Voilà, les vacances sont terminées. La fic aussi d'ailleurs, mais je ne dirais rien bien sûr (hihi)
La petite bande continue ses péripéties, cherchant à échapper aux méchants, après avoir délivré Sakura, ils vont se réfugier dans l'une des planques de Kurogané.
Seulement voilà, Fye veut parler à Kuropon...
- Voilà, nous y sommes, marmonna Kurogané en s'arrêtant devant une grande bâtisse, à l'orée d'un petit bois, non loin du périphérique.
Fye prit Sakura dans ses bras, et ils entrèrent à l'intérieur.
- Puu, c'est tout poussiéreux ici, gazouilla Mokona, posé sur l'épaule de Shaolan.
- C'est normal, je ne viens jamais. C'est pour ça que ça s'appelle une planque.
L'adolescente malade se remit à tousser, à cause des particules qui flottaient dans l'air. Shaolan, prévenant, se dépêcha d'aller ouvrir une fenêtre pour aérer la pièce.
Le blond jeta un regard sévère à Kurogané, qui affichait une mine impassible. Délicatement, Fye déposa la princesse sur un canapé abîmé, qu'il avait au préalable débarrassé de sa protection en plastique.
- Je reviens, dit-il à la jeune fille en lui baisant tendrement le front.
Derrière eux, le brun grinça des dents; Fye se retourna et le prit par le bras, l'entraînant dans une autre pièce, en lui disant :
- Il faut qu'on parle.
Kurogané poussa un soupir exaspéré, mais se laissa faire.
...
Silencieusement, Shaolan s'assit près de Sakura. Celle-ci tourna la tête vers lui, intriguée. Il riva immédiatement ses yeux aux siens, et ils ne se quittèrent pas du regard, comme statufiés. Ils étaient brutalement accrochés au regard l'un de l'autre et n'arrivaient pas, ni ne voulaient, s'en détacher. Juste rester là. Ensemble.
...
Les deux adultes, quand à eux, se retrouvèrent seuls. Fye entama alors la discussion sur un ton brusque.
- Ce n'est pas un endroit pour Sakura ici ! Il n'y a pas l'électricité, ni même le chauffage ! Et tout est si sale…
- Oh, pardon de ne pas avoir tout ce confort auquel tu es habitué ! Figures-toi que nous sommes poursuivis, il serait temps de faire profil bas, ironisa le brun.
- Ah, parlons-en justement !, s'écria le blondinet, de plus en plus énervé. Pourquoi sommes-nous poursuivis au juste ? Tu es le seul responsable; je n'ai rien à voir là-dedans ! Je n'ai rien fait de mal que je sache !
- Non, c'est sûr, faire la pute dans les bars, ce n'est pas mal du tout !, grinça Kurogané avec un sourire narquois dépourvu d'humour.
...
Les adolescents dans l'autre pièce sursautèrent, rompant le contact visuel, lorsque quelque chose se brisa dans la pièce d'à côté.
Shaolan se leva, s'apprêtant à aller voir ce qui se passait, quand le jeune fille le retînt par le bras.
- Laissez-les, dit-elle doucement.
Le garçon la regarda un instant, puis acquiesça avec un sourire et se rassit auprès d'elle.
- Racontez-moi qui vous êtes, demanda-t-elle, sa main posée distraitement sur celle de Shaolan.
Ce dernier s'en était aperçu, et rougit. Il bafouilla :
- C'est-à-dire que…je n'ai aucun souvenir…
La princesse lui adressa son plus beau sourire, en penchant la tête de côté.
- Mais vous vous souvenez quand même de ce que vous faites depuis que vous êtes dans cette ville, n'est-ce pas ? Alors racontez-moi. Je veux vous connaître mieux, car j'ai l'impression…
Elle ne termina pas sa phrase, les yeux dans le vague. Elle dégagea lentement sa main, légèrement rosissant
Alors Shaolan raconta.
...
- Tu n'as pas le droit de me dire ça !, lâcha Fye d'une voix rauque, les bras repliés contre sa poitrine.
L'homme aux yeux rouges contempla les fragments de verre d'une des vitres, que le blond, dans un accès de colère, avait brisé.
- Laisse-moi voir, ordonna-t-il d'une voix qu'il essaya de rendre le plus neutre possible, en désignant la main de Fye qui saignait.
Le prostitué recula.
- Laisse-moi tranquille !
- Qu'est-ce qui te met dans cet état ? Ce que j'ai dit ?
Le brun poussa un soupir d'agacement.
- Ose me dire que je n'ai pas raison ?, ajouta-t-il.
Comme l'autre ne répondait pas, lui tournant le dos, il continua :
- Tu vas pas me dire que ça te plaît de faire ça ? De baiser pour de l'argent…
Fye tourna enfin la tête, lui jetant un regard blessé.
- Moi je me contente de baiser. Au moins je les laisse en vie !
Touché ! Kurogané serra les poings, nettement en colère cette fois.
- Et c'est tout ? C'est tout ce que tu as dire ?
Le blond haussa les épaules.
- Il faut bien que quelqu'un le fasse…
Le tueur à gage l'attrapa par les épaules pour le retourner et l'emprisonner dans ses bras pour un baiser direct et violent.
