Le soir même
Le CrashDown
PDV Michelle
Je n'aime pas travailler ici, cela ne colle pas à mon image de fille à la page. Mais maman a insisté pour que je gagne moi même mon argent de poche. De plus, il faut bien avouer que la famille DeLuca ne roule pas sur l'or : ce job me permet donc de me faire plaisir, achetant les fringues qui peuvent me faire envie au moment où je le souhaite. Et puis, j'avoue que nous rions bien, Ally et moi, nous pouvons nous faire des confidences et plaisanter sur nos camarades du lycée et sur les clients, sous le regard mi sévère, mi amusé de sa mère.
James s'est vu lui aussi confié un emploi au restaurant et c'est en cuisine qu'il exerce ses talents. Un bandana solidement visé sur la tête, et avec son air sombre, on dirait un pirate. Seul son regard prend une lueur particulière lorsqu'Ally vient récupérer une de ses commandes. Son attitude est digne d'un de ces soaps pour adolescents, mais je ne peux être qu'attendrie lorsque je vois mon frère ainsi amoureux.
Quand ma mère passe au restaurant, elle s'installe au bout du bar, juste en face des cuisines et l'observe d'un air nostalgique. Je sais que dans ces moments là son esprit part loin dans le passé, vers le souvenir de mon père.
New York
PDV Michael
Je déteste cette ville bruyante et nauséabonde où tous les gens courent à droite et à gauche sans véritable but, sans profondes conditions si ce n'est l'argent. Je hais cette ville superficielle, là où certaine personne parte dans l'espoir d'un avenir meilleur, sans penser que l'on ne peut pas être dans une cité d'où l'on ne peut voir les étoiles. Oui, New York pue le fric et l'anarque, c'est un lieu de perdition.
Max a décidé que nous nous rendrions demain à la première heure chez le chargé d'affaire de Brody, comme il en avait été convenu entre eux. Pour l'instant, nous voilà installez dans un hôtel miteux au nord de Manhattan.
Je lis le stress sur le visage de Max : revoir son fils après toutes ces années, cette part de lui qu'il a été contraint de laisser partir pour le sauvegarder. Aujourd'hui, ces retrouvailles vont être une sorte de seconde naissance, un renouveau. Quelle chance il a, malgré tout ... Une raison de plus d'envier Max Evans, me dis je en souriant.
Le CrashDown
PDV Ally
Vivement que le service se termine enfin. Je trouve les clients particulièrement énervés ce soir, sans doute en raison de la pleine lune. Et puis, les illuminés sont de retour comme chaque année pour le festival du crash. Fous d'OVNIS, traqueurs de petits hommes verts, d'ici trois jours la ville en sera remplie. Tous les ans que Dieu fasse, ils repointent le bout de leur nez, pleins de leurs interrogations stupides.
Ma mère prétend qu'il ne faut pas dénigrer cet événement qui nous permet de gagner en peu de jour un dixième du chiffre d'affaires annuel du café. N'empêche, tous ces fêlés ont le don de me taper sur les nerfs. Heureusement, je ne serai pas la seule à payer un lourd tribut de cette bande de fous : Michelle et James vont aussi être contraints de faire des heures supplémentaires, me permettant de les voir plus, de le voir plus ... Finalement, à bien y réfléchir, ce festival a peut être du bon ...
Mardi matin
Roswell – Maison DeLuca
PDV James
Maria : James, DEBOUT !
James : Maman, arrêtes de hurler, je suis pas sourd !
Maria : James, il n'est pas question que tu rates encore ta première heure de cours. Alors, tu te lèves tout de suite !
Je tente de m'ensevelir à nouveau sous la couette, mais lorsque j'entends le pas de ma mère dans le couloir, je saute rapidement du lit afin d'éviter un sermon spécial DeLuca. J'attrape à la hâte le jean noir qui traîne, enfile un tee shirt et après une minutieuse exploration, retrouve enfin sous mon lit ma seconde basket.
Arrivé dans la cuisine, je subis le regard noir de maman, mais n'ose rien dire de peur de me voir accabler de reproches. Elle me fourre une tartine dans la main puis me pousse rapidement dehors.
Maria : Ta soeur est déjà partie depuis un quart d'heure. Allez, bouges toi !
Je déteste les matins.
New York
PDV Michael
Je déteste les matins. Max tente de me réveiller en me secouant, j'ai beau essayé de le repousser, il insiste, provoquant mes grognements de mécontentement.
Max : Michael, il faut vraiment qu'on y aille là ...
J'ouvre vaillamment un oeil, mais ma paupière me trahit et retombe lourdement. Allez, gars, un petit effort, penses que tu es un battant, un grand soldat, une terreur ... Je commence à m'étirer, parvient finalement à ouvrir les yeux, et croise le regard plein de colère de mon ami, déjà habillé et planté à côté de mon lit.
Michael : D'accord, Max, arrêtes ... là je suis debout.
Je m'habilles aussi rapidement que me le permet la dispersion de mes effets personnels dans la chambre, sous un concert de soupirs agacés de Max. enfin prêt, je me retourne vers lui le regard triomphant.
Michael : On y va quand tu veux !
PDV Max
Il y a des moments dans la vie où je me demande comment je fais pour ne pas encore l'avoir étrangler de mes propres mains. Quand il a l'attitude de ce matin, où, bien qu'il sache l'importance que revêt les retrouvailles avec Zan, il ne fait aucun effort, se souciant avant tout de lui même, j'en viens à penser qu'il n'a aucune considération pour moi.
Pourtant je sais que je suis son frère, son meilleur ami, celui pour qui il aurait donné mille fois sa vie toutes ces années et la réciproque est vraie. Le moment magique que je m'apprête à vivre, je n'aurai voulu le partager avec personne d'autre.
Nous arrivons enfin devant le fameux cabinet Carlston et Associés dont Brody m'a fait mention pour le retrouver lorsque le moment serait venu. Je pousse la porte, l'angoisse au ventre, sachant que chacun de mes pas me rapproche un peu plus de mon fils. A l'accueil, je demande M. Potter.
L'hôtesse (d'un ton nasillard) : De la part de qui ?
Max : Monsieur Evans, sur les recommandations de M. Brody Davis.
L'hôtesse : Je vais voir, vous pouvez attendre ici.
Nous nous asseyons avec Michael et une attente interminable débute.
