Chapitre 11 : Indépendance et Cotillon

Heureusement qu'elle avait eu une cape en satin pour compléter sa tenue, car malgré la chaleur, Nami était heureuse de pouvoir dissimuler sa petite poitrine outrageusement mise en valeur par le corset. Elle avait d'ailleurs beaucoup de mal à respirer et à se tenir, avec cet instrument de torture. Et Edouard avait bien serré pour que sa poitrine soit comprimée. Cette robe avait été commencée avant la rentrée scolaire, il y avait donc presque un an… Et en 1 an, elle avait pris en hauteur…. Mais comme elle le disait elle-même : en largeur et en épaisseur aussi…. Tout simplement parce qu'elle était en pleine période de changements corporels à cause de cette satané puberté.

Harry avait eu la décence de se mettre à côté d'elle, laissant sa tante en face d'eux. Elle l'avait vu regarder son décolleté avant de fixer son regard ailleurs, les joues légèrement rougies. Au moins, il n'avait pas détourné le regard de dégoût, il s'était juste concentré sur autre chose. Autre chose que sa poitrine naissante. Elle se doutait que d'autres n'auraient pas autant de délicatesse…. Un surtout. Et toute une bande en particulier…. Oh ! Que la soirée allait être longue. Trop longue !

Harry questionnait Pétunia sur leurs activités, de leur côté, et Pétunia était ravie de faire la conversation. Elle questionna Harry, en retour, sur ce qu'il pouvait faire.

-« Sarah ? »

-« Oui, Mme Dursley ? »

-« Vernon ne vous le dira jamais, mais il est heureux que vous vous occupiez de Harry…. Que vous l'éloigniez de lui. Il n'aime pas mon neveu…. »

-« Pourquoi ? »

-« Des histoires de familles…. Il n'aimait pas, voir haïssait ma sœur et son époux. Et la venue impromptue et malheureuse de Harry sous notre toit, n'a pas aidé…. Même si c'était un accident de voiture »

-« J'avais crû comprendre une chose dans ce genre-là ! » dit Nami « Que votre époux et votre fils n'aimaient pas Harold. Personnellement, mon oncle m'a demandé de l'occuper… Je fais ce qu'il m'a été demandé. Harold ne semble pas un mauvais bougre, pour l'instant il suit. Alors ça va…. Ça te va ce qu'on fait ? »

-« Euh… Et bien, ça ne me dérange pas de ne pas être dans le champ de vision d'Oncle Vernon » répondit précautionneusement Harry « Moins il me voit, moins je me fais réprimander…. Sans vouloir te vexer, tante Pétunia »

-« Vernon est comme ça. Il a besoin de quelqu'un sur qui crier. Et tu es une cible parfaite…. Dudley lui ressemble sur ce point…. »

-« Tu vas à la même école que ton cousin ? » demanda Nami.

-« Non ! » la coupa Pétunia « Il va au Foyer de St Brutus…. »

-« St Brutus ? Où est-ce ? »

-« C'est dans la banlieue de Southampton…. »

-« Ah ! »

-« C'est une école pour garçon… Le climat est plus agréable que dans les écoles du Nord, mais les garçons travaillent le week-end sur les docks, pour forger leur caractère et connaître la valeur de l'argent… »

-« Oh ! Je comprends pourquoi je ne la connais pas alors ! Je ne reçois des brochures que de la part d'écoles de filles…. Comme mes parents sont de la noblesse anglaise, les écoles privées pour jeunes filles de bonnes familles m'envoient des plaquettes, chaque année, pour m'inviter à venir les visiter…. Et à m'inscrire ! » dit Nami « Mais je préfère mon école, non pas parce qu'elle est mixte, mais parce que j'y ai mes habitudes maintenant…. Cela fait presque 10ans que j'y suis… A force, je la connais par cœur »

-« 10 ans dans la même école ? » demanda Pétunia.

-« C'est une école spéciale. Non loin de l'Université de Harvard, à Boston…. Sur un même campus, il y a les dortoirs, par sexe et âge. On est en dortoirs de 10 jusqu'à 8ans, puis en chambre de 4 jusqu'à 12, et enfin en chambre de 2…. On peut plus ou moins choisir avec qui on dort. Les classes ont des âges qui varient, c'est un regroupement en fonction de l'avancement intellectuel. Et puis, il y a des cours communs et des cours plus spécialisés…. Bref, même si nous n'aimons pas tous les maths ou les langues, on a déjà une base solide… »

-« Et vous suivez quoi comme cours ? » demanda Pétunia, intéressée.

-« J'aime énormément la Biologie. Surtout l'aspect génétique… La physique, la chimie. Les raisonnements mathématiques ne sont pas ce que je préfère, ce qui n'est pas le cas de ma camarade de chambre qui adore ça… Ça, et les échecs…. Comme on ne peut pas faire que des sciences, j'ai pris l'option Dessin et Art, alors que Magali, ma camarade, a pris l'option Musique… Elle a les échecs en options dans les Mathématiques…. J'oubliais, j'ai pris Gestion il y a 2 ans, pour ce qui est de la Gestion d'une entreprise. On va au cours que l'on désire, mais juste l'après-midi, avec les options. On a des badges magnétiques qui permettent aux professeurs de savoir quels cours on suit…. On a une semaine d'examen par mois, sur ordinateur, comme ça, on a des questions sur ce qu'on a vu et pas à côté. Et un projet par semestre dans l'option de son choix. J'ai fait beaucoup de Physique et de Chimie, jeune, maintenant, je me tourne vraiment vers la Biochimie et surtout la Génétique ! Mais je continue mes recherches à côtés. J'ai des tas de projets en cours de réalisation par des entreprises, on peut suivre tout ça au fur et à mesure…. Les bénéfices vont à l'école à 75, ce qui diminue les frais d'inscription et ça permet à des familles moins aisées d'envoyer leur enfant dans cette école. Bref, en dehors d'un minimum commun, pour l'uniforme, généralement la scolarité est prise en compte…. Cela permet aussi d'avoir du matériel de très bonne qualité…. Quand au 25 qu'ils restent, ils sont placés sur un compte et un gestionnaire nous aide à garder un œil dessus. Certains anciens se sont payés une maison et une voiture en sortant de l'école…. »

