Chapitre 21 : To be or not to be Chapitre 21 : To be or not to be... Dead

Harry se réveilla en sursaut. Il s'habitua peu à peu à la faible clarté d'une bougie posée sur sa table de chevet. Et réalisa qu'il n'était plus dans la cuisine de Nami, ni même chez Nami. A côté de lui, assoupi sur un fauteuil, Dumbledore ronronnait doucement. Harry tenta de se lever, mais son corps le faisait atrocement souffrir, et sa tête était aussi lourde qu'une baleine. Il avait l'impression d'avoir fait un cauchemar et pourtant, tout avait été si réel.

-« Qu'est-ce que je fais là ? » se demanda-t-il à voix haute, réveillant Dumbledore, bien que sa voix n'était qu'un son rauque et sourd.

-« Tu es réveillé, enfin » dit ce dernier en redressant ses lunettes.

-« Il y a eu une attaque…. Je perdais mon sang…. J'ai du mal à me souvenir »

-« C'est une longue histoire »

-« Racontez-moi »

-« Pas maintenant, repose-toi d'abord »

-« Je viens de me réveiller »

-« Harry »

-« Je veux savoir » dit-il, catégorique.

-« Demain, d'accord. Demain »

-« Promettez »

-« Harry ? »

-« Promettez ! »

-« Je promet. On en reparle demain. Mais maintenant, laisse-moi voir tes plaies »

-« Ce n'était pas un rêve, n'est-ce pas ? »

-« Non »

-« Ils sont bien morts ? »

-« J'en ai bien peur, Harry »

-« Ils sont morts…. » gémit Harry, perdant le peu de force qu'il lui restait.

Harry se laissa manipuler, trop abattu pour faire quoique se soit. Il passa les heures suivantes, le regard fixé au plafond, éteint. Dumbledore le trouva ainsi lorsqu'il lui apporta un potage. Il n'avait rien avalé depuis plusieurs jours déjà, à cause de sa perte de conscience, et il continuait à jeûner.

-« Mourir de faim ne les ramènera pas » dit Dumbledore « Et un ami à vous aimerait vous voir »

-« Je n'ai plus d'ami » dit Harry, sentant un poids sur son ventre.

Il redressa lentement la tête, pour voir un chat. H

-« Vous vous trompez, c'est Hermione qui avait un chat » dit Harry en caressant l'animal « Pattenrond, vous vous souvenez ? »

-« D'un bel orange et très vif d'esprit, oui, je me souviens » dit Dumbledore « Cet animal ne t'a pas lâché depuis que j'ai sorti ton corps de la maison »

-« Et Nami ? Elle va bien ? Elle est où ? »

-« Du calme…. Son oncle s'occupe d'elle, elle va aussi bien que vous. Etrange famille que la leur, n'est-ce pas ? »

-« Je me souviens…. Je crois. Elle m'a donné son sang ? »

-« En quelque sorte. Elle est surtout extrêmement intuitive. Elle a prélevé une partie de la potion que vous avez bu »

-« C'est Rogue qui l'a amené »

-« Il s'est présenté comme étant Severus Rogue. Mais elle ne le connaissait pas, cela pouvait être n'importe quel Mangemort »

-« Et qui a fait cette potion ? C'est le meilleur » dit Harry, tremblant de rage face à l'aveuglement de Dumbledore « Il l'a fait, j'en suis sûr ! »

-« En effet, c'est le meilleur. C'est d'ailleurs pour cela que je lui ai confié le poste de Professeur de Potions » dit Dumbledore « Mais c'est lui qui m'a prévenu de ce qu'il y avait dans la fiole »

-« Trop tard apparemment » dit Harry « Et depuis combien de temps ne vous avait-il pas donné de nouvelles ? Comment pouvez-vous lui faire confiance »

-« Nous avons déjà parlé de ça, Harry. Le professeur Rogue m'a donné la preuve de son passage de notre côté. Une preuve irréfutable ! »

-« Et c'est parce que vous lui faites confiance » dit Harry en appuyant sur les derniers mots « Que vous ne lui avez jamais laissé la possibilité d'enseigner autre chose ? »

-« Tu désires tant que ça l'avoir en Défense Contre les Forces du Mal ? » ironisa Dumbledore « Je n'ai toujours pas trouvé de professeur, vous savez »

-« Ce chat n'est pas à moi » dit Harry, en regardant l'animal « Je suis fatigué, j'aimerais me reposer »

-« Bien, je reviendrais vous voir demain. Reposez-vous bien »

Harry ne regarda pas Dumbledore. Rogue le détestait à cause de son père, et lui faisait payer sa célébrité non-désirée. Et Harry n'avait jamais caché à quel point il le détestait. Mais il n'arrivait pas à croire que Dumbledore soit aussi crédule. C'était le plus grand sorcier du monde magique, bon sang !

-« Alors comme ça, tu n'as pas arrêté de me suivre ? » demanda-t-il au chat après quelques minutes passées à maugréer.

-« Faut bien, sinon comment j'aurais pu venir jusqu'ici ? A la nage ? »

-« Tocho ? Tocho, c'est bien toi ? »

-« Ouais, ouais, c'est moi ! Le seul et unique ! »

-« Comment ça se fait ? Tu es… Tout petit »

-« J'ai été puni »

-« Vraiment ? »

-« Oh, rigole pas ! »

-« Tu lis toujours en moi ? »

-« Bien sûr !... »

-« Tu as été puni pour quoi ? »

-« Pour ne pas t'avoir protégé »

-« Je suis vivant »

-« C'est exactement ce que je leur ai dit » répondit Tocho en tournant sur un des oreillers de Harry « Mais les autres ont jugés qu'un petit passage dans le monde des mortels, pour me rappeler ce qu'est le prix de la vie, serait une bonne chose. Et pas sous forme complète, non, fallait que je puisse te suivre quand même. Alors me voilà, aussi gros qu'un chat »

-« Mais tu vas pouvoir manger de vrai ragoût maintenant » dit Harry.

