Et voilà, c'est la fin !


- Allez, viens, Sirius.

- Non, James. Je ne peux pas. Pas encore…

- De quoi as-tu peur, encore ?

Sirius sentit un soupçon d'agacement dans la voix de James.

- Pfff, ce n'est pas que j'ai peur. C'est pas ça…

- C'est quoi alors ?

- Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ?

- La vérité…Je veux d'abord que tu t'excuses, parce que ça aurait pu très mal tourner pour lui. Tu le sais, non ?

- Pas la peine de remuer le couteau… grogna Sirius.

- Et après, je veux que tu lui dises pourquoi tu as fait ça …continua James.

Sirius secoua la tête.

- Non… non, ça ne je ne peux pas lui dire…

- Et bien si, tu vas lui dire.

- Non, James. Le ton de Sirius était suppliant. Non, je ne peux pas faire ça…

- Tu as honte d'avoir été jaloux de Severus, peut-être ? ricana James.

Sirius fit une grimace.

- James, ce n'est pas ça… Ecoute, une fois par mois, il m'arrive quelque chose de super. Quelque chose que même en rêve je n'aurais jamais imaginé. Essaye de te mettre à ma place. Si c'était Lily que tu tenais dans tes bras comme ça, une fois par mois, et si tu savais que tu n'as aucune chance que ce soit plus souvent. Est-ce que tu ne ferais pas tout pour garder ce petit moment ?

- Il ne s'agit pas de Lily. James esquiva la question. Il s'agit de toi et de Remus…Ce n'est pas pareil.

- Si, c'est pareil. Sirius prit son air de chien battu auquel James n'arrivait pas être indifférent, et poursuivit : laisse-moi garder mes illusions. S'il te plait…

James secoua à son tout la tête, exaspéré. Il savait que Sirius avait encore gagné. Pourquoi n'arrivait-il pas à lui imposer les choses ? Il soupira.

- Franchement, je ne te comprends pas. Si tu ne veux pas, tu ne lui dis pas, mais au moins, au moins, va t'excuser…

- Ok, je le ferai, dès qu'il sera rentré.

James poussa à nouveau un énorme soupir et haussa les épaules.

Sirius ne se sentait pas super à l'aise. C'est le moins qu'on puisse dire. Il avait fait une grosse bêtise en disant à Snape d'aller dans la cabane hurlante alors que Remus y était déjà. Et ça aurait pu mal se terminer, pour lui mais aussi et surtout pour Remus. Son Remus. Mais c'était aussi la faute à cet espèce de … Non, d'accord, c'était surtout de sa faute.

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James, Peter et Sirius allèrent dîner assez tard. Quelques élèves étaient déjà sortis de table.
Sirius commença à manger, à moitié soulagé de n'avoir pas encore croisé Remus. A moitié seulement, parce qu'il savait pertinemment qu'il devrait un jour ou l'autre l'affronter. Même si le terme 'affronter' était un peu fort.

Après tout, il n'avait qu'à s'excuser de ce qu'il avait fait avec Snape. Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Ce n'est pas parce que James le voulait qu'il était obligé de le faire. Il n'avait qu'à se trouver une excuse. N'importe laquelle. Que Servilus l'avait provoqué, par exemple. Ou …

C'est à ce moment que Remus entra dans la pièce. Sirius faillit s'étouffer en le voyant. Il avait pourtant pensé passer la soirée tranquillement.

Remus les salua et s'assit avec eux. Il semblait calme et serein. Tout le contraire de Sirius qui, après lui avoir jeté un coup d'œil se concentra sur son assiette.

En voyant ça, James eut un sourire ironique qu'il se dépêcha de cacher et lui, Peter et Remus commencèrent à discuter.
Une discussion légère, mais bien souvent entrecoupée de silences. Remus en profitait alors pour jeter un regard vers Sirius, toujours préoccupé par son assiette. A plusieurs reprises, Remus ouvrit la bouche pour poser une question, mais aussitôt il la refermait tout en se tournant vers James, qui haussait les épaules, impuissant.

Remus avait choisi de revenir parmi ses amis le soir, au dîner. Pour des tas de raisons qui lui paraissaient toutes valables.

La première, c'est qu'à table, il pourrait plus facilement affronter Sirius, même si le terme apparaissait fort. Et à table, sans doute personne n'aborderait ce qui s'était passé. Les maraudeur attendraient d'être dans leur chambre, et ça laissait ainsi un moment de répit à Remus. Ensuite, ça lui donnait un peu de temps pour pouvoir observer Sirius. Essayer de savoir si James disait vrai. Mais là, il dû s'avouer qu'il avait eu tort de penser ça, l'attitude de Sirius, concentré sur la table, ne lui facilitait guère la tâche alors qu'un regard, un tout petit regard aurait certainement suffit à Remus pour en savoir davantage.

