admit Draco en esquissant un sourire énigmatique alors qu'il se levait pour retourner travailler.

Il tenta de se consacrer entièrement à la potion qu'il préparait avec l'aide de Neville. Il recalcula les dosages pour ensuite les modifier. Il se concentra sur l'idée de rester éveillé afin d'extirper Severus Rogue de son sommeil forcé mais si ses paupières se fermaient de leur propre chef, son esprit lui, était alerte. Trop alerte. Trop tourné vers l'homme aux cheveux noirs ébouriffés qui ne lui avait jamais rien demandé d'autre que du respect. Peut être que pour une fois, Draco pouvait s'écouter plutôt que de laisser sa pudeur maladive entraver ses actes.

Il ne s'expliquait pas comment il pouvait faire l'amour aussi facilement avec le premier venu alors qu'il bloquait toutes ses émotions, comme si le fait de les exprimer risquait de le mettre totalement à nu et de le fragiliser. C'était sa manière d'être et, jusqu'à présent, elle lui avait bien réussi (si on occultait le fiasco avec Karim.)

Mais cette nuit, il fallait qu'il agisse. Il ne pouvait pas rester là, à lutter contre l'épuisement pour préparer une potion qui refusait pour l'instant de lui donner satisfaction. Il ne pouvait pas rester là…Pas après ce que Sirius lui avait appris.

« Potter, qu'est ce que tu me fais ? » Murmura Draco en claquant la porte du laboratoire derrière lui.

Sans même se préoccuper du fait qu'il se trouvait dans un hôpital, il se mit à courir à perdre haleine dans les couloirs, faisant résonner les semelles de ses chaussures dans le silence alentour. Il descendit les marches des étages quatre par quatre avant de se jeter dans la nuit fraîche d'octobre. Il ignorait quand la pluie s'était remise à tomber mais cela ne le dérangeait pas, au contraire. L'eau lavait peu à peu toute la tension qu'il avait accumulée ces dernières heures et mettait ses sens en alerte. Il entra dans sa voiture, tourna le volume de l'auto radio au maximum et, pendant que Jeff Buckley chantait Last Goodbye, Draco roulait de plus en vite, ne sachant pas vraiment s'il faisait un pas en avant ou s'il fuyait.

Il n'était pas plus avancé lorsqu'il se gara sur la pelouse mais il était conscient du principal. Il sprinta jusqu'à la porte sur laquelle il tambourina sans discontinuer. Harry ouvrit la porte en grand, sa baguette magique à la main. Il portait en tout et pour tout un pantalon de sport. Lorsqu'il vit Draco, l'agacement laissa place à la surprise sur son visage. Il jeta machinalement un œil à la pendule qui indiquait trois heures du matin.

« Je te réveille ? Demanda Draco d'une voix rauque.

- Non, je revoyais un plan d'attaque pour demain. Que… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase.

En une enjambée, Draco colla son corps contre celui du brun alors que ses mains saisissaient sa nuque avec une force contenue qui fit chavirer Harry. Ses lèvres s'écrasèrent sur celle de Harry qui entrouvrit la bouche pour laisser à la langue de Draco l'occasion de venir caresser son palais. Leurs dents s'entrechoquèrent au moment où Draco poussait Harry contre le mur afin de lui donner une stabilité qu'il semblait être en train de perdre. Il s'accrochait à la taille de Draco, serrant sa chemise entre ses doigts crispés alors que ses lèvres rendaient le baiser avec fougue.

Draco s'abreuvait à la fontaine de vie qu'était Harry, et plus il goûtait sa saveur, plus il le désirait. Il aurait voulu trouver les mots pour le remercier de l'avoir autant aimé quelques années auparavant mais toutes les phrases possibles restaient coincées dans sa gorge, et la langue de Harry qui jouait voluptueusement avec la sienne les éloignait encore pour laisser place aux actes. La chaleur du torse du Survivant se diffusait à travers les vêtements mouillés de Draco, allumant en lui un feu qu'il n'était pas certain de savoir contrôler avec autant d'aplomb qu'à son habitude.

Rapidement, ses gestes perdirent de leur urgence et se firent moins saccadés, moins pressants. Ses mains voyageaient sur les épaules de Harry dont la respiration devenait laborieuse alors que la bouche de Draco traçait des sillons de divines sensations dans son cou.

« Draco, qu'est ce… ?

- Es-tu saoul ? Est-ce que tu as bu, Harry ? Demanda Draco sans cesser d'embrasser sa gorge.

- Juste un verre…

- J'ai envie de toi, souffla Draco dans son oreille. Je t'en prie, ne dis rien, à moins que tu ne veuilles pas.

