Aaaaah, j'ai pris du retaaaaard ! Si vous voulez bien me pardonner, voici la suite de «La Ville». Je suis absolument navrée si j'ai mis à mal votre patience ! En plus, ce chapitre commence mal, disons sinon, sur les chapeaux de roue. Hem goutte sur la tempe

Au fait, vous avez ptête remarqué : les «a» avec accent sont en grève sur Donc si vous voyez des petits carrés parsemer le texte, ce sont des «a» avec accent, voilà…

Il avait accepté. Ils étaient à présent en voiture, et le conducteur se gara sur un parking désert.

A peine celui-ci eût-il coupé le moteur que Fye se colla contre lui. Il déposa des baisers mouillés dans son cou et commença à caresser la bosse de son entrejambe.

Le client laissa le blondinet descendre sa braguette puis glisser une main aventureuse dans son slip. Il gémit lorsque Fye commença à masser son membre entre ses doigts fins.

De son autre main, le blond baissa un peu plus les vêtements pour laisser l'entrejambe à l'air libre.

Ensuite, quand il sentit que l'autre avait une érection qu'il jugeait suffisante, il se baissa. Il prit le membre raidi dans sa bouche et le suça doucement.

Le conducteur de la voiture ferma les yeux et geignit de plaisir. Bientôt ses reins firent un mouvement convulsif en avant, et Fye avala ce qu'il lui donna.

Le blondinet se redressa, en s'essuyant la bouche. L'homme à côté de lui remonta son pantalon et redémarra la voiture.

Il déposa Fye là où il l'avait trouvé, et lui donna l'argent qu'il lui devait. Puis il disparu.

Fye resta figé sur le bord du trottoir, les yeux dans le vague. Il avait les traits tirés, de discrètes cernes violettes dissimulées par un maquillage habile, mais néanmoins visibles sous les yeux. Il se mit à trembler dans le froid et marcha pour se réchauffer, mais sans conviction. Il n'avait pas de destination précise, et c'est sans le vouloir qu'il se retrouva devant le Devil's nest.

Il leva le nez vers l'enseigne, tout en serrant les pans de sa veste contre sa poitrine. Il avait besoin d'un peu de chaleur, car il se sentait malade. Et après tout, cela faisait des semaines qu'il s'était promis de ne plus y revenir. Le type l'avait probablement oublié.

De plus, mais cela Fye ne voulu pas se l'avouer, il espérait un peu retrouvé l'homme aux yeux rouges.

Ainsi il entra, le cœur soutenu par une lueur d'espoir.

Il tira. Une balle, un petit trou net et précis au milieu du front. Après tout c'était son métier. Ça ne l'avait jamais dérangé de tuer pour vivre. Il était habitué, et s'était toujours trouvé naturellement doué pour ça, bien qu'il ne se souvienne pas de sa vie avant son arrivée en ville avec Shaolan.

Kurogané rangea son arme sans jeter un regard de plus à sa victime, affalée sur le sol. Il avait été payé pour l'abattre, il avait fait ce qu'on lui avait demander, et à présent il allait récupérer le reste de la somme promise.

Il sortit du bureau de feu-le baron de la drogue et enjamba les cadavres des gardes du corps qu'il avait dû éliminer pour atteindre sa cible.

En passant devant un miroir, il s'aperçut qu'il avait taché sa veste blanche d'un peu de sang. Il faudrait qu'il passe au pressing avant de rentrer, sinon Shaolan se douterait de quelque chose.

Malgré lui, un sourire se dessina sur ses lèvres minces; dans le miroir, il vit le visage d'un démon aux yeux écarlate vêtu de blanc comme un ange.

Il détourna le regard et se dirigea à grand pas vers la sortie. Mais dans son empressement, il trébucha sur un bras qui gisait par terre.

Il baissa les yeux. Le bras était à demi détaché du corps, presque arraché.

Le corps reposait sur le dos, ainsi il pouvait voir son visage. C'était celui d'un homme jeune, plutôt petit pour un combattant, les cheveux d'un blanc neigeux, le teint tout aussi pâle, et ses grands yeux clairs - dont l'un arborait une cicatrice comme une sorte d'éclair, qui remontait jusqu'à son front où elle formait une espèce de pentacle, sans doute un tatouage - fixés sur le plafond, immobiles.

Pendant quelques minutes, Kurogané ne se souvînt même pas du moment où il l'avait tué. Puis les souvenirs affluèrent, et c'est avec soulagement qu'il se rappela enfin. Tuer, c'était une chose, mais il devait aussi se souvenir, ne serait-ce que par respect envers ceux contre qui il s'était battu. Cet homme avait eu le courage de se mettre en travers de son chemin, il méritait que son adversaire s'en souvienne.

Cependant, ces yeux bleus le mettaient mal à l'aise. Il se baissa, et de sa main gantée les ferma.

Lentement, une image se forma dans son esprit tandis qu'il contemplait le visage du jeune homme qui paraissait dormir, si on exceptait le sang et l'état de son bras.

