Flash-back :

- Yuya, ramasses tes jouets mon shéri !

- Voui maman.

Le petit garçon de six ans se dépêcha d'obéir. Non seulement parce que son père ne tarderait pas mais aussi parce que se faire remonter les bretelles par sa mère n'arrivait jamais et il ne voulait pas que ça commence aujourd'hui. Attrapant rapidement son camion qui trainait, il se mit à courir lorsque deux bras le saisirent par la taille, le soulevant du sol. Eclatant aussitôt de rire, il agita les jambes en s'esclaffant.

- Maman arrêtes !

- Ah j'ai bien le droit de t'aimer ne ?!

- Pas quand tu m'embêtes !

- Je ne t'embêtes jamais...

- Héé ?! C'est pas vrai !

- Une maman a le droit d'embêter ses enfants tu n'étais pas au courant ?

Yuya prit un air sérieux alors que ses jambes se croisaient derrière la taille de sa mère et que ses bras enlaçaient son cou tout doux. Elle était la femme la plus belle du monde à ses yeux mais aussi la plus gentille. Il ne fallait pas être devin pour voir la flamme d'amour qui brillait dans les yeux de Tegoshi dès qu'il posait son regard sur elle. Faisant une moue en prenant un air tout penaud, sa voix toute fluette s'éleva alors que sa mère lui souriait tendrement.

- C'est vrai ?

- Eh oui...

- Alors toutes les mamans embêtent leurs enfants ?

- Affirmatif mon petit monsieur !

- Et les enfants ils ont le droit d'embêter leurs mamans ?

- Non...

- La vie est dur !

Sa mère éclata de rire tandis qu'elle posait son front contre celui de son fils.

- Du moment que les gens s'aiment, ils peuvent tout surmonter.

- Et les papas, ils font tous du mal aux mamans et aux enfants ?

Demanda soudain innocemment Yuya. Tellement innocemment que sa mère ne put que sourire tristement en lui caressant la joue.

- Non, pas tous.

- Alors pourquoi le notre si ?

- Parce qu'il est spécial.

- C'est bien d'être spécial ?

- Ca dépend...

- De quoi ?

- Allez ça suffit dépêches-toi de ranger tes jouets au lieu de réflèchir !

Reposant Yuya sur ses jambes, elle lui ébouriffa les cheveux avant de prendre soudain un air grave et sérieux.

- Savais-tu que les enfants qui réflèchissent trop voient leur peau devenir toute bleue ?

- VRAI DE VRAI ?

S'éxclama aussitôt Tegoshi, les yeux plein d'étoiles. Sa mère pouffa dans son coin, comprenant qu'apparemment Yuya aurait bien envie de devenir un petit bonhomme bleu. C'était normal, après tout c'était sa couleur préfèré.

- Seulement pour ceux qui ne sont pas mignon...

- J'en fais partie ?

- Non...toi tu es le plus mignon des petits garçons !

- Alors je ne peux pas devenir bleu ?

- Désolée mon ange.

Tandis que Tegoshi maugréait tout au long du chemin qui le menait à sa chambre bleue marine, sa mère s'occupa de faire la cuisine. Mme Tegoshi, de son prénom Sakura avait un don iné pour la cuisine comme d'autres en avaient un pour le chant ou la couture. Lorsqu'elle eut finit, Sakura monta directement dans la chambre de son fils. Ce dernier avait rangé tous ses jouets. Son enthousiasme n'était pas idéal mais il l'avait fait tout de même. Arborant son plus beau sourire, la jeune femme se dirigea vers le petit garçon assit sur son lit et l'enlaça par derrière. Elle le sérra de toutes ses forces alors que Yuya se blotissait lui aussi dans ses bras.

- Je ne t'abandonnerais jamais mon petit coeur. Je te le promets.

- Moi non plus !

- Lorsque tu tomberas amoureux tu devras bien quitter la maison Yuya...

- NON ! Je resterai habiter ici avec ma famille, le chien et les hamsters !

- Même ton ami extraterrestre ?

- Voui ! Il aurait peur tout seul dehors dans le noir. De toute façon il ne peut pas vivre sans moi et moi je ne peux pas vivre sans toi.

Eclatant de rire, Sakura nicha son visage dans le cou immensément doux de son fils, le faisant pencher sur le côté.

- On formera une belle et grande famille !

- C'est toi qui nourrira les hamsters tous les matins et qui sortira le chien bien sûr !

- Yuya !

Tegoshi éclata de rire et sa mère ne put que ressérer son étreinte. Elle ne résistait jamais à son sourire.

