Pendant quatres semaines, Ryo se leva tous les jours à la même heure. Pendant quatres semaines, il alla au même étage, au même bureau. Pendant quatres semaines, il écouta la même voix, le même garçon. Pendant quatres semaines, il se forgea une raison de vivre. Une raison plus forte que n'importe quelle autre chose sur terre. Une raison assez puissante pour lui donner l'envie de vivre plus que tout, de se battre toujours plus fort. Et que trouver de meilleur que de savoir que l'homme que vous aimez vous aime en retour ? Qu'il a besoin de vous ? Nishikido n'avait pas besoin de réflèchir très longtemps pour savoir que Yuya avait changé toute sa vie. Aujourd'hui, il était toute sa vie alors il le récupérerait quelque soit l'avis de ceux qui l'entourait. Ce n'était pas d'eux dont avait besoin Ryo mais de Tegoshi. Alors pourquoi les autres déciderez t-ils de leur avenir à tous les deux ? C'était une idée insupportable. C'est pour ça qu'il venait tous les matins depuis près de quatres semaines, sans que personne ne le sâche à part la réceptionniste. Venir de si bonne heure juste pour écouter la voix de Yuya pendant à peine quelques secondes paraissait vain et avait quelque chose de pitoyable. Mais Nishikido n'avait l'impression de ne vraiment vivre que dans ces moments là. Il lui fallait à peu près une trentaine de secondes pour entendre la conversation entière de Tegoshi, ensuite toute la journée ainsi qu'une bonne partie de la nuit pour essayer de l'oublier. Et dès que ça marchait, il attendait déjà avec impatience celle du lendemain. Bien sûr, Yuya ne savait rien de son manège et heureusement car sinon Ryo était près à parier qu'il aurait arrêté d'appeler. Sa vie serait alors devenue un véritable enfer...A l'entendre tous les matins, Nishikido avait l'impression que Tegoshi se portait apparemment bien, même s'il ne paraissait pas non plus s'extasier de pur bonheur. Mais Ryo se forcer à s'estimer heureux. Après tout, Tegoshi Señor lui avait prouvé qu'il savait briser des vies. Et il avait essayé avec la sienne...Peu à peu, ses blessures se guérissaient. Après trois semaines, on lui avait enlevé ses plâtres. Il avait put alors marcher sur ses deux jambes même si au départ ça n'avait été que l'espace qui dura entre le moment où il s'était levé et celui où il s'était écroulé sous le fou rire de Yamashita. Ryo avait dut réessayer plusieurs fois ainsi que faire de la rééducation mais maintenant il marchait à peu près bien. Les blessures de son visage, elles, étaient presque entièrement résorbées. Son épaule s'était remise même si on lui avait interdit de trop bouger pendant un mois. Quand à la marque laissée par la lame du couteau qui l'avait transperçé, les médeçins avaient avertis Nishikido qu'il en garderait une cicatrice. Fine mais prèsente néenmoins. Mais Ryo était loin de s'en plaindre, après tout il avait eu la vie sauve grâce à Yuya et Yamapi. c'était ça le plus important. Quelques fois, le matin alors qu'il se regardait dans la glace pour voir les progrès, Nishikido se surprenait à effleurer l'espèce de cloque qui ne devait pas faire plus de cinq centimètres de long. Alors il repensait à tout ce que cette ordure de Tegoshi Señor avait fait et se demandait quelle aurait été sa vie si Tegoshi n'avait pas eu la sienne telle qu'elle l'était. Ce seraient-ils quand même rencontrés ? Auraient-ils eut la même histoire ? Peut-être que si un seul élèment avait été changé, leur situation actuelle aurait été toute autre mais Ryo n'arrivait pas à déterminé si ça aurait été en bien ou en mal. De toute façon, il ne pouvait pas le savoir. Le fait est que Tegoshi Señor avait brisé Yuya et il avait donc rencontré un Tegoshi loin d'être souriant. Pourtant...il lui avait offert son sourire par deux fois...et c'était absolument magnifique. Rien que ça lui donnait la peine de continuer à se battre. Peu importe si le paternel revenait lui-même pour le tuer ou s'il envoyait encore une fois ses sbires, il récupérerait Yuya. Peut-être qu'il pourrait alors s'enfuir avec Tegoshi ? Partir loin de tous, juste tous les deux et vivre leur vie, tout simplement. Mais pour l'instant il devait d'abord aller chercher Yuya. C'est ainsi qu'à la fin de sa quatrième semaine d'hôpital, il s'enfuit tout bonnement ! Rien de plus simple, rien de plus marrant...surtout en se disant que Yamashita le chercherait partout en paniquant complètement ! Il était partit un soir donc Tegoshi avait dut apprendre le lendemain qu'il était dans la nature. Il devait sûremment vouloir éviter de le voir...sauf que c'était exactement ce que voulait Ryo et il savait déjà où le trouver. C'était d'ailleurs incroyablement stupide de le part de Tegoshi Señor d'avoir renvoyé Yuya là-bas. Il devait bien savoir que c'était le premier endroit où passerait Nishikido. Pourtant lorsque Ryo entra dans le club d'hôtes et qu'il demanda à un des hôtes, il apprit que Tegoshi était bien là. Nishikido avait bien préparé son coup. S'étant échappé la veille au soir de l'hôpital, il n'était pourtant là qu'au matin naissant. Sa raison : tous les employés débauchaient et Yuya était toujours le dernier à sortir tout comme son père était le premier. C'est ainsi que lorsque Ryo arriva, tout le monde commençait déjà à plier bagages. Apprenant par le même hôte que précèdemment que Tegoshi était dans les vestiaires, Nishikido s'y dirigea. Une fois devant la porte il attendit patiemment qu'à peu près tout le monde soit sortit, ce qui fut très vite fait. Il n'y avait plus qu'un seul bruit, venant d'une personne apparemment très désordonnée. Un sourire s'étira légèrement sur le visage de Ryo. Yuya avait le don pour mettre le désordre partout et dans le plus grand vacarme possible. Posant enfin la main sur la poignet, il hésita soudain. Son corps commençait à trembler alors que ses mains étaient moites. Il aurait voulu pouvoir dire qu'il n'avait pas peur que Tegoshi le rejètte mais en vérité il était térrifié. Les lèvres entrouvertes, il ferma les yeux pour respirer profondément avant d'ouvrir. Yuya était là, occupé à ramasser des affaires qu'il avait fait tomber de son casier apparemment. D'après la serviette posée par terre, il venait tout juste de se démaquiller mais n'avait pas encore enlevé sa perruque blonde. Cette vision rappela à Ryo leur première rencontre, alors qu'il croyait encore que c'était une fille. Ses yeux brûlant d'intensité fixèrent Tegoshi alors qu'il se baissait de nouveau pour attraper un t-shirt. S'approchant lentement, presque timidement de lui, Nishikido n'ouvrit la bouche qu'une fois qu'il fut presque collé contre le dos de Yuya qui n'avait toujours rien remarqué ou sentit de sa prèsence.

