Le lendemain matin, la Tante Pétunia vint le réveiller à l'aube. Comme il ne dormait plus beaucoup, le réveil n'avait pas été aussi brutal qu'elle s'y attendait.
En effet, depuis la mort de son parrain, Harry revivait chaque nuit cet horrible épisode. Et chaque nuit, il avait peur de fermer les yeux, peur de revivre encore ce moment de sa vie. Le pire, est qu'il ne savait pas quel moment était le plus horrible : le passage de Sirius derrière le voile, ou le fait qu'il n'ait pas pu le venger en faisant souffrir Bellatrix. Il dormait que de manière très superficielle, quelques heures par nuit. Et dès que le sommeil le quittait, la culpabilité, la peine et la colère venaient le remplacer.
Il revêtit une tenue passe-partout, pas de prime jeunesse et dans un état de salissure incrustée. Il aurait sûrement les pieds humides avant même d'être monté en voiture. Il démêla ses cheveux et tenta vainement de les ordonner, avant de descendre le plus silencieusement possible jusqu'à la cuisine.
Il y trouva sa tante, assise devant son thé. Il toussota pour lui signaler sa présence et elle se tourna vers lui.
-« Il y a des yaourts et des biscuits…. Tu peux en prendre »
-« Merci »
-« C'est pas que je ne veuille pas que tu déjeunes, Harry…. C'est juste que je ne veux pas que Dudley, ou Vernon, soit réveillé par l'odeur du bacon et des œufs »
-« Je comprends » dit Harry « Et je m'excuse de déranger vos projets de vacances »
-« Ce n'est pas que toi…. J'ai aussi ma part de responsabilité…. J'ai oublié mes promesses passées…. Et je n'ai pas voulu qu'on me les rappelle…. C'est pour ça que, disons le franchement, j'ai été aussi odieuse avec toi…. Tu n'avais rien demandé…. Et tout te tombe dessus »
-« Si vous êtes en froid, l'un avec l'autre, par ma faute, je m'en excuse »
-« Tu n'as pas à t'en vouloir »
-« Je suis désolé d'être à votre charge…. »
-« Harry, on reçoit, tous les mois depuis ton arrivée chez nous, une somme non négligeable pour ton éducation…. Enfin, je devrais dire que je reçois une certaine somme…. C'est pour les orphelins d'Aurors, d'après ce que j'ai compris…. Et tes parents étaient Aurors…. Même si je ne sais toujours pas ce que ça signifie, et je ne veux pas en savoir plus…. Donc, tu ne nous coûtes presque rien…. A vrai dire, par rapport à ce que l'on t'a fourni, on s'est enrichi…. Mais on ne t'a pas volé…. La moitié de ce que je reçois chaque mois reste sur un compte, à ton nom et à mon nom de jeune fille pour le moment…. Vernon n'en sait rien, ni pour le compte, si pour le dernier solde…. L'instinct féminin, ou ma conscience ont dû me faire agir de la sorte…. Enfin, ne t'inquiète pas, tous tes frais à venir seront payés avec cet argent…. Comme tu vas avoir 16 ans, le banquier est d'accord pour que tu ais une carte de crédit…. Je lui ai expliqué que, malgré le fait que tu sois à St Brutus, tu étais devenu une personne vraiment responsable…. Il a accepté, mais il aimerait te parler avant…. Tu pourras donc acheter des souvenirs pour tes amis…. J'ai demandé à Mr Lupin de faire en sorte que tu puisses faire tes devoirs, au moins les plus anodins, pendant les vacances…. Mais il faudra que tu fasses très attention »
-« Oui…. Je m'en doute bien »
-« Comme tu rentreras avant nous, puisque Dudley n'a besoin de revenir que pour sa rentrée, et que Vernon est en voyage d'affaire, c'est Mr Lupin ou un de ses collègues, qui viendra te chercher à l'aéroport…. Tu as des questions ? »
-« Oui…. Je vais pouvoir avoir des vêtements neufs, alors ?…. Ou au moins à ma taille »
-« Des neufs…. Tu pourras prendre des neufs, et à ta taille, ne t'inquiète pas…. Je te demanderais juste de faire ne sorte qu'ils ne te mettent pas trop en avant…. Reste dans les couleurs neutres, voir sombres »
-« Je ne voulais pas mettre des trucs colorés, de toute façon….. J'en prendrais 1 ou 2, pour l'occasion, mais c'est tout »
-« Merci » dit Pétunia, ravie « Si tu as fini, on y va…. Londres n'est pas à côté »
-« Oui »
Ils prirent une petite voiture, que Harry ne connaissait pas. Pétunia lui expliqua que c'était une location pour la semaine, pour qu'elle puisse finir les préparatifs du voyage, puisque Vernon travaillerait jusqu'au dernier jour.
