Après une nuit pareille, Ryo avait bien besoin d'une petite pause à l'air frais du matin. Après tout, il avait bataillé pendant des heures pour ne pas se jeter sur Yuya qui après lui avoir dit qu'il n'avait pas besoin de lui s'était finalement endormit dans ses bras ! Drôle de façon de ne pas avoir besoin de lui tout de même ! S'accordant un léger sourire, Nishikido ferma les yeux, sentant une légère brise lui siffler sur le visage et lui ébouriffer les cheveux. Il avait dit à Tegoshi qu'il n'aurait aucun mal à résister, que dormir à côté de lui ne lui poserait pas de problème...ben voyons ! Yuya avait frôlé un nombre infinie de fois d'être violé en plein dans son sommeil. En même temps, c'était lui qu'avait commençé. D'ailleurs, rien qu'à l'idée que Tegoshi s'était littèralement jeté sur lui en faisant croire qu'il était saoul paraissait suréaliste. Ryo savait qu'il était amoureux de lui. Mais de là à ce que Yuya décide de sauter le pas avec lui...Nishikido s'était toujours dit que Tegoshi ne pouvait pas l'aimer autant que lui-même l'aimait. Maintenant il commençait à douter. Apparemment les sentiments de Yuya à son égard étaient beaucoup plus fort qu'il ne l'avait pensé, même imaginé. Et c'est surtout contre ça qu'il avait dut se battre toute la nuit. Allez dormir à côté de l'homme de votre vie qui vient juste de vous excitez comme une puce sans avoir le moindre droit de le toucher ! Mais enfaite plusieurs fois les doigts de Ryo s'étaient mit à toucher le visage de Yuya, lui carèssant les joues, le front, les lèvres...surtout les lèvres, après les baisers que lui avait donné son cadet il ne pouvait qu'être hypnotisé par tant de saveurs et de sensations. Alors quand en plus, Tegoshi s'était endormit presque collé à lui ça avait été le bouquet ! D'où il était, il avait une vue plus que précise de ses grains de beauté. Cette fameuse ligne de grains de beauté...l'avait complètement envoûtée et il n'avait pas put s'empêcher de la carèsser elle aussi. Autant dire que ça aurait été si facile de sauter sur Yuya et de satisfaire ses envies que ce dernier avait lui-même créé...Heureusement que Ryo n'était pas une ordure ! Mais il espérait de tout coeur que Tegoshi ne recommence pas avant d'être vraiment près car là il était passé très près de se faire avoir sans vraiment le vouloir. Nishikido y avait passé toute la nuit, pourtant il n'arrivait toujours pas à calmer les battements de son coeur. Rester allongé à côté de Yuya toute la nuit avait été horriblement merveilleux et en même temps un véritable suplice. Le jeune homme commençait à croire qu'il pourrait passer sa vie entière à regarder dormir Tegoshi. Juste écouter sa respiration tout en observant le soulèvement de son buste. Juste le regarder, lui carèssant tendrement la peau. Yuya paraissait si paisible lorsqu'il était endormit, comme si les problèmes qu'avaient mit la vie sur sa route lui étaient inconnus. Il semblait si heureux...d'ailleurs rien que d'y penser ça rappelait à Ryo le magnifique sourire taquin que lui avait offert Tegoshi la veille. Aillant du mal à reprendre son souffle alors qu'un fou rire idiot et incontôlable le saisissait, il dut se pencher en méttant ses mains sur ses genoux pour se calmer. Yuya avait crut pouvoir jouer le saoul sans craindre les conséquences. Mais la vérité était bien là, il lui avait sourit. En face, pour de vrai, sans chercher à mentir. Et le résultat était absolument magnifique. Ah ça faisait à peine cinq minutes qu'il était sortit de son appartement et Yuya hantait toujours autant ses pensées et son coeur. Peut-être devait-il encore attendre ? Les tremblements de son corps s'étaient calmés au fur et à mesure que la prèsence de Tegoshi près de son corps lui était devenue presque familière. Pendant toute la nuit, il avait lutté pour ne pas le toucher et maintenant qu'il ne le voyait plus il avait l'impression d'être vide. Comme si le monde avait perdu toutes ses couleurs. Il n'avait qu'une hâte : rentrer. Mais Ryo n'était pas fou. Yuya avait fait les choses en grand, rendant Nishikido encore tout bouleversé le lendemain ! Relevant soudain la tête, il se rendit compte qu'il n'était enfaite pas très loin de chez lui. Mais à force de marcher sans vraiment regarder où il allait il avait finit par attérir dans une espèce de rue déserte. Le vent soufflait presque violemment ici, faisant danser une fumée opaque qui s'échappait d'on ne sait où. Frissonnant inconsciemment, Ryo se retourna dans l'intention de prendre un autre chemin. Il stoppa tout mouvement, se retrouvant face à trois gars. Habillés de vêtements troués de toutes parts, ils se différençiaient surtout au niveau de leurs physiques. Le premier paraissait immense, autant en taille qu'en poids. Blond coupé court, il avait le visage irrégulier et bouffit, comme si quelqu'un s'était amusé à lui gonfler les joues sans penser à faire de même sur le visage entier. Ses yeux étaient d'un noir stupide, comme s'il lui manquait un ou deux boulons dans le crâne ! Il tenait pour sa part une batte de base-ball qu'il prenait plaisir à tapper dans une de ses paumes avec un air mennaçant. Le tout rendait le personnage assez comique malgré les risques. Le deuxième était plus petit, disons de taille moyenne. Les cheveux violets mi-longs, il avait quand même plus d'allure que son camarade même si l'intélligence n'émanait pas vraiment de lui. Il n'avait aucune arme, se contentant de faire craquer ses doigts avec plus de buit que nécèssaire. Le troisième quand à lui, contrastait sur tous les points avec ses amis. Etant plus petit que les autres et beaucoup plus mince, il semblait pourtant beaucoup plus mennaçant. Ce n'était pas vraiment ses cheveux bruns ou le couteau qu'il tenait calmement dans sa main...C'était surtout ses yeux. Il n'y avait qu'à les croiser pour comprendre qu'il était beaucoup plus mâlin que les autres et qu'il n'avait qu'une ambition : faire souffrir. Ryo pensait être le plus sadique...il venait de rencontrer plus fort que lui. Ils avaient l'air d'avoir entre 25 et 30 ans. Après une minute sans que personne n'ait fait le moindre geste, Nishikido fronça les sourcils, guéttant la moindre réaction. Il n'était pas assez idiot pour croire qu'ils ne lui voulaient que l'heure. Il ouvrit donc le premier la bouche, d'une voix qui se voulait la plus calme possible.
