Présentation : Histoire Post Naruto
Genre : général.
Bêta lectrice: Yohko the demo.
Rating : T
Source : Naruto
Disclaimer: Pas à moi. Dommage, quoique Itachi… il ne faut mieux pas qu'il soit à moi, depuis un certain chapitre 392, ou 393. Sasuke va bien, ne vous inquiéter pas. Tant quand que j'y pense, il n'y a pas que Itachi.
Couples : couples divers et variés. Devinez, c'est très amusant, vous verrez. Par contre, il n'y as pas, et n'aura jamais, de yuri, désolé pour les fan.
Attention : Du sang, de la violence, des sous entendus plus ou moins douteux, des psychopathes (sérieusement, il n'y en a pas quant que ça…quoique), des personnages inventés, qui veut les prendre ? Des envies de meurtres/revanches, langage trivial, allusions polysémiques, complots, ninjas, guerre, des folies, etc. Humour, jeux de mot. Clin d'œil à une série adorée par une de mes lectrices.
Note, je suis désolée, pour le remplacement des lignes, par des « O », mais au vue de certains problèmes techniques, je ne peux faire autrement. Veillez par contre m'excusez du peu d'esthétique, de la démarche.
Bon alors, merci encore pour tout ceux qui ont postés des commentaires, c'est-à-dire Maeve Fantaisie, et 666 Naku (original le pseudo au fait, Naku, comme Nakatu de X/1999 ?)
Vos commentaires, et remarques sont les bienvenus, si vous voulez éclaircir un point dites le moi, je sus votre humble et dévouée serviteur.
Bonne lecture. Comment ça, je me répète ?
Tu rêvais encore.
La lumière était pourtant là, le monde n'attendait que toi, alors, pourquoi dormais tu encore ? Non, le monde ne t'attendait pas, en fait, il serait mieux de dire le contraire. Après tout, tu n'aurais pas dû être encore là.
Tu bougeas, un peu, fronçant tes sourcils jaunes paille ; la lumière s'était faite plus vive, plus forte, comme si elle t'appelait, la surface sous tes doigts était douce, comme la masse répandue sur toi, douce et chaude.
Finalement, ton rêve s'enfuit, te laissant seul dans le noir. Tu ouvris enfin les yeux, et la personne qui était devant toi sembla surprise, presque apeurée. Des yeux noirs te fixant, et mêlé à la peur, tu reconnu le dégoût.
Sans savoir pourquoi, ton corps te fit mal, très mal, là où ton cœur battait, et tu préféras te rendormir. Ton rêve ne réapparut pas, et une voix dans ta tête, te souffla perfidement qu'il ne reviendrait jamais.
Il se faufila parmi la foule, sa petite taille le rendant invisible aux yeux des personnes pressées ou soucieuses. Le soleil lui faisait un peu mal aux yeux, et le petit brun sentait maintes et maintes odeurs l'environnant, l'odeur des poissons frais étalés, des parfums suaves, de la sueur, des confiseries, de la chaleur, de la poussière, et du rire.
En plus, une autre, bizarre, qui n'arrêtait pas de le suivre, exactement celle de la boisson de son tuteur. Celle qui n'était pas de l'eau, et qui, d'après la goutte qu'il avait prise quand l'écrivain avait le dos tourné, était infecte. C'était trop fort, amer, pas bon, pas bon du tout.
Pourtant le vieux ninja devait aimer cela, puisqu'il n'arrêtait pas d'en boire, et après ses joues et son nez rougissaient, et il faisait de drôles de bruits. C'était rigolo.
Mugen fut poussé, et faillit tomber ; il allait bafouiller des excuses, quand il entendit des injures le dénigrant. Elles venaient de l'homme qui l'avait poussé, un petit homme brun, agressif, avec un léger embonpoint. Plusieurs personnes se retournèrent, pour le dévisager d'une étrange façon qu'il n'aima pas du tout.
L'homme s'avança, et lui courut à travers la foule inerte, regardant de droite à gauche, pour trouver enfin un repère qui le ramènerait à la maison. Il avait juste voulu retrouver son grand frère, pour lui dire bonjour, il ne voulait rien de plus.
Alors, pourquoi le regardait t on avec ce mélange de colère de curiosité, et de haine ? Pourquoi son cœur battait il à la chamade, tandis qu'il courait à travers les rues de moins en moins encombrée, de moins en moins familières?
L'odeur étrange se rapprochait de plus en plus, comme une menace qu'il ne pouvait pas voir, le vent semblait le pousser à aller plus loin, plus vite, à fuir, et à ne pas regarder derrière lui.
Il entendit soudain le grondement sinistre de trois voix, lui ordonnant de s'arrêter ; il accéléra, l'adrénaline ne faisant qu'un tour dans son corps.
Les couleurs se mélangeaient devant lui, se fondant pour former comme un arc en ciel disharmonieux, une fugace sensation de vertige l'envahit ; il sentait que ça allait bientôt arriver. La crise.
Lorsque la sensation partit, l'arc en ciel avait été remplace par le brun pourpre du mur délabré d'un cul de sac, et la lame grise d'un couteau pointé sur lui.
Trois homme s'avançaient ver lui, deux pointaient une lame ; ils avaient, comme Jiraiya hier soir, le nez, et les joues rouge, sauf, qu'il n'y avait plus rien de marrant. La suite allait être pire.
L'enfant recula d'un pas, puis de deux, son cœur battant fort, très fort dans sa poitrine. Son souffle se fit plus profond, un peu plus, pour qu'elle ne vienne pas, que sa Douleur reste un moment tranquille, le temps que les messieurs partent, et que son tuteur arrive enfin.
L'un des homme, celui de droite, émit un rictus. Il avait de grosses mains brunes disproportionnées, cachées à moitié par une grande veste beige fermée lui arrivant jusqu'aux genoux, contrastant avec son pantalon noir, et son étui à la jambe gauche.
Il ressemblait assez à celui de droite, au niveau de la mâchoire ronde, de la grande taille, et de la formes des yeux pales ; pour le reste, il était son contraire : de petites mains, un vêtement uniforme noir, et des cheveux hirsutes.
Celui du centre était gros, petit, brun ; une veste verte aux poches entrouvertes, et un pantalon bleu pale. Il lui adressa un sourire satisfait, le genre de sourire que Mugen n'aimait pas.