Fin du Flash-back.

- Maman ?!

Les larmes de Yuya commençaient déjà à couler abondamment. Ryo avait beau essayé de se convaincre qu'il avait fait le bon choix, il doutait. Mais il n'avait plus la force de réfflèchir pendant des heures et puisque que cette femme était ici, autant qu'elle serve à quelque chose. Soudain, Yuya tourna la tête vers Nishikido qui sentit sa colère revenir un fois de plus. Mais ce fut surtout celle de Tegoshi qui éclata.

- NON MAIS POUR QUI TU TE PRENDS ?! T'AVAIS PAS LE DROIT DE FAIRE CA ! T'AS ETE TROP LOIN !

Cette fois, il hurlait en utilisant tout l'air de ses poumons, ne lui en laissant même pas assez pour respirer correctement. Son souffle devint sifflant et saccadé mais il s'en fichait complètement. Seul comptait à prèsent sa rage qu'il avait contre Ryo. Il lui en voulait plus que tout, il le détestait plus que tout. Ses larmes lui avaient complètement embrouillées la vision mais il continuait d'hurler, n'arrivant plus à s'arrêter.

- JE TE HAIS !

Soudain, il fut coupé dans ses paroles par le poing de Nishikido qui lui envoya en plein dans le visage. A moitié sonné, il ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, Ryo était en train de lui attacher les mains avec des ceintures aux rembardes du lit qui étaient parmesées de trous censés donner un style. Commençant déjà à protester en ouvrant la bouche, Nishikido lui plaqua violemment un morceau de scotch sur les lèvres, empêchant le moindre son de sortir. Pleurant à nouveau à chaudes larmes, Yuya envoya cependant son regard le plus détestable au jeune homme qui fit de même. Ryo ouvrit alors la bouche, le doigt pointé sur Yuya.

- Maintenant tu la fermes et t'écoutes ce qu'elle a à te dire !

- ARRETER !

Nishikido posa des yeux noir sur Sakura, qui s'était interposée entre eux-deux, levant un bras vers chacun. La jeune femme enchaina.

- Sortez s'il vous plait...je m'occupes du reste.

Sans regarder la mère de Yuya, Ryo s'avança vers la porte de sa chambre, se retournant une dernière fois seulement arrivé sur place. A prèsent, Tegoshi poussait des sortes de plaintes enraillées et rauques alors que sa mère n'osait pas s'approcher. Elle avait sûremment peur que Yuya ne la rejette, ce qu'il était déjà en train de faire. Mais Tegoshi était dans un état encore plus lamentable. Il avait posé ses yeux sur Nishikido et ce dernier aurait put jurer qu'il le suppliait de ne pas partir. C'était typique de Yuya ça...le rejeter en permanence mais essayer de le retenir lorsqu'il sombrait. Malheureusement, Ryo sombrait lui-même alors il n'était pas en mesure de retenir Tegoshi. Gardant un air froid, il sortit de la pièce, conscient que Yuya avait pourtant besoin de lui. Tegoshi ne put sortir aucun mot. Premièrement à cause du morceau de scotch qui lui emprisonnait les lèvres mais aussi parce que son coeur était bloqué malgré le fait qu'il semblait hurler à en perdre la raison. Il aurait tant voulu lui hurler de ne pas partir, lui hurler qu'il avait besoin de lui. Mais il ne pouvait pas. Les sentiments humains étaient quelque chose de si compliqués...et si horribles. Les larmes qui coulaient toujours sur son visage l'empêchaient de distinguer très précisèment les traits des choses qui l'entouraient. Soudain, quelque chose effleura chacune de ces joues. Après quelques minutes, Yuya comprit qu'on lui avait essuyé l'eau qui lui innondait le visage et la personne qui avait fait ce geste n'était autre que...sa mère. Eclatant encore plus en sanglots, Tegoshi recula aussitôt. Quelque peu ambarassée, Sakura s'avança un peu plus, répètant son geste. Plusieurs fois elle lui essuya le visage, plusieurs fois il pleura de nouveau. Ce ne fut que dix bonnes minutes plus tard que toute trace de larmes disparut pour de bon sur la peau de Yuya. Même si ces yeux étaient larmoyants le jeune garçon arrivait à les refouler. Sa mère lui adressa alors un sourire rassurant et fière. Tegoshi ferma les yeux, espérant ne plus la voir lorsqu'il les rouvriraient. Mais Sakura était bel et bien là et elle ouvrit la bouche, prenant quelques secondes avant de pouvoir clairement parler à voix haute.

- Tu me reconnais ?