-« C'est très lucratif ? »

-« Je ne sais pas. Mes fonds ont tendance à être réinvestis alors je ne sais pas vraiment. Mais il est évident que nos brevets nous rapportent, et c'est une bonne chose. La seule difficulté, c'est d'entrer dans cette école, ils veulent être sûrs que ce n'est pas que de la récitation…. Il y a une batterie de tests, et la première année à l'Institut est très surveillée. Après, c'est tranquille ! Il y a des nouveaux élèves chaque année, d'âges variés…. Ça fait un bon mélange ethnique, culturel et social ! »

-« Et bien, c'est une sacrée école » dit Pétunia.

-« C'est un Institut semi-public. Enfin, d'après les registres…. Ce n'est pas vraiment une école. Il y a un hôpital à côté, où des étudiants en médecine viennent nous suivre. Parfois ce n'est pas vraiment plaisant d'être considéré comme un cobaye de laboratoire…. Une semaine par trimestre, on va les voir et on passe leurs tests. On a droit à des questions, des scanners, des analyses médicales…. Le mieux, se sont les simulations. Mais on est peu à en faire. Magali n'en fait jamais par exemple…. Le point négatif, c'est qu'on ne sait jamais à qui on a affaire et à quoi ça va leur servir…. Mais bon, on a eu droit à des visites à la NASA, au Pentagone (1), aux bureaux de la NSA et autres. C'est génial ! Comme la fois où on a fait un vol en apesanteur. Avec un avion qui fait une chute libre…. Ou encore quand j'ai eu le droit de prendre les commandes d'un Chasseur. J'avais un Lieutenant avec moi, mais j'ai pu le faire voler toute seule quelques minutes…. »

-« C'est donc semi politique ? »

-« Je ne pense pas. De toute façon, l'Institut fonctionne ainsi depuis des décennies, sous les Républicains ou les Démocrates…. Je ne pense pas qu'il y ait une étiquette politique. C'est comme les armées, Navy ou Army, elles obéissent à l'Etat, pas à la couleur politique du Président…. On ne juge pas quelqu'un à ce qu'il dit, mais à ce qu'il fait !... Enfin, c'est l'une des devises de la famille »

-« Il y en a d'autres ? » demanda Harry.

-« Bien sûr : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Qu'on a interprété en diversifiant nos sources de revenus… Et aussi : pour vivre heureux vivions cachés. Oncle John a ainsi un magazine à scandale, qui a l'exclusivité sur sa vie. La sienne, pas celle de Tante Hortense ou de Barbara…. Même si elles en font parti. Et comme ça, il ne se met pas la presse à dos, et il est tranquille…. Et moi, j'en profite aussi ! »

-« Vous êtes très différente de votre cousine, qui semble adoré les appareils photos ! »

-« Les photographes le lui rendent bien » dit Nami « Elle aime la célébrité, c'est le côté Côte Ouest qui ressort. Je préfère être libre de pouvoir me gratter la tête sans qu'on dise que j'ai des poux ou autre…. La célébrité est à double tranchant. Soit elle aide, soit elle tue…. Je préfère ne pas m'y frotter plus que ça. Parce que le réveil peut être brutal ! »

-« Vous le savez mieux que nous…. » dit Pétunia.

-« Enfin, à la différence de l'Angleterre, en Amérique, la Presse à Scandale n'est pas prise pour de la vraie presse. En Angleterre, on la prend facilement au sérieux… Evidement, je ne dis pas que les anglais sont plus naïfs que les américains. Ça m'ennuierait…. La différence est sans aucun doute qu'en Angleterre, cette presse n'est pas aussi loufoque qu'ici…. Il serait difficile de faire croire à quiconque que la Famille Royale est une bande d'extra-terrestres ! » finit Nami, sur le ton de la plaisanterie.

-« Effectivement…. » s'amusa Pétunia « Il y en a qui croit à ça ? »

-« Les plus allumés…. Comme pour tout mythe, il y a ceux qui y croient, et ceux qui n'y croient pas. Et si ça touche à Elvis…. Je ne vous raconte pas ! »

-« C'était un bel homme » se souvint Pétunia « Plus trop sur la fin, mais je dois avoir de vieux films musicaux avec lui, dans le grenier »

Harry n'en revenait pas d'entendre que sa tante avait eu un faible pour Elvis…. L'opposé de Vernon…. C'était à se demander pourquoi elle avait changé de goût en matière d'homme. La limousine pénétra enfin dans un jardin, bordé de palmiers. Il n'y avait pas de photographes, ce qui les rassura pour l'instant : ils éviteraient de se faire incendier pour la manière de descendre d'une si imposante voiture. Toutefois, Nami tempéra cette joie en indiquant que les quelques photographes invités attendraient en bas des marches du grand hall, pour les voir descendre.

Ils pénétrèrent dans la demeure, reçus par la maîtresse de maison. Cette femme assez âgée était particulièrement bien conservée pour son âge, ses cheveux d'un blanc pâle pouvaient être confondus avec le blond Malefoyen, et sa robe prune mettait en valeur son port altier. Elle salua avec chaleur Nami avant que celle-ci ne fasse les présentations pour Harry et Pétunia. Une sorte de valais nota tout cela sur un cahier avant de tendre une enveloppe beige à Nami.

Elle profita du temps d'attente avant la présentation, pour rappeler à Harry les règles de base d'un bon cavalier, et pour les encourager. Un domestique déguisé en valais vint les chercher et les mena jusqu'à la porte d'entrée du grand Hall. Il prit l'enveloppe avant de la donner au domestique faisant office de présentateur. Nami donna sa cape à la domestique responsable des manteaux et entraîna tout le monde dans la lumière du passage, Harry à sa droite, Pétunia légèrement en arrière, sur sa gauche.

