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Chapitre 3
Cela faisait maintenant presque un mois que la course aux élections était engagée.Toute l'équipe travaillait d'arrache-pied et Chloé restait souvent tard le soir pour travailler avec Lex. N'ayant pas de vie social, cela ne la dérangeait guère.
-Ça suffit, j'en ai marre.
Chloé redressa la tête, surprise.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-J'en ai ma claque de tout ça, j'ai vraiment besoin de faire une pause, sinon je vais péter un câble.
-Qui êtes-vous et qu'avec vous fait de Lex Luthor.
Il se tourna vers elle, elle le regardait d'un air amusé.
-Pardon ?
-C'est quoi ce vocabulaire, Lex ? Franchement ! Où est passé l'homme sophistiqué et toujours sous contrôle que tu es d'habitude ?
Lex sourit à son tour.
-Il est fatigué.
-Impossible, il t'arrive d'être fatigué ? Mon dieu c'est un mythe qui s'effondre ! J'espère que la presse n'aura jamais vent de cette histoire, sinon tu es fichu mon p'tit père !
-Tu ne serais pas un peu en train de te moquer de moi, par hasard ?
-Moi ? Non, j'oserais pas, tu risquerais de me virer. Après tout c'est vous le boss, patron.
-C'est exact et je dis que ça peut attendre Lundi.
-Tu es sûr ?
-Chloé regarde-nous ! On est vendredi soir, il 21h30 et nous sommes toujours en train de travailler, alors qu'il ne reste dans l'immeuble que les équipes d'entretien. Donc ça suffit. Si tu es d'accord, nous allons aller manger un morceau dans un coin tranquille, on va se changer les idées en parlant d'autres chose et puis nous irons dormir. J'aimerais éviter d'avoir à chercher un autre attaché de presse, alors on va éviter le surmenage, tu veux bien ? Et puis entre nous, j'aurai du mal à trouver meilleur que toi, donc je tiens tout particulièrement à te conserver en pleine forme.
-Tu... tu m'invites à dîner ?
-En tout bien tout honneur. Ça pose un problème ?
-Non, non. C'est juste que ça fait des années que je ne suis pas allée au restaurant, alors ça me fait un peu bizarre. Par contre je te préviens tout de suite, pour ce qui est de dormir, ce sera chacun de son côté.
Subitement inquiet, Lex scanna le visage de Chloé, pour n'y découvrir qu'un sourire chaleureux, prouvant qu'elle plaisantait et qu'elle ne l'avait pas mal compris et qui le rassura immédiatement.
-Chloé ! Ça ne m'a même pas effleuré l'esprit.
-Ben voyons !
Lex posa un main sur son cœur avec une expression amusée.
-Juré !
-Bon ça va pour cette fois, je veux bien te croire.
-Madame est trop bonne.
Chloé éclata de rire avant de partir dans un véritable fou rire. Lex fut stupéfait de constater à quel point elle ressemblait à la Chloé d'antan en cet instant. Puis soudain, après quelques secondes, Chloé réalisa ce qu'elle était en train de faire et elle se figea sous la surprise.
-Chloé, ça va ?
-Oui, c'est juste que... ça faisait une éternité que je n'avais pas rit de la sorte. C'était comme si j'avais oublié comment faire. Seigneur, j'avais oublié à quel point ça faisait du bien.
Et le simple fait d'apprendre ça empli Lex d'une sorte de fierté. C'était vraiment un sentiment étrange.
Durant tout le dîner Chloé fut surprise de constater à quel point elle était à l'aise avec Lex. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu de véritable conversation avec quelqu'un, sur tout et rien, sans que plane en permanence la peur d'un sujet tabou. Elle se surpris même à plusieurs reprises au cour du repas à pratiquer ce que Lex avait autrefois appelé du judo verbal. Lex quant à lui appréciait réellement ces instants passés avec la jeune femme, il était forcé de constater, que malgré tout, son esprit aiguisé n'avait rien perdu de sa finesse. Il avait aussi remarqué qu'elle semblait désormais beaucoup plus à l'aise en sa présence, presque en confiance et il en était heureux, pour elle, mais aussi pour lui. Il était plutôt rare que les gens lui fassent confiance et que quelqu'un comme Chloé, avec tout ce qu'elle avait vécue, puisse avoir plus confiance en lui qu'en Clark Kent, le rendait fier, il fallait l'avouer.