- J'ai l'air de ne pas vouloir ? » Questionna Harry, la voix cassée par l'émotion tandis qu'il commençait à déboutonner la chemise bleu nuit de Draco pour enfin pouvoir toucher sa peau.

Rapidement, l'étoffe glissa le long de ses bras pour venir tomber sur le sol en silence. Leurs lèvres se scellèrent à nouveau et, sans briser ce contact, Draco avança à tâtons dans le salon, jusqu'au canapé où il poussa doucement Harry pour venir s'asseoir sur ses jambes, son torse nu contre celui de son partenaire, ses mains enfouies dans les cheveux noirs alors que sa langue explorait la bouche offerte avec volupté.

Avec des gestes désordonnés, Harry déboucla la ceinture du pantalon du médicomage avant de s'attaquer à la fermeture éclair. Draco émit un rire étouffé face à l'empressement de son compagnon mais, lorsque ses doigts avides de toucher se refermèrent autour de sa virilité dressée, la respiration du blond se bloqua et ses reins s'animèrent pour accompagner le mouvement imprimé par Harry.

Son cœur s'emballait, il se remplissait d'autre chose que de peur et de dégoût. Il s'allégeait un peu pour mieux s'imbiber de vie…Pour s'imprégner de Harry. Il rejeta la tête en arrière et, silencieusement, il apprécia quelques secondes encore la combinaison de sensations entre la main qui caressait son entrejambe et les lèvres qui dévoraient son cou. Il se releva, attira Harry contre lui puis, pendant qu'il embrassait son torse délicieusement musclé, lequel lui renvoyait les effluves d'un gel douche boisé utilisé il y avait peu de temps, il fit descendre le pantalon de sport le long de ses jambes pour s'apercevoir que le brun ne portait pas de sous vêtements. Curieusement, cette constatation l'excita un peu plus. Peut être à cause du côté sauvage et naturel de Harry, peut être simplement à cause de son désir tendu contre le sien.

Lentement, avec des gestes d'une infinie douceur qui contrastaient avec ses baisers passionnés, Draco redécouvrit le corps de Harry parcelle par parcelle, s'enhardissant à chacun de ses gémissements rauques. Il ne se sentait plus aussi physiquement dégradé dans les bras de Harry. Il éprouvait une honte cuisante à dévoiler son corps trop maigre mais plus il touchait Harry, plus il découvrait les points qui le faisaient gémir, et plus la conscience de ses os encore proéminents disparaissait au profit de la vision délicieuse qui s'offrait à lui. Il était en danger avec Harry, il le savait et malgré tout, il parcourait sa peau de ses longs doigts fins, frissonnant à l'idée de bientôt entrer en lui.

Il tamisa la lumière puis il prit la couverture du canapé pour l'étaler sur la table basse. Il invita Harry à s'y coucher avant de s'agenouiller entre ses jambes.

« Surtout, dis moi si je vais trop vite, déclara Draco d'une voix rendue éraillée par le désir.

- Plus vite, » articula difficilement Harry en le couvant d'un regard de pure adoration qui lui fit presque peur.

S'il y avait une chose qui terrifiait Draco, c'était de tomber d'un piédestal, de décevoir ses interlocuteurs et c'était en ce sens qu'il s'évertuait à rapidement montrer le pire dont il était capable. Il savait par avance qu'il supporterait très mal de voir la déception dans les yeux verts de Harry. Il chassa cette idée en se penchant sur lui afin de redessiner ses abdominaux avec sa langue. Les muscles de l'Auror se contractèrent de plaisir et ses doigts se mirent à masser fermement, presque frénétiquement les épaules de Draco.

A aucun moment il ne quitta Draco des yeux et le malaise du blond se fit plus présent. Il se savait observé et, même s'il masquait son trouble en mordillant le torse de son partenaire, cette affreuse gêne n'en était pas moins vivace. Il se voyait beau dans les yeux profonds et francs de Harry. Il se voyait intelligent et même subtile. Il se voyait sensuel…Tout ce qu'il n'avait pas l'impression d'être en ce moment et qui semblait pourtant tellement réel dans ces prunelles vertes. Quelque chose en lui, en plus de répéter inlassablement « un de moins, » lui intima l'ordre de reléguer au second plan ces considérations esthétiques pour se concentrer sur la pratique dans laquelle il excellait. L'amour était encore ce qu'il faisait de mieux en terme d'échange avec les autres et cette nuit, il avait besoin d'échange avec Harry.

Il remonta à ses lèvres qu'il ravit d'un baiser fougueux, puis il toussota, ennuyé de demander à Harry s'il avait du gel lubrifiant.