Il regretta que son tuteur, celui qui faisait peur, ne soit pas là, qu'il n'ait pas écouté ses conseils ; cependant, il discutait si joyeusement avec madame Tsunade, quand lui regardait dehors. C'était vraiment un beau village, Konoha, et il aurait voulu que son frère soit là. Alors, en silence, il avait ouvert la porte, et était partit.
L'homme de droite lui lança son kunai, qui décrivit une ligne droite, blessant l'enfant à l'épaule. La douleur l'envahit, il mit sa main sur la plaie, mais cela n'empêcha pas le sang de couler, teintant le vêtement et la main de rouge.
Le plus petit se plaignit que le brun avait loupé sa cible, lequel répondit qu'il valait mieux faire durer le plaisir.
Là où le sang saignait cela picotait, picotait, et le garçon sentait les couleurs se mélanger aux odeurs, le monde devenir sombre, flou, comme distillé dans de l'eau grisâtre, sale.
« Pourquoi… ? »
Un simple question, posée d'une voix apeurée, et triste, le picotement s'amplifia, le flou aussi, la lumière faisait mal, alors il préféra fermer ses yeux secs. Il en avait assez de pleurer.
Les trois hommes se gaussèrent, l'insultèrent, un alla même lui mettre un coup de pied dans le ventre le faisant se plier en deux. Il voyait la lame, son propre reflet dans le gris clair.
Il ferma ses yeux gris et froids, et entendit un cri venant des hommes. Des pierres et des shuriken arrivaient des toits, les visant ; ils ne pouvaient plus bouger. Un des hommes hurla à leur « ennemi » de se montrer. Les coups cessèrent, et du toit rosé, apparut une tête blonde, hilare, les yeux malicieux, leurs faisant un signe obscène.
C'était Akira. Akira, qui se dandinait, se moquant des ninjas, qui allait jusqu'à montrer ses fesses roses. Mugen rit, et le monde redevient normal, net, précis, plus beau, et surtout moins sombre.
«Dégage au lieu de glousser, idiot ! »
Lui dit Kojikako, derrière les ennemis, ses doigts formant un signe, et son ombre touchant les hommes immobilisés.
Il partit, lâchant sa blessure, repartit courir dans les rues. Akira le rejoignit en quittant les toits, les yeux encore rieurs, et ils furent bientôt rejoints par Kojikako.
Les deux hommes étaient à terre, terrassés par l'alcool, et le gros homme s'était évanoui à cause des mouvements de la fillette, qui avait bougé dans tous les sens. Il avait été forcé de l'imiter, et sa tête avait rencontré le mur. C'était ça, la technique de manipulation des ombres.
Plus tard, il se réveillerait, avec ses deux comparses, et les trois auraient un compte à rendre à ces deux petits fouineurs et insolents petits traîtres, et ce foutu fils de traître.
A l'ombre de l'arbre du jardin familial, la jeune Nara s'étendit en baillant, tandis que Mugen reprenait des forces en mangeant des gâteaux. Sa plaie avait été pansée, et il se sentait mieux. Akira quant à lui mâchouillait avec délice ses brochettes de bœuf.
Il avala promptement, et enfin, posa les yeux sur le garçon aux yeux de serpent. Celui-ci lui rendit son regard, avant que les deux tournent la tête, la mine boudeuse. La fillette poussa un soupir, avant de déclarer :
« Les mecs quand même… »
Personne n'était à la maison, lorsqu'ils s'y étaient réfugiés.
Etant fille de Nara, Kojikako avait l'habitude de soigner les faons blessés, voire carrément des cerfs adultes ensanglantés, principalement à la saison des amours, où les males se battaient ; ou alors, lorsque des chiens Inuzuka avaient envie de se faire les dents, déclenchant ainsi moult disputes éphémères entre les éleveurs de chien et de cervidés.
« Dis, pourquoi ils te poursuivaient ces tarés, au fait ? »
Demanda Akira, l'air songeur.
« J... je ne sais pas. »
La brune regarda le fils de traître, avec une certaine surprise mêlée de soupçon. Soit le gamin leur mentait, soit il ne savait rien. Si la deuxième solution était exacte, il était un peu dans la m… pensa t elle.
« C'est quand même bizarre, au fait, qu'est ce qu'on fait maintenant ?»
Demanda Akira, en s'allongeant.
« C'est mauvais pour la digestion Akira, commença Kojikako en soufflant; ensuite, là, normalement, on devrait avoir une heure de permanence, donc, on pourra revenir discretos à l'école. Cependant, on devrait ramener Mugen chez son tuteur, ma mère ferait une crise si elle le voyait en rentrant. Je ne te parle même pas de mon père, et de ses potes. »
« J'ai pas envie de rentrer à l'académie, en plus, on a un contrôle aujourd'hui. Au fait, Mugen, où t'habite ? »
« Hum… je sais pas. La maison est très grande, rajouta t il en voyant les mines ahuries de ses camarades, il y a plusieurs magasins, et puis… il y a deux lampions rouges, où est dessiné le symbole de Konoha, et la porte est marquée d'une ligne bleu nuit. »
Fit Mugen, en se rappelant la réponse de Jiraiya, lorsqu'il les avait sortis. Il lui avait expliqué que c'était pour dire aux gens que la maison était habitée, et qu'ils n'avaient pas intérêt à fouiner ici.
« Attends, Mugen, tu habite la maison du Siffleur Maudit ?! »
« Euh… »
La maison du Siffleur Maudit. Voila comment maintenant, s'appelait la maison du traître Orochimaru. Après la désertion de celui-ci, et la proclamation officielle de sa désertion, celle-ci fut fouillée, mise à sac. Jiraiya était parti depuis longtemps, et n'avait rien pu faire.
Il n'était pas revenu la voir avant que Mugen vienne, et donc qu'il ne puisse plus faire les allers et retours entre la tour du Hokage et l'hôtel où il logeait. Donc la maison avait été abandonnée aux mains de quelques jeunes voyous téméraires qui se lançaient des défis du style : allons peindre en pleine nuit la porte en bleu nuit, la couleur de la traîtrise.
Pour s'amuser, mais surtout se faire peur. Car des bruits couraient, selon lesquels les malheureuses victimes du «démon serpent » revenaient hanter la maison, réclamant vengeance, et justice, suppliant qu'on leur redonna, ce qu'on leur avait voler.