Ils en étaient venus à parler du parcours de Chloé ces dernières années.
-Donc en fait, tu as quasiment fait le tour des USA.
-En gros oui. Il s'est produit plusieurs incidents du même type que celui qui s'est passé entre nous et dans ces cas là, je me retrouvais rapidement grillé dans toute la profession au sein de la ville. J'étais donc obligée de déménager dans un endroit, où l'on ne me connaissait pas. Et puis à force, j'ai fini par être connue de toute la profession, il m'était devenu quasiment impossible de trouver du travail. C'est pourquoi, quand tu as proposé ce poste, je suis venue te voir, j'espérais un peu pouvoir faire jouer la carte du piston et obtenir un coup de pouce d'un vieil ami.
-J'imagine que cette situation a du te coûter.
-Ça on peut le dire, mais finalement c'est plutôt une bonne chose, je suis contente de travailler pour toi.
-Et puis au moins tu as vu du pays.
-Oui, ça c'est sûr. Et toi qu'est-ce que tu as fais toutes ces années ?
-Je me suis surtout consacré à mon travail, ainsi qu'à mes ambition politiques. Comme tu as pu le constater, la LuthorCorp, ainsi que la LexCorp se sont plutôt bien développée. Mais nous avons décider de ne pas parler travail, ce soir.
-Le sujet est donc clos. Tu as encore des contacts avec Smallville ?
-De très vagues. Je vois Lana une ou deux fois par an, mais depuis que nous nous sommes séparés, nos relations sont devenues assez distantes.
-J'oubliais que tu étais sortie avec Lana.
-Oui, mais ça n'a pas été tout à fait ce que j'attendais.
-Comment ça ?
-Aussi étrange que cela puisse paraître maintenant, à l'époque Lana représentait pour moi une sorte d'idéal, elle était pure, innocente, du moins le croyais-je. Je sais maintenant que tout ce que je cherchais en fait c'était à prendre la place de Clark et je pensais qu'en la prenant au côté de Lana, je parviendrais à prendre aussi sa vie. Comme je me trompais. Toujours est-il qu'elle est la seule personne avec qui j'ai gardé un vague contact, vu que Clark et moi sommes définitivement brouillés et que je n'ai pas su entretenir le lien que j'avais autrefois avec toi.
Chloé ne savait pas trop ce que Lex voulait dire par là, c'est vrai qu'il s'était progressivement éloigné l'un de l'autre, mais il n'avait jamais été très proche et puis elle était aussi responsable que lui.
Une fois le dîner terminer, Lex raccompagna Chloé jusqu'à son appartement.
-Merci pour le dîner, Lex, ça faisait une éternité que je n'étais pas sortie.
-Tout le plaisir était pour moi. Ça faisait longtemps que je n'avais pas passé une soirée aussi agréable.
-On se voit lundi ?
-Oui. Passe un bon week-end.
-Toi aussi et tâche de te reposer un peu.
-Promis.
-Ça te perturbe tant que ça ?
-Écoute, c'est la première fois que ça m'arrive depuis l'agression et pas avec n'importe qui, c'est Lex Luthor quand même ! D'ordinaire il est plutôt du genre distant, pas qu'il soit désagréable, non, il est juste inaccessible, tu vois ?
-Mais pas avec toi ?
-Non, enfin au début si et puis il y a eu cet incident, qui m'a contraint à tout lui raconter et là les choses ont commencé à changer.
-Comment ça ?
-Ben, je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite par ce qu'il agit tout comme si de rien était, mais il fait très attention à ce que je ne me sente pas mal à l'aise, à ne pas me mettre dans des situations qui pourrait me perturber.
-Et ça marche.
-Oui. Je me sens plus en sécurité avec lui qu'avec n'importe qui d'autre, à part mon père et Loïs.
-Plus en sécurité qu'avec Pete ?
-C'est terrible à dire mais oui.
-Et ça te perturbe.
Bien sûr que ça me perturbe. C'est de Lex Luthor qu'on est en train de parler, nom de nom. Et il ne s'est pas toujours montré tendre avec moi, loin de là, alors que Pete a toujours été un amour.