- Tu m'as tellement manqué.

Tegoshi sursauta violemment, se relevant et tournant les talons précipitemment. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant Ryo qui lui offrit un petit sourire rassurant. Mais ce fut loin d'être suffisant et Yuya essaya aussitôt de s'enfuir après avoir entrouvert les lèvres de surprise. Voulant se glisser sur le côté il fut néenmoins saisit par les épaules par Nishikido qui le plaqua dos contre les casiers. Ryo se colla à lui alors que Tegoshi essayait de se dégager comme un animal sauvage, la tête obstinémment baissée, refusant de croiser le regard de son ainé. En entendant ses gémissements, Nishikido comprit tout de suite qu'il avait déjà les larmes aux yeux.

- Lâches-moi ! Tu ne devrais pas être ici ! C'est dangereux !

- Je suis venu pour toi...

- C'est justement pour ça que c'est dangereux idiot ! Ca ne t'as pas suffit la dernière fois ?! T'as pas encore comprit qu'on ne devait plus se revoir ?!

Les paupières de Ryo papillonnèrent alors qu'il essayait plusieurs fois de faire relever les yeux à Yuya. Mais ce dernier les gardaient baissés, comme s'il avait peur...ou honte. Les mains de Nishikido encadrèrent alors ses joues, les carèssant tendrement, faisant sursauter le jeune garçon. Ryo fronça les sourcils alors que Tegoshi essayait de baisser la tête encore plus. L'ainé s'approcha alors, collant ses lèvres chaudes contre l'oreille de Yuya, ses mains toujours sur ses joues.

- N'ai pas peur, je n'ai plus aucune marque. Je vais bien, regardes par toi-même !

Mais Tegoshi semblait ne redouter que ça, se recroquevillant un peu plus. Ryo l'entendit renifler, signe qu'il devait pleurer. Il le prit alors dans ces bras, le sérrant contre lui. Yuya essaya de le repousser mais très vite, ses bras enlaçèrent eux-aussi le corps de Nishikido. Cette fois il éclata en sanglot, la tête nichée dans le creux de l'épaule de son ainé. Ryo ressérra sa prise tout en le berçant légèrement, lui caréssant également le dos. Son propre visage était tèrré dans le cou de Yuya, semblant vouloir s'y cacher pour le restant de ses jours. Ses lèvres éffleurèrent la peau de Tegoshi, lui donnant la chair de poule...arrachant un demi-sourire à Nishikido qu'il perdit bien vite en entendant Yuya ouvrir la bouche, complètement en larmes.

- Je suis désolé.

- Arrêtes !

- Tout est de ma faute. On n'aura jamais dut se rencontrer ! Ca t'aurait évité bien des ennuis et tu n'aurais pas finit à l'hôpital !

- Tegoshi...

- Mon père m'avait prévenu pourtant...si seulement j'étais revenu directement chez moi.

- Je t'en ai empêché rappels toi !

- Tu ne comprends donc pas ?! Depuis que tu me connais, il ne t'arrives que des trucs dangereux ! Tu as été battu à mort et poignardé !

- Je le sais j'étais là !

- Alors pourquoi tu reviens ?! T'es à ce point têtu ? Qu'est-ce que t'espères ? Dès que mon père saura que tu es revenu il recommencera !

Tegoshi voulut soudain se dégager de ses bras, le repoussant avec les siens. Nishikido essaya bien de le retenir mais Yuya se montrait de plus en plus violent. Pourtant Ryo remarqua que Tegoshi faisait attention à ne pas le frapper à certains endroits...là où il avait eu ses blessures les plus graves. Tout à coup, Yuya parvînt enfin à ses fins, repoussant enfin Nishikido. Aussitôt, il commença à courir mais déjà le buste de Ryo s'était collé contre son dos, l'encerclant de nouveau avec ses bras. Son visage se nicha de nouveau dans le cou de Tegoshi, incapable de le quitter.

