- Yuya tu peux allé me chercher deux baguettes campagnardes dans l'arrière boutique s'il te plait ?

- VOUI !

Ne perdant pas une seconde, Tegoshi se précipita dans la petite pièce du fond de la boulangerie à la recherche de la commande de sa directrice. Puisque tout était parfaitement rangé avec un ordre implacable il ne tarda pas à trouver ce qu'il cherchait. Il revînt donc avec un petit sourire respectueux en tendant les deux pains à sa directrice qui lui envoya son plus beau sourire.

- Arigatô Yuya !

- De rien Lucie-chan !

Il avait de la chance, sa directrice était incroyablement gentille et avait une envie irrésistible d'apprendre le japonais. C'est ainsi que parfois ils ne parlaient que la langue du jeune homme malgré les nombreuses bafouilles de la jeune femme. Mais elle ne se débrouillait vraiment pas mal et faisait de nombreux progrès ! Tegoshi l'adorait...il faut dire que depuis qu'il était arrivé ici il n'avait rencontré que des personnes horribles ! Lucie faisait donc l'exeption qui avait mit une petite étincelle de vie dans la sienne. Et heureusement qu'elle était là ! Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était éffondré dans ses bras, pleurant toutes les larmes de son corps. Pourtant elle ne l'avait toujours pas viré et disait à longueur de journée que ça ne risquait pas d'arriver. Yuya ne lui avait rien raconté de son histoire, du pourquoi il avait quitté le Japon pour s'exiler à Angoulème, une ville moyenne de la France. Lucie ne lui avait jamais posée de questions. Peut-être que c'était mieux ainsi. De toute façon, dès qu'ils commençaient à aborder le sujet, Tegoshi fondait en larmes alors ce n'était pas vraiment l'idée du siècle ! Le bon côté des choses était que ça faisait des mois que Yuya n'avait pas eu l'envie subite de sauter sous un train, une voiture ou de faire quoi que ce soit qui puisse lui nuire. Ce qui ne l'empêchait pas le moins du monde d'être obsédé par Ryo à chaque secondes, chaque minutes, chaque heures qui passait et cela depuis un an. Yamapi lui répètait souvent ce que lui-même avait dit à Nishikido : au bout d'un certain temps on finit par oublier. Avant, Yuya en était persuadé mais maintenant...ça lui parréssait complètement impossible. Etant complètement perdu dans ses pensées il fut légèrement bousculé par Lucie qui éclata de rire avant de servir des clients qui venaient d'entrer. Tegoshi esquissa un léger sourire avant de s'éfforcer de tirer Ryo de ses pensèes et de son coeur...même s'il savait déjà que c'était peine perdue. Soudain, son portable vibra. Sursautant violemment, il fit un signe à sa jeune directrice qu'il allait dans l'arrière boutique avant de s'y précipiter. Lorsqu'il ouvrit son portable, il fut plus que surprit de voir que c'était Yamapi qui l'appelait.

- Moshi moshi ?!

- Tego...

- Qu'est-ce qui te prends ?! Tu sais bien que je suis au travail...il y a un problème ?!

Soudain la panique submergea Tegoshi comme une vague glaçée et il s'exclama, devenu hyper nerveux.

- Qu'est-ce qui se passe ? Il est arrivé quelque chose à Ryo ? Il va bien ? Il s'est fait tabassser ? Renverser ? Il a la varicelle ? La grippe ? Il a rencontré quelqu'un ? DIS-MOI !

- Tego si déjà t'arrêtais de t'exciter pour rien je pourrais peut-être émettre un petit mot !

Le ton de Yamapi paraissait incroyablement dur, jetant un froid sur son pauvre ami. Yuya se raidit aussitôt, faisant une moue.

- Gomen.

- C'est pas grave. Ne t'inquiétes pas, Ryo va très bien...si je t'appels c'est pour te poser une question...

- Ah laquelle ?

- ...

- Yamapi ? T'es sûr que ça va ?!

- Ouai ouai t'inquiétes pas je suis juste fatigué.

- Tu devrais faire attention à toi !

- Plus tard.

- Si tu le dis...tu avais une question à me poser ?!

- Oui...où es-tu ?

