Le lendemain matin, John se leva de bonne heure pour passer voir Rodney à son labo. Il n'avait pas bien dormi cette nuit se retournant encore et encore dans son lit. Ses rêves avaient été affreux. Des cauchemars oui !
Il se souvenait qu'il marchait dans la cité déserte, il ne trouvait personne. Le bureau d'Elizabeth était vide, ainsi que la salle d'entraînement, l'infirmerie et le labo de Rodney. Il n'y avait plus personne ! Il commençait à paniquer pensant que les Wraiths avaient attaquer ou bien les Genii. Il partit en courrant vers le réfectoire et en poussant les portes, ce qu'il vit l'horrifia.
Elizabeth, Teyla et Aiden étaient ligotés dans un coin de la salle. Et dans l'autre coin, Carson Beckett se trouvait attaché et bâillonné, entre deux tranches de pain géantes, recouvert de moutarde et avec de la salade jusque dans le nez et les oreilles. Son ami ressemblait à un hot dog géant ! Et là juste à côté, Rodney McKay se léchait les babines en pestant qu'il n'y avait plus de nourriture, qu'il avait faim et qu'il avait envie de les goûter ! En voyant John arriver, il ne put s'empêcher de saisir son couteau et sa fourchette, et de lui courir après en criant « Manger ! » et en laissant une traînée impressionnante de bave sur le sol.
John en frissonnait encore. C'est pour ça qu'il devait absolument voir Rodney. Il fallait qu'il sache si son ami allait bien. Il pensait tellement à ce qui s'était passé au réfectoire la veille, qu'il n'en dormait plus. Il devait le voir, au moins pour sa tranquillité d'esprit. Et en passant, peut être voir Carson, juste pour savoir si ça allait !
ooOoo
Lorsque John arriva à proximité du laboratoire, il entendit les cris de deux personnes qui se disputaient. En entrant, il aperçut Rodney à côté d'un tableau rempli de calcul, qui hurlait contre l'homme en face de lui. John reconnu aussitôt le fameux scientifique avec qui il avait partagé son séjour à l'infirmerie quelques mois plus tôt. Celui-ci d'ailleurs ne se laissait pas impressionner par les hurlements de Mckay et donnait aussi de la voix pour faire entendre son opinion.
- « Vous avez tort Kavanagh ! L'énergie contenue est insuffisante pour faire fonctionner cet appareil. Si nous essayons maintenant, il se videra et nous n'aurons plus aucune chance de pouvoir le faire marcher par la suite. C'est beaucoup trop tôt !
- Et moi je vous dis que cette énergie suffit ! Mais bien sûr, on ne m'écoutera pas , puisque c'est vous le chef, c'est vous le petit génie d'Atlantis ! C'est bien beau de se prétendre plus intelligent que tout le monde, mais il faudrait déjà avoir les compétences nécessaires pour…
- Vous allez trop loin Kavanagh et vous risquez de le regretter amèrement !
- Oh et qu'est ce que le petit génie va faire ? Aller se plaindre à l'incompétente qui dirige cette expédition ? »
John ne put s'empêcher d'intervenir à la mention d'Elizabeth. Ce gars l'avait franchement exaspéré lorsqu'il s'était retrouvé coincé à l'infirmerie dans la même chambre que lui. Il avait été très désagréable avec John et ce dernier l'entendait pester continuellement contre la « Terre entière ». Bon c'est vrai que Rodney faisait de même dans 95 pourcent des cas, mais c'était différent. Mckay le faisait mécaniquement. Il n'y avait rien de méchant dans le fond. Alors que ce scientifique - euh… Kavanagh ? – avait de la méchanceté pure et dure dans ses paroles. On sentait du dégoût envers les gens, voir un brin de jalousie envers certains. John ne l'appréciait pas du tout !
- « Et bien je constate que le respect envers ses supérieurs est une notion qui vous est totalement inconnue Docteur ! »
Les deux scientifiques se retournèrent surpris de trouver John dans l'encadrement de la porte. Kavanagh repris très vite contenance et se mis face au militaire.
- « Je ne manque pas de respect au Dr. Weir. Je ne fais que constater un fait ! Cette femme est incompétente pour diriger une expédition d'une telle ampleur !
- Oh ! Et c'est à vous d'en juger ?
- Bien sûr ! Qui le fera autrement ? Personne n'a le cran de dénoncer son incompétence dans cette cité. Elle nous met tous en danger pour un oui ou pour un non. Elle n'est pas fichue de faire respecter sur Atlantis les normes en vigueurs sur Terre. Sous quel prétexte je vous le demande? Que nous somme dans une autre galaxie, avec des ennemis que nous n'avions pas sur Terre et que… »
John avait lâché depuis un moment le monologue que lui faisait Kavanagh et se concentrait sur ce qui se passait derrière le dos du scientifique. Au moment où ce dernier s'était retourné vers lui, John avait jeté un coup d'œil par dessus l'épaule de Kavanagh et vit Rodney se presser d'attraper un sachet dans le tiroir de son bureau, l'ouvrir et en verser son contenu dans la tasse qui se situait sur une table adjacente en remuant bien pour diluer la poudre.
Il se reconcentra sur son interlocuteur qui avait semble-t-il terminé son discours.
