Merci toujours pour vos messages. C'est vrai que c'est très encourageant. Alors, n'hésitez pas et continuez ;-)
Et voilà, les vacances sont finies... pour les maraudeurs bien sûr !
Les cours reprirent à Poudlard et les maraudeurs reprirent leurs activités, au désespoir des professeurs qui avaient osé espérer une trêve hivernale à défaut de bonnes résolutions pour la nouvelle année.
Une semaine après la rentrée, la neige se mit à tomber, amenant avec elle nombre de bonhommes de neige qui décoraient le parc du château mais aussi nombre de batailles de boules de neige. Et les maraudeurs étaient loin d'être les derniers pour y participer.
C'est ainsi qu'un début d'après-midi, ils décidèrent de tendre un piège à un groupe de Poufsouffles qui s'était fait une spécialité d'attaques à la boule de neige.
- Si on y va maintenant, on va les prendre de vitesse, expliquait Sirius.
- Désolé les gars, mais je ne peux pas venir, signala Remus.
- Pourquoi tu ne peux pas venir ? demanda Sirius, surpris.
- Parce que je suis occupé, répondit Remus.
- Tu as un rendez-vous ? demanda Peter, les yeux brillants.
- Je suis occupé, c'est tout.
Remus avait répondu assez sèchement. C'était clair qu'il n'avait pas l'intention d'en dire plus.
- D'ailleurs, il faut que j'y aille… Et Remus se leva et quitta ses amis.
James et Sirius se regardèrent, interrogateurs.
- Je me demande avec quelle fille il a rendez-vous… demanda Peter, songeur.
Le départ de Remus arrêta net l'élan des maraudeurs. A trois, ils seraient moins forts contre l'équipe des Poufsouffles.
James sortit une revue de Quidditch et Sirius et Peter commencèrent une partie d'échecs. Mais Sirius n'arrêtait pas de râler après Peter et finit par exploser :
- Mais enfin, tu ne sais pas jouer ! Regarde ce que tu fais : c'est du n'importe quoi !
- Ho, ho, ho… intervint James. Laisse Peter tranquille ! C'est toi qui es de mauvaise humeur, c'est tout !
- Non, je te jure, ça fait une heure qu'il fait n'importe quoi ! Sirius montra du bras le plateau du jeu, pendant que Peter se ratatinait dans son fauteuil. James s'était levé et faisait face à Sirius en colère.
- Arrête Sirius ! Peter n'y est pour rien. Tu es de mauvais poil. Tu ferais mieux d'aller faire un tour pour te calmer…
- Je suis calme. C'est lui qui m'énerve !
- Je sais très bien ce qui te met dans cet état, et toi aussi. James avait détaché lentement chaque mot en pointant son doigt sur la poitrine de Sirius.
Sirius lança un regard noir à James et répliqua très durement :
- Tu me casses les pieds avec tes trucs à la con ! Foutez-moi la paix !
Et Sirius sortit de la pièce. James regarda Peter, haussa les épaules et s'assit à la place de Sirius :
- Laisse tomber, ça lui passera…
Sirius était furieux. Furieux après Peter qui ne savait pas jouer. Furieux après James qui n'arrêtait pas de le harceler avec cette histoire de Remus… Furieux après Remus qui … Non, n'importe quoi… Remus pouvait faire ce qu'il voulait, ça lui était bien égal. Il pouvait aller à un rendez-vous galant, Sirius s'en moquait. Il ne voulait même pas savoir ce qu'il faisait. S'il était dans le parc ou dans le château, peu importe. Il n'était même pas curieux de savoir où il était et avec qui. Pas du tout curieux…
Sirius en marchant était arrivé dehors. Il faisait presque beau. La neige avait cessé de tomber et les nuages s'étaient écartés pour laisser place à un ciel bleu clair. Il croisa des élèves en train de faire un énième bonhomme de neige.
Sirius les dépassa. Marcher calmait un peu sa colère. James avait raison. Sortir lui faisait du bien. James avait toujours raison. Non, James avait souvent raison. Dans la neige, des traces de pas s'éloignaient. Sans même y prendre garde, par jeu, Sirius les suivit. Le parc de Poudlard était beau sous la neige. Et elle étouffait les bruits. C'était calme. Sirius s'arrêta un instant pour inspirer. Il était bien et arrivait à se détendre petit à petit.
Il reprit sa marche, plus lentement. Il sourit de se sentir porter par un élan mystérieux. Ses pas le guidaient et il ne savait pas où mais ça l'amusait. Peut-être le conduisaient-ils vers un paradis inconnu… Jusqu'à ce qu'il arrive à la hauteur d'une des tours du château. Il commença à la contourner quand il stoppa net, son cœur s'accélérant. Devant lui, deux élèves étaient arrêtés et discutaient.
Sirius n'y aurait guère prêté attention si l'un des deux n'avait été Remus. Il recula pour se mettre dos à la tour, hors de leur vue. Et là, il fit une grimace en fronçant les sourcils. Il avait comme l'horrible intuition d'avoir suivi Remus, ou plutôt d'avoir suivi sa trace. Comme un chien, ironisa-t-il tout seul. James, je te déteste… Est-ce que c'est lui qui t'a attiré là ? Non, non idiot, c'est une coïncidence…
Sirius pencha la tête pour essayer de voir les deux élèves. Ils n'étaient pas très loin, et Remus lui tournait le dos. Ce qui permit à Sirius de voir que l'autre était une élève, qu'il reconnut de Serdaigle à l'écharpe qu'elle portait. Il détourna la tête.
Sirius sentait quelque chose lui barrer la poitrine. Pourtant, il n'avait aucune raison d'être si bouleversé… Aucune raison…
A ce moment, le rire des deux élèves lui parvint. Le rire de Remus. Et la barre sur sa poitrine s'intensifia, lui arrachant des picotements au niveau des yeux. Le rire de Remus. Le rire de Remus sans eux… Un nouvel éclat de rire lui arriva. La douleur de Sirius était manifeste.
Qu'est-ce que cette fille pouvait bien lui dire ? Comment Remus pouvait rire sans eux… Les maraudeurs étaient comme une famille. Remus n'avait pas le droit de les quitter. Il n'avait pas le droit de rire sans eux, sans lui…
Sirius avait mal. Le rire de Remus lui faisait mal. Il se détacha du mur et rebroussa chemin. Pourquoi était-il si mal. Etait-il jaloux ? Comme quand James avait pris Remus dans ses bras ? Le souvenir lui arracha une grimace. Sirius se défendit de sa jalousie. Mais sinon, pourquoi était-il si mal ? Parce que Remus était avec quelqu'un d'autre ?… Et parce qu'il riait ?
Sirius était arrivé au château. Il franchit les couloirs et les escaliers sans les voir. Il ne comprenait pas, ne voulait pas comprendre. Ca ne pouvait pas être ça…
Lorsqu'il traversa la salle commune des Gryffondors, il passa à côté de James et de Peter sans leur accorder un regard. Il monta directement dans la chambre des maraudeurs.
Et voilà... Ce chapitre est assez court, mais assez dense.
J'espère que ça vous plait toujours.