-« Arrête de parler de manger, j'ai trop faim…. Le vieil allumé n'a pas pensé à moi une seconde »

-« Il a dû croire que tu irais chasser les souris »

-« Y'en a aucune ! Je n'ai jamais vu un coin aussi peu infesté de vermine…. J'ai faim !! »

-« Tu veux mon potage ? »

-« Je n'ai pas encore assez faim pour me mettre aux légumes »

-« Tocho, tu étais là, tu as vu ce qu'il s'est passé ? »

-« En partie, il y a eu une barrière autour de la maison. Activée sans doute par le sang de Nami »

-« Son sang ? »

-« Oui, pourquoi ? »

-« Ce n'est que du sang »

-« Le fluide de vie…. C'est le propriétaire qui donne son côté, euh, spécial au sang » dit Tocho « Une porte ne s'ouvrira pas avec du sang de Moldu, par exemple »

-« Et pour la refermer, c'est pareil ? »

-« Je vois où tu veux en venir. Et je biaiserais la réponse…. » dit Tocho « Donc, y'a eu une belle aurore boréale, la maison a perdu sa couleur noire pour un jolie rose clair. Qu'elle va haïr sans le moindre doute ! »

-« Comment va-t-elle ? »

-« Son oncle est arrivé à temps pour cicatriser ses plaies. Elle devrait s'en sortir, ils sont compatibles, je crois, je sais pas comment vous dites exactement…. Et donc, l'aurore, la peinture, et deux âmes venant chercher celles des fantômes, enfin libérées. L'oncle et le fiancé, si j'ai bien compris. Elles sont parties sans presque regarder en arrière. Et ton directeur en a profité pour faire croire que tu étais mort. Vu l'état de l'intérieur de la maison et ton apparence, ça n'a pas été trop difficile. Jolie photo en une du magazine. Des obsèques publiques auront lieu demain matin, avec celles de tes amis »

-« Ils sont vraiment morts ? »

-« D'après les journaux que j'ai mis sous ton lit, oui »

Harry se leva brusquement, se retenant pour ne pas perdre l'équilibre et dégagea les exemplaires de la Gazette que Tocho avait eu la bonne idée de cacher sous le lit. D'après les dates, cela faisait 3jours qu'il était mort, 4 pour Ron, Hermione et Mme Figg. Il passa la nuit à lire et relire les articles, cherchant la faille, l'indice qui lui permettrait de croire que ses amis étaient, comme lui, morts publiquement mais vivants quelque part….

Au petit matin, les yeux secs d'avoir pleuré de chagrin et de rage, Harry fut forcé d'accepter l'évidence : Dumbledore était arrivé trop tard pour eux aussi. Il avait senti le souffle de la mort sur son cou, et sa survie n'était l'œuvre que d'une fille qui s'était ouvert les veines pour lui. Il rejoignit son lit et s'y endormit rapidement.

O o o o o o o o o o o o o o o o o o o O

-« Harry, réveille-toi. Harry »

La voix était familière. Le ton beaucoup moins. Harry ouvrit difficilement les yeux pour apercevoir sa tante. Elle avait changé de coupe de cheveux, ce qui la rajeunissait quelque peu. Il se redressa, et s'essuya les yeux.

-« Petit déjeuner » dit-elle « J'espère que tu as faim. Tu n'a rien mangé depuis plusieurs jours »

-« Tu n'as rien, tante Pétunia. J'ai lu qu'il y avait eu une attaque »

-« La maison est détruite. Mais nos affaires sont sauvées. C'est Vernon qui va avoir une mauvaise surprise »

-« Il pourrait aussi t'attaquer pour avoir détruit sa maison »

-« Je suis morte dans l'incendie…. Officiellement, chez nous. Les Moldus, c'est ça ? »

-« Oui. Un coup de Dumbledore ? »

-« En effet. Etrange homme, n'est-ce pas ? » demanda Pétunia « Il n'est pas un peu… »

-« Allumé ? » traduisit Harry « Sans doute, mais c'est l'un des meilleurs sorciers encore en vie »

-« Je veux que tu manges ces œufs au bacon. J'ai mis plus de bacon pour ton chat…. Depuis quand tu as un chat ? Tu n'avais pas une chouette ? »

-« Hedwige…. Il va falloir que je demande à Dumbledore ce qu'elle devient »

-« Je vais à la cérémonie funéraire. Tu vas avoir droit à un superbe enterrement, digne d'un héros »

-« Je préférerais que mes amis soient en vie »

-« Ne soit pas sarcastique, Harry. C'est important pour ta protection. C'est Dumbledore qui l'a dit. Il faut qu'on croit vraiment que tu es mort » répondit Pétunia, légèrement en colère « Si quelqu'un a un doute, tout ce que met en place Dumbledore pour que tu puisses vivre enfin normalement, ça n'aura servi à rien »

-« Vivre normalement ? Non, Dumbledore ne veut pas que je vive normalement, il veut me garder en vie pour m'utiliser lorsqu'il en aura besoin »

-« Ne dis pas de telles horreurs. Je m'étais trompée sur lui, c'est vraiment une personne qui prend ton intérêt à cœur »

-« Tante Pétunia, tu ne le connais pas. Ça fait 5ans que je le côtoie, si vraiment mes intérêts lui avaient tenu à cœur, il aurait plus veillé sur moi, et je n'aurais pas eu la vie que j'ai eu »

-« Arrêtons, tu veux bien » demanda Pétunia « Traçons un trait sur le passé, s'il te plait. Et pour la vie que tu as eu, c'est moi la responsable, pas lui. Moi, Harry. C'est ma faute…. Ma faute »

Pétunia était en larmes. Harry était mal à l'aise de l'avoir fait pleurer. Il lui serra les mains en signe de soutient.

-« Je dois y aller. Dumbledore m'a promis qu'on irait par un moyen le moins sorcier possible »

-« Continue de pleurer, tu es parfaite » dit Harry, ne sachant pas quoi faire « Tu me raconteras »

-« Oui »

O o o o o o o o o o o o o o o o o o o O

Il y avait beaucoup de monde lorsque Pétunia, vêtue de noire et coiffée d'une voilette, arriva au lieu de la cérémonie, avec Dumbledore. Ce dernier la présentait comme la tante de Harry, et elle reçut de nombreuses éloges sur lui, ainsi que des messages de soutient.

