Note de l'auteur : Voici le deuxième chapitre. Il est plus court que le précédent. Cette fois, ça ne finit pas exactement en cliffhanger, mais plutôt par une phrase péremptoire (c'est bon aussi ). Je suis bien contente de cette fic, elle avance bien; remarquez, ça fait longtemps que je suis dessus sans la publier. Je me demandais si elle trouverais son public, car elle est d'un genre un peu particulier; ce n'est pas un lemon parce qu'il n'y a pas tant de descriptions « sexuelles » que ça. C'est juste que le thème abordé est un peu…space. Ce n'est pas non plus de l'angst, car j'ai pris soin de ne pas noyer mes personnages dans le remord et la dépression (navrée, si vous cherchez un Fye suicidaire et un Kurogané désespéré, prenez la deuxième porte à droite, merci XD). Mes persos savent ce qu'ils font, même si ça peut être considéré comme mal; donc pas de regrets juste des inquiétudes et de l'ennui.

Le blondinet se sentit tout revigoré lorsqu'un souffle d'air frais lui caressa le visage, ébouriffant un peu ses cheveux. Il regarda son compagnon. Ce dernier ne prononçait plus un mot, mais semblait aussi plus à son aise. Il paraissait prendre plus de place dans l'obscurité déserte de la rue.

Ils étaient toujours devant le Devil's nest, et leurs silhouettes étaient éclairées par la faible lueur fluorescentes des néons qui indiquaient le nom de l'endroit.

Fye se dit qu'un quelconque observateur se demanderait ce qu'ils pouvaient bien faire là. Peut-être même s'imaginerait-il un scénario ? Dans ce scénario, Fye serait une pauvre victime entraînée de force par le brun ténébreux aux yeux de braise, sûrement un mafioso, à la vue de son costume immaculé blanc. L'homme allait sûrement le forcer à faire des choses pas très catholiques dans un coin sombre.

Bizarrement, ça ne le dérangeait pas. Pourquoi ça l'aurait dérangé ? Du moment qu'il payait, n'est-ce pas ?

Il avait mal là où l'autre type l'avait pénétré juste avant. Et celui d'avant. Pourquoi s'était-il encore laissé faire ? Et bientôt, un troisième allait lui passer sur le corps, et il n'allait rien faire. Et il aurait mal toute la semaine, il ne pourra même plus s'asseoir, et elle allait se douter de quelque chose. Il ne fallait pas…

- Écoutez, je…

Le brun se tourna brusquement vers lui, les sourcils froncés. Fye déglutit et essaya de continuer :

- Je…heu, enfin, je-ce n'est pas ce que vous croyez…

Pourquoi ces bégaiements ? Avait-il réellement besoin de se justifier ?

Non. Mais il le voulait; parce que ces yeux de flammes le transperçaient jusque dans son âme.

Le brun haussa les épaules.

- Je ne crois rien, vous faites comme vous voulez.

Et puis il se détourna et fit mine de retourner dans le night-club.

- Attendez !

L'homme se retourna, surpris. Fye aussi était surpris; l'interjection était bien sortie de sa gorge.

- Attendez, répéta-t-il plus doucement pour se convaincre que c'était bien lui. Quel est votre nom ?

Le brun le regarda attentivement; puis il murmura d'une voix rauque.

Kurogané.

Le blond leva les yeux, effaré. Ils se fixèrent un instant, de la tension dans l'air. Puis le blondinet éclata de rire.

Kurogané eut l'air vexé, mais ça n'empêcha pas le jeune homme de continuer à rire.

- Kurogané ? C'est un nom ça ?! Haha !

- Et toi c'est quoi ton nom d'abord ?, grommela le brun d'un ton renfrogné.

Fye essuya une larme au coin de son œil.

Ha…moi c'est Fye.

Ils se regardèrent ensuite, un peu gênés, car ils ne savaient pas quelle attitude adopter.

Finalement, ce fût Kurogané qui rompît le silence :

- Est-ce que…vous allez quelque part ?

Sans s'en être rendu compte, il l'avait tutoyé tout à l'heure, mais il avait repris le vouvoiement lorsque la situation était redevenue sérieuse.

- Oui, je rentre chez moi, répondit le blondinet en souriant.

- Et heu…c'est loin chez vous ?, interrogea le brun, tout en se maudissant de bafouiller comme ça.

Le regard de Fye se fit un peu froid lorsqu'il répondit, toujours avec son sourire figé :

- C'est assez loin, en effet.

Il y eut un nouveau silence embarrassé. Kurogané était intimidé mais ne voulait pas que ça se voit, et Fye se demandait pourquoi il n'osait pas s'en aller; soudain, l'idée plus que farfelue lui vînt que peut-être, cet homme…ne souhaitait pas le sauter.

Il fit les yeux ronds en observant ce phénomène. Le brun se méprit sur son regard et rougit :

- Ah heu, navré de vous avoir dérangé…

Il allait encore faire demi-tour lorsque le blondinet parla :

- Vous…vous voulez bien me raccompagner ?

Ce fût à Kurogané de faire les yeux ronds. Cela fit rire Fye, un peu nerveusement. L'homme aux yeux rouges le remarqua et reprit une expression neutre.

- Je vais chercher l'autre gamin et je reviens.

Et il s'engouffra dans le bar.

Quand il eut disparu, Fye poussa un soupir de soulagement et s'assied précautionneusement sur le capot d'une voiture. Il était heureux, il ne savait pas trop pourquoi. Juste heureux de ne pas rentrer seul.

La voiture klaxonna. Le blond sursauta et quitta le capot; il se retourna.

Il vit au volant l'homme de tout à l'heure qui lui faisait signe.

Son visage se transforma; il devînt blanc comme un linge, ses yeux s'agrandirent et instinctivement il croisa les bras autour de sa poitrine comme pour se donner chaud. Il approcha à pas lent de la vitre du conducteur et l'observa avec méfiance.

- Tu me donnes ton numéro de téléphone ? J'aimerais bien qu'on se revoie, même si je dois payer. Et cette fois on ne sera pas interrompu…

- En parlant de payer…, réussit à chuchoter le blondinet.

Le client fit la grimace.

- On n'a même pas eu le temps de finir !

Fye lui jeta un regard vide.

- Dites, vous ne pensez tout de même pas que j'ai fait ça pour l'amour de l'art.

- Okay okay, grommela l'autre en sortant un billet de sa poche. Mais j'te file que la moitié, parce que t'as fait que la moitié du boulot.

Le blond lui arracha presque l'argent des mains, ce qui fit sourire le type.

- Alors, je pourrais te revoir quand, pour qu'on termine notre petite affaire ?

Fye haussa les épaules.

- Bah, je viens quasiment tous les soirs ici…

Satisfait, le client démarra sa voiture et bientôt il disparu au coin de la rue.

Fye le regarda partir, et froissa le billet dans son poing serré; il se promit silencieusement de ne plus remettre les pieds au Devil's nest.