Le CrashDown Café

PDV Ally

Nous nous afférons depuis maintenant plus d'une demi heure afin de remettre de l'ordre dans la salle. Je surprend régulièrement les regards lascifs que ma mère pose sur Max, signe que la nuit qu'elle vient de passer a été des plus magiques. Je suis tellement heureuse de la voir pleine de cette lumière qui irradie de tous les pores de sa peau. Ils sont l'image même de l'amour qui dure et traverse les âges. J'en suis là de mes pérégrinations psychologiques lorsque le tintement de la porte d'entrée se fait entendre. Instinctivement je me retourne et je vois entrer Maria, Michelle, James ... mon Dieu, qu'il est beau !!! puis un homme que je ne connais pas mais que j'identifie immédiatement comme le père de mon amoureux, tant leur ressemblance est frappante.

Maria : Max !!!!

Avant que ce dernier n'est eu le temps d'esquiver le moindre geste, elle s'est déjà jetée dans ses bras, riant aux éclats, sous le regard amusé de l'assemblée. Il semble tout d'abord gêner par cette manifestation excessive d'affection, mais la serre malgré tout tendrement puis finit finalement par marmonner « Il y a quand même des choses immuables à Roswell » accentuant encore plus notre hilarité. Ma mère, quand à elle, finit par s'approcher du père de James et l'étreint avec tendresse.

Liz : Michael ... C'est bon de te revoir.

Décidément, les adultes peuvent parfois se révéler aussi dégoulinant de sentiments que nous autres pauvres adolescents. Alors que je suis en train de m'amuser de ce constat, James se rapproche de moi et avant que j'ai pu faire le moindre mouvement, il m'embrasse fougueusement devant tous nos proches, provoquant un sifflement mi admiratif mi cynique de Michelle.

Michelle : Alors là, on est dans la quatrième dimension !!!

James détache ses lèvres des miennes, je crains dans un premier temps une remarque sanglante, mais c'est un sourire radieux qu'il adresse à sa soeur.

James : Jalouse, va ...

Je surprend alors le regard de nos mères, plein de surprise. Je sens confusément qu'une explication s'impose.

Ally : En fait, maman, Maria ...

James : Ally et moi sommes amoureux et nous sortons ensemble. Cela présente t'il un problème pour quelqu'un ?

Je les observe tous à la dérobée tandis que le rouge me monte aux joues. Aucun ne parait choquer de cette révélation, il me semble même lire une lueur de satisfaction dans les yeux de nos mères. Finalement, Michael s'approche de moi et dépose un tonitruant baiser sur chacune de mes joues.

Michael : Je suis ravi de te rencontrer. Tu es la fille de Liz, c'est cela ?

Une voix : Oui, ainsi que la mienne ... alors on organise des retrouvailles et personne ne pense à me prévenir ?

PDV Max

Je me retourne en direction de la voix et découvre le visage de Kyle. J'ai tout à coup une angoisse énorme quand à sa réaction.

Kyle : C'est une manie, dès que vous apparaissez, je me fais piquer la femme de ma vie.

J'essaye de déchiffrer l'expression dans son regard, et quand finalement il s'approche de moi, c'est la main tendu.

Kyle : Max, cela faisait longtemps ...

Max : Salut Kyle.

Kyle : Ca fait seize ans que l'on ne s'est pas vu et c'est tout ce que tu trouve à me dire ?

Je le regarde tout d'abord interloqué, mais lorsque j'entends son rire retentir, je comprend qu'une fois de plus il ironise face à la situation. Finalement, c'est Michael qui me sauve de cette situation à mi chemin entre le drôle et l'humiliant.

Michael : Kyle, tu n'as décidément pas changé ... un vrai gamin.

Kyle : Que veux tu ... j'ai toujours voulu te ressembler. Bon, toute la petite bande semble réunie à ce que je vois.

Max : Il manque mon fils.

Kyle : Parce qu'il est ici ? J'ai vraiment toujours un train de retard, moi. Alors, qu'est ce que t'attends pour le faire venir ?

Je me retourne vers Michael qui acquiesce d'un signe de tête, puis vers Liz.

Liz : Va utiliser le téléphone à l'étage.

Alors que je m'y dirige, j'attends de nouveau la voix de Kyle retentir.

Kyle : A propos James, tu peux m'expliquer pourquoi tu tiens ma fille dans tes bras comme ça ?

Ally : Papa !!!!!!!!!!!!!

Des éclats de rire accompagnent le grincement de la porte qui se referme derrière moi. Je monte rapidement à l'étage et compose le numéro de Brody. C'est finalement la voix de mon fils, encore légèrement endormi, que je perçois au bout du fil.

Anton : Ouais ...

Max : Salut.

Anton : Papa ? Mais pourquoi tu m'appelles aussi tôt ?

Max : Je voudrais te voir tout de suite. Tu peux passer au CrashDown Café ?

Anton : Sans problème, le temps de prévenir Brody et de m'habiller et j'arrive.

Je raccroche le combiné et m'appuie un instant contre le mur. Voilà, nous arrivons enfin à l'acte final de la pièce de nos vies qui se déroule à Roswell, là où tout commence, là où tout finit.