-« Quand vous me disiez qu'il était célèbre, je ne pensais pas que c'était à ce point-là »

-« C'est une légende dans notre monde. C'est pourquoi je l'ai placé chez vous…. Lily le voulait »

-« Lily…. Elle doit me haïr pour ce que j'ai fait à Harry »

-« Lily était une bonne âme, elle a compris vos raisons et vous a pardonné depuis longtemps. J'en suis sûr »

-« Je l'ai tellement haï » pleurnicha Pétunia « Elle, James…. Et Harry, surtout Harry. Il ne méritait pas de finir comme ça. Il avait droit au bonheur »

-« Venez, allons rejoindre la famille Weasley »

Pétunia appréhendait de voir les Weasley. Eux, ils savaient comment Harry avait vécu. Eux le savaient. Les autres non. Mais Mme Weasley lui tomba dans les bras, et elles pleurèrent toutes les deux, le chagrin de Molly Weasley alimentant celui de Pétunia nouvellement Evans.

-« Mes enfants ne viendront plus enlevés Harry de chez vous »

-« Non…. Ça me manquera »

-« Vraiment ? »

-« Je me rend compte de tout ce que j'ai perdu, j'ai rejeté une partie de moi…. Si j'avais été plus forte, Harry aurait eu une meilleure vie. Heureusement que vous étiez là, vous lui avez offert ce que je lui ai refusé. Excusez-moi de vous avoir si mal jugé »

-« Vous viendrez boire le thé, quand la maison sera reconstruite » dit Mme Weasley, ne laissant pas la place au refus.

-« Oui, bien sûr »

-« Maman, ça va commencer » dit Ginny, droite sur son siège, les yeux rouges mais secs.

Devant eux, 4 buchers avaient été dressés. Des draps recouvraient les corps, personne ne pouvait discerner qui était qui. Selon une demande de Dumbledore, pour qu'il n'y ait pas d'hystérie auprès de celui de Harry. Personne, en dehors de lui, n'avait vu les corps cachés sous les draps, et personne autre que lui, ne savait qui était où.

-« Sorcières, sorciers » commença le nouveau Ministre « Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour rendre un dernier hommage à des personnes dignes de notre respect éternel. Partis bien trop tôt, victimes du Mal…. »

Le Ministre fit une pause, but un verre d'eau et repris. C'était sa première allocution publique, et c'était pour un enterrement. Il y avait eu d'autres victimes depuis le début de l'été. Mais là, ça le touchait personnellement. Peut-être parce que 3 d'entre eux n'était que des enfants. Des héros, mais des enfants quand même. Comme les siens.

-« Mme Figg, Cracmol de son état, était un éleveur connu et reconnu de félins, spécialisé dans les croisements. Et un observateur discret pour la sécurité de notre héros national, chez lui, en Angleterre…. Une femme remarquable, appréciée pour sa simplicité et pour ses connaissances. Vous allez nous manquer, Arabella…. »

Le ministre fit un signe de tête à Dumbledore, qui incendia le premier bûcher. Il demanda ensuite quelques minutes de silence, l'odeur du bois et du corps brulés emplissant l'atmosphère, alors que de nombreux chats pleuraient bruyamment.

-« Nous rendons hommage, aujourd'hui, à une jeune fille, une jeune femme, tuée au plus bel âge. Hermione Granger, sorcière née de parents moldus, était, d'après ses professeurs, un esprit brillant et éclairé. Préfète de sa maison, meilleure élève de Poudlard depuis son entrée à l'Ecole de Magie, elle venait d'obtenir le score fort enviable de 10 buses, avec quasiment que des notes Optimal. Son chemin était déjà tout tracé, elle aurait pu faire n'importe quel métier. Nous avons perdu une grande sorcière. Elle avait une volonté de fer et du courage à toute épreuve. C'est une grande perte que la vôtre, Melle Granger. Allez-en paix »

Le corps d'Hermione fut incinéré, lui aussi. Ginny se remit à pleurer, continuant de regarder la scène, gravant tout dans sa mémoire. McGonagall aussi pleurait, en silence. Fred et George, qui avait le bras en écharpe, n'eurent pas la force de sourire à la scène, sachant que l'oraison funèbre de Ron allait venir.

-« Ronald Weasley…. Fils de Molly et Arthur Weasley, une famille dont les racines remontent loin dans le temps…. Sixième fils d'une famille de sept enfants. Je ne peux imaginer plus dure perte pour la famille Weasley, appréciée et admirée par toute notre communauté. Ron Weasley était un jeune homme fort et courageux. Il a, à de nombreuses reprises, aidé son ami, Harry Potter, dans ses mésaventures. Cette fois-ci, il ne s'en est hélas pas sorti. Préfet de Gryffondor, fou d'Echecs version sorcier et surtout de Quidditch, il était devenu Gardien de l'équipe de Gryffondor. Il avait même eu les éloges de la critique sportive lors de son passage dans l'équipe des Canons de Chudley, cet été. C'était son équipe préférée depuis toujours, et il restait un fan inconditionnel malgré tout…. Vous auriez fait un grand champion, Ron. Que l'amour de vos proches et de vos amis vous guide dans l'autre monde »

Lorsque Dumbledore alluma un nouveau bucher, l'équipe des Canons de Chudley s'avança et lança des couronnes de fleurs dans les flammes, ainsi qu'une tenue de leur équipe. Molly était si émue par ce geste, qu'elle laissa échapper un tremolo sonore. L'équipe de Gryffondor en fit de même, et les frères de Ron jetèrent ses confiseries préférées dans les flammes. Ginny avait du mal à respirer, s'en était trop pour elle. Son père lui mit une main sur l'épaule, pour lui insuffler de la force.