Bref, Remus commençait à regretter d'avoir choisi ce moment. Sans doute aurait-il mieux valu qu'il attende la soirée pour les rejoindre, comme l'avait suggéré Mme Pomfresh.

Le bruit des autres élèves autour d'eux lui parut devenir monstrueux. Remus était de moins en moins à l'aise.

Enfin, James se leva, aussitôt suivi de Sirius, qui avait fini depuis un bon moment mais qui restait à jouer avec une tranche de pain. Peter et Remus les suivirent.

Les maraudeurs se retrouvèrent non pas dans la salle commune, mais directement dans leur chambre. James laissa éclater alors sa joie de retrouver Remus, et un instant, la tension qui avait pu être présente à table disparut. Peter parlait en même temps que James, tous les deux l'assaillant de 'Comment ça va', 'On a eu peur' et autres 'tu aurais pu le mordre'…

Seul Sirius ne disait rien, baissant la tête de façon coupable.

Jusqu'à ce que James dise :

- Sirius, tu n'as rien à dire ?

Sa voix n'était ni dure ni sévère. Cependant, elle amena avec elle un silence gêné.

Sirius leva la tête vers James, les yeux troublés. Puis, dans un effort qui lui parut surhumain, il se tourna brièvement vers Remus :

- Je suis désolé. Je n'aurais pas dû…

Sa voix avait un accent sincère qui troubla les trois autres. Il s'ensuivit un nouveau silence. James et Peter s'étaient tournés vers Remus, semblant attendre sa réaction.

Remus prit une inspiration. Il fallait maintenant qu'il fasse, qu'il dise quelque chose. Et il se sentait démuni. Il avait passé son séjour à l'infirmerie, après la visite de James, à y penser. Sirius avait fait quelque chose d'impardonnable. Certainement. Il n'avait pas mesuré les conséquences au ça aurait pu avoir, mais c'était souvent le cas pour Sirius. Il agissait et réfléchissait après. Ca faisait aussi partie de son charme. Au moins pour Remus qui lui, pensait souvent trop avant d'agir. Comme maintenant.

- Mais ce n'était que Snivellus…

Sirius avait prononcé la phrase avec un ton boudeur d'enfant qui veut justifier une bêtise. Comme un nouveau silence menaçait de s'installer, James intervint, non sans une certaine perfidie :

- Mais c'est quand même pas une raison pour vouloir le tuer… A moins que tu n'aies une raison que tu ne nous a pas dit ?

Sirius le regarda, à la fois surpris et mécontent. Remus sentit un malaise l'envahir. Et brusquement, Sirius éclata :

- Ce n'était que Snivellus, merde ! Et oui, tu sais bien pourquoi James, alors ne joue pas l'innocent, tu me fatigues…

Et avant qu'aucun d'entre eux ne réagisse, Sirius était sorti de la chambre en claquant la porte.

La surprise passée, James se précipita pour le rattraper mais Remus le retint :

- J'y vais.

Sirius n'avait que peu d'avance et il fut facile à Remus de le rattraper dans le grand escalier. Il posa sa main sur l'épaule de Sirius qui se retourna. A la vue de Remus, il serra les dents et voulut continuer son chemin. Mais Remus avait assez de poigne pour l'obliger à s'arrêter.

- J'ai dit que j'étais désolé, dit Sirius, non sans une certaine mauvaise humeur.

Remus le regardait. Son regard d'ambre était profond. Sirius était intimidé. C'était comme si Remus lisait à travers lui. Brusquement, Sirius se sentit fragile, un peu comme Remus à la fin de la transformation. Il eut soudain très envie que…

Mais il n'eut pas le temps de formuler sa pensée, Remus s'était approché de lui et avait posé ses lèvres sur les siennes, légères comme un papillon. Remus s'éloigna presque aussitôt, juste pour le regarder à nouveau de ce regard d'ambre si pur, si chaud, et recommença, cette fois, dans un vrai baiser auquel Sirius répondit passionnément, en passant ses bras autour de Remus, comme il le faisait certaines nuits de pleine lune...


Aîe, arrêtez ! ne me frappez pas!

Non, je n'irai pas plus loin. Parce que je n'ai pas envie de mettre un dialogue du genre "Je t'aime"/ "Moi aussi je t'aime". Parce que je n'ai pas envie de les regarder faire...

Un peu de pudeur, quand même !

Et puis, je ne suis pas sûre qu'ils aient arrêté de s'embrasser... Et puis, j'aime les happy ends toutes bêtes...

Quoiqu'il en soit, je vous remercie vraiment du fond du coeur pour vos reviews. Sans ça, je ne suis pas sûre que je serais allée au bout... En tout cas, ça m'aide à ne pas bâcler trop les choses. Parce que mine de rien, ça met la pression...

Bref, je vous aime et je vous embrasse... A la prochaine !