- Salut !
Aucun des trois colosses ne lui répondit et Ryo se contenta d'avaler patiemment sa salive. Chacun le regardait avec une lueur leur étant propre mais il y avait à peu près la même idée : s'amuser en faisant saigner. Soudain le plus grand, le blond, parla, un rictus lui tordant le visage.
- Ryo Nishikido ?
L'intérèssé entrouvrit les lèvres, surprit avant de sourire amèrement. Ainsi, ils n'étaient pas là par hasard...tout à coup les mots de Yuya lui revinrent en mémoire. Ce dernier avait parut si bouleversé que tout le monde avait pensé que pour qu'il se métte dans cet état ça ne pouvait être que sa mère qui soit en danger. Mais apparemment c'était en réalité Ryo. Quelque part, ça le rendait presque heureux, comme sur un nuage. Savoir qu'il comptait à ce point pour Tegoshi, au point que Tegoshi Señor se serve de lui pour mennacer Yuya. C'était quand même glorifiant, quoi qu'un peu problèmatique lorsque ça faisait de lui quelqu'un mennaçé de mort.
- Ca dépend de qui le demande !
- Le nom de Sosuke Tegoshi te dis quelque chose ?
- Vaguement...c'est le fleuriste au coin de la rue, ne ?!
Les trois gars le fixèrent avant d'éclater de rire. Un rire bête pour les deux premiers mais cruel pour le troisième. Ce fut ce dernier qui s'adressa à Ryo, d'une voix posée mais capable de faire frissonner même le plus courageux.
- L'humour ne te serviras pas à grand chose...
- Si vous le dites !
- Juste une question : Pourquoi le patron d'un club d'hôtes paierait trois jeunes étalons pour venir régler son compte à un pauvre petit morveux sans importance ?!
Nishikido ne répondit pas tout de suite, semblant lui-même réflèchir au moyen de bien formuler sa réponse. Finalement, un sourire sincère s'afficha sur son visage. Il ne leur était pas du tout destiné mais il était là quand même.
- Peut-être parce que Monsieur a peur que la chose qu'il aime le plus au monde aime à prèsent autre chose que lui et beaucoup plus fort...
Le brun le fixa un moment, semblant le sonder. Un sourire s'afficha aussi sur son visage. Mais le sien était plus sadique et cruel alors que ses yeux devenaient perçant.
- Bonne réponse, maintenant tu vas mourir !
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Ses forces lui manquaient, l'air lui manquait. Ouvrant subitement la bouche en grand, un râle affolé en sortit. Yamashita fit de grands yeux alors que des larmes commençaient déjà à apparaitres sur le visage de Yuya. Ce dernier commença alors à jeter des regards affolés dans tous les coins et recoins de la pièce, semblant chercher quelque chose.
- Où est le double des clés ?
- Hé ?!
- LE DOUBLE DES CLES !
Sursautant sous l'effet urgent que produisait le hurlement de Yuya, Tomohisa se dirigea rapidement vers une commode pour ouvrir un tiroir. Il en sortit le double de la clé de la porte d'entrée. Tegoshi courut jusqu'à lui, voulant la prendre le plus vite possible. Soudain, alors qu'il l'a voyait déjà dans ses mains, Yamapi l'éleva hors de sa portée, le faisant rugir de rage.
- DONNES-LA MOI !
- Pourquoi ?!
Le regard de Tomohisa était perçant malgré sa voix calme et son léger sourire. Nul doute qu'il ne céderait pas. Yuya ouvrit la bouche.
- J'ai pas le temps de t'expliquer...s'il te plait !
- Alors fais le vite !
- Yamashita !
- Tegoshi ?!
Yuya émit un grognement de rage avant de sautiller sur lui-même, ne tenant plus en place. Les larmes avaient commençaient à couler sur son visage, lui brûlant les joues. Finalement il se tourna vers Yamapi, le regard désespèré.
- Ce n'était pas ma mère qui était en danger mais tête de fesse et il est dehors !
Pour s'assurer qu'il le croit, Tegoshi lui montra le sms qu'il venait de recevoir. Les yeux de Tomohisa s'écarquillèrent.
- Merde...
Murmura t-il avant de faire quelques pas vers la porte. Aussitôt, Yuya le retînt par les bras.
- NON ! C'est à moi d'y aller ! C'est de ma faute, c'est à moi de tout régler. Je ne veux pas que d'autres personnes soient en danger à cause de moi !
- Si je te laisses partir tout seul, Ryo me tuera...
- Si tu ne le fais pas c'est Ryo qui mourera...
-...
- Je t'en prie ! On n'a plus le temps de réflèchir !
- D'accord...mais jures-moi de rester en vie !
- Promis...
- Et promets-moi de garder Ryo en vie !
- Promis...
- Tu m'appel dès que tu le retrouves, j'arriverais aussi vite que le vent !
- Merci !
