Heero se sentait tellement nerveux. Il faisait et refaisait depuis vingt minutes le nœud de sa cravate devant le miroir, sans réussir une seule fois à en être satisfait. Alors qu'il s'attaquait au malheureux bout de tissu pour la cent cinquante et unième fois, Duo entra sans la pièce comme une véritable tornade. Depuis plusieurs mois, le jeune homme semblait monté sur ressort. Il s'agitait dans tous les sens, gesticulait, la voix montant un peu plus dans les aigus à chaque jour qui passait.

- Ben alors ! Qu'est-ce que tu trafiques ! On attend plus que toi ! Tout le monde est prêt !!! ELLE vient d'arriver !

- Hn.

- M'en fous ! On n'a pas toute la journée ! Monsieur le Curé commence à s'impatienter… En fait TOUT LE MONDE commence à s'impatienter ! Wufei peste et jette des regards assassins à tout, même aux tableaux sur les murs. Il va finir par égorger Quatre et son sourire béat. Alors c'est quoi le problème ?

- Cette foutue cravate…

Duo le regarda comme s'il avait chanté un opéra.

- Ta cravate ? Ben elle est très bien ta cravate.

- Je n'arrive pas à faire un nœud correct.

Son meilleur ami le regarda d'un air désespéré.

- Viens par là. Je me demande bien ce que Relena peut te trouver.

- Mon charme irrésistible et mystérieux.

- Mystérieux, tu parles ! C'est juste qu'elle est assez amoureuse pour supporter ton sale caractère !

- Baka !

- Ouais, on sait. Allez, bouge.

- Et toi, respire.

En deux minutes ils furent devant l'autel, tournés vers l'entrée de l'église. Heero n'aimait pas vraiment ces édifices. Il se sentait toujours mal à l'aise. Mais Duo tenait à ce que la cérémonie se fasse ici. Relena remontait la nef au rythme de la musique, suivie par Sally, Dorothy, Mariemeia et enfin Hilde. Heero se pencha vers Duo pour lui murmurer à l'oreille d'un ton moqueur :

- Tu aurais pu en faire une femme honnête avant que ça ne se voit comme le nez au milieu de la figure…

Mais son ami ne l'écoutait pas, hypnotisé par sa belle qui avançait, son ventre rond tendu vers lui.

- Duo, respire !