-« Avançons » dit-elle « Harold ? »

-« Oh, pardon…. » dit Harry en lui présentant son bras.

-« C'est angoissant, tous ses yeux. Rassurez-vous…. Et imaginez qu'ils sont tous nus…. »

-« Lady Sarah Sparrow accompagnée de Monsieur Harold Porter, et chaperonnée par Madame Pétunia Evans »

Les flashs commencèrent à crépiter, et Harry fit appel à tout son courage pour ne pas partir en courant. Un petit bruit de gorge de la part de Nami lui rappela ses devoirs, et ils avancèrent enfin.

-« Madame Dursley, veillez avancer » murmura Nami, alors qu'elle saluait de la tête quelques connaissances.

-« Excusez-moi »

-« Ne vous excusez pas. N'oubliez pas de tenir votre robe, cela occupera vos mains et évitera que vous ne tombiez…. Pas trop haut, juste de quoi voir les pieds…. Continuons, nous sommes presque arrivés en bas de ces satanées marches »

Elle avait dit ça sans presque articuler, et en continuant de sourire. Harry était heureux de ne pas avoir été jeté seul dans cette arène, il était heureux qu'elle ait pris le temps de l'informer des us et coutumes du coin. Et il regrettait ses étés pourris au 4 Privet Drive. Les photographes s'en donnèrent à cœur joie avant que Nami, sans en avoir l'air, guide Harry et sa tante vers un lieu plus calme. Enfin, plus calme, 2 vieilles rombières arrivèrent sur eux avant qu'ils n'aient pu dire « ouf ».

-« Sarah ! Oh Sarah ! Vous êtes ravissante ! » dit la plus vieille des 2.

-« Présentez-nous, voyons » la réprimanda la seconde, alors qu'elle ne lui laissait pas le temps de parler.

-« Mon cavalier : Monsieur Harold Porter, et notre chaperon, sa tante : Madame Pétunia Dursley-Evans, tout deux viennent d'Angleterre pour la saison » commença Nami « Harold, Madame Dursley, je vous présente Mesdemoiselles Constance et Prudence Horsewell »

-« Enchantée ! » minauda Prudence auprès de Harry.

-« Dursley…. Comme Vernon Dursley ? » demanda Constance.

-« Mon époux. Ne l'auriez-vous pas vu par hasard ? »

-« Oui. Avec cette chère Hortense…. » baragouina l'une des femmes « Vous le trouverez près du patio, dans le jardin »

-« Je vous remercie »

-« Nous allons veiller sur ces jeunes gens, ne vous inquiétez pas ! »

-« Encore merci. Harry, ne perds pas ta cavalière du regard. Et ne fait pas de bêtises »

-« Oui ma tante »

-« Bien, je reviens vous voir dès que j'ai pris des nouvelles de Vernon et de Dudley » commença Pétunia « Mesdames, se fut un plaisir que de vous rencontrer »

-« Plaisir partagé, très chère ! » dirent les 2 commères avant de se tourner vers Sarah.

-« On ne restera pas longtemps, elle va revenir vite ! » dit Constance.

-« Comment vont Joséphine et Bonaparte ? »

-« Le médecin chinois que vous nous avez conseillé à fait des miracles… Ces petits chéris n'ont jamais été en si bonne forme ! »

-« J'en suis ravie »

-« Et nous aussi ! Nous leur faisons faire une promenade au moins 2 fois par jour, à pied, le long de la côte…. »

-« Et dire que je pensais que vous aviez trouvé la source de l'eau de jouvence ! » les flatta Nami.

-« Revoilà ma tante » dit Harry.

-« S'il te plait, va nous chercher à boire…. Je pense qu'un petit whisky fera du bien à ta tante » dit Nami.

-« Je le pense aussi »

-« Et un jus d'orange pour moi… »

-« Méfiez-vous du punch, il semble corsé »

-« Merci du renseignement »

-« Déjà de retour, vous avez vraiment été rapide, j'espère que vos hommes vont bien » dit Constance.

-« Fort bien, je vous remercie »

-« Nous allons vous laisser alors, on se reverra au cours de la soirée » dit Prudence en emmenant Constance avec elle.

-« Merci beaucoup » répondit Pétunia, mais les 2 femmes étaient déjà occupées dans une autre discussion.

-« Ah ! Harry revient…. Sortons prendre l'air, il va nous suivre » dit Sarah, alors que Harry était proche d'elles.

-« Non, pas dehors »

-« Nous ne voyons pas cette partie-là du jardin » dit Nami « Venez, vous semblez sur le pont de défaillir, et il vaut mieux faire ça loin des photographes »

-« D'accord, sortons »

Pétunia se laissa guider jusqu'à une partie protégée des regards, et Nami la fit s'asseoir sur un des bancs de pierres, alors que Harry lui tendait le verre de scotch.

-« Non merci » dit Pétunia.

-« Au contraire, ça va vous faire du bien…. Aller, buvez, ne serait-ce qu'une gorgée » dit Nami « Ça va vous donner un coup de fouet, vous êtes bien pâle »

-« Si vous le dites » répondit Pétunia en avalant le petit verre d'une traite « J'en avais besoin »

-« Que s'est-il donc passé ? » demanda Harry.