Chloé était nerveuse, elle faisait les cent pas dans le bureau. Le Dr Lilian Keim la regardait d'un air amusé. Elle suivait Chloé depuis plusieurs années déjà, elle était venue la trouver quelques mois après son agression, elle avait besoin de parler, besoin de se guérir du traumatisme, mais elle ne l'avait jamais vu comme ça. Mais peut être était-ce un bonne chose.
-Bien, donc tu te sens en sécurité avec Lex. Ce qui prouve que tu peux à nouveau espérer pouvoir accorder ta confiance à quelqu'un, c'est plutôt une bonne chose, non ? C'est peut-être le premier pas vers une vie normale ?
-Oui, si c'était seulement une histoire de confiance.
-Donc il y a autre chose.
-Oui, hier, il m'a donc emmené dîner. Jusque là nos rapports étaient resté strictement professionnels, agréables rassurants, certes, mais professionnels. Et hier, ça à un peu dérapé.
-Raconte-moi.
-On travaillait tard, comme souvent, quand soudain il a décrété que ça suffisait, comme ça subitement, sans prévenir.
-Il en avait peut-être assez ?
-C'est ça le problème, il n'est pas sensé en avoir assez. Lex Luthor c'est le travail incarné, des fois je me demande même s'il sait faire autre chose !
-T'exagère pas un peu, il lui arrive de faire autre chose quand même, en général c'est dans tous les journaux.
-Autant pour moi, il s'envoie en l'air de temps en temps avec une pétasse brune, mais même lorsqu'il sort, c'est pour travailler.
-Bref, vous avez donc cessé de travailler et êtes allés dîner.
-Oui.
-Et alors ?
-Ça c'est bien passé, voilà !
-Alors pourquoi tu te mets dans des états pareils ?
-Parce que pour la première fois en six je me suis sentie, presque comme avant.
-Mais c'est une très bonne chose.
-Seulement y a pire, j'ai eu envie de lui.
-Je te demande pardon ?
-Ça a été très fugace, à peine quelques secondes, mais j'ai eu envie de lui.
-Tu parles d'un point de vue sexuel ?
-Oui ! Non ! En quelque sorte ! Pendant un court instant je me suis dis que peut-être, éventuellement, il pourrait y avoir plus entre nous.
-Tu es en train de me dire que tu tombes amoureuse de Lex Luthor ?
-Non ! Oui ! Peut-être ! Rha j'en sais rien c'est confus !
Chloé était toujours en train d'arpenter le bureau en long, en large et en travers, tout en faisant de grands gestes nerveux. Et le Dr Keim jubilait littéralement intérieurement. Depuis qu'elle connaissait Chloé, elle ne l'avait jamais vu dans un tel état de nervosité et en même temps d'excitation. Et c'était une très bonne chose, si tout ça la perturbait autant, c'était sans doute que les choses étaient en train de changer.
-En tout cas développer des sentiments pour Lex, c'est la dernière chose à faire.
-Et pourquoi ?
-Parce que ça ne sera jamais réciproque.
-Excuse-moi d'insister, certes je ne le connais pas, mais, tel que tu me le décris, ainsi que ses faits, je dirais que la possibilité d'une réciprocité et plus que probable.
Chloé s'apprêtait à répondre lorsque son portable sonna.
-Désolé, j'ai oublié de l'éteindre. C'est Lex. Est-ce que je peux...
-Oui, vas-y !
Cette discussion pourrait être instructive.
-Sullivan.
-Bonjour Chloé, c'est Lex.
-Bonjour Lex. Que ce passe-t-il.
-J'aimerai savoir si tu pouvais passer au bureau. Il y a un petit souci avec le dossier sur le projet Kappa.
-Heu, c'est vraiment urgent ?
-Pourquoi, il y a un problème ?
-En fait, oui. Je suis à New York.
-Oh ! Si c'est pas trop indiscret, que fais-tu à New York ?
-Je... je suis venue voir mon médecin.
-À New York ? Mais tu es malade ?
-Non, c'est un psychiatre, c'est elle qui me suis depuis l'agression.