Lorsque feu le troisième Hokage avait entendu cette rumeur de la bouche de l'un de ses conseillers, il était parti d'un grand éclat de rire, amer. Le vieil homme n'était pas rentré chez lui ce soir là, préférant finir ses papiers. Au grand dam de sa femme, et de ses fils. Surtout du plus jeune, qui, plus tard, lui reprochera ses excès de zèle, agrandissant ainsi, le fossé qui les séparerait.
Si la porte n'arborait qu'une ligne d'ailleurs, c'était parce que Anko, ayant entendu des gamins en parler, s'était enfermée dedans, et avais attendu que les enfants viennent. La première ligne cobalt tracé, elle était sortie brusquement pour effrayer les gamins, qui étaient partis en hurlant.
Les parents se plaignirent, et le récent Hokage de l'époque, Namikaze Minato, dut sévir, en grondant en public la petite fille de onze ans et demi. Cependant, en privé, il lui dit d'arrêter de penser à son maître disparu ; il ne reviendrait pas. Anko lui avait alors dit que Jiraiya allait le ramener, qu'il l'avait promis, et que tenir ses promesses faisait partie de son nindo !
Le vieil homme avait entendu, et les deux shinobi avaient soupiré. Selon eux, il valait mieux que la fillette pense ça plutôt que d'être dans l'état amorphe suivant l'apposition du sceau.
Depuis, Le quatrième Hokage, et après sa mort le troisième, durent enjoindre les habitants à ne plus parler du maître des serpents. Ce qu'ils firent facilement, puisqu'il y avait le fameux démon renard à portée de main, ou de poings et de lame.
Voici comment on finit par ne plus parler des ninjas légendaires, mis à part dans les livres.
Toutefois, la maison redevint une « attraction » pour les petits après l'attaque du maître des serpents. Elle devint l'ancien antre d'un croque mitaine réel, lieu de peur et d'angoisse. A la nuit tombée, lieu de tous les défis dont le plus dur était de passer la nuit entière dans la maison.
Kojikako rompit le silence en disant que sa mère allait peut être bientôt venir, et qu'il valait mieux que les garçons se bougent un peu les fesses.
Ils se levèrent, et Akira dit qu'il accompagnerait Mugen pendant que la Nara rentrerait à l'école. Celle ci déclara sur un ton ironique que si c'était le cas, les trois tarés ne feraient qu'une bouchée d'eux, alors elle préféra les accompagner.
« N'oubliez pas que c'est grâce à ma manipulation des ombres que vous êtes encore en vie les gars. »
« Je suis désolé. »
Silence, les deux regardèrent le garçon, qui sentait le rouge lui venir aux joues. Sans trop savoir pourquoi, en faite.
« C'est à cause de moi que vous avez failli avoir mal… »
Akira s'avança, la mine boudeuse, et fit une pichenette au garçon.
« Sois pas désolé, ces mecs tu les as pas cherchés, en plus, je connais les deux cousins, ce sont de vrais faux culs, complètement dingues. Je ne te parle même pas du marchand. Un vrai monstre. »
La fillette acquiesça, et dit :
« Bon, les deux veinards, votre garde du corps vous accompagne, pour ne pas que vous finissiez en dango. »
« C'est quoi, un garde du corps ? C'est quoi les dango ? »
« Mais tu sais vraiment rien toi ?! »
Demanda d'un coup Akira, scandalisé qu'on ne puisse connaître les dango.
« Et encore, Akira, tu n'as rien vu. »
Fit Kojikako, fataliste, et philosophe.
Tu commençais juste à te rendormir, lorsqu'une vague odeur s'insinua, une odeur fraîche et douce, celle de la pluie ; ses tapotements contre la fenêtre, comme un bourdonnement. Un bourdonnement trop fort, désagréable, rappelant un cauchemar flou semblable à un souvenir lointain, une peur et une douleur anciennes ; ou alors, un souvenir lointain aux allures de cauchemar.
La porte s'ouvrit, émettant un léger grincement.
Une main se posa sur ton front tiède, et tu ouvris tes yeux bruns, fatigués de ne pouvoir se fermer définitivement. Des cheveux roux, comme le sang, des yeux bleus, tout bleus, comme l'océan en hiver, quand l'eau se teinte de vert, et se trouble.
Une voix murmura des paroles à ton oreille, absurdes, et absconses. La main traça un signe sur ton front, cela brûla, brûla, et la pluie augmenta, tes yeux se refermèrent ; et tu souhaitas comprendre où menait tout cela. Juste comprendre.
La Brûlure s'arrêta et la main quitta ton front pour dessiner un signe sur ton épaule droite, et l'air se fit plus froid. Une pause, et un picotement se fit sentir sur ton genoux droit, un instant, et il sembla que son jumeau de gauche s'alourdissait, comme si la terre l'appelait, et enfin, tout s'arrêta.
Tu rouvris les yeux, et tu vis un sourire, la voix te dit de t'attendre au pire, et tu la sentis. L'eau. Sur ton épaule gauche, près de ton cœur qui battit plus vite, comme ce jour sur lequel tu n'aurais plus du revenir.
Tu plongeas, comme ce jour, dans l'eau, le sang et la boue ; la pluie s'abattait, et une main voulut t'atteindre, te remettre debout, te sauver chaton, une main blanche, plus encline à tuer qu'à sauver.
Tu hurlas, ta douleur devint peur, ta peur devint phobie. Cauchemar de noyade. Tu auras peur de l'eau, désormais.
Doucement, tu replongeas dans ton sommeil sans rêve.
D'habitude, Mugen était soit avec lui, soit dans la chambre où ils dormaient ensemble ; et encore, il n'y demeurait jamais longtemps.
Il avait toujours une question à poser, une envie de manger ou de connaissance à assouvir, avec son air calme, presque timide ; un peu comme son père quand il était petit.
Non, réflexion faite, ils ne se ressemblaient pas du tout, Mugen n'avait absolument aucun charisme. Seulement un peu plus fragile, plus vulnérable.
Il l'avait appelé au bout d'un moment, comme ça. Tsunade était en train de boire du saké, et les rayons du soleil filtraient à travers les fentes du volet de la fenêtre. Voyant qu'il ne venait pas, le sanin avait répété son ordre, plus fort, avec une légère intonation colérique, qui faisait sursauter le gamin quand il l'entendait.
