Ryo ouvrit péniblement les yeux, à demi-endormit à cause des sédatifs qu'on lui avait administré de force. C'était ça le problème avec les médeçins : il suffisait de faire une petite esclande dans la maison d'un "honnête" homme pour que tout de suite on soit catalogué comme fou. Par petite esclande Nishikido parlait bien sûr de dévaster entièrement de fond en comble la maison des Tegoshi ! Ce n'était pas forcèment la meilleur solution du siècle mais pour dire vrai il n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé. La dernière chose qu'il avait enregistré était cette phrase de Tegoshi Señor. Sûremment la plus débile qu'il n'est jamais entendu ! Yuya qui s'était suicidé...Aussitôt, Ryo éclata de rire à gorge déployée comme un pauvre fou et une mattraque tappa avec fracas contre les barreaux de la cellule où il était enfermé. Sursautant en fronçant les sourcils, il envoya un regard noir au policier responsable du coup avant de partir se recroqueviller dans le coin le plus reculée de la pièce. Repliant ses genoux contre son torse il enfouit sa tête dans ses bras, comme pour se protéger du reste du monde. Il savait pourtant qu'il ne devait pas faire ça...lorsque Ryo le faisait tout arrivait en même temps dans son esprit. Tous les derniers évènements qui s'étaient déroulés s'enchainaient à une vitesse étouffante et destructrice. Il finissait alors par crier, se plaignant que sa tête allait exploser et ses très chères médeçins revenaient en prétendant à un traumatisme psychologique. Un traumatisme psychologique ?! Ah la bonne blague. Rien que d'y penser Nishikido éclata de nouveau de rire avant de frapper férocemment contre le mur. Il ne pouvait pas y avoir de traumatisme puisqu'il n'y avait pas de suicide, ne ?! Et là les médeçins prétendaient un refus de la réalité ! S'il y avait bien une chose que Ryo détestait sur cette planète c'était les médeçins ! Ces fichus escros qui lui répètaient à longueur de journée que Yuya s'était suicidé en se coupant les veines et qu'on l'avait retrouvé beignant dans son sang...Bah que des mensonges ! C'était tout bonnement impossible. Tegoshi était loin du genre suicidaire...juste du genre à arrêter de manger parce qu'il était tombé amoureux d'un homme mais ça c'était courrant chez les jeunes ne ?! Nishikido donna encore un coup dans le mur. Nul doute que d'ici quelques minutes, un médeçin viendrait pour lui donner un sédatif...Les quatres murs de sa cellule étaient recouverts de tâches de sang à distances régulières les unes des autres, Ryo était fière d'en être l'auteur lorsqu'il commençait à trop réflèchir. Il faut dire que personne ne voulait le faire sortir car la première fois qu'ils avaient essayés, il était directement allé tabasser Tegoshi Señor. C'était quelque peu embêtant ! Mais de là à le garder enfermé jusqu'à ce qu'il "accepte" enfin la vérité comme les médeçins disaient, c'était peut-être un peu trop ! D'ailleurs il avait un bon surnom pour ces escros : des faucheuses ! Plus Ryo y pensait et plus ça leur aller bien. Elles venaient, telles des ombres noirs, briser le peu d'espoir qu'il essayait encore de garder comme des faucheuses de la mort. Il frappa une autre fois dans le mur avant de comprendre qu'il ne s'était pas arrêté depuis le début...soudain un bruit derrière lui le sortit de sa léthargie. Grognant ragueusement il sentit une aiguille s'enfoncer dans son épaule. Peu à peu les contours autour de lui devinrent flous avant qu'il ne sombre complètement. Il le sut au moment où Yuya apparut comme de la fumée devant lui pour carrésser sa joue d'une main bouillante, réconfortante. Un magnifique sourire était gravé sur le visage de Tegoshi alors que Ryo s'endormissait. Un murmure à peine audible sortit des lèvres de l'ainé alors qu'elles étaient pourtant fermées.

- Vieille sorcière...

Le jour suivant Nishikido se réveilla, toujours allongé dans sa cellule. Ses paupières papillonnèrent alors qu'un horrible de mal de tête l'irradiait aussitôt. Il y avait quelque chose de changé aujourd'hui, il se sentait moins...dans le pâté.

- Alors c'est comment le monde sans drogues ?!

Ryo ferma les yeux, grognant. Déjà qu'il n'aimait pas les visites mais alors celle de Dark vador ce n'était vraiment pas la peine. Cette ordure était la faucheuse attitrée de Nishikido et ce dernier le détestait plus que tout. Si Ryo l'avait rebatisé Dark Vador c'était parce que sa voix était exactement la même que celle du jedi dêchu : aussi grave et monstrueuse. Et encore ! Hayden Christensen était largement plus mignon que cette faucheuse dont la voix s'éleva encore.

- Savez-vous pourquoi je suis ici ?

"Pour vous suicidez vous aussi ?!" Ces derniers jours, Nishikido pensait souvent des phrases qu'il ne disait finalement pas. C'était très étrange mais à force on s'y faisait. Ne répondant donc pas à l'homme chauve, il se tourna plutôt vers le mur histoire de s'y accouder. Mais sa faucheuse ne voulait pas le laisser tomber, sa fourche prête à frapper.

- Voulez-vous que nous parlions de Yuya Tegoshi ?

Et voilà...sa fourche s'abattait sur Ryo. Ce dernier lança un regard noir à Dark Vador, le glaçant sur place.

- Va te faire voir !

- Ca va bientôt faire trois jours que vous êtes ici. Nous avons tout essayés. Souvenirs, raisons, amis...rien ne marche. Il ne nous reste qu'une dernière tentative...

- Je vous dis qu'il n'est pas mort !

- Il faut que vous sâchiez que si ça rate encore cette fois si vous irez dans un hôpital spécialisé. Vous n'allez quand même pas rester dans cette cellule toute votre vie !

- Rien à foutre de vos conneries !

- Vous croyez vraiment que Tegoshi aurait voulu que vous réagissiez comme ça ?!

- VA TE FAIRE FOURTRE SALLE JEDI DE MERDE !