-Oh d'accord. Désolé de t'avoir importunée. Je vais me débrouiller, je te vois lundi.
-Je peux essayer de rentrer plutôt et de passer dimanche en fin d'après midi, si tu veux.
-Non, non, ça va aller, je vais me débrouiller, ne te fais pas de souci. Au pire ça attendra lundi. Passe un bon week-end.
-Toi aussi.
Elle raccrocha.
-Alors ?
-Rien, un léger problème au boulot.
-Bien, revenons-en à ton patron. Tu sembles effectivement lui accorder une grande confiance, pour lui dire quasiment sans hésiter, où tu te trouves. Tu aurais tout aussi bien pu lui mentir.
-Pourquoi faire ?
-N'essaye pas de minimiser les choses. Dis-moi Chloé, combien de personnes savent que tu es suivit par un psychiatre pour des troubles liés à une agression sexuelle ?
-Pas beaucoup, c'est vrai.
-Et est-ce qu'un patron est une personne à qui l'on confie ce genre de chose habituellement ?
-Non, pas vraiment.
-Et comment il l'a prit ?
-Ben heu, je sais pas bien. Il était un peu surpris, mais il était surtout embêté de m'avoir dérangé, enfin je crois.
-Et comment tu qualifierais cette réaction ?
-Mais j'en sais rien moi ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise, hein ? Qu'il est compréhensif et attentionné, qu'il se comporte plus comme un ami que comme un patron et que j'apprécie ça ? Et ben voilà je l'ai dis, t'es contente ?
-Assez oui.
La séance dura encore une bonne partie de l'après-midi, Chloé ne venant pas souvent à New York, elle profitais de ses venues pour faire de longues séances. Le Dr Keim poussa Chloé dans ses retranchements, l'obligeant à admettre certaines choses au sujet de Lex, qu'elle refusait de voir. Car elle sentait bien qu'au delà de la confusion engendrée, cette situation entre Chloé et Lex, pourrait aider Chloé à débloquer certaines choses et peut-être à retrouver une vie normale. Car ce n'était pas faute de lutter ou de chercher à s'en sortir, mais Chloé restait enfermée dans cette phobie, qui l'empêcher de vivre, sans réussir à trouver une solution. Car à chaque fois qu'elle réussissait à s'établir quelque part, à trouver ses marques et à se sentir en confiance, il se produisait un incident, qui l'obligeait à repartir de zéro. Sauf que cette fois, même si un incident avait bien eu lieu, cet homme, aussi incroyable que cela pouvait sembler, paraissait pouvoir l'aider et visiblement en avait la volonté. Il était hors de question que Chloé passe à côté de cette opportunité et le Dr Keim était bien décidée à veiller que cela ne se produise pas.
Le lundi, lorsque Chloé arriva au travail, elle se sentait un peu mal à l'aise à l'idée de voir Lex. La discussion qu'elle avait eu avec le Dr Keim l'ayant un peu perturbée.
-Bonjour.
Chloé sursauta, elle ne l'avait pas entendu entrer.
-Désolé, je t'ai fait peur ?
-Oui, je ne t'avais pas entendu entrer. Ça va ?
-Oui et toi ?
-Oui, oui. Au fait, tu as réussi à régler ton problème avec le projet Kappa ?
-Oui, oui, ne t'en fais pas. ton week-end s'est bien déroulé ?
-Oui, très bien et le tien ?
-Le travail, encore le travail, toujours le travail.
Lex s'apprêtait à sortir lorsqu'il se retourna brusquement.
-Chloé ?
-Oui ?
-Si un jour tu as besoin, pour une urgence ou quoi que se soit d'autre, d'aller à New York ou ailleurs, sache que mon jet est à ta disposition.
Il sortit sans même laisser à Chloé le temps de réagir. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi, il faisait tout ça pour elle. Elle était sûre d'une chose, c'est que ce n'était pas juste parce qu'elle était une bonne attaché de presse, il y avait autre chose, mais elle ignorait quoi. Est-ce de la pitié ou de la culpabilité, même si elle ne voyait pas bien pourquoi ? Ou bien de l'amitié ? Ou plus ? Cette situation était confuse et Chloé n'était pas très sûre de vouloir avoir le fin mot de l'histoire.