Toujours rien. Tsunade l'avait fixé avec une lueur interrogative dans ses yeux noisette, et lui était parti voir où s'était fourré le gosse. D'abord, il avait cherché dans le salon, où l'encre noire avait séché ; c'était en grognant qu'il avait ensuite parcouru les pièces où pouvait être le gamin.
Pas dans la salle de bain, pas dans les toilettes, pas dans les pièces vides (celles qui servaient de chambre autrefois, et dont il ne restait plus que des futon rugueux et poussiéreux), pas dans la salle des armes où autrefois Orochimaru et lui rangeaient leurs armes blanches, et enfin pas dans la chambre, où ils avaient pris l'habitude de dormir.
Avant c'était la chambre d'Orochimaru, et un peu la sienne aussi, certaines nuits. Loin de céder à une mélancolie déplacée, Jiraiya s'était dirigé vers la porte. Elle était entrouverte, et les dieux savaient qu'il avait vérifié. Dans son dos, Tsunade avait formulé à voix haute ce qu'il avait conclu à voix basse.
Le gamin de leur ancien ami/équipier/ennemi, s'était fait la malle, sans prendre de valise.
Après un bref regard Tsunade avait invoqué une limace, tandis que lui sortit, marmonnant que s'il trouvait le gamin, celui-ci allait morfler. En sachant que s'ils ne le trouvaient pas, il risquait de se faire tuer. Et ça, le vieux ne l'accepterait jamais. Quoiqu'il arrive.
Car il croyait que c'était la seule chose positive qui restait de ce vieux connard de merde qu'il avait appelé ami. Premier, et seul ami.
Ils s'étaient séparés.
D'abord, il avait cherché dans les rues qu'ils avaient visitées, puis près des magasin de nourriture : connaissant l'estomac du gamin, il ne devrait plus tarder à se manifester.
Il n'empêche, contrairement à son père qui mangeait autant qu'un oiseau et était très difficile, son filleul avait une légère tendance à bouffer tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de la nourriture, y compris de la mousse à raser en tube, ou alors du saké.
Il entendit un bruit de chute, se retourna… Et vit son filleul, en train de se dépêtrer de la toile où il était tombé. Celle ci ayant amorti la chute, il n'avait pas du avoir trop mal.
Le commerçant, encore sous le choc, regardait d'un air ahuri le petit garçon entouré de la toile, parmi les bananes, les pommes et les pêches. Les rares passants regardaient la scène avec incrédulité, puis s'écartèrent lorsque le sanin passa, paya le passant, puis emmena le gamin pour le réprimander sévèrement.
Du toit couleur rouille où ils se trouvaient, Kojikako et Akira regardaient la scène. Ils échangèrent un autre regard, puis la Nara dit que finalement, elle comprenait pourquoi Mugen avait dit que son tuteur faisait peur. Akira, les yeux encore surpris, hocha la tête.
C'était drôle de voir un des ninjas qu'il admirait le plus gronder un de ses trop rares amis.
Ses yeux papillonnèrent et sa main bougea, faisant sonner la clochette accrochée à son poignet par un fil rouge. Il leva son bras lentement, appréciant le bruit doux, et examina le grelot, jaune comme ses cheveux couleur paille.
Le fil était abîmé à certains endroits, brûlé à d'autres ; quelqu'un lui avait accroché ce grelot et l'avait porté. Cependant, il ne s'expliquait pas pourquoi.
La lumière filtrait derrière lui, à travers les fentes du volet, et une odeur fraîche émanait de derrière, une odeur de forêt, de pluie et de terre.
La petite pièce était blanche et grise ; aucune décoration lui permettant de dire où il était et aucun souvenir pour se rappeler ce que cela pouvait signifier. Juste ce grelot qui scintillait grâce aux rayons du soleil, qui lui faisait mal aux yeux d'ailleurs.
Pourtant, aucune larme ne perla. Il était shinobi, et ça, il s'en souvenait à peu près, comme ce sourire au fond de sa mémoire, et d'autres images aussi floues. Il souffla et le silence lui répondit ; il n'aimait pas trop cela.
La porte s'ouvrit, laissant place à une femme brune aux yeux noirs portant un plateau qui contenait une assiette remplie, un verre et une boulette de riz enrobée d'algues.
Des odeurs s'en échappaient, suaves et subtiles, l'enivrant. Il regarda avec avidité le plateau ; peut être était ce pour cela que la femme recula, un peu effrayée ; puis, avec un sourire forcé, elle lui demanda s'il allait bien, s'il avait bien dormi.
L'héritier des Senju répondit que oui, mais qu'il avait très faim, il n'avait jamais eu aussi faim, même lorsqu'il s'était abstenu de manger une journée entière sur un défi idiot lancé par l'un de ses équipiers. En fait, il aurait fallu qu'il tienne une semaine, mais sa sœur l'avait grondé et forcé à manger. C'était vrai qu'il devait sortir du village le lendemain, à cause d'une mission.
N'empêche, pendant un mois, Tsunade lui avait interdit de faire des défis, et d'autres paris en tous genres, elle lui avait même refusé l'accès au casino de… il s'appelait comment leur village, déjà ? Et ses équipiers, comment ils s'appelaient ?
Trois mots : mal de crâne.
Il passa la main dans ses cheveux, puis contempla la femme : elle portait une tunique grise fermée par des bouton au col, une ceinture noire ceignait sa taille, renforçant le gris du haut, et elle portait un pantalon vert, contrastant avec ses bottines marrons.
Elle avait l'air triste qui sied au femmes timides, calmes et belles.
Si elle avait ces deux premières qualités, le jeune adolescent avait du mal à la qualifier de belle, tout au plus de jolie. Ses cheveux courts, coupés au carré, s'étalaient en ordre sur son visage, soulignant ses trais fort, la faisant presque plus ressembler à un jeune garçon qu'à une jeune femme.
« Comment vous appelez vous ? »
« Oh… je m'appelle Haru, jeune maître. »
« Tiens, tu m'appelles « jeune maître » maintenant ? Mais, je connaissait déjà ton nom, Haru, alors, inutile de me le redire. »
Fit une voix derrière eux, une voix neutre, mêlée de moquerie, et d'un autre sentiment plus ambiguë, un mélange de douceur et de cruauté.
