TRAUMA
DISCLAIMER : tout à JK Rowling...voir chapitres précédents.
RATING : toujours M
Un grand merci à Vif d'Or, Chris, Tama Abi, Angel's Heaven et Artoung pour les relectures et les conseils (j'espère que je n'ai oublié personne.)
Un grand merci également à Damien pour les relectures et les discussions sur les chapitres à venir. Pour ses précieux conseils jusqu'au chapitre 14 et la personne derrière les conseils. T'M man ! (mi manchi, sai)
Merci également à Louna et à ceux qui m'ont envoyé des messages auxquels je n'ai pas pu répondre car je n'avais pas leurs adresses. Merci infiniment.
Note de l'auteur : je sais que j'avais dit à certains d'entre vous que je mettrais la suite en ligne en décembre mais j'ai malheureusement eu un contretemps. Toutes mes excuses.
Ce chapitre a été écrit en boucle sur la musique de BALL, "Backslide".
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CHAPITRE 13 : CONFRONTATIONS
O
A sept heures, le réveil de Harry sonna, mais Draco ne dormait plus depuis longtemps. Il n'avait pu se reposer qu'une heure avant d'ouvrir les yeux en grand et de ne plus parvenir à retrouver le sommeil. Il avait été tenté de rentrer chez lui mais il s'était dit qu'à la place d'Harry, il aurait très mal pris un tel comportement. Venir pour faire l'amour et partir ensuite comme un voleur n'était pas dans les habitudes de Draco de toute façon. Les paupières du Survivant papillonnèrent quelques secondes puis il les ouvrit avec un grognement désespéré. Draco caressa sa joue avec un sourire amusé et Harry l'attira contre lui.
« Bonjour, dit-il d'une voix enrouée. Bien dormi ?
- Comme un charme, mentit Draco en embrassant le cou du brun.
- Oh non, lança Harry en serrant Draco plus fort contre lui. Après cette nuit, il va falloir un moment avant que tu puisses me toucher sans faire grimper ma température…Alors pas touche parce que j'ai mille choses à faire aujourd'hui. »
Draco éclata d'un rire agréable en constatant à voix haute qu'il en fallait vraiment peu à Harry pour s'enflammer.
« Il me faut toi, affirma Harry en embrassant le bout de son nez. Combustion spontanée garantie quand tu es dans le coin.
- Quel blabla de vieux tombeur sur le retour ! Ne me dis pas que ça fonctionne généralement !
- Non, et je me rends compte que ça marche vachement moins bien que ton laïus sur les relations sans attaches, railla Harry.
- Il y a un autre laïus que j'ai tenu et qu'il ne faut absolument pas prendre en compte, Harry, déclara Draco devenu soudain très sérieux. Quand je t'ai demandé de tuer qui nous savons, ce n'était pas une requête réelle et pesée mais juste l'expression d'une lassitude. Tu comprends ?
- Ce serait pourtant faisable. J'ai mes entrées à Azkaban et je connais un tas de gardiens qui seraient heureux de fermer les yeux si je…
- Tais toi, s'il te plait, coupa Draco d'une voix sèche. Je ne veux pas que tu interviennes, ce sont mes affaires. Contente toi de m'écouter divaguer mais ne prends surtout pas ce que je dis au pied de la lettre. Depuis le temps qu'on se connaît, tu devrais savoir que je parle souvent dans le vent.
- Tu penses que ces mecs méritent de vivre alors qu'ils n'éprouvent pas le moindre remord pour ce qu'ils ont fait ? Pire encore, ils s'acharnent à se rappeler à ton bon souvenir.
- Tu n'as pas à décider qui doit vivre ou mourir, Harry. Ce n'est pas toi ça. Tu ne me feras pas croire que tu es capable de préméditer un assassinat, ce serait trop effrayant. Et si je veux me venger, tu ne peux pas m'enlever ça. C'est à moi de régler les choses.
- Si c'est ce que tu veux, il n'y a pas de problème, je ne bougerai pas, affirma Harry sans grand entrain. Sache malgré tout que tu n'as qu'un mot à dire…Un seul mot et je t'apporte toute l'aide dont tu as besoin, Draco.
- Merci, mais je m'en voudrais te de faire aller contre ta nature profonde. »
Ce remerciement n'avait rien à voir avec les propos tenus par Harry. Il n'était que l'expression de la gratitude éprouvée par Draco parce que Harry avait déjà tué Marcus Flint. Le brun hésita un instant, puis il sembla se raviser. Il se leva pour aller préparer du café. Lorsque Draco le rejoignit, il découvrit à la place que Harry lui réservait sur la table, deux toasts à la marmelade d'orange, un jus de pamplemousse et une tranche d'ananas. Un sourire se dessina sur son visage. Il n'arrivait toujours pas à réaliser que le brun ait pu retenir un détail aussi insignifiant que son petit déjeuner de prédilection depuis Poudlard.
Il s'installa à table et se força à manger un toast et la tranche d'ananas alors que Harry semblait prêt à se noyer dans son bol de céréales.
« Tu vas réussir à garder les yeux ouverts aujourd'hui ? Questionna Draco.
- Sûr…Il me suffira de m'injecter du café pur par intraveineuses, plaisanta Harry. Et toi, tu vas tenir le coup ?
- Bien entendu. Cette potion sur laquelle je travaille avec Londubat me tient éveillé. Tant que je n'aurai pas compris quel est l'élément qui l'empêche de faire effet, je ne dormirai pas bien.
- Si seulement Rogue savait tout ce que tu fais pour lui.
- Il le sait, j'en ai la certitude. Il est juste emmuré vivant dans son propre corps et je n'aurai de cesse de l'aider à revenir parmi nous…Ne serait-ce que pour que Tonks arrête de me regarder avec ses yeux de basset hound à chaque fois que j'entre dans la chambre.
- Tu es dur, Draco.
- Je suis réaliste, précisa-t-il avec un sourire sans joie.
- Ne t'épuises quand même pas trop à la tâche, conseilla Harry.
- Je me reposerai dès que j'en aurai terminé avec cette potion, promis. Il faut que je rentre pour me changer et toi, fais attention aujourd'hui. J'ai cru comprendre que tu prévoyais d'attaquer des mages noirs.
- C'est le cas mais ne t'en fais pas, je suis toujours prudent.
- Harry Potter et prudent dans la même phrase…Pourquoi ai-je du mal à associer les deux ?
- Parce que tu es idiot ?
- ça ou alors tu es une tête brûlée. Mon ego m'ordonne d'opter pour la seconde solution, lança Draco en se levant. Merci pour le petit déjeuner. »
Harry le raccompagna jusqu'à la porte. Là, il l'attira contre lui pour emprisonner sa lèvre inférieure entre les siennes.
« Je t'appelle dans la semaine, dit-il en reculant pour balayer d'un geste tendre une mèche blonde qui tombait devant les yeux de Draco.
- Laisse moi un message ce soir pour me dire que tu es entier, souffla Draco contre sa joue.
- Malfoy, tu t'inquiètes pour moi.
- Dans tes rêves, » répondit Draco avec un sourire sibyllin.
Il déposa un dernier baiser au coin des lèvres de Harry puis il rejoignit sa voiture en faisant mine de ne pas entendre le cri de stupeur du brun en découvrant qu'elle était garée sur sa pelouse.
Il rentra chez lui, enfila une tenue de sport et il partit courir. Il ne parvint pas à aller loin cependant. Ses muscles refusaient de lui obéir et le souffle lui manquait. Il était trop fatigué et, à moins de réussir à dormir une nuit complète, il ne voyait pas comment il allait pouvoir s'adonner à la course d'endurance à l'avenir. Il en avait pourtant besoin. Il ne concevait pas de passer une semaine sans se défouler, sans sentir ses membres endoloris par l'effort. Dans son esprit, c'était aussi vital que de respirer.
Il marcha sur le chemin du retour. Ses paupières étaient lourdes, ses yeux brûlaient, son corps entier tournait au ralenti. Il avait l'impression de frôler l'hypothermie tant il était glacé. Il devenait urgent qu'il dorme, d'autant plus qu'il commençait à oublier tout ce qu'on lui disait au fur et à mesure. Il se promit de ne pas rester à Saint Mungo cette nuit. Tant pis s'il passait la soirée à tourner chez lui comme un lion en cage en dépensant des sommes considérables d'énergie à empêcher son esprit de se concentrer sur le procès. Avec un peu de chance, il tomberait d'épuisement avant d'avoir eu le temps de dire « déni. »
Lorsqu'il rentra chez lui ce soir là, un message de Harry l'attendait et il se rendit compte qu'il avait été bien plus inquiet qu'il ne voulait l'admettre. Il s'allongea sur le canapé pour regarder la télévision et il s'endormit avant le début du film.
Deux heures plus tard, il fut réveillé en sursaut. Il n'avait pourtant pas rêvé. Il se leva en soupirant d'exaspération et, après avoir pris une douche trop chaude, il se rendit dans le bar où travaillaient ses amis. Il passa le reste de la nuit à plaisanter en toute décontraction avec Jared et Lana, évitant soigneusement de croiser le regard furibond de Karim.