Hurla soudain Nishikido, se jettant contre les barreaux le séparant de cette fichue faucheuse. A cet instant précis il lui aurait arraché la tête et l'aurait balançé à l'autre bout de la terre, où peut-être en enfer. Mais ça ne sembla même pas heurter son médeçin préfèré qui se contenta de froncer les sourcils, semblant réflèchir.

- Jedi ?! Enfin bref, c'est votre dernière chance aujourd'hui. Votre ami Yamashita sera aussi prèsent. Essayez au moins de reprendre pieds pour vos proches !

La faucheuse se leva en même temps que Ryo qui refusait de la laisser partir sans la tuer. Soudain des policiers débarquèrent et la cellule de Nishikido fut ouverte. Ce dernier manqua de se jeter sur Dark Vador mais déjà il était empoigné. Trainé de force jusqu'à une salle d'intérrogatoire, il fut menotté à sa chaise mais ses yeux noirs ne quittèrent pas la faucheuse qui se contenta de poser une main amicale sur son épaule. Rien que pour ça il aurait mérité d'être décapité sur place ! La porte s'ouvrit alors, faisant rentrer Yamapi qui à la vue de Ryo, eut déjà les larmes aux yeux. Ce dernier maugréa dans sa barbe. C'était typique de l'énnemi ça ! Se servir des proches du prisonner pour mieux l'atteindre. Mais pour sa part il tenait. Regardant ailleurs que vers ces deux maudits personnages, les yeux de Nishikido tombèrent soudain sur une boite en carton. De là où il était il ne voyait pas ce qu'elle contenait mais il avait déjà un mauvais sentiment. En ce moment, tout ce qu'on lui montrait était piégé ! Fronçant les sourcils, il observa d'un oeil méfiant la faucheuse s'avancer de la fameuse boite avant d'en sortir une poche. Les yeux de Ryo s'écarquillèrent lorsqu'il reconnu les vêtements que portait Yuya lorsqu'ils s'étaient quittés, ce fameux soir. Essayant aussitôt de détourner les yeux, ses joues furent soudain bloquées par les mains de Yamashita dont la voix murmura tout près de son oreille.

- Pardonnes-moi...mais il est temps que tu sortes de là !

- Lâches-moi espèce de traitre !

La faucheuse lui faisant face commença à défaire le plastique renfermant les affaires de Yuya, les dépliants une par une devant les yeux choqués du jeune homme. Du sang...du sang...absolument partout. Essayant de nombreuses fois de détourner la tête, il finit par se mettre à gigoter dans tous les sens, finissant par hurler.

- LACHES-MOI ! IL N'EST PAS MORT J'EN SUIS SUR !

Dark Vador se saisit du t-shirt de Tegoshi, l'agitant sous le nez de Ryo. L'odeur nauséabonde du sang vînt lui chatouiller les narines et il fondit en larmes alors que la faucheuse ouvrait la bouche.

- Yuya Tegoshi s'est suicidé lorsqu'il est rentré chez lui ! Au fond de vous vous savez que c'est vrai. Il s'est coupé les veines et son père l'a trouvé le lendemain matin...on n'arrête pas de vous le répètez.

- ALORS MONTREZ-MOI SON CORPS ! PROUVEZ-LE !

- Je vous l'ai déjà dis ! Il a été entèrré dès le lendemain. M. Tegoshi a voulut que tout soit finit très vite.

- C'EST PARCE QU'IL N'Y A PAS DE CORPS !

- Et ça alors ?!

Soudain, la faucheuse balança un bout de papier devant les yeux de Ryo. L'acte de décès de Yuya Tegoshi. Nishikido se mit à hurler, manquant de se relever de sa chaise. Mais ses menottes lui tailladèrent les poignets, le faisant grogner de douleur. Yamapi le força aussitôt à se rassoir alors que Ryo criait de nouveau, crachant sa rage à Dark Vador qui gardait un air calme mais quelque peu lasse.

- FALCIFIE !

- C'est impossible ! Il va falloir vous faire une raison !

- ALLEZ AU DIABLE !

- Qu'est-ce qui vous fait vraiment peur ?! De savoir qu'il s'est tué ou de croire que c'est votre faute ?!

- LA FERME !

- Personne n'aurait put prévoir ce qui s'est passé...

- SI ! VOUS ! LA POLICE ! N'IMPORTE QUI SACHANT QU'IL ETAIT BATTU PAR SON PERE !

- Qu'il était ?! Vous admettez donc qu'il est mort ?!

- NON ! IL EST ENCORE LA JE LE SAIS, JE LE SENS !

- Ce sont les sédatifs !

- VOUS NE COMPRENEZ RIEN !

- C'EST TOI QUI NE COMPREND RIEN !

Surprit, Ryo se tourna vers Yamashita qui venait de lui hurler dessus. Ce dernier le saisit par le col pour le secouer avec violence, le visage en larme.

- YUYA EST MORT ! QUE TU LE VEUILLES OU NON C'EST LA VERITE ! ACCEPTES-LE JE T'EN PRIES !

Fermant les yeux pour se calmer, Tomohisa les rouvrit, fixant intensément Nishikido qui se disait plus un mot, les yeux écarquillés.

- Ils vont t'envoyer dans un asile...Ryo...je t'en supplies ! Il n'aurait jamais voulu ça ! Il s'est sacrifié pour que tu puisses vivre une vie longue et heureuse, par pour que tu finisses gavé de sédatifs toute la journée !

Le coeur de Ryo semblait exploser dans sa poitrine, l'empêchant complètement de respirer. Il commença à agiter la tête de gauche à droite en répètant toujours le même mot.

- Non...non...non...non...

Yamapi l'attira soudain vers lui, le sérrant de toutes ses forces. Nishikido éclata en sanglots.

- NOOOON !