La personne s'avança, passa ses maigres bras autours de la jeune Haru, tétanisée. Des cheveux roux encadraient un visage pâle, de grands yeux bleus cernés de noir. Une petite bouche dessinant un sourire moqueur, et une longue tunique noire entrouverte lui collant la peau, contrastant avec un pantalon blanc
Haru se raidit tandis que la bouche s'approchait dans son oreille, pour lui dire : « Nous avons à peu près le même age, alors pas la peine de me donner du « jeune », d'accord ? »
Un bout de sa langue rose sortit, s'agitant très prés de l'oreille découverte. Nawaki, dans son lit, se sentit très gênée, comme lorsqu'il avait surpris, ses deux aînés, aux cheveux clairs et foncés, dans la penderie, en train de se caresser, les bouches collé l'une sur l'autre.
Le fait qu'il ne sache pas si l'autre aux cheveux roux était une femme ou un homme n'arrangeait rien.
Bon, pour ne pas aggraver son mal de tête, il se dit que ce ne pouvait être qu'un homme.
« J je ne parlais pas à vous, maître. »
« Il » sembla surpris et regarda le lit, où l'ancien genin le regardait avec des yeux grands ouverts. Comme « il » était un peu plus petit que Haru, « il » n'avais pas du voir que Nawaki était réveillé, le corps de Haru l'en empêchant.
Trois secondes passèrent, comme s'il se fut écoulé trois heures, trois jours, ou une éternité. Puis, « il » sauta de joie, dans le sens littéral du terme, s'écriant à se casser la voix : « je suis un génie, je suis un génie, je suis génial ! ».
Avec un sourire joyeux, rieur, gamin, exactement le même que celui du petit blond de Konoha, celui qui voulait devenir Hokage à tout prix. Celui qui avait le même nom, que l'autre aux cheveux roux. Celui que Nawaki allait haïr.
Soudain, « il » s'arrêta, puis tourna la tête, l'air songeur, fixant Haru qui, sûrement par habitude, avait posé le plateau dans un coin de la pièce pour le mettre en sûreté. Elle faisait bien, selon le jeune shinobi, qui ne se remettait pas de l'apparition de ce drôle de phénomène : on aurait dit le plus gamin des équipiers de sa sœur !
Ensuite, « il » sauta sur Haru, la prenant avec force dans les bras. Celle-ci fut si surprise que ses yeux s'exorbitèrent, son souffle s'accéléra ; ses joues rougissaient, rougissaient, comme si l'étrange être avait allumé un feu qui ne risquait plus de s'éteindre.
Elle devait soit avoir très peur de lui, soit en être amoureuse, voire peut être les deux. Ne diton pas que pour certains, l'amour s'associe à une étrange dépendance mêlée de peur, les obligeant à être attirés par ce qu'ils connaissent de plus terrifiant.
D'un coté le jeune shinobi avait tenu cette phrase pour idiote et sans aucun sens, pourtant, la gêne en lui ne diminuait pas, au contraire.
Inconscient de leur réaction respective, « le roux » ne cessait de lancer des sornettes du style :
« Merci, c'est grâce à toi, merci ! Le chef va être content, oui trop content, Sei va enfin me foutre la paix ! J'étais sûre qu'il fallait te laisser en vie. Bon, en fait, j'avais l'attention de m'amuser avec toi les soirs, où je m'ennuierais de trop, mais j'ai eu cette idée géniale, et quelle idée ! »
« Il » s'éloigna, brisant la magie à sens unique du contact charnel de son corps mince contre celui fragile de la femme, et s'écria, tel un artiste :
« Le petit s'infiltre, démarre les retrouvailles, du style feu de l'amour fraternel : « oh grande sœur », « oh petit frère ». Ensuite, bataille, carnage, le mélange de sentiments contraires, et après, lorsque la confiance sera à son paroxysme, à son comble. Hop ! Trahison ! On retrouve notre ignoble et charmant petit « instrument ». Mon plan est vraiment génial, n'est ce pas, ma chère petite Haru ? »
« Heu… »
« Oui, je sais, mon intellect n'égale que ma beauté. Je crois que tu es tellement impressionnée, que cela t'ôte même la parole, c'est vraiment trop d'enfer. »
Silence. Soit ce « type » faisait exprès, soit il était idiot, voire pire, complètement fou. En remarquant l'air un peu plus effrayé si c'était possible de Haru, Nawaki penchait pour la dernière option.
« Mais… vous ne pensez pas… que c'est… risqué ? »
L'énergumène roux regarda d'un air soudain songeur, interrogateur, la jeune femme, les joues toujours aussi rouges ; puis, il s'exclama avec amertume:
« Ha bah, pas plus qu'envoyer seulement un ninja massacrer à lui seul un village entier, femmes et enfants compris. »
Si jamais Nawaki avait pu les voir, il aurait vu leurs yeux se voiler un instant de tristesse, d'une grande tristesse. Cependant, il n'était pas si idiot que cela, et avait bien compris que cette phrase avait une signification particulière, personnelle, douloureuse.
Il n'était pas shinobi pour rien, et on lui avait enseigné les mille et une manières d'entendre les intonations d'une voix.
Bon, en fait, c'était plutôt le « glaçon » du groupe de sa sœur qui, contre son gré, le lui avait enseigné, mais le résultat était le même.
Il avait compris que cette phrase cachait quelque chose, et que sous cette tristesse se dissimulait une envie froide et obsessionnelle, la vengeance. Dont, d'après ce qu'avait dit l'autre abruti, il devrait jouer les agents doubles, contre son village, contre sa…
Ce type était taré, il lui avait carrément avoué son plan, point par point. Etait t il vraiment un guerrier de l'ombre, un ninja ?
Ledit guerrier de l'ombre se retourna brusquement puis, d'un bond, sauta sur le lit et s'avança jusqu'à ce que sa tête soit à la hauteur de celle de Nawaki ; celui-ci déglutit. Ce type lui faisait maintenant presque aussi peur que le brun, avec ses étranges yeux jaunes.
« Dis, tu sera capable de tuer par vengeance ? », lui demanda t il
« Hein… heu… je sais pas, on m'a appris à tuer, lorsque j' fais une mission… mais tuer par vengeance, je ne sais pas. Je crois pas non, désolé. »
Une dangereuse lueur agacée apparut dans les yeux bleus teintés de vert, comme l'eau de la mer en hiver lorsqu'elle se troublait.