- C'est vrai...je suis en danger en revenant ici. Mais je ne peux pas vivre sans toi tu comprends ça ?! Je me fiches des risques, je me fiches de tout ceux qui me disent que je fais les mauvais choix ! Tout ce que je veux c'est toi, je ne peux pas partir en te laissant ici. Tu peux dire tout ce que tu veux je sais que tu m'aimes, bien plus que tu ne veux l'avouer. Sinon tu n'aurais pas appelé l'hôpital tous les matins pour savoir si j'allais bien.

Ryo sentit le corps de Yuya trembler dans ses bras, comme s'il était soudain découvert. Sa prise sur lui se ressérra alors qu'il enchainait.

- Têtu ? Oui sûremment autant que toi ! Ce que j'espères ? Juste passer ma vie avec toi, est-ce que c'est trop demandé ? Peut-être mais je ne peux pas m'empêcher de penser à toi jour et nuit.

Des gémissements lui firent comprendre que Tegoshi craquait alors qu'il se méttait à trembler. Les lèvres de Nishikido frottèrent la peau de son cou, le faisant pencher la tête de l'autre côté alors qu'il la gardait toujours baissée.

- Je t'en prie...Yuya...ne m'abandonnes pas ! Ne me tues pas !

Il savait qu'il était en train de torturer Tegoshi mais s'il voulait le garder près de lui il devait en passer par là. Yuya sembla d'ailleurs être au bord de s'écrouler par terre, son corps tremblant presque avec violence maintenant. Soudain, il se dégagea, Ryo le laissa faire. Restant plusieurs minutes sans bouger, Tegoshi se retourna enfin...très lentement. Gardant la tête baissée, il resta cependant face à Nishikido. Ses mains se levèrent avec hésitation pour finalement s'accrocher à la chemise de Ryo, la sérrant de toutes ses forces. Ce dernier s'avança alors, le sourire le plus tendre du monde sur le visage. Se penchant légèrement vers Yuya, il ouvrit la bouche, murmurant à son oreille.

- Regardes-moi !

Tegoshi se remit à trembler. Mais il devait sentir le regard encourageant de Ryo puisque finalement il commença à relever la tête. Lentement, presque trop. Mais leurs regards se croisèrent enfin. Nishikido avait le sourire le plus magnifique du monde et Yuya entrouvrit les lèvres, rougissant jusqu'aux oreilles. Ryo éclata de rire, térrorisant Tegoshi. Soudain, ce dernier leva une de ses mains puis l'autre. Elles allèrent à la rencontre du visage de Nishikido, avec hésitations. Finalement, Yuya toucha sa peau, carrèssant ses joues. Ryo se contenta de le fixer avec son sourire aux lèvres, ne lâchant plus ses yeux. Les paupières de Tegoshi papillonnèrent alors qu'il commençait à frôler les endroits où il se souvenait qu'il y avait eu des bleus. Quelques larmes coulèrent sur ses propres joues. La voix rassurante de Nishikido manqua de le faire césser ce contact.

- Tu vois je vais bien.

Fermant les yeux, Yuya commença à retirer ses mains mais il fut arrêté par Ryo qui les attrapa avec les siennes. Les ramenant vers son visage, il posa les doigts de Tegoshi sur ses lèvres, le faisant rouvrit les yeux de surprise. Leurs regards se croisèrent de nouveau alors qu'ils étaient brûlant. Lentement, Yuya commença à carrésser les lèvres de Nishikido alors qu'il rougissait de nouveau. Ryo fit alors son plus beau sourire alors que les yeux de Tegoshi commençaient à dériver vers la bouche de ce dernier. Lorsque leurs regards se rencontrèrent à nouveau, il y avait soudain un désir sauvage et frustrant qui brillait chez les deux garçons. Les doigts de Yuya s'étaient figés, comme s'il craignait de faire quelque chose d'irréparable. Les yeux de Ryo étaient devenus brûlant d'intensité, comme si son coeur explosait. Tout à coup, ils se jetèrent l'un sur l'autre, exactement en même temps. Leurs lèvres se préssèrent violemment mais avec passion. Les mains de Nishikido quittèrent celles de Yuya pour encadrer son visage et carésser presque duremment ses joues. Celle que Tegoshi enlaçèrent le dos de Ryo en semblant vouloir essayer de l'amener toujours un peu plus vers lui. Leurs corps étaient collés, presque soudés l'un dans l'autre alors qu'ils s'embrassaient avec toute la force qu'ils possédaient. Yuya sentit les doigts de Nishikido se glisser sous sa perruque, se mêlant dans ses vrais cheveux. Aidé de son autre main, il finit par lui enlever sa perruque qui tomba au sol dans l'indifférence génèrale. Passant délicatement ses doigts dans les cheveux de Tegoshi, Ryo les démêla...sans que cela ne serve à quelque chose. Il voulait surtout toucher Yuya, quelque soit la raison. Soudain, Tegoshi fut brusquement plaqué contre son propre casier alors que Nishikido l'y avait poussé, collant un de ses genoux contre l'entre-jambe de Yuya. Leurs lèvres ne se quittaient plus pas plus que leurs langues. Ils auraient dut manquer de souffle depuis déjà plusieurs minutes mais apparemment leur amour les faisaient tenir. Tout à coup, ils échangèrent de position, ce fut Ryo qui se retrouva contre le casier, écrasé par Tegoshi. Sans quitter les lèvres de l'autre, ils s'assirent doucement, Nishikido posa ses fesses au sol alors que Yuya écartait les jambes et s'asseyait sur le bassin de Ryo. Une fois bien callés, Tegoshi se détâcha lentement du visage de Nishikido, restant cependant à quelques millimètres. Ryo remarqua alors qu'il tremblait. Ses mains firent comme si elles voulaient réchauffer son dos. Yuya essaya de reprendre une respiration normal alors que la sienne était sifflante et saccadée. Ce fut à ce moment là que Nishikido remarqua le bleu sur la joue de Tegoshi, le carréssant soudain par inadvertance. Poussant un léger grognement de rage, il finit par déposer ses lèvres dessus comme s'il déposait un pansemment. Yuya frissonna, faisant sourire Ryo qui ouvrit la bouche, les lèvres contre son oreille à prèsent.