Elle roulait doucement, n'ayant plus l'habitude de la conduite, et préférait donc ne pas faire de bêtises à grande vitesse. De plus, les fortes précipitations n'aidaient pas à la rassurer.
Dès qu'ils furent à Londres, après un long trajet uniquement rythmé par le balai des essuie-glaces (N/A : ne pas déranger le chauffeur, svp), Pétunia traça directement jusqu'au parking le plus proche de la Banque. Lorsqu'elle fut garée, elle sortit une carte, de Londres, de son sac à main rose pâle et vérifia qu'elle était au bon emplacement. Harry remarqua que la carte de la ville était pleine de pastilles de couleur, avec des traits au feutre rose fluo entre. Voyant son regard étonné, sa tante lui expliqua qu'elle ne voulait pas se perdre, et que de cette manière, elle savait quoi faire, dans quel ordre et en passant par quel chemin.
Voir sa tante dans cet état fit un peu de peine à Harry. Il voyait qu'elle était en plein combat intérieur : respecter sa promesse et être un peu gentille avec lui, ou respecter les idées de son mari et lui en faire voir de toutes les couleurs. Harry savait que c'était en partie, infime, de sa faute, s'il était mort comme ses parents, elle n'aurait pas eu à le recueillir. Mais bon, il réalisa que c'était surtout à cause de Voldemort, une fois de plus, qu'une vie de famille était bouleversée….. Ça lui remonta le moral, savoir qu'il n'était pas en tord lui changea sa vision des choses…. Voldemort détruisait tout et tous sur son passage, et il était celui qui se dresserait devant lui, un jour.
Harry proposa à sa tante de descendre de la voiture, et d'attendre l'heure du rendez-vous avec le banquier, au chaud dans un café. Cela permettrait à sa tante de se détendre, et ça lui permettrait de faire sécher ses affaires. L'idée fut accueillie avec un faible sourire, et Harry regretta de ne pas avoir d'argent moldu pour offrir une collation ou un thé à sa tante.
C'est donc dans un bar proche qu'ils attendirent l'heure du rendez-vous. Harry en profita pour regarder la chaîne des informations. Il n'avait pas eu le droit, comme l'année précédente, d'écouter les informations moldues, ou de lire un journal. Et comme il ne recevait pas le journal des sorciers, ce qui aurait fait hurler son oncle, il était coupé de son monde.
A 8h45, la Tante Pétunia se le va et Harry la suivit. Son estomac se contractait de plus à plus, à mesure qu'ils s'approchaient de la Banque, serrés sous le parapluie rose bonbon de sa tante.
Le banquier, avec qui ils avaient rendez-vous, était un petit bonhomme rondouillard, au front dégarni, mais à la mine bon enfant. Il salua chaudement la Tante Pétunia, habitué à la voir, et connaissant ses comptes. Mais il eut presque un mouvement de recul lorsque Harry lui fut présenté.
-« Voici mon neveu, Harry » dit Pétunia « C'est le bénéficiaire unique du compte, dès la fin du mois…. »
-« Bonjour jeune homme » dit alors chaudement le banquier, à Harry « Entrez, asseyez-vous…. Et discutons de tout ça »
-« Merci » répondit Harry.