Un souvenir fugace l'envahit, et deux sentiments luttaient en lui : la peur lui disant de ne pas bouger, et la colère l'obligeant à lui donner un bon coup de poing dans la face. Le shinobi roux le prit au cou, le serra, comme pour lui prouver que celui qui donnait les ordres n'était autre que lui même
« As tu déjà connu la guerre ? Je te parle de la boucherie, pas d'une petit guéguerre entre deux provinces un peu vindicatives, non, je te parles de la vraie, celle où, lorsqu'elle finie, tu ne sais plus comment t'en remettre ? Celle où lorsqu'elle est finie tu as toujours le goût du sang dans la bouche, et lorsque tu te réveilles, tu fait la liste de toutes les personnes que tu as perdues. Parfois, tu n'arrives même plus à la finir, tellement elle est longue. »
Silence.
« Dans ces moments là, tu te demandes, pourquoi ? Pourquoi toi, tu es encore là, alors que les autres non. Mais tu connais la réponse, tu sais pourquoi toi, tu es encore en vie. C'est parce que l'ennemi a eu pitié. Pitié de l'enfant que tu étais, pitié de l'enfant aux cheveux aussi rouges que le sang et aux yeux débordants de larmes. Alors, il t'a laissé, parmi les ruines et les cadavres, et ta vie n'a plus de sens, plus de goût, excepté celui de la vengeance. »
« Cet ennemi… il est du village que vous voulez que je trahisse, c'est ça ? »
« Tu es intelligent, plus que tes successeurs, c'est bon ça. Hé non, il est mort il y a de cela un an, tué par un piot de quinze piges à ce que Sei a bien voulu me dire. De toute façon, c'était un déserteur ; une fois je l'ai affronté et…. Je ne le ferais plus. Non pas qu'il soit trop fort pour moi, mais il a quelque chose qui m'empêcherais de le tuer. Maudit soit t il. »
« Attendez, s'il est mort, vous ne pouvez plus le tuer ! Pourquoi dites vous il a quelque chose qui m'empêcherais de le tuer ? »
« Mais c'est qu'il est perspicace, le petit fils du premier Hokage ! Effectivement, oui, il est finalement vivant ce salopard ! Doublement vivant, ouais ! Mi « âme errante », mi « corps sans âme » ! Ni humain, ni démon, comme dirait la légende. »
« Je comprend rien à ce que vous me racontez. »
« Tant mieux, cela voudrai dire, que toi aussi tu es fou. Parce que c'est ça le pire ! Non content d'ôter la vie, il ôte aussi la raison ! Ma raison ! Voila pourquoi je dois chaque jour prendre des médicaments, pourquoi je dois faire gaffe à ne tuer personne sous peine de me transformer en machine à tuer. Je suis à moitié dingue ! Je peux être aussi bien dans la réalité que dans un monde crépusculaire, sans eau ni vie, semblable à un des fameux « mondes astraux » ! Tu connais les mondes astraux, petit ? »
« Pas vraiment. »
« C'est normal, même à ton age réel, tu étais jeune pour les connaître. Moi je les connais car cet idiot de Sei m'en a parlé une fois, tiens, juste après une de mes crises. »
« Bon alors, c'est quoi à la fin, cette histoire ?! »
« Ok je vais te raconter, mais tout d'abord… Haru chérie, ferme les volets s'il te plait ! Non, tout compte fait, je te demande rien c'est un ordre, mon adorée ! »
« Pardon ? »
« Hein ?! »
« Bah oui allez, comme lorsque j'étais gosse, ferme les volets maman, et moi papa, je raconte une histoire. »
Si la main du shinobi n'était pas encore sur sa gorge, Nawaki se serait bien pincé pour vérifier s'il ne rêvait, un tel abruti lunatique pouvait devenir ninja ? Un fou qui plus est. Jamais il ne se serait attendu à cela en se réveillant.
Haru, à son regard, devait se dire à peu près la même chose ; pourtant, elle fit ce que l'on lui demandait et ferma un peu plus le volet derrière l'ancien genin.
Alors, le papa attitré demanda pourquoi la maman n'embrassait pas le rejeton. Une pause, encore une, encore mêlée de surprise. Toujours le même sourire gamin, rieur, sur cette face de lune enrobée de rouge.
Puis Haru déposa un léger baiser sur la joue de l'adolescent, dont les joues rougirent un peu. Après le roux s'extasia sur le fait que le fiston était aussi timide que sa maman. Après, la maman lui dit que quand le jeune maître aurait faim, le plateau serait dans le coin gauche.
A cette phrase son ventre grogna de colère. « Papa » rit, et c'est en souriant faussement qu'il prit le plateau et les baguettes, et qu'il lança un : « tu manges, et je te raconte tout. »
Pour la première fois depuis longtemps, Nawaki sourit. Haru partit, contente de quitter ces deux fous qui lui faisaient peur, oh oui, très peur. Mais en même temps, elle rougit en repensant à la fois où maître Uzumaki l'avait serrée dans ses bras. Son cœur s'accéléra, elle se raidit en repensant à la folie qui l'habitait.
Cette folie qui réclamait son flot continu de sang, ou de ces drogues qui lui servaient de médicaments.
« Il était une fois, dans un temps lointain, si lointain que certains l'ont enfoui en leur mémoire… »
« Bon Papa abrége. » Fit impatiemment Nawaki, qui reçut une bouchée de sushi dans la bouche qui l'empêcha de parler, et un « la ferme » qui l'empêcha de grogner.
« Bon je reprend. Où j'en étais ? Ah oui. Bon alors, il fut un temps où les ninjas se faisaient continuellement la guerre. Pas comme maintenant, non, là les clans étaient continuellement assaillis, on ne pouvait compter que sur soi ou sur ces proches, quand on en avait. Les pays ninjas n'étaient même pas encore formés. Tu sais sans doute que ce fut ton grand père qui en eut l'idée, pas vrai ? »
« Oui, vaguement. »
« Ok. Alors, dans cette atmosphère rouge et noire, il y avait un seul lieu où les hommes armés étaient refusés : les temples. C'était une terre d'asile pour tous ceux victimes de la guerre et de la folie des hommes. »
« Classe. »
« Oh, mais attends un peu de voir. Ces gens là, ne faisaient pas que prêcher des bonnes sornettes et autres histoires à dormir debout. Il était dit, que les plus sages d'entre eux, les moines supérieurs, avaient accès à une connaissance secrète que leur envierait le plus puissant des shinobi. Une connaissance extraordinaire, que seule une poignée d'entre eux pouvaient utiliser. »
« Dément, c'est trop fort ! Heu… c'est quoi au fait ? »
« Connais tu les sorts d'illusion ? »
« Bah… c'est tout ? J'ai appris ça il y a des lustres, quand j'avais cinq six ans, à l'académie. »
« Oh, alors, tu sais sûrement comment cela fonctionne ? »
« … J'ai oublié. »
« Ha, quel bon élève que voila ! Bon, en gros, c'est une attaque mentale visant, à son plus haut niveau, non pas à détruire le corps de l'adversaire, mais à détruire l'esprit de l'ennemi. »
Une pause, Nawaki engloutit une autre bouchée, et son papa de substitution reprit son récit là où il s'était arrêté, ses yeux bleus dénués de folie et empreints d'une étrange douceur et d'une légère mélancolie.