Lui faisant un mouvement de la tête, Tegoshi se mit à courir juste après s'être saisit des clés. Ouvrant rapidement la porte il la frenchit en se disant que c'était la seule chose qu'il espérait depuis des jours. Aujourd'hui que ça se produisait, il aurait tout donné pour ne jamais quitter cet endroit. Quelque chose lui disait au plus profond de lui qu'il ne reviendrait jamais ici...Essayant de ne pas y penser, il accélèra sa course une fois dans les escaliers avant d'atteindre enfin la rue. Le visage remplit de larmes, les yeux affolés, il tourna plusieurs fois sa tête de chaque côté de la rue dans laquelle il était. Se pinçant férocement les lèvres jusqu'au sang, il sautilla sur lui-même comme quelqu'un qui craque. La voix qui s'éleva de sa bouche était sifflante, saccadée et rauque.
- De quel côté ?!
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Le premier coup surprit Ryo plus qu'il ne l'aurait cru. L'attendant à la tête ou au ventre, il le reçut au contraire dans le genou, lui arrachant un gémissement de douleur. Le blond esquissa un sourire, content du résultat avant de frapper de nouveau. Encore au genou. Après plusieurs coups similaires, Nishikido comprit alors la tactique de ces agresseurs : d'abord le mettre hors d'état de s'enfuir. Et la meilleur solution était de lui mettre les jambes hors service si on peut dire. Poussant un grognement de rage, ses joues prirent des couleurs alors qu'il se jetait sur le blond. Quitte à se faire tabasser, autant en mettre le plus possible dans la tête du voisin. Sentant ses jambes lâcher au énième coup de son colosse préfèré, il s'accrocha férocement aux joues de ce dernier, le griffant de toutes ses forces. Il mit toute sa force dans ses genoux, le frappant à l'entre-jambe. Mais son adversaire ne parut même pas être frémir même si Ryo laissa des marques de sang sur son visage. Au contraire, il le mit plus en colère qu'autre chose. Soudain, le blond rejeta sa tête en arrière avant de la rabattre violemment sur celle de Nishikido. Ce dernier fut projeté en arrière et atterit directement dans les bras du gars au cheveux violet. Ce deuxième colosse l'attrapa par les coudes, lui faisant remonter les bras en arrière et beaucoup trop haut. Ryo hurla de douleur cette fois, baissant la tête pour essayer de respirer. La seule réponse qu'il eut fut les poings du blond dans son ventre, lui coupant directement la respiration. Son agresseur frappait soit son ventre, soit son visage mais dans tous les cas c'était avec une force inouïe. Très vite, Nishikido sentit son nez se mettre à saigner ainsi que ses lèvres...puis ses joues. Tout son visage finit par être endolorit au point de ne plus différencier le sang des bleus. Quand à son ventre, plusieurs craquements l'informèrent que ses côtes n'aimaient pas vraiment le traitement. Plusieurs fois, des hurlements de douleur ou de déchirement lui échappèrent, donnant de la satisfaction à ses agresseurs qui y allaient encore plus fort. Ses jambes avaient lâchées depuis longtemps et la pression sur ses épaules n'en était que plus accentuée, le crispant horriblement. Peut-être que ses bras étaient déjà cassés, il ne savait plus trop. Son corps lui faisait tellement mal tout en lui laissant une sensation de ne rien ressentir. C'était très...étrange et familier. C'était sûremment ça le plus horrible. A chaque coup, à chaque hurlement, il revoyait son enfance, son père. Parfois même, il avait l'impression que c'était lui qui le frappait, revenu d'entre les morts. Il se trouvait alors si stupide...mais en même temps il était térrifié. Malgré tout son courage, malgré toutes ses bonnes pensées, il était térrorisé, soudain attaqué par ses vieux démons. Il ne savait pas vraiment ce qui était le pire : la douleur mentale ou physique. Dans les deux cas, il aurait tant voulu que ça s'arrête. Plus le temps passait et plus ses pensées s'enmêlaient, comme si son cerveau était secoué dans tous les sens ce qui était en quelque sorte vrai. Le monde tournait autour de lui, il avait du mal à évaluer les distances et des nausées le secouaient de toute part. Soudain, le gars au cheveux violet qui le tenait le lâcha sans prévenir, le balançant presque. Ryo s'éffondra ventre contre le sol. Essayant de s'appuyer sur ses coudes, il leva les yeux pour regarder autour de lui. Le blond récupérait sa batte de base-ball laissée par terre. Cette vision rappela des souvenirs à Nishikido, le faisant soupirer de lassitude. Cette fois il n'y aurait pas Yuya pour le protéger. Quelque part il vallait mieux...Ryo préfèrait mourir tout seul que de voir Tegoshi souffrir. Tournant la tête, il aperçut le gars au cheveux violet continuait de se faire craquer les doigts. Juste à côté se tenait leur chef. Il n'avait pas touché une seule fois Nishikido, comme s'il attendait quelque chose de bien précis, son couteau à la main. Ryo fut sortit de ses pensées par le premier coup de batte, lui arrachant un cri de douleur. Par réflèxe, il se cacha le visage dans ses bras. Le blond alternait coup de batte et coup de pieds dans le ventre de Nishikido. Nul doute qu'il avait déjà plusieurs côtes cassées. Il ne savait pas vraiment depuis quand ça durait, tout ce qu'il savait c'est qu'il avait l'impression que ça durait depuis des décènies. Que sa vie avait commençée au moment où ils lui étaient tombés dessus. Il avait beau essayer, le sourire de Tegoshi avait du mal à se frayer un chemin jusqu'à son coeur. Pourtant il la sentait...cette chaleur propre à l'image de Yuya. Cette chaleur qui lui réchauffait le coeur et le protégeait de toute pensée négative. Mais à cet instant précis, elle semblait trop loin pour qu'il puisse l'atteindre.
- Oh on dirait qu'il commence à tomber dans les pommes chef !