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Ryo était de retour chez lui, assit dans un fauteuil, les lumières éteintes. Le noir complet...il n'y avait que là que personne ne pouvait voir ses larmes, sa détresse. Il n'y avait que là aussi qu'il n'avait à ne voir personne. Aucune silhouette, aucun détails. Juste le néant. Finalement, Yamapi avait réussit à convaincre Dark Vador que si Nishikido revenait chez lui, il pourrait faire un deuil acceptable plutôt que dans une cellule. Ce débile avait accepté et maintenant il était là, attendant il ne savait quelle catastrophe avec le plus grand espoir. Peut-être qu'un tremblement de terre arriverait aujourd'hui ? Ou qu'un avion viendrait s'écraser par sa fenêtre pile poile sur lui. C'était peu probable mais pas impossible, ça lui suffisait bien ! De toute façon il ne pouvait absolument rien faire d'autre que de rester assit là, les yeux dans le vide, les lèvres entrouvertes. Il ne vivait plus. Il n'était même pas mort. Enfaite il ne savait pas vraiment ce qu'il était devenu, peut-être une sorte de fantôme. Au moins, il n'avait plus de sédatifs ! Quoi que ça lui manquait légèrement. Lorsqu'il était drogué il n'avait pas à réflèchir alors que là c'était sans cesse. Du matin jusqu'au soir, du soir jusqu'au matin. Il ne dormait plus, ne mangeait plus.

- Tête de fesse...

Ryo sursauta violemment, sentant le murmure de Yuya tout près de son oreille alors que ses doigts semblaient carésser sa peau. C'était sûremment ça le pire. Toute la journée il avait l'impression que Tegoshi était à côté de lui, l'observant. Mais lorsqu'il allummé la lumière avec tout son espoir, il n'y avait que lui...seulemment lui et personne d'autre. Alors Nishikido la laissait éteinte, préfèrant vivre dans ses illusions plutôt que dans la dure réalitée. Il se voilait la face, perdait pieds un peu plus à chaque minute, mais au moins il ne voyait rien. Lorsque le néant l'enveloppait, il avait l'impression de le sentir...ses doigts carréssant sa peau, ses lèvres frôlant les siennes, l'odeur de ses cheveux, de son corps. Parfois alors que la réalité essayait de revenir à la charge, il entendait soudain ce merveilleux rire. Rire qu'il n'avait entendu que très peu de fois mais qui l'avait tellement chamboulé. Mais Yuya était presque comme une faucheuse, il passait pour disparaitre en raflant son coeur et son âme au passage. Il ne laissait plus que le désespoir et le noir derrière lui. Se redressant subitement, ses jambes lui lançèrent aussitôt. La raison ? Hier, Ryo avait parcourut la ville toute la nuit et une partie de la matinée. C'était peut-être fou mais en regardant par la fenêtre il avait cru voir un jeune garçon ressemblant étrangement à Tegoshi. Immédiatement il s'était retrouvé dehors, dans la nuit fraiche et paisible. Sa respiration s'était accélèrée alors qu'il était tombé une première fois, ne regardant pas où il méttait les pieds. Il ne s'était pas arrêté une seule fois, courant toute la nuit à en perdre haleine. Il savait que ce qu'il avait vu n'était pas la réalité mais il ne pouvait pas s'empêcher de courir à une vitesse éffrènée. Très vite, ses larmes lui avaient brûlées le visage et bientôt ses cris avaient déchirés la nuit. Nishikido n'était rentré chez lui qu'au petit matin, épuisé et suffoquant. Jamais il n'avait vu Yamapi aussi paniqué...mais Ryo avait pourtant trouvé un calme presque apaisant. Lorsqu'il était trop érrinté pour marcher, il l'était aussi pour réflèchir. Dans ces moments là, Tegoshi ne venait pas le voir. Mais aujourd'hui alors qu'il était assit là, il n'avait plus la force de courir, ni même de marcher. Soudain il fut éblouit par une lumière vivre, lui brûlant les pupilles. Pourtant l'idée de se protéger le visage ne lui vînt même pas à l'esprit. Il se contenta de rester là, sans bouger, sans même sourciller. Yamashita souffla de désolation avant de s'approcher de lui, un magnétophone à la main. Ryo ne posa même pas ses yeux sur lui alors que Tomohisa insérait l'objet dans la paume de la main de son ami. Ce dernier eut enfin une réaction, il fronça les sourcils. Yamapi ouvrit la bouche, cherchant le regard de Nishikido qu'il ne trouva pas.

- Je l'ai depuis le début mais...je me suis dis que tu n'étais pas encore prêt...c'est...c'est une cassette de Tegoshi. Certains écrivent des lettres, lui a préfèré enregistrer sa voix.

Les yeux de Ryo semblèrent enfin briller d'une flamme de vie, même si ce n'était que pendant l'espace d'une seconde. Ses lèvres s'entrouvrirent alors que Tomohisa posait une main amicale sur son épaule avant de le laisser seul. Nishikido resta des heures à contempler le magnétophone qu'il tenait. Ses doigts tremblaient alors que parfois il manquait d'appuyer sur le bouton lecture. Mais en fin de compte, son coeur n'en avait pas la force. Soudain, alors qu'il se torturait, il pressa enfin le bouton, sans même s'en rendre compte. Une voix qu'il connaissait plus que bien s'éleva alors aussi belle que dans ses souvenirs, presque encore plus merveilleuse et surréaliste.