C'était une question bête. Sûremment la plus débile et égocentrique que Yuya n'est jamais entendu. Il fit donc comme s'il ne l'avait pas saisit. Sa mère fit un petit sourire avant de lui enlever le morceau de scotch qui lui entravait la parole ainsi que les ceintures. Une fois libéré, Tegoshi baissa la tête pour être sûr de ne pas avoir à poser ses yeux sur la femme qu'il avait à côté de lui. Ca aurait été tellement facile s'il n'avait eu qu'à faire ça pour l'oublier...mais sa mère leva sa main pour lui caresser lentement la joue. Yuya ferma les yeux de toutes ses forces, sérrant les dents. Sakura ouvrit la bouche.

- Ce garçon est quelqu'un de très bien.

- Hé ?!

Surprit, Tegoshi releva instinctivement la tête vers sa mère. Il était sous le choc. Elle l'avait abandonné lorsqu'il avait six ans...aujourd'hui elle refaisait surface comme ça et la seule chose dont elle trouvait à parler était Ryo ?! Sous le stress et la fatigue, Yuya manqua d'éclater de rire. Sakura se contenta de le fixer intensément avant de continuer.

- Il doit beaucoup t'aimer pour avoir la force de faire tout ça...

- Si tu crois que je ne vois pas où tu veux en venir tu te mets le doigt dans l'oeil.

- Tout ce que je dis c'est que son regard ne trompe pas. Il est fou amoureux de toi.

-...

- Et je vois la même chose dans le tien.

Aussitôt, les yeux de Tegoshi essayèrent de paraitre froid mais sa mère lui envoya un sourire. Pourquoi ça ne marchait plus ? Avant, il n'avait qu'à prendre son air le plus détestable et les gens le laissaient tomber...mais avec Ryo ça n'avait pas marché, aujourd'hui c'était avec sa mère. Cherchant à éviter le sujet, il enchaina sur un autre sujet avec le ton le plus agressif qu'il put.

- Qu'est-ce que tu viens faire là ? Si papa te trouves...

- Un jeune homme du nom de Shige m'a contacté pour me dire que mon fils faisait une grève de la faim depuis six jours. Je lui ai demandée pourquoi et il m'a alors dit que c'était parce que tu refusais d'aimer Ryo...

- C'est faux !

- Alors pourquoi tu ne manges plus ?

- Pourquoi je te le dirais ?!

- Parce que je suis ta mère...

- C'EST FAUX !

Cette fois, Yuya avait hurlé et ses larmes avaient de nouveau coulées, sans même qu'il ne s'en rende compte. Sakura le fixa alors dans les yeux. Ce qui choqua le plus Tegoshi était qu'elle paraisait horriblement calme alors qu'elle l'avait abandonné et qu'elle revenait comme ça, sans explication. Yuya continua, incapable de se retenir.

- UNE MERE N'ABANDONNE PAS SA FAMILLE POUR ALLER VOIR AILLEURS ! UNE MERE N'ABANDONNE PAS SON MARI !

- Et son fils...

Termina Sakura, les yeux soudain vides d'expression. Tegoshi essaya de quitter son regard mais n'y parvint pas. Il se pinça les lèvres, machinalement. Subitement, sa mère s'avança vers lui et l'encercla avec ses bras. Aussitôt, Yuya éclata de nouveau en sanglots, essayant de se dégager. Il sentit alors quelque chose lui gouter sur le visage. Sa mère pleurait elle-aussi alors qu'elle commençait à parler.

- Je suis désolée, tellement désolée. Je sais bien que tout ce que je pourrais te dire ne changera pas le passé. J'ai abandonnée ton père mais je t'ai surtout abandonnée toi alors que je t'avais promis de ne jamais le faire.

- TAIS-TOI !

- Je sais que ça serait trop facile s'il me suffisait juste de revenir pour que les choses s'arrangent mais je suis là parce que je ne veux pas te voir mourir. Je t'ai déjà perdu une fois, je ne veux pas que ça se reproduise une deuxième fois.

- QU'EST-CE QUE CA PEUT TE FAIRE A TOI QUE JE VIVES OU QUE JE MEURS ?!

- Je t'aime.

Yuya se débattit encore plus alors qu'il voulait ne plus rien entendre. Sa mère le relâcha soudain pour se baisser, méttant sa tête à la même hauteur que celle de son fils. Tegoshi voulut regarder ailleurs mais Sakura lui encadra le visage avec ses mains, caressant tendrement ses joues mouillées. Yuya ferma alors les yeux tandis que sa mère répètait.