Il comprenait le premier mouvement du banquier. Il avait plus l'air d'un vagabond que d'un jeune homme de bonne famille, dans sa tenue usagée, trop courte et en même temps trop large, et surtout humide et sale.
-« Alors Melle Evans, que puis-je faire pour vous, aujourd'hui ? » demanda le banquier « Tant que ce n'est pas vidé votre compte »
Le banquier et la Tante Pétunia rirent de la plaisanterie, mais Harry n'y voyait rien de drôle.
-« Bien » reprit le banquier « Vous êtes ici pour la succession du compte, et pour la future carte de crédit de ce jeune homme…. Et pour qu'il ait toutes les informations nécessaires sur son compte, et les moyens de paiement qui vont être mis à sa disposition »
-« C'est cela »
-« Que comptez-vous faire en premier, jeune homme ? » demanda le banquier, en se tournant vers Harry.
-« Il croit quoi ? Que je vais aller me droguer ? Franchement, l'habit ne fait pas le moine » pensa Harry, en lui faisant un sourire, avant de lui répondre « Je comptais me refaire une garde robe…. Je ne suis pas de nature dépensière, mais là, faut que je me force un peu, il n'y a plus rien qui me va »
-« Effectivement, cela paraît être une excellente idée »
-« Oui…. Surtout par ce temps » répondit Harry en indiquant la fenêtre « Mais rien de tape à l'œil, ou d'ostentatoire…. Des vêtements confortables et résistants…. Autant mettre le prix dans la qualité, dès le début, ça évite les ennuies et les rachats inutiles »
-« Bien, vous semblez être un jeune homme raisonnable, ne dépensant pas à la légère son argent » dit le banquier en ouvrant une pochette « Dans cette pochette, que je vous remettrais à la fin de notre entretient, il y a tous les papiers qui pourraient vous être utiles, ainsi qu'un manuel pour les placements en bourse…. Mais on attendra un peu pour ça…. Nous devons d'abord parler des risques liés à une carte de crédit…. C'est votre première carte, c'est un moyen de paiement très facile d'utilisation, mais il a la fâcheuse tendance à faire chuter très rapidement les finances des jeunes gens…. Pas obligatoirement, mais c'est ce que nous avons remarqué…. Lorsqu'on a de l'argent dans son portefeuille, on sait ce que l'on dépense, mais avec une carte de crédit, c'est différent…. »
-« Je comprends, on perd la notion de l'argent, parce qu'on ne se rend pas compte de nos dépenses »
-« Oui…. C'est exactement ça » dit le banquier, rassuré de voir qu'Harry avait vraiment la tête sur les épaules.
S'en suivit ensuite une longue heure de discussion sur les principes bancaires, le montant maximal de retrait par semaine, etc.… Du baratin de banquier, dans lequel Harry se pauma un peu… Mais il ne voulait pas flamber cette manne, il écoutait attentivement les explications mais surtout les recommandations du banquier. Lorsqu'il sortit du bureau, sec, avec sa carte en main, il ne regarda pas le regard lancé par sa tante.
-« Tu es bien pensif » lui dit-elle lorsqu'ils furent dehors, la pluie ayant cessé momentanément.
-« J'ai peur de faire des bêtises avec ça » lui répondit-il.
-« Si tu as peur d'en faire, c'est que tu es conscient de ce qu'implique cette carte, et que tu as la notion de l'argent…. C'est déjà une grande preuve de responsabilité…. Bon, que veux-tu faire en premier ? »
-« Je pensais m'acheter des vêtements avant de faire quoique ce soit…. C'est pas que, mais depuis le temps, ils seraient mieux dans une poubelle »
-« Oui…. Allons faire les magasins, je suis sûre que tu trouveras ce que tu veux »
-« Oui »
Pétunia ressortit sa carte, et ils partirent à la recherche des magasins qu'elle avait choisis. Le premier sur le trajet, était un magasin de jeans. Lorsque Harry franchit les portes du magasin, la vendeuse se précipita sur lui, prête à le mettre dehors. Mais elle s'abstint de faire une remarque lorsque Pétunia lui lança un regard sévère.
