Bonjour à tous et désolée pour ce si long long long moment d'attente d'un nouveau chapitre (depuis juin 2007, j'ai honte...).... J'ai été très prise avec la fin de mes études, je préparai mon diplome et j'espère pouvoir dire bientôt que je ne serai plus étudiante!!! (ouf! sutout avec la dizaine de mois que je viens de passer!!)

Bref voici un nouveau chapitre des visiteurs du passé. J'espère qu'il vous plaira, même si j'aurai peut être perdu certains lecteurs qui semblaient apprécier cette histoire. Mais le risque est là... je n'ai pas publié depuis trop longtemps...

Merci à dol, Ichigoo, keiko kishar, Catherine Broke et Lily A. Black pour leur gentilles reviews.

Un coucou et gros bisous à ma Bêta, titou !! Elle à penser comme titre du chapitre à "Fascination", qui me plaît aussi... Essayez de devinez dans quelle période on est, lol !

Bonne lecture à tous !

-------------------------------------------

Chapitre 20 : Bientôt des réponses à ces questions...

Le temps défilait à grande vitesse. La fin du mois de janvier arrivait vite et les professeurs mettaient de plus en plus de pression aux élèves car les examens des Aspics approchaient, même s'ils leur paraissaient encore loin. Toujours est-il qu'Hermione avait (encore!) établi un programme de révisions qui ne leur laissaient pas beaucoup de temps libre, du moins pour ceux qui s'y tenaient... James et Sirius étaient plutôt occupés, mais Hermione avait fait remarqué qu'on approchait du 21 janvier et donc de l'anniversaire de Jamie. Harry ne l'avait pas oublié. Ils devaient lui préparer une surprise ou autre truc de ce genre. De leur côté, Ron, Hermione et Harry avaient prévu de lui offrir quelque chose en commun, mais ils n'avaient acune idée de quoi.

Harry était toujours préoccupé par son camarade à ses heures perdues, ce qui l'énervait et l'embêtait au plus haut point. D'autant plus qu'il avait toujours des séances d'entraînement avec lui. Il se surprenait à l'observer quelques fois, faisant ressortir toujours au fond de lui des impressions de déjà-vécu, et plus il voulait savoir, plus c'était embrouillé, comme si on ne voulait pas qu'il sache. Et au fond, il se demandait parfois s'il voulait vraiment savoir. Il appréhendait ce qu'il pourrait découvrir. Il n'en avait pas parlé à Ron et Hermione, il avait peur de leur réaction lorsqu'ils découvriraient que leur meilleur ami ressentait quelque chose pour le type le plus bizarre de Poudlard. Et par quelque chose, il entendait de l'amour... Tout sauf fraternel ou amical...

Harry, Ron et Hermione occupaient leur canapé habituel devant le feu de cheminée qui était le bienvenu en ce temps froid d'hiver.

"Qu'est-ce que vous pensez de farces et attrapes fabriqués par mes frères ? Demanda Ron.

Ils se demandaient ce qu'ils allaient offrir à Jamie.

- Je ne crois pas que ce soit son style, dit Hermione. D'accord il est ami avec les maraudeurs, mais je ne pense pas qu'il soit accro comme eux aux farces.

- Des bonbons alors ?

- Un peu trop impersonnel.

- Et alors, tu m'en as bien offert chaque année pour Noël ! Fit Ron.

- Oui, mais parce que tu es un vrai goinfre, et ton cadeau principal n'a jamais été les bonbons !!!

- C'est pas le moment de se disputer, les amoureux, fit Harry.

- Quoimaisnanmaispasdutout, répondirent-il en choeur du tac au tac.

- Au passage, je n'ai jamais reçu de bonbons à Noël, à part au fluor. Pas que je sois jaloux, mais c'est significatif.

Après un moment où ils tournèrent la tête tous les deux, Hermione demanda :

- Et toi tu as une idée ?

Harry fut prit au dépourvu. Il avait effectivement une idée, mais pas dans le genre cadeau d'ami... Aussi répondit-il :

- Du savoir-vivre ?

Hermione et Ron éclatèrent de rire. James, Sirius et Lily entrèrent dans la Salle Commune à cet instant.

- Pourquoi riez-vous ? Demanda Sirius, toujours prêt à avoir un bon fou rire.

- Harry a proposé d'offrir du savoir-vivre à Jamie pour son anniversaire.

- Pas mal comme idée, mais est-ce que ce serait vraiment efficace ? Reprit-il sur le ton du mélodrame, redoublant l'hilarité de tous.

- Excellente question, Sirius et la réponse est : il n'y a pas de réponse, répondit Jamie qui venait d'entrer lui aussi dans la Salle. Et vous trois, si vous ne me supportez pas, ce n'est pas la peine de vous creuser la tête pour essayer de me trouver un cadeau d'anniversaire.

- Etre agréable ne serait pas le souhait que tu as pour tes 17 ans par hasard ? Railla Ron.

- Non, mon voeu sera le même que depuis 4 ans, désolé de te décevoir.

Tout le monde soupira.

- Ce serait tellement simple que ce soit nous qui faisions les voeux, on te transformerait en un rien de temps, plaisanta James.

Jamie haussa les épaules puis se tourna vers Harry.

- Tu es prêt ?

- Pourquoi ? Demanda Harry.

- Oh mais c'est pas vrai, t'es un vrai boulet !! Je t'avais dit qu'on allait s'entraîner dans la forêt aujourd'hui !

Depuis ce qui s'était passé durant les vacances, Jamie faisait tout ce qu'il pouvait pour l'éviter mais il ne pouvait malheureusement (ou heureusement ?) pas éviter les entraînements.

- Ah oui, c'est vrai ! Euh, donne-moi deux minutes."

Il monta au dortoir se changer et revint dans la salle, puis partit avec Jamie après avoir reçu quelques regards compatissants de la part de ses amis. Mais depuis un moment, il allait à ces entraînements sans rechigner, au contraire... Bien que ce qu'il pouvait ressentir le mettait mal à l'aise, être en présence de Jamie ne le dérangeait plus. Et il se rendait compte qu'il avait acquis une indifférence aux remarques désobligeantes de son "professeur". Et tant qu'il ne répondait pas à ces remarques, Jamie ne disait plus rien, et cela se passait mieux. Il s'était nettement amélioré et avait réussi de nombreuses fois à mettre son camarade au tapis. Mais il avait remarqué qu'il n'était pas en forme les fois où il l'avait battu. Donc on ne pouvait pas dire que cela comptait vraiment. Mais au moins, il savait être meilleur en matière de magie. En effet, depuis quelque temps, il suivait des cours avec Dumbledore et avait progressé rapidement. Et Dumbledore lui-même lui avait dit qu'il dépassait Jamie en magie, mais que ce n'est pas pour autant qu'il gagnerait en duel contre lui.