Ryo ne sut pas vraiment lequel avait parlé et de toute façon ça n'avait aucune importance. Cependant, il sentit des mains l'attraper. Il se retrouva alors dos au mur, assit par terre. Plusieurs fois il manqua de tomber sur le côté mais plusieurs fois le leader du groupe le maintînt droit. Les paupières de Nishikido papillonnèrent lentement alors qu'il essayait de s'habituer à la lumière du jour après avoir vu l'obscurité dans ses bras. Ses yeux rencontrèrent alors ceux du brun, celui qui paraissait beaucoup plus dangereux que les autres. Ce dernier semblait être plus qu'heureux de voir Ryo souffrir autant. C'était sûremment la cause de l'immense sourire sadique placardé sur son visage.
- Alors ?! On n'abandonne déjà ?!
Nishikido ne trouva pas la force de répondre. Les yeux du chef se firent plus dur et il envoya aussitôt une bonne droite dans le visage de Ryo. Ce dernier se mit soudainement à tousser, alors que ses côtes le faisaient de plus en plus souffrir. Il sentit quelque chose de plus gluant sortir de sa bouche et passa doucement sa main dessus : du sang. Le jeune homme se contenta de soupirer alors que son agresseur éclatait de rire. L'homme ressortit alors son couteau qu'il agita sous le nez de Ryo.
- Tu sais ce que c'est ? C'est ta promesse pour le monde des enfers !
Nishikido fronça les sourcils, trouvant la plaisenterie de très mauvais goûts alors que les deux autres sbires pouffaient comme des idiots. Soudain, la lame lui frôla la joue, avant de finalement s'appuyer dessus. Les yeux de Ryo fixèrent ceux de son ennemi alors que ce dernier passait enfin à l'action. Affermissant sa prise sur le couteau, la lame commença à trancher la peau du visage de Nishikido, le faisant difficilement respirer. Le sang coula en lui brûlant le corps, alors que le brun faisant descendre le couteau. Après avoir tiraillé la joue de Ryo, il s'en prit au cou, puis au torse. La lame traversait le tissu en même temps que le dessus de la peau. Bientôt apparut une grande ligne partant de la tempe de Nishikido et se finissant vers son nombril. Arrivé au ventre du jeune homme, son agresseur s'arrêta soudain, une lueur monstrueuse dans les yeux. Ryo essaya de retrouver un semblant de respiration, buffant et toussant toujours du sang. Mais soudain, la lame s'enfonça dans son corps, le transperçant comme l'aurait fait un boucher sur un porc à abattre. Hurlant de toutes ses forces, il leva le plus haut possible la tête, comme s'il essayait de se redresser mais en vain. Son agresseur s'avança vers lui, méttant ses lèvres à hauteur de son oreilles. Sa main était toujours sur son couteau qu'il enfonçait toujours un peu plus, comme s'il espérait finir par le transpercer.
- Vois-tu au départ tu étais notre seule cible, on nous a payés pour te tuer. Ca fait des jours qu'on vous observe, bien avant que notre patron appel ton petit copain pour le mennacer. Il devait déjà savoir que son fils se sortirait de sa première mennace. Mais lorsque qu'on l'a vu, ce fameux jeune garçon...
Les yeux de Nishikido s'écarquillèrent soudain alors que ses forces le quittaient à toute vitesse. Sans même s'en rendre compte, des larmes avaient irradiées ses yeux. Son ennemi enchaina, un sourire aux lèvres.
- On sait dit que ça serait dommage de ne pas en profiter pour s'amuser un peu avec lui. Après tout, on n'en rencontre pas tous les jours, des mignons comme ça ! Je suis sûr que tu es de notre avis, ne ?!
Ryo sérra les dents, tournant lentement son visage vers celui si proche de son agresseur. Ses yeux étaient noirs, lançant des éclairs sur cette ordure alors que ce dernier semblait prendre son pieds. Soudain, Nishikido lui cracha dessus, mêlant sa salive et son sang. Le brun ne parut même pas trésaillir, se contentant de le fixer. Tout à coup, Ryo sentit la lame toujours dans son corps s'avancer encore plus violemment, le transperçant de cinq bon centimètres en plus. Un hurlement sortit de sa mâchoire pourtant férocement fermée. Son agresseur n'avait pourtant pas changé d'expression, seul ses yeux paraissaient plus dur. Nishikido trouva la force d'ouvrir la bouche, une lueur meutrière dans le regard.
- Je ne vous laisserez jamais le toucher...
Son agresseur se contenta d'éclater de rire.
- Mais regardes-toi, tu peux à peine bouger !
Posant lentement ses lèvres contre la tempe de Ryo, son ennemi fit alors tourner la lame qui n'avait toujours pas quittée le corps de Nishikido. Ce dernier ferma les yeux. Il commençait à avoir des vertiges, des nausées. Son corps était en sueur alors ses lèvres étaient sèches. Ses forces le quittaient, sa vie le quittait. Soudain, la lame quitta son corps. Brusquement, violemment, arrachant un nouveau cri à Ryo qui sentit son sang bouillant s'écouler au sol comme de l'eau. Son visage perdit des couleurs en à peine quelques secondes, devenant blanc comme un linge alors que ses lèvres s'entrouvraient. Il vit d'un oeil hagard son agresseur lever de nouveau son couteau...vers sa gorge.
- RYOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !
Les paupières de Ryo clignèrent. Lorsqu'il rouvrit les yeux, son ennemi n'était plus sur lui mais à quelques mètres sur le sol. Ecarquillant les yeux, Nishikido vit alors Yuya allongé de tout son long sur le chef, essayant de lui arracher son couteau ensanglanté des mains. Son coeur sembla s'arrêter de battre alors que des larmes coulaient à flot sur son visage fantômatique. Non...pas lui. Tegoshi poussa un cri de rage alors qu'il essayait de frapper l'agresseur de Ryo. Mais il eut beau le frapper plusieurs fois au visage, l'homme ne parut rien ressentir et ne lâcha pas cette fichue lame. Au contraire, il semblait même rire, perturbant quelques secondes Yuya. Ce seul instant suffit au brun pour lui envoyer une giffle phénomènale sur la joue, projetant Tegoshi en arrière. Il s'écrasa au sol avec violence. Les deux autres colosses qui ne l'avaient pas vu s'approcher se dirigèrent alors vers lui. Mais déjà Yuya se relevait en grognant de rage. Pendant une seconde, Nishikido ne le reconnu pas. Il semblait complètement avoir perdu les pédales. Comme si le fait que Ryo soit blessé l'avait fait entrer dans une colère noir. Il en fut presque content...au moins il pouvait voir à quel point Yuya l'aimait. Les yeux de Tegoshi contenaient une flamme plus destructrice que n'importe quel métaux. Elle aurait put tout ravager sur son passage. Sa joue était écarlate alors que le coin de sa lèvre était en sang mais il semblait ne pas le sentir, s'en fichant royalement. Il ressemblait quasiment à un puissant animal sauvage mit en colère. Criant de nouveau, il se jeta encore une fois sur le leader du groupe. Mais ce dernier se contenta de sourire légèrement avant de faire un pas sur le côté au dernier moment, poussant même Yuya dans le dos. Le jeune garçon s'écroula alors encore une fois par terre. Les deux colosses voulurent une nouvelle fois s'approcher mais leur chef leur fit signe de ne pas avancer. De son côté, Tegoshi se relevait déjà, s'apprêtant à se jeter sur l'homme avec encore plus de rage. Les yeux sadiques et taquin du leader rencontrèrent ceux rageurs de Yuya. Un sourire s'étira sur le visage du plus vieux alors que Tegoshi s'élançait. Encore une fois, l'homme joua avec lui et Yuya se retrouva par terre. Ils recommençèrent le manège plusieurs fois, plusieurs fois le cadet se réceptionna sur le sol. Ryo sérra les dents, comprenant que le brun s'amusait avec Tegoshi comme l'aurait fait un chat avec sa proie avant de la manger. Ses yeux se fermèrent une seconde...qui dura enfaite plusieurs. Soudain une voix le réveilla en sursaut.
- JE T'INTERDIS DE T'ENDORMIR !
Rouvrant les yeux, Nishikido croisa le regard de Yuya. Il n'y avait plus aucune trace de rage mais plutôt une horrible détresse. Des larmes coulaient sur ses joues alors que Ryo lui envoyait un sourire rassurant. Tout à coup, Tegoshi fut frappé en plein visage et s'écroula au sol. Son agresseur éclata de rire en faisant tourner son couteau sur lui-même, faisant gicler quelques gouttes de sang autour de lui.
- Que c'est mignon quand ça remue ! Mais il n'y a pas la place pour s'occuper de son petit copain en détresse dans ces cas là. Ce n'est pas grave je vais te rééduquer avec plaisir !
Ne s'occupant pas de ce que ce fou marmonait, Yuya se jeta de nouveau sur lui. Cette fois le brun ne bougea pas, faisant écarquiller les yeux de Tegoshi qui atterit droit dans ses bras qui se refermèrent sur sa taille. Leurs visages se retrouvèrent à quelques millimètres l'un de l'autre. L'agresseur affichait un énorme sourire espiègle. Lorsqu'il approcha ses lèvres de celles de Yuya, ce dernier lui envoya un coup de genoux bien plaçé avec un grognement de rage. Aussitôt, son annemi s'éffondra. Pour être bien sûr qu'il ne se relève pas tout de suite, Tegoshi frappa une deuxième fois dans son entre-jambe. L'homme poussa un cri étouffé et resta au sol, se tenant son bijoux comme une relique précieuse. Lorsque les deux autres colosses voulurent acourires pour l'aider, Yuya attrapa précipitamment le couteau qui était tombé par terre dans la lutte et le pointa vers eux. Ses yeux étaient mennaçant, sans pitié.
- N'APPROCHEZ PAS !
Les deux hommes s'arrêtèrent à quelques mètres de lui alors que leur chef soufflait bruillamment. Ce dernier ouvrit la bouche, son regard noir braqué sur celui de Yuya.
- Ca mon mignon tu vas le regrétter !
- La ferme !
Reculant de quelques pas, Tegoshi garda le couteau braqué sur eux pour les empêcher d'avancer avant de se précipiter vers Ryo. Le jeune homme semblait perdre peu à peu conscience et Yuya le secoua violemment, éclatant en sanglot.
- Tête de fesse ! RYO ! Tu restes avec moi, ne ?! T'as pas le droit de m'abandonner ! T'es plus emmerdant que ça, ne ?!
Jetant des regards furtif aux trois hommes derrière lui, il essayait de tout son coeur de faire réagir Nishikido. Mais les yeux de ce dernier le regardaient sans vraiment le voir alors que son visage était d'une blancheur térrorisante. Paniquant complètement, Yuya le giffla soudain, gémissement tout en pleurant.
- Mais tu vas reprendre tes esprits !
Sortant à toute vitesse son portable, Tegoshi se releva en envoyant un sms à Yamapi avant d'appeler une ambulance. Se retournant une enième fois, il remarqua que le chef du groupe n'était plus là. Fronçant les sourcils, il allait le chercher des yeux lorsque soudain sa main qui tenait le couteau se tourna. Baissant la tête, Yuya remarqua une autre main sur la sienne, la tenant fermement. Tout à coup, les deux mains reculèrent, faisant enfoncer la lame dans un coin de son ventre. Tegoshi sursauta, les yeux écarquillés alors que la douleur le tiradait. Le portable lui échappa et tomba sur le sol. Un corps se colla alors au sien par derrière et un souffle chaud lui fit comprendre que le leader était proche de son oreille, son visage niché dans son cou. Une voix s'éleva alors, amusé et avide.