- Ca enregistre là ?! (bruit de crépitements suivit d'un silence) Ryo ? Arf tu ne peux pas me répondre c'est vrai...(léger rire qui parait si désespéré) Je...je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça...enfin si je le sais...mais...enfin bref...par où commencer ?! La première fois que je t'ai vu...je me suis dis "Ce gars va faire de ma vie un enfer !" (encore un rire, plus heureux cette fois, presque nostalegique) Il faut dire que ton regard était un des plus sadiques et taquin que je n'avais jamais vu ! Je ne sais pas si tu en es consciens mais t'es vraiment qu'un gros psychopathe ! Tu arriverais à faire peur à un ours...(rire)...enfin bref...je...au début j'étais persuadé que je te détestais...mais...il y avait quelque chose...ce petit quelque chose qui faisait toute la diffèrence. Ce petit chose que j'ai longtemps refusé de voir...je suis désolé pour ça. Si j'avais pris conscience dès le début que je tenais à toi, j'aurai pu partir tout de suite sans laisser nos sentiments grandirent pour finalement nous détruirent. Mais j'ai été trop aveugle, trop têtu...je suis vraiment désolé. Si seulement on ne s'était pas rencontrés...tout aurait été beaucoup plus facile...j'aurai finis par mourir sous les coups de mon père où alors j'aurai pu partir dans une école qui sait. Toi tu te serais peut-être marié après des annèes d'aventures sans lendemain et tu aurais eu une belle et grande famille. Je te vois bien courant devant une petite maison en attrapant tes enfants ou au pire un chien...(rire)...tu serais alors rentré avec un de ses magnifiques sourires dont tu as le secret. Je peux te jurer que je serais prêt à tout rien que pour que ce sourire reste à jamais sur tes lèvres...mais je te l'ai enlevé...tu peux dire ce que tu veux mais je ne suis pas idiot. J'ai transformé ton sourire en quelque chose de triste, de blessé. Mon père dit que l'amour détruit les gens et malgré ses défauts je crois qu'il a en partit raison sur ce point. (léger reniflement) Tu dois te dire que je parles beaucoup ?! Désolé...vraiment désolé... (silence) Je...quand tu receveras cette cassette je crois que je ne serais plus vraiment à tes côtés...je...je t'en supplies, ne m'en veux pas...j'imagine déjà ta colère...je ne veux pas que tu souffres. Je sais...c'est débile de dire ça alors que je t'abandonnes...mais le temps guérit les blessures à ce qu'on dit. Tu finiras bien par m'oublier et dans quelques années tu te diras "Mais comment j'ai pu aimer un gars pareil ?!" (rire accompagné de reniflements) Enfin bref...si j'ai fais cette cassette c'était pour...disons mettre les choses au clair. Je ne veux pas que tu crois que je ne t'aimais pas...que tu ne comptais pas pour moi. Je sais que j'ai passé presque tout notre temps à tous les deux pour le répèter sans cesse mais...je ne le pensais pas. Tu...tu comptes tellement pour moi...plus que tout. Tu as envahis mon coeur et mon âme espèce d'idiot ! (rire avec un début de sanglot) Je...je suis sûr que tu l'as fais exprès ! Je...Je veux aussi que tu sâches pourquoi je fais ça...que tu ne me prennes pas pour un sale gamin pourris gâté. On...on n'était pas seuls ce soir là... (pause) Il y avait ce gars...qui voulait jouer avec moi. Ne t'inquiétes pas il ne m'a rien fait...mais...si je ne te quittais pas...il allait te tuer. (sanglots) Je te jures...j'ai essayé de trouver une autre solution. Je...je voulais vraiment m'enfuir avec toi. Mais...tu avais déjà été blessé à cause de moi. Poignardé... (pause) Tu as faillis mourir ce jour là ! Normalement quand on n'aime quelqu'un, on n'est censé pouvoir le protéger, ne ?! Moi je ne t'ai jamais attiré que des ennuis...des dangers...Je n'ai jamais pu répondre correctement à tes attentes et tes désirs...je n'ai réussis qu'à te blesser un peu plus à chaque fois, il est temps que ça s'arrête...et...et je sais que je ne peux pas vivre dans un monde où je n'ai pas le droit de te voir alors c'est la seule solution...pardonnes-moi...C'est étrange quand même, ne ?! Au début je détestais les hommes et les femmes, toi tu détestais les femmes...regardes où on en n'est ! (doubles sanglots) Je...je ne sais pas quand tu auras cette cassette...mais s'il te plait ne t'en prends pas à mon père...je le déteste autant que toi mais...être violent signifirait se mettre au même niveau que lui et...tu vaut bien mieux que ça. Mais bon, je ne me fais pas trop d'illusions...tu es une boule de nerf sur pattes ! C'est pour ça que je tiens à toi après tout...ah je vais pas y arriver ! J'essayes d'arrêter de parler depuis tout à l'heure mais mes lèvres bougent tout le temps...un vrai moulin à paroles pour dire n'importe quoi en plus...désolé...pour tout. Ne regrettes rien s'il te plait ! Malgré tout ce que tu peux croire...tu m'as vraiment rendu heureux...l'homme le plus heureux de tous...juste grâce à toi. N'oublies jamais ça...et vis ta vie ! Je te laisses enfin tranquil...tu vas pouvoir respirer de nouveau. La vie ne sera plus faite de dangers à chaque coin de rue. Je comptes sur toi pour être heureux...de tout ton coeur... (pause avec gémissements) Et...et... (béguaye à chaque fois, la gorge nouée) et...ne crois jamais les personnes qui te diront que je ne tenais pas à toi...je resterai à jamais blottis dans tes bras si je le pouvais...je...je t'aime...de tout mon coeur...de toute mon âme et je vais enfin te rendre ta libertée. Sois heureux je t'en supplies...ne regrettes rien...et aimes la vie... (long silence) Je suis vraiment désolé...je t'aimerai pour toujours espèce de tête de fesse...pardonnes moi je t'en pries...je t'aime... (bruit de crépitements avec des sanglots).