Harry remarquait que Dumbledore s'attendrissait rapidement dès que Jamie rentrait dans la conversation. Pourquoi ? Il avait l'air de beaucoup le connaître, d'être plus proche de lui qu'aucun autre élève. Et réciproquement, Jamie se comportait différemment quand Dumbledore était dans les parages. Leur dispute du jour de noël était apparemment passée. Harry, Ron et Hermione commençaient à comprendre le 'fonctionnement' de Jamie, et ils avaient remarqué qu'il avait un regard moins dur quand il regardait Lily, James, Sirius, mais aussi Dumbledore. Encore une fois, Harry ne voulait pas le reconnaître, mais il était jaloux. Il aurait aimé que Jamie le regarde comme ça lui aussi. Mais bon, à l'heure actuelle, ce n'était pas trop le cas. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas le coup de poing venir et tomba.

" T'as qu'à t'en prendre à toi-même, grommela Jamie qui lui tendit tout de même une main pour l'aider à se relever.

- Merci.

- Pas de quoi. C'est du savoir-vivre, fit-il, mine de rien.

Harry releva la remarque. Essayait-il de plaisanter ? Il alla remettre son kendo auprès de ses affaires, Harry fit de même. Il maniait plutôt bien son cadeau de noël, ou plutôt on lui avait bien enseigné.

- Bon, en tout cas, mes félicitations. Tu as appris très vite, et d'après le directeur, tu es désormais plus fort en magie que moi. A partir de maintenant, je te propose un vrai duel, entre élève et professeur, pas en tant qu'ennemis.

- Tu veux dire magie et lutte combinés ?

- Oui. Mais pas d'utilisation de sortilèges trop intenses pour le moment. Tu verras qu'il n'est pas très facile d'allier les deux au départ.

- D'accord.

Ils prirent tous les deux leur baguette, se mirent face à face, se saluèrent et débutèrent le duel. Ils n'utilisèrent que des sortilèges banals, tels que le maléfice d'entrave. Jamie eut le dessus et gagna le combat.

- J'arriverai jamais à te battre...

- Bien sûr que si. Ca dépend, puisqu'il est indéniable que tu resteras plus doué que moi en magie et moi plus doué que toi en combat. C'est une question de balance. Je suis persuadé qu'un jour d'un futur assez proche, tu arriveras à me battre.

- Oui, mais pour l'instant, je ne pourrais rien contre Voldemort.

- Ne crois pas ça. Tu t'es nettement amélioré. Et puis, si tu te bases par rapport à Voldemort, tu as un avantage sur moi.

- Lequel ?

- Ta baguette et celle de Voldemort sont liées, à ce qu'on m'a dit. L'une ne peut détruire l'autre.

- T'auras qu'à détruire sa baguette et moi je le tue, plaisanta-t-il sans pour autant avoir le coeur à plaisanter, sachant qu'il devrait ôter la vie à quelqu'un, même si ce quelqu'un n'était qu'une pourriture.

- Accorde-moi juste une faveur. Ne le loupes pas, fit Jamie avec un sérieux déconcertant.

Harry ne dit mot. Voldemort était un sujet épineux en ce qui concernait Jamie. Outre ce qu'il s'était passé le jour de la rentrée et où tout le monde avait compris que son camarade connaissait Voldemort en personne, il avait réfléchi à l'échange qu'avait eu Jamie et Malefoy quelques semaines plus tôt. La conclusion qu'il en avait tirée était que Voldemort était l'auteur de la lettre recue par Jamie. La lettre qui lui annoncait que son père l'avait abandonné... Non, c'était impossible... Quelles idées lui traversaient encore la tête! Jamie ne pouvait pas... Il fallait qu'il en ait le coeur net :

- Jamie, ton père... C'est Voldemort ?

Jamie resta planté sur place.

- Mais qu'est-ce qui a bien pu te mettre une idée pareille en tête ?

- Ben, l'autre jour, j'ai compris que c'est Voldemort qui t'a envoyé cette lettre au premier de l'an, donc...

- Et quand je t'ai dit que mon père était quelqu'un de bien, ça t'est passé par dessus la tête ? Oui, c'est bien ce cher Voldemort qui m'a envoyé cette lettre, mais ce n'est pas lui mon père... Merlin soit loué ! Non, Voldemort est pire que ça, c'est une pourriture de première et... Bon je commence pas sinon tu en as pour des heures à m'entendre m'égosiller sur lui... Bien, l'entraînement est fini, tu peux y aller."

Harry s'en alla, non s'en avoir jeté un coup d'oeil à son camarade. Rah, mais pourquoi il ne pouvait pas s'en empêcher? "Peut-être parce que tu l'aimes ? - La ferme ! Je sais, pas besoin de me le rappeler !" Il s'empressa de rejoindre Ron et Hermione : ils devaient aller à Pré-au-Lard chercher le cadeau d'anniversaire de leur camarade.

--- Point de vue de Jamie ---

Jamie le regarda s'éloigner avec ce même sentiment bizarre qu'elle avait depuis un moment. Oh, elle savait très bien ce que c'était, mais le problème était qu'elle n'arrivait pas à contrôler ce sentiment comme elle le pouvait avec les autres. C'était comme si tout son intérieur hurlait... Et ça, c'était incontrôlable pour une raison inconnue. C'était comme si quelqu'un d'autre le lui dictait. Une forte nausée la prit d'un coup et elle se contenta de se pécipiter au coin d'un arbre et de vider le contenu de son estomac : de la bile... Elle n'avait pas mangé depuis la veille au soir et était affamée.

" Dobby ?

L'elfe apparut devant elle.

- Oui, Miss ?

- Ca te dérange de m'amener quelque chose à manger, s'il te plaît ?

- Pas du tout, Miss ! Que voulez-vous ?