Il y retourna le lendemain soir également et, après avoir expliqué à Jared qu'il souffrait de troubles du sommeil, il fit pénétrer sa langue dans la bouche de son ami pour récupérer la petite pilule blanche qu'il lui offrait. Rapidement, il fut en proie à une excitation intense et il assura le spectacle, allant même jusqu'à chanter avec Jared, hilare, « YMCA » au karaoké. Lorsque les effets s'estompèrent, il s'assoupit à la vitesse de l'éclair, totalement déprimé, et Jared dût le porter jusqu'à son canapé en se plaignant du fait que jamais personne ne l'aidait à ramasser Draco. Lana l'insulta copieusement puis elle lui fit remarquer qu'il était responsable de l'état de Draco, par conséquent, il n'avait qu'à assumer.
Draco n'émergea pas avant le matin, et encore, il aurait dormi bien plus longtemps si Karim ne l'avait pas réveillé en donnant un coup de pied rageur dans le canapé. Draco balbutia une phrase incompréhensible en se tenant la tête entre les mains.
« Mal au crâne ? Demanda Karim en feignant la compassion.
- Parle moins fort, implora Draco en se relevant difficilement.
- Je fais ce que je veux chez moi, cria Karim en appréciant manifestement l'idée de voir Draco aussi désorienté. Fallait pas boire, ni t'enfiler ces trucs que Jared t'a donnés si tu supportes pas. »
Draco appuya ses paumes contre ses yeux en respirant aussi profondément que possible pour chasser la sensation que son estomac effectuait une succession triple boucles piqués.
« Je vais vomir, lança-t-il en serrant les dents.
- Je m'en contrefous. Tu l'as cherché alors ne te plains pas de l'avoir trouvé. Et casse toi de chez moi aussi, tant qu'on y est.
- Tu vas m'en vouloir encore longtemps ? Questionna Draco comme s'il s'adressait à un enfant capricieux.
- Va te faire mettre, Draco.
- T'aimerais bien oui. »
Karim se figea et il décrocha un regard assassin au blond. Il croisa les bras sur son torse en soupirant et il secoua la tête pour marquer sa désapprobation.
« Regarde toi, putain.
- Surveille ton voc…
- Ta gueule, Draco. Ferme ta grande gueule une fois dans ta vie ! Tu veux que je te dise ? Tu n'es même plus énervant à ce stade là. Tu es juste pitoyable, comme une vieille pute camée sur le retour. Dégage avant que Lana et Jared se réveillent, parce que je n'ai pas envie de me disputer avec eux à cause de toi…Une fois de plus.
- Je ne t'autorise pas à me parler de la sorte, siffla Draco en toisant Karim de toute sa hauteur.
- Et je me fous de ce que tu m'autorises à faire ou non, il faut que ce soit clair dans ta tête. Tu as perdu mon respect quand tu t'es amusé à me qualifier de bon suceur devant tout le monde. Un jour, il faudra que tu saches où tu as mal parce qu'en attendant, tu pars dans tous les sens et ce n'est pas en te vidant les couilles dans tous les mecs qui le veulent bien que tu vas régler ton gros problème.
- Tu n'en as pas marre de l'ouvrir sans même savoir de quoi tu parles, Karim ? Ça doit être épuisant de se prendre pour un grand rédempteur quand on est en réalité un nabot insignifiant. A ta place, moi aussi je serais aigri. »
Sans attendre de réponse, il sortit en claquant la porte. Il eut juste le temps de transplaner avant que son estomac ne proteste plus violemment encore. Il lui fallut toute la matinée pour parvenir à chasser le doublé migraine plus nausées et lorsqu'il se rendit à Saint Mungo, Hermione lui reprocha de ne pas être venu plus tôt alors que tout le personnel médicomagique était surchargé de travail. Draco lui renvoya une remarque cinglante, puis il disparut dans les couloirs d'un pas nerveux, fatigué de se sentir descendre une pente sans parvenir à la remonter.
Il passa une bonne partie de la semaine à aboyer des ordres et à accumuler les gestes d'impatience, bien plus affecté qu'il ne l'aurait souhaité par le fait qu'il avait perdu l'estime de Karim. Le seul point positif fut qu'il ne pensa pas une seule fois au procès. Seuls les mots de Karim contaminaient son humeur de manière épisodique. Le reste du temps, il demeurait le Draco habituel, cynique, sombre mais amusant et un peu fantaisiste.
Le vendredi matin, alors que novembre prenait place accompagné de son lot de pluie, de vent et de froid, Harry invita Draco à passer la soirée avec lui. Le jeune homme accepta sans hésitation en réalisant que la présence de l'auror lui avait manquée. Ils convinrent de se retrouver dans un restaurant du Chemin de Traverse. Le médicomage prévoyait de passer son après midi à tester avec Neville la nouvelle version de leur potion. La couleur était parfaite et les dosages programmés avec rigueur…Tous deux avaient bon espoir de ramener Severus Rogue et Seamus Finnigan auprès de ceux qu'ils aimaient.
« Pansy s'y prend un peu tôt pour l'esprit de Noël, constata Draco en croquant sans enthousiasme dans un biscuit en forme de sapin parfumé à la cannelle. En attendant, elle cuisine comme un chef.
- Elle fait tout magnifiquement bien, » précisa Neville avec un sourire entendu.
Draco observa son partenaire sans comprendre puis, soudain, il se s'arrêta de mastiquer, les yeux ronds.
« Mais non quoi ! Londubat ! Tu parles de Pansy Parkinson ! J'ai grandi avec cette fille…Par Merlin, elle est comme une sœur pour moi ! Passe moi les détails je t'en prie.
- Ce que tu peux être prude, plaisanta Neville en enfournant un biscuit entier dans sa bouche. Et pour en revenir à Pansy, oui, elle s'y prend tôt. Tu la connais, dès qu'il commence à faire un peu froid, elle assimile ça à Noël.
- Elle accroche toujours cet ignoble masque vénitien sur le sapin ?
- Oui, répondit Neville en simulant le désespoir le plus profond, ce qui arracha un rire étouffé à Draco alors qu'il faisait tournoyer la potion dans une fiole. Pourquoi tu ne fêterais pas Noël avec nous cette année ?
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Pansy est en colère contre moi et j'ajoute pour mémoire qu'elle a totalement raison.
- Arrête, elle s'inquiétait juste pour Harry, comme elle le fait toujours. Elle est beaucoup trop protectrice avec lui si tu veux mon avis. Il lui a garanti qu'il n'allait pas assassiner Cra…Bref, elle t'adore, ça la rendrait très heureuse de passer les fêtes avec toi et tu le sais. Tu as dit toi-même qu'elle était comme une sœur pour toi alors fais pas ta princesse et viens passer Noël en famille.
- C'est si gentiment demandé…Toi et moi, Londubat, on ne peut pas dire qu'on ait trop d'affinités.
- Oui, si tu vis dans le passé. Regarde ce qu'on fait en ce moment…On s'entend bien, on s'amuse, on fait du bon travail ensemble et tu ne perds même plus patience quand je renverse des trucs. On est très loin de Poudlard en somme. Je gagne à être connu, tu sais.
- Je ne prétends pas le contraire. Maintenant que la séquence émotion est passée, si on réussissait cette potion, lança Draco avec un sourire goguenard sans quitter la fiole des yeux.
- Tu sais quoi ? Tu es nul pour changer discrètement de sujet. »
Draco ne put se retenir de rire et il n'avait pas encore retrouvé son sérieux quand la porte s'ouvrit.
« J'ai dit à ces deux gros cons que vous étiez occupés, cria Ginny en entrant, mais ils n'ont rien voulu savoir.
- Putain Ginny, je suis là dans l'exercice de mes fonctions, tu ne peux pas m'insulter ! » Tonna Ron.
Neville se tourna vers Draco, dans l'expectative d'une réaction de sa part.
« Vas-y toi, soupira Draco.
- Si tu insistes…Surveillez votre vocabulaire les Weasley ! Qu'est ce qu'on a fait qui justifie la présence d'un Auror ?
- En réalité, nous sommes là uniquement pour monsieur Malfoy, intervint une sorcière d'une quarantaine d'années à l'élégance désuète.
- Avant de me donner du « monsieur Malfoy » la politesse la plus élémentaire voudrait que vous vous présentiez, remarqua Draco avec un mépris qui masquait son appréhension à la perfection. En particulier quand vous m'importunez sur mon lieu de travail. »
Elle darda sur lui un regard courroucé avant de se radoucir, littéralement écrasée par son air supérieur et par la fierté qui transpirait par chaque pore de sa peau. Il plongea ses étranges yeux gris dans les siens, visiblement satisfait de son effet, et elle eut toutes les peines du monde à ne pas tourner la tête. Elle savait à quoi s'attendre avec lui. On l'avait prévenue. Malgré tout, elle éprouvait une immense sympathie à son égard…Et même un peu d'admiration. Après tout, il était réputé pour garder toute sa prestance même lorsqu'il crachait son venin, ce qui n'avait jamais été chose facile pour elle. Elle redoutait sa réaction et elle ne put s'empêcher de jeter une œillade inquiète à la baguette magique posée sur la table.
Draco réajusta sa cravate pour se donner une contenance puis il attendit patiemment, bras croisés, que l'un de ses interlocuteurs brise le silence.
« Je vous ai envoyé des dizaines de hiboux auxquels vous n'avez jamais répondu, j'ai donc été obligée de prendre des mesures un peu drastiques, commença-t-elle.
- Qui êtes vous ?
- Je me nomme Elvira Close et je représente Blaise Zabini. »
Le visage de Draco devint livide, figé dans une expression glaciale. Sa respiration était inégale, son cœur battait à tout rompre et il se liquéfiait de l'intérieur mais il était le seul à s'en rendre compte. En apparence, il était juste redoutablement calme. Il voulu parler, peut être même insulter cette femme, mais il n'était pas certain de maîtriser le tremblement dans sa voix.