Sous le choc, Tegoshi émit un petit cri de surprise en manquant de lâcher son portable. Il entendit également Yamashita grogner à l'autre bout du fil. Il lui avait sûremment perçé les tympans. Bafouillant quelque peu, il s'inclina machinalement.

- Gomen ne...

- Tego ! Arrêtes de t'excuser et réponds juste à ma question !

- Mais...je ne peux pas.

- Hé ?!

- Tu ne te rappels pas ?! On n'avait convenu que je ne te dirais jamais où je suis pour ne pas que Ryo le découvre aussi par inadvertance...

- C'est important !

- Mais la vie de Ryo...

- TEGO !

Yuya sursauta, suprit par le ton mennaçant de son ami. Il fronça les sourcils.

- T'es sûr que ça va ?

- Tego...s'il te plait !

- Mais il y a des risques pour Ryo ! Et tu m'as toi même répèté je ne sais pas combien de fois que je ne devais pas te le dire !

- Tego...

- Non !

- T'es vraiment têtu toi !

- Ryo pourrait être en danger après !

- C'est bien

- Hééééééé ?!

- C'était un test pour voir si tu tenais encore le coup. Félicitation tu ne te ramollis pas !

- Mais...mais t'es débile ou quoi ?! J'ai eu peur moi !

- Gomen...

- Ah décidèment t'es vraiment bizarre par moment !

- Ouai ouai bon il faut que je te laisses.

- D'accord, et Ryo il va bien t'es sûr ?!

- TEGO !

- Gomen gomen !

Tandis que Yuya refermait son portable les yeux plissés et une moue ambarassée sur le visage, Yamapi se tournait quand à lui vers Ryo dont le regard ressemblait à un volcan en ébullition. Pourtant il y avait une horrible détresse dans les yeux du jeune homme, sûremment dut à l'entente d'une voix qu'il croyait ne plus jamais écouter. Yamashita se sentit désolé pour lui avant que Nishikido ne le remarque, bouillonnant de rage.

- Je t'interdis d'avoir pitié de moi ! Tu n'es même pas fichu de lui faire avouer où il est ! Mais ce n'est pas grave ! Shige le retrouvera ! Donnes-moi ton portable !

- Ryo...

- Donnes-moi ton portable !

Le ton de Ryo était mennaçant et sans réplique. Tomohisa sembla perdre ses nerfs mais finit par lui donner ce qu'il voulait. Nishikido lui envoya un sourire espiègle même si son regard était plus noir que jamais.

- Merci, mon ami !

- Tu ne me pardonneras jamais, ne ?!

- Tu m'as fais croire pendant un an qu'il était mort ...

- Et toi tu dis des choses méchantes parfois !

- Désolé mais ça ne fait pas le poids ! Ah oui dernière chose : je supposes que tu connais le numéro de Yuya par coeur alors je vais être obligé de te faire rester en place le temps que je le retrouve et que j'aille le voir...histoire de m'assurer que tu ne le préviennes pas pour qu'il s'enfuit avant que je n'arrives...

- Hé ?!

Mais avant même qu'il n'est comprit quoi que ce soit, Yamashita reçut un coup en plein visage de la part de Ryo et le noir l'envahit aussitôt, faisant virevolter les pierres tombales autour de lui.