« Dans la salle de bains, répondit Harry en faisant un geste impatient de la main. Accio lubrifiant ! »

Une fois encore, Draco salua mentalement, avec peut être une petite pointe de jalousie, les performances exceptionnelles d'Harry magiquement parlant. Tout de monde pouvait faire venir ce tube sans baguette à condition d'être sorcier, mais Harry le faisait naturellement, sans même avoir à se concentrer et c'était là que résidait la prouesse. Draco caressa l'intérieur de la cuisse de son partenaire pendant que, de l'autre main, il faisait sauter le bouchon du flacon. Il versa du gel dans sa main et soudain, il suspendit son mouvement, comme si quelqu'un avait appuyé sur un bouton « arrêt sur image. »

Harry lui lança un regard interrogateur et Draco secoua la bouteille déjà bien entamée avec un petit sourire sardonique.

« Il y a un amant que tu me caches, Potter ? Questionna Draco en frôlant l'entrée de Harry de son doigt lubrifié, sans pour autant en forcer le passage.

- J'étais fiancé avant toi, rappela Harry en se relevant sur les coudes. Ça signifie que j'avais une vie sexuelle assez florissante, merci.

- Alors comme ça Weaslette est une petite perverse ?

- C'est toi qui dis ça avec de la vaseline plein les mains ? » Rétorqua Harry d'un air franchement amusé.

Draco émit un rire étouffé puis il secoua la tête pour chasser l'idée qu'il avait brisé le couple apparemment harmonieux de deux personnes pour lesquelles il avait le plus grand respect. Comme s'il avait deviné ses pensées, Harry prit son visage en coupe pour lui offrir un baiser vertigineux. Aussi rapidement qu'elle était venue, la culpabilité de Draco partit en fumée et il se détendit totalement. Sans cesser de stimuler sans pénétrer l'anneau de Harry, Draco descendit avec sa langue le long de son ventre en traçant une ligne de frissons sur son corps, subjugué par la manière dont Harry s'abandonnait au plaisir, sans retenue, avec une puissance typiquement masculine.

Lorsque la bouche de Draco se referma délicatement sur sa virilité, Harry poussa un long soupir et il empoigna sans s'en rendre compte les cheveux blonds, s'y accrochant avec toute l'énergie que le plaisir voulait bien laisser dans ses membres incendiés. Au moment où la gorge de Draco accueillait en elle le désir érigé, provocant un long râle rauque chez son compagnon, son doigt entrait dans son intimité, lentement, précautionneusement, patiemment. Il avait tout son temps pour aider Harry à l'accueillir en lui, il ne voulait surtout rien précipiter afin de laisser à Harry le loisir de faire machine arrière à n'importe quel instant, sans heurts inutiles. Il se contentait pour le moment de donner le plus de plaisir possible au brun sans forcer en lui, attentif au moindre signe encourageant ou non. Il l'accompagnait au bord de la jouissance suprême sans jamais le laisser basculer.

Rapidement, les mains de Harry lâchèrent les cheveux blonds pour agripper le bord de la table au dessus de sa tête et s'y accrocher de toutes ses forces alors que son bassin opérait un mouvement de va et vient qui l'enfonçait plus profondément dans la bouche de Draco en même temps qu'il amenait le doigt tendu à s'aventurer plus loin en lui.

Il fallut de longues minutes à Draco pour sentir la crispation s'atténuer après qu'il ait introduit un second doigt dans l'intimité de Harry. Il se redressa pour venir embrasser ses lèvres tout en allant et venant dans le corps du jeune Auror, cessant son mouvement au moindre gémissement de douleur, reprenant en douceur dès que Harry se montrait plus entreprenant. Quand il ne fit plus que soupirer de plaisir alors que trois doigts frayaient en lui un passage pour le recevoir, le blond retira sa main et il glissa les jambes de son amant autour de sa taille.

« Tu es prêt, Harry ? » Demanda-t-il en caressant le torse hâlé du plat des mains.

Harry hocha la tête tout en passant la langue sur sa lèvre supérieure en guise d'invitation. Draco se mordit la lèvre inférieure, comme électrocuté par le contact de cet homme dont tout l'être était fait pour aimer. Après s'être abondamment lubrifié, Draco entra lentement en lui pour s'arrêter presque immédiatement en entendant la respiration de Harry se bloquer dans ses poumons.

« Ça va ? Tu veux que je me retire ? Questionna-t-il d'une voix inquiète.

- Non, je ne veux pas, » répondit Harry en emprisonnant fermement sa taille entre ses jambes ; mouvement qui poussa Draco plus profondément en lui, lui arrachant un soupir de douleur.