- Je sais que tu n'es pas près, ne t'inquiétes pas ! Je supposes que le jour où tu pourras me dire "je t'aime" sera aussi celui où tu pourras faire l'amour avec moi...

Tegoshi devînt aussitôt écarlate et le rire de Nishikido résonna dans ses oreilles et son coeur. Lorsque Ryo rouvrit la bouche, sa voix était plus dur.

- J'espèrais qu'il ne te touche pas mais apparemment c'est plus fort que lui...

- Tête de fesse...

Yuya ne semblait pas savoir quoi dire mais à sa plus grande surprise Nishikido captura sa bouche avant qu'il ne puisse continuer. Tegoshi répondit à son baiser de tout son coeur avant que Ryo ne se détâche légèrement, affichant un sourire aimant.

- Si tu savais comme ça m'a manqué ! Plus personne ne pouvait m'appeler comme ça.

Sans le contrôler, un grand sourire amusé naquit sur le visage de Yuya, faisant briller les yeux de Nishikido d'une flamme passionnée. Aussitôt le visage de Tegoshi devînt écarlate et il se reprit mais Ryo le sérra un peu plus contre lui, lui murmurant à l'oreille.

- Encore !

- De quoi ? Le sourire ou "tête de fesse" ?

- Les deux !

Nishikido semblait si heureux, si passionné que Yuya ne put que se plier à sa demande. Plongeant son regard dans le sien, il lui offrit son plus beau sourire tout en posant son front contre celui de son ainé.

- Tête de...

Mais déjà Ryo l'avait prit à pleine bouche, lui faisant écarquiller les yeux. Le baiser de Nishikido était si doux mais en même temps contenant tant d'ardeur que Yuya y répondit avec tout l'amour qu'il possédait. Soudain, Ryo se détâcha, embrassant la tempe de son cadet alors que ce dernier nichait sa tête dans le cou de son ainé. La voix de Nishikido s'éleva.

- Je crois qu'il vaut mieux que j'arrête sinon je vais te sauter dessus sans que tu ne puisses t'enfuir...

Yuya éclata de rire. Ryo ferma les yeux, profitant de tout son coeur de se son si merveilleux. Tegoshi ouvrit la bouche, brûlant de son souffle la peau de Nishikido qui frémit de tout son être.

- J'aimerai tellement pouvoir m'enfuir...

Yuya l'avait dit si simplement pourtant il semblait vouloir faire passer un message qui parvînt plus que clairement à l'âme de Ryo. Ce dernier le sérra un peu plus contre lui.

- Moi aussi je t'aime vieille sorcière !

Tegoshi éclata une nouvelle fois de rire avant de se blottir encore davantage dans les bras de celui qu'il aimait.

- Tu m'as manqué...malgré ton côté le plus emmerdeur du monde !

Un sourire magnifique naquit sur le visage de Ryo alors que Yuya n'avait dit cette phrase que dans un souffle presque imperceptible. Plus aucun des deux ne dit le moindre mot. Il se contentèrent de rester l'un contre l'autre, se sérrant toujours aussi fort. Nishikido était toujours assit par terre avec Tegoshi sur lui et aucun ne semblait vouloir quitter l'autre. Les lèvres de Ryo étaient toujours contre la tempe de Yuya alors que ce dernier avait toujours sa tête nichée dans le cou de son ainé. La vie aurait put être si simple s'ils étaient restés comme ça sans se soucier du reste du monde. Juste l'un contre l'autre à sentir la chaleur rassurante de la personne aimée contre son propre corps. Nishikido ne connaissait rien de plus beau au monde et rien qui ne lui donnait autant de bonheur que cette sensation. Yuya de son côté devenait de plus en plus dépendant de l'étreinte de Ryo. Ce que ce dernier avait très bien comprit, saisissant n'importe quelle occasion pour le sérrer contre lui. Les secondes passèrent, devenant bientôt des minutes et finalement des heures. Aucun n'avait dèssérré sa prise, pensant sûremment que si l'un le faisait, l'autre disparaitrait pour toujours. Mais soudain, un son les fit sursauter violemment. C'était la sonnerie du portable de Yuya, censé être son réveil. Ce dernier écarquilla les yeux, tout à coup paniqué. Ryo sentit que quelque chose n'allait pas. Caréssant tendrement les joues de Tegoshi, il fit en sorte que leurs regards se croisent avant de parler.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai dépassé le couvre-feu...