- Je t'aime. Je sais que tu dois croire que c'est faux...que si je suis partie c'était parce que je ne t'aimais pas ou n'importe quoi dans le style mais c'est faux tu m'entends ?! Je t'aime plus que tout et je n'ai pas cessée de regretter chaque jour les choix que j'ai fais.

- T'AVAIS QU'A PAS LES FAIRE !

- Yuya je n'ai pas eu le choix.

- C'EST TROP FACILE DE DIRE CA !

- Quelqu'un a découvert ce que ton père nous faisait et à voulu tout dire à la police...ton père m'a alors mennaçé de te tuer si je ne disais pas que c'était un homme bien. Je n'avais pas le choix mais j'étais couverte de bleus...personne ne m'aurait cru. Cet homme m'a alors proposé de m'enfuir avec lui. Je voulais t'emmener, je te le jure, mais ça aurait été trop dangereux pour toi. Il m'a recherché pendant des années et à détruit un bon nombres de vies juste pour m'attraper. Si j'étais partie avec toi en plus, il aurait remué ciel et terre et nous aurait sûremment tués...J'ai essayée de revenir pour te récupèrer...tu ne te rappel pas ? Tu étais à l'école. J'ai essayée de venir te chercher avant la sonnerie mais ton père savait que ça arriverait et avait demandé à ce qu'on le prévienne si je venais. Il a débarqué en trombe alors que j'étais devant la porte.

Tegoshi rouvrit les yeux, les lèvres entrouvertes. Sa mère était en larmes, comme si son ancienne vie l'avait soudain complètement avalée. Malgré lui, un souvenir refaisait surface dans sa tête. Ce jour précis où des cris avaient choqués la plupart des élèves. Ils étaient tranquillement en cours lorsque des gens s'étaient apparemment battus dans le couloir. Ils avaient l'air d'être plusieurs et il y avait une femme parmis eux. Mais ce dont se souvenait surtout Yuya, c'est qu'il s'était soudain mit à appeler sa mère en hurlant, sans même savoir pourquoi. La maîtresse avait alors complètement paniquée, le prenant pour un fou. Quelques minutes plus tard, son père avait comme par enchantement débarqué dans la salle de classe, térrorisant tout le monde avec son physique imposant. Il avait fondu comme un rapace sur Tegoshi et l'avait emmené avec lui. La seule chose que lui avait alors dite Yuya était qu'il avait entendu sa mère. Son père n'avait rien répondu mais pendant toute la soirée, il l'avait battu plus férocement que jamais. Tegoshi n'était pas allé à l'école pendant plusieurs jours. Alors c'était ça ? Il n'était pas fou à ce moment là ? Il avait bien entendu sa mère ? Pourtant sa colère ne disparaissait pas. Sa mère avait beau lui expliquer, donnait un sens à tout ce dont Yuya se souvenait...sa colère ne partait pas. Se pinçant les lèvres jusqu'au sang, il n'arrivait toujours pas à lui pardonner. Sakura rouvrit la bouche.

- Sil te plait...manges quelque chose.

Les yeux de Tegoshi se plissèrent. Attrapant les mains de sa mère avec les siennes il les repoussa violemment, de nouveau en larmes. Quelque chose s'était brisé en lui, aujourd'hui mais aussi il y a bien longtemps.

- Si Ryo n'avait pas été te chercher tu ne serais jamais revenu ne ?!

- Yuya...

- Quand ?! Lorsque j'aurai eut trente ans ?! Lorsque j'aurai été marié ?! Pour la naissance de tes petits enfants ?! Le jour de mes funérailles parce que papa n'aurait pas sut s'arrêter à temps ?! Alors maman dis-le ! QUAND ?!

- Je te demandes pardon...

- Tu ne t'ai jamais dis que j'aurai préfèré mourir plutôt que de rester seul avec papa ?! Qu'il t'aurais suffit de m'envoyer un mot pour me dire où tu étais et que je me serais débrouillé pour venir te rejoindre ?! La vèrité c'est que tu ne m'aimais pas assez pour vouloir de moi ! Tu m'a abandonné parce que je ressemblais à papa avoues !