-« Ce n'est pas important » commença Pétunia « Quelque chose qui m'a dérangé, c'est tout »

-« Il est encore trop tôt pour penser à rentrer à la maison. Il nous faut au moins rester encore 30 minutes…. Par courtoisie…. Ce que nous allons faire, c'est faire semblant. Mme Dursley, vous allez rester sur ce banc, avec Harold nous allons nous mettre en face de vous, sur l'autre banc. Nous ferons semblant de nous courtiser, pendant que vous surveillerez que ça ne dégénère pas…. Comme un chaperon. Si quelqu'un vient, nous le verrons, mais vous, vous resterez cachée. Quand vous sentirez que vous pouvez retourner à la voiture sans que le trouble ne soit visible sur votre visage, nous repartirons…. Cela vous va comme plan ? »

-« Merci Sarah…. » dit Pétunia « Je vais essayé de me calmer. Et nous rentrerons, oui…. Harry, soit courtois et gentleman avec cette jeune personne »

-« Bien ma tante »

Pétunia s'appuya au dossier du banc et se mit à regarder les plantes du bosquet et la décoration. Pendant ce temps, Harry et Nami se posèrent sur le banc en face, et ils s'assirent près l'un de l'autre, se frôlant.

-« Qu'est-ce qui a mis ma tante dans cet état ? »

-« Tu veux la vraie raison ou ce que je suppose ? »

-« La vraie raison »

-« Je n'en ai pas la moindre idée, elle n'a voulu rien dire ! »

-« Bon, alors ce que tu supposes »

-« Je suppose que ma chère tante a réquisitionné ton oncle, et qu'il est entouré des amies d'Hortense, dont certaines sont loin d'être aussi subtiles qu'elle pour ce qui est d'aguicher en public…. Je supposerais même que ta tante a vu ton oncle partir dans un des bosquets avec une de ces amies. Pour compter fleurette et plus si affinités…. »

-« Tu veux rire ou quoi ? » dit Harry « Non… Ce n'est pas possible…. »

-« Et je pense aussi que ce n'est pas la première fois que ton oncle est sur le point d'être infidèle, même si cela doit faire un moment qu'il ne l'a pas été »

-« Je ne te crois pas ! »

-« Je sais…. Mais si ton oncle était fidèle à sa femme, il aurait sagement attendu son arrivée pas très loin de l'entrée. Et s'il avait été infidèle une fois et que ce n'était pas passé, il n'aurait même pas laissé ta tante arrivée après lui…. Donc, vu qu'il est arrivé avant, qu'il ne l'a pas attendu, et qu'il a fait ça à la vue de tous, je pense que ton oncle a été plus d'une fois infidèle, mais que depuis quelques temps, il s'était calmé…. » commença Nami « Et je pense que quelque chose retient ta tante auprès de lui. Genre de l'amour…. Et son fils…. »

-« Oncle Vernon n'est peut-être pas un saint. Mais je ne le vois pas tromper plusieurs fois sa femme, et qu'elle l'accepte…. »

-« Va parler avec ta tante…. Moi, j'ai un ouragan à calmer » dit Nami en se levant.

Harry la suivit du regard alors que Brandon arrivait vers le bosquet. Nami l'arrêta avant l'entrée de celui-ci, et malgré la distance qu'elle essayait de maintenir entre eux, et le ton calme qu'elle essayait de lui faire garder sans perdre le sien, Brandon gagnait du terrain et attirait les regards. Pétunia était prête à partir, et Harry l'aida à se relever. Quand ils atteignirent le niveau du couple, Brandon se dirigea vers Harry, et Sarah arrêta de justesse un coup de poing en se pendant au bras.

-« Toi, le gamin, si je te vois encore une fois poser tes mains sur ma copine, je t'éclate ! » menaça Brandon.

-« Pardon ? » demanda Sarah « Tu oses menacer mes amis ? Et je te le répète, je ne serais jamais ta copine ! »

-« Oh que si ! » dit Brandon en empoignant Nami par la taille et en l'embrassant de force.

C'est plus pour venger l'affront que pour défendre Sarah que Harry trouva la force de la séparer de Brandon avant de lui mettre son poing dans la figure, le destabilisant au point qu'il s'étala dans l'herbe, sous le crépitement des flashes des photographes et des sifflets de quelques personnes.

-« Venez Sarah ! » dit Mme Anderson, l'hôtesse, en prenant le bras de Nami « Mr Porter, Mme Evans, suivez-moi…. Laissons ce malotru dans sa fange ! »

Mme Anderson conduisit Nami, Harry et Pétunia dans un boudoir, et se vit obligée de laisser entrer Vernon dans l'espace clos, alors qu'il était fou de rage.

-« Qu'est-ce que tu as encore fait ? Tu ne peux pas t'empêcher de te faire remarquer ! » hurla Vernon en prenant Harry par le col.

-« Lâchez-le » dit posément Nami.

-« Qu'est-ce que vont dire nos hôtes, tu y as pensé ! » continua Vernon, sans entendre Nami.

-« Je vous ai dit de le lâcher ! » insista Nami en serrant fermement le poignet droit de Vernon « Vous le lâchez…. Maintenant ! »

-« Lâchez mon poignet »

-« Lâchez-le d'abord ! »

-« Mr Dursley, vous devriez lâcher votre neveu. Il est innocent dans cette affaire » dit Mme Anderson « Il n'a fait que défendre l'honneur de Sarah, qui ne pouvait pas se défendre à cause de l'étiquette ! »

-« C'est vrai Vernon, Harry s'est conduit comme un gentleman, ce n'est pas le cas de ce Brandon » dit Pétunia.

-« Tu le défends ? »

-« Je ne le défend pas. Il n'aurait pas dû le frapper…. Mais il ne l'a pas fait pour se faire volontairement remarquer, il y a été forcé par la situation »

-« Lâchez Harold » dit Nami « Ou foi de Sparrow, je vous casse le poignet sur le champ »

A contre cœur, et parce que son poignet le lançait énormément, sous la pression de Nami, Vernon relâcha Harry, le teint légèrement bleuté, qui tomba au sol. Vernon le regardait sévèrement, ce qui en disait long sur sa rancœur, mais Nami le fit reculer avant de lui lâcher le poignet.

-« Mr Dursley, vous qui avez à cœur l'image de vos hôtes » commença Mme Anderson « Veuillez les rejoindre et les rassurer. Je vais m'occuper de la situation »

Vernon sortit, en lançant un regard meurtrier à Harry et à Pétunia. Mais le regard que lui lança Nami en retour le fit sortir plus vite que de raison.