-« Bonjour Madame »
-« Bonjour…. Mon neveu a enfin décidé de jeter ses fripes, et de se faire une garde robe adaptée à son âge »
-« Oh ! Et que veut-il en particulier ? »
-« Des jeans » répondit Harry.
-« Oui, je me doute » répondit la vendeuse « Mais de quel genre, de quelle marque, à quel prix ? »
-« Genre mettable n'importe quand, pour divers types d'occasions….. Confortable, mais de bonne coupe…. La marque n'a pas d'importance, si c'est de la bonne qualité…. Le prix sera en conséquence de ce que je choisirais…. Le principal, est qu'ils soient de bonne facture, si le prix va avec, ce n'est pas grave…. Par contre, je voudrais pouvoir en mettre un, de suite »
-« Bien…. Un client décidé, ça me change…. Suivez-moi, je crois avoir ce qu'il vous faut »
Lorsque la vendeuse eut compris qu'Harry était un client sérieux, elle changea radicalement de comportement avec lui. S'en suivit alors 1h d'essayage divers, à la fin de laquelle Harry avait rapidement fait son choix. Il ressortit du magasin avec un jean gris sur lui, et 6 autres jeans dans le sac du magasin. Il les avait pris de couleurs diverses, pour pouvoir les adapter à son humeur, tout en restant dans les classiques.
-« C'est quoi la prochaine étape ? » demanda Harry.
-« Les chaussures…. Et il y aura sûrement les chaussettes avec » répondit Pétunia « Ce jean te va bien, cela t'affine un peu, alors que tu n'en à pas besoin…. Mais ça te met en valeur aussi »
-« Merci » répondit Harry, rouge.
Après le magasin de chaussures, duquel Harry sortit avec 10 paires de chaussettes neuves, 2 paires de baskets (dont une aux pieds), une paire de mocassin et une autre de chaussures de plage, Pétunia les emmena dans un magasin pour homme. Harry en sortit avec une chemise noire sur le dos, 5 chemises dans son sac (blanche, beige, grise, bleu sombre et rouge) et quelques T-shirts d'une marque de sports aquatiques. Il prit aussi de nouveaux sous-vêtements (une série complète de boxers), 2 pyjamas, un nécessaire de rasage moldu et des accessoires divers.
Il y avait beaucoup de monde, à Londres, puisque c'était les soldes d'été. Comme ils étaient levés depuis longtemps, et qu'ils commençaient à fatiguer, ils s'assirent avec plaisir à la terrasse d'un café, alors que l'après-midi était bien commencée. Cette fois-ci, Harry régla la note, ce qui toucha Pétunia.
-« Il pourrait m'en vouloir, pour tout ce que je l'ai laissé subir » pensa-t-elle « Mais non…. C'est vraiment le fils de Lily »
Ils furent bientôt rejoints par Remus Lupin. Ce dernier portait une tenue moldue, passe partout : pantalon noir et chemise blanche. Harry remarqua qu'il avait les traits tirés. Mais lorsque leurs regards se croisèrent, ils comprirent ce que l'autre ressentait : la même peine, pour le même raison, la perte d'un être cher à leurs cœurs.
-« Mr Lupin » dit Pétunia « Vous êtes en avance »
-« Je sais, mais avec ce monde, j'avais peur de ne pas vous trouver »
-« Bien, je vous laisse alors, j'ai des choses à faire…. Mr Lupin, je vous confie Harry…. Harry, on se retrouve ici à 19h, Mr Lupin te ramènera »
-« D'accord »
-« Bonnes courses, ne dépenses pas tout ton argent dans des sottises de ton monde »
-« Bien sûr »
-« Je veillerais là-dessus » dit Lupin.