- Tu as une heure limite pour rentrer chez toi ?!

- Oui et elle est dépassée depuis plusieurs secondes il faut que j'y ailles !

Yuya paraissait térrifié mais fit en sorte de se relever, pour le plus grand désespoir de Ryo qui se sentit soudain tellement vide. Restant plusieurs minutes les mains en l'air à l'endroit où le visage de Tegoshi s'était trouvé précèdemment, il finit par se relever également, le regard soudain perçant.

- Si tu rentres maintenant alors que tu es déjà en retard qu'est-ce qui va se passer ?

Nishikido remarqua alors que Yuya évitait de croiser ses yeux, rassemblant ses affaires la tête volontairement baissée. La voix qui s'éleva de sa bouche était hasardeuse, presque hésitante.

- R...rien...mon père doit déjà dormir à cette heure là...

Pour s'aider, Tegoshi essaya même d'envoyer un rapide sourire à Ryo mais ce dernier ne se laissa pas avoir. L'attrapant par les coudes, il le força doucement à le regarder dans les yeux. Le regard de Yuya était paniqué, celui de Nishikido devînt brûlant.

- Yuya !

- Je t'assures qu'il ne se passera rien...

- Arrêtes d'éssayer de me protéger et dis moi ce qui va se passer.

- Pour que tu débarques chez moi et que tu te fasses de nouveau tabasser à mort non merci !

Tegoshi essaya de se dégager de l'emprise de Ryo mais ce dernier l'attira à la place contre lui, l'enlaçant de nouveau de toutes ses forces. Yuya ne put s'empêcher de fermer les yeux, profitant de ce moment. La voix de Nishikido s'éleva tout près de son oreille.

- S'il te plait...

Tegoshi se pinça les lèvres, se maudissant d'être aussi faible puis finalement avoua.

- Il fera ce qu'il a à faire.

Ryo s'écarta légèrement pour faire en sorte de plonger ses yeux brûlant d'intensité dans ceux de Tegoshi.

- Comment ça ?

- Il...il me punira...mais c'est pas très grave, ne t'inquiétes pas !

Nishikido fit de grands yeux, choqué par les paroles de Yuya. Il le secoua légèrement.

- Comment veux-tu que je ne m'inquiétes pas ?! Tu vas rentrer chez toi et te faire frapper alors que je suis au courant ! Comment veux-tu que je ne fasses rien ?!

- C'est pour ça que je ne voulais pas te le dire ! Tu ne comprends pas que tu dois arrêter de te mêler de ma vie. C'est dangereux pour toi !

S'énerva Tegoshi, les larmes aux yeux. Ryo ferma les siens, se forçant à rester calme avant de les rouvrir pour parler de nouveau.

- Je t'ai déjà dis que je m'en foutais !

- Mais pas moi ! La dernière fois je suis arrivé au moment où ce gars allait t'égorger ! Est-ce que tu as la moindre idée de ce que ça m'a fait de savoir que c'était de ma faute si tu en étais là ?!

Cette fois, Yuya était en larmes et son regard était remplit de désespoir alors qu'il continuait.

- Tout ce sang...il y en avait partout ! Je ne pouvais rien faire à part essayer de l'éloigner de toi...

- Résultat il a faillit te violer !

- Et alors ?! Au moins il ne t'as pas achevé...

Soudain, Tegoshi fut gifflé par Ryo. Le regard de ce dernier était brûlant de rage alors que celui de Yuya était larmoyant. Le corps de Tegoshi commençait à trembler mais ce n'était rien au sentiment de frustration de Nishikido.

- Je t'interdis de dire ça ! Je ne veux pas que tu souffres ! Ni pour toi-même, ni pour moi ! Je veux que tu sois heureux...

- Ca risque d'être dur si tu te fais tuer baka ! Et on dirait que c'est limite ce que tu cherches !

Peu à peu le ton montait alors qu'aucun des deux ne voulait vraiment quitter l'autre. Ryo enchaina.

- JE NE PEUX PAS RENTRER CHEZ MOI EN SACHANT QUE TU SERAS EN TRAIN DE TE FAIRE FRAPPER !

- POURTANT IL LE FAUT BIEN ! TU N'AURAIS JAMAIS DUT REVENIR ME VOIR C'EST BIEN FAIT POUR TOI !

- ET SI JAMAIS IL TE TUE CE SOIR ?!

- ALORS AU MOINS TU NE SERAS PLUS EN DANGER !

- TU N'ES QU'UN SALLE GOSSE POURRI GATE ET EGOISTE !

- ET TOI QU'UN EMMERDEUR DE PREMIERE !

- ENFUIS-TOI AVEC MOI !

Hurla soudain Nishikido, faisant écarquiller les yeux de Yuya qui se figea d'un coup. Pendant une seconde, il douta d'avoir bien entendu, pensant plutôt qu'il avait rêvé. Mais le regard plus que déterminé et brûlant d'intensité de Ryo prouvait qu'il ne s'était pas trompé. Lorsqu'il reparla, sa voix n'était plus qu'un murmure tremblant alors que ses yeux commençaient à briller.

- Quoi ?

- Enfuis-toi avec moi !

- T'...t'es fou...

- Pars avec moi ! On peut partir loin de tout, juste toi et moi ! Loins de ton père, de ces mennaces.