-« Nous finissons avec Harry Potter. Le Survivant. La seule personne connue, à ce jour, pour avoir survécu à un Avada Kedavra…. Il a vécu chez sa tante, une Moldue, pendant des années avant d'entrer dans le monde magique et à Poudlard. C'était un jeune homme tranquille, calme et gentil. Admiré de beaucoup, vénéré par d'autres, il n'a jamais pris la grosse tête. Le choix de ses amis en est la preuve, celui de sa maison en est une autre. Pendant toute sa scolarité, il a dû se battre contre cette célébrité qu'il n'arrivait toujours pas à accepter. Il s'est battu pour démontrer qu'il n'était pas qu'un nom, et il y réussissait. Il était devenu le capitaine de son équipe, après être devenu le meilleur attrapeur de Poudlard, avec une seule défaite. Il avait réussi à gagner le Tournoi des Trois Sorciers, alors qu'il avait 3ans de moins que ses concurrents. Et il avait une nouvelle fois survécu à Lord…. Au Lord Noir ! Il a passé sa dernière année à essayer de faire bouger le Ministère…. Harry, nous vous avons entendu. Trop tard, hélas, mais nous vous avons entendu. Nous combattrons, en votre nom…. Allez en paix, Harry. Nous continuerons votre œuvre »

Il y eut une procession pour déposer dans offrandes dans le bucher de Harry : peluches, lettres, fleurs. Pétunia se leva, aidée par Dumbledore, une rose blanche à la main. Elle était suivie de la famille Weasley, Ginny et Molly déposant des fleurs sur les buchers du Trio. Des connaissances et des inconnus vinrent leur serrer la main et présenter leurs condoléances. L'arrivée de Percy tendit quelque peu l'atmosphère chez les enfants Weasley. Mais leur mère le prit dans ses bras, l'étouffant presque, pleurant à chaudes larmes sur l'épaule de son fils, pardonné.

-« Molly, lâche-le maintenant » dit Arthur.

-« T'es content de toi » lâcha George.

-« George, je t'interdis… ! » répliqua sa mère, le chagrin remplacé par la colère « Nous avons perdu Ron, ne perdons pas l'un des nôtres encore une fois, pour une broutille…. Tu viens boire le thé, n'est-ce pas ? »

-« Je voudrais bien, maman. Mais ce serait malvenue »

-« Non, non, se serait bienvenue. Les Weasley unis dans le chagrin. Tu seras le bienvenue »

-« J'ai du travail. Mais je viendrais prendre de vos nouvelles. Vous logez où ? »

-« On sait où tu travailles » dit George « C'est nous qui te contacteront quand on sera posé quelque part »

-« George ! » le houspilla sa mère.

-« George a raison, Molly. Pour l'instant, nous sommes dans une situation précaire. Passe à mon bureau quand tu auras un peu de temps libre. Nous verrons pour nous retrouver »

-« Bien, papa. Maman » dit-il en enlaçant sa mère « Ginny…. Mon unique petite sœur »

Mais Ginny se cacha derrière George, peur et colère se mêlant dans son regard.

-« La situation n'est pas optimale, et j'ai beaucoup à me faire pardonner. Je ne t'en veux pas, Ginny. A toi non plus, George. Je passerais, papa. A bientôt »

Lorsqu'il fut happé par la foule, Mme Weasley se tourna vers ses plus jeunes enfants.

-« Ce n'est ni le lieu ni l'heure » dit Dumbledore en lui touchant le bras « Venez, les journalistes ne vont pas tarder à venir nous voir. Partons avant qu'ils n'empirent les choses »

Molly obéit, et Dumbledore ramena tout le monde par Cheminette à l'hôtel où ils résidaient. Pétunia se fit mal à la cheville lors de l'atterrissage, et cela provoqua un changement de sujet qui permit à Ginny et à ses frères de s'éclipser dans l'une de leurs chambres.

-« Maman va vous en vouloir » dit Charlie.

-« Qu'elle le fasse…. Je ne l'aime pas, je ne l'aime plus, je ne peux pas faire semblant » dit Ginny « Ce n'est plus mon frère, il y a quelque chose chez lui qui a changé. Vraiment changé. Il y a toujours ce côté hautain et imbu de lui, oui. Mais il m'a fait peur maintenant »

-« Percy ? »

-« C'est dans ses yeux, au fond…. Je ne peux pas l'expliquer » dit Ginny « Ses yeux sont si froids »

-« Ils n'ont jamais été très chauds non plus » dit Fred, qui se reçut un regard noir de la part de sa petite sœur « Pardon…. »

-« C'est étrange qu'il soit revenu maintenant, exactement maintenant » dit George.

-« C'était l'enterrement de Ron » dit Charlie « C'était le meilleur moment »

-« C'est exactement ça » expliqua George « Depuis SON retour, il a eu largement le temps de revenir vers nous. D'envoyer un hibou, des fleurs. Mais non, rien. Il a choisi l'enterrement de Ron, Hermione et Harry. Et il n'a pas demandé pardon, maman l'a pardonné parce qu'il était venu. Moi, je veux des excuses avant toute chose »

-« Moi aussi » appuyèrent Fred et Ginny.

-« Et ce que Ron aurait voulu ? » demanda Charlie.

-« Ron s'est battu au Ministère » dit Ginny « On a tous failli mourir ce soir-là. Pourquoi ? Parce que le Ministre adoré de Percy ne croyait pas en Harry. Et Percy a préféré NOUS renier que de penser différemment de ce crétin. Il a rejeté la famille, pour sa carrière. Il devra renoncer à sa carrière pour la famille »

-« Ginny, il n'a plus de carrière »

-« Charlie, tu ne vois pas ce qu'il se passe. Percy est un carriériste. Maintenant, Ron est un héros. Papa est apprécié de tout le monde, et notre famille reçoit des lettres de soutient de toute la communauté sorcière. En faire partie, pour Percy, c'est un billet pour les hautes sphères du Ministère »

-« Percy n'est pas comme ça »

-« Oh si ! »

-« Bon, changeons de sujet : une partie de bataille explosive, ça vous va »

O o o o o o o o o o o o o o o o o o o O

Harry avait ouvert les rideaux, mais la fenêtre refusait obstinément de s'ouvrir, elle. Aujourd'hui, à cette heure, on enterrait ses amis. Et il ne pouvait même pas leur dire un dernière « au revoir ». Il voyait la mer depuis sa fenêtre, et son esprit se mit à vagabonder alors que ses yeux cherchaient des indices pour savoir où il était.