-« Je file, sinon je vais être en retard » dit Pétunia en embrassant Harry.
Lorsqu'ils furent seul à seul, un silence gêné s'installa entre eux.
-« Et si nous portions tes sacs dans ma chambre…. Se sera plus simple pour faire les magasins du chemin »
-« Oui »
La route jusqu'au Chaudron Baveur se fit en silence. Chacun ne sachant que dire à l'autre, mais surtout par quoi commencer. Devant le pub, ils vérifièrent que personne ne les regardait et ils pénétrèrent à l'intérieur. Le bar était presque vide, et les rares personnes présentes détournèrent la tête lorsqu'ils virent le loup-garou. A moins que ce ne soit à cause d'Harry.
Remus mena Harry à l'étage, jusqu'à sa chambre. A l'intérieur de celle-ci, Remus s'assit sur son lit, et indiqua à Harry où poser ses affaires. Harry comprit qu'ils devaient se dire des choses avant de passer sur le Chemin de Traverse.
-« Assis-toi, Harry » commença Remus.
-« Et s'il me prenait pour l'unique responsable de la disparition de Sirius…. Moi, je me prendrais pour le seul responsable…. Et si jamais il me rejetait, et si jamais je me retrouvais de nouveau seul…. C'est le seul lien que j'ai avec mes parents…. C'est ma seule famille, il ne me reste plus que lui…. Les Weasley sont gentils, mais je suis un fardeau pour eux…. Comme pour les Dursley…. Comme pour tout le monde….. C'est à cause de moi que Sirius est mort, parce que j'étais un fardeau pour lui…. »
-« Et qu'est-ce que je lui dit maintenant ?…. Je sens bien que c'est pas facile pour lui…. Faut que j'arrête, Harry est la seule famille qui me reste, je suis la seule famille qu'il lui reste…. Oh, Sirius, mon cher ami…. Pourquoi es-tu parti si vite ?…. J'ai tant besoin de toi…. C'était moi la raison, mais là, j'ai absolument besoin de ton verbe, de ta présence…. Tu arrangeais tout avec un sourire, un clin d'œil ou une blague…. C'est moi qui aurais dû passer derrière ce voile, pas toi…. Moi, je suis la lune…. Mais toi, tu étais le soleil…. Le soleil de minuit…. Mon ami, j'aurais eu tant de chose à te dire, à t'avouer aussi »
-« Qu'est-ce qu'il a ? Il a les yeux humides…. Remarque, moi je dois pas être bien non plus…. Parrain, pourquoi j'ai échoué ? Pourquoi je t'ai perdu ? Suis-je condamné à perdre tous les êtres que j'aime ? Dois-je geler mon cœur pour protéger mes amis…. S'il le faut, je me jetterais dans le cratère d'un volcan, je plongerais parmi les requins…. Je ferais tout, tout ce qui est possible et impossible, si je pouvais un instant te revoir…. Un instant enlever ce poids sur mes épaules, cette prison autour de mon cœur…. Sirius, qu'est-ce que je vais faire sans toi ?…. Où trouver de l'espoir, quand l'espoir est mort avec toi ? »
-« Harry…. Je ne sais pas par quoi commencer, mais j'aimerais que tu ne m'arrêtes pas »
-« D'accord »
-« Je tenais à te dire que jamais, jamais je ne t'en voudrais pour la mort de tes parents et celle de Sirius…. Ne t'en veux pas, non plus…. C'est uniquement Voldemort qui est responsable de leur mort, lui ainsi que ses Mangemorts »
-« Je sais »
-« Le savoir n'enlève pas la culpabilité…. Crois moi, je le vis aussi…. Depuis longtemps….. Si jamais tu as un soucis, en espérant que se ne soit pas la pleine lune, écris-moi et j'arriverais…. »
-« Je sais »
-« Tu es ma seule famille, maintenant…. Ma seule raison de rester dans ce monde…. Si tu tentes quoique ce soit de mortel, tu auras affaire à moi ! » dit Remus, le ton léger, mais le regard disant le contraire « Et un loup-garou en colère, c'est pas beau à voir »
-« Je m'en doute »
-« Bien…. As-tu tes sujets de devoirs ?… Afin qu'on passe à la librairie »
-« Oui »
-« Alors on y va » dit Remus en se levant.