« Tout va bien monsieur Malfoy ? Demanda-t-elle.
- On ne peut mieux, prononça-t-il en serrant les dents. Londubat, Weasley, sortez.
- Draco si…
- Maintenant ! Ordonna-t-il à Ginny qui fit un pas en arrière.
- Si tu as besoin de quoi que ce soit, je ne serai pas loin, rappela Neville.
- Pour l'instant, j'ai juste besoin que tu sortes d'ici, Londubat, » articula lentement Draco d'une voix dangereusement basse. Dès qu'il fut seul avec Ron et l'avocate, il se tourna vers elle sans jamais accorder la moindre attention au rouquin. Il ignorait la teneur de la visite de cette femme mais il savait qu'il n'allait pas aimer. « Que puis-je pour vous, madame Chose ?
- C'est Close, corrigea-t-elle.
- Cela n'a aucune espèce d'importance pour moi. Je ne compte certainement pas faire appel à vous un jour prochain…Pas quand je vois les rebus que vous défendez.
- Tout le monde a le droit d'être défendu.
- Evidemment, vous n'êtes pas venue discuter des beaux principes qui régissent notre merveilleuse société sorcière. Entrons donc dans le vif du sujet si vous voulez bien, ça m'évitera de perdre mon temps.
- Mon client souhaite vous parler.
- J'ai bien peur que ce soit impossible étant donné que je n'ai aucune envie d'entendre ce qu'il a à me dire.
- Je suis désolé Malfoy mais tu vas devoir nous accompagner, intervint Ron avec une mine contrite. Madame Close a obtenu une injonction du Ministre de la Justice Magique. »
Il lui tendit un document légal stipulant que Draco s'exposait à des sanctions s'il refusait d'obtempérer. Le médicomage se félicita de demeurer aussi serein alors que les bras lui en tombaient. Comment le Ministère pouvait-il lui faire une chose pareille ?
Il frôla le fou rire nerveux lorsqu'il lut les mots « pour le bon déroulement de la procédure » sur le parchemin.
« C'est une blague ? Demanda-t-il à Ron d'une voix blanche.
- Non, répondit Ron qui aurait visiblement payé très cher pour être partout sauf dans cette pièce. Je dois m'assurer que tu te rendes à cet entretien avec Zabini.
- Mais pourquoi ne pas laisser les avocats se charger de tout ça ? Interrogea Draco en se tournant vers Elvira.
- Monsieur Zabini ne veut aucunement vous blesser…
- Alors pourquoi m'impose-t-il sa face de rat ? Siffla Draco.
- Il veut témoigner contre Crabbe et Goyle lors du procès, expliqua Elvira.
- En échange de quoi ?
- Cinq minutes avec vous afin de vous exprimer tous ses regrets. Il ne conteste pas la peine de prison dont il a écopé il y a quatre ans et il ne veut pas vous harceler comme le font insidieusement Crabbe et Goyle.
- Si vous saviez comme je me fiche de ses regrets.
- Monsieur Malfoy, je comprends votre désarroi mais monsieur Zabini est de votre côté et, que vous le vouliez ou non, il vous sera d'une aide précieuse. »
Draco secoua vivement la tête, comme si cette idée lui était insupportable. Ron posa une main sur son épaule mais le blond recula avec la même promptitude que s'il venait de se brûler.
« Garde ta compassion Weasley, susurra-t-il.
- Ecoute Draco, je sais que tu n'as aucune envie de témoigner lors de ce procès. Tu l'as assez répété à Luna…Zabini peut le faire à ta place. Il était là aussi, il peut t'éviter cette corvée, alors calme toi vite et réfléchis.
- Qu'il le fasse dans ce cas, mais qu'il ne me demande rien…Je ne peux pas, » souffla Draco en desserrant un peu son nœud de cravate. Il avait l'impression de manquer d'air, comme si sa gorge s'était subitement mise à enfler. « Madame Chose, arrangez vous avez mon avocate, Luna Lovegood.
- C'est Weasley, corrigea Ron.
- C'est temporaire j'espère, renvoya Draco avec un rictus sardonique.
- Ok, là c'est trop. Je veux bien être compréhensif et tout et tout mais tu dépasses les bornes Malfoy, s'impatienta Ron en sortant un porte-clé de sa poche. Tu n'as pas le choix, tu dois nous suivre. Alors soit tu saisis ce portoloin soit je te traîne de force.
- Je reconnais bien là tes manières de néanderthalien de base, » lança Draco en enfilant sa robe de sorcier noire avant de toucher le porte-clé.
Il ressentit rapidement les effets désagréables du voyage en portoloin et il ferma les yeux pour atténuer la sensation de vertige. Lorsqu'il les rouvrit, il se trouvait dans une grande salle dont la peinture verte pastel semblait relativement récente. Des petites tables carrées étaient disposées à l'écart les unes des autres, à part pour deux d'entre elles qu'on avait rassemblées au centre de la pièce.
Il devina qu'il s'agissait de ce qu'on appelait communément le parloir et il fut reconnaissant à la personne qui avait organisé cette embuscade d'avoir au moins eu la décence de ne pas lui imposer la présence de témoins étrangers à toute cette affaire. Il redoutait de regarder autour de lui et de tomber sur le visage honni de Blaise Zabini. Il ne devait pas montrer la moindre faiblesse. Il ne se l'autorisait pas en ces circonstances révoltantes.
« Angelito, comment vas-tu ? » Demanda Luna en se précipitant vers lui.
Il hocha la tête sans parvenir à articuler « bien » tout en reculant inconsciemment d'un pas. La dernière chose dont il avait besoin en ce moment, c'était de gestes affectueux. Il ne voulait pas de compassion…Surtout pas cette compassion écoeurante qu'il décelait dans le regard d'Elvira Close.
« Les gardiens sont allés chercher Zabini, » expliqua Luna en s'attelant à placer une mèche de cheveux de Draco derrière son oreille comme si cela allait avoir une quelconque importance dans la confrontation à venir. « Assieds toi. »
Draco secoua négativement la tête mais il s'assit quand même sur la table, une jambe bien ancrée au sol au cas où il ait besoin de se relever prestement. Il tenta à nouveau de parler, de dire n'importe quoi, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge sèche. Des milliers de pensées se bousculaient en lui, il en voulait à la terre entière.
Il en voulait à Luna de ne pas avoir su éviter cet entretien, à Ron d'être présent, à Harry d'être absent, à Sirius d'avoir laissé le Ministre de la Justice Magique le traîner dans cette salle nauséabonde et surtout, il s'en voulait de ne pas avoir pris le premier avion pour Montréal.
« Il sera attaché, poursuivit Luna, il ne pourra pas te toucher. »
Draco tenta de lui dire que le seul fait que Blaise Zabini puisse poser les yeux sur lui était déjà une torture mais une fois encore, il resta muet, se contentant de mordre nerveusement sa lèvre inférieure.
« Ça ne durera pas longtemps, le rassura en vain Elvira Close.
- Ouais, en même temps, ça sera déjà trop long, constata Luna avec son éternel air rêveur.
- J'imagine la difficulté que cela peut représenter pour vous de devoir regarder en face l'homme qui vous a violé, déclara Elvira en cherchant le regard que Draco refusait de lui accorder.
- Oui, blablabla. Il ne fallait pas forcer mon ami à venir puisque vous imaginez la difficulté, rétorqua Luna en dessinant des guillemets en l'air.
- Nous faisons cela pour lui ! »
Draco ferma les yeux pour retrouver un semblant de patience mais il était encore loin du compte. Cet endroit, bien que réhabilité depuis peu, était un condensé de chaleur écrasante et d'odeurs corporelles qui lui soulevaient le cœur. Son front se perlait de sueur, son estomac protestait avec virulence, le sang battait violemment dans ses tempes, il était au bord de la syncope. Pourtant, lorsque Blaise fit son apparition, encadré de deux gardiens, il se releva sans peine pour le toiser avec une haine féroce au fond de ses prunelles grises assombries.
Un frisson de dégoût courut le long de sa colonne vertébrale. Ses bras retombèrent mollement le long de son corps et ses poings se serrèrent étroitement jusqu'à ce que ses ongles s'enfoncent douloureusement dans ses paumes. Il revoyait avec horreur des images de ce jour maudit où Blaise tenait ses bras pendant que Goyle le déshabillait. Il pouvait même sentir l'étau de ses doigts s'enfoncer dans sa chair.
Il voulait cracher des « je te hais » avec la même ferveur que celle de Blaise lorsqu'il vomissait ses « je t'aime » dans son oreille, mais aucun son ne sortait de ses lèvres entrouvertes. Il ne pouvait que fixer le prisonnier en affichant son écoeurement et sa hargne sur son visage. Il fut presque satisfait de le voir baisser les yeux, même s'il enrageait. Blaise avait pris de l'embonpoint. Il avait l'air si bien portant comparé à Draco qui vivait pourtant en liberté, que le blond ne put que détester Sirius de prendre un peu trop soin des criminels d'Azkaban.
« Bonjour Draco, » déclara Blaise d'une voix mal assurée.
Draco se visualisait, intimant l'ordre à Blaise de se taire, mais sa bouche demeura scellée en un rictus méprisant. Il serrait les dents si fort qu'il n'aurait pas été étonné si ses molaires et ses canines se mettaient à exploser sous la pression de ses mâchoires. Blaise prit place au centre de la pièce, là où les deux tables avaient été réunies. A sa droite, son avocate lui conseillait de toujours garder ses mains liées bien en évidence pour éviter toute bavure.