Le regard de sa mère changea subitement, devenant angoissé. Elle se jeta presque sur son fils, l'enlaçant de nouveau. Yuya eut beau essayer de la rejeter, elle le sérra de toutes ses forces. Au bout de quelques minutes, Tegoshi eut l'impression de revenir des années en arrière, sentant cette chaleur si protectrice et rassurante contre lui. Ses larmes coulèrent un peu plus alors qu'il sentait les mains de sa mère lui caresser tendrement les cheveux et le dos. Sakura avait forçée Yuya à nicher son cou dans celui de sa mère...lui faisant ressentir ce parfum naturel qui avait berçé toute son enfance. Il manqua presque de fermer les yeux, alors qu'une vague de bonheur le submergeait. Ses bras avaient cessés de se battre, se contentant de pendres mollement le long de son buste alors que son regard était perdu dans le vague. La voix de sa mère s'éleva à quelques millimètres de ses oreilles.

- Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans un vie. Je n'ai jamais aimée quelqu'un aussi fort que toi. Tu es mon rayon de soleil, ma vie...

Les larmes avaient coulées sur le visage de Yuya sans même qu'il ne les sentent. Mais à prèsent il ne voyait plus rien, tout était brouillé devant lui. Le jeune garçon ferma les yeux, se pinçant les lèvres. Tout son corps s'était mit à trembler et sa mère l'enlaça un peu plus, manquant de l'empêcher de respirer. Soudain, avec une extrême lenteur, ses bras commençèrent à se lever avant de finalement enlacer la taille de Sakura. D'abord timide, la force qu'il méttait dans son étreinte devint progressivement passionnée. A peine quelques minutes plus tard, Yuya l'enlaçait au point de s'en faire pâlir les phalanges. Sa propre voix s'éleva.

- Je suis désolé.

- Hé ?!

- J'aurai dut mieux te protéger contre papa...

- Arrêtes Yuya.

- Si je t'avais mieux protégé tu n'aurais pas eu à t'enfuir.

- Personne n'y pouvait rien. Je n'ai pas eu la force de l'affronter...mais aujourd'hui c'est loin derrière nous.

- Je suis quand même désolé !

- Chut...

Sa mère l'embrassa alors dans les cheveux alors que Tegoshi pleurait toujours. Décidèment, ces derniers temps il pleurait pour un oui ou pour un non. Soudain, Sakura s'écarta, lui caressant les joues. Yuya osa croiser ses yeux de sa mère, rougissant d'un coup. La jeune femme éclata alors de rire. Un rire que n'avait pas entendu le jeune garçon depuis des lustres et qu'il avait presque oublié. Ses paupières papillonnèrent, tout chamboulé par la sensation de réentendre un son qu'il aurait cru ne plus jamais entendre. Subitement, Sakura se releva avant de revenir avec le plateau repas qu'elle posa devant Yuya. Ce dernier le suivit des yeux alors que son ventre criait de nouveau famine. Ses yeux brillèrent de nouveaux, sans qu'il ne sâche pourquoi. Sa mère, qui ne l'avait pas quitté du regard, prit la parole tout en lui caressant la joue.

- L'amour ne détruit pas les gens Yuya. Au contraire, il les faient vivres de toutes leurs âmes. Il les rends heureux. Les faient sourire, rire. L'amour est le plus beau sentiment qui puisse exister et il n'existe pas une seule personne sur cette terre qui ne l'ai éprouvé au moins une fois pour quelqu'un...ou même quelque chose. Tu ne dois pas éssayer de le refouler au fond de toi ou de le faire disparaitre. C'est ce qui fait de toi un être humain capable de vivre pleinement.

- Mais...

- Yuya...

- Papa a dit que l'amour était détestable.

- Ton père peut parfois se tromper. Je ne dis pas qu'il est un homme mauvais ou quoi que ce soit d'autre...mais sur ce point il a faux.

Yuya ne dit pas un mot, se pinçant les lèvres et gardant la tête baisée fixée sur le plateau repas. Sa mère enchaina, un sourire soudain complice sur le visage.

- Ce n'est pas grave si tu es amoureux d'un garçon...du moment que c'est de l'amour ça ne peut être que beau. Et puis je te comprends, ce Ryo n'est pas mal du tout dans le genre mystérieux et protecteur.

Encore une fois, Tegoshi se mit à rougir d'un coup, provoquant un nouveau rire chez Sakura.