Le prostitué se débattit et Kurogané consentit enfin à le relâcher. Fye recula de quelques pas, ses yeux de glace lointains et brumeux.
- J'embrasse pas, chuchota-t-il comme pour lui-même.
- Très bien, grogna le brun en retirant prestement sa veste. Faisons autre chose alors.
- J'ai pas envie, laissa tomber le blondinet en se détournant.
Il vit alors des billets voleter autour de lui; Kurogané venait de les jeter.
- Avec ça, je pense avoir le droit de t'avoir pour la soirée, non ?, fit ce dernier avec un certain cynisme qui n'était pas sans rappeler le client de l'autre nuit, mort d'une balle tirée par l'homme aux yeux rouges.
Fye le regarda, impassible. En fait, il ne savait pas comment réagir.
- Alors ?, demanda le brun, très sérieux.
La tension était électrique tout à coup.
Les lèvres du blondinet s'ouvrirent...
- Je ne savais pas que tu avais ce genre de penchants !, s'exclama abruptement le blond avec un grand sourire niais. Houhou ! En fait je te plais vraiment beaucoup !
- Raaaah, tu m'énerves !, rugit l'autre en ré-enfilant en vitesse sa veste.
Fye rit en sortant de la pièce, rejoignant Sakura et Shaolan, qui étaient en train de discuter avec enthousiasme, tout en dissimulant soigneusement sa main blessée dans sa poche. Le brun le suivit du regard, avec une boule au ventre. Il devait se l'avouer, il était déçu, voir frustré qu'il ne se soit rien passé. Il aurait aimé…
Il secoua la tête, chassant ces idées mal placées, et se concentra quelques minutes pour se débarrasser de la sensation de chaleur qui avait envahi son corps un instant plus tôt. Puis il le suivit, rassemblant son énergie pour paraître serein malgré les interrogations et émotions diverses qui le taraudaient.
Ils dormaient tous. Ça allait être un jeu d'enfant.
...
Au beau milieu de la nuit, Kurogané se réveilla, les sens en alerte. Il avait sentit quelque chose qui avait subtilement changé l'atmosphère. Il décida de faire le tour de la maison pour vérifier.
Il sortit de la chambre dans laquelle il dormait à même le sol; ses pas le conduisirent dans le salon, dans lequel Sakura et Fye dormaient, car c'était la pièce la plus confortable. Shaolan, quant à lui, sommeillait dans une autre chambre.
L'homme aux yeux rouges avait tenu à se retrouver seul cette nuit. Personne ne lui en avait demandé la raison, et il en était heureux, car la raison lui semblait des plus honteuses; il avait du mal à rester concentré depuis qu'il avait embrassé le blondinet - encore une fois. Il lui était difficile de réfléchir à un plan; ils fallaient qu'ils fuient loin, très loin. Mais en même temps, il fallait qu'ils retrouvent leurs souvenirs. Cependant, Kurogané, en son fort intérieur, n'était pas certain de le désirer vraiment.
Il craignait que sa relation avec Fye ne devienne encore plus compliqué. Aparemment, avant, ils avaient dû être amis, ou quelque chose comme ça; cependant, le tueur à gage n'arrivait pas à s'imaginer comment il avait pu supporter ce type avant sans le tuer ou…
Peut-être qu'avant, ils n'étaient pas amis. Peut-être qu'ils avaient été amants, qui sait ? Peut-être que ça expliquerait cette ardeur à laquelle il se consumait de désir pour cet être bizarre. Ça n'avait aucun sens sinon. Tout en eux différaient. Il y avait même des moments où Kurogané aurait préféré qu'ils ne se soient jamais rencontré; qu'il n'ait jamais posé les yeux sur ce type, assis au bar, si triste, si pâle, si totalement seul. Mais dur comme de la glace. Insensible.
Lorsque le brun jeta un coup d'œil dehors à travers la vitre, il croisa le regard de son reflet dans celle-ci. Il s'observa attentivement, et y détecta la même froideur, la même implacabilité farouche. Mais à la différence de Fye, il n'était pas le genre de personne que l'on pouvait aimer. Il était fait pour tuer, de ça il en était sûr; même avant, avant que ses souvenirs disparaissent, il était certain qu'il n'avait pas été un ange.
Il était terrifiant. Peut-être beau, à sa manière, mais jamais tendre, jamais doux. Au moins, Fye savait faire semblant.
Il se retourna et regarda les deux endormis. Fye et Sakura; la jeune fille repliée comme un fœtus et le blond le nez à demi enfoncé dans un coussin qui lui servait d'oreiller.
Le regard de Kurogané suivit la courbe blanche de sa joue, la peau brillant à l'éclat de la lune. Il s'agenouilla et glissa la main sur les cheveux de soie, dégageant quelques mèches qui flottaient sur le front.
Puis les yeux fermés, il essaya de penser à autre chose en embrassant gentiment la tempe du jeune homme.
Dès qu'il sentit ses mains trembler sur les cheveux blonds de Fye, il s'écarta brutalement et se dépêcha de se relever, quittant la pièce rapidement.
Quelques secondes plus tard, le prostitué ouvrit un œil encore embué de sommeil et sa main, refroidie par l'immobilité, se posa automatiquement sur sa joue, caressant la tempe du bout des doigts.
...
Les vitres explosèrent.