Le tueur à gage secoua la tête pour chasser ses drôles de pensées. Bizarrement, il y pensait assez souvent, et quand il ne faisait pas attention, il pouvait passer des heures à ne penser qu'à ça. Il essayait à tout prix de revoir le visage de Fye en esprit. Il aimait passer en revue tous les détails que sa mémoire lui permettait. Et chaque fois, il sentait juste un peu de rougeur sur ses joues, juste assez pour que ça l'agace sans l'énerver complètement. Il ne pouvait pas le nier. Ce type l'obsédait.

Un nouveau haut le cœur le secoua, mais plus rien ne sorti. Son estomac était désormais vide. Il resta penché sur la cuvette, tremblant et le front couvert de sueur. Il détestait ça, mais ça reproduisait à chaque fois. Mais il était bien obligé, si c'était ce que le client demandait; et comment gagner beaucoup d'argent en peu de temps sinon. Comment soigner Sakura sans argent ?

Il se redressa, le regard brûlant. Ce qu'il endurait n'avait pas d'importance, car il pouvait le supporter, ça n'allait pas le tuer. Mais la maladie, elle, tuerait la jeune fille s'il ne faisait pas ce qu'il faut.

Empli d'une détermination nouvelle, il se leva, un peu titubant. Il tira la chasse et se lava la bouche au lavabo. Puis il quitta les toilettes.

Il entra dans la pièce principale; elle était quasiment vide à cette heure.

Un peu hésitant, il alla s'asseoir à une des tables, exactement là où il avait vu pour la première fois l'homme aux yeux rouges. Une serveuse rousse qui mâchait du chewing-gum vînt lui demander ce qu'il voulait.

Il la regarda un instant, comme s'il n'avait pas compris, l'air un peu désarçonné; puis il lui adressa son sourire le plus lumineux et dit ce qu'il voulait boire.

La pauvre serveuse vira au rouge pivoine et s'enfuit sur ses talons hauts d'une démarche incertaine. Tout à fait conscient de l'émoi qu'il provoquait, Fye rit en lui-même. Il s'adossa confortablement au siège et posa la tête sur le bord, de côté, donnant à sa pose quelque chose d'alangui qui, il le savait, ne laisserait pas la serveuse indifférente lorsque celle-ci reviendra. Il ferma les paupières et attendit.

Shaolan entra, déposant son sac dans un coin. Il vit Kurogané tourner en rond comme un lion en cage.

- Que ce passe-t-il , voulu-t-il savoir.

L'homme se contenta de secouer la tête en grognant.

Shaolan, intrigué, s'assit sur l'un des fauteuils confortables qui meublaient le living-room.

- Où est votre veste , demanda alors le jeune homme.

Cette fois il eut droit à une réponse, ce qui lui confirma le peu de fiabilité qu'elle pouvait avoir.

- Je l'ai oublié au bureau.

En fait, c'était juste que le sang ne partait pas si facilement au lavage.

Shaolan regarda le brun faire des allés et venus sur le tapis, les sourcils froncés.

- Vous avez l'air soucieux.

- Je ne le suis pas , rétorqua Kurogané en tournant la tête vers lui, furieux.

Encore un mensonge, se dit l'adolescent, mais il laissa courir.

L'homme reprit sa ronde.

- Seulement, je réfléchis…

- A quoi , interrogea le garçon innocemment.

L'homme aux yeux rouges le foudroya du regard.

- Ça ne te regarde pas.

- Très bien. Je vais faire à manger, répliqua Shaolan en se levant.

Epuisé, Kurogané s'affala à la place que le gamin venait de quitter. Ce dernier lui jeta un regard en biais, puis partit dans la cuisine.

Kurogané était préoccupé par deux choses.

L'une d'elle concernait l'argent. Il n'était pas parvenu à joindre son employeur, ce qui était légèrement inquiétant, et embêtant. Il devait rembourser un emprunt à la banque.

Mais il était plus étrange que personne ne le contacte pour qu'il confirme que le boulot avait été fait; c'était la moindre des choses. De ce fait, Kurogané se posait des questions, du genre : Qu'était-il arrivé à son employeur ?

Une deuxième chose occupait son esprit, et prenait un peu trop de place à son goût. Il avait bien envie de faire un tour en voiture, mais pour cela, il lui fallait une bonne excuse à donner à Shaolan. Il n'allait tout de même pas lui dire la vérité, à savoir qu'il était à moitié désespéré à l'idée de ne plus revoir le visage d'un minet croisé dans un bar, et qui semblait vendre ses charmes au plus offrant.

Enfin, désespéré, c'était peut-être un peu fort. Juste une terrible envie de satisfaire sa curiosité; une simple obsession passagère, comme lorsque l'on désire un objet qu'on a vu dans une pub.

Oui, il avait envie de lui parler à nouveau. La dernière fois, il n'en n'avait pas eu l'occasion, car il était un peu sous le choc, il fallait bien l'avouer. C'était la première fois qu'il rencontrait un prostitué. Mais au final, ce n'était pas si bizarre que ça. Lui-même faisait des choses que certains jugerait répugnantes pour de l'argent.