Sa chambre était baignée par le soleil, se dirigeant vers le couchant, il en déduisit qu'elle devait être orientée au sud ou au sud-ouest. Il y avait du terrain, avec une belle pelouse verte, il devait y avoir 200m jusqu'à la falaise. Il lui était impossible de savoir si la plage était accessible, il se serait bien isolé dans une crique, au soleil, à l'air libre. Cette chambre le rendait claustrophobe, alors qu'il avait vécu dans beaucoup plus petit.

Il préféra s'éloigner de la fenêtre et se mit à fouiller sa chambre. Il y avait sa malle et toutes ses affaires. Son téléphone aussi. Alors qu'il s'apprêtait à le balancer contre le mur, il se mit à vibrer puis à sonner. Le numéro de Ron s'affichait sur l'écran. Harry était tellement abasourdi qu'il décrocha, trop tard, cependant. Il se souvint alors que Ginny utilisait aussi ce téléphone. Il se souvint qu'il était mort pour tout le monde. Il ne devait pas se faire avoir une nouvelle fois, il éteignit son téléphone et l'enfouit sous ses vêtements, pour ne plus y penser.

-« C'était qui ? » demanda Tocho.

-« Le téléphone de Ron » dit Harry « Mais Ginny s'en servait aussi »

-« Il n'est pas sensé être mort ? Et toi aussi ? Pourquoi cette Ginny t'appellerait ? »

-« Elle ne peut pas appeler Ron » répondit Harry « Et je suppose que c'était le dernier numéro en mémoire… A moins que… »

-« Tu penses que son esprit pourrait t'avoir téléphoné ? »

-« Je sais que c'est fou. Mais c'est peut-être un signe ! » dit Harry « Dumbledore peut très bien avoir fait pour lui ce qu'il a fait pour moi »

-« C'est sûr. Mais je te rappelle qu'il serait arrivé trop tard si Mingan – Nami – n'avait pas été là. Comment aurait-il pu arriver à temps pour qui que se soit ? Sans indice ? »

-« Donc, soit j'accepte que Rogue est de notre côté, soit j'accepte la mort de mes amis ? » s'indigna Harry.

-« Ou bien tu ne fais aucun des deux » répondit Tocho « Avant de prendre ta décision, tu devrais attendre d'autres signes. Se baser sur un seul n'est pas bon. Car les attentes et les désirs modifient la perception de ce signe. Tu peux très bien avoir reçu un coup de fil de la petite sœur, qui a peut-être fait un faux numéro, ou voulu entendre une voix familière…. Avec des si, on fait tellement de choses »

-« Tu ne devrais pas être levé » dit Pétunia en entrant dans la chambre, après avoir toqué « Tu es encore fatigué »

-« J'ai trop chaud, et je ne peux pas ouvrir »

-« J'en parlerais au professeur Dumbledore » dit Pétunia « Au lit maintenant »

-« C'était comment ? » demanda Harry, en obéissant.

-« Tu étais vraiment un héros pour tous ces gens. Je ne l'aurais jamais cru »

-« Et maintenant, je ne suis plus rien, qu'un mort »

-« Il ne faut pas dire ça. Tu as la chance d'être en vie, ce n'est pas le cas de tout le monde. Le professeur Dumbledore t'offre la possibilité de vivre une nouvelle vie. Une vie où tu seras toi, sans être le Survivant »

-« Le Survivant est mort, vive Harry Potter » ironisa Harry « Comment vont les Weasley ? »

-« Ils font aller. Ils sont ici, tu sais. Pour quelques temps encore. Mme Weasley est quelqu'un d'adorable, elle a eu du courage pour élever autant d'enfants »

-« Ils se débrouillent comme ils peuvent » dit Harry « Et ils sont généreux malgré tout »

-« Je suis invitée à boire le thé. Je dois m'attendre à des choses étranges ? »

-« Tant que Fred et George ne sont pas dans le coin, non, ça devrait aller » dit Harry « Ils sont blessés ? »

-« L'un des jumeaux avait le bras en écharpe. Les autres quelques cicatrices. La plus touchée émotionnellement, c'est la petite sœur. Ça se voit dans son regard »

-« Elle a perdu son frère le plus proche et deux de ses amis, dont sans toute sa meilleure amie. Ça fait beaucoup » dit Harry, avant de se souvenir de quelque chose « Pourras-tu demander, sans trop rentrer dans les détails, si Ginny a le téléphone de Ron. S'il te plait ? »

-« Pourquoi ? »

-« On avait tous un téléphone. On communiquait de cette manière, c'était plus rapide que par hiboux. Et j'ai eu un coup de fil, de Ron, y'a un quart d'heure. Comme je sais que Ginny s'en servait pour appeler Hermione, il est possible que se soit elle qui l'ait utilisé »

-« Pour entendre la voix d'un vieil ami sur le répondeur » supposa aussi la Tante Pétunia « Mais j'étais avec elle, et elle n'a rien fait de tel. A moins que les sorciers puissent faire ça sans le montrer ? »

-« Non…. Il est possible qu'elle l'ait tripoté inconsciemment. Si elle n'a pas ce téléphone, c'est peut être un Mangemort, dans ceux qui nous ont attaqué, qui a ce téléphone. Et dans ce cas, il est possible de le retrouver »

-« Je vais me renseigner. Discrètement. Et je demanderais aussi pour ta chouette »

-« Merci »

-« Maintenant, repose-toi. Tu veux manger quoi ce soir ? »

-« Un steak frite, c'est possible ? »

-« Bien sûr. Et ça mange quoi un chat de sorcier ? »

-« Du steak en petit morceau, à peine poilés » dit Harry, répétant les mots de Tocho.

-« C'est précis…. Harry, tu parles avec ton chat ? »

-« Euh…. Oui »

-« C'est normal ? Je veux dire, chez vous ? »

-« Je sais pas. C'est mieux que de parler tout seul, je suppose »

-« D'accord. J'y vais, sinon je vais être en retard »

Pétunia l'embrassa sur le front et sorti de la chambre. Harry attendit quelques minutes et sortit du lit. Il essaya une nouvelle fois d'ouvrir la fenêtre, puis la porte, mais tout restait coincé. C'est alors qu'une soufflerie se mit en marche et que l'air se rafraîchit peu à peu.

-« Climatisation » dit Tocho.