- Ca m'est égal. Prend ce que tu veux.

Dobby disparut. Décidément, ça 'hurlait' beaucoup trop dans son intérieur, en ce moment... Dobby revint quelques minutes plus tard avec du pain, des pâtés et des gateaux. Jamie le remercia, puis il transplana.

Elle sortit de la Forêt Interdite et se dirigea vers le château, puis décida de faire un détour par la pièce qu'elle avait si souvent occupée autrefois avec Emilia et les autres. Non décidément, ça n'allait pas, en ce moment... Entre ce qui se passait avec Harry, les foutues lettres du Mage noir qu'elle reçevait, son père qui l'avait abandonnée et qui, miraculeusement, s'était repenti dans ses derniers jours et décidait de la reconnaître officiellement par courrier et son état de santé... Ouais, ça n'allait pas fort, quoi !

Jamie rentra dans la salle et attrapa un album de photos qu'elle se mit à feuilleter tout en mangeant. Tout ça était si loin. Depuis ce temps là, Jamie ne croyait pas qu'il ait été pris une seule photo où elle avait le même sourire ou le même rire que celles qu'elle regardait actuellement. Une larme coula alors qu'elle tombait sur une photo de Léo et d'elle, faite peu avant ses 13 ans. Malgré ce qu'il lui était arrivée quelques mois plus tôt, elle souriait... Elle en avait les raisons... Et puis le jour de son treizième anniversaire, tout avait basculé : ils étaient morts tous les deux, et elle avec d'une certaine manière. Elle referma le livre et alla le poser sur la table. Son attention fut attirée par un petit cahier qu'elle aperçevait dans un tiroir mal fermé. Elle le prit : c'était son journal. Avec l'album photo, elle en avait suffisamment vu pour le moment. Elle les emporta tout de même avec elle en sortant de la pièce et rentra à la tour des gryffondors.

Se pourrait-il qu'elle puisse un jour à nouveau rire et sourire comme elle le faisait quand elle était plus jeune ? Non... Jamais... Pas après ce qu'elle avait vécu. Et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher depuis un certain temps d'avoir l'espoir d'être un jour de nouveau heureuse...

--- Point de vue de Harry ---

Harry sortait tout juste de la douche. Pour une raison totalement connue, il n'avait qu'une seule personne en tête : un certain garçon totalement associal en apparence nommé Jamie... Il supportait de moins en moins l'idée d'être amoureux d'un mec. Non pas que ça le dérangeait, mais il aurait tellement préféré que Jamie soit une fille... Et mystérieusement, il le voyait bien en fille. La nuit passée, il avait rêvé que Jamie portait une tenue indienne rouge et qu'ils faisaient tous les deux une bataille de pouce au bord du lac en pleine nuit en plaisantant... Ca avait pourtant paru si réel... Malheur si Jamie entendait ça...

Seul Ron était présent dans le dortoir, les autres étant déjà partis plus tôt dans l'après midi à Pré-au-Lard et son ami l'avait attendu. Ca commençait à être lourd à porter : il avait besoin de se confier. Il se dirigea vers son meilleur ami. Oh bien sûr, il aurait pu parler à Hermione, mais celle-ci semblait devenir plus complice avec Jamie chaque jour. Il faudrait peut-être qu'il surveille ça, d'ailleurs... Pour Ron, bien entendu...

" Ron ?

- Ah, Harry. Tu es prêt ?

- Pas encore. Je peux te parler ?

- Euh... J'aime pas quand tu prends ce ton si solennel. J'ai l'impression que tu vas m'annoncer une catastrophe...

- T'inquiète, c'est pas ça. Quoique d'un autre sens, ça l'est...

- Vas-y, accouche.

- Ca t'arrive d'être sérieux ?

- Mais je suis sérieux !

- ... Bref. Bon, il y a quelques semaines, tu t'es confié à moi lorsque tu m'as dit que tu étais amoureux d'Hermione, même si j'étais au courant avant toi.

Ron rougit jusqu'à la racine de ses cheveux.

- Oui... Enfin...

- Je crois que je suis amoureux, moi aussi.

- De Hermione ?

Harry tomba des nues et cligna des yeux. Ron mettait parfois du temps à comprendre les choses...

- Oui, et je la demande en mariage dès que je la vois. Ron, il va falloir un jour admettre que tout ne tourne pas autour de Hermione...

- Ouais, 'sxcuse, je m'emporte vite...

- Tu m'en vois étonné...

- Oh, ça va, hein... Bon alors ?

- Je déteste ça, arrête.

- Quoi ?

- Demander comme ça, Jamie fait pareil.

- Ah bon ?

- Oui, je...

Harry ne comprit pas. Il ne se rappelait plus dans quelles circonstances il avait vécu ça, bien qu'il soit persuadé que ça ait un rapport avec Jamie...

- Bon, de qui es-tu amoureux, alors ?

Harry ne répondit pas, toujours plongé dans ses pensées à la recherche de ce souvenir. En fin de compte, il y avait beaucoup de choses qu'il savait avoir faites ou dites, mais dont il ne se souvenait pas. Ron interpréta son silence.

- De Jamie ????

- Hein ? Quoi ?

- Tu es amoureux de Jamie ? Répéta Ron les yeux exhorbités.

Harry se tut et baissa les yeux. Au moment où il allait répondre à Ron, la poignée de la porte du dortoir grinça : quelqu'un entrait. Heureusement, le rideau du lit était tiré. Pourquoi heureusement ? Ils avaient bien le droit de discuter, non ? Même si Harry ne voulait pas que le sujet de leur conversation parvienne aux oreilles de tout le monde... Ledit sujet entrait justement dans la chambre à ce moment. Finalement, heureusement qu'ils étaient cachés. Jamie jeta deux livres sur son lit et fila dans la salle de bain. Peu après, ils entendirent l'eau de la douche couler.

- Harry ? Chuchota Ron.

- ...

- Tu es sérieux ?

- Tu crois vraiment que je plaisanterai la dessus ?

- Mais... Enfin... Je veux dire... C'est un mec !

- Merci Ron, je ne m'en étais pas rendu compte.

- C'est pas ce que je voulais dire. Je... Enfin, tu as été amoureux de Cho !

- Pas vraiment en fait, mais là n'est pas la question.

- Je ne savais pas que tu étais...

- Que j'étais quoi ?