Puis plus rien. Le silence revînt dans la pièce comme s'il n'avait jamais été intérromptu. Ryo n'avait pas sourcillé une seule fois, ne quittant pas une seule seconde le point imaginaire qu'il avait fixé dès le début. Pourtant son visage était innondé de larmes mais il ne les sentait même pas. Il était absolument impossible pour son coeur d'admettre cette déclaration, d'admettre les mots de Yuya, d'admettre qu'il avait fait ça pour lui. C'était inimaginable. Etre heureux ? Mais comment le pouvait-il maintenant ?! Rien qu'à l'idée que Yuya se soit...Soudain, il se releva en frôlant une lampe qu'il frappa prit d'une envie subite. L'objet alla s'écraser avec fracas contre le sol en éparpillant des morceaux de verres partout. Cette vision rappela la fois où Nishikido avait enlevé Tegoshi après qu'il se soit fait frappé en direct par son propre père...Avant même qu'il ne s'en rende compte, Ryo attrapa un autre objet pour le balancer. Cette fois, c'était le téléphone qui alla s'écraser contre le mur. Très vite, Nishikido mit à sec toute la pièce, finissant par hurler en même temps qu'il bougeait. Plus il balançait, moins la douleur partait...mais de toute façon il n'y avait aucune solution à son désespoir. Alors autant crier et tout casser. Ses larmes lui brûlaient à prèsent les joues et son coeur le faisait horriblement souffrir, comme s'il allait exploser. c'était comme s'il avait une attaque, dut à l'amour. Tout à coup, Yamashita débarqua en trombe dans la pièce. Ses yeux s'écarquillèrent devant la scène apocalyptique qu'il avait devant les yeux. Ryo ne ressemblait plus à un humain, il semblait être devenu complètement fou. On n'aurait plus dit une bête sauvage, enragé, prête à tout pour tout détruire. La pièce était carrèment en ruine, plus rien ne ressemblait à sa forme originelle. Le canapé était éventré de toutes parts, répendant des mimis dans toutes la pièce pour ceux qui ne volaient pas. Il n'y avait plus aucun objets sur aucune table. Tous les livres, les biblos...tout avait volé en éclats en même temps que le coeur de Ryo. Mais le pire était ses hurlements. Des cris de rage pure mais horriblement désespérés. Comme des plaintes destinées à n'importe qui pouvant les comprendres. Nishikido semblait croire que plus il hurlerait, moins il souffrerait mais apparemment ça ne marchait pas le moins du monde et il criait toujours plus fort, avec toujours plus de ranceur. Il hurlait, frappait, bougeait dans tous les sens. C'était un supplice sans fin, un véritable enfer mit en images. D'abord paralysé par la peur, Yamashita fut forçé de reprendre ses esprits quand il aperçut les mains en sang de Ryo. Il devait l'arrêter avant qu'il ne se blesse un peu plus. Mais comment approcher une bête désespérée ?! S'avançant à pas feutrés, Tomohisa se jeta soudain sur Nishikido qui essaya de le balancer lui aussi mais déjà son ami l'avait enlaçé par derrière. Yamapi sérra de toutes ses forces le corps de Ryo alors que ce dernier poussait toujours des hurlements mêlés à ses sanglots. Très vite, Nishikido sembla devenir complètement épuisé et s'éffondra tout bonnement dans les bras de son ami. Ses hurlements se transformèrent en longues plaintes déchirantes qui brisèrent le coeur de Tomohisa. Ce dernier se mit alors à le bercer, lentement de gauche à droite. Au bout d'un long moment Ryo s'endormit, sûremment trop érrinté pour rester conscient. Le dernier gémissement qu'il poussa ressembla plus à un murmure.

- Yuya...

Yamashita ferma les yeux, lâchant quelques larmes qui coulèrent sur ses joues avant d'aller coucher son ami. Une fois que cela fut fait il alla dans la cuisine avant de sortir son portable. L'ouvrant, il chercha un numéro dans son répertoire et mit l'appareil à son oreille. La tonalité ne tarda pas à être intérromptue par son correspondant.

- Moshi moshi ?!

- C'est Yamapi.

- Salut.

- Salut.

- Il...il va bien ?

- Pas vraiment mais je fais ce que je peux ne t'inquiétes pas. Et toi ?

- Ca va ca va...

Mais la voix de son ami n'était pas vraiment très convainquante et Yamapi parla d'une voix plus dur.

- Tego !

- Rah d'accord ! Les médeçins disent que je garderai des cicatrices sur mes poignets...

- Ca t'apprendera !

- Merci beaucoup ! Tu...tu lui a donné la cassette ?

- Ouai mais ça n'a pas vraiment eu l'effet voulu.

- Il n'a toujours pas décidé de vivre sa vie ?!

- Non pas vraiment.

- Qu'est-ce que je dois faire ?

- Ne reviens pas et ne me dis pas où tu es !

- Je le fais déjà ça !

- Et bien continues ! Il va bien finir par s'en remettre.

- Et si ça ne marche pas ?

- Arrêtes de t'inquiéter ! Et promets moi une chose...

- Laquelle ?

- N'essayes plus jamais de mettre fin à tes jours !

- ...

- Tegoshi !

- Promis...tu...tu prends soin de lui, ne ?!

Tomohisa sentit toute la peine de Yuya à travers ses mots. Il ferma les yeux pendant une seconde, regréttant quelque peu ce qu'ils avaient fait pour que Ryo survive.

- Ne t'inquiétes pas je vais l'emmerder pendant un bon moment !

- Merci.

- Ca se passe bien là où tu es ?

- Les médeçins sont très gentils...la nourriture est immonde ! Mais au moins je sais que Ryo est en sécurité.

- Ouai vaut mieux qu'on regarde les choses sous cet aspect là !

- Voui. Désolé il faut que j'y ailles, il parait que je dois passer des tests psychologiques !

Le ton de Tegoshi était si irronique que Yamashita ne put s'empêcher de continuer sur la même lançée.

- Ils veulent être certains que tu ne vas pas sauter de la fenêtre de ta chambre !

- ...

- Tego ?!

- J'ai déjà essayé...mais ces abrutis m'avaient mit au premier étage pendant que je dormais alors quand j'ai sauté ben j'ai atteris tout mollement sur l'herbe ! J'étais tellement drogué que j'ai même pas remarqué que la chute était plus courte que prèvu !

Tomohisa passa une de ses mains devant ses yeux en soupirant. Et merde ! Si ça continuait comme ça il allait finir par perdre aussi bien Ryo que Yuya. Lorsqu'il reparla, c'était d'une voix amère et ferme.

- Espèce d'égoïste !

- Je ne t'avais encore rien promis à ce moment là et avoues que ça aurait tout arrangé !

- Ben maintenant si alors ne recommences pas compris ?! Et non, ça n'aurait fait qu'empirer les choses.

- Ouai si tu le dis ! Bon j'y vais...prends bien soin de Ryo.

- Comptes sur moi.