- ARRETES DE DIRE CA !

Cria Yuya, éclatant en sanglot. Il voulut reculer mais Nishikido l'enlaça, le sérrant de toutes ses forces contre lui.

- Enfuis-toi avec moi !

- Arrêtes je t'en prie...

- Je te jures que c'est possible !

Tegoshi continua à protester mais finalement au fil des minutes se calma progrèssivement sous l'oeil attentif de Ryo qui chercha le bon moment pour parler de nouveau.

- Yuya enfuis-toi avec moi !

Répèta t-il pour la énième fois et Yuya plongea ses yeux dans les siens. A prèsent il ne pleurait plus mais semblait hésitant, réflèchissant à mil choses en même temps. Soudain, il ouvrit la bouche.

- Je...où ?

- Je ne sais pas, on verra ! Le lieu importe peu du moment qu'on n'est tous les deux !

- Mais et Yamashita ? Et ma mère ?

- On les appèlera lorsqu'on sera sûr d'être assez loin !

- On dirait que tu y as déjà réflèchis !

- Tu me rends inventif !

Malgré la situation, Tegoshi ne put retenir un sourire en fermant les yeux, réflèchissant toujours. Ryo le sérra un peu plus contre lui, collant ses lèvres contre la tempe de son cadet qui frémit avant d'ouvrir la bouche.

- Je...je...

- Yuya !

- Je veux partir avec toi !

Déclara soudain Tegoshi, le coeur complètement dépendant de l'amour fou qu'il lisait dans les yeux de Nishikido. Ce dernier lui offrit le sourire le plus magnifique du monde avant de prèsser ses lèvres contre les siennes. Férocement, passionnèment. Leur baiser dura plusieurs longues minutes avant qu'ils ne se détachent, gardant leurs front collés. Ryo rouvrit la bouche, la respiration sifflante et saccadée.

- Ca va aller ! On va s'en sortir !

Yuya essaya de sourire tout en fermant les yeux, mais ses tremblements trahissaient sa peur.

- Je crois que j'ai besoin de prendre l'air !

Nshikido éclata de rire bientôt suivit de Tegoshi.

- Je comprends ! Va y moi je me charges d'appeler Shige pour qu'il nous trouve un avion pour une destination où ton père ne pourra pas nous retrouver !

- D'accord.

Yuya commença à faire quelques pas puis s'arrêta. Ryo fronça les sourcils avant d'acceuillir à bras ouvert Tegoshi qui se jeta contre lui, l'enlaçant comme si sa vie en dépendait tout en parlant.

- Je ne veux pas que tu regréttes d'être forçé de t'enfuir avec moi !

- Je n'ai jamais été aussi sûr de toute ma vie vieille sorcière !

Yuya lui offrit son plus beau sourire malgré ses tremblements et déposa un baiser sur les lèvres de Ryo. Puis il partit, courant presque jusqu'à la sortie de secour la plus proche sous le rire de Nishikido. Une fois dehors, il s'adossa contre un mur, la tête levée et les yeux fermés. Pendant une seconde il crut qu'il allait s'éffondrer mais finalement il réussit à rester debout. Un sourire presque térrorisé s'afficha sur son visage. Il avait envit de partir mais en même temps il était complètement térrifié. Est-ce que l'amour pouvait tout vaincre ? Avant Yuya aurait juré que non...mais maintenant...Après un long moment passé à respirer de toute son âme l'air frais de la nuit, il se redréssa, enfin prêt à tout affronter. S'ils s'enfuyaient maintenant Ryo ne serait pas en danger. Alors qu'il faisait quelques pas vers la porte il fut soudainement plaqué ventre contre celle-ci. Une main lui attrapa la bouche, l'empêchant de crier alors que l'autre agitait un couteau devant ses yeux écarquillés de surprise. Tegoshi comprit aussitôt à qui il avait affaire avant même que l'homme ne commence à parler, ses lèvres posées sensuellement sur son oreille.

- Tu te souviens de moi mon mignon ?! Ton père m'a demandé de te surveiller après ta sortit de l'hôsto. Tu croyais vraiment qu'il ne se doutait pas que ton petit ami reviendrait te chercher ?! Quoi qu'est-ce qu'il y a ?!

Demanda t-il soudain en sentant Yuya essayait de se dégager de son étreinte qu'il ressérra.

- Chut, chut, chut ! Tu te demandes peut-être pouquoi ton père m'a quand même appelé moi alors que je n'ai pas tout à fait suivit ses ordres la dernière fois ?! Peut-être parce que je suis le meilleur et c'est aussi pour ça que j'adorerai avoir l'occasion de supprimer ma première cible ! Tu comprends, l'échec pour un pro comme moi c'est inenvisagable ! Alors écoutes-moi bien cette fois la consigne de ton père est très simple : tu vas retourner le voir et lui dire que tu ne veux plus jamais le revoir ! C'est comprit ?!

Enlevant ses doigts de la bouche de Yuya, ce dernier l'ouvrit en grand pour respirer avant de parler d'une voix agréssive et brusque.

- Va te faire voir !

- Oh ce n'est pas une très bonne réponse ça...