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Ryo attendait depuis bientôt une heure, assit sur son canapé. Parfois il entendait des cris, d'autres fois rien. Il ne savait pas ce qui était le pire. Ne rien entendre ou savoir que Yuya devait souffrir. Toujours est-il que là il en n'avait vraiment plus qu'assez d'attendre. Ces derniers jours, il n'avait pas arrêté de crier sur Tegoshi allant parfois jusqu'à sous-entendre qu'il regréttait de l'avoir rencontré. Mais ce n'était pas vrai. D'ailleurs à prèsent qu'ils étaient séparés, il lui manquait plus que tout. Pourtant, il était dans la pièce d'à côté et ça ne faisait qu'une petite heure qu'il était partit. Mais c'était déjà trop. La fatigue accumulée n'arrangeait rien aux choses, les rendant au contraire presque insurmontables. Alors qu'il croyait qu'il allait exploser, la porte de sa chambre s'ouvrit soudain. Tout le monde se tourna vers Sakura. Yamashita qui regardait la télé, Shige qui lisait des magasines, mais surtout Ryo qui se perdait dans ses pensées depuis trop longtemps à son goût. Se relevant nerveusement et violemment, il sauta presque sur la jeune femme qui se contenta de lui sourire. Ce fut donc Nishikido qui ouvrit le premier la bouche alors qu'une tension palpable s'était installée dans la pièce.

- Alors ?!

- Vous devriez allez lui parler...

Sans que Ryo ne comprenne comment, Sakura l'avait déjà poussé dans sa chambre et avait refermée la porte derrière lui. Nishikido se retrouva alors face à Yuya, toujours assit sur son lit, le plateau repas devant lui. Intacte. Ce simple mot suffit à vider entièrement Ryo de ses forces. Il eut une soudaine envie de lui hurler dessus...mais quelque chose dans le regard que Tegoshi posa sur lui l'en empêcha. Yuya n'avait pas la même expression qu'avant. Il paraissait plus...léger. Fronçant les sourcils, Nishikido finit par s'approcher, s'asseyant finalement sur son lit à quelques centimètres de Tegoshi qui ne le quitta pas des yeux. Leurs regards se croisèrent et ne se quittèrent plus. Après plusieurs minutes, Ryo prit enfin la parole.

- Tu m'en veux ?

Lentement, horriblement lentement, Yuya hocha négativement de la tête, ne quittant toujours pas Nishikido des yeux avant d'ouvrir la bouche.

- Pourquoi tu l'as appelée ?

- Tu n'écoutais plus personne à part un de tes parents. Ca paraissait logique que l'autre puisse te ramener à la raison mais on dirait que ça a raté.

Termina Ryo en désignant du doigt le plateau repas auquel Tegoshi n'avait pas touché. Ce dernier enchaina, sans regarder une seule fois la nourriture.

- Tête de fesse...

- Tegoshi c'est pas le moment je suis fatigué...

- Je sais. Je suis désolé. Enfaite tu avais peut-être raison...tu aurais mieux fait de ne jamais me rencontrer.

Pendant une seconde, Yuya crut que Ryo allait le giffler. Pendant une seconde, Nishikido le crut aussi. Mais finalement il réussit à se contenir, fermant les yeux en respirant profondèment. Lorsqu'il les rouvrit, Tegoshi avait une drôle de lueur dans les yeux. Comme de la malice. Ryo fronça des sourcils alors que Yuya enchainait.

- Je peux te poser une question ?

- Hum ça dépend...

- Pourquoi détestes-tu les femmes ?

Nishikido éclata soudain de rire, faisant sursauter Tegoshi.

- Tu crois vraiment que c'est le moment de me demander ça ?

- Pourquoi pas...tu es faible. L'occasion ne se représentera pas.

- T'es plus malin qu'on pourrait le penser vieille sorcière ! Puisses que tu y tiens...

Ryo monta sur son lit, se méttant à l'aise alors que Yuya le surveillait machinalement du coin de l'oeil. Soudain, les yeux de Nishikido se firent lointain, d'une noirceur différente de celle de d'habitude.

- On n'a eu à peu près le même père...enfin du moins ils avaient les mêmes caractèristiques. Les coups...les mots. Je n'ai jamais connu ma mère, première expérience ratée avec les femmes ! Lorsque j'avais quatorze ans, mon père s'est remit avec une femme. Une jeune femme...beaucoup plus jeune que lui. A tel point que son âge se rapprochait plus du mien que de celui de mon paternel. Très vite, je suis tombé amoureux d'elle. Elle paraissait si parfaite...Au fil des années je n'ai cessé de la regarder de loin puis finalement on n'a eu une aventure ensemble. Elle me disait tout le temps qu'elle ne restait que parce que j'étais là. Qu'elle se fichait de l'argent de mon père, que tout ce qu'elle voulait c'était s'enfuir avec moi. Partir le plus loin possible, tout les deux...Je me suis alors convaincu que j'arriverai à sortir de l'emprise de mon père avec son aide, son amour. Elle s'est bien enfuie, comme elle l'avait dit...mais toute seule. Mon père nétait pas des plus pauvres et elle n'est pas partie les poches vides. Elle n'a même pas cherchée à m'emmener. Elle s'est juste sauvée avec son fric. J'ai dut alors me débrouiller seul, m'enfuir par mes propres moyens et mon propre courage. Deuxième expérience ratée...je trouve que c'est suffisant pas toi ?