A ces mots, les lèvres de Ron s'étirèrent en un sourire satisfait, un sourire qui signifiait « tu n'as pas idée comme j'attends le moindre geste de la part de ton client…Laisse le me donner une raison de l'éliminer. » Cette attitude stupéfia Draco mais il n'en montra rien. Peut être que Harry ou Kingsley lui avaient donné des directives précises en ce sens et qu'à aucun moment, Harry n'avait abandonné son idée de venger Draco. Le jeune homme ne savait pas s'il devait lui en être reconnaissant ou, au contraire, lui en vouloir de ne pas avoir tenu compte de son avis. En même temps, au fond de lui, une petite voix lui disait qu'il connaissait bien Harry et que ce dernier n'était en aucun cas capable de préméditer un meurtre, de passer à l'acte malgré son envie de le faire.
Une main se posa sur son bras et il reporta son attention sur Luna qui n'avait jamais semblée aussi présente qu'en cet instant. Il aurait tout donné pour être loin, pour quitter cette sale qui sentait les vestiaires mal entretenus, pour ne plus sentir la sueur couler dans son dos.
« Asseyons nous, mon ange,» suggéra Luna avec dans la voix, une intonation maternelle particulièrement désagréable pour la fierté de Draco.
Pourquoi fallait-il que tous l'infantilisent et le considèrent comme bien plus fragile qu'il ne l'était réellement ? Il se demandait ce que cela pouvait leur apporter d'agir de la sorte, quelle gratification ils en retiraient. Sans même y réfléchir, il s'assit sur la chaise en plastique en l'écartant de la table afin d'allonger ses jambes pour les croiser aux chevilles, les pouces calés dans les poches arrières de son pantalon, dans une attitude qu'il voulait désinvolte malgré la dureté de son visage. Son regard se posa sur Blaise et il réprima un haut le cœur. Les yeux marrons de celui qui fut un jour son ami étaient rivés sur lui, scrutant la moindre de ses réactions avec une inquiétude qui donnait à Draco envie de le frapper jusqu'à ce que mort s'ensuive.
« Madame Close, votre client aurait des informations sur le procès, reprit Luna en jouant avec une mèche de ses longs cheveux blonds. Informations qu'il ne veut divulguer qu'à monsieur Malfoy. Alors qu'il parle, et vite. Nous sommes tous très occupés. J'ai un bébé à allaiter, monsieur Malfoy a des vies à sauver et monsieur Zabini…Monsieur Zabini a sûrement des vies à briser quelque part. C'est un travail très prenant, de briser des vies, n'est ce pas Blaise ?
- Epargnez nous vos commentaires désobligeants, déclara Elvira Close. Mon client n'est pas là pour les entendre.
- Je m'en voudrais de faire de la peine à un violeur…C'est sensible un violeur, rétorqua Luna avec un sourire innocent. Allons-y Blaise, l'heure tourne. »
Blaise n'avait pas quitté Draco des yeux, attendant une répartie cinglante qui ne vint jamais. Le blond se contentait d'assister à la scène avec un détachement apparent qui ne présageait rien de bon.
« D'accord, commença Blaise d'une voix incertaine en cherchant un signe de fébrilité autre que les mâchoires qui se contractaient convulsivement chez le médicomage. Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour ce que je t'ai fait. Je m'en veux tellement Draco, tu ne peux pas savoir à quel point. »
Draco poussa un long soupir d'agacement mais il fut incapable de parler. Parler pour dire quoi ? Que les excuses de Blaise n'allaient rien changer et qu'aucun mot ne pourrait effacer l'ardoise ? Tous les partis présents dans la salle en étaient conscients.
« Je n'avais pas le droit de profiter de la situation pour assouvir mon fantasme de faire l'amour avec… » Il s'interrompit en voyant les yeux de Draco s'arrondir et se teinter de la haine la plus absolue.
- Tu as une drôle de notion de ce que c'est, faire l'amour, remarqua Luna en se grattant la tête avec sa baguette magique.
- Ne m'interromps pas Luna ! S'exclama Blaise alors que Draco avait l'impression de suffoquer à cause de la chaleur. Draco, je crois qu'il faut que tu entendes ce que j'ai à te dire. Tu n'es pas responsable de ce qu'on t'a fait. A aucun moment tu ne l'as été, rien n'était de ta faute. Crabbe et Goyle avaient prémédité leur coup et je les ai bêtement suivi ce jour là. Il n'y a pas un jour qui passe sans que j'y pense et que je m'en morde les doigts. »
Consterné. C'était le mot qui résumait le mieux l'état de Draco après la tirade de Blaise. Consterné parce que Blaise cherchait à attirer la sympathie et peut être même à se faire plaindre. Consterné parce qu'il sentait sa gorge se nouer alors qu'un poids disparaissait lentement de ses épaules simplement parce qu'un de ses agresseurs – celui là même qui avait susurré dans son oreille que tout était de sa faute alors qu'il le violait - admettait que Draco n'avait pas cherché ce qui lui était arrivé. A la veille d'un procès où on allait le calomnier et insinuer qu'il avait provoqué cette situation, il avait besoin qu'on lui ôte ses doutes. Il voulait tellement se trouver à mille lieues de ce regard marron qui cherchait sans réel succès à sonder la moindre de ses réactions. C'était comme s'il n'y avait plus qu'eux deux dans la pièce et ce tête à tête malsain allait finir par avoir raison des nerfs de Draco.
« Je suis vraiment mal pour ce qui est arrivé, poursuivit Blaise. Si je pouvais revenir en arrière et tout effacer, crois moi, je le ferais sans hésiter. Je voudrais tant t'aider.
- Je suppose que tu ne peux pas m'offrir une nouvelle virginité anale, cracha Draco d'une voix rauque qui fit sursauter Blaise. Alors il n'y a rien que tu puisses faire pour moi. Epargne moi le couplet sur les remords, il ne m'intéresse pas, et viens en aux révélations qui justifient ma présence obligatoire dans ce trou ignoble.
- D'accord, concéda Blaise en baissant les yeux. J'ai entendu Vincent et Grégory parler du procès il y a quelques semaines. Le père de Vincent a mis la main sur ton journal intime ou un truc comme ça et il en a donné une copie à Milton Bradford, l'avocat de ces deux cons. Ils vont s'en servir contre toi et je peux t'assurer qu'ils jubilent.
- Comment Crabbe Senior a-t-il pu obtenir ce document ? Interrogea Luna en tapant sur la table avec sa baguette.
- Aucune idée. »
Une sueur froide avait traversé tout le corps de Draco à l'évocation de son carnet bleu. Il restait figé, le visage fermé, regardant droit devant lui pour ne pas voir le monde s'écrouler autour de lui. Son cœur cognait au ralenti d'une manière démente, tellement forte qu'il avait l'impression de l'entendre résonner dans sa tête. Il se demandait si tout cela finirait un jour et, au stade d'abattement où il en était, il ne voyait pas d'issue positive à cette histoire.
« Ont-ils le droit d'utiliser des documents volés ? Questionna-t-il d'une voix basse, menaçante.
- ça dépendra du Ministre de la Justice Magique, répondit Elvira Close. Et comme il tient à ce que personne ne remette en cause son intégrité face à vous, comme ça a été le cas pour Sirius Black, je crois qu'il acceptera que ce journal soit versé au dossier comme pièce à conviction.
- Et ça vous arrange, car nous ne serions pas là si le Ministre de la Justice Magique n'était pas terrifié à l'idée d'être considéré comme quelqu'un de partial, qui protège aveuglément mon client comme Sirius Black a été accusé de le faire, renvoya Luna en se redressant sur sa chaise. Montell Mc Cormack va accéder à toutes les demandes de Crabbe, Goyle et Zabini, mêmes celles aussi laxatives que la raison de notre présence ici, ou encore l'utilisation du journal de monsieur Malfoy lors du procès et ça…C'est pas bien.
- Il n'y a rien qui puisse les innocenter dans ce que j'ai écrit, remarqua Draco. Tout ce qu'ils veulent, c'est m'humilier d'avantage.
- Ne t'en fais pas mon canard, je vais m'opposer fermement à leur magouille, vociféra Luna alors que Draco tournait vers elle un regard vide d'expression, comme s'il n'avait pas entendu le surnom dont elle l'avait affublé, ou qu'il était trop las pour en faire cas.
- Ce sera de l'énergie dépensée pour rien Luna, reprit Blaise alors que Ron tiquait à l'évocation du prénom de sa femme dans la bouche de celui qu'il considérait comme un monstre de la pire espèce. C'est pour rendre les choses plus faciles à Draco que je propose de témoigner contre Grégory et Vincent. En me faisant témoigner avant toi, Draco, je pourrai donner les détails nécessaires et tu n'auras pas le faire toi-même.
- C'est très attentionné de part, ironisa Draco. Que vas tu obtenir en échange ?
- Je voulais juste te présenter mes excuses en face à face et te parler des plans de Vincent et Gregory, rien d'autre.
- Oh vraiment ? Insista Draco avec un sourire angélique alors que son regard était assombri par le mépris. Tu ne vas pas bénéficier d'une protection particulière pour témoigner contre deux de tes codétenus ? Pas de cellule individuelle pour toi ?
- Je suis un violeur, Draco. J'ai déjà une cellule individuelle pour éviter que je me jette sur mon codétenu. C'est une des premières mesures prises par ton pote Black quand il est arrivé au pouvoir. Crois moi, tout ce que je veux, c'est essayer de réparer ce que je t'ai fait.