- On va s'amuser toi et moi...
Le leader recula, faisant suivre Yuya qui n'eut pas d'autre choix. La douleur avait mit son corps en état de choc et il suivit sans broncher. Son souffle s'était accélèré alors que ses paupières papillonnaient à tout va. Sa main était toujours refermée sur le couteau toujours planté en lui, la main de son agresseur s'en assurait. Elle l'empêchait aussi d'essayer de retirer la lame. Une larme coula sur la joue du jeune garçon. Le chef du groupe passa alors son autre bras autour du corps de Tegoshi, glissant ses doigts sous la chemise de Yuya.
- Vois-tu ton père m'a payé pour tuer ton copain. Mais je n'ai pas d'autres choix que de m'occuper aussi de toi puisque tu es là...quel concour de circonstance, ne ?!
- Es...espèce...espèce d'ordure...
- Chut, chut, chut.
Le leader lui murmura le même mot, les lèvres contre la joue de Yuya, à chacune des fois où Tegoshi voulut parler. Soudain, l'agresseur tira sur sa main, faisant arracher le couteau du corps de Tegoshi avant de le faire passer dans sa paume. Yuya se retrouva désarmé et en train de se vider de son sang. Aussitôt, des nausées et des vertiges l'envahirent alors que ses jambes lachaient. Le bras du chef l'attrapa alors fermement par la taille, le forçant à tomber lentement alors qu'il commençait à embrasser la peau de Tegoshi. Ce dernier posa ses yeux lointain sur Ryo qui semblait avoir de plus en plus de mal à rester éveillé. Des larmes coulèrent sur ses joues. Il se retrouva bientôt dos au sol, son sang commençant à former une tâche par terre. Ses bras étaient à quelques centimètres de ses hanches et il n'arrivait même plus à bouger le petit doigt. Sa chemise était légèrement remontée, laissant entrouvrir la peau de son ventre qui se soulevait à toute vitesse. Soudain, le leader du groupe apparut dans son champ de vision, le faisant grogner de rage et de désespoir. Son agresseur se contenta de rire, posant négligemment ses lèvres sur le nombril de Yuya, là où sa chemise était remontée. Ses mains commençèrent à la déboutonner, après s'être chargées de la bragette de son jean. Remontant tout à coup vers la tête du cadet, le brun encadra son visage, lui carréssant avidement les joues puis les lèvres. Tegoshi essaya de tourner la tête sur le côté mais son ainé l'en empêcha, un sourire désireux sur le visage. Se penchant vers lui, le leader prèssa alors sa bouche contre la sienne. Comme Yuya avait les lèvres entrouvertes, son agresseur passa directement sa langue dans sa bouche. Tegoshi ne fit rien pour l'en empêcher, ne se rendant même plus compte de quoi que ce soit. Il ne sentait de toute façon presque plus rien. Le bout de ses doigts lui était insensible ainsi que ses pieds. Il ne sentit donc pas son torse se retrouver à l'air libre lorsque le leader lui déchira sa chemise pour la coincer derrière ses épaules, ni ses baisers dans son cou. Les lèvres de son agresseur pinçèrent alors toute la surface du buste de Yuya ainsi que ses épaules, aidées par ses mains qui se faisaient un plaisir de le toucher. Les yeux de Tegoshi papillonnèrent soudain, alors qu'il luttait pour rester éveillé. Son regard se posa sur Nishikido qui cette fois s'était bel et bien endormit...
- Ryo...
- Chut...
Les lèvres de son agresseur lui emprisonnèrent de nouveau la bouche alors que Yuya fermait une fois de plus les yeux, cette fois pour de bon. Avant de sombrer, il sentit juste la main du leader allez dans son caleçon ainsi que le son d'un cri de rage semblant si lointain.
- ARRETEZ !
Puis plus rien. Juste le noir et l'image de Ryo inconscient, peut-être mort. Une dernière larme coula le long de sa joue.
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Lorsque Nishikido ouvrit de nouveau les yeux, il dut les refermer aussitôt, d'abord éblouit par la soudaine lumière vive. Poussant un gémissement, il essaya de lever ses mains pour se protéger le visage mais elles étaient si lourdes. Clignant plusieurs fois des paupières, il s'habitua peu à peu à son environnement pour finalement réussir à garder les yeux ouverts. Un plafond horriblement blanc l'acceuilla alors. Tournant la tête sur le côté, il tomba sur Yamashita, recroquevillé en boucle sur une chaise qui n'avait vraiment pas l'air confortable. Ce dernier semblait dans un sommeil de plomb. Ryo fit pivoter sa tête de l'autre côté, espèrant voir Yuya lui aussi endormit dans un autre fauteuil. Mais il ne rencontra qu'un mur encore plus blanc que le plafond. Ses paupières papillonnèrent alors qu'il essayait de comprendre ce qu'il faisait ici. Très vite, il reconnut le lieu comme étant l'hôpital où il était venu quelques semaines auparavant. Mais pourquoi était-il là ? Soudain, tout lui revînt en mémoire...sa sortie improvisée après la nuit passée à côté de Yuya, les trois colosses envoyés par Tegoshi Señor, les coups, le couteau...Tout à coup ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il se rappelait l'arrivée fracassante de Tegoshi pour le sauver. La rage qui avait émanée alors de lui. Mais...il avait aussi été poignardé. Poussant un juron, il essaya alors de se redresser, s'arrachant un cri de douleur. Yamashita fut réveillé en sursautant et en regardant autour de lui. S'il y avait eu une explosion, il aurait sûremment fait la même tête ! Reprenant ses esprits, il se précipita sur Ryo, le poussant sur ses épaules pour le forcer à se rallonger.