La conversation fut coupée en même temps que Yamashita fermait son portable, regardant d'un air las la porte de la chambre de Nishikido. Ca allait être difficil mais il y arriverait. Tomohisa savait que Yuya avait l'air détaché au téléphone mais qu'en réalité il n'allait pas bien lui non plus. Ce n'était pas pour rien qu'il avait reéssayé plusieurs fois de se tuer en arrivant là-bas...Mais pour l'instant il devait s'occuper de Ryo. Si Ryo allait mieux alors peut-être que Tegoshi aussi irait mieux, pensant que l'homme qu'il aimait pourrait enfin devenir heureux. Ca allait être long et dur mais il devait le faire.

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Au bout de plusieurs semaines, Ryo accepta enfin de mettre un pieds dehors. Les sacrifices de Yamashita y étaient pour quelque chose ! Il avait décidé d'emmènager chez son ami pour avoir un oeil encore plus permanent sur lui. Il ne l'avait pas quitté d'une semèle, ne le laissant aller nul part tout seul. Au début ça avait été horriblement dur. Nishikido ne ressemblait plus qu'à un pantin vide, sans âme et sans sentiments. Le pire était sans doute quand il écoutait en boucle la cassette de Yuya. Ca avait le don de térrifier Tomohisa alors que Ryo n'arrêtait pas d'appuyer sur le bouton lecture. Cependant, plus les jours passaient et plus Nishikido revenait. La première fois qu'il lui avait parlé bien en face, Yamashita n'avait put s'empêcher d'éclater en larmes...même si Ryo lui avait simplement déclaré qu'il avait faim ! Aujourd'hui, alors que ça faisait six semaines que Nishikido n'était pas sortit, il avait enfin prit l'air ! Le seul problème était que Tomohisa voyait bien que ce n'était qu'une carapace. Ryo avait toujours été comme ça ! Lorsqu'il souffrait, il se forgait une coquille pour les yeux du monde et souffrait en silence, finissant par s'autodétruire. Pour Yuya, ça n'allait pas vraiment mieux...il avait l'interdiction de dire à Yamapi où il était, dans quel pays, dans quelle ville...rien. Tegoshi disait que ça ne lui faisait rien et qu'il supportait très bien mais plus le temps passait et moins il parlait au téléphone. Tomohisa le soupçonnait d'essayer de mettre de la distance entre eux pour pouvoir mieux disparaitre définitivement ensuite. Il ne pouvait donc qu'espérer que Yuya tienne sa parole : ne plus essayer de se tuer.

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Au bout de 8 mois, Nishikido s'était fait de nouveaux amis et avait même trouvé un travail. Bon il ne faisait que livrer des pizzas mais au moins il bougeait ! La rééducation de la vie avait été dur mais aujourd'hui il semblait allait mieux. Tout du moins, c'est ce que Yamashita croyait. C'est même ce qui l'avait poussé à démènager de chez Ryo, pensant qu'il était prêt à vivre de nouveau seul. Il ne pouvait donc pas voir que Nishikido s'éffondrait tous les soirs et avait parfois des crises de colères où il cassait de nouveau tout. Mais Tomohisa croyait qu'il allait mieux...ce qui n'était pas le cas de Tegoshi. Alors qu'il avait essayé de l'appeler il était tombé sur un médeçin qui lui avait apprit que Yuya s'était fait renverser par une voiture. Il n'avait pas fallut longtemps à Yamashita pour comprendre que ça avait été plus volontaire qu'autre chose. Tegoshi le lui avait alors presque avoué lui-même avant de s'excuser de n'avoir pas tenu sa promesse. Pendant plusieurs semaines, Yamapi avait refusé de répondre à ses appels, trop énervé pour lui parler. Mais finalement il avait finit par céder, sentant Yuya de plus en plus mal dans les messages qu'il lui laissait. Lorsqu'il l'avait finalement rappelé, Tegoshi avait carrèment éclaté en larmes à l'autre bout du fil. Ils s'étaient alors lançés un nouveau défis : faire sourire Ryo. Si Ryo se méttait à sourire, Yamapi enverrait la photo à Yuya qui aurait enfin le droit de passer à autre chose. Du moins c'est ce que Yamashita espérait. Tegoshi n'avait fait qu'accepter mais sans aucune conviction.

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Un mois plus tard, Nishikido avait offert un sourire à Yamapi qui s'était empressé d'envoyer une photo à Yuya. La réponse de ce dernier était tombée comme un coup fatal : Ryo n'allait pas bien. Au début, Yamashita avait prit Tegoshi pour un fou à l'entendre toujours répèter que Nishikido n'allait pas bien, qu'il fallait que Tomohisa s'occupe plus de lui...mais en réalité il avait raison. Alors qu'un soir, Yamapi était allé rendre visite à Ryo, il avait trouvé son appartement de nouveau sans dessus dessous avec un Nishikido plus que mal en point. C'était ce jour là qu'il avait commit sa première erreur. Lorsque Ryo lui avait demandé comment il avait sut qu'il ne s'était toujours pas remit, Tomohisa lui avait répondu qu'il l'avait vu à son sourire...Nishikido l'avait alors fixé pendant un moment, semblant sentir qu'on lui cachait quelque chose. Et l'attitude fuyante et gênée de Yamashita n'avait fait que l'enfoncer un peu plus. Mais heureusement, Ryo n'avait plus posé aucune question. Lorsque Yamapi était repartit il avait aussitôt appelé Yuya pour le tenir au courant. Ce dernier semblait être devenu fou en apprenant que Nishikido ne s'était enfaite pas du tout remit. Tomohisa l'avait rassuré de son mieux mais il savait qu'il n'était pas la bonne personne pour réussir sur ce coup là, malheureusement pour lui...