-« Magique ou Moldue ? »

-« Je ne sais pas, mais il fait rudement meilleur »

-« Ça n'empêche que je suis pris au piège »

Harry se reposta contre la fenêtre et observa un peu mieux le paysage. Peut-être découvrirait-il sa position grâce à quelques indices. Il s'avait qu'il était en Angleterre, à cause du Magicobus. Au sud ou à l'ouest, sans doute en Cornouailles. Vue la taille de l'hôtel, c'était la zone touristique la plus prometteuse. Mais où, en Cornouailles ? Et comment Dumbledore avait bien pu caser autant de monde dans un hôtel ? A qui appartenait-il pour qu'il ait assez confiance en ce lieu ? Evidemment, la présence sa Tante et la protection liée à son sang devaient bien aider. Mais quand même !

O o o o o o o o o o o o o o o o o o o O

-« Tu dois garder le lit, Harry »

-« Professeur Dumbledore »

-« C'est moi ! » dit le vieux sorcier en faisant entrer une déserte dans la chambre « Votre tante est occupée. Elle m'envoie vous servir le dîner »

-« Il est quel heure ? Que fait-elle ? » demanda Harry, ayant perdu tous ses repères temporels.

-« Il est presque 20h. Et elle a été invitée par les Weasley »

-« Ça occupera Mme Weasley. Et ma tante se fera peut-être une amie » dit Harry « Vous a-t-elle dit autre chose ? »

-« Pour le téléphone, ce n'est pas Ginny qui l'a. Et je te conseille de ne plus le rallumer »

-« Il est déjà éteint » dit Harry « Vous pensez que des Mangemorts peuvent l'avoir pris ? »

-« On ne sait jamais. Je vérifierais cette hypothèse » dit Dumbledore « Quand à Hedwige. Je lui ai expliqué pour ta situation. Elle a bien voulu entrer à mon service, en attendant qu'on trouve quoi faire pour y remédier »

-« Vous ne savez pas ? Vous savez toujours tout sur tout »

-« A dire vrai, te faire passer pour mort, c'était une bonne idée. Mais la rentrée scolaire approche, et je me vois mal te laisser enfermer ici. Il y aurait de quoi devenir fou »

-« Avec porte et fenêtres fermées, c'est sûr ! » ironisa Harry « Alors, on fait quoi ? »

-« Je n'ai pas trop le choix. Tu peux entrer, sous une fausse identité et une fausse apparence, à Poudlard »

-« Histoire de ne pas trop me perdre de vue »

-« Quelque chose comme ça. Ta tante a été invitée à vivre chez les Weasley, le temps de trouver une nouvelle identité. Evidemment, le Ministère va grincer des dents, mais Arthur a de bonnes relations maintenant »

-« Pourquoi, vous n'en avez plus autant ? »

-« J'ai perdu le Survivant. Il va falloir du temps avant que ça ne se tasse » dit Dumbledore en souriant.

-« J'aurais une fausse identité moi aussi ? Laquelle ? »

-« Je ne sais pas encore. Cela va dépendre de certaines choses. Tiens, voici tes résultats de Buses »

-« Merci » dit Harry en tenant fébrilement l'enveloppe « Vous savez si Ron avait eu ses Buses ? »

-« Molly était très fière des résultats de son fils. Ils ne dépassent pas ceux de Percy ou Bill. Mais il n'avait pas de mauvaises notes. Sauf de très mauvaises en Histoire et Divination. Mais il a excellé en Défense »

-« Et Hermione ? »

-« Quasiment que des Optimal » dit Dumbledore « Maintenant, viens manger. La magie est peu utilisée ici, ça va refroidir »

-« Où sommes-nous ? »

-« Chez des amis » dit Dumbledore « Ne t'inquiètes pas pour ça. Informes-moi de tes choix de cours pour ta 6ème année. Je te ferais porter les livres adéquats »

-« Ça m'occupera »

-« Manges maintenant. Et ensuite, il te faut dormir » dit Dumbledore en se dirigeant vers la sortie « A bientôt, Harry »

-« Ouais, c'est ça » dit Harry en s'attablant « Bon appétit, Tocho »

-« Tu ne sembles pas trop l'aimer. Pourtant, il a l'air de faire des efforts » dit Tocho après avoir goulument avalé la moitié de son assiette.

-« Y'a plusieurs choses qui m'énerve chez lui. Tout d'abord, son côté allumé. C'est énervant de la part du directeur de son école. Il est sensé être le plus grand sorcier d'Angleterre voir d'Europe. Il est archi respecté et tout… On s'attendrait à ce qu'il soit plus posé. Ensuite, il y a le fait qu'il m'ait sciemment caché pas mal de choses, et qu'il m'en cache encore. Il se sert littéralement de moi, et ça, ça m'énerve plus que tout. Si encore il me disait ce qu'il se passe, pourquoi il fait les choses, ce qu'il attend de moi. Mais non, il fait sa sauce, dans son coin »

-« Il ne te fait peut-être pas assez confiance »

-« Et ça, surtout. La confiance. Il ne me croit pas assez adulte pour me dire les tenants et les aboutissants. Mais lui, il croit dur comme fer que Rogue, le gars qui a amené la potion qui a failli me tuer. Ce même gars qui me voue une haine aussi profonde que celle de Voldemort…. Bref, il lui fait confiance, pour une raison qu'il ne veut pas me donner »

-« Peut-être ne la comprendrais-tu pas »

-« T'es de quel côté ? »

-« D'aucun, je découvre ton monde. Et j'essaie de le comprendre »

-« Hum…. Pourquoi tu n'irais pas fureter dans le coin, histoire de laisser trainer quelques oreilles ? »

-« Faire l'espion ? Ça devrait être drôle ! » dit Tocho « Tu as une priorité pour ce soir ? »

-« Fait le tour du propriétaire. Essaie de trouver des brochures, un journal Moldu, si possible local. Des trucs dans ce genre pour que je puisse savoir où je suis »

-« Ça va être difficile à faire passer tout ça dans les passages pour chats »

-« Fait comme tu peux, se sera déjà mieux que rien » dit Harry en entassant les assiettes « Toi au moins, tu peux sortir »

Tocho le regarda une dernière fois et disparut dans la chatière. Harry n'avait pas le moral, il s'en voulait d'être la cause du décès de ses amis. Il s'en voulait de ne pas être rentré plus tôt pour être avec eux. Il s'en voulait de ne pas être mort.