- Ben gay. Homo si tu préfères.

Harry ne répondit pas. Il n'avait jamais vu les choses sous cet angle. A vrai dire, il était amoureux et il s'en fichait pas mal que ce soit d'un homme ou d'une femme : il aimait une personne, et peu lui importait que ce soit un homme. Non, c'est un mensonge... En fait, il ne s'était pas imaginé ça... Et il ne voulait pas l'imaginer. Il n'avait rien contre les homosexuels, mais lui ? Gay ? Ce n'était pas possible, hein ?

- Harry ?

- Je n'y avais pas pensé.

- Oh... T'es dans la merde si je comprends bien...

- Ben... A vrai dire, je ne pense pas être homo.

- Ouais, mais t'es amoureux d'un mec.

- ... Tu vois le dilemme.

- Mon vieux... Mais dans quoi tu es encore allé te fourrer ?

- J'sais pas, mais je dois avoir la poisse.

Ron étouffa un rire discret.

- Ron...

- Quoi ? J'ai rien fait moi !

- C'est ça, fous-toi de moi.

- Non, en fait, j'étais en train de me dire qu'il fait assez effeminé, comme mec. Entre autres...

- Et le 'entre autres' signifie quoi ?

- Que je me fous effectivement de toi...

- C'est bien ce qui me semblait. Mais tu as raison, en ce qui concerne Jamie. Je suis probablement fou, car en plus je l'imagine très bien en fille.

- Tu commences à aller un peu loin en effet. Tu me fais peur. Tu veux pas que je fasse venir un psychologue ?

- Ron.

- Je blague. Mais quand même...

Il se tut. Le silence dura un long moment durant lequel Ron se plongea dans une profonde reflexion. Harry n'osait pas le regarder, craignant une réaction tardive de son meilleur ami. Celui-ci reprit :

- En fait, je trouve que tu as raison. Après réflexion, j'imagine très bien Jamie en fille, moi aussi. En fille super désagréable, certes, mais en fille tout de même...

- Oui, mais c'est un mec alors on va pas continuer sur le sujet, commença à s'énerver Harry.

- Je sens que je vais encore sortir une connerie, mais bon, j'y vais quand même...

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Et si c'en était une ? Demanda-t-il.

- De quoi ?

- Et si Jamie était une fille ?

- Oui, t'as raison, tu viens encore de sortir une connerie.

- Non, mais écoute : on ne le voit jamais se changer dans les vestiaires, ni dans la chambre ; il attend toujours qu'il n'y ait personne pour prendre sa douche ou s'enferme à triple tour s'il y a du monde... James et Sirius qui se moque de lui à cause de Parkinson...

- Je ne vois pas en quoi ce serait une raison.

- Tu te rappelles à la rentrée ? James ou Sirius, je ne sais plus... Bref, l'un des deux a sorti 'une fille ? Te tourner autour ?' et ils ont éclaté de rire... Et puis, faut dire que t'as raison, il fait assez efféminé... Hey, je suis pas peu fier de moi ! Ca se tient tout à fait, ma théorie...

- C'est ça, jette-toi des fleurs... Et tu peux me dire quel intérêt il, ou elle si on suit ta théorie, aurait de se faire passer pour un mec ?

- Alors là... M'en demande pas trop quand même. J'ai assez réfléchi pour ce soir.

- Ron, tu viens de te lancer une vanne tout seul.

- Oui, je sais, c'était pour éviter que tu te fatigues à la dire...

Harry sourit. Il aimerait bien que Ron ait raison, mais... C'était impossible, non ? Il n'eut pas le plaisir d'y réfléchir plus longtemps : Jamie sortait de la salle de bain. Il se dirigea vers son lit et se laissa tomber sur les draps, puis s'allongea. Il attrapa les deux bouquins et en ouvrit un.

Jamie soupira. Harry, trop curieux de voir ce qu'il se passait, passa sa cape d'invisibilité et ouvrit prudemment le rideau pour ne pas que Jamie le remarque. Cela sembla fonctionner : Jamie était plongé dans sa lecture. Alors qu'il s'approchait un peu plus, il remarqua qu'il regardait des photos. Avant d'avoir regardé plus attentivement, Jamie referma l'album et le serra contre lui. Il murmura :

" C'est trop loin tout ça... Bien trop loin..."

A ce moment, la porte du dortoir s'ouvrit sur Lily.

" Prêt ?

- ... On est jamais assez prêt...

- Ohla, qu'est-ce qu'il se passe toi ?

- Attends, tu comprends vraiment ce que tu me demandes de faire ou quoi ?

- Oui, s'amusa Lily.

- Ouais, ben si ça t'amuse tant que ça, tu peux le faire toi-même !

- Ah non, je ne suis plus célibataire, moi !!

- La bonne excuse...

- Quoi ?

- Même quand tu l'étais encore, c'est moi qui m'y collait...

- C'est toi l'homme ici, non ?

- Pourquoi je sens un soupçon d'ironie dans ta question ?

- A toi de voir...

- C'est déjà vu, souffla Jamie.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Je viens de remettre la main sur un vieil album photo. Ca rappelle quelques souvenirs...

- Fais voir.

Lily lui prit d'autorité l'album des mains et le feuilleta.

- Oh Merlin, c'est James ?

- Non, c'est son oncle, William.

- Celui qui s'est...

- Non, Lily. Il ne s'est pas suicidé, on l'a poussé de la tour d'astronomie, par magie. Mais tout le monde s'évertue à dire le contraire. Du coup, même James croit à cela.

- Ah oui ? Fit Lily, peu convaincue... En tout cas, ils se ressemblent!

- Ca... Plus que tu ne le crois! Toujours dans les coups douteux, à l'époque...

- Avec toi, je suppose ?

- Quoi ? Moi ? Non ! Je suis un ange ! Enfin, je l'étais.

- Hum hum, parce que maintenant, c'est loin d'être le cas ? Et j'ai du mal à croire que tu n'ais jamais été un ange...

- Ah bon ? Tu dois avoir raison... Mais qu'est-ce que c'était bien ! A un énergumène près...

Jamie s'assombrit.

- Tiens, je voulais te demander. A choisir, tu aurais préféré quelle époque pour y vivre ?

- C'te question ! J'en sais rien, en fait... Probablement celle où j'ai grandi. Lily, fais-moi plaisir et arrête avec tes questions.