- C'est tout ce que tu avais à dire, Zabini ? On peut enfin disposer ? Demanda Luna en ôtant sa chaussette pour en faire une marionnette avant de se tourner vers Draco. Tu crois que Rainbow va aimer ?
- Je crois surtout qu'à un mois, elle s'en moque royalement, répondit Draco. En plus c'est tout sauf hygiénique. Pouvez vous, madame Close et toi, nous laisser seuls une minute, je vous prie. »
Les deux femmes voulurent objecter mais Draco les arrêta d'un signe de la main. La détermination dans son regard les persuada qu'il était inutile de parlementer et elles se levèrent pour rejoindre Ron et les gardiens à l'autre bout de la salle.
Draco avança sa chaise pour poser ses coudes sur la table, le poing droit fermé, la main gauche enveloppant son poing. Blaise sembla se ratatiner sur place. Il avait attendu cette entrevue mais à aucun moment il n'avait voulu être seul avec Draco.
- Pourquoi, Blaise ? Interrogea Draco en baissant d'un ton. Pourquoi moi ? Je n'étais pas le seul à m'être rallié à Sirius Black et à l'ordre du phoenix. Pourquoi m'avoir puni, moi ?
- Je te jure que j'ai essayé de m'expliquer mon geste. Mais la vérité, c'est que je ne trouve pas d'autre explication que l'influence groupale. On était dans le feu de l'action, je me suis pris au jeu et quand j'ai réalisé ce que nous étions en train de te faire, il était trop tard, Crabbe avait déjà forcé en toi. Alors je t'ai dit des mots tendres, pour te rendre les choses plus...
- Ecoeurantes ? Hasarda Draco les dents serrées alors que les ongles de sa main gauche s'enfonçaient dans sa main droite. Tu crois que ça m'a aidé de t'entendre parler d'amour alors que tu étais en train de me violer, Blaise ? Tu ne m'aimais pas, sombre idiot, tu me désirais parce que j'étais inaccessible. Nuance.
- ça Draco, tu n'en sais rien. Tu extrapoles, contra Blaise.
- Comme tu as extrapolé en pensant que j'allais apprécier tes mots immondes. Ce n'était pas un jeu. C'était réel et vivre avec, c'est ma réalité quotidienne, espèce de pitoyable minable. Tu n'as pas les réponses à mes questions, je n'ai plus rien à faire ici. »
Il se leva, suivi de Blaise. Soudain, Draco saisit la nuque du prisonnier pour l'obliger à se pencher au dessus de la table. Il approcha son visage sans tressaillir, jusqu'à ce que leurs joues se touchent et à son oreille, il déclara d'une voix grave et traînante :
« J'ai beaucoup changé. Je suis devenu très patient et je vais attendre mon heure. Tu sortiras d'ici un jour et ce jour là, je ne serai pas loin. Je te tuerai, Blaise.
- Je n'en attendais pas moins de toi, Draco, » répondit Blaise alors que Draco le repoussait brusquement pour tourner les talons et sortir de la pièce sans même un regard en arrière.
Ron et Luna le suivirent alors que l'avocate de Blaise retournait auprès de son client. Dès que la porte se fut refermée derrière eux, Draco desserra sa cravate et déboutonna le col de sa chemise. Il s'appuya d'une main contre le mur, tête baissée et il tenta de lutter contre la nausée. Il avait trop chaud, il suffoquait et, pire que tout, la sueur de Blaise s'était déposée sur sa joue. Une odeur d'urine, de transpiration et de moisissure flottait dans l'air. Le cœur de Draco se souleva et il ne parvint pas à se retenir malgré tous ses efforts. Il n'avait pratiquement rien mangé et les contractions de son estomac furent douloureuses.
Il sentit une main se poser sur sa nuque moite afin de la masser dans un geste qui se voulait maladroitement réconfortant. Une main large aux longs doigts…La main de Ron Weasley ! Il secoua la tête pour s'en débarrasser mais le bras du rouquin s'enroula autour de son cou et il attira le dos de Draco contre son torse dans une étreinte des plus inattendues.
« Tu as été impérial face à Zabini, souffla Ron dans les cheveux de Draco. Tu as été très grand, Draco Malfoy. »
Ce n'était pas l'impression de Draco, et la pitié de Ron n'arrangeait rien à l'image qu'il avait de lui-même en ce moment. Sa main saisit le bras de Ron sans qu'il sache s'il voulait le repousser ou, au contraire, le serrer pour y trouver un éphémère et honteux réconfort.
« Laisse moi, Weasley, ordonna Draco.
- Allez viens, je te ramène à Saint Mungo, déclara Ron en le lâchant, mettant ainsi fin à la trêve.
- Passe à la maison après, on boira un verre, » décréta Luna avec un sourire bienveillant.
Draco essuya sa bouche avec la manche de sa robe avant de prendre la parole d'une voix claire et posée.
« C'est gentil mais j'ai furieusement besoin d'être seul. Demain, je viendrai voir ma filleule histoire de lui offrir autre chose qu'une chaussette marionnette. »
Luna et Ron ne purent s'empêcher de rire et Draco leur renvoya un sourire goguenard avant de retrouver son sérieux. Il saisit le portoloin que Ron lui tendait et tous deux furent projetés dans le laboratoire où Draco travaillait sur sa potion.
« Tu es sûr que ça va aller ? Demanda Ron, prêt à partir.
- Oui, certain. Ce qui ne me tue pas me rend plus fort parait-il, répondit Draco avec un sourire qui se voulait rassurant mais qui n'était en réalité qu'une triste grimace. Et Weasley…J'ai un humour pas drôle, je le reconnais, mais je plaisante quand je dis que Luna et toi vous devriez divorcer.
- Je sais…C'est juste pas drôle parce qu'elle compte plus que tout pour moi.
- Je sais, c'est pourquoi j'appuie là où ça fait mal.
- Crois moi, tu vises très bien Malfoy. Ne te laisse pas démonter par cette entrevue avec Zabini, il n'en vaut pas la peine.
- ça aussi je le sais, déclara Draco en souriant de manière un peu plus convaincante. Harry est-il au courant de cette petite balade à Azkaban ?
- Non, j'ai reçu l'injonction ministérielle juste avant de venir te chercher. Harry n'était pas là mais au Nicaragua où un mage noir s'amuse à tuer des moldus.
- Je croyais que vous étiez coéquipiers.
- Oui, mais je suis interdit de missions dangereuses parce que je viens d'avoir un bébé, marmonna Ron avec une moue boudeuse.
- C'est une mission vraiment dangereuse cette fois ?
- Malfoy, comme c'est touchant, ironisa Ron avec un grand sourire, tu t'inquiètes pour Harry !
- Pas du tout, grommela Draco. C'est juste que s'il est blessé, ça va me faire du travail supplémentaire. Toujours est-il que j'apprécierais si tu ne disais rien à Harry pour ce qui est arrivé aujourd'hui.
- C'est ton mec, il veut certainement savoir ce qui…
- C'est mon problème, pas le sien.
- Votre relation n'ira nulle part si tu lui mens, remarqua Ron.
- Notre relation n'ira nulle part si elle tourne uniquement autour de ce v…De la bataille finale.
- D'accord, concéda Ron. Mais Harry a les oreilles et les yeux partout, ce n'est pas le meilleur Auror pour rien, il l'apprendra d'une manière ou d'une autre, même si ce n'est pas de ma bouche. »
Draco hocha la tête et il laissa Ron rentrer au Ministère. Il resta un instant interdit, laissant toute la tension accumulée redescendre lentement. Il était dans un état second et il dut se forcer pour bouger. Neville attendait toujours dans le couloir et Draco retint un soupir agacé lorsqu'il le vit.
« Ça va mec ? Demanda Neville.
- Très bien oui. Je retourne chez moi, on travaillera sur la potion demain. J'aimerais que tu ne dises rien de ce que tu as entendu aujourd'hui. »
Neville acquiesça et Draco put enfin quitter l'hôpital. Arrivé chez lui, il prit une douche brûlante, frottant sa joue avec frénésie pour effacer toute trace de Blaise. Il enfila ensuite une tenue de sport pour pouvoir se défouler en courant. Il chaussait ses baskets lorsque le téléphone sonna. Il ne décrocha pas et laissa Sirius parler au répondeur pour lui expliquer qu'il voulait prendre de ses nouvelles après la confrontation avec Blaise. Draco fusilla le répondeur du regard, comme il l'aurait fait s'il avait eu Sirius en face de lui, puis il sortit en claquant la porte.
Il courut longtemps, jusqu'à ce que la douleur dans ses muscles et l'essoufflement lui fassent penser à autre chose qu'aux yeux de Blaise rivés sur lui ou aux paroles insupportables qu'il avait prononcées. La fatigue n'entravait plus ses foulées, il était mû par l'adrénaline et par la force de sa rage. Bientôt, sa seule idée fut d'aller plus loin…Toujours plus loin.
Il se donnait l'impression d'être un hamster dans une roue. Enfermé, courant à perdre haleine, s'épuisant pour aller nulle part. Quand son corps refusa de faire un pas de plus, il s'arrêta pour reprendre son souffle et il héla un taxi qui le reconduisit devant son immeuble.
