Lycée de Roswell

PDV Anton

Je fuis, me précipite dans le couloir et vais rapidement m'installer dans notre salle de cours, sans attendre James. Je ne sais plus quoi penser. Je l'ai embrassé. Et elle a répondu à mon baiser. C'est un rêve, mais un rêve qui m'est interdit. Pour de multiples raisons, je n'ai pas le droit de l'aimer et il ne faut pas qu'elle s'attache à moi. D'abord, c'est la soeur de James, mon meilleur ami, et je ne souhaite pas le trahir. Et surtout nous sommes trop différents. Mon tuteur me l'a bien dit à de multiples reprises : « Tu n'es pas destiné à rester dans ce monde, il faut que tu sois prêt à partir à tout moment. Ne crée pas d'attaches ici, elles seraient une entrave à ton futur ».

Mon futur ... Combien de fois l'ai je imaginé ... Et comme il me paraît loin à l'instant, au seul souvenir de ce qui vient de se produire ... Je sais parfaitement que ma place n'est pas à Roswell, mais j'ignore concrètement où elle se trouve. J'attends des réponses et elles n'arrivent jamais, mais pendant ce temps, j'oublie de vivre. Et vivre pour moi à l'instant, c'est être avec Michelle.

James : Hey ...

Je me retourne étonné, ne l'ayant pas entendu arriver.

Anton : Salut mec.

Je n'ai pas envie de parler ce matin, mais tout à coup je réalise.

Anton : Mais qu'est ce que tu fais là aussi tôt ?

Non, je ne le crois pas, il baisse les yeux et se racle doucement la gorge. Pas de remarque ironique à l'horizon. Mais qu'est ce qui lui arrive ?

James : Ben, à vrai dire ...

Il ne continue pas, le professeur d'espagnol venant de faire son entrée en cours.

PDV James

Ouf, pour une fois, je suis heureux de voir arriver Madame Rubio pour le cours. Elle m'évite une explication avec mon ami, à qui je ne me sens pas encore prêt à révéler mes sentiments. Que vais je faire de plus maintenant ? Bon, je lui ai dit qu'elle pouvait compter sur moi, cela ne signifie pas pour autant que je lui ai avoué autre chose. Pas besoin de s'angoisser outre mesure, encore deux jours avant ce maudit exposé, puis tout reprendra sa place.

J'observe Ally deux rangs devant moi, qui prend consciencieusement des notes. Sa main gauche passe doucement sous ses cheveux, j'adore quand elle fait ce geste. Et surtout, ces périodes d'enseignement sont pour moi une occasion supplémentaire de l'observer sans être vu. Je sens soudain qu'un autre regard parcourt sa nuque et tournant la tête, je vois qu'il s'agit de ce pervers de Perkins. Gars, dès que j'en aurai l'occasion, tu vas amèrement regretter le jour où tu as jeté ton dévolu sur elle ...

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Le soir même

Roswell

Maison de Max et Michael

PDV Michael

Le voyage depuis Santa Fe s'est déroulé dans un silence religieux suite aux recommandations de Max. Je ne sais pas d'ailleurs si c'est plus à moi qu'à lui même qu'il les adressait. La maison n'est pas un modèle de luxe, mais j'avoue m'en moquer. Tout ce qui compte désormais c'est d'accomplir au plus vite la mission que nous nous sommes fixés puis de repartir. Loin de cette ville et de toutes tentations. Max a contacté l'UFOCenter en arrivant et a joint Brody avec qui il a rendez vous. Il souhaite préparer au mieux sa rencontre avec son fils et je le comprend.

PDV Max

Nous y sommes. Brody va arriver dans quelques minutes et j'ai déjà des milliers de questions qui me viennent aux lèvres. Peur et excitation se mêlent dans mes pensées. Je vais enfin qui est mon fils aujourd'hui. Justement, voilà qu'on frappe à la porte : c'est lui. Je m'avance, tellement stressé que mes jambes flageolent légèrement.

Max : Brody, cela faisait longtemps ...

Je lui tend la main, mais dans un élan, il se met à m'étreindre.

Brody : Max, je suis heureux que tu sois enfin revenu.

Je l'observe légèrement : Sa coiffure est plus sage et quelques rides marquent désormais son visage. Mais à part cela, il a peu changé. Michael s'avance à son tour pour le saluer, et ils &changent une poignée de main solennelle.

Max: Viens t'asseoir, nous serons mieux pour parler.

Michael semble vouloir rester avec nous. Je préfère d'ailleurs : il sera mon soutien en cas de nouvelles qui ne seraient pas agréables.

Brody : Alors, si vous êtes là, je suppose que la guerre est terminée ?

Max : Oui. Nous avons vaincu les forces de Khivar. Aujourd'hui Antar a retrouvé la prospérité.

Brody : La bataille a du être rude ...

En prononçant ces mots, je vois que son regard s'attarde sur Michael.

Max : Il y a eu beaucoup de sang et de morts. Mais la paix était à ce prix.

Il acquiesce d'un signe de tête.

Max : Brody, parle moi de Zan.

Brody : Il va très bien, Max. il est grand, noble et fort.

Max : Lui as tu parler de moi ?

Brody : Très souvent. Il attend ton retour et sait qu'il a une mission à accomplir, ailleurs.

Max : Quand pourrais je le voir, à ton avis ?

Brody : Pourquoi pas demain soir ? Il faut d'abord que je lui dise que tu es revenu et qu'il se prépare à te rencontrer. Je sais qu'il espère ce moment depuis des années.

Max : Est il heureux ici ?

Brody : Il a quelques amis qui lui sont profondément attachés. Il les retrouve souvent après les cours, ils font des virées ensemble, vont à des soirées ou encore boire un verre au CrashDown.

Le CrashDown ... je vois tout à coup les images défilées devant mes yeux, le bar, les tables avec banquettes, la banque où il fallait payer. Je tourne les yeux vers Michael : ses mâchoires sont crispées et ses poings serrés. Lui aussi se souvient et je sais que tout comme moi la question lui brûle les lèvres. Brody semble comprendre ce moment de flottement et c'est lui qui finit par mettre fin à nos interrogations.

Brody : Elles vivent encore toutes les deux ici.

Je m'affaisse un peu plus sur le canapé et je perçois un soupir de Michael.

Brody : J'aurai sans doute mieux fait de ne rien dire ...

Max : Si tu as eu raison, au moins maintenant nous savons à quoi nous en tenir.

Brody : Une dernière chose cependant. Pour éviter tout risque, j'ai changé le prénom de Zan. Désormais, il s'appelle Anton.