-« Qu'est-ce que je peux faire ?…. Je sais bien qu'il a raison, mais je ne peux pas lui imposer de porter ça pour nous deux…. Pauvre Remus, il a perdu tous ses amis, toute sa famille… Et il s'impose de rester pour moi…. » pensa Harry « Lunard ? »
-« Oui »
-« Euh…. Voilà…. Euh…. Je peux…. Je peux t'appeler Tonton ? »
Le visage de Remus se fendit d'un large sourire, et il prit Remus dans ses bras. L'étreinte fit du bien à Harry, mais aussi à Remus.
-« J'en serais honoré, Harry…. Très honoré » lui murmura Remus « Je sens bien qu'il me ment, mais il pense me soulager de cette manière…. Oh Harry, tu ressembles de plus en plus à tes parents…. Tu deviens un vrai Maraudeur…. Pauvre petit, la vie est vraiment injuste avec toi, je ferais tout pour alléger tes peines et tes souffrances…. Les Maraudeurs se serrent les coudes, il est dorénavant temps que je passe le flambeau…. On avait déjà tout prévu avec Sirius…. A la rentrée, on en reparlera…. »
-« C'est pas que » commença Harry « Mais si je suis en retard, Tante Pétunia ne sera pas d'humeur »
-« Oui, allons-y alors ! »
Comme toujours, la première chose qu'ils firent en arrivant sur le Chemin de Traverse, fut d'aller à la Banque Gringott's. Harry remarqua qu'il y avait bien plus de Gobelins que les années précédentes. La garde avait été renforcée.
Harry et Remus se présentèrent au guichet principal, avant d'être conduits au coffre des Potter. Harry remplit sa bourse de Galions d'or. Il avait décidé d'acheter une nouvelle robe, à son nouveau, mais pas le moins important, tonton.
Comme l'avait prévu Remus, ils passèrent ensuite chez Fleury & Bott's pour prendre les livres les plus adaptés aux devoirs d'Harry. Il en profita pour acheter un livre pour Hermione, en suivant les conseils de Remus, pour l'anniversaire de son amie en septembre.
Ensuite, il renouvela son nécessaire de potion, et s'en racheta un second. Il n'était absolument pas sûr d'avoir sa Buse de Potion, et donc de suivre cette matière importante pour devenir Auror. Mais il allait profiter de l'été pour réviser ses bases, au moins la théorie.
Il partit en trombe vers la boutique de Mme Guipûre. Avec la foule, il sema rapidement Remus qui portait les paquets. Ce dernier le retrouva en grande discussion avec la couturière, alors qu'il réglait une note.
-« Harry ! »
-« Désolé Tonton » répondit-il « J'ai tout à coup pensé à quelque chose pour Ron ! »
-« Quoi donc ? »
-« Une robe de bal, une nouvelle, d'une autre couleur…. Pour son cadeau d'anniversaire ! »
-« Ah ! Et tu n'aurais pas pu m'attendre ? »
-« J'allais faire vite »
-« Harry ? »
-« Désolé, je ne le ferais plus, promis » répondit-il avec un visage d'ange.