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A prèsent ça faisait un an que Yuya était censé s'être suicidé. Ryo avait toujours son travail qui finalement lui plaisait beaucoup plus que ce qu'il aurait put le penser au début. Mais c'était plus pour l'odeur des pizzas qu'il transportait qu'autre chose. Le problème c'est qu'il n'arrivait toujours pas à aimer les autres. Il avait essayé, de tout son coeur. Il avait essayé d'aller vers les hommes, les femmes aussi...mais ce n'était jamais qu'un fiasco. Dès qu'on lui parlait, Nishikido arrivait toujours à trouver des tics, des mots répètitifs, tout un tas de petits défauts qui faisaient qu'en définitif il détestait la personne ! C'est ainsi que lorsqu'il marchait dans la rue, il gardait toujours la tête baissée de peur que quelqu'un ne le reconnaisse et ne lui fasse la conversation. Les petits plaisirs simples de la vie avaient perdus leur saveur tout comme la vie elle-même. Pendant longtemps, il avait réussit à mentir à Yamashita mais ce dernier semblait maintenant lire chacune de ses pensèes...avec un petit temps de retard. C'était très étrange. Mais il fut tiré de ses pensées par un passant qui lui rentra tout bonnement dedans. Le pauvre Nishikido manqua de tomber au sol avant de réussir à rester debout. Cependant son porte-feuille était tombé, laissant virevolter une photo à prèsent chiffonnée. Levant les yeux vers celui qu'il avait bousculé, il s'inclina respectueusement avant que l'autre ne se présente, un grande sourire aux lèvres.

- Enchanté, Je m'appel Daisuke Hanagawa.

- Ryo Nishikido, je suis vraiment désolé !

- Ce n'est rien ! Ca m'arrive tout le temps de toute façon.

Ryo lui adressa un léger sourire avant de le voir se baisser pour ramasser son porte-feuille.

- Non laissez je vais le faire...

- Jeune homme ce n'est pas parce que j'ai 20 ans de plus que vous que je ne suis plus bon à rien !

Nishikido ne dit plus un mot, son léger sourire s'élargissant quelque peu. Soudain, l'homme qui lui faisait face posa son regard sur la photo avant de la tendre à Ryo avec son plus beau sourire.

- Ah vous connaissez Yuya Tegoshi ?! Comment va t-il depuis le temps ?

Le corps entier de Nishikido se figea tandis que ses yeux s'écarquillaient.

- Pardon ?

- Je suis pompier. Je faisais partis de ceux qui sont arrivés lorsque son père a appelé ce soir là...

Les paupières de Ryo papillonnèrent alors qu'il réflèchissait subitement à toute vitesse, le coeur battant aussi vite.

- Vous...vous faites partis de ceux qui l'ont trouvés ?

- Ouai ! Lorsqu'il est arrivé à l'hôpital, il allait pas vraiment bien mais sa vie n'était plus en danger. Il a vraiment eu de la chance avec tout le sang qu'il a perdu...

Le coeur de Nishikido s'arrêta soudain de battre, le faisant suffoquer. Ouvrant grand la bouche, les larmes lui montèrent aux yeux. Son interlocuteur crut qu'il allait s'éffondrer et s'approcha, l'air inquiét.

- Ca va aller jeune homme ?!

- Oui oui...vous dites que lorsque Yuya est arrivé à l'hôpital il était encore en vie ?

- Bien sûr !

- Sa vie n'était pas mennaçée ?

- Non il a vraiment eu de la chance. Son père l'a trouvé très vite et nous sommes arrivés tout de suite.

- Mais...mais...mais c'est impossible !

- Hé ?!

Daisuke semblait vraiment perdu alors que Ryo sentait ses larmes couler à prèsent sur son visage. Méttant ses mains jointes sur l'arrière de sa tête il la leva en l'air comme pour essayer de s'échapper. Sautillant sur lui-même il poussa quelques gémissements avant de se pencher en avant, les mains à prèsent sur ses genoux.

- Vous êtes absolument sûr que Yuya Tegoshi était encore en vie lorsque vous l'avez amené à l'hôpital ?!

- Mais tout à fait mon petit bonhomme ! D'ailleurs quand je l'ai recroisé le lendemain, il était avec un jeune homme. Il m'a dit qu'il partait en voyage.

Nishikido se redressa violemment, tout à coup intérèssé et les yeux plissés.

- Un jeune homme ?! Vous savez son nom ?

- Ah ça remonte à un peu plus d'un an c'est loin...c'était un truc comme Ya...Yapali ? Non ! Yamami ? Yamaki ? Yapapi ?

- Yamapi ?

- OUAI voilà ! Mais je crois que c'était un surnom, ne ?!

- Yamashita Tomohisa ?

- VOILA ! Ah plus je vieillis et plus je perds la mémoire c'est inquiétant. Hé ça va ?

Demanda soudain Daisuke alors que le visage de Ryo était subitement devenu blanc fantômatique. Nishikido hocha positivement de la tête et son voisin enchaina.

- Vous savez il m'a vraiment inquiété ce morveux ! Il était à peine arrivé à l'hôpital qu'il a de nouveau essayé de se tuer ! C'était incroyable, il arrivait à trouver des idées avec chaque objet qu'on lui méttait sous le nez !

Ryo éclata soudain de rire avant de s'écrouler à genoux par terre, complètement en larmes. Le pompier s'approcha alors de lui, posant une main sur son épaule.

- Frenchement vous avez pas l'air bien !

- Si si ça va aller ! Il faut juste...que je règles quelques petits trucs. Mais tout va rentrer dans l'ordre, comptez sur moi !

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Yamashita poussa un juron en arrivant devant le cimetièrre. Mais qu'est-ce qu'il fichait ici encore ?! Ah oui c'est vrai Ryo l'avait appelé ! Il devait l'avouer, plus il avançait plus il était térrorisé. Mais qu'est-ce que Nishikido avait encore en tête ?! Il semblait pourtant aller bien mieux ces derniers temps...à moins qu'il ne se soit encore fait avoir. Arrivant soudain devant la porte d'entrée il s'arrêta, se retrouvant nez à nez avec Ryo. Ce dernier avait un regard brûlant d'intensité, ressemblant presque à un fou furieu et la pelle qu'il tenait à la main n'arrangeait pas son image ! Fronçant les sourcils, Yamashita lui lança un regard intérrogateur. Nishikido lui envoya un immense sourire. Pourtant Tomohisa se sentit frissonner.

- Qu'est-ce qu'on fait là en pleine nuit ?