Déclara son agresseur en approchant le bout de la lame de son couteau avant de carrésser lentement la joue de Yuya avec, laissant une légère marque rouge. Il la fit alors glisser vers la gorge de Tegoshi qui se figea. Son autre main s'aventura vers le pantalon de Yuya. Ce dernier ne comprit pas trop où il voulait en venir avant de sentir ses doigts glaçés frôler ses fesses dans son caleçon. Il manqua de crier mais le couteau toucha sa peau, l'intimant de ne faire aucun bruit. Il ne put cependant s'empêcher de trembler alors que l'homme ouvrait de nouveau la bouche, un sourire taquin sur le visage.

- Quel dommage que je n'ai pas le temps de m'occuper de toi ! Mais je te jures que si tu ne lui dis pas que tu ne veux plus jamais le revoir, il ne passera jamais cette nuit avec le coeur encore chaud ! Est-ce que tu m'a compris ?!

-...

Le sourire de l'homme s'étira alors qu'il carréssait plus fermement les fesses de Tegoshi qui s'exclama, paniqué.

- J'AI COMPRIS ! ARRETER !

- La vie de ton petit copain est entre tes mains alors soit convainquant !

S'accordant des dernières carrésses sous les gémissements de terreur de Yuya, l'homme consentit enfin à s'écarter. Le temps que Tegoshi ne se retourne avec l'envit de lui envoyer une bonne droite il avait déjà disparut. Pourtant, Yuya fut certain qu'il était encore là, quelque part à l'épier avec un grand sourire pour voir s'il obéissait sinon dans le cas contraire...Des larmes perlèrent ses joues avant même que toute la réalité ne l'atteigne réellement. Avait-il le choix ? Non, pas vraiment. Son agresseur n'était pas loin et si Tegoshi ne repoussait pas Ryo, il tuerait son ainé. Le jeune garçon retourna dans le local réservé au personnel comme un pantin, sans aucune lueur de vie dans les yeux. Nishikido qui avait son portable à la main et son plus beau sourire, plongea un regard aimant dans celui de Yuya. Une seule seconde lui suffit pour savoir qu'il se passait quelque chose. La voix qui s'éleva alors de sa bouche était légèrement inquiéte.

- Est-ce que tout va bien ?

- Je...je...

Le visage de Tegoshi était innondé de larmes pourtant il s'éfforça de retenir les prochaines. Ses poings étaient sérrés pour s'empêcher de trembler.

- Je ne partirai pas avec toi !

Ses lèvres restèrent entrouvertes alors qu'il faisait de son mieux pour ne pas baisser les yeux. Ceux de Ryo clignèrent avant qu'il n'explose de rire, une lueur pourtant démente dans le regard.

- Tu rigoles là ?

- Non.

- Yuya tout à l'heure...

- Arrêtes de m'appeler comme ça. On ne se connait pas assez.

Voulant couper le plus vite possible la conversation, Tegoshi commença déjà à se retourner pour partir quand Nishikido se mit soudain à hurler.

- T'AS PAS LE DROIT DE FAIRE CA ! DIS MOI CE QUI SE PASSE ! TON PERE T'AS ENCORE APPELE ?

- Non...

- ON T'A ENCORE MENACE ?

- Non...

- ALORS QUOI ?

- Je ne t'aime pas.

Yuya l'avait dit si simplement qu'un sourire amère naquit sur son visage. Il ne ressentait plus rien, aucune peine, aucun amour, aucune souffrance. Il était vide, complètement vide. Seuls ses yeux brillaient encore. Ryo sembla devenir fou.

- C'EST FAUX CA !

- Non c'est la vérité.

- YUYA DIS MOI CE QUI SE PASSE !

- Ce qui se passe...c'est que tu seras beaucoup plus heureux sans moi.

- JE T'INTERDIS DE DIRE CA !

- Je ne veux plus jamais te voir.

Nishikido se mit soudain à renifler, faisant comprendre à Tegoshi qu'il devait pleurer. Bizarrement son coeur lui fit atrocement mal.

- Tu crois vraiment que je vais te laisser partir comme ça ?!

- Tu n'as pas le choix !

- Je t'aime !

- ...

- Yuya regardes-moi !

- ...

- JE T'AIME !

Les paupières de Yuya se fermèrent alors que Ryo continuait, maintenant à genoux, n'aillant plus la force de rester debout.

- Je t'aime plus que tout au monde. J'aime ta façon de te lever de mauvaise humeur avec cette moue si désagréable ! J'aime ta façon de lancer des regards noirs à tout le monde lorsqu'il n'y a plus de benco alors que tu es le seul à en prendre. J'aime ta façon de sortir tout content de la douche car tu es enfin réveillé et tes yeux hésitants en s'avançant vers les autres que tu as peur d'avoir blessé même si tu jures le contraire. J'aime ta façon de me renvoyer sur les roses alors que dès que je fais semblant de t'abandonner tu reviens en courant dans mes bras. J'aime ta façon de me regarder dormir devant la télé alors que tu sais que je le ferai lorsqu'on nous serons dans mon lit. J'aime ta façon de me dire bonne nuit alors que tu sais très bien que je vais quitter le canapé pour aller me coucher avec toi une fois que tu auras les yeux fermés. J'aime ta façon de sourire comme un enfant devant un gâteau que j'ai fais quand tu crois que je regardes ailleurs. J'aime chacun de tes sourires, chacun de tes rires, chacun de tes regards que tu poses sur moi, chacun de tes baisers, chacun de tes grains de beauté, chacun de tes mouvements. Je ne peux pas vivre sans toi parce que tu es devenu toute ma vie...et je sais qu'il se passe quelque chose que tu ne veux pas me dire !