- Peut-être...

Se contenta de répondre Yuya, qui regrettait finalement d'avoir demandé à Ryo de raconter son histoire. Ce dernier avait un sourire amère, comme s'il se moquait de lui-même. Finalement, il revint au monde réel, sortant de ces souvenirs et posa des yeux brûlant sur Tegoshi qui manqua de baisser la tête.

- Pourquoi ça t'intéresses ?

- Comme ça.

- Tu t'en fichais avant...

- J'essayais surtout de me débarasser de toi !

- Plus maintenant ?!

Demanda soudain Ryo, les yeux brillants de malice. Yuya fronça les sourcils, le prenant de haut.

- Toujours autant qu'avant ! Peut-être même plus !

- Puisque tu le dis...et tu comptes manger ou pas ?!

Le regard de Nishikido était soudain sérieux. Les paupières de Tegoshi papillonnèrent alors qu'il passait sa langue contre le creux de sa joue. L'odeur de la nourriture lui arrivait jusqu'au nez avec une envie irrésistible. Finalement, il baissa la tête. Aussitôt, Ryo poussa un juron. Se relevant d'un coup, il fit les cents pas dans la chambre, ne posant plus une seule fois ses yeux sur Yuya.

- Je veux bien être aimable, supporter ta mauvaise humeur mais là tu commences vraiment à me fatiguer ! J'ai tout fait, tout ! J'ai appelé ta mère...normalement ça aurait dut marcher. Je t'ai même raconté mon histoire ! T'es vraiment qu'un morveux pourrit gâté tu le sais ça ?!

Tegoshi ne répondit pas. Ryo s'énerva encore plus, ne le regardant toujours pas.

- MAIS TU VAS ME REPONDRE OUI ?!

Se tournant soudain vers Yuya, il n'émit plus le moindre son, la bouche pourtant grande ouverte. Ses yeux s'écarquillèrent alors que Tegoshi le regardait calmement, occupé à mastiquer un onigiris. Voyant que Nishikido paraissait choqué, Yuya lui lança un regard intérrogateur. Comme Ryo ne lui répondait pas, le jeune garçon enchaina sur un autre sujet.

- C'est super bon ! Tu devrais goûter tête de fesse, t'as une mine épouvantable !

Tegoshi se permit même d'en prendre un deuxième, puis un troisième et finit presque tout le plateau sans quitter Nishikido des yeux. Mais ce dernier ne bougeait toujours pas, le regard hagard. Yuya se releva, un onigiris dans la bouche et un autre dans la main. S'avançant lentement vers Ryo, il lui donna celui qu'il tenait, s'accordant même un léger sourire.

- Manges ! Il parait que ça fait du bien !

Se retournant vers son lit, il fut soudain plaqué ventre contre le mur. Le corps de Nishikido l'écrasait de tout son poids alors que ses bras l'avaient enlaçés. Yuya poussa un petit hoquet de surprise qui s'agrandit en sentant le visage de Ryo se nicher dans son cou. Quelque chose lui coula le long de la peau. Il comprit que Nishikido pleurait. Lorsque ce dernier ouvrit la bouche, sa voix était horriblement grave, soufflant de l'air bouillant sur la peau de Yuya qui frissonna.

- Ne me refais plus jamais un coup pareil !

- Désolé.

Murmura Tegoshi d'une toute petite voix, le visage écarlate. Les bras de Ryo se ressérèrent autour de sa taille, lui faisant monter sa température corporelle. Et vu l'état physique de faiblesse dans lequel il était il ne résisterait pas aussi bien que d'habitude.

- Tête de fesse...tu peux me lâcher s'il te plait ?!

- Encore une minute.

- 10 secondes !

- 50 !

- 10 !

- 40 !

- RYO !

- Ah j'ai l'impression de revenir comme au bon vieux temps.

- Et c'est horrible ! Ne crois pas que juste parce que je mange de nouveau tu vas pouvoir me faire tout ce que tu veux !

- C'est magnifique plutôt ! Oh ne me tentes pas...