-« Bien, Sarah, je suppose que vous savez ce qu'il vous reste à faire ? » commença Mme Anderson « Rester et vous afficher officiellement avec Mr Porter…. Partir avec lui et votre chaperon, en froid. Je sais bien que la fuite n'est pas votre genre, mais il pourrait y avoir d'autres esclandres…. Je parle de ceux de votre tante surtout ! »

-« Je sais… Nous allons nous retirer. Votre soirée a été comme toujours, superbement bien préparée…. Je regrette de ne pas pouvoir rester pour le feu d'artifice »

-« Croyez bien que je préfèrerais que vous restiez, et que votre tante et ses amies s'en aillent…. Mais il est plus facile de vous dire au revoir que d'expliquer qu'elle m'insupporte. Enfin, cela va faire la unes des journaux à scandales, j'en suis désolée »

-« Oh ! Tant que Harold ne remet plus son poing dans la figure de quelqu'un, ça passera. Samedi c'est le Cotillon, et bien sûr va y avoir la liste jeunes filles selon leur côte…. Et comme chaque année, la chasse pour savoir si le blanc est de rigueur sera ouverte…. »

-« Ah, j'oubliais ce jeu stupide. Enfin, ma chère enfant, rentrez bien, je vais porter un toast pour détourner l'attention…. »

-« Merci…. Bonne soirée et ne laissez pas Tante Hortense gâcher la fête ! »

-« N'ayez crainte, j'ai pas mal de journalistes dans ma poche, je sais quoi en faire ! » dit Mme Anderson en embrassant le front de Nami « A samedi soir ! »

-« Oui, au revoir »

Mme Anderson sortit du boudoir et laissa entrer John Knight, qui semblait autant désolé pour Nami qu'il était amusé par la situation. Il félicita Harry pour avoir étalé Brandon en un seul coup de point, et confirma à Pétunia qu'il n'y aurait aucun problème pour la carrière de Vernon, à cause de cet incident. Il raccompagna sa nièce jusqu'à la limousine, et Henry les raccompagna jusqu'à la maison de la plage, en semant d'éventuels journalistes. Pétunia aida Nami à se dévêtir, avant que Henry ne la raccompagne à la villa.

O o o o o o o o o o o o o o o o o o o O

Le lendemain matin (vendredi 7 juillet), vers les 10h, Harry se leva enfin. Il n'avait pas réussi à s'endormir, il repensait trop à la réaction de son oncle et surtout à celle de sa tante face à son oncle. Il se demandait s'il n'y allait pas y avoir des problèmes entre Pétunia et Vernon. Lorsqu'il descendit, il remarqua que Nami était en train de petit-déjeuner sur la terrasse, avec tout un tas de journaux sur une desserte.

-« Les nouvelles sont bonnes ? » demanda Harry, pour plaisanter.

-« Y'a une belle photo de toi, donnant un coup de point à Brandon…. Je te la ferais encadrer comme souvenir »

-« Très drôle…. Et sinon, ils disent quoi ? »

-« Et bien, ils font de cette histoire une romance, genre Scarlett O'Hara, Reth Butler et le 3ème larron que j'oublie à chaque fois ! Un beau triangle…. Ce n'est pas à l'avantage de Brandon, mais tu t'en sors bien par contre ! »

-« Et toi ? »

-« Je suis définitivement côté comme hétérosexuelle…. Dommage ! »

-« C'est si grave que ça ? Je veux dire, tu as une sexualité définie ? » dit Harry en rougissant « Pas que ta sexualité m'intéresse, mais ça semble être un sujet important de discorde »

-« Tu sauras bien assez tôt ma sexualité, en attendant, dit-toi qu'elle n'est pas complètement définie ! » répondit Nami, avec un sourire carnassier « Tu as faim ? »

-« Je meurs de faim, avec cette histoire, on n'a pas mangé hier soir ! »

-« Mange léger alors… Il y a de quoi faire des œufs, du bacon et des toasts…. »

-« D'accord…. Je retreins les proportions ! » dit Harry en passant dans la cuisine.

-« Oncle John t'envoie ses félicitations, Brandon à un tel hématome à l'œil qu'il ne sera pas photogénique avant un moment » l'informa-t-elle lorsqu'il revint sur la terrasse, en continuant de lire la presse, son téléphone portable sur la table « Je ne te l'ai pas encore dit, mais merci »

-« Je t'en prie » dit Harry, en avalant de travers sa bouchée de toast « Se fut un vrai plaisir…. Je peux te demander pourquoi tu ne t'es pas défendue ? Ça ne semble pas ton genre, surtout avec ce que tu as fait à Oncle Vernon »

-« Il n'est, comment dire, pas distingué, pour une fille de bonne famille, de se battre ou de portée atteinte physiquement à un homme, en public…. On peut les émasculer en privé, mais pas public ! » répondit-elle « De plus, j'étais déjà tellement compressée dans ce satané corset, que je ne pouvais pas me diminuer encore de volume, en expirant, pour lui passer entre les bras…. »

-« Oh… Ce n'était pas l'envie qui t'en manquait alors ? »

-« Si tu imagines une seconde que j'ai pris du plaisir à lui parler et encore plus de plaisir à être embrassée par lui, je te jure, Porter, que ce Voldetruc qui te harcèle sera un enfant de cœur à côté de moi ! »

-« C'est cela, oui ! » murmura Harry en buvant un jus de fruit, avant de changer de conversation « C'est quoi le programme aujourd'hui ? »

-« Ben, tu ne le vois pas ? »

-« Non, que dois-je voir ? »

-« L'océan, très cher, l'océan…. »

-« On va nager ? »

-« Bien sûr ! La mer est calme, le ciel est bleu… E il est temps de faire de toi un têtard ! »

-« Les têtards vivent dans l'eau douce ! »

-« Si tu y tiens, mais tu flottes mieux dans l'eau salée ! »

-« Il n'y a pas une piscine ? »

-« On restera au bord…. Mais si tu veux, je te mets une bouée Je dois avoir un canard et des brassard dans le fond d'un placard »

-« Non, c'est bon…. Mais si la mer devient agitée, on sort ! »

-« Mais oui ! Promis ! »

Harry et Nami passèrent donc le reste de la journée dans l'eau. Ce n'était pas le premier bain de Harry, mais il y avait une différence nette entre nager sous l'eau avec des Branchiflores et nager en essayant de rester en surface. Mais il prit vite le pli, Nami le soutenant sous le ventre lorsqu'il faisait les mouvements. A la fin de la journée, Harry faisait parfaitement la planche (2) et nageait plutôt bien la brasse.