- « Ecoutez-moi bien docteur ! Le regard de John se fit noir et menaçant. Le Dr. Weir a été choisie pour diriger cette expédition par des personnes compétentes qui avaient une totale confiance en elle. Et je dois dire qu'ils n'auraient pas pu choisir mieux ! Si vous tentez quoi que ce soit à son encontre et essayez de lui mettre des bâtons dans les roues, c'est à moi personnellement que vous aurez à faire, et je peux vous dire que je ne vous raterais pas !
- C'est une menace major ?
- Bien sûr ! Pourquoi ça n'en avait pas l'air ? »
Sur ce, Kavanagh quitta le laboratoire de Mckay furieux en n'oubliant pas d'emporter sa tasse de café qu'il avait laissé sur la table derrière lui.
John regarda Mckay soupçonneux.
- « Qu'avez-vous mis dans le café de Kavanagh ?
- Rien du tout !
- Ne faites pas l'innocent Mckay, je vous ai vu y verser quelque chose !
- Laissez-moi juste deux minutes et je vous le dis ! »
Puis Rodney sortit précipitamment de son laboratoire pour revenir quelques minutes plus tard tout sourire.
- « Alors ?
- Je me suis vengé !
- Vengé ?
- oui vengé !
- Mais de quoi ?
- Et bien, il se croit plus intelligent que moi et il a manqué de respect à Elizabeth. Donc je me suis vengé !
- Et en quoi consiste cette vengeance ?
- Un laxatif !
- Un quoi ?
- Un laxatif !
- Merci, mais j'avais bien compris ! »
Mckay leva les yeux au ciel en signe d'exaspération
- « Alors pourquoi vous me faite répéter ?
- Mais ça va vraiment pas vous ! Depuis quand vous vous vengez dès qu'un de vos collègues se prétend plus intelligent que vous?
- Depuis que j'en ai envie. Et puis ça ne va pas lui faire de mal ! Juste une petite envie pressante à assouvir. Rien de plus ! »
Soudain, des bruits de pas précipités se firent entendre dans le couloir. Nos deux amis passèrent la tête par la porte et virent un Kavanagh extrêmement pressé courir dans le couloir et passer comme une flèche devant eux ! John était surpris de sa rapidité et se mit à penser que ce scientifique aurait bien pu battre le record du 100m vu sa vitesse de pointe ! Mckay, lui, arborait un sourire sadique qui s'élargit soudain lorsque Kavanagh atteignit enfin les toilettes.
C'est alors qu'un cri s'éleva. « Nooooooon ! » John en sursauta. Nul doute que ce cri avait du réveiller le reste des atlantes encore endormis. D'ailleurs, ce hurlement n'avait rien d'humain. On aurait dit le cri d'un animal. D'un animal désespéré alors ! Oui c'est ça ! Kavanagh avait poussé un cri de désespoir ! C'est alors que Mckay ne pu s'empêcher d'éclater de rire ! Et là, John compris que son ami n'était pas étranger au nouveau malheur du pauvre scientifique.
Au moment où il allait demander des explications à Rodney, Sheppard vit Kavanagh ressortir des toilettes en courant encore plus vite qu'à l'aller. En passant à leur hauteur, il put seulement articuler un « vous me le paierez Mckay » en arborant une grimace qui ne présageait rien de bon quant à la suite des évènements qui allaient survenir dans… son pantalon !
John ne put s'empêcher de rire en entendant au loin des « laissez passer, laissez passer ! » hurlés par le scientifique. Il se retourna alors vers Mckay qui se roulait presque par terre tellement il riait de sa farce. En apercevant le regard interrogateur du Major, Rodney essaya de reprendre contenance et de lui expliquer la situation.
- « Tout à l'heure, je me suis absenté pour aller condamner toutes les portes des toilettes. La seule possibilité pour Kavanagh, c'est d'atteindre ses quartiers ! Et autant vous dire que vu le chemin qu'il a à parcourir, c'est perdu d'avance ! Même le meilleur sprinter au monde n'y arriverait pas ! »
Et Mckay repartir dans un fou rire incontrôlable, en laissant Sheppard interloqué par cet acte qu'avait osé perpétrer son ami . Il devrait avoir une petite discussion avec Rodney lorsqu'il serait remis de ses émotions. Ca c'était certain ! Ce n'était pas du tout dans les habitudes du scientifique de faire ce genre de blague qui s'avérait être de très mauvais goût, même s'il devait bien avouer que ça l'avait fait rire ! Mais quand même ! Faire ingérer un laxatif à quelqu'un était une chose, mais bloquer les toilettes et obliger cette personne à parcourir des centaines et des centaines de mètres dans l'espoir d'atteindre ses quartiers à temps –chose impossible d'ailleurs- en était une autre ! Mckay avait vraiment changé depuis deux jours et ça l'inquiétait beaucoup !
Ce ne fût pas très long pour Mckay de se remettre de sa petite crise de rire. En effet, le scientifique étant un véritable estomac sur pattes, il se contrôla instantanément lorsque son ventre se manifesta bruyamment, lui signifiant que l'heure du petit déjeuner était enfin arrivé. Il pris donc le chemin du mess avec son ami pour prendre son premier repas de la journée.
TBC