Ca y est, cette fois c'est vraiment la fin...

Cet épilogue n'est peut-être pas ce a quoi tout le monde s'attendait, mais c'est une scène que j'avais vraiment envie d'écrire. J'espère qu'elle cloturera cette histoire de manière satisfaisante pour vous tous qui m'avez suivie et avez eu la gentillesse de me laisser des commentaires.

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La vieille dame au cœur de pierre

EPILOGUE

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Austrich, Kansas, 1987

Sammy pleure à chaudes larmes dans les bras de son père. Il ne voulait pas venir, et il le fait savoir. Même Monsieur Lapin ne suffit pas à calmer la bête. John passe et repasse une main contre son dos, dans ce geste familier qui suffit souvent a l'endormir, pourtant aujourd'hui Sam a décidé de tester ses capacités lacrymales jusqu'à déshydratation.

Il faut dire que l'endroit n'est pas franchement accueillant. Il fait chaud. Il fait tout le temps chaud ici de toute façon. Et puis il y a des tombes partout.

Dean tient la main qui n'est pas occupée a soutenir son petit frère et avance d'un pas décidé vers [insérer ici l'endroit où son père a décidé de les emmener aujourd'hui]. S'il ne pose pas de questions, c'est surtout parce qu'il se moque éperdument de l'endroit où ils vont. Tant que son père et son frère sont là, tout va bien. Peut être qu'il a quand même un peu peur de toutes les tombes partout autour, mais quand il serre un peu plus fort la grande main de papa dans la sienne, tout va mieux.

Papa ne parle toujours pas beaucoup, mais au moins maintenant, il n'a plus l'air aussi triste que dans la voiture. Quelque chose a changé. Auprès de lui, Dean se sent à nouveau en sécurité. Le soldat est revenu.

John murmure dans les cheveux de Sammy. Dean n'entend pas ce qu'il dit, mais ça semble fonctionner car le petit frère finit par se calmer. Ses petites mains s'enfouissent dans le tissu sombre du t-shirt et il appui sa tête, résigné et silencieux, contre l'épaule de son père. Quand le grand frère lève les yeux pour s'assurer que tout va bien là haut, il est accueilli par un sourire, honnête et franc. Ca fait très longtemps que papa n'a pas sourit comme ça, alors le garçon l'imite et ils sont deux a sourire bêtement au milieu d'un cimetière.

Au bout d'un moment, ils s'arrêtent devant l'une des tombes à la croix penchée. John s'agenouille et dépose Sammy, qui frotte ses yeux rougis par la crise de larme. Le père reste a genoux comme ça, a hauteur des garçons. Il les rapproche de lui, un dans chaque bras.

Dean lit parfaitement les mots sur la pierre, il reconnaît ce nom de famille. Il sait que c'est aussi le sien. En revanche, il ne connaît personne qui s'appelle Eric. Mais de toute façon, il ne va pas demander.

« Je veux que tu vois ça. » Dit papa.

Alors Dean regarde. Il observe la croix de pierre avec son nom de famille écrit dessus. Il ne sait pas exactement ce que son père veut qu'il voit, mais il regarde avec attention. Sammy quand a lui, est occupé à mordiller une oreille de son lapin.

« Regarde bien, connard. »

Et Dean est presque sûr que ce n'est pas à lui que son père s'adresse. Même s'il n'y a personne d'autre. John resserre son étreinte autour des garçons et les écrase contre lui, comme s'ils ne faisaient qu'un bloc. Son regard est figé dans les lettres de pierre.

« Regarde ce que tu ne m'as pas prit. Ce que tu ne me prendras jamais. »

Sammy mâchouille sa peluche sans rien dire et regarde à droite à gauche. Dean quand a lui, est fasciné, et un peu effrayé aussi, par la détermination sur le visage de son père et par la force de son bras autour de lui.

« On a gagné. Dean et moi. On a gagné. » Murmure John.

Dean fronce les sourcils et dévisage son père. Il a gagné quelque chose ? En faisant quoi ? John le regarde, lui sourit, passe une main dans ses cheveux et ramène sa tête vers lui. Dean se laisse faire, comme toujours, et son père dépose un baiser contre son front. Il reste longtemps comme ça avant de lui murmurer quelque chose à l'oreille.

Cette chose là, Dean ne l'oubliera jamais, parce que c'est la seule fois de toute sa vie (sa vie d'après l'incendie) où il l'entendra. C'est tellement fugace et fragile qu'il ne le répétera pas. Même l'écrire ici serait l'abîmer.

« Tu ne m'as pas détruit. » Dit soudain John a la croix de pierre. « Tu n'es plus rien. Juste de la cendre. Regarde les bien, connard, regarde les bien. »

Ils restent un moment silencieux, tous les trois les un contre les autres dans le cimetière, sous la chaleur épaisse d'un été du Kansas. Finalement n'y tenant plus, c'est Sammy qui brise l'étrange et solennel silence.

« On peut aller manger une glace maintenant ? » Demande-t-il doucement.

Dean est aussitôt sur ses gardes. Papa n'aime pas qu'on le dérange quand il réfléchit ou quand il est en train de se concentrer, de lire un livre, ou de manipuler une arme. Le silence d'aujourd'hui est étrange, le grand frère ne sait pas exactement dans quelle catégorie il faut le ranger, mais la règle d'or avec John, c'est que le silence, ça se respecte.

Contre toute attente, la requête de Sammy est accueille avec le sourire. Un grand sourire lumineux. John prend même le temps de lui ébouriffer les cheveux avant de le faire voltiger dans les airs et de le rattraper n'importe comment.

« Quel parfum tu voudrais ? » Demande-t-il aux petites jambes du garçon qui s'agitent dans les airs alors qu'il balance, la tête en bas, en gloussant de rire.

« Malabar ! »

« Oh vraiment ? » John continue de secouer son petit dernier comme un sac a patates et Sammy se tortille sous le rire et les chatouilles. « et toi bonhomme ? »

Dean réalise que c'est à lui qu'on parle. Il réalise par la même occasion qu'il est en train de sourire bêtement. Le temps que la question arrive à son cerveau est sans doute un peu trop long. John tend une main vers lui qu'il s'empresse de saisir.

« Tu veux que je commande pour toi? Hum voyons... de la fraise? »

Dean rigole. Bien sur que non. Tssss. Papa sait bien qu'il déteste la fraise. Ce n'est pas compliqué, dès qu'il y a de la crème et une tonne de sucre, Dean adore sauf, si c'est de la fraise. Enfin ça dépend si c'est dans un banana split, là c'est différent, bien sur. Il lève les yeux au ciel devant le jeu stupide de son père qui sait pertinemment ce que son aîné choisira.

« Chocolat! » s'écrit il.

« Ah, évidemment. Malabar et chocolat, on devrait pouvoir trouver ça. »

Et la famille Winchester quitte Austrich, son cimetière et sa sorcière sans se retourner. John sait que devant lui, il y a des litres de glace chocolat-malabar pour lesquels il vaut la peine de se battre. Derrière lui, il ne laisse que des cendres et une vieille dame au cœur de pierre qui l'attend toujours.

***

FIN

Merci encore a tous et peut-être à bientôt, qui sait...