Note de l'auteur : Aaaaaargh ! Je viens de me rendre compte que mon Fye est…émo ! Bouhou, honte à moi, je le mérite ! J'avais prévu de faire un Fye un peu glacial, détaché, désenchanté…je ne suis pas sûre d'avoir réussi. Dites-moi ce que vous en pensez hein ?

Je voulais aussi vous dire que, même si c'est un Kurofay, Shaolan et Sakura ne sont pas non plus des pots de fleur, ou des tapisseries. Ce sont des personnages intéressants et je compte bien leur apporter une certaine profondeur (surtout Shaolan en fait, parce que Sakura, j'ai vraiment trop de mal…sûrement un séquelle d'une de mes fics où je ne cesse de la maltraiter…- -')

J'espère que ce troisième chapitre (qui s'est un peu fait attendre) vous plaira assez pour que je puisse hériter d'une review (plus elles sont longues, plus elles me plaisent ) …

--------------------------------------------------------------------------------------------------------

Kurogané avait rapidement repéré Shaolan. Ce dernier dansait sur l'estrade avec deux jeunes filles de son âge aux vêtements très courts. Il était complètement saoul et faisait tournoyer sa veste au dessus de sa tête en chantant « I feel good ».

Consterné, l'homme aux cheveux bruns monta néanmoins sur l'estrade, prit le garçon à bras le corps et l'embarqua, sous les protestations outrées des filles et des ados qui filmaient la scène avec leurs portables.

Lorsqu'ils furent dehors, Kurogané s'aperçut bien vite que Shaolan s'était endormi dans ses bras. Il se jura intérieurement de l'empêcher de boire à nouveau, car c'était vraiment trop humiliant.

Puis il leva les yeux et vit Fye qui discutait avec quelqu'un au volant d'une voiture. L'homme aux yeux rouges identifia tout de suite le conducteur comme étant l'amant du blondinet; il resta à distance, se demandant si l'autre était fâché, et s'il n'allait pas faire une scène. Bah, ce n'était pas ses affaires après tout.

Mais une petite part de lui avait envie de s'en mêler, comme lorsqu'il les avait vu tout les deux en pleine action. Cette vision l'insupportait; il avait voulu la détruire. Et là encore, il voulait de toutes ses forces que le gars s'en aille dans sa caisse pourrie. Et même qu'il ait un accident, ce serait parfait. Qu'il finisse dans un fauteuil roulant, oh oui. (sadique va)

Le brun secoua la tête pour essayer de chasser ses pensées néfastes; il ne le connaissait pas, ce type, pourquoi lui voulait-il tant de mal ? C'était illogique.

Soudain, il se figea. Il venait de voir un billet passé d'une main à une autre. Il vit la main délicate de Fye fourrer l'argent dans la poche arrière de son jean pendant que l'autre lui posait une question d'un air engageant. Kurogané fit alors plus attention à l'expression de Fye, et s'aperçut que celui-ci était absolument glacial, malgré la douceur de ses traits. Il répondit sur un ton haché, ce qui sembla mettre fin à la discussion. L'autre n'avait pas l'air de s'être rendu compte de la défiance du blond, et remonta sa vitre. Puis il démarra et disparu au coin de la rue.

Tenant toujours Shaolan dans ses bras, Kurogané serra les dents. La colère l'embrasait. Mais il ne savait toujours pas pourquoi.

Fye vît alors Kurogané, et un sourire s'épanouit sur ses lèvres. Il s'approcha de lui.

L'homme aux yeux rouges tenait un adolescent qui dormait paisiblement mais dégageait un parfum alcoolisé.

- C'est ton fils ?, demanda le blond, son sourire s'agrandissant, et sans se rendre compte qu'il venait de le tutoyer.

- Non, répliqua laconiquement son compagnon en prenant la direction du parking.

Un peu surpris, Fye le suivit.

- C'est ton neveu alors ?

- Non.

- Ton petit frère ?

- Non.

- Ton cousin ?

- Non.

Le blondinet se gratta la tête tandis qu'ils marchaient vers la rangée 3.

- Ton petit ami ?

Là il y eut une réaction. Le brun se retourna et le foudroya du regard. Fye sentit un délicieux frisson lui caresser l'échine, comme s'il avait l'habitude de ce regard brûlant. Il continua de sourire et demanda sans se démonter :

- Pourquoi tu portes des lentilles ?

Kurogané grogna :

- Ce ne sont pas des lentilles…

- Allons, tu ne vas pas me faire croire que c'est ta couleur naturelle…, répliqua joyeusement le blondinet.

- Crois ce que tu veux, grommela le brun en sortant tant bien que mal les clefs de sa poche de veste.

Il appuya dessus et une Mercedes noire clignota non loin d'eux.

Kurogané ouvrit la portière arrière, et déposa son fardeau sur la banquette. Puis il s'installa à l'avant, à la place du conducteur. Fye fit le tour de la voiture et s'installa à la place du passager.

L'homme aux yeux rouges alluma le moteur et bientôt ils quittèrent le parking.