« Au final, ce ne sont que des illusions, il suffit juste de savoir comment s'y prendre pour les briser, et ainsi en être délivré. Néanmoins, imagine un instant si on arrivait à faire en sorte qu'une illusion s'infiltre dans notre monde, et que de simple chimère elle devienne matière. »
« Hein ?! »
« Imagine qu'une illusion devienne une réalité, comme moi, toi, et tout ce qui nous entoure. Imagine, gamin, imagine ! »
«C'est impossible. »
« Un court instant, si. Il est possible d'entrer dans un monde créé de toute pièce, où tout est possible. Pourtant… une illusion reste une illusion. Tout ce qui se construit dans ces mondes finit par flétrir, pourrir, et pour finir disparaître. Même le monde le plus beau, le plus formidable, devient au fur et à mesure un désert stérile sans vie. »
« C'est bien beau… mais en quoi est ce utile ? »
« Tu es idiot, ou tu le fais exprès ? Je t'ai dit que les choses créées disparaissent, mais le monde, lui, reste. »
« Même si la personne meurt ? »
« Exact. Maintenant, imagine que l'on enferme une de ses personnes dans ce monde… Alors, tu piges, ou tu bloques ? »
« Si je comprend bien ; la personne restera… »
« Bloquée pour toujours, exactement. Néanmoins, ce n'est pas la seule chose que pouvaient faire ces moines supérieurs, appelés aussi « Sanzo ».Ils pouvaient aussi changer le cours des choses, et étaient de bons conseillers. Malheureusement, leur nombre décroissait à mesure que les conflits avançaient, car les hommes avides de trésors faisaient main basse sur leurs richesses pour qu'elles leur servent de fond. Ils furent donc eux aussi victimes de la guerre, et de leur principe selon lequel ils ne devaient en aucun cas attenter à leur vie ou à celle d'autrui.»
« … ? »
« Il leur était impossible de tuer qui ce fut. Ce fut cela qui causa leur perte. A ce jour on suppose qu'il n'en reste pas plus que trois. Comme les ninjas légendaires, d'ailleurs… »
« Ce n'est pas une histoire très gaie. »
« Je n'ai jamais dit qu'elle l'était. Ha, et on raconte aussi autre chose sur eux : ils auraient un principe selon lequel pour chaque douleur, il y aurait une compensation, et vice versa. Ils appelaient cela le principe de l'équivalence, et disaient que ce principe aussi régentait leurs vies. Je me demande bien qu'elle peut être leur compensation pour toutes leurs douleurs.»
Silence.
« Ma sœur me manque, mon village aussi. »
« Tu vas les revoir, et si tu veux tu ne sera même pas obligé de les tuer. Juste de leur reprendre quelque chose qui nous appartient. »
« C'est grâce à toi que je suis revenu à la vie? Donc, ce sera un peu comme une…compensation, c'est ça ? »
« Hum…en vérité je ne suis que celle qui a trouvé l'idée. C'est notre brave Sei qui a fait tout le sale boulot. Pour une fois que ce glaçon sert à autre chose qu'à faire des expériences plus ou moins amorales… »
« Tu…tu es une femme ?! »
« Tu en doutais, microbe ? »
Silence. Elle était encore plus virile que le glaçon de l'équipe de sa sœur. Au fait, c'était quoi son nom déjà, à ce détraqué ?
La rousse rit et sourit, dans le clair obscur : « T'inquiètes, ça m'arrive souvent ce genre de déboires. »
« … Merci. En fait, tu n'es pas si méchante que cela. Je crois que je t'aime bien, malgré le fait que tu sois un peu (beaucoup) barge. »
Un bref sourire, triste et sincère, effleura ses lèvres fines ; ses yeux cependant restèrent clairs et impassibles.
Elle lui ébouriffa les cheveux et lui ordonna de se reposer, car son entraînement, commencerait tout à l'heure.
Elle n'avait pas eu vraiment besoin de le lui dire, car il tomba rapidement dans le sommeil, un sommeil lourd, sans rêve, aussi profond qu'un puit noir. Elle l'observa depuis le seuil de la pièce.
« Dorénavant, ta vie, m'appartient. Jusqu'à ce que tu récupères notre autre jouet, alors il faudra se débarrasser de toi, désolé. Moi aussi, je t'aime bien »
Elle ferma la porte, et il ne resta plus dans la pièce obscure que l'écho d'un rire se répandant devant deux regards médusés.
Un rire sans folie, comme c'était le cas d'habitude. Avec le petit et Haru, elle était à peu près normale, sincèrement « joyeuse », et cet état de fait l'interloqua un peu durant la traversé du couloir blanc. Puis, elle l'oublia, lorsqu'elle croisa un brun en noir surnommé Sei, son oeil de verre scintillant dans le noir.
Ce n'était pas dans les ordres et ne pouvait servir à sa vengeance, donc ce n'était pas important, n'est ce pas ?
Si dans son esprit, tout était clair, rangé, ordonné, trié, il n'en allait pas de même pour son bureau, que certains auraient qualifiés, avec prudence et diplomatie, d'assez mal rangé.
En vérité, le bureau de la cinquième Hokage, s'apparentait plus à un champ de bataille qu'à un meuble de travail.
Les piles entassés de dossiers en retard penchaient dangereusement de tous les cotés, comme des brique de domino, n'attendant qu'un ordre de cette divinité qu'on appelait « gravité » pour s'étaler à leur aise sur le sol.