- Ok. Alors on y va.

- Donne-moi deux minutes, j'arrive.

Lily descendit et Jamie le suivit peu de temps après avoir rangé ses albums dans son tiroir et enfilé un manteau.

- Jamie aurait vécu dans plusieurs époques différentes ? Demanda Ron en le rejoignant.

- Si on suit les propos de ma mère, oui. Viens, on va en avoir le coeur net !

Harry retira la cape et curieux, prit les deux albums dans le tiroir.

- La curiosité est un vilain défaut, Sherlock Holmes.

- Epargnez-moi vos commentaires, mon cher Watson.

Harry ouvrit l'album photos qu'avait Jamie, mais celui-ci lui échappa des mains et attérit quelques mètres plus loin, refermé. Il réessaya, mais la même opération se produisit. Ron pouffa de rire en voyant son ami frustré de ne pouvoir avoir ce qu'il voulait. Harry prit le deuxième album, sur la couverture était noté :

Journal de Jamie ???

1930 - ????

- 1930 ? S'exclamèrent Harry et Ron au même moment.

Curieux, ils ouvrirent le carnet, mais n'y trouvèrent que des pages blanches. Sur les premières pages s'inscrivirent ces mots :

"Curieux ! Obsédé ! Ôte tes mains de mon journal ! Va voir ailleurs si j'y suis !"

De surprise, Harry lâcha le journal qui tomba sur le lit.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Ron.

- Ca fait comme avec le journal de Jedusor...

- Vrai ? Profitons-en, alors, pour en savoir plus sur lui, ou elle...

- Euh, vaudrait mieux pas, j'ai plus trop confiance en ces trucs-là. J'ai déjà donné.

- Harry, Jamie n'est pas Voldemort et de toute façon, ce journal a l'air moins locace que celui de Jedusor...

Harry pesa le pour et le contre et finalement sortit une plume.

" Salut, écrivit-il.

- T'es qui, toi ? Lui répondit le journal. Harry pouvait presque entendre le ton aggressif de Jamie.

- Daniel, poursuivit Harry en prenant le premier nom qui lui venait.

- Tiens donc ! Et qu'est-ce que tu veux à ce journal ?

Qu'est-ce qu'il fallait écrire ?

- Ouais je vois t'es qu'un curieux qui veut en savoir plus sur moi, c'est ça ?

Harry n'écrit rien, effaré. Là il était d'accord avec Ron, ce n'était probablement pas un piège et il n'arriverait à rien pour découvrir quelque chose sur Jamie. Découragé d'avance, il referma le cahier, qui se rouvrit d'un coup.

- Oh, mais tu n'insistes même pas ! C'est pas marrant de tomber que sur des gens qu'ont aucun courage. T'es où comme maison ? Serpentard ou Poufsouffle ?

Harry, piqué dans sa fierté répondit :

- Gryffondor et fier de l'être !

- Oh, un gryffon. Hardi et courageux, d'après le choixpeau. On pourrait ajouter fier et curieux, deux qualités que Serpentard apprécie !

Nan, mais c'est quoi ce journal ?

- Tu es vraiment le journal de Jamie ??? Ecrivit-il.

- Oh que oui, c'est moi !

- Et comment ça se fait qu'il ait été commencé en 1930 et qu'on soit en 1998 ? Et que Jamie ait seulement 16 ans ?

- Tu crois pas que je vais te répondre quand même ?

- Je l'avais seulement espéré.

- C'est bien d'avoir de l'espoir. Moi apparemment je n'en ai plus aucun.

- Pardon ?

- Tu disais ? Répondit le journal.

- Tu as dis que tu n'avais plus d'espoir ? A propos de quoi ?

- Plaît-il ?

- Pas de doute, c'est bien le journal de Jamie, adressa Harry à Ron, qui était mort de rire à côté.

- Je vois que tu ne veux pas répondre et que tu t'esquives... Reprit Harry. Egal à toi-même.

- Je n'ai aucun compte à te rendre, Harry Potter.

- Tu sais qui je suis ? Interrogea Harry, effaré.

- Maintenant oui, je n'en étais pas sûre... Tu t'es vendu tout seul ! Ahlala, si on m'avait dit un jour...

- Quoi ?

- J'ai le droit de penser ?

Ce journal commençait sérieusement à le gonfler. A ce moment on frappa à la porte, Ron se leva pour aller voir qui s'était. Harry, lui, ne voulait pas en rester là, il se souvenait trop de Jamie au bord du lac, du sang coulant en quantité de ses poignets, et il ne voulait en aucun cas que cela se reproduise ! Et si ce fichu journal pouvait l'y aider, il le ferait parler, foi de Potter !

- Peu importe, continua-t-il. Pourquoi tu n'as plus d'espoir ?

- Pour être honnête, je n'en ai aucune idée. Me connaissant, c'est l'impression que j'ai eu les dernières fois que j'ai écrit sur ce journal...

- Excuse-moi, mais je ne comprends pas.

- Ben j'ai été créé lorsque Jamie avait 10 ans. J'ai donc gardé la personnalité que j'avais à l'époque, à peu de choses près.

- Et d'après toi, qu'a-t-il pu se passer pour que tu changes de personnalité ? Tenta Harry, sans trop y croire.

- Mais je n'ai pas changé de personnalité !

- Mais tu viens d'écrire que...

- Laisse tomber.

- Non.

- Dur à cuire ?

- Quand il s'agit de mes amis, oui !

- Tu me considères donc comme une amie ?

- Oui. "Enfin, pas tout à fait..." pensa-t-il.

- Après tout... Pourquoi pas ?

- De quoi ?

- La dernière fois qu'on m'a parlé de toi, tu n'avais pas vraiment l'air de me considérer que comme une amie...

- Jamie t'a parlé de moi ?

- Oui. Et de Lily, James, Sirius, Klïya, Ron, Hermione... Je continue la liste ?

- Non, pas la peine. Alors qu'est-ce qu'il a dit ?

- Tu aimerais que je te le dises, hein ? Tu as de l'espoir.

Comprenant bien qu'il n'obtiendrait rien sur ce sujet, il reposa sa question.

- Alors que s'est-il passé pour que Jamie change de personnalité ?