Il reprit son point d'observation, contre la fenêtre. Il voyait un voilier, au loin, ainsi que des mouettes. Il aurait aimé avoir des ailes pour planer pendant des heures dans le vent. Que ça devait être relaxant, lui, le ciel et rien d'autre.

Le soleil avait depuis longtemps disparu sous l'horizon quand Harry vit enfin un visage connu. Ginny se promenait sur la falaise. Assez loin de lui quand même, mais il l'avait reconnu immédiatement. Ses cheveux, détachés, flottaient dans le vent. Elle regarda la mer de longues minutes avant que Charlie ne vienne la chercher. Il la prit quelques temps dans ses bras, puis ils rentèrent tous les deux. Ginny leva les yeux vers Harry, ce dernier se cacha rapidement derrière le rideau. Lorsqu'il jeta un coup d'œil dehors, Ginny et Charlie n'étaient plus là.

C'est alors que la lune se leva, sortant de derrière un nuage. Ses rayons se posèrent sur une partie éloignée de la falaise. Se découpant dans les rayons lunaires, une formation rocheuse apparut. Une tête de loup, sous un saule pleureur. Sur le coup, il trouva cela étrange, mais il retourna quand même se coucher, espérant que Tocho aurait des nouvelles.

O o o o o o o o o o o o o o o o o o o O

Au petit matin, des coups sur sa tête réveillèrent Harry. Tocho était là, avec de la publicité. Harry, qui n'avait plus besoin de lunettes, les parcourues des yeux.

HOTEL WOLF – Retrouvez le charme de la vie paisible en bord de mer, dans un hôtel de caractère. Son restaurant et sa terrasse vous attendent, pour vous régalez de mets fins et de la plus belle vue de Cornouailles. Salle de banquet et jardin réservables pour mariage ou autres évènements.

-« L'oncle de Mingan est ici. Il semble être le patron. Il est arrivé ce matin, à l'aube »

-« Et Nami ? »

-« Pas vu…. Son oncle a discuté 2 bonnes heures avec ton directeur. Je n'ai pas pu aller voir » dit Tocho en se posant sur l'oreiller de Harry « Mais il semble que la clientèle soit Moldue, essentiellement. J'ai vu quelques sorciers, ils se repèrent facilement, dans leurs tenues grotesques »

-« Oui. Mais que veux-tu, tout le monde n'étudie pas la culture Moldue avant de se rendre chez eux » dit Harry « John Knight est encore là ? »

-« Non, il est reparti de suite »

Toc. Toc. Toc.

-« Entrez » dit Harry, fourrant les revues sous sa couette « Bonjour professeur. Où est ma tante ? »

-« Mme Weasley a désiré lui montrer le Chemin de Traverse »

-« Et elle y est allée ? » s'étonna Harry « Avec sa cheville ? »

-« Elle apprécie de plus en plus les techniques magiques » répondit Dumbledore « Pomfresh a soigné sa cheville en peu de temps »

-« Mme Pomfresh est ici ? »

-« Elle s'occupe des Weasley. Tu devrais manger, Harry. Ce n'est plus bon quand c'est froid » dit Dumbledore alors que Harry entamait avec appétit ses œufs.

-« Que venez faire John Knight ici ? »

-« Mais c'est chez lui ! » s'étonna Dumbledore « Et comment sais-tu…. Hum, ce chat, je suppose »

-« Tocho n'est pas un chat. C'est un Esprit qui a repris corps dans une version moins repérable que sa version d'origine »

-« Et tu parles avec lui ? » s'étonna Dumbledore « Tu le comprends ? »

-« Il miaule, et je comprends » expliqua Harry en avalant son bacon « Vous en auriez d'autres, pour lui »

-« Bien sûr » dit Dumbledore en faisant apparaître une assiette pleine de tranches de bacon bien croustillantes.

-« Vous avez parlé de quoi, pendant 2h ? »

-« De son poste à Poudlard »

-« Vraiment ? »

-« Oui, je lui ai demandé de venir enseigner l'Etude des Moldus…. Il connaît tout d'eux et des sorciers, des passages d'un monde à l'autre. Ce qui l'ennuie, c'est sa nièce, Sarah. Que vous appelez Nami »

-« Lui aussi »

-« Je sais…. Revenons à Poudlard. Je n'arrive pas à trouver de professeur de Défense, comme tous les ans d'ailleurs. S'en est presque risible, mais vous avez besoin de ces cours, ils sont très importants, surtout maintenant…. Alors je pense que je vais devoir faire des demi-postes. John Knight s'y connaît en potions, il pourrait enseigner aux plus jeunes. Pendant que le professeur Rogue garderait les grandes classes » expliqua Dumbledore « Il y a beaucoup de demandes potentielles dans le cours de Potions. Ce qui n'est pas le cas de l'Etude des Moldus. Pour les mêmes raisons, le nouveau professeur de Soin aux Créatures Magiques, enseignerait aussi la Défense contre les forces du Mal. Il postulait pour les deux postes »

-« Et Hagrid ? »

-« Bien qu'il ait apprécié d'être professeur, il préfère redevenir Gardien de Poudlard. Cela lui laissera plus de temps »

-« Oh. Donc, prenons mon cas, j'aurais Rogue dans combien de cours ? »

-« Juste les Potions. Le professeur Rogue enseignera les Potions pour les 5ème à 7ème années, et la Défense pour les 4 premières années »

-« D'accord. Parce que 2 cours différents avec lui, je risque de ne pas être le seul à broyer du noir » ironisa Harry.

-« C'est ce que j'ai pensé aussi » dit Dumbledore, souriant à la remarque « Je t'ai trouvé ta nouvelle identité. Tiens »

Harry feuilleta un fichier contenant des photos et des informations.