- Oh oh oh calmes-toi ! T'as été sacrèment amoché ! Tu ne te vois pas mais crois-moi t'as pas fière allure ! Si je te ressemblais à cet instant précis toutes les filles du monde me fuiraient aussi sec !
- C'est pour ça ?!
Demanda soudain Nishikido, qui venait de remarquer qu'il avait plusieurs plâtres : un à chaque jambes ainsi qu'un au bras. Il avait aussi une attelle à l'épaule droite. Tomohisa lui adressa une grimace.
- Affirmatif ! J'ai eu la peur de ma vie quand je suis arrivé. Les ambulances n'ont pas tardées, heureusement.
- Où est-il ?
Les yeux de Ryo devinrent soudain perçant alors qu'il posait enfin la question qui lui tiradait la langue depuis un moment. Yamapi sembla chercher une quelconque aide dans la pièce sans rien trouver. Finalement il sembla décider de jouer l'idiot innocent.
- Qui ?
- Arrêtes de jouer à ça !
- Ecoutes essayes plutôt de te reposer, t'en a vraiment besoin !
- Réponds moi Yamapi.
La voix de Nishikido devenait suppliante alors qu'une lueur de panique naissait dans ses yeux.
- Le chef des gars qui m'ont agressés m'a dit qu'il voulait "s'amuser" avec lui...
- Il a faillit réussir.
Déclara Yamashita, un vague sourire sur le visage mais les yeux si tristes. Ryo sérra les dents, entrant dans une colère noir. Tomohisa enchaina aussitôt.
- T'inquiétes pas ! Je suis arrivé à temps ! C'était moins une mais le résultat est quand même là. Tegoshi était juste...
- Juste quoi ?
- Un peu dénudé...mais je te dis que je suis arrivé à temps.
- Je vais les retrouver et les tuer ces fumiers !
- Ben pas maintenant en tout cas !
- Bon et la vieille sorcière elle est où ? La dernière chose que je me souviens c'est qu'il est arrivé comme une tornade mais il s'est aussi fait poignardé, ne ?! Il va m'entendre celui-là ! Il n'avait aucun droit de sortir, même si c'était pour venir me sauver !
Yamapi sembla choisir les mots justes, laissant passer un moment avant de répondre.
- Il va bien.
Ryo fronça les sourcils, sentant que son ami lui cachait quelque chose d'important. Tomohisa continua, guéttant chacune des réactions de Nishikido avant de dire chaque mot.
- Tu es resté dans le coma pendant deux semaines, au début Tegoshi était dans la même chambre que toi. Sa blessure à mit quelques jours à se refermer complètement mais il gardera peut-être une cicatrice...
- Ensuite ?!
-...Lorsqu'il a commençé à pouvoir de nouveau se lever, il a passé un coup de fil...
Le regard de Ryo se fit soudain plus dur que le roc alors qu'une lueur meurtrière naissait dans ses yeux. Yamapi enchaina, regardant le sol pour éviter de rougir devant le regard brûlant de son ami.
- Il savait que s'il ne faisait rien, ces gars repasseraient pour te régler ton compte. Je n'ai pas réussis à les mettres hors service jusqu'à l'arrivée de la police alors ils sont toujours dans la nature. Tegoshi n'arrêtait pas de répèter toute la journée que tout était de sa faute, que t'avais faillis mourir à cause de lui. Sakura a bien essayée de le raisonner mais il était trop bouleversé. Il s'en voulait beaucoup trop.
Il marqua une pause, semblant craindre d'aller plus loin et la réaction qu'aurait Nishikido. Mais ce dernier commençait à deviner la suite. La voix qui s'éleva alors de sa bouche était rauque et violente alors que ses yeux étaient dans le vague.
- Il a appelé son père ?
- Oui. Je suis désolé. Le fait de te voir en danger a dut le choquer comme son père l'espérait...
- Viens en au faite !
- Tegoshi est repartit de sa propre volonté chez son père. Il l'a appelé et Tegoshi Señor est venu le chercher en voiture.
- C'était quand ?
- Hum...Il y a cinq jours peut-être. Depuis on n'a plus aucune nouvelle. Sakura a voulue aller le chercher elle-même mais je me suis dis que ce n'était pas une bonne idée.
Ryo hocha positivement de la tête, le regard toujours hagard. Yamashita commença à s'inquiéter.
- Ca va aller ?
- Tu m'as apporté des vêtements ?
- Hé ?
- Je ne vais pas aller le chercher en petite chemise !
Tomohisa éclata de rire avant de reprendre d'un coup son sérieux, le regard dur.
- Alors là mon coco tu rêves ! Tu ne sortiras pas d'ici avant un bon moment ! Les medeçins disent que tu as survecu de peu, très peu.
- Je ne peux pas le laisser rester chez son père.
- Tu n'as pas le choix !
Répliqua Yamashita d'une voix ferme, ne laissant pas à Ryo l'occasion de répliquer. Les yeux de ce dernier commençèrent à briller alors qu'il sérrait les poings jusqu'à s'en faire pâlir les phalanges. Tomohisa ouvrit la bouche, posant une main amicale sur l'épaule non bandée de Nishikido.
- Je suis vraiment désolé mais Tegoshi a prit sa décision.
- Il n'a choisit son père que parce que j'étais en danger !
- Ca revient au même. Le fait est que si Tegoshi s'en va de chez son père, tu seras mis à mort. On n'y peut rien. On n'a essayé de trouver une solution mais la vérité est là !
- Alors je sacrifie Yuya pour ma survie et je me tais jusqu'à la fin de mes jours en espérant que son père n'aille jamais jusqu'à le battre à mort et arrive à se contrôler pour s'arrêter avant c'est ça ?!
Yamapi marqua une pause, longue, pendant laquelle seule la respiration rauque et énervée de Ryo brisa le silence.
- Malheureusement...oui.
- Je ne peux pas.
- Tegoshi a choisit.
- Je m'en fou !