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Ca faisait quatres jours que Yuya n'avait plus reçut d'appel de Yamapi et ça l'inquiétait un petit peu. D'habitude c'était limite si Tomohisa ne le harcelait pas chaques jours pour avoir des nouvelles, aujourd'hui c'était le vide complet. Plusieurs fois il avait essayé de lui télèphoner. Mais à chaque fois on déccrochait sauf que Tegoshi parlait pendant un moment tout seul avant de se lasser et de raccrocher. Il ne savait pas ce qui était le pire : le fait qu'il s'inquiéte ou le fait qu'il s'inquiéte surtout pour Ryo...c'était horriblement égoïste de penser ça, ne ?! Yuya s'en voulait à chaque fois mais il n'arrivait pas à se concentrer uniquement sur Yamashita. Essayant pour la énième fois de se concentrer, il fit tomber une barquette de farine. Poussant un hoquet de surprise, il se mit à gémir tout en se baissant pour le ramasser. Sa directrice ne dit rien, se contentant de lui tapoter affectueusement sur l'épaule avant d'aller servir des clients. Tegoshi l'en remercia mentalement avant d'aller chercher une serpillère. Tout à coup son corps se figea entièrement de la tête au pieds, son regard fixé sur la vue qu'il avait de la rue à travers la vitre du magasin. Il n'y avait absolument personne...pourtant Tegoshi aurait juré qu'il avait vu une silhouette ressemblant à celle de Ryo attendre patiemment derrière la vitre avant de s'éclipser lorsqu'il était arrivé. Se forçant à reprendre ses esprits, Yuya sentit les larmes lui monter aux yeux. Voilà qu'il devenait fou maintenant ! En plus d'être obsédé nuits et jours par Nishikido, il se méttait carrèment à le voir dans la rue. Ce n'était pas la première fois que son coeur lui faisait le coup mais jamais d'une façon aussi réaliste. Là, Yuya avait vraiment sentit sa prèsence. Tremblant comme une feuille, il retournit dans l'arrière-boutique, s'y sentant en sécurité. Se recroquevillant dans un coin, il bascula d'avant en arrière pendant un bon moment, les genoux contre son torse et la tête dans les coudes. Le jeune garçon resta dans cette position pendant des heures avant de finalement réussir à reprendre le contrôle de lui-même. Lorsqu'il parvînt enfin à se relever, il remarqua un petit bout de papier laissé par sa directrice juste devant ses pieds. Surprit de ne même pas l'avoir entendu passer, il sentit son coeur se serrer en lisant le mot.

"Je ferme pour la journée, j'ai une urgence familiale, un bébé est né le pauvre...enfin bref tu peux t'en aller aussi une fois que tu auras finis de te morfondre ! Si ça continues je vais t'envoyer chez le psy !

Ja nee

Lucie-chan^^"

Un sourire naquit sur le visage de Yuya alors qu'il retournait dans l'avant de la boutique, préparant la fermeture. Il avait vraiment de la chance d'être tombé sur une patronne aussi génèreuse. Tout à coup, il sursauta alors que son portable vibrait. Pensant tout de suite à Yamapi, il se trémoussa dans tous les sens avant d'enfin décrocher, tout paniqué.

- Moshi Moshi ?!

- C'est Yamapi...

- Ah enfin ! Je me suis inquiété ! Qu'est-ce qui c'est passé ?!

La porte de la boutique s'ouvrit, faisant sonner la cloche positionnée juste au-dessus. Yuya se baissa sans un regard en l'air, pour abréger la conversation.

- Attends j'ai un client je te rappels !

- Non c'est important !

- Hé ?! Qu'est-ce qui t'arrives ?!

- Je suis vraiment désolé...je ne pensais pas qu'il découvrirait tout comme ça...je suis vraiment désolé...j'ai complètement échoué...

- Yamapi...YAMAPI CALMES-TOI ! Dis moi ce qui se passe ?!

- Ryo...

- Quoi Ryo ?!

- Il sait tout !

- Héééééééééééééééééééééééé ?!

- Ryo sait que tu n'es pas mort. Il...il est partit à ta recherche il ne va pas tarder à arriver là où tu es !

- Hé ?! Tu te moques de moi là ?! Comment ça il va bientôt arriver ici ?!

- En clair, il veut dire que je suis juste devant toi vieille sorcière...

Tegoshi se figea, tous ses muscles soudain raidis. Les larmes lui montèrent aux yeux tellement vite qu'ils lui piquèrent horriblement. Son coeur s'était tout à coup accélèré, transformation sa respiration en quelque chose de saccadée et rauque. Plusieurs fois il manqua de tousser, la bouche grande ouverte. L'air commençait à lui manquer. Incapable de faire un seul geste il était complètement possédé par cette chaleur qu'il sentait à quelques mètres de lui, de l'autre côté du comptoire. Ses yeux ne s'étaient pas relevés, surtout pas...Subitement la voix de Yamashita le fit violemment sursauter et sa main heurta un bol de bonbon qui alla s'écraser sur le sol, répendant des morceaux de verres partout à ses pieds.

- Tego ?! TEGOSHI ?! Réponds-moi !

- Oui qu'est-ce que tu attends Yuya...réponds-lui.

Un sanglot secoua soudain le corps de Tegoshi, lui mouillant les joues. En quelques secondes, ses tremblements incontrôlés s'étaient transformés en des spasmes térrifiant. Cette voix si particulière à ses yeux s'éleva encore et Yuya sentit le regard brûlant d'intensité de son voisin sur son visage, toujours baissé.