Assise sur sa chaise, Tsunade prit un dossier trônant sur une pile, puis compara scrupuleusement les informations, écrites en fines pattes de mouches –l'écriture d'un ANBU, nerveux et sévère, le genre à ne laisser aucun détail de coté avec le dossier précédemment consulté, écrit d'une façon maladroite, qui caractérisait assez l'écriture d'Anko.
A sa droite, son verre de saké l'attendait patiemment ; il était à peine entamé, ce qui était rare lors de l'opération « ménage », consistant à rattraper son retard. Elle était un peu soucieuse. Jiraiya n'avait pu lui fournir aucun argument réfutant ou affirmant son hypothèse sur les massacres commis sur les civils.
En plus, elle devait choisir un nouvel enseignant pour l'équipe du petit fils de son feu ancien maître et son équipière. En soi, ce n'était pas un problème, elle avait bien un ou deux noms minima, mais elle entendait déjà les langues de vipères piaillant derrière son dos.
Déjà que son ami l'avait prévenue de se préparer aux commérages concernant le fils de son ancien équipier. Elle ne comprendrait jamais pourquoi les villageois – pire, ses propres ninjas se plaisaient tellement à se venger de ceux qui ne leurs avait jamais fait le moindre mal : Naruto et le maintenant nommé Mugen n'étaient que des exemples parmi d'autres.
Bon, elle pouvait comprendre leur besoin de vengeance, mais elle n'arrivait pas à définir leur attitude autrement que par des mots comme : « stupide, mouvement de masse, à la noix. ».
Le garçon avait été blessé, elle s'en était aperçue, et elle avait lu assez souvent le dossier médical de Naruto pour savoir qu'il était le patient le plus fréquent de l'hôpital, depuis son plus jeune âge.
En plus, comme l'avait souligné le sanin avant de se rendre compte de la disparition de son protégé, le gamin, n'avait pas beaucoup d'avenir, mis à part être ninja, et encore, comme disait si bien son ami, il était encore plus souvent à coté de la plaque que Naruto, si c'était possible. Ce qui était un comble en soi, au vue de l'intellect de son père.
Ensuite, il y avait cette affaire étrange à Suna : une unité passait par là, et soudainement la moitié des conseillers s'étaient retrouvés à manger les pissenlits par la racine, sans compter la disparition de plusieurs partisans du jeune Kazekage. Bizarrement, peu des détracteurs de ce dernier avaient été touché.
A la demande du jeune chûnin, elle avait permis à l'équipe de Lee de rester sur place pour pouvoir enquêter, avec les autres. Toutefois, elle lui avait conseillé, pour ne pas dire ordonné, de se faire discret, ne souhaitant pas que les hauts dignitaires du village du sable n'accusent Konoha de se mêler des affaires des autres ou d'exercer une quelconque influence sur Gaara.
La sanin savait qu'avec de telles accusations, plus ou moins infondées, l'influence du Kazekage risquait de décroître assez pour frôler la case « Coup d'état », ou alors, les relations diplomatiques risquaient de s'effriter entre le sable et la feuille. Cela pouvait devenir gênant.
Dans ce cas là, le plus sage aurait été de faire rentrer l'unité, sans qu'elle aie vérifié les frontières et les accords.
Toutefois il pouvait s'agir d'une manœuvre pour faire accuser Konoha, ou pour que le nombre des détracteurs de Gaara augmente ; et pour finir, une trahison subtile et un changement de pouvoir.
Les dés étaient jetés. Et puis cela serait bien que les deux affaires de massacres soient liées, pour attraper plus vite les coupables et les faire exécuter. La morgue aurait alors des projets d'études en plus. Des fois, elle se disait que son ancien équipier, entre la morgue et le front à sa disposition, avait fait preuve de bien peu de stratégie.
Quoique, se mettre dans la peau d'un ennemi disparu qu' elle avait considéré plus ou moins comme un frère n'était pas vraiment la meilleur chose à faire dans son était d'esprit.
Surtout qu'elle avait encore en tête l'air curieux de Mugen, ressemblant étrangement à l'air naïf de son géniteur quand il avait encore toute sa raison/innocence. C'est à dire à quatre, cinq ans, pas au delà.
Elle ferma le dossier, en prit un autre, s'installant plus profondément sur sa chaise ; elle soupira, puis but une gorgée de son verre : pas de quoi la rassasier, mais de quoi la faire tenir encore un peu. Etre Hokage l'épuisait un peu dans certains cas. Non, on pouvait plutôt dire que cela la lassait. Autrefois, elle avait entendu dire de la bouche de son père que ce poste était réservé aux fous, suicidaires, altruistes, et à tous ceux ayant un grain.
Parce que lorsqu'il y avait un problème, on rabaissait le Hokage, lorsqu'un malade traînait dans le coin, c'était la faute du Hokage qui n'avait pas voulu l'éliminer lorsqu'il était encore temps, lorsque le fou n'était encore qu'un enfant. Lorsque le fou faisait marche sur Konoha, c'était la faute du Hokage.
Lorsqu'il y avait un complot, c'était majoritairement soit pour diminuer son influence et son importance au profit des comploteurs, soit pour le descendre et que les comploteurs puissent agir, c'est à dire prendre le pouvoir.
Elle avait abandonné ses positions comme quoi le poste de Hokage était pour les imbéciles voulant jeter leur vie aux orties, mais elle n'avait pas pour autant la vision idyllique du poste qu'avait Naruto, ou celle pragmatique qu'avait Orochimaru, ou altruiste de Dan ; et elle n'avait rien à prouver au village comme Nawaki, autrefois.
Tsunade aurait soudain bien voulu reprendre une gorgée, mais le verre dans ses mains s'était brisé, laissant couler le liquide jaune. Plus tard, une fois le bureau essuyé et le verre jeté, elle jeta un œil à la dépêche qu'elle consultait régulièrement, celle annonçant le gagnant au loto du village.
Elle avait gagné le premier prix.
Shizune entra, une pile de dossiers supplémentaires dans les mains, et voyant son air refrogné, lui demanda ce qui n'allait pas. Ce fut en lui jetant un regard se voulant rassurant qu'elle répondit que tout allait bien. Tout en ajoutant, en son for intérieur : pour l'instant.
Voila, désolée pour l'attende, mais vous savez le bac, les études Et puis, mon ordinateur, piquant une crise très mal placée.
Alors, suggestions? Critiques? Tomates envoyés à la figure? Ou félicitation? A vous de voir, le chapitre, et le commentaire étant terminé, à vous les studios.