Le soir, alors que sa peau le tirait à cause d'un coup de soleil, Harry avait du mal à bouger. Avec le temps, Nami avait une peau qui bronzait naturellement. Le tissu, de son maillot une pièce, avait été conçu pour ne pas laisser de marque de bronzage, elle n'avait donc pas de coup de soleil, mais avait pris des couleurs. Après s'être fait enduire le dos d'une lotion calmante et avoir mangé des hot-dogs, Harry s'allongea sur le canapé pour regarder un film à la télé. Nami commença à le prendre en photos à son insu, juste pour l'habituer peu à peu à la présence d'un appareil photo entre eux. Ils s'endormirent finalement tous les 2 dans le salon, et c'est Henry qui les réveilla le lendemain matin (samedi 8 juillet).

La journée fut constituée d'un rappel des pas de danse pour une valse, afin que Harry soit assez convainquant comme cavalier. Henry les obligea à faire la sieste, pour parer au coup de barre des 11h du soir, et lorsqu'ils se réveillèrent, la tribu des Folles Amies avait repris ses marques dans le salon. Nami était grognon au réveil et elle commença par le shampooing pour se détendre. Elle croisa Harry dans les escaliers échangeant leur place entre la salle de bain et le shampooing. Harry ne s'était jamais autant lavé les cheveux en si peu de temps, en dehors des moments où il y avait beaucoup d'entraînements de Quidditch.

La torture fut moins longue que la fois précédente, et il eut moins de couche à mettre. Ce qui le dérangea le plus fut sans doute de se faire talquer le corps et essentiellement les aisselles, sans parler de l'idée de devoir se faire épiler le corps dans les jours à venir. Mais Henry le rassura, cette raison n'était valable que s'il ne voulait plus de talc.

L'air était lourd, et la climatisation interne était une bénédiction. Il y eut quelques cris à l'étage, Nami n'aimait visiblement pas les choix vestimentaires de Edouard cette année. Elle descendit contrariée, ce qui se voyait à la ride du lion entre ses 2 sourcils. Elle se laissa choir fort peu élégamment dans un siège et grogna durant toute la suite de son traitement, alors que Edouard faisait encore jouer sa machine à coudre.

La tante Pétunia arriva et les 3 artistes appelèrent Edouard en urgence. Ce dernier failli en faire une crise cardiaque. Certes, le modèle de la Tante Pétunia n'était pas très beau, il ressemblait aux amas de voiles de Sibylle Trelawney, mais au moins la couleur était assortie aux yeux du modèle. Edouard l'entraîna de force dans une chambre et l'obligea à se changer.

-« Sarah, pourriez-vous m'expliquer le problème avec cette robe ?…. Je n'ai rien compris aux cris de votre ami, et il était préférable que j'obéisse si je voulais m'en sortir avec quelque chose sur le dos ! » demanda Pétunia, vêtue d'un peignoir en attendant.

-« Je suppose que c'est Tante Hortense qui vous l'a fait livré en début d'après-midi »

-« Effectivement »

-« C'est dans ses habitudes, de cette manière elle s'assure que vous ne pourrez pas changer de tenue…. De plus, je suppose que c'est un cadeau ? »

-« Oui, comment le savez-vous ? »

-« Les cadeaux de ma Tante sont toujours empoisonnés, retenez ça ! Si elle vous a offert cette robe, c'est uniquement parce qu'elle savait que vous n'oseriez pas porter autre chose, pour respecter l'effort qu'elle avait fait…. Cependant, le choix de la robe est intéressant…. Premièrement, en dehors des couleurs qui vont avec votre teint…. Ce qui pourrait passer pour un choix méticuleux du vêtement…. Le modèle vous rapetisse et vous rend difforme, il n'est pas fait pour vous. Ensuite, ce modèle est un modèle qui a déjà 3 ans, ce qui fera de vous une retardataire. De plus, il a fait un flop complet lors de sa sortie, ce qui fera de vous une personne avec un mauvais goût vestimentaire. Vous serez ridicule pour la presse, et les gens se moqueront de vous. C'est méchant, mais c'est quelque chose que ma tante adore faire : prendre quelqu'un sous son aile, lui offrir une tenue, et l'emmener dans une soirée…. La raison est simple : montrer que elle, elle a de la classe, de l'allure et du goût…. Je suppose que c'est parce que vous avez pris la défense de Harold et non celle de Brandon devant votre époux. C'est une manière détournée de me faire payer l'esclandre de la Fête Nationale…. »

-« Vous voulez rire, elle ne peut pas être aussi méchante ? »

-« Bien sûr que si…. Il faut toujours se méfier des personnes qui pensent d'abord avec leur image ou leur porte-monnaie, avant de le faire avec leur cœur…. Ma chère tante est adorable devant vous mais à la manie de vomir tout un tas d'insanités lorsque vous n'êtes plus là !... De plus, si mes déductions sont exactes, cela montre aussi à votre époux à quel point il a raison de critiquer votre famille »

-« Vernon ne deviendrait jamais comme ça ! » s'emporta Pétunia.