- Je sais tout...absolument tout. Je sais que ce jour là, nous n'étions pas seuls...que tu n'avais pas d'autres choix que de me faire croire que tu ne voulais pas t'enfuir avec moi sinon cette ordure allait me tuer à peine on n'aurait fait un seul pas dehors. Je sais que lorsque tu es arrivé chez toi, tu t'es tranché les veines. Heureusement ton père est arrivé et à appelé les pompiers. Ils ont réussit à te garder en vie et t'ont amené à l'hôpital. Là tu t'es révèlé être un patient vraiment coriace à essayer de se suicider avec tout ce qui lui passait sous le nez. Finalement, tu as appelé Yamapi...ce bon vieux Yamapi. Tu ne pouvais faire confiance à personne d'autre, ne ?! Et ce dernier s'est fait un véritable plaisir de venir au secour de son petit protéger. C'est toi qui a eu l'idée de partir loin de moi pour me sauver, ne ?! J'ai eu du mal à comprendre comment ton père avait put accepter. Après tout s'il faisait tout ça depuis le début, c'était justement pour te garder près de lui. Alors à quoi bon te laisser t'exiler à l'autre bout du monde ?! Mais je supposes que de découvrir son fils unique beignant dans une marre de sang à dut le faire ouvrir les yeux, ne ?! Lui qui passait son temps à dire qu'il s'en fichait que tu meurs a apparemment changé de position ! Quelque part je suis fière de toi. Il t'as fallu du courage pour pouvoir faire face à ton paternel et lui dire de but en blanc que tu partais qu'il le veuille ou non...mais c'est lui qui l'avait cherché. Vous avez tout planifiés...comme des pros ! Toi tu devais t'enfuir dans un endroit secret pour tout le monde à part pour ton père je supposes. Yamapi devait faire semblant de te croire mort et ton paternel s'est chargé de créer des preuves. Combien a-t-il donné au légiste pour que ce dernier signe un acte de décès ?! Il y a eu aussi le faux entérrement...tout était parfait ! Ton père t'avais de nouveau pour lui tout seul et pouvait me torturer tranquillement. Yamashita, lui, pouvait se rapprocher de toi à sa guise. Et moi...et moi ?! Qu'est-ce que j'y ai gagné ? Ah oui c'est vrai : la vie sauve.

Soudain, Ryo fit quelques pas, se retrouvant derrière le comptoire juste en face de Yuya. Ce dernier se raidit encore plus, le coeur tout à coup en arrêt complet. Ses larmes étaient à prèsent ponctuées par des petits gémissements qui s'accentuaient à mesure que Nishikido se rapprochait. La voix de ce dernier s'éleva de nouveau, encore plus rauque et grave qu'avant, faisant trembler Tegoshi.

- Tu ne crois pas que j'avais moi aussi mon mot à dire dans l'histoire ?! As-tu la moindre idée de ce que j'ai pu vivre pendant l'année qui vient de s'écouler ? Peut-être que oui...d'après ce que je sais tu as pas mal fréquenté les hôpitaux de ton côté...comme si la mort cherchait absolument à te trouver. Ou alors le contraire ?! Qu'est-ce qui s'est passé Yuya ?! Il te manquait quelque chose ? Ou quelqu'un ?

Yuya frissonna, gémissant de plus en plus alors que Ryo était à quelques centimètres de lui à prèsent. Il aurait voulu hurler, courir, faire n'importe quoi mais quelque chose pour se sortir de là ! Au lieu de ça, il était complètement paralysé. Nishikido en était parfaitement conscient, semblant en profiter. D'ailleurs il enchaina.

- Yamapi t'a t-il dit que j'avais moi même fais quelques petites tentatives ?!