Une fois chez lui, il se servit un grand verre d'eau qu'il but d'une traite. Il observa le récipient d'un œil morne avant de le jeter contre le mur où il explosa dans un bruit sec. Il ne se sentit pas mieux pour autant mais il obtint un bref soulagement en laissant aller sa colère. Il ne prit pas la peine de ramasser le verre éparpillé sur le sol. Au lieu de ça, il prépara du pop corn au micro ondes, prit une canette de soda et emporta le tout dans le salon pour s'installer devant la télévision.
« Je t'aime depuis que nous sommes au cours primaire, Peter, avouait une rouquine à un brun body buildé dans ce qui ressemblait à un téléfilm.
- Vois le côté positif des choses, Peter, déclara Draco avec un sourire sardonique. Elle est laide mais au moins, tu ne vas pas dormir seul ce soir. »
Il resta des heures devant l'écran, hypnotisé par tous les programmes diffusés sans vraiment les regarder attentivement. Hébété et abattu, il ne cessait de penser à son carnet bleu et à son contenu. Il ne se souvenait même pas de ce qu'il y avait griffonné, il ne s'était jamais relu mais il savait que chaque phrase, chaque mot pouvaient être sortis de leur contexte et utilisés par Milton Bradford contre lui.
Le téléphone le sortit de sa contemplation et lorsqu'il entendit la voix de Harry sur le répondeur, il décrocha en poussant un juron.
« Draco, putain, ça fait une demie heure que je t'attends au resto ! S'exclama Harry.
- Je regardais la télévision et j'ai complètement oublié notre rendez vous, » se justifia maladroitement Draco en se frottant les yeux.
Un « pop » sonore résonna dans la pièce lorsque Harry fit son apparition, faisant sursauter Draco dans la foulée.
« Tu te fous de moi ? Demanda Harry en rangeant son téléphone dans sa poche. Tu n'es pas venu parce que tu regardais un programme de télé réalité de merde ?
- D'une, surveille ton vocabulaire. De deux, je suis moyennement favorable au fait que tu entres chez moi comme dans un moulin. Et de trois, j'aime bien Survivors, ça me fait rire de voir ce que les gens sont prêts à faire pour de l'argent. »
Harry poussa un grognement exaspéré en passant la main dans ses cheveux. Il était clair qu'il cherchait à rester calme et qu'il n'y parvenait qu'à moitié.
« Je suis revenu du Nicaragua spécialement pour ce rendez vous, Draco. Tu abuses.
- Excuse moi, j'ai totalement perdu la notion du temps. Installe toi, je vais te préparer de quoi manger et passer une soirée agréable pour me faire pardonner. »
Il se leva, sentant déjà le poids des courbatures sur ses jambes et son ventre. Il réalisa alors qu'il portait toujours sa tenue de sport sur laquelle la transpiration avait séchée et qu'il devait dégager une odeur assez désagréable.
« Rectification, marmonna-t-il. Je vais me doucher puis je te préparerai de quoi manger. Tu as fumé toi, ça empeste jusque là.
- J'avais un peu que ça à foutre en t'attendant comme un con. »
Draco haussa les épaules et il avança vers la salle de bains en se évitant de boiter. Il avait une potion contre les courbatures dans l'armoire à pharmacie mais il n'y toucha pas. Il préférait ressentir la douleur dans ses membres, ça lui permettait de se sentir en vie et pas comme le zombie qu'il avait l'impression d'être depuis qu'il avait posé les yeux sur Blaise Zabini.
Il se déshabilla, entra dans la cabine de douche et laissa l'eau chaude dissiper les tensions dans son corps épuisé. Il se lava avec le gel douche au lait de palme qu'il affectionnait tant. Il augmenta le degré de chaleur de l'eau pour se rincer puis il croisa ses avant-bras sur le mur en céramique et il y reposa sa tête, les yeux fermés, la lèvre inférieure emprisonnée entre ses dents.
« Draco, ça ne va pas ? » Demanda Harry en posant une main sur la porte transparente de la cabine de douche.
Draco tourna lentement la tête pour river ses yeux gris dans ceux de Harry.
« C'est une manie chez toi de débarquer dans une pièce sans frapper ? Questionna-t-il avec une pointe d'agacement dans la voix.
- Je venais voir si tu voulais que je cuisine quelque chose…Il y a du verre brisé par terre, que s'est-il passé ?
- Je l'ai fait tomber et j'ai eu la flemme de ramasser, rien de plus.
- Oh…Et bien je suis vraiment sur le cul là, parce que ton histoire défie les lois de la gravité dans la mesure où ton verre est tombé à l'horizontale, rétorqua sèchement Harry avant de se radoucir. Le point d'impact est relativement visible sur le mur, Draco. Dis moi juste que tu ne veux pas en parler mais ne me mens pas. Je suis Auror, un bon Auror, et les détails me parleront toujours plus que tu ne le fais. »
Draco poussa un soupir résigné et, contre toute attente, il posa sa paume sur la porte vitrée, au même endroit que celle de Harry. Il baissa un peu la tête et colla son front sur celui de Harry qui ne s'était pas rendu compte qu'il avait avancé en même temps que Draco. Le médicomage soupira à nouveau en fermant les yeux. Il lui semblait qu'il pouvait sentir la chaleur de l'Auror inonder son corps malgré la vitre qui les séparait et qu'un regain d'énergie était insufflé en lui. Harry pour sa part, n'avait pas clos ses paupières et il voyait clairement dans son reflet la fumée blanche qui partait en direction de Draco.
Il ne savait pas comment la contrôler mais il tenta le tout pour le tout en se concentrant pour empêcher ce lien magique d'agir. Draco n'avait pas besoin de ce réconfort magique, pas plus qu'il n'avait besoin de cocaïne. Tout cela n'était qu'accessoire et ne faisait que repousser l'échéance pour le blond, ce moment où il allait craquer nerveusement. Et peut être que c'était ce qui lui fallait pour faire table rase de tout son déni et repartir sur une base plus solide, plus saine. Les efforts de Harry furent vains, jusqu'à ce qu'il comprenne que ce lien entre eux n'était qu'une mascarade, une force temporaire qui ne servait strictement à rien en dehors d'un champ de bataille. A partir de cet instant, il cessa de s'inquiéter pour ce qui était certainement un simple geste d'humeur de la part de Draco et la fumée blanche disparut. Après tout, Harry avait déjà été spectateur d'un comportement similaire chez Draco lorsqu'il avait jeté une bouteille de champagne contre le mur.
Il ne l'avait pas fait sans raisons, mais ces raisons n'étaient pas outrancièrement dramatiques…Il s'était senti trahi quand il avait surpris Harry avec son cahier bleu à la main et il avait déchargé sa frustration en jetant cette bouteille contre le mur.
« Harry ? »
La voix de Draco, presque inaudible, le tira de ses réflexions.
« Je suis nu et pas toi, reprit Draco avec un sourire gêné. Tu pourrais peut être sorti…Qu'est ce que tu fais ?
- Je me mets à poil, s'il n'y a que ça pour te soulager, » répliqua Harry en ôtant ses lunettes ainsi que tous ses vêtements.
Il revint se poster face à la vitre et il reposa sa main au même emplacement que celle de Draco. Le blond esquissa un fin sourire. Il ouvrit la porte pour agripper le poignet de Harry et il le tira sous la douche pour ravir ses lèvres d'un baiser vertigineux.
« On t'a déjà dit que tu étais complètement fou ? Demanda Draco en reculant un peu.
- Tout le temps, » répondit Harry en l'embrassant avec fougue, sa langue jouant voluptueusement avec celle de Draco pendant que ses doigts exploraient ce long corps nerveux.
Qu'il était bon pour Harry de ne plus voir les os de Draco saillir aussi significativement…Il n'avait pas repris tout le poids qu'il avait perdu mais il en avait assez repris pour passer de squelettique à maigre. C'était un bon début, bien plus qu'Harry aurait pu espérer un mois plus tôt. Il poussa un grognement de désir lorsque l'excitation de Draco se mit à progressivement durcir contre lui. Ils s'embrassèrent et se caressèrent longuement avant que Draco retourne Harry face au mur en céramique pour le préparer tout en douceur à le recevoir en lui.
Perdu dans un déluge de sensations exquises, ému par la patience de Draco, Harry ne pouvait que prendre appui contre le mur en gémissant le nom de celui qu'il aimait avec une ardeur qui le terrifiait lui-même. Les lèvres de Draco parcouraient sa nuque et son dos, son souffle erratique se déposait sur sa peau et y laissait son empreinte indélébile. Il savait doser la légèreté de ses baisers et de son souffle avec la force de sa main gauche qui caressait savamment chaque parcelle de son corps pendant que trois doigts de sa main droite étiraient sans heurts inutiles l'anneau de son partenaire, utilisant le gel douche comme lubrifiant avant de finalement faire venir le tube de vaseline de la chambre.
Il semblait à Harry que Draco était partout à la fois…Il était cette langue qui traçait une ligne de plaisir le long de sa colonne vertébrale, cette main s'enroulant autour de son membre érigé, ces cheveux qui caressaient sa peau, cette effluve de lait de palme qui mettait ses sens en éveil, cette eau chaude qui ruisselait sur lui.
Il entra en lui en prenant d'infinies précautions pour ne pas lui faire mal et, lorsque Harry serra les dents, il s'arrêta immédiatement pour lui laisser le temps de s'habituer.
« Ça va, Harry ? Demanda Draco d'une voix rauque. Tu veux que je me retire ?
- Non, j'en veux plus, » souffla Harry en fermant les yeux alors qu'il se cambrait pour sentir plus de Draco en lui.
