PDV Anton
Elle est blottie entre mes bras et je voudrais que ce moment dure une éternité. Mon père avait raison : rien n'empêche d'aimer, si ce n'est nos propres barrières morales et mentales. Je n'ai jamais été aussi bien, sans aucune crainte ni arrière pensée. Nous avons discuté longuement, je lui ai raconté les retrouvailles avec mon père, sachant qu'elle comprendrait. J'ai envie de tout partagé avec elle, sans mensonge ni tromperie. Bien sûr, c'est un leurre, je sais que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, que mes origines doivent rester secrètes.
Je la sens frissonner contre moi : je ne sais pas très bien s'il s'agit du froid ou de ma présence.
Anton : Tu as froid ?
Michelle : Un peu ... mais je voudrais que ce moment ne s'arrête jamais.
Je lui souris tendrement, passe ma main sur sa joue et dépose un léger baiser sur ses lèvres.
Anton : Princesse, je pense qu'il est tant que tu rentres ... et moi aussi.
Michelle : Seulement si tu me raccompagnes.
Anton : Je profiterai de toutes les minutes avec toi.
PDV Michelle
Je retourne avec Anton dans la salle principale où se déroule la soirée et cherche Ally ainsi que James du regard. Mais visiblement, ils se sont esquivés tous les deux, peut être même ensemble. Cette pensée me fait sourire : depuis le temps que des sentiments grandissent entre eux, il serait sans doute qu'ils sautent le pas. Il faudra sans doute que je m'en mêle un peu ... je verrai cela dans les prochains jours. Anton semble avoir eu une démarche similaire à la mienne, tentant de trouver mon amie et mon frère.
Michelle : Je pense qu'ils sont déjà partis.
Il m'adresse un sourire si plein de tendresse que j'ai l'envie de lui sauter dessus pour encore l'embrasser. Sois raisonnable, Michelle, à force d'être aussi impulsive, tu vas lui faire peur !
Nous voilà marchant dans la rue main dans la main, moi et mon petit ami ... je n'aurai jamais imaginé qualifier ainsi Anton, et pourtant à l'instant cela me paraît si nature que cela en est alarmant. Comment n'ai je pas pu m'en rendre compte plus tôt, aveuglée sans doute par sa relation avec mon frère ?
C'est plongé dans mes réflexions que je poursuis le chemin jusqu'à chez moi, la chaleur de sa paume irradiant la mienne. Lorsque soudain le besoin irrésistible de me trouver dans ses bras se fait sentir, je stoppe mes pas, me tourne vers lui et pose ma tête sur son épaule. Immédiatement, ses bras m'enserrent, et nous restons ainsi enlacés, profitant de l'instant.
Anton : Allez, princesse, de toute façon, on est destiné à se voir très souvent maintenant ...
J'adore qu'il m'appelle ainsi, car je n'y vois aucun sous entendu.
Nous arrivons enfin devant la maison. Il pose un tendre baiser sur mes lèvres.
Michelle : Tu n'entres pas ?
Anton : Euh, on va un peu différer la confrontation avec ta mère si tu veux bien.
Lorsque je tourne la tête vers la fenêtre du salon, je vois qu'effectivement la lumière est allumée et qu'elle doit donc être encore debout.
Michelle : Ok, mais on s'appelle demain sans faute.
Je reste sur le porche tandis qu'il s'éloigne, profitant encore de sa silhouette jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un point dans l'horizon. Puis, je me décide enfin à rentrer le plus doucement possible. Lorsque je jette un regard dans le salon, je constate qu'en effet ma mère s'y trouve dans les bras d'un homme.
Michelle : Maman ?
Leur étreinte se désert et ils se retournent tous les deux vers moi. Ma mère a les yeux rougis et en même temps plein de joie, quand à l'homme ...
Michelle : Papa ?
PDV Michael
Elle est magnifique et me fait tout de suite penser à sa mère plus jeune. D'ailleurs, comme sa mère avant elle, je vois ses belles prunelles vertes qui s'emplissent de larmes. Aucun son ne sort de ma bouche, je contemple cette belle adolescente : ma fille.
Maria : Michelle ...
Michelle : J'ai raison, n'est ce pas ?
Maria : Oui, c'est bien ton père.
Son regard me scrute, cherchant des réponses, mais j'y vois aussi ce mélange de douleur et de bonheur.
Michael : Bonsoir Michelle.
C'est comme si elle sortait tout à coup d'un état léthargique en entendant ces mots. Elle se précipite dans mes bras.
Michelle : Je savais que tu reviendrais, j'en étais sure !
Mon coeur va éclater, tant la joie de la sentir tout contre moi est intense.
Michael : Je serai revenu plus tôt si j'avais su, tu t'en doutes ...
Michelle : Je sais, maman nous l'a toujours dit.
Mes yeux se focalisent sur Maria, elle semble tellement émue de nous voir réuni. J'attrape sa main, puis c'est maintenant mes deux femmes que j'étreins contre mon coeur.
Michelle : Papa, racontes moi Antar.
PDV James
Je suis installé avec Ally sur la terrasse de sa chambre, tendrement enlacé et encore surpris du bonheur que je ressens. Mais, je sens qu'il faut que je partes, car sinon les choses risquent de dégénérer. Mon désir pour elle augmente au fur et à mesure des minutes. Elle sourit doucement et finit par me chuchoter :
Ally : Tu sais que tu viens de rencontrer le grand amour de ma mère ...
James : Max ... c'est donc aussi ...
Ally : l'ami de ton père.
Je réalise soudain la portée de ce constat. Si lui est là, peut être alors que mon père ...
James : Il faut que je rentre.
Ally : Tu penses que ...
James : S'il y a une chance qu'il soit là, je ne veux pas la rater.
Elle caresse doucement ma main, puis pose un baiser papillon sur mes lèvres.
Ally : Va y.
James : Tu es sure ?
Ally : Allez ... de toute façon, tu sais où me trouver, non ?
Je me lève, lui jette un dernier regard puis quitte la terrasse par l'échelle de secours. Je cours plus que je marche jusqu'à notre maison. Lorsque je franchis la porte, je découvre un homme de dos qui parle avec maman et Michelle. Avant même qu'il se retourne vers moi, j'ai compris : mon père est revenu.
PDV Maria
Lorsque je vois James entrer dans la maison, je sais que le dernier acte de la pièce se profile : mes enfants et leur père, enfin face à face.
Maria : James, c'est ton père.
Michael s'est levé et fait maintenant face à son fils. Chacun jauge l'autre du regard, sans aucun mouvement, puis enfin Michael saisit James par les épaules et lui offre une franche accolade à laquelle mon fils répond. Ils sont si semblables que j'en ai le tournis.
James : Tu repars quand ?
Il défit son père des yeux, comme pour savoir à qui il a à faire.
Michael : Je ne sais pas encore, cela va dépendre de pas mal de choses.
En prononçant ces derniers mots, ses prunelles brunes se noient dans les miennes.