- J'habite dans le quartier Nord, souffla le blond.

L'autre ne répondit pas mais pris la direction Nord.

Un long silence s'installa, seulement entrecoupé par les ronflements de Shaolan à l'arrière.

Fye jeta un œil au visage de Kurogané. Il avait les sourcils froncés et la bouche pincée, comme s'il tentait de contenir une émotion violente. Le jeune homme baissa la tête.

- Tu…tu n'es pas obligé de me raccompagner, finit par dire le blond.

- Tu préfèrerais faire le trottoir ?

Fye sursauta, mais ne répondit pas. Le silence continua.

- A droite ou à gauche ?

- A droite.

Kurogané tourna à droite.

- Tu es fâché contre moi, murmura Fye, le regard sur ses genoux. Pourquoi ? Je ne comprends pas…

Les doigts du brun se crispèrent sur le volant.

- Aucune importance, grogna-t-il.

La voiture replongea dans le silence pendant quelques minutes. Puis finalement, Fye dit tout bas :

- C'est ici.

Ils s'arrêtèrent. Fye défit sa ceinture et ouvrit la portière. Rester assis aussi longtemps aurait dû lui faire mal, mais il avait l'esprit tourné vers autre chose.

Il tenait la portière, debout sur le trottoir, et hésitait. Il leva le nez et vit de la lumière au sixième étage, là où ils habitaient. Lui et Sakura. Elle n'était sans doute pas encore couchée, l'attendant pour faire réchauffer le dîner.

- Bon, je suppose qu'il est temps de se dire au revoir, finit par déclarer le blondinet.

Kurogané hocha la tête, tout en continuant de regarder la route comme s'il continuait de conduire, bien qu'il soit à l'arrêt.

Il claqua la portière.

La voiture s'en alla. Quand il ne la vit plus, il ouvrit la porte cochère et se glissa à l'intérieur. Il appuya sur le bouton de l'ascenseur et attendit. Le silence faisait bourdonner ses oreilles, jusqu'à ce qu'il entendit une sorte de sanglot. Et il s'étonna beaucoup lorsqu'il se rendit compte qu'il provenait de sa propre gorge.

Kurogané traversa la ville en sens inverse à toute allure, cherchant à mettre le plus de distance entre lui et le prostitué. Car il avait bien compris ce que faisait réellement le blondinet dans les toilettes du club. Il était dans une rage qu'il ne parvenait pas à contrôler, il serrait tellement les dents qu'elles grinçaient.

- Kurogané…

C'était Shaolan. Il n'avait pas la voix ensommeillée. L'homme aux yeux rouges lui jeta un coup d'œil dans le rétroviseur intérieur et vit qu'il s'était redressé et le regardait d'un air sérieux.

- Quoi ?

- C'était qui cet homme ?

- J'en sais rien, je l'ai juste raccompagné chez lui en passant.

- Alors pourquoi vous êtes si en colère ?

- Je ne suis pas en colère.

Shaolan poussa un soupir et se rallongea.

Pendant ce temps, Kurogané réfléchit. Pourquoi était-il si en colère ?

- C'est moi, fit le blond en entrant dans l'appartement.

Sakura l'attendait, comme il s'y attendait, allongée sur le canapé. Sur la table basse, il y avait la boîte de médicament qu'elle venait de prendre pour le soir, ainsi qu'un verre d'eau.

- Fye !, s'exclama-t-elle en se levant, les paupières lasses de fatigue.

- Bonsoir, dit le blondinet en la serrant contre lui. Comment vas-tu ?

- Ça va. Mais toi ? Tu as l'air exténué !

- Hein ? Naan, c'est juste que je ne m'habitue pas à ces horaires de nuit, mais ça va, je t'assure.

- Je vais te préparer une tasse de thé au gingembre, tu vas voir, ça te fera du bien.

L'adolescente se précipita dans la cuisine. Fye s'assit doucement dans le canapé et alluma la télé avec la télécommande.

Il regarda les infos, et Sakura lui apporta sa tasse de thé. Il la but avec reconnaissance et embrassa la jeune fille sur le front.

- Je suis désolé de rentrer si tard. Je ne peux pratiquement pas m'occuper de toi.

- Ce n'est pas grave, s'exclama-t-elle. Au fait, dis-moi, j'ai vu une voiture te déposer. Tu as pris un taxi, comme je te l'ai déjà demandé cent fois ?

- Non, c'est un collègue de travail qui m'a raccompagné, c'était sur son chemin.

- Ah, c'était très gentil de sa part; je pourrais lui faire des gâteaux pour le remercier !

- C'est une excellente idée, répondit Fye, tout en pensant qu'évidemment, il ne le reverrait jamais pour les lui donner.

- Je suis contente que tu te sois fait des amis. Tu n'en parles jamais, ajouta l'adolescente.

Fye ne sût que répondre, donc il se contenta de sourire et de feindre le bonheur. Mais au fond, l'horreur se peignait dans son cœur.