Draco caressa son visage, il embrassa son cou et il poursuivit son entrée. Plus il s'aventurait dans le corps d'Harry, plus il oubliait cette monstrueuse journée. Il était en vie. Il ressentait la douleur des courbatures alliée au plaisir de progresser lentement en Harry, et cela le rendait plus vivant encore.
Lorsque Harry fut totalement prêt, il entama ce lent et long mouvement de va et vient qui rendait fou de plaisir le brun. Une fois qu'il fut certain que Harry était habitué à l'intrusion, il accéléra un peu tout en relevant Harry afin que son dos touche son torse et qu'il puisse poser ses lèvres sur celles de l'Auror en le serrant contre lui avec force.
Quant ses mouvements de reins se firent plus puissants, Harry pris à nouveau appui sur le mur et Draco posa ses mains sur celles de son partenaire. Leurs doigts s'emmêlèrent et Harry trouva ce geste tellement intime qu'il poussa un long gémissement de satisfaction.
Une fois encore, Draco attendit que Harry ait atteint son plaisir pour enfin se libérer en lui dans un souffle avant de sentir ses jambes céder et de tomber à genoux sur le carrelage accompagné de Harry qu'il tenait fermement serré contre son torse.
Ils restèrent longtemps dans cette position pour retrouver leurs esprits. Draco, le visage enfoui dans les cheveux de Harry, ne cessait de l'embrasser et le brun eut presque la sensation d'être aimé…Presque.
Ils commandèrent ensuite des pizzas qu'ils mangèrent devant la télévision, Draco assis sur le canapé, entre les jambes de Harry, commentait avec son cynisme habituel un épisode des Experts.
« Arrête, c'est une de mes émissions préférées, grommela Harry en lui insérant un énorme morceau de pizza dans la bouche. Je ne sais pas comment tu peux trouver les Experts ridicules alors que tu regardes Survivor !
- Chacun ses goûts Potter, railla Draco. Qu'est ce que tu dirais si tu apprenais que quand j'ai découvert la télévision, je suivais quotidiennement les Feux de l'Amour ?
- Les…Non !
- Quoi ? J'adorais Katherine Chancellor avec ses breloques et ses bling-blings.
- Ses bling-blings ? Demanda Harry en embrassant la nuque de Draco, sachant déjà qu'il allait aimer la réponse.
- Sa quincaillerie quoi. Tous ces bijoux qu'elle porte autour du cou, des poignets, sur les oreilles, ça doit faire 'bling bling' quand elle marche.
- Tu es un grand malade, remarqua Harry entre deux éclats de rire.
- Tout le mérite du bling bling revient à Jared. C'est lui qui abuse de cette expression et qui me l'a transmise.
- Tes amis te manquent depuis que tu es en froid avec Karim ? » Demanda soudain Harry.
Un soupir précédé d'un long silence au cours duquel Draco semblait réfléchir suivit la question de Harry. Quand Draco reprit la parole, sa voix était neutre et Harry fut incapable d'y déceler la moindre trace d'émotion.
« Non, on arrive à se voir souvent. Quant à Karim, il fait ce qu'il veut, je ne vais pas me mettre à genoux pour lui. Parle moi plutôt de ton périple au Nicaragua. As-tu réussi à arrêter ce mage tueur de moldus ?
- Pas encore mais ça ne saurait tarder. J'y retourne dès demain matin et cette fois, je l'attraperai. Il en va de ma réputation.
- J'ai vaguement entendu dire que tu étais le meilleur Auror…Tu l'auras. Il a tué beaucoup de moldus ?
- Oui. Beaucoup trop, répondit Harry d'une voix morne. Et il utilise pour cela des sortilèges de magie noire relativement méconnus sur l'identification desquels je perds trop de temps. Peut être pourrais-tu m'aider ?
- Parce que je viens d'une famille qui a un lourd passif en matière de magie noire, n'est ce pas ?
- Absolument pas, affirma Harry en sentant Draco se raidir dans ses bras. C'est parce que tu as étudié les effets de la magie noire en médicomagie et que tu es consultant pour le Ministère dans le domaine de la Santé Magique. Je peux tout aussi bien demander l'avis d'Hermione.
- Il faut que je puisse jeter un œil sur le dossier. Si tu vas le chercher, on s'y met tout de suite.
- Je ne pourrai te montrer que les photos et mes notes. Le reste est confidentiel.
- Pas pour un consultant du Ministère, » rectifia Draco en se levant.
Harry le prit par la taille pour ensuite déposer ses lèvres sur les siennes et ainsi goûter à sa saveur divine.
« Qui aurait cru qu'un bon samaritain se cachait dans la peau de Draco Malfoy ? Souffla Harry contre les lèvres de Draco.
- Tu devrais savoir depuis le temps qu'aider mon prochain n'a jamais été une de mes prérogatives.
- Mais alors pourquoi fais tu tout ça ? La potion sur laquelle tu trimes ? Chercher avec moi des réponses concernant ce mage noir ? Ton travail de médicomage ? »
Draco l'observa longuement tout en réfléchissant. Il aimait être utile, il compatissait, mais il ne se leurrait pas pour autant. Il lui arrivait parfois de regarder ses patients sans être réceptif à leur douleur ou leur inquiétude et d'uniquement se concentrer sur son propre besoin de contrôler leur guérison, de les réparer.
« Je fais tout ça pour le prestige, répondit-il avec un aplomb qui sidéra Harry pendant quelques secondes.
- J'admets que tu as failli m'avoir avec ton baratin. Cela dit, je ne vois pas en quoi tu as honte d'être gentil, » railla Harry en éclatant de rire lorsque Draco prit une mine écoeurée.
Il transplana sans attendre la réplique cinglante de Draco. Lorsqu'il revint avec son dossier à la main, Draco était installé à la table du salon, deux thés au citron fumant devant lui. Harry s'assit en face de lui en lui tendant le dossier dans lequel il se plongea sans épiloguer pendant que l'Auror buvait en silence, guettant la moindre de ses réactions. Draco ne cilla pas, même quand il passa de longues minutes à chercher des détails signifiants dans les photographies des corps mutilés. Après avoir parcouru les notes de l'Auror, sans oublier de faire remarquer que son écriture était illisible, Draco releva la tête pour plonger son regard gris dans celui d'Harry…Ce vert profond lui racontait mille histoires qu'il avait envie d'entendre et de fuir à la fois.
Ce regard vert était une oasis pour lui dont la gorge était sèche depuis son entrevue avec Zabini, c'était une île pour lui qui avait l'impression de se noyer dans un océan nommé « procès. »
« Draco, ça va ? Demanda Harry, mal à l'aise de constater que Draco le dévisageait d'un air totalement absent.
- Oui, répondit-il après s'être éclairci la gorge. Je réfléchissais. Je dirais que tu es face à un mage qui abuse des sortilèges écrans.
- Des sortilèges écrans ? Qu'est ce que c'est ? »
Draco toisa Harry avec stupeur, puis un rictus moqueur se dessina sur ses lèvres.
« Il semblerait que quelqu'un ait été absent le jour où ils ont parlé des sortilèges écrans à l'école des Aurors, remarqua-t-il avait une pointe de sarcasme désagréable dans la voix.
- Oui, et bien mets un frein sur les remarques ironiques si tu ne veux pas découvrir de l'intérieur ce qu'est une brutalité auroresque, répliqua Harry avec un sourire dément.
- Tu sais que tu ferais presque peur ? Demanda le blond en éclatant de rire. Pour information, un sortilège écran est un sort lancé pour en masquer un autre, plus complexe, souvent de la magie noire, pour induire les gens en erreur et les empêcher de trouver un contre sort.
- Oh, je vois, répliqua Harry en esquissant un sourire sardonique. On appelle simplement ça un Leurre aujourd'hui, et il existe des contre sorts très efficaces. Il semblerait que quelqu'un ait été absent le jour où ils ont parlé des Leurres et de leur remède à l'école des Médicomages.
- Un point pour toi, reconnut Draco sans pouvoir s'empêcher de rougir. Alors peut être s'agit-il d'un Leurre plus élaboré que ceux que nous connaissons...De toute façon, le sortilège ou la combinaison de sortilèges qu'il emploie pour tuer ses victimes importe peu, non ? On ne peut pas les faire revenir à la vie.
- Malheureusement non. Mais c'est en identifiant la magie dont il se sert que nous pourrons savoir qui il est et le trouver plus facilement. Je t'avouerai que j'en ai marre d'avoir toujours une longueur de retard sur lui.
- J'imagine que ça ne doit pas être facile à vivre. Savoir que tous ces innocents continueront de se faire massacrer pendant qu'on parle. Tu te sens coupable, n'est ce pas ?
- Tu me connais bien, admit Harry étrangement soulagé lorsque la main de Draco se posa sur la sienne pour le réconforter. Je retourne le problème dans tous les sens et je ne trouve pas d'issue autre que l'identification des sortilèges.
- Sait-on s'il était Mangemort ? »
Harry se figea, interdit, puis il esquissa une moue peu convaincue.
« Je ne vois pas le rapport avec la choucroute melba là.
- Disons que ça nous donnerait une précieuse indication sur le fait que ce malade puisse être un sang pur ou non, expliqua Draco en lâchant la main du brun pour jouer à faire tourner un stylo entre ses doigts.
- Vu qu'il s'en prend aux Moldus, je me suis dit qu'il y avait quand même de grandes chances pour que ce mec soit un sang pur…Ou un dingue.