- Mais je n'ai pas changé de personnalité ! Je te l'ai déjà dit. C'est compliqué. Je pense que je joue un rôle. Enfin, le moi que tu connais. J'ai franchement eu du mal à me reconnaître moi-même lorsque j'ai écrit la dernière fois. Comme je te l'ai dit, le journal acquiert la personnalité de son possesseur dès la première utilisation. Il devient lui en quelque sorte, et il évolue en même temps que son propriétaire. Tu vois ce que je veux dire ?

- Oui, j'ai déjà eu à faire avec ce genre de journal.

- Ah bon ? Enfin bref... On en rediscuteras plus tard. Tu n'es pas le seul à être curieux. Jamie n'avait pas ouvert le journal durant quatre ans. Quatre ans durant lesquels j'ai du bien changé...

- Donc je parle à un gosse de douze ans ?

- Epargne-moi tes commentaires, Potter.

- Quels seraient ces changements ?

- Oh, me connaissant, de graves choses ont du se passer pour que j'en arrive là.

De graves choses ? Harry allait continuer quand Ron l'interrompit :

- Excuse, vieux, mais j'ai du mal à retenir Hermione.

- Qu'est-ce qu'elle veut ?

- Pré-au-Lard, Cadeau de Jamie. Tu te souviens ?

- Oh, bien sûr. J'arrive. Descendez sans moi !

- Je suis désolé, je dois y allez.

- C'est curieux que tu ne veuilles rien savoir de plus.

- Je n'ai pas dit mon dernier mot.

- C'est bien ce que je pensais. Mais tu ne tireras plus rien de môa.

- Dernière question.

- Vas-y.

- Juste pour éviter qu'on perde du temps à chercher. Qu'est-ce que tu voudrais pour ton anniversaire ?

- Tu demandes ça à une gamine de douze ans ?

- Oh, ca va, hein ! Alors ?

- Etonnez-moi !"

Le journal finit sur ces deux mots alors que Dean et Seamus entraient dans le dortoir. Harry eut tout juste le temps de jeter le journal sur le lit de Jamie avant de saluer ses deux camarades et de descendre rejoindre Ron et Hermione. C'est seulement à ce moment qu'il remarqua un détail dans sa conversation avec le journal. Un gros détail. Ce journal, qui appartenait à Jamie, s'exprimait... Et bien comme une fille. Harry avait clairement l'écriture de son camarade en tête : 'tu me considères comme une amie ?' ou 'tu demandes ça à une gamine de douze ans?'. Mais... Ron avait-il raison ? Il se promit d'en reparler avec le journal. Et sur ce sujet, il ne se sentait pas vraiment l'humeur patiente.. En attendant... L'étonner ? Mais avec quoi ?

Pendant ce temps, dans le dortoir, alors que Dean et Seamus commençaient une partie de cartes sur le lit de ce dernier, le journal livrait ses derniers mots avant de se refermer :

" Tu es tel que je me l'étais imaginé, Harry Potter... Ne me décois pas, Daniel..."

-----------------------------

Harry n'en pouvait plus : cela faisait deux longues heures que Hermione, Ron et lui-même traînaient dans les boutiques. Et autant se l'avouer : ils n'avaient rien trouvé, et n'avaient pas d'idées. Il ne restait plus beaucoup de boutiques... Alors que Ron et Hermione se chamaillaient à propos de quelque chose (il ne se souvenait plus de quoi, ne suivant pas les conversations... Il avait d'autres soucis en tête), il s'arrêta devant la vitrine d'une boutique d'antiquités. Ron et Hermione s'arrêtèrent puis le rejoignirent.

" Tu as vu quelque chose Harry ?

- Non, rien, je regardais juste la vitrine. Y'a plein d'objets que je ne connais pas...

- Moi non plus, fit Hermione après avoir observé plus attentivement la vitrine. On entre ?

Sans attendre la réponse des deux jeunes hommes, elle rentra dans la boutique. Ils se regardèrent, haussèrent les épaules puis la suivirent. Harry, qui connaissait pourtant depuis un moment le monde de la magie s'émerveilla de toutes les babioles qu'il pouvait y avoir ici. Miroirs aux propriétés divers, coffrets étranges qui servaient à on ne sait quoi...

- Bonne idée Harry! Fit Hermione, derrière lui.

- De quoi ?

- Ben, ce coffret où l'on peut tout cacher.

Il ne l'avait pas remarqué.

- Tu crois que c'est le genre de truc que Jamie aime ? Demanda Ron en s'approchant.

- Pourquoi pas ? C'est toujours utile ! Non ne le touche pas, Ron.

- Pourquoi ?

- C'est écrit. Je suppose que sinon, tu seras le seul à pouvoir l'utiliser, et donc tu seras obligé de l'acheter, c'est comme tu veux.

- Pourquoi ? Demanda Harry.

- D'après ce que j'ai lu dans le "grand livre des reliques magiques", il s'agit d'un coffret fabriqué il y a environ 500 ans en Pentagonie. Il n'y en a qu'une dizaine dans le monde. Mais la plupart pour ne pas dire tous doivent être inutilisables... D'ailleurs, je me demande si celui-ci n'est pas là juste pour la déco, vu le prix...

- Je pige pas Hermione, c'est quoi esactement ce coffret ?

- Et bien un coffret comme les autres, sauf qu'il ne peut être utilisé que par une seule personne. Il faudrait savoir si celui-ci est bien d'origine.

- Il n'y a qu'à demander au vendeur. J'y vais, intervint Harry.

- Ok, bah je retourne voir toutes ces vieilleries avec Hermione en attendant. Elle n'arrête pas de s'extasier devant tout et me ressort toute la bibliographie qu'elle a en tête !

- Eh! Fit la principale concernée.

- Ce n'était pas un reproche, simplement on dirait que c'est moi celui d'origine moldue !

Harry sourit en se dirigeant vers le comptoir. Ses amis étaient désormais plus proches qu'ils ne l'avaient été et qu'ils ne le laissaient paraître. S'en rendaient-ils seulement compte ? Il trouva le vendeur en pleine discussion avec un client. Il attendit son tour en laissant courir ses yeux sur les différentes étagères, jusqu'à ce qu'il fasse attention à quelques bribes de la conversation des deux hommes.

- ... Je n'arrive pas à me servir de ce truc, je ne vois pas pourquoi je le garderai. J'exige d'être remboursé.