Draco lui conseilla mentalement de se détendre mais lui-même était crispé, terrorisé à l'idée de faire mal à son compagnon et il se mordait violemment la lèvre inférieure pour canaliser cette frayeur. Il fit glisser sa main le long du torse de Harry pour saisir son membre qu'il caressa longuement afin de mêler le plaisir à la douleur de la pénétration.

Bientôt, Harry s'accoutuma à l'intrusion de la virilité de Draco en lui et ses reins ondulèrent pour ressentir plus de Draco, toujours plus de lui, comme s'il était en manque de lui alors qu'il se trouvait en sa présence. Draco entama alors un lent et long mouvement de va et vient, en proie à un plaisir immense, comme si son corps et son esprit étaient deux entités distinctes et que jamais lorsqu'il faisait l'amour, l'esprit accompagné de son lot de souffrance ne prenait le dessus. Il n'était plus qu'un nouveau tout fait uniquement de sensations et de jouissance, libéré, en communion avec le corps dans lequel il plongeait sans retenue.

Sa respiration s'accélérait mais aucun autre son ne sortait de sa bouche. Il était juste hypnotisé par les gémissements de Harry dont il se repaissait avec avidité. Ses gestes étaient tendres malgré la passion qu'il faisait vibrer entre les jambes de Harry. Jamais Draco Malfoy ne s'était montré brutal dans les moments d'intimité, pas même lorsqu'on le lui avait expressément demandé. C'était plus fort que lui, il ne calculait rien, il n'y arrivait pas, tout simplement.

Alors qu'il était aux portes de l'orgasme, il saisit Harry par la taille sans se séparer de lui. Il s'assit sur le sol, adossé au canapé, et il laissa Harry imprimer à leurs ébats le rythme qui lui convenait le mieux. Accroché à ses épaules, les lèvres scellées à celles de Draco, Harry chevaucha son partenaire avec une fougue contenue. La main de Draco s'aventura entre les jambes de Harry et à peine l'eut-il caressé que le brun se répandit dans un long râle. Draco le suivit peu de temps après dans un coup de rein plus fort que les autres, les mains crispées sur le dos de Harry, le visage enfoui dans son cou.

Ils restèrent longtemps enlacés, la respiration haletante, les corps encore sous le choc d'une jouissance aussi puissante. Draco sentait que les crampes menaçaient d'attaquer ses mollets mais il ne pouvait pas lâcher le corps plein de vie qu'il était en train d'étreindre. Il se donnait l'impression d'être un vampire aspirant toute l'énergie vitale de sa victime consentante et quand Harry passa ses doigts dans ses cheveux maculés de sueur, il en arriva à se demander de quelle manière il allait abîmer le Survivant. Ce n'était jamais intentionnel chez lui mais il avait ce pouvoir étrange et révoltant de semer le trouble partout où il passait.

Il suffisait de demander à Charlie…Ou à Karim…Ou à Olivier…

« Je ne veux pas te faire de mal, Harry, souffla-t-il à haute voix sans s'en rendre compte.

- Dans ce cas, ne m'en fais pas, » répondit simplement Harry en embrassant son front avant de se relever avec précaution.

Il laissa Draco prendre sa douche le premier. Le blond appuya ses deux mains contre les parois en céramique, laissant l'eau cascader sur son corps endolori. Des émotions contradictoires se bousculaient en lui. Un mélange de plénitude et de vide. De peur et d'excitation. Il s'allongea ensuite sur le lit en attendant Harry, ne sachant pas s'il devait rester ou partir, mais le temps que Harry fasse son apparition, l'épuisement avait eu raison de lui et il dormait à poings fermés. Harry s'allongea derrière lui, un bras passé autour de sa taille, le visage enfoui dans ses cheveux, le corps encore tremblant de leurs ébats, humant son odeur avec délectation. Un léger ronflement parvint à ses oreilles et il s'autorisa un sourire tendre alors que son doigt redessinait machinalement le contour du tatouage de Draco.

« Putain, comme je t'aime, » souffla Harry dans son oreille.

Il s'attendait presque à recevoir en retour le sempiternel « vocabulaire Potter » mais seul le silence lui répondit et il en fut soulagé.

A suivre…

Je sais, il ne se passe pas grand chose dans ce chap, il est assez ennuyeux mais il était nécessaire (mais ça ce n'est que mon avis) pour assurer une transition. Et je ne suis pas mécontente parce que cette fois, ça ne termine pas sur une queue de poisson ! J'ai enfin réussi à terminer un chapitre sans queue de poisson \o/ (en progrès, reste à apprendre à écrire maintenant BN -- )

Merci d'avoir lu jusqu'à la fin, pour ceux qui n'auront pas craqué en route, et bon week end. Biz.