-« Ton père avait la même tête lorsqu'il avait eu une idée de farce »
-« Ah ! »
-« Et ta mère avait le même sourire, lorsqu'elle s'apprêtait à lui crier dessus…. Ton père se faisait avoir à chaque fois »
-« C'est vrai ?…. Tu me raconteras la manière dont ils sont sortis ensemble ? »
-« Oui, mais pas aujourd'hui…. Harry, quoique Severus ait pu te dire ou te montrer…. Et même si j'avoue que ton père était un fanfaron…. Tes parents se sont mariés et t'ont conçu avec un amour et un respect mutuel que les romans de bonne femme envieraient »
-« Merci, Remus »
-« Aller, maintenant qu'on a la plus important, si on faisait du lèche-vitrine ? »
-« On pourra partir plus tôt ? » demanda Harry « Je voudrais m'acheter un gadget…. Comme dirait ma tante ! »
-« Ok, pas de problème…. Alors, on va où ? »
-« Magasin de Quidditch, puis Honeyducks…. Pour finir pas le magasin des Jumeaux »
-« On faisait le même circuit avec ton père et Sirius…. Quidditch, friandises et farces…. Mais le magasin de Jumeaux Weasley n'est pas encore ouvert…. L'inauguration officielle aura lieu dans 10 jours…. Mais ils seront sûrement là, pour les derniers préparatifs »
-« Tant mieux »
Harry s'attarda un instant devant la vitrine du magasin de Quidditch, avant de se souvenir qu'il n'avait pas réintégré l'équipe à la fin de l'année. De plus, comme il n'y avait pas de nouveauté, ce n'était pas si grave.
Il fit ensuite une provision de plumes en sucre et de chocogrenouilles, avant de suivre Remus jusqu'au magasin des Weasley. Comme l'avait prévenu Remus, le magasin était fermé, les vitrines étaient opacifiées en blanc, pour que les curieux ne puissent rien voir. Ils retournèrent donc au Chaudron Baveur pour prendre les affaires d'Harry. En retournant au lieu de rendez-vous, Harry s'arrêta dans un magasin de téléphonie mobile. Il parla quelques temps avec la vendeuse, alors que Remus attendait dehors, observant Harry à travers la vitrine. Lorsqu'il obtint ce qu'il voulait, il régla la note et ressortit avec un nouveau sac.
-« Qu'est-ce que tu as acheté ? »
-« Un téléphone portable…. C'est comme un téléphone normal, mais on peut téléphoner de n'importe où avec…. J'en ai pris un avec lequel je pourrais vous joindre des Etats-Unis, en Angleterre »
-« Mais on n'a pas de téléphone »
-« C'est pour ça que j'en ai pris un second…. Tu le passeras à Hermione, elle expliquera à Ron comment ça fonctionne »
-« D'accord…. Mais, pourquoi ? »
-« Je vais chez des moldus…. Le nouveau patron de mon oncle…. Sa boîte a été rachetée…. Et donc, Hedwige doit rester avec Ron…. Mais avec ça, on pourra rester en contact…. Les 2 téléphones sont en mode International pour l'été »
-« Tu prévois presque tout, dit-moi ? »
-« Presque ? »
-« Oui, il faudra faire en sorte que ça ne te coûte rien quand on se contactera…. Je vais en parler à Dumbledore et à Alastor, ils connaissent de bons sortilèges de communication…. »
-« Cool…. Sympas…. En plus, Tante Pétunia ne me demandera pas des comptes, et de cette manière, je passerais pour un vrai moldu…. Sauf qu'il ne me reste que quelques jours pour faire mes devoirs, ça va être speed »
-« Pourquoi ? »
-« Je ne peux pas emmener mes affaires…. J'ai pas envie d'avoir des problèmes avec la Douane »
-« J'avais oublié ce détail » dit Remus « Mais je crois avoir ce qu'il te faut pour ça…. Je te contacte rapidement »
-« C'est vrai ? Merci »
-« Mais c'est normal…. Aller allons attendre ta tante à l'abri, il recommence à pleuvoir »
Lorsque Pétunia et Harry rentrèrent à la maison, ils trouvèrent une note de Vernon : les 2 étaient allés au restaurant, entre hommes, avant d'aller au cinéma.
Pétunia souffla un grand coup et demanda à Harry de monter rapidement
dans sa chambre, et de ne mettre ses nouveaux vêtements que le jour du
départ. Harry comprit pourquoi, et obéit sans rien dire.
