Vendredi matin
PDV Max
Un rayon de soleil me fait doucement sortir de la langoureuse torpeur que fut cette nuit. Je sens contre moi la peau douce de Liz, partagé entre le sentiment de vivre un rêve et la réalité de son contact. Je me sens bien, comme rarement dans ma vie. Je perçois le souffle régulier de mon amour sur ma poitrine, ses cheveux soyeux comme une caresse. Lorsqu'enfin Liz commence à bouger, je ne peux m'empêcher de passer délicatement ma main sur sa chevelure brune. Elle relève la tête vers moi et me sourit, réchauffant mon coeur par ce simple geste.
Liz : Bonjour.
Max : Comment vas tu mon amour ?
Liz : J'ai rarement été aussi bien.
De nouveau son sourire, celui qui a éclairé mes pensées durant ces années d'errance sentimentale.
Le reveil sonne soudain, me ramenant cruellement à la réalité. Elle s'extrait de mon étreinte.
Liz : Je dois aller préparer l'ouverture. Tu peux rester ici, si tu veux.
Max : Non, je viens avec toi.
Je ne veux pas, je ne veux plus être séparé d'elle, nous avons mis trop de temps à nous retrouver.
PDV Maria
C'est la douceur de sa peau que j'ai senti en premier, ce contact qui m'a fait défaut pendant tant d'années. J'ai tenté de me lever, mais ses bras m'enserrent, ils sont à la fois tendres et puissants. Je l'écoute respirer, encore sous le choc de ce retour. C'est au moment où je perdais espoir qu'il réapparaît et j'ai compris que ma vie sans lui n'a été qu'une parenthèse. Je ne peux m'empêcher de poser mes lèvres au creux de son cou, là où son parfum persiste et m'enivre.
Michael : Tu n'as pas honte de profiter ainsi de mon sommeil ?
Je vois apparaître au coin de sa bouche ce sourire qui m'a tant fait défaut toutes ces années.
Maria : Depuis quand es tu réveillé ?
Michael : Quelques minutes ... je profitais de ce moment.
Je sens sa main descendre le long de mon dos, explorant ma peau comme un sculpteur touche la glaise avant de la modeler.
Maria : Arrêtes ... tu vas me rendre folle.
J'entends son rire, cet éclat plein de bonheur et sans retenu.
Michael : J'adore entendre ces mots dans ta bouche.
Maria : S'il te plaît, Spaceboy, pense aux enfants.
Le contact de sa paume cesse, à regret, autant pour lui que pour moi d'ailleurs. Il me regarde un instant, et je peux lire dans ses yeux la passion qui l'anime. Je dépose un baiser sur ses lèvres puis me lève doucement, saisissant sa main afin de l'entraîner dans mon sillage.
Maria : Viens, allons les retrouver.
PDV Liz
Je me retrouve dans le café, le coeur léger, le corps en paix, heureuse de cette journée qui commence. J'ai encore sur ma peau l'odeur de Max, me ramenant à cette nuit si souvent espérée. Il paraît que les rêves sont moins beaux lorsqu'ils se réalisent : c'est faux, nos retrouvailles en sont la parfaite illustration. J'entends des pas derrière moi, et sans avoir besoin de me retourner je sais que c'est lui. Sa simple présence s'infiltre dans mon corps comme une douce mélodie.
Max : Tu veux qu'on commence par où ?
Je lui désigne la vaisselle cassée à terre, reliquat de son retour dans ma vie.
Max: Je suis à vos ordres, bel ange.
Je craque, il me replonge dans mes tourments adolescents. Si je m'écoute, j'abandonne tout sur la place, me jette sur lui, et l'entraîne dans l'arrière salle pour une nouvelle étreinte passionnée. Reprend toi, Parker, tu dois penser à être sérieuse, tes clients, ta fille ...
La voilà justement qui apparaît, les yeux embrumés de sommeil mais aussi d'une autre lueur qui ne doit pas être sans rapport avec la présence de James hier à ses côtés.
Ally : Salut m'man.
Liz : Bonjour, ma grande. As tu bien dormie ?
Ally : Du sommeil d'un ange aux rêves merveilleux ...
L'amour transpire par tous les pores de sa peau. Je n'aurai jamais imaginé, ma fille avec le fils de ma meilleure amie, comme un magnifique roman dont on idéalise la fin.
Liz : Tu nous aides ?
Je lance un regard en direction de Max, accroupi près des vestiges de la vaisselle et qui tente tant bien que mal d'en regrouper les morceaux. Je l'entends pouffer légèrement, ce qui me donne moi aussi envie de rire tant la situation est burlesque.
PDV Michael
Nous voilà dans la cuisine, mes bras entourent sa taille, et sa tête se laisse aller contre mon torse. Il me semble qu'il y a un siècle qu'Orphée ne m'a pas visité pour m'offrir une nuit si douce. Le temps paraît s'être arrêter, je profite de chaque seconde contre elle, redecouvrant ses courbes, son odeur, sa douceur. Comment ai je pu vivre si longtemps loin d'elle ?
Un raclement de gorge me fait soudain revenir à la réalité, et lorsque j'ouvre les yeux, je me retrouve en face de mon double, l'autre moins avec seize ans de moi. Les cheveux en bataille et l'oeil encore embrumé, il m'adresse un sourire, signe sans nul doute de son contentement de me voir toujours présent au petit matin.
Maria : Café James ?
James : Muuuuuuuuummmm ...
Décidément, ce garçon me ressemble beaucoup trop. Je laisse à regret Maria se détacher de mon étreinte, et la voit se diriger vers le placard d'où elle extrait, outre quatre tasses, le sucrier et une bouteille de Tabasco.
Maria : Toi aussi, Spaceboy ?
Michael : Oui, mon ange.
Son regard plein d'amour m'atteint en plein coeur. Si je devais choisir de mourir, ce serait maintenant, tant ce moment est parfait.
Michelle : Je peux en avoir un peu moi aussi ?
Je me retourne et observe ma fille. Dire qu'elle est belle est un faible mot : elle est éblouissante, une apparition digne d'Aphrodite. Je suis vraiment en train de me liquéfier à penser sans cesse à des références mythologiques !!!
Michael : Et pourquoi ne déjeunerions nous pas plutôt à l'extérieur ?
Le regard de mon fils s'illumine de mille feux.
James : Bonne idée !!!! Allons au CrashDown.
Je le dévisage : à peine revenu, je me découvre un fils ... amoureux.