Pendant une seconde, Tegoshi manqua de s'écrouler. Ses larmes coulaient de nouveau à flots alors que tous ses sentiments étaient revenus, le frappant et le torturant comme jamais. Ses lèvres étaient entrouvertes alors qu'il suffoquait. Sa respiration était devenue sifflante et saccadée. Son coeur battait si fort, si fort qu'il en avait mal. Il aurait voulu mourir, arrêter de vivre pour ressentir toujours cette même douleur encore et encore. Juste mourir, une bonne fois pour toute. Incapable de dire le moindre mot il se mit soudain à courir, de toutes ses forces comme si sa vie en dépendait. Sauf que c'était celle de Ryo, ce qui était bien plus important à ses yeux. Il n'eut pas à attendre longtemps pour savoir que Nishikido s'était relevé pour le suivre en courant lui-même. Lorsque Tegoshi débarqua dans la rue beignée de la nuit étoilé, il accélèra encore plus le rythme, distançant l'homme qu'il aimait qui s'écroula de nouveau sur ses genoux. Ses larmes lui brûlaient le visage tellement il allait vite, ses jambes étaient engourdies et criaient de douleur. Mais il ne s'arrêta pas. Même lorsque Ryo lui hurla qu'il l'aimait, qu'il reviendrait le chercher quoi qu'il dise. Même lorsqu'il sembla que son coeur explosait de toute part. Il ne s'arrêta qu'une fois qu'il fut arrivé chez lui, dans cette maison qu'il détestait tant. Claquant la porte de toutes ses forces, il se planta devant son père qui l'attendait patiemment, le regard dur. Malgré toute la peur qu'il ressentait pour cet homme, c'était avant tout la colère qui primait en ce moment dans le coeur de Yuya et il se mit à hurler.

- JE TE HAIS ! TU SAIS QUE JE NE POURRAIS JAMAIS VIVRE EN ETANT SI PRES DE LUI !

- Alors trouves une solution car sinon il mourera !

- JE NE POURRAIS JAMAIS ARRETER DE L'AIMER !

- Débrouilles-toi ! Tu t'es mis toi-même dans cette affaire, à toi de prendre tes responsabilitées !

- IL VA REVENIR ME VOIR, MES EXCUSES NE LUI SUFFIRONT PAS !

- Alors pris pour que sa mort soit rapide et indolore.

- JE TE DETESTES PLUS QUE TOUT !

Cria une dernière fois Tegoshi, le visage innondé par ses larmes, la bouche grande ouverte. N'attendant pas que son père ait l'idée de le frapper pour son audace, il grimpa quatres à quatres les marches jusqu'à sa chambre...son horrible chambre. Quelque soit l'endroit où se posait son regard, il ne voyait que des choses immondes. Son père, sa chambre. Ryo n'était plus là et il ne pourrait plus le revoir. Il avait l'impression d'étouffer, de sombrer dans un précipice sans fin et entièrement noir. Il ne pouvait plus rien contrôler. Une plainte étouffée sortit de sa bouche alors qu'il frappait soudain avec ses poings dans le mur. Puis une deuxième fois, une troisième, encore et encore...Bientôt il se mit à crier. Tout ce qu'il voulait c'était mourir...

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- OUVREZ CETTE PUTAIN DE PORTE !

Ca faisait déjà au moins dix minutes que Ryo hurlait tout en tambourinant sur la porte de la maison des Tegoshi et il n'avait toujours aucune réponse.

- YUYA JE SAIS QUE TU ES LA, OUVRES SINON JE VAIS LA DEFONCER !

Ca faisait trois jours que Tegoshi lui avait dit qu'il ne voulait plus le revoir. Pourtant Ryo était déjà de retour. Soudain, alors qu'il allait de nouveau hurler sans s'arrêter de tambouriner, la porte s'ouvrit à la volée. Tegoshi Señor apparut, habillé d'un costar noir. Le coeur de Nishikido sembla brûler de rage.

- Vous ! Qu'est-ce que vous lui avez encore dit ?!

- Rien...

- Je veux le voir !

- Ca va être difficil...

- JE VEUX LE VOIR !

Poussant violemment le paternel, Ryo s'engouffra dans la maison, grimpant directement jusqu'à la chambre de Yuya. Il allait déjà commencer à parler lorsqu'en ouvrant la porte, il ne trouva personne. Il y avait même des cartons un peu partout, remplis des affaires de Tegoshi. Ecarquillant les yeux et fronçant les sourcils, Nishikido se tourna vers Tegoshi Señor qui l'avait rejoint. Aussitôt, la voix de Ryo s'éleva, agrèssive et brute.

- Où est-il ?! Qu'avez-vous fais de lui ?! Je sais que c'est à cause de vous qu'il ne veut plus me voir tout comme c'est à cause de vous que j'ai atteris à l'hôpital !

- ...

- OU EST-IL ?!

- A la morgue !

Le corps de Nishikido se figea alors que le regard du paternel paraissait si calme mais contenait pourtant une flamme insondable. Le coeur de Ryo semblait s'être arrêté alors que ses paupières papillonnèrent.

- Hé ?! Qu'est-ce que vous racontez encore comme connerie ?

- Yuya s'est suicidé...pour que tu puisses vivre en paix !

A suivre...