- Comment avez-vous procédé pour utiliser cet épitacle ? Demanda le vendeur.

C'est ce mot qui avait attiré l'attention d'Harry. Il venait de se rappeler du cadau de Rémus, situé au fond de sa malle... Il s'en sentait honteux, d'un coup.

- Excusez-moi, coupa Harry alors que le client mécontent avait repris. Je vous ai entendu parler d'épitacle. Pouvez-vous me dire quel est cet objet ? On m'a dit qu'il contenait la relation des cinq piliers ou quelque chose comme ça...

- C'est exact, jeune homme. La relation des cinq piliers : l'eau, le feu, la terre, l'air et le bois. C'est chinois...

- Cinq éléments pour permettre six souhaits possibles, renchérit le client.

- Ce n'est pas exactement des souhaits, reprit le vendeur, je dirai plutôt une utilisation. Regardez cet épitacle : six facettes, une facette, une utilisation possible.

- Quelle sorte d'utilisation ?

- Tout ce qui est en rapport avec l'un des cinq piliers de la nature. Par exemple la construction d'une maison, qui allieraient la terre et le bois, voir d'autres éléments. Des choses banales voyez-vous. Dans une utilisation plus sérieuse et malsaine, je dirai, On peut l'utiliser pour perturber les éléments de la nature : provoquer tempêtes, raz-de marrées... Que l'on pourrait contrôler...

"Manquerait plus qu'un de ces objets tombent dans les mains de Voldemort"...

- J'ai entendu dire que quelqu'un avait séparé un océan en deux comme ça, commenta le client.

- C'est possible, mais il faut savoir s'en servir correctement.

- Et comment on fait demanda Harry.

- De ce que je sais, il faut être en phase avec les cinq éléments, y placer toute sa confiance. Une sorte de méditation si vous préférez... Ce n'est pas un souhait qu'il faut formuler, car l'épitacle sait déceler lui-même en son possesseur ce qu'il désire. Vous trouveriez plus d'informations dans des ouvrages chinois, je pense.

- Il n'y a pas besoin de baguette alors ? Tout simple moldu pourrait s'en servir ?

- Il n'y a pas besoin de baguette pour être sorcier. Autrement dit non, un simple moldu ne pourrait s'en servir... Voulez-vous toujours me rendre cet épitacle ? Reprit le vendeur vers son client.

- Non, je vais faire un nouvel essai. S'il n'est pas concluant, je reviendrais pour me faire rembourser.

- D'accord monsieur.

Le client sortit du magasin.

- Je le reverrai d'ici peu, marmonna le vendeur.

- Pourquoi ?

- Je ne vois pas comment il arriverai à se servir d'un épitacle avec la mentalité qu'il a. Vous auriez vu son expression douteuse quand j'ai parlé de méditation... D'ailleurs, peu de gens peuvent se servir de cela. Vous en possédez un ?

- Oui, on me l'a offert.

- J'espère pour vous que vous arriverez à vous en servir. Vous me semblez plus ouvert d'esprit que cet urluberlu.

Harry étouffa un rire.

- Vous vouliez autre chose ?

- Euh oui, se rappela Harry. C'est à propos d'un coffret sur cette étagère. Il est authentique ?

- Pourquoi cette question ?

- Une amie m'a dit qu'il ne peut y avoir qu'un seul possesseur. Alors comme il date d'il y a 500 ans...

- Je comprends, mais je vous assure qu'il est bien authentique.

- Mais alors, son prix ?

- Pourquoi je le vends à un prix si dérisoire ?

Harry ne trouva pas que quinze gallions soit dérisoire, mais bon...

- En fait, c'est parce que j'ai du mal à le vendre. Il revient souvent lui aussi.

- Pourquoi ?

- Encore un mystère de la magie... Il ne peut avoir qu'un seul possesseur. Après, on retrouve plusieurs théories. Deux surout : certains pensent que, comme pour l'épitacle, peu de gens pourraient se servir de cela, soit le coffret choisit lui-même son possesseur. Après, moi, je sais que je ne peux pas m'en servir. Je peux le toucher sans problèmes, malheureusement...

Harry l'interrogea du regard.

- Oui, je l'avais acheté pour moi à l'origine, mais jamais il n'a pu s'ouvrir, donc je le revends. Vous le souhaiteriez pour vous ?

- Non pour un ami. On lui offrirai à plusieurs. Vous permettez que j'en parle d'abord à mes amis ?

- Bien entendu."

Harry rejoignit Ron et Hermione dans les rayons et leur expliqua tout. Après avoir peser le pour et le contre (surtout le contre en fait), ils décidèrent tout de même de prendre le coffret avec l'infime espoir que Jamie puisse s'en servir, étant donné que rien d'autre ne leur avait plu. Ils retournèrent auprès du vendeur, s'assurèrent du remboursement en cas de problème, réglèrent l'achat puis sortirent du magasin. Après avoir fini leurs derniers achats, ils rentrèrent au château.

-----------------------------------------

Les derniers jours avant l'anniversaire de Jamie passèrent rapidement. Malgré la charge de travail scolaire qui n'en finissait pas, James et Sirius avaient réussi à embaucher au moins une fois tout le monde pour les aider dans les préparatifs d'une fête surprise. Comme l'anniversaire de Jamie tombaient un dimanche, il avait été prévu une fête la veille, le samedi soir, dans la Salle Sur Demande, et on ne sait comment, James et Sirius avaient eu l'accord du directeur. Celui-ci allait même venir, ce qui n'étonna pas franchement Harry... Mais la question était : était-ce les deux maraudeurs qui avaient été voir le directeur, ou était-ce le directeur lui-même qui avait donné l'autorisation et s'était invité. Ron et Harry avaient parié respectivement sur les deux hypothèses et ils comptaient bien avoir une réponse.

" On peut vous poser une question ? Demanda Ron à James et Sirius qui venaient de passer le tableau.

- Ouais.

- C'est Dumbledore qui vous a donné l'autorisation ou c'est vous qui y êtes allés ?

- Euh, pourquoi cette question ?

- Un pari.

- Ohh... A votre avis ?

- Ben pour être honnête, je ne vous vois pas aller demander la permission de faire une fête surprise au directeur, expliqua Harry. Ron non plus, mais il ne voit pas le professeur venir et vous dire 'ok pour la fête, je serais là'.