-« Je l'espère pour vous, Madame Dursley, je l'espère pour vous ! »

Les heures avançaient et Nami fut enfin prête. Elle avait retrouvé sa couleur de cheveux, mais des rajouts avaient permis de féminiser encore plus sa coiffure. Elle descendit de l'étage, entourée d'une cape, aux reflets chauds, assortie à ses boucles d'oreille en rubis et or. Pétunia appréciait la reprise de sa robe. Heureusement qu'elle était de très bonne qualité, car la doublure se transforma en robe de satin, et les voiles firent une cape de mousseline. Pétunia était assez mal à l'aise, mais Harry fut surpris de voir qu'elle avait un corps fin encore tonique pour son âge. Il est vrai que se priver pour son fils et traquer la moindre trace de bizarrerie chez son neveu avait de quoi maintenir en forme. Les garçons avaient refait son maquillage et sa coiffure pour aller avec le modèle. Elle était beaucoup mieux que lorsqu'elle était arrivée.

-« On y va ? » demanda Nami.

-« C'est l'heure ? » demanda Pétunia.

-« Oui…. Autant arriver avant ma tante cette fois. Comme Barbie est une des débutantes, elle arrivera à la fin. Avec les autres. Et ma tante arrivera juste avant, comme toutes les mères…. Il va par contre falloir faire attention, en sortant de la voiture. Harold sera le premier à sortir, une fois que Henry aura ouvert la porte, ensuite il vous présentera sa main pour vous aidez à sortir, n'oubliez pas qu'il faut vous mettre le plus près possible du bord, pour juste faire pivoter les jambes sans écarter les genoux, ce qui serait de mauvais goût, et encore moins vous penchez de trop en avant car on verrait l'intérieur de votre décolleté »

-« D'accord »

-« Ensuite, en vous aidant de votre neveu, et de votre appuie sur la porte, vous sortirez le plus lentement et esthétiquement possible de la voiture. Mieux vaut prendre votre temps que de vous cogner la tête…. Dans ce genre de soirée, les paparazzis n'attendent pas grand-chose pour faire des scandales de tout et n'importe quoi ! » termina Nami « Edouard, tu as fait une merveille avec cette robe ! »

-« Merci ! C'est dans le stress que l'on reconnaît les vrais artistes ! »

-« Surtout que c'est l'un des modèles ratés de ce Paolo ! »

-« Je le hais ce type ! » dit Edouard « J'ai adoré faire de son échec une de mes réussites…. C'est fort plaisant ! »

-« Je te comprend…. Vous restez ici ? »

-« Tu veux rire, tout est dans le van, on le ramène au magasin d'Eddy et on prend les premières nouvelles de la soirée sur Radio Mode ! Et si tu fais fureur, on se fait livrer chinois…. Et si Mme Dursley fait fureur, on se fait triple ration…. Et si ton cavalier fait fureur, on s'ouvre les bouteilles de saké ! »

-« Whah ! Espérons ne pas trop faire fureur alors, pour sauver vos régimes ! » plaisanta Nami.

-« Vas-y, petite Cendrillon… Tu n'es pas l'une des reines du bal, mais tu vas attirer de nombreux princes ! »

-« Bonne soirée ! »

Durant le trajet, Nami expliqua comment Mme Miller avait repris l'idée d'un Bal des Débutantes. Elle expliqua les raisons du Bal avec la précédente organisatrice, proches de celles anglaises, et expliqua celles de Mme Miller. Pétunia en déduisit qu'il lui fallait éviter de se mettre cette mondaine à dos, surtout qu'elle possédait un magazine féminin très lu de part le monde, enfin, son époux en était propriétaire.

Ils arrivèrent enfin à destination, aux portes d'un hôtel de luxe. Le tapis rouge était bordé de photographes hurlants. Harry fut heureux que la distance jusqu'à l'hôtel soit courte. La voiture arriva enfin dans l'espace dégagé, et la portière fut ouverte. Harry respira un grand coup et sortit du mieux qu'il put. Le portier lui fit un signe de tête et Harry se retourna pour aider sa tante à sortir, puis Nami. Les flashes crépitèrent de plus belles lorsque les photographes virent la jeune fille, qui n'avait pas retiré sa cape. Une chance, son oncle était déjà présent et aidait Pétunia à retirer la sienne. Galamment, Harry en fit de même, et ses réflexes l'aidèrent à ne pas faire tomber la légère cape. La robe noire qu'elle portait cachait peu de peau, et ce qu'elle cachait était révélé par la légèreté du tissu.

John Knight rappela Harry sur terre en toussotant, et ce dernier rendit sa cape à Nami avant de lui offrir son bras. La robe n'était pas indécente, mais il comprenait pourquoi elle n'avait pas apprécié d'être mise au pied du mur. La robe devait être porté avec sensualité et douceur, et heureusement qu'elle préférait être prise en photo parce que la robe lui allait, plutôt que parce qu'elle ne lui allait pas. John Knight, dans son costume gris clair, accompagna Pétunia. Ils étaient suivis de Harry et Nami, qui durent faire plusieurs arrêts puisque les photographes mitraillaient la jeune fille et l'interpellaient avec fougue.

Lorsque le calvaire prit fin, John Knight était à deux doigts d'exploser de rire. Il laissa Harry et Nami seuls, entraînant Pétunia auprès de leur table, pour la présenter à divers de ses amis. Nami reçut de nombreux éloges, pour sa tenue et pour son cavalier. Harry ne comprit pourquoi qu'une fois vu certains des couples présents, fortement dépareillés.

Nami rejoignit quelques invités qu'elle appréciait, fit les présentations et tout ce beau monde se mit à parler de tout et de rien, intégrant Harry dans leurs discussions. Lorsque de nouveaux invités arrivaient, Nami lui indiquait les noms, professions, type de mariage et mentalité des nouveaux arrivants. Ces commentaires, parfois déplaisant n'étaient jamais narquois et toujours formulés posément. C'était essentiellement pour que Harry sache par avance de qui se méfier.