-« Qui est-ce ? »

-« Voici Harrison Carter Scoffield III ou Junior. Fils du Capitaine Harrison Carter Scoffield II ou Senior, petit fils de l'Amiral Harrison Scoffield I ou Senior Senior » dit Dumbledore « Harry, pour les intimes »

-« Ils existent vraiment ? »

-« Oui, bien sûr. La famille existe depuis longtemps. Et durant le laps de temps où tu utiliseras cette identité, ils penseront que tu es vraiment de leur famille »

-« Je ne ressemble pas à ces hommes » s'étonna Harry.

-« Mais tu leur ressembleras bientôt » dit Dumbledore « Je ne vais pas te faire revenir à Poudlard sans modifier ton apparence. Harry Potter n'a aucun sosie ou jumeau »

-« Une seule catastrophe ambulante suffira » murmura Harry.

-« Tu n'es pas une catastrophe. Sauf pour Voldemort. Je veux que tu apprennes tout de cette identité. Je te poserais des colles, et on bavardera pour voir si tu es assez naturel. Ensuite, on modifiera ton apparence »

-« Et pour ma cicatrice ? Elle est reliée à Voldemort, il sait que je suis en vie »

-« Le sang de Sarah Sparrow, associé à celui de son oncle, ont permis de supprimer tout lien avec Voldemort »

-« Qu'est-ce qu'il a de si spécial son sang ? Ce n'est même pas une sorcière ? » s'étonna Harry.

-« Je laisse Sarah ou son oncle t'expliquer ces choses. A moins que tu ne sois plus rapide à l'obtenir sans eux »

-« Facile à dire sans Hermione » pesta Harry, avant de se reprendre « Ce n'est pas ce que vous croyez. Hermione n'était pas qu'une bibliothèque sur pattes pour moi. Mais elle savait mieux que personne se retrouver dans celle de Poudlard et amadouer Mme Pince »

-« Je n'ai jamais dit que tu le pensais » répondit Dumbledore « Je veux que tu portes ceci »

-« Un bracelet ? »

-« C'est John Knight qui te l'offre. Pardon, te le prête. Le temps de construire des barrières mentales »

-« Pourquoi, vous avez peur que Rogue ne découvre que je suis toujours en vie ? » tiqua Harry.

-« … Oui » répondit honnêtement Dumbledore « Pas que je ne lui fasse pas confiance, Harry. Mais Voldemort pourrait briser son esprit au moindre doute. Moins il y aura de personne au courant, plus tu seras en sécurité »

-« Alors il ne faut pas que ma tante le rencontre »

-« Je sais toujours quand Severus vient me voir. Et je ne le vois jamais ici » répondit Dumbledore « Bien, apprenez cette biographie par cœur, Harry. Je vous laisse 2 jours pour cela »

-« Seulement ? »

-« Il y a beaucoup de travail de transformation, ensuite, sans parler de tes cours de rattrapage »

-« De rattrapage ? »

-« Oui, tu as suivi, pardon, ton nouveau toi, a suivi des cours avec Vit'Magic. Et il faut que tu sois au niveau »

-« Mais j'ai le niveau » s'indigna Harry « J'ai eu mes Buses, non ? »

-« Je parle du niveau de connaissance que tu es sensé avoir avec le programme de Vit'Magic. Les détails, Harry, tout se joue dans les détails. Il faudra donc que tu connaisses les cours dispensés par Vit'Magic, et la manière d'étudier, qui est différente de celle de Poudlard »

-« Génial ! » dit Harry « Au fait, vous ne m'avez toujours pas expliqué comment je suis arrivé ici »

-« Dans un cercueil » répondit simplement Dumbledore « Il le fallait bien, mais il était ensorcelé. Et l'avion qui le transportait était bien surveillé. Je l'ai réceptionné ici, en Angleterre. Ma Parole est encore prise en compte, ce qui est une bonne chose »

-« Vous avez de la chance, je dois mourir pour que la mienne le soit enfin »

-« Le Ministère »

-« Oui…. Vous deviez me parler de ce qui est arrivé entre mon évanouissement et mon départ »

-« Mais vous savez déjà tout. Le rituel de Miss Sparrow, utilisant son sang, a supprimé toute trace de poison dans ton corps. Le lien de votre cicatrice, aussi. John Knight a procédé aux cicatrisations de vos blessures à vous deux »

-« Et les fantômes ? »

-« Les vieilles maisons ont des planchers qui jouent un peu. Lorsque nous avons nettoyé la pièce, vos sangs se sont écoulés jusqu'au point le plus bas de la maison »

-« Pourquoi ne pas l'avoir volatilisé ? »

-« D'après John Knight, le sang devait retourner à la terre. Votre méthode aurait été plus simple, mais il n'en a pas démordu. On a utilisé de l'eau pour nettoyer le plus important, et on a utilisé des charmes magiques pour qu'il n'y ait plus une seule goutte d'incrustée dans la maison » expliqua Dumbledore « C'est lorsque celle-ci c'est mise à trembler que j'ai eu connaissance de la Porte. Elle s'est refermée, le sort sur les fantômes s'est levé, et j'ai profité de la cohue général autour de cette affaire pour vous faire disparaître le plus rapidement possible »

-« Vous avez réagi plutôt vite. Une habitude du moment ? »

-« Il se fait tard, j'ai encore tant de choses à régler pour la rentrée…. Reposes-toi bien, Harry. Et apprends ton rôle »

Dumbledore se leva et sortit sur ces mots. Harry n'en croyait pas ses oreilles. D'accord, Dumbledore n'avait pas répondu. Mais sa fuite, car ça pouvait en être une, sonnait comme une affirmation. Peut-être…. Peut-être que quelque part, Ron, Hermione ou bien même les deux, étaient en vie. Et peut-être, peut-être que eux aussi allaient prendre une nouvelle apparence.

Prisonnier comme il l'était, sa seule chance de sortie était la rentrée à Poudlard. Regonflé par ce 2ème signe, Harry se mit à lire et relire la biographie de sa famille, et commença à préparer le rôle qu'il allait devoir interpréter à l'école. Il fallait quelque chose de proche de lui, sans l'être totalement. Il devait rester naturel tout en étant différent. A contrecœur, il fit une croix sur le Quidditch, où sa manière de voler serait trop repérable.

Il avait hâte de pouvoir chercher ses amis. Et en même temps, il avait peur de cette rentrée. Et s'il n'y avait pas d'autres nouveaux ?