- Ok, partons du postulat qu'il s'agisse effectivement d'un sorcier de sang pur. Il existe une magie noire « familiale » qui se transmet de parents à enfants dans le plus grand secret. »
Le visage d'Harry resta impassible mais ses yeux s'écarquillèrent de manière significative.
« Sirius ne m'a jamais parlé de ça.
- Sirius n'a jamais été le genre d'enfant à qui ses parents, en bons sympathisants des balivernes voldemortesques, auraient confié un tel héritage magique. Regulus a bénéficié de cette transmission de savoir à sa place…Et encore, je ne pourrais pas l'affirmer de manière catégorique.
- Toi, tu y as eu droit ? »
Draco hocha la tête et Harry lut sur ses traits fatigués un mélange de fierté et de dégoût. Il déglutit plusieurs fois avant de poser la question fatidique.
« Qu'est ce que tu… ?
- Ce que mes parents m'ont appris ? Du côté de mon père, j'ignore de quoi il s'agit. Il n'avait pas assez confiance en moi. Du côté de ma mère on sait retourner la magie des gens contre eux jusqu'à ce qu'elle les tue. Très pratique quand on ne respecte pas la vie. Ce n'est pas le genre de magie dont j'ai envie de me servir.
- Mais… » Commença Harry, stupéfait, alors des dizaines de questions se bousculaient. « Comment se fait-il que ton père ne m'ait pas achevé comme ça ?
- Cette magie noire là ne se transmet pas de femme à mari ou inversement mais uniquement de parent à enfant. Ma mère te haïssait, mais pas au point de te tuer. Et si tu veux savoir pourquoi je n'ai pas employé cet héritage familial pour me débarrasser de toi, c'est juste que j'ai appris ce sortilège après mon entrée dans l'Ordre du Phénix. Aveuglé par la haine comme je l'étais les premières années de notre scolarité, si j'avais connu ce sortilège, je m'en serais servi contre toi.
- ça fait plaisir, ironisa Harry.
- Je veux bien te croire, oui.
- Et pourquoi… » Il s'arrêta net, s'interrogeant sur l'intérêt de poser une telle question.
« Tu veux savoir pourquoi je n'ai pas utilisé ce pouvoir contre…Contre les trois autres ? » Harry hocha la tête sans dire un mot et Draco ne put s'empêcher d'appréhender l'idée que le brun rapporte tout à cette bataille finale qui avait viré au cauchemar pour eux deux. « Parce que c'est une magie qu'on ne peut pas pratiquer à distance. Il faut que la personne concernée soit dans mon champ de vision.
- Si tu as un problème avec moi, n'hésite pas à m'en parler plutôt que de me pousser à l'autodestruction.
- Je suis médicomage, Harry. J'ai fait le serment de protéger la vie, même celle du dernier des sous-hommes. As-tu une théorie concernant ton mage noir ? Questionna-t-il soudain pour changer de sujet.
- Admettons donc que notre mage noir utilise un Leurre comme tu le penses et qu'il soit un sang pur, ça voudrait dire que l'un des sortilèges employés est un héritage familial qu'on a peu de chances de percer.
- Affirmatif.
- Alors pour retrouver le bonhomme, il faudrait plutôt creuser du côté des victimes.
- Tu peux développer là ? Parce que je ne vois pas où tu veux en venir.
- Et bien, il existe une forte probabilité pour que ce taré ait commencé à sévir dans son pays d'origine avant de migrer en Amérique Latine.
- C'est probable. Pas obligatoire, mais probable, reconnut Draco.
- De toute façon je n'ai pas d'autre idée pour l'instant alors dès demain, j'explorerai cette piste en contactant les Grandes Instances Magiques de chaque continent. Ils répertorient tous les crimes commis, je trouverai peut être un indice exploitable.
- Je te souhaite bien du plaisir, parce que tu vas t'amuser pour recouper toutes les informations.
- Je ne serai pas seul, je débaucherai Pansy et Ron pour m'aider.
- Tu as raison, fais travailler Weasley un peu, ça le changera. »
Harry poussa un soupir exaspéré en fusillant Draco du regard, puis son visage devint soudain résigné.
« Tu ne t'entendras jamais avec lui, n'est ce pas ?
- Non, jamais.
- Pourtant je suis sûr qu'il t'aime bien, tenta Harry sans trop y croire.
- Arrête, il me supporte à cause de Luna et de toi mais s'il avait le choix, il m'enverrait geler sur Pluton.
- Je me demande si ça ne serait pas une bonne idée, finalement.
- Potter ! S'exclama Draco d'un air qu'il voulait outré mais qui trahissait surtout son amusement.
- En attendant, j'aimerais que tu évites d'agresser constamment Ron demain soir, reprit Harry très sérieusement. Tu te souviens qu'on est invités chez les Weasley ? »
Draco hocha la tête, jugeant inutile de préciser qu'il avait cru être convié seul chez Luna et Ron. La présence de Harry serait un plus non négligeable pour lui…Et peut être même qu'il aurait envie d'y aller, lui qui avait pensé à trouver un prétexte pour éviter cette soirée (l'éternel prétexte de la surcharge de travail, inattaquable, efficace.) Il étouffa un bâillement et Harry lui adressa un fin sourire.
« Fatigué ?
- Un peu, admit Draco. J'ai eu une dure journée.
- Permission de dormir ici ?
- Permission accordée. »
Draco se leva en prenant appuis sur la table. Ses muscles endoloris se rappelèrent à son bon souvenir et il esquissa une grimace de douleur. Il marcha pourtant d'un pas alerte et assuré, en tenant Harry par la taille, jusqu'à la chambre où tous deux s'allongèrent face à face. Draco posa sa main sur la joue de Harry et il embrassa tendrement ses lèvres. Il caressa ensuite ses cheveux jusqu'à ce qu'il s'abandonne au sommeil. Draco observa longuement son visage éclairé par le pâle reflet lunaire, et il le trouva d'une beauté alarmante, presque surnaturelle. Il déposa un baiser sur son front et il ferma les yeux, espérant glaner quelques heures de repos.
Aussitôt, sa rencontre avec Zabini lui revint à l'esprit et il la repassa entièrement sur l'écran de ses paupières closes, en corrigeant ce qu'il aurait dû dire ou faire pour en sortir grandi. Un soupir tremblant s'échappa de sa bouche entrouverte et, sans s'en rendre compte, il agrippa l'épaule de son compagnon comme s'il cherchait à se retenir de tomber.
Il revoyait l'image de ce Blaise, emprisonné à Azkaban, puant pourtant la bonne santé. Et il se revoyait lui, trop maigre, trop épuisé pour trouver une répartie cinglante, trop las pour refuser l'aide proposée par son agresseur.
Il soupira à nouveau en portant son pouce et son index à ses yeux, envahi par une impression de malaise dont il connaissait parfaitement la cause. En acceptant le témoignage de Zabini, il avait fait un pacte avec le diable. Il s'était corrompu, fourvoyé avec un de ses violeurs, pour en contrer deux autres. Il avait beau tenter de se raisonner, de se dire qu'il n'avait pas le choix, rien n'effaçait cette sensation de souillure et cette perte de contrôle qui le faisait paniquer.
Une main invisible empoigna ses poumons pour les vider de tout leur oxygène et il ouvrit brusquement les paupières. Il ne s'était même pas rendu compte qu'entre le moment où avait pensé à Zabini et celui où la terreur s'était emparée de lui, il s'était endormi environ une heure. Trempé de sueur, le cœur battant, il avança la main vers Harry afin de le réveiller, pour ne plus être seul et terrifié. Quelque chose l'arrêta cependant. Il savait qu'Harry allait avoir fort à faire avec ce mage noir qui sévissait à l'étranger et qu'il avait besoin de repos. Draco préféra alors le laisser dormir plutôt que de lui faire courir des risques inutiles à cause de la fatigue.
Il se leva sans bruit et il se mit à passer le balai dans la cuisine pour s'occuper l'esprit. Son téléphone portable trônait sur le plan de travail et le clignotement qu'il émettait disait à Draco qu'il avait un message. Le médicomage enchanta le balai afin qu'il continue à dépoussiérer l'appartement avant de saisir l'appareil pour composer le numéro de sa messagerie. La voix de Sirius résonna comme une douce musique à ses oreilles. Il avait oublié sa rancœur pour n'entendre que la voix amie qui venait briser sa solitude du moment.
« Draco, déclarait le Ministre, j'espère que tu vas bien après cette entrevue forcée avec Zabini. Je suis vraiment navré, si j'avais été au courant plus tôt, je t'aurais prévenu afin que tu puisses t'y préparer mais ça n'a pas été le cas. N'hésite pas à m'appeler, à n'importe quelle heure si tu veux parler, je ne bouge pas de chez moi. » Sirius marqua un temps de pause et lâcha un soupir qui ne présageait rien de bon pour le blond. « Et, Draco…J'ai vu Montel Mc Cormack aujourd'hui. Le procès aura lieu du six au dix janvier. Rappelle moi. »
Deux mois, songea-t-il alors que la panique s'emparait de lui sous forme de battements cardiaques effrénés…Il ne lui restait plus que deux mois avant d'aller déballer dans le détail la pire journée de sa vie…
A suivre…
Merci aux courageux qui ont tenu jusqu'à la fin de ce chapitre. J'espère qu'il n'a pas été trop long.
Portez vous bien. Bisous.
(message à Artoung dite Trancheuse : mon nom c'est Starkiller, pas Starkilleur, huhu. Bon courage avec les miaulements désespérés de ton chat en rut )