- Il a fait ça pour te sauver ! Soit c'est ça, soit tu meurs !
- TU NE COMPRENDS PAS QUE LA VIE SANS LUI EST IMPOSSIBLE !
Hurla soudain Nishikido. Cette fois, les larmes coulèrent sur ses joues et il se rallonga, complètement épuisé. Tomohisa reprit la parole.
- Reposes-toi...ah une dernière chose : Tegoshi a fait ça pour toi alors que je pensais qu'il était égoïste, je pense que tu devrais respecter son choix. Une dernière faveur de sa part pour finalement te prouver son amour.
Ryo manqua d'éclater de rire. Une dernière faveur ! Ses larmes redoublèrent. Finalement il éclata carrèment en sanglot et grimaça alors que son corps tremblotant ravivait ses blessures. Yamashita ne put rien faire d'autre que de rester à côté de lui.
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Une semaine plus tard, Ryo pouvait se déplacer. Oh il n'était pas du tout prêt pour faire un marathon mais au moins il pouvait mettre à peu près un pieds devant l'autre, ou tout du moins une roue devant l'autre...enfin même pas ! Puisque ses deux jambes étaient plâtrées pour encore trois semaines, il ne pouvait que se déplacer dans un fauteuil roulant. Il avait enfin vu à quoi il ressemblait et Yamapi avait raison : ça faisait vraiment peur. La moitié de son visage était gonflée à cause des bleus sans parler des coupures. Mais ce n'était pas ça qui le préoccupait le plus. Yuya était repartit chez son père depuis environ deux semaines et il n'avait donné aucune nouvelle. "Pas de nouvelle, bonne nouvelle" disait avec optimiste Yamashita mais Ryo n'y croyait guère. Avant il aurait peut-être admit que Tegoshi ne cherche pas à vérifier qu'il aille bien, mais après ces dernières semaines...L'amour que Yuya lui portait dépassait de loin ce qu'il pouvait imaginer alors qu'il ne se tienne pas informé de son état de santé était plus qu'impossible. C'est ainsi que Nishikido en avait conclut que Tegoshi était soit enfermé quelque part, soit trop blessé. Dans les deux cas, c'était inquiétant. Mais tout le monde refusait de l'aider. Yamapi disait que c'était peut-être mieux pour lui qu'il ne cherche pas à le retrouver. Sakura disait qu'ils devaient respecter le choix de son fils même si Ryo la suspectait de vouloir tenter quelque chose en douce. Shige, lui, disait que tous ces micros avaient été découverts et détruis, il ne captait plus rien venant de la maison de Yuya. En clair, tout le monde l'avait laissé tomber. Plus le temps passait et plus la perspective de revoir Tegoshi paraissait iréalisable. C'est pour ça que Ryo prenait de plus en plus l'air. Tous les matins, alors que personne ne venait encore le voir, il se balladait dans tout l'hôpital. Il ne se sentait vraiment pas bien ici mais apparemment ses blessures étaient beaucoup trop graves pour qu'il soit soigné chez lui par Yamashita. Quoi que se faire soigner par Yamapi était peut-être encore plus dangereux...Il allait prendre l'ascenseur lorsque la voix de la standardiste sembla l'interpeller.
- M. Nishikido ?! Etat en bonne voix de rétablissement comme d'habitude. Oui...Oui...Non ça ne me dérange pas du tout. Vous voulez que je le lui laisse un message ?
En moins de 10 coups de roulettes de son fauteuil, Ryo était devant la réceptionniste. Cette dernière lui adressa un sourire avant de poser sa main sur le bas du combiné.
- Puis-je faire quelque chose pour vous ?
- Je suis Ryo Nishikido.
- Ah justemment je tiens au courant un de vos amis sur votre état, comme tous les matins.
Les paupières de Nishikido papillonnèrent alors qu'il était perdu. Se redressant avec difficulté, il appuya sur le bouton "haut-parleurs" du téléphone avant de la prier de continuer sa conversation. La jeune femme parut surprise mais fit comme si de rien n'était.
- Toujours pas de message ?
- Non merci, je rappélerai demain.
- Les heures de visites sont de...
- Je les connais merci bien.
- Vous êtes sûr ?
- Oui.
- Vous voulez laisser votre numéro au cas où l'état de M. Nishikido s'aggraverait ?
- Je dois vous laissez...au revoir et merci encore.
La conversation fut soudainement coupée. La réceptionniste reposa le téléphone alors que les yeux de Ryo étaient soudain écarquillés et dans le vague. Finalement il éclata de rire, un rire libérateur, presque fou. D'ailleurs sa jeune voisine le prit pour un cinglé ! Nishikido ouvrit la bouche, un immense sourire sur les lèvres.
- Et il appel tous les matins vous dites ?
- Absolument.
- Depuis quand ?
- Heu...environ deux semaines.
- Jamais de message ?
- Jamais de message.
- Et toujours à la même heure ?
- Oui.
- Merci...
Ryo commença à partir vers l'ascenseur. L'attendant patiemment, son sourire disparut progréssivement. Lorsque les portes s'ouvrirent et qu'il s'engouffra dans l'appareil, il était carrèment en larmes tremblant de tout son corps. Pourtant il était heureux, heureux de savoir que la personne qu'il aimait alors à peu près bien. Mais les larmes avaient coulées sans prévenir, le prenant lui-même par surprise. Cette voix...ça lui avait fait tellement de bien de l'entendre. Il avait cru ne plus jamais l'entendre et aujourd'hui c'était le cas. Cherchant dans ses poches, il finit par sortir la photo reprèsentant la plus belle chose du monde à ses yeux. La fixant alors que les portes de l'ascenseur se refermaient, il déposa ses lèvres dessus, fermant les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, son regard était déterminé.
- Je vais venir te chercher vieille sorcière...je t'en fais la promesse.
A suivre...