Soudain, il se décida.

- Je sors , cria-t-il pour que Shaolan l'entende depuis la cuisine, tout en saisissant un manteau accroché à la patère dans le vestibule.

- Quoi ? Mais je suis en train de préparer à manger , fis le jeune homme en passant la tête par l'ouverture de la porte.

- Je le ferais réchauffer au micro-onde. Ne m'attend pas, répliqua le brun en prenant ses clefs.

Et il fût dehors.

- Voilà, un martini bien tassé, fit la serveuse en déposant le verre devant lui.

- Dites…

- Oui , couina-t-elle, soudain très timide.

- Vous auriez un chewing-gum ?

- Heu ah heu oui, balbutia-t-elle.

Elle fouilla dans la poche de son pantalon et en ressortit un paquet de chewing-gum. Elle le lui tendit, les joues toutes roses.

Il le prit, effleurant ses doigts au passage. Elle frissonna légèrement.

Il en prit un, le déballa et le posa sur sa langue, tout ça très lentement, pour laisser à la jeune fille tout le loisir de le détailler.

Puis il lui rendit le paquet en souriant.

- Merci.

Elle rougit encore plus en reprenant son bien.

Vif comme un serpent, il lui attrapa le poignet.

- Vous viendrez vous asseoir à côté de moi quand vous aurez fini votre service ? Vous n'êtes pas de nuit n'est-ce pas ?

Elle fit un signe de dénégation de la tête, l'air abasourdi.

- Dites, vous viendrez ? Je me sens vraiment très seul…

Il insista sur le très. A cet instant, elle ne pouvait pas être plus rouge, surtout en voyant son expression la plus touchante et suppliante. Elle souffla un oui et s'enfuit de nouveau.

Dans sa tête, sa conscience le disputait : méchant Fye, que fais-tu là, à jouer avec cette pauvre fille ? Qu'est-ce que ça t'apporte ?

Un peu de distraction.

C'est cruel. Tu ferais mieux de partir.

Pas question, il pourrait venir.

Il ne viendra pas.

Et c'était vrai. Fye le savait au fond de son cœur. Il l'avait su lorsqu'il avait vu la salle déserte, et la place vide. Il s'y était assis pour la remplir, c'était tellement pathétique. Même s'il venait, peut-être ne voudrait-il même pas lui adresser la parole.

Après tout, n'avait-il pas deviner ce qu'il était ? N'était-ce pas pour cette raison qu'il s'était montré distant sur tout le chemin en voiture ? Il y avait réfléchis, et c'était la seule conclusion à laquelle il était parvenu.

Non, Kurogané ne viendrait pas. Il éviterait l'endroit, au risque de le croiser lui, toujours à la recherche d'un client dans la nuit.

Le blondinet se replia sur lui-même et serra ses bras contre lui. La nuit était longue quand on était seul; au moins la fille lui tiendrait un peu compagnie avant qu'il ne doive repartir dans sa quête nocturne, dans le vent glacé.

Justement, elle revenait vers lui. Elle s'assit, à quelques distances, un peu intimidée. Il lui adressa un sourire engageant.

- Comment vous nommez-vous ?

- Sana, répondit-elle dans un souffle.

- Sana ? C'est un nom ça ? Haha…

Soudain le rire de Fye s'étouffa dans sa gorge. Il se rappela qu'il avait tenu le même discours à Kurogané.

A côté de lui, la jeune fille avait méchamment rougit. Il tenta de la rassurer.

- Excusez-moi, j'ai été grossier…

- Non non…balbutia-t-elle, ce n'est rien.

- Comment puis-je me faire pardonner , demanda-t-il en lui prenant la main et en la regardant dans les yeux.

- Je-je…bafouilla-t-elle, complètement plongée dans la plus grande des confusions.

Ce fût bien pire lorsqu'il se pencha sur elle.

- Puis-je…, susurra-t-il en rapprochant dangereusement ses lèvres des siennes.

Kurogané venait d'entrer dans la salle; et mon dieu, il le voyait ! Il était à la table qu'il avait occupé avec le gamin la dernière fois qu'il était venu, et il était sur le point d'embrasser une jeune femme à la chevelure flamboyante.

Fou de rage, le brun tourna les talons; un rugissement de fureur montait depuis sa poitrine, l'étranglant presque. Dès qu'il fût dehors, il frappa de toutes ses forces le capot d'une voiture garée devant le bar, y creusant un cratère de la taille de son poing. L'alarme de la voiture se mit à sonner. L'homme aux yeux rouges s'en alla à grands pas.

Il avait été idiot. Idiot de croire que lui parler lui suffirait. Idiot de croire qu'il allait l'attendre bien sagement. Idiot d'être venu. Idiot, tout simplement.

Il s'engouffra au volant de sa Mercedes, les yeux brûlants…

PS : Pardon Sana, si tu me lis XD