Les quatre garçons se regardèrent puis eclatèrent de rire.

- En effet, mais c'est pourtant bien le cas. Tu nous vois, nous ? Maraudeurs de notre état, aller demander une permission ? Fit Sirius.

- C'est pas possible, ajouta James.

Harry et Ron rigolèrent du ton de mélodrame emprunté par les deux maraudeurs.

- Ah Ron, je crois que t'as perdu le pari, sourit Harry.

- Ok ça va, j'ai compris...

- Quel était l'enjeu ? Demanda James.

- Il doit inviter Hermione à la soirée.

- Ooohhhh !

- Allez Ron.

- C'est pas obligé que je le fasse maintenant ! Rougit-il.

- C'est demain, je te rappelle. Fais vite avant que quelqu'un ne la fasse à ta place, lui lança Harry, sachant qu'Hermione lui avait dit la même chose au bal de Noël en quatrième année.

- Ca c'est bas !

- Moi aussi je t'aime ! Ricana Harry.

Ron grogna puis se dirigea vers Hermione et Lily qui travaillaient dans la Salle Commune.

- Euh, Hermione ?

- Oui ?

- Euh... Je me demandais...

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- ... Non, rien...

Sirius donna un coup de coude à James et fit un clin d'oeil à Harry, puis se dirigea vers le groupe.

- Ah, Hermione, je te cherchais ! Fit-il alors que Ron n'osait bouger.

- Sirius ?

- J'y pense depuis un moment... Ca te dirait de venir à la soirée d'anniversaire de Jamie avec...

- Moi ! Coupa Ron.

Harry, James et Sirius, accompagnés de Lily, éclatèrent d'un rire peu discret, faisant rougir Ron jusqu'à la racine des cheveux.

- Pardon ?

- Euh, oui... Tu veux venir avec moi demain ?

- ... Tu as bien dit que tu m'invitais à la soirée demain ?

Ron aquiesca avec appréhension.

- Euh, ben... D'accord, murmura-t-elle, en baissant la tête, le rouge aux joues.

Harry se demanda à ce moment s'il n'avait jamais vu de sourire plus idiot sur le visage de son ami... Il partit dans un accès d'hilarité.

- Lily, intervint James. Tu m'accompagnes ?

- Evidemment. Mais pourquoi tu me demandes ça ?

- Etant donné que c'est pas sencé être une soirée où l'on vient accompagné à l'origine, mais plutôt une soirée pour s'éclater (quoique l'un n'empêche pas l'autre...), je ne vais pas laisser ces deux là venir en couple tous seuls !

- Oh, je vois, on sera deux alors.

- Qu'est-ce qui se passe ici ? Demanda Ginny.

- Ron vient d'inviter Hermione à la soirée d'anniversaire, expliqua Harry.

- Par Merlin ! Il s'est ENFIN décidé ? Soupira Ginny.

Et tout le monde repartit de plus belle dans un éclat de rire, mis à part les deux concernés qui ne comprenaient pas tellement cet accès d'hilarité.

- Oh euh, Jamie était pas loin derrière moi... Il arrive, intervint Ginny, ce qui fit taire tout le monde.

En effet, le tableau pivota et laissa passer un Jamie qui semblait fatigué.

- Salut Jamie-chou ! L'accueilla Sirius.

James lui donna un coup de coude et Lily le regarda, exaspérée.

- Oh, bonsoir. Alors... Tout est prêt pour la fête surprise ?

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Quelle fête ?

- Sirius, tu ne me donnes des surnoms débiles que lorsque tu me prépares une bêtise ou autre. Comme mon anniversaire est dans deux jours, j'en conclus que c'est une fête... Ou en tout cas quelque chose en rapport avec mon anniversaire. Et puis, vu le discret coup de coude de James et le regard exaspéré de Lily, je ne crois pas me tromper.

- Oh allez, Baby. Fais pas la tête, c'est parce qu'on t'aime...

Jamie leva les yeux au ciel.

- Y'a pas de fête...

- Mouais. Je viendrais ne t'en fais pas, mais hors de questions d'avoir des surprises débiles parce que c'est mes 17 ans...

- Non bien sûr... Mais puisqu'il n'y a pas de fête, intervint James.

- ... Je vais me coucher. Bonne nuit !

Lorsqu'il eut passé les escaliers, Harry demanda :

- Comment il a fait pour savoir ?

- Ca... C'est vrai que t'as l'habitude de lui donner des surnoms débiles quand tu lui prépares quelque chose, Sirius, reprocha Lily.

- Non !

- Si, approuva James. C'est ça qui lui a mis la puce à l'oreille et on te l'avait déjà dit à plusieurs reprises. C'est Rémus qui s'en était rendu compte.

- Bon ben de toute façon on peut plus rien changer. On garde quand même le plan initial. Jamie reste avec toi et Klïya pour la journée demain ? Demanda Sirius à Lily.

- Oui. On a prévu d'aller à Pré-au-Lard.

- Parfait.

- Bon ben de toute façon, on fera pas grand chose de plus ce soir, intervint Hermione, sortie de sa léthargie. Je propose qu'on aille se coucher

- Ouais bonne idée, approuva Ginny en étouffant un baillement."

Ils montèrent tous dans leurs dortoirs respectifs. Harry ne parvint pas à trouver le sommeil rapidement. Plusieurs préoccupations tournaient en boucle dans sa tête. Il alla fouiller silencieusement dans le fond de sa malle et y dénicha l'épitacle, il n'y avait pas repensé depuis la dernière sortie à Pré-au Lard, le samedi d'avant (Lily avait eu une autorisation pour le lendemain). Serait-il capable de s'en servir ? Cela ne semblait être utile que pour un infime cercle de sorciers... Et puis, il y avait encore quelques points à éclaircir : Jamie était-il bien ce qu'il paraissait être ? Avait-il voyagé dans plusieurs époques différentes et dans ce cas, laquelle était la bonne ? Qui était-il réellement ?

Une appréhension lui tiraillait le ventre malgré tout... Il sentait que cet anniversaire ne serait pas de tout repos... Il avait raison.

--------------------------

Voila, j'espère que votre attente n'aura pas été veine, lol !!! A bientôt pour un nouveau chapitre, qui aura des points de vue inédits, je ne vous en dit pas plus...

Kaena.