La soirée commença enfin, les invités furent conviés à s'asseoir à leurs tables, la lumière se tamisa et la scène centrale s'illumina. L'hôtesse, une copie plus snob et classe que Rita Skeeter, monta sur scène, fit un petit discours légèrement ennuyeux avant d'être applaudie par les convives respectueux. Elle commença alors à présenter les jeunes filles, toutes de blancs vêtus. C'était un peu comme une vente aux enchères, compara Harry, la femme avait listé toute la vie de la jeune fille et sortait ça comme si de rien n'était. Dans un coin de la salle, sur sa gauche, Harry remarqua que des jeunes gens s'amusaient à donner des notes, il trouvait ça grossier et déplacé.

-« Ne t'inquiètes pas » lui dit Anthony DeVargo « C'est leur jeu…. L'hôtesse prend des notes sur les valeurs qu'ils mettent, c'est pour ça qu'ils le font. S'ils ne notent pas la fille, soit c'est parce que c'est une de leurs amies, soit c'est qu'ils ont déjà eu ce qu'ils voulaient d'elle…. Et chacun sait qui est amie ou non de ce groupe…. Sinon, tu as une note entre 1 et 10, pour définir la difficulté à avoir la jeune femme. C'est grossier, enfin, il est toujours préférable pour les parents de voir que leur fille passe la moyenne, plutôt qu'elle ne soit pas notée…. C'est tout simplement honteux, cela donne encore plus l'impression qu'elles sont de la viande (3)…. »

-« Et l'année prochaine, c'est le tour de notre petite Lady…. » dit Polly Bent.

-« Alors là, elle rêve si elle pense m'avoir dans son cirque… L'année prochaine je compte justement être en Angleterre pour renouer les liens avec ma terre familiale ! »

-« Ce n'est pas bien de fuir, Sarah ! Non, non, non ! »

-« Je ne fuis pas, j'ai des choses beaucoup plus intéressantes en prévision…. Tu avais eu qu'elle note Polly ? »

-« J'avais eu un 10 ! Un des rares 10…. »

-« Il faut dire qu'avec un père directeur de programme religieux, tu n'avais pas trop le choix ! »

-« Si... Bien sûr que si…. C'est juste qu'étant la dernière enfant de la famille, j'ai vu mes sœurs se marier vierges et faire de très beaux mariages qui durent toujours…. »

-« Et c'est pour cela que je l'ai demandé en mariage ! » dit Anthony « Elle est une femme de cœur et de caractère ! »

-« Félicitation ! » dit Harry.

-« Oui…. Vous formerez un beau couple ! » dit Nami « Mais…. Cela ne dérange pas ton père, Polly ? »

-« Non. Pas vraiment…. De mes courtisans, il est le meilleur parti, avec la meilleure réputation et avec la chance que je l'aime déjà…. C'est plus simple pour les mariages ! »

-« Vous vous mariez quand ? »

-« Cet hiver…. Pour le réveillon du nouvel an. Tu seras des nôtres ? »

-« Je ne pense pas…. Aspen n'est pas mon lieu préféré. Et je ne sais jamais ce que je ferais dans un mois… Alors dans 6 ! »

-« De plus, avec nos 2 familles très catholiques, il y aura déjà assez de monde…. On ne te verrait même pas au milieu de nos tas de cousins ! »

-« Oui, c'est vrai…. Tu verras de toute façon tout ce qu'il y a à voir dans la vidéo que l'on fera à l'occasion »

-« Vous allez la vendre ? » s'étonna Harry.

-« C'est un moyen comme un autre de se faire de l'argent… Et puis, si on ne le fait pas, les paparazzis le feront pour nous…. Père pense que c'est un moyen tout à fait légal d'obtenir de quoi nous payer un superbe voyage de noces ! » dit Polly.

-« En Amérique, tout se vend et tout s'achète, il faut juste savoir contre quoi » dit Anthony « Normalement l'argent peut tout payer, mais le sexe est aussi un très bon commerce par ici, comme la drogue…. Certaines filles se disent vierges alors qu'elles ne le sont plus, parce qu'elles ne font que coucher avec des hommes sans faire l'amour à celui qu'elles aiment…. D'autres utilisent le sexe pour garder un homme en leur pouvoir, soit en faisant de lui leur amant, soit en le faisant chanter…. Bien sûr, tout le monde est au courant, mais tu évites de le crier sur tous les toits…. Et à Hollywood c'est pire que tout, depuis toujours les jeunes filles couchent pour obtenir des contrats, une protection, un appartement…. C'est devenu une monnaie comme une autre »

-« Hélas » dit Polly.

Le tour de la cousine de Nami arriva enfin, et cette dernière s'enfonça un peu dans son fauteuil lorsqu'elle vit la tenue de sa cousine : le terme indécent n'était pas assez fort. La robe simple d'un blanc éclatant aurait pu passer en temps normal, mais la lumière montrait, à travers le tissu, la nudité de la jeune femme. Le fin tissu n'était rien de plus qu'un voile très léger, soulignant les lignes généreuses et fermes du corps de Barbara. Un collier de perle, astucieusement placé en ceinture, accentuait la féminité qu'il se dégageait d'elle.

Harry préféra détourner le regard plutôt que de continuer son observation, par respect pour sa cavalière. Il remarqua que les jeunes adultes à sa table lançaient un regard de soutient à la jeune fille, qui avait pâli. C'est alors qu'il remarqua que leurs 2 robes étaient d'un modèle très similaire, bien que de couleur diamétralement opposée, comme leur propriétaire. Ange et démon…. Mais laquelle était la plus démoniaque des deux ?

(1) En 1996, au moment de l'histoire, le pentagone existe toujours.

(2) Il ne faut pas rire, il y a certaines personnes qui n'y arrivent jamais, à flotter !

(3) Dans « Ce dont rêve les filles », il y a un défilé des prétendantes, et une bande de gars les note…. J'ai repris le principe que je trouve dégradant.