Aucun des deux n'émit plus un son. On n'aurait put penser que Ryo profitait juste de l'instant prèsent et que pour une fois, Yuya faisait de même. Ce qui était sûr, c'est qu'aucun n'avait la force de résister à l'autre donc pour l'instant, le meilleur remède était de ne plus bouger. C'est ainsi que Tegoshi ne protesta pas quand Nishikido alla s'allonger, le tenant toujours contre lui. Très vite ils s'endormirent, berçé l'un et l'autre par leurs respirations qui avaient l'air de faire qu'une. Bizarrement, personne ne vînt les déranger pendant la journée, ni même pendant la nuit. Au fil de leurs heures de sommeil, Yuya se tourna inconsciemment vers le buste de Ryo, l'enlaçant avec ses bras. Nishikido nicha alors son visage dans son cou.

Ce fut Yuya qui se réveilla le premier, tiradé par une faim qui lui rongeait les entrailles. Ouvrant lentement les yeux, il tomba directement sur le visage de Ryo plus proche que jamais du sien. Rougissant d'un coup, il voulut aussitôt se dégager. Mais soudain, ses yeux dérivèrent sur les lèvres du jeune homme couché devant lui...presque machinalement. Une honte l'envahit subitement alors qu'il avait tout d'un coup très chaud ! Son coeur semblait sur le point d'exploser alors qu'il n'arrivait plus à quitter sa bouche des yeux. Il essaya bien de les fermer mais l'image restait gravée dans son esprit. Regardant autour de lui, il prit une profonde inspiration, rougissant jusqu'aux oreilles. Ramenant ses mains vers lui, Yuya s'avança avec un extrême lenteur, pressant tout doucement ses lèvres contre celles de Ryo. Ses yeux s'étaient fermés de toutes les forces que possédait le jeune garçon. Le bout de ses doigts caréssa presque timidement le menton de Nishikido. Tout son corps tremblait alors qu'il ressentait des sensations inconnues. Ses lèvres étaient si douce, si parfaite. Il aurait put rester à jamais ici, dans ses bras. Mais le pire fut quand les mains de Nishikido se rejoignirent derrière son cou pour le faire basculer sur le lit et que Ryo se retrouva comme par enchantement à califourchon sur lui. Rouvrant et écarquillant soudainement les yeux, Tegoshi poussa un hoquet de surprise alors que Nishikido lui faisait son plus beau sourire après s'être légèrement redressé.

- Tu m'as dis que je n'avais pas le droit de te faire tout ce que je voulais mais ça vaut pour toi aussi monsieur j'embrasses les gens pendant leur sommeil.

Le visage plus que jamais écarlate, Yuya essaya de quitter les yeux pétillant de malice de Ryo mais n'y parvint pas. Soudain, il s'énerva, prenant conscience de leur situation.

- Pousses-toi !

- Pourquoi ?! Je suis bien moi !

- Pas moi !

- C'est pas moi qu'est embrassé l'autre pendant son sommeil ! T'es pervers enfaite...c'est intérèssant !

- T'étais même pas endormis ! POUSSES-TOI !

- Pourquoi ? Tu as peur qu'on fasse des bêtises si on reste allongés l'un contre l'autre ?!

Décidèment, ce matin, Ryo était très déchainé et semblait avoir retrouvé des forces ! Tegoshi était en train de l'apprendre aux dépends de son coeur ! Soudain, il le frappa à l'entre-jambe. Tandis que Nishikido poussait des jurons à tout va, Yuya se précipita dans la salle de bain. S'accrochant d'abord au lavado avec ses mains tremblantes, il se passa ensuite de l'eau bien froide sur le visage. Subitement, quelque chose vibra dans sa poche, le faisant sursauter. Tegoshi se rendit alors compte qu'il s'était endormit tout habillé et que son portable était encore dans son jean. Le sortant à toute vitesse, il décrocha.

- Moshi moshi ?!

- Ta catain de mère est en ville à ce qu'il parrait ?

Yuya ne répondit pas tout suite, le fil de ses pensées soudain écrasé par une ombre mennaçante. Ses paupières papillonnèrent alors qu'il paniquait soudain, son coeur battant plus vite qu'à la normale.

- Papa ?!

- C'est vrai ou pas ?

- Je...je ne sais pas, je ne l'ai pas vu.

- J'espère que tu ne manges toujours pas ?!

-...

- Alors c'est que tu ne dois plus aimer ce sale morveux ?!

-...

- Yuya, Yuya, Yuya ! Mais que vais-je faire de toi ?!

- Papa...

- Reviens à la maison !

Les yeux de Tegoshi se mirent à briller alors que sa voix devenait suppliante.

- Papa...

- Soit tu reviens à la maison, soit ton Ryo shéri à un accident très malheureux...

A suivre...