- J'aurai pu venir plus tôt mais j'arrivais pas à bouger. Je crois que mon esprit à surchauffé à force de réflèchir.

Ryo éclata d'un rire dément, faisant trembler Yamashita. Nishikido enchaina.

- Suis-moi j'ai quelque chose à te montrer !

Le jeune homme commença à partir alors que Yamapi était toujours perdu. Ryo semblait très diffèrent aujourd'hui, il ressemblait à celui qu'il avait connu il y a bien longtemps lorsqu'il était en colère. Frissonnant à cause du lieu et de son ami, il le suivit néenmoins de peur de se retrouver tout seul. Il ne reconnaissait pas le cimetièrre mais se figea au moment où Nishikido s'arrêta, devant une tombe bien prècise. Lorsque ses yeux se posèrent sur le nom inscrit sur la pierre tombale, le coeur de Tomohisa s'arrêta complètement de battre le faisant tousser pendant plusieurs minutes. La situation empira lorsqu'il découvrit la terre entassée à côté de la tombe qui avait été elle-même creusée. Le cercueille était à l'air libre et ouvert...mais surtout vide. Soudain le rire horriblement ironnique de Ryo résonna dans les oreilles de Yamashita qui tourna la tête vers lui, horrifié.

- Tu as pillé la tombe de Tegoshi ?

- ARRETES DE TE FOUTRE DE MA GUEULE !

Hurla tout à coup Nishikido, balançant sa pelle contre la pierre tombale dans un bruit strident. Yamapi sursauta alors que Ryo s'avançait vers lui, le doigt pointé sur lui et les yeux noirs de rage. Il semblait complètement avoir perdu les pédales mais Tomohisa lut aussi de la souffrance et de la peine dans son regard braqué sur lui.

- Tu m'as mentis...alors que tu étais censé être mon meilleur ami.

- Ryo...

- LA FERME !

- ...

- Tu m'as dis que Yuya s'était coupé les veines...ça c'était vrai d'accord ! Mais tu as oublié de préciser qu'il s'en était sortit ! C'est là qu'il t'as appelé je supposes, ne ?! Qui a eu l'idée de l'envoyer loin de moi pour me protéger ?! Lui ? Toi ? Non, je supposes que c'est lui...il a toujours eu des méthodes très radicales ! N'as-tu pas eu l'impression de me trahir lorsque tu as mis son père dans le coup ? Ce dernier a dut avoir une grande joie de pouvoir enfin me torturer en toute tranquilité !

- Ryo...

- LA FERME JE N'AI PAS FINIS !

- ...

- Qu'est-ce que vous avez cru ? Que je finirai par l'oublier ? Que je finirai par être heureux ? Tu n'as jamais été amoureux ou quoi ? Est-ce que tu as la moindre idée de ce que j'ai pu ressentir pendant un an entier ?! Un an de souffrance, de colère, d'envies que tout s'arrête dans le sang...Et là qu'est-ce que j'apprends ?! Que Yuya n'était pas mort quand il est arrivé à l'hôpital ! Mais je ne comprends pas encore tout il va falloir que tu m'expliques en détails ce qui s'est passé !

- Je ne peux pas.

Le regard de Yamashita était déterminé malgré la lueur de démence dans celui de Ryo qui ouvrit la bouche. Son ton était mennaçant.

- Quoi ?

- Je ne peux rien te dire ! Sinon tu risquerais de retrouver Tegoshi...

- ET ALORS ?! TU CROIS QUE JE N'AI PAS BESOIN DE LUI ?!

- AS-TU PENSE AUX CONSEQUENCES ?!

- Hé ?!

- Si Tego est partit c'est parce qu'il savait qu'il ne tiendrait pas dans une ville où il risquait de te croiser tous les jours. Il savait que tu reviendrais le voir sauf que ça aurait signifié ta mort ! Il savait qu'il n'aurait suffit que d'une rencontre pour qu'il ne puisse plus te résister ! Il est partit pour que tu puisses vivre et a dut survivre pendant un an ! Ca a été très dur ! Tu n'as pas le droit de tout faire échouer maintenant.

- Il a encore essayé de se tuer ?

Les yeux de Yamapi papillonnèrent. Ryo fulmina de rage.

- Tu ne t'attendais pas à ce qu'il essaye de se tuer plusieurs fois, ne ?!

- Il m'avait promit qu'il ne recommencerai pas !

- Hé il a tenu combien de temps ?

- Six mois...

- Tu comprends pourquoi je dois aller le chercher ?! On ne peut pas vivre l'un sans l'autre !

- Si tu fais ça, son père le saura et il te feras tuer !

- Pas si je prends quelques mesures de sécurité avant !

- Je suis désolé mais je ne peux pas te laisser le retrouver !

Terminant sa phrase, Tomohisa commença à faire quelques pas vers la sortie lorsque Nishikido l'attrapa par le col, le plaquant violemment contre une dalle.

- TU TE FOU DE MOI ?! TU AS DETRUITS MA VIE ! TU M'AS FAIS VIVRE COMME UN FANTOME PENDANT UN AN ET MAINTENANT TU REFUSES DE ME REDONNER CELUI QUE J'AIME LE PLUS AU MONDE ! POURQUOI ?!

- C'EST TROP DANGEREUX !

- Tu devais être content, ne ?!

- Hé ?!

- Toi qui au début voulait Yuya pour toi tout seul, tu étais le seul de nous deux à savoir qu'il était encore en vie. A chaque fois qu'il n'allait pas bien, il s'est reposé sur toi, ne ?! Tu as du être heureux de pouvoir t'occuper de lui sans que je ne m'en mêle !

- LA FERME !

- Qu'est-ce qu'il y a ?! Yuya ne s'est jamais vraiment confié à toi ?! Tu n'as jamais réussis à prendre ma place ?!

Soudain, Yamashita envoya son poing dans le visage de Ryo, le faisant s'éffondrer sur le sol. Ce dernier se releva, hors de lui avant de s'éssuyer la lèvre, le regard noir.

- Tu vas me raconter tout ce qui s'est passé et je vais retrouver Yuya, que tu le veuilles ou non !

Fin.