Si Ryo avait essayé de le réveiller, ce fut réussit ! Brusquement, Yuya releva violemment les yeux, affrontant soudain le regard de Nishikido. Celui de Tegoshi était d'une inquiétude térrifiante mais il se rendit compte de son erreur lorsqu'il croisa celui de Ryo. Même si son ainé paraissait calme, il y avait cependant une lueur insondable dans ses yeux mais ce qui était sûr c'est qu'elle n'était pas rassurante du tout. Yuya pouvait y lire de la rage, de la colère, de la dèception mais aussi de l'amour fou, de la joie et du désir. Ca lui brisa le coeur. La bouche toujours grande ouverte, il se retrouva de nouveau tétanisé sauf que cette fois c'était encore pire puisque Nishikido avait réussit à capturer son âme à travers son regard. Ce dernier fit un pas vers lui, Tegoshi en fit subitement un en arrière. Mais il manqua de tomber sous la nervosité de ses gestes. Leurs regards ne se quittaient toujours pas, l'ainé ne le perméttant pas et Yuya n'arrivant pas à se défaire de son emprise. Ryo fit un autre pas en avant. Très vite, Tegoshi se retrouva dos collé au mur et la paume de Nishikido se posa juste à côté de son visage, contre la tapisserie. Ce dernier était toujours aussi calme, presque détaché pourtant son regard brûlait le coeur et l'esprit de Yuya qui avait du mal à respirer. L'ainé ouvrit de nouveau la bouche alors qu'ils n'étaient plus séparés que par quelques centimètres. Sa voix était toujours aussi rauque, faisant trembler Tegoshi dont les yeux piquaient toujours autant sans pour autant craquer.

- Pendant un an j'ai cru être mort, n'érrant plus sur terre que comme un fantôme. Chaque personne que je croisais n'arrivait pas à me faire ressentir la moindre chose. J'avais beau sourire, rire...j'étais complètement vide. Peux-tu m'expliquer pourquoi alors que je me tiens ici devant toi, j'ai l'impression que mon coeur va exploser à force de battre ? Pourquoi j'ai envie de t'embrasser sans même te prévenir ? De te désabiller ici et maintenant ? De te faire l'amour pendant des heures ? Pourquoi est-ce que je ressens une telle chaleur sans même te toucher ?

Le visage de Yuya devînt écarlate alors que ses paupières papillonnaient lentement...contrastant avec le rythme des battements de son coeur. Ryo s'avança légèrement, le faisant sursauter de peur. Nishikido esquissa un léger sourire, leurs regards toujours prisonniés l'un de l'autre.

- Chaque télèphone contient un signal qui peut être suivit à la trace si on en a la technique. Yamapi avait ton numéro, Shige avait l'intélligence et me voilà, avec tout mon amour...Si ça peut te rassurer j'ai passé un marché avec ton père. Il nous laisse enfin tranquil.

Les yeux de Tegoshi s'écarquillèrent. Il n'arrivait pas à y croire. Ca paraissait si impossible de la part de son paternel. Et si Ryo était en train de lui mentir pour mieux l'attraper dans ses filets ? Yuya savait d'expérience que Nishikido savait le faire tourner en bourrique comme personne et la lueur mannipulatrice dans les yeux de son ainé le lui prouvait bien. Il fronça les sourcils, essayant de reprendre le contrôle de son corps et de son coeur. Le sourire de Ryo s'étira un peu plus, devenant presque taquin.

- Tu crois vraiment que tu peux me résister ?!

Sans prévenir, une larme réussit à frenchir le barrage mental de Tegoshi et s'écoula sur sa joue. Lentement, la main que Nishikido avait posé sur le mur se retira, allant essuyer l'eau sur le visage de Yuya. Ce dernier sursauta avant de se figer, le coeur s'étant lui-même arrêté. Tout son corps se mit en alerte alors que les doigts de Ryo descendaient lentement le long de sa joue, la carréssant tendrement au passage. Ses paupières ne papillonnèrent qu'une seule fois, faisant encore plus sourire son ainé. Ca faisait un an que leurs peaux ne s'étaient pas touchées ou même frôlées...un frisson parcourut le corps entier de Tegoshi, rendant sa respiration saccadée. Son coeur lui faisait mal, son corps crispé aussi. Bientôt d'autres larmes coulèrent sur son visage. La main de Nishikido qui avait terminée sa première carrèsse se releva, comme pour essuyer les autres larmes. Yuya sut qu'il ne le supporterait pas. Poussant un cri bref, il fit reculer Ryo en appuyant de toutes ses forces avec ses mains sur le torse de son ainé. Ne prenant pas la peine de réfléchir il se mit à courir comme si sa vie en dépendait. Nishikido esseya de lui saisir le bras mais en un an, Yuya avait gagné de la vitesse. Ce dernier atteignit la porte avant même que Ryo ne se lance à sa poursuite. Une fois dehors, Tegoshi partit à droite, courant sans même jeter un regard en arrière. Lorsque Nishikido eut atteint lui aussi l'entrée, ses yeux suivirent son cadet qui s'enfuyait avant de partir à gauche, le regard plus que déterminé.

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Ca faisait des heures que Yuya vaguabondait dans la ville tel un pantin. Ses pieds le conduisaient il ne savait où. Ses yeux étaient perdus dans le vide alors que ses larmes coulaient abondamment sur ses joues. Au début il avait couru...encore et encore. Mais comme Ryo ne s'était pas lançé à sa poursuite, Tegoshi s'était progréssivement calmé. A prèsent, il était complètement désespèré entre les caresses ennivrantes de celui qu'il aimait et la dur réalité. Il avait beau se repasser les évènements qui venaient d'arriver il n'y croyait toujours pas. Pendant un an, il s'était protégé de tout le monde et maintenant Nishikido débarquait, faisant tout éclater. Yuya savait ce qu'il avait à faire, il s'y était souvent préparé. Mais maintenant que Ryo était devant lui, c'était beaucoup plus compliqué. Comment résister aux carrèsses de la personne de ces rêves ? Comment résister à son regard si blessé qui ne demandait qu'à recevoir son affection ? Comment résister à son sourire ? Comment lui résister alors qu'il était persuadé que Yuya ne le pourrait pas ? Il avait peut-être raison...Il avait raison. Tegoshi était amoureux de Ryo et ça l'ainé le savait parfaitement. Rentrant à son appartement les yeux complètement vides, Yuya ouvrit sa porte sans vraiment la voir avant de s'adosser à elle lorsqu'elle fut fermée. Il faisait nuit noir ici aussi comme dehors mais Tegoshi ne percuta même pas que ça voulait dire qu'il avait passé des heures entières à rêvasser. Le dos collé à la porte, il se laissa lentement tomber par terre, finissant par s'assoir. Les genoux repliés contre son torse il commença à trembler avant d'éclater en sanglots. Ce fut alors que son portable vibra, le forçant à sortir de sa léthargie. L'ouvrant d'un geste las, il le porta à son oreille alors que son autre main massait sa tempe.

- Moshi moshi ?

- Ca va ?

En reconnaissant la voix de Yamapi et en entendant sa question, Yuya ne put s'empêcher de sentir la colère monter en lui.

- Oh super ! L'homme que j'aime vient de revenir alors que ça fait de lui quelqu'un de mennaçé de mort ! Mais Monsieur Nishikido ne semble pas s'en apercevoir et n'en fait qu'à sa tête ! Il doit partir...il doit partir...

Tegoshi ne put continuer, sentant un nouveau sanglot lui casser la voix. Tomohisa continua.

- Calmes-toi ! Ca va aller, ne ?! On va réflèchir calmement et trouver une solution !

Incapable de l'écouter, Yuya se releva en vitesse, soudain nerveux.

- Mais tu ne comprends rien ou quoi ?! Ca ne va pas du tout ! Ryo est là et moi...

- Quoi toi ?

Tegoshi leva la tête tout en fermant les yeux et se pinçant les lèvres.

- Tegoshi !

- Je...

- Tu dois lui résister !

Yuya éclata d'un rire amère avant de frapper contre le mur avec son poing.

- Ahaha c'est facile à dire ça ! On résiste facilement à la personne qu'on n'aime c'est logique, ne ?!

- Tego...

- Tu ne comprends rien !

- Alors expliques-moi !

- ...

- TEGO !

- JE SUIS FOU DE LUI ! Tu comprends ça ?! Comment veux-tu que je ne lui sautes pas dessus après avoir passé un an à me persuader que je ne le reverrais plus jamais ?!

- Tegoshi...tu dois le faire pour le sauver.

- Je sais...

La voix de Yuya était cassée, refusant de passer dans sa gorge irritée. Yamashita enchaina.

- Mais tout à l'heure tu as bien résisté, ne ?!

- Je...je me suis enfuis...d'ailleurs c'est étrange il ne m'a pas suivit...il doit préparer quelque chose. Yamapi s'il te plait viens vite ! Il m'a déjà touché une fois et j'ai faillis lui sauter dessus ! Je veux bien faire tout ce que je peux mais après un an sans l'avoir vu c'est comme me demander de le tuer moi-même ! S'il revient je...je ne sais pas si je pourrais tenir...

- Tegoshi tu ne vas pas te laisser avoir comme ça ?!

- C'est facile pour toi tu ne rêves pas de lui toutes les nuits !

- Tego...

- Je...je l'aime...

- Je sais.

- Et tu sais aussi que quand il veut quelque chose il est difficil de refuser !

- Alors c'est tout ? Il revient et tu lui sautes dans les bras ?!

- C'EST PAS TOI QUI A DUT VIVRE SANS LUI PENDANT UN AN ! IL N'Y A PAS UNE SEULE NUIT SANS LAQUELLE JE PLEURE PENDANT DES HEURES EN PENSANT A CE QUI AURAIT PUT ARRIVER SI JE ME SERAIS ENFUIS AVEC LUI ! JE NE PEUX PAS LUI RESISTER ! JE SUIS FOU DU LUI ! RIEN QUE QUAND IL ME REGARDES J'AI ENVIE DE LUI TU COMPRENDS CA ?! COMMENT VEUX-TU QUE JE LE REPOUSSES ?!

A prèsent Yuya était complètement en larmes mais surtout en colère. Il s'en voulait pour tout : de s'être enfuit, d'avoir permit à Ryo de le retrouver même s'il n'était pas responsable, de l'avoir rencontré...

- CHAQUE JOUR QUI PASSE JE L'AIME BIEN PLUS QUE LA VEILLE ET BIEN MOINS QUE LE LENDEMAIN ET LE PIRE C'EST QUE JE SAIS QUE JE LE CONDAMNE A MORT EN RESSENTANT CA ALORS AIDES-MOI A ARRETER !

Sa voix devenait suppliante. Malheureusement Yamapi n'avait pas de recette miracle pour oublier l'homme de sa vie.

- Je...je suis désolé.

Tegoshi se mit à gémir de frustration, se pinçant les lèvres à se les faire saigner. Tomohisa enchaina.

- Tu ne dois jamais le revoir !

Yuya posa son front contre le mur, se forçant à ne pas s'éffondrer.

- Je...je ne peux pas vivre sans lui...je te jures que j'essayes mais...il a dit que lui et mon père avaient passés un marché : qu'il nous laissait tranquil !

- TEGO !

Tegoshi sursauta sous le ton dur et agressif de Yamashita qui continua.

- Tu sais très bien que ton père n'aurait jamais fait ça ! Arrêtes de te chercher des excuses pour lui sauter dessus !

- Je n'y arriverai pas tout seul...s'il te plait viens vite ! Il suffit que Ryo revienne une fois et...

- Je prends le premier avion ! Mais en attendant même si tu le revois tu dois lui résister tu m'entends ?!

Yuya allait répondre quand soudain il fut violemment écrasé ventre contre le mur, la joue contre le crépis glaçé. Un corps l'applatissait de tout son poids alors que des mains s'étaient aggripées à ses poignets les collant sur le mur également. Tegoshi eut à peine le temps de pousser un petit cri bref que déjà un souffle chaud lui brûla la peau derrière son oreille.

- J'ai entendu tout ce que je voulais savoir et on n'a bien assez discutés comme ça !

Les yeux de Yuya s'écarquillèrent de stupeur en reconnaissant la voix de Ryo. Ce dernier lui bloqua ses poignets dans une main et souleva le dos de sa chemise avec l'autre. L'air frais qui sembla souffler sur son dos le fit frissonner de la tête au pieds sous le sourire taquin de son ainé. Alors que Tegoshi était complètement paralysé, les lèvres de Nishikido se posèrent tout à coup sur sa colonne vertébrale, commençant au bas de ses reins. Yuya poussa un gémissement de surprise en sentant le bout de la langue de Ryo carrésser sa peau. Les larmes lui montèrent au yeux alors que la température de son corps grimpait à toute vitesse. La voix de Yamashita résonna une autre fois dans la pièce.

- Tu m'entends Tego ?! Quoi qu'il te fasses tu